Chapitre 28 : La fille d'un temps futur

Dans la salle sur demande, Aurore et Regulus étaient en plein duel. Marlene faisant office d'arbitre, elle comptait les victoires de chacun. Ils en était à 3 manches pour Regulus. Contre... aucune pour Aurore.

- Ben alors ? s'amusa Regulus alors qu'il avait encore réussi à la stupéfixer. La vieille ne s'en sort pas ?

- Elle n'a qu'un an de plus que toi, lui fit remarquer Marlene en réanimant encore une fois Aurore.

- Je suis quand même le plus fort, répondit-il. N'oublions pas qui a attrapé le vif d'or.

Il arborait un sourire si victorieux qu'Aurore ne put s'empêcher de se sentir vexée et frustrée. "La vieille ?"

- Méfie-toi, petit jeune, j'ai plus d'un tour dans mon sac, l'avertit la blonde.

- Mais pour l'instant, c'est moi qui gagne. Avoue que j'ai le dessus.

- Tu es une vraie machine de guerre, oui, approuva Aurore en se relevant.

- Je suis un Black, dit-il fièrement. Mon père m'a appris à me battre bien avant que j'entre à Poudlard.

- Tant mieux, je n'aurai pas à m'inquiéter pour toi pendant l'épreuve, mon petit Reg.

- Parce que tu comptais me surveiller ? nota-t-il en fronçant les sourcils.

- Oui, et je serais intervenue pour te sauver avant de t'emmener au loin sur mon beau destrier !

-...

Marlene pouffa de rire et Regulus s'énerva :

- Tu me prends pour qui ? demanda-t-il à Aurore.

- Peut-être pour un beau damoiseau en détresse, répondit-elle en riant. En tout cas, si ça arrive, tu peux compter sur moi.

- Je t'interdis d'intervenir ! Quoi qu'il puisse se passer ! T'as compris ?

- Pourquoi tu t'énerves autant ? s'étonna Aurore.

- Parce que je refuse que le scénario de la première épreuve se reproduise. Sur celle-ci, on m'attend au tournant. Je dois à tout prix la remporter. Seul.

- Moi aussi je dois la remporter, dit-elle sérieusement. À tout prix.

"Gryffondor doit remporter le tournois comme c'était prévu. Je ne modifierai pas l'histoire. Et je réparerai mes erreurs. Désolée, Reg".

- Je finirai premier, Aurore, la prévint-il.

"Mes parents et les Serpentard s'attendent à cela. Je dois être à la hauteur" songea-t-il déterminé.

- Non, ce sera moi, Regulus.

Cela faisait longtemps qu'Aurore n'avait pas utilisé le nom complet du jeune homme. Ça prouvait qu'elle était plus que sérieuse. Marlene observa les deux alliés s'affronter du regard. Et elle se rappela que leur alliance n'était que temporaire. Qu'ils n'était pas censés devenirs amis. Et que... malgré les quelques bons moments passés ensemble... ils étaient avant tout adversaires dans ce tournois. La troisième épreuve serait décisive. Et ils avaient tous l'intention de gagner.

oOo

- C'est la carte ! s'exclama James en la prenant des mains de Lily.

Il l'avait reconnue au premier coup d'œil. Et ils en eurent confirmation quand, après avoir prononcé la bonne formule, la description du château et de ses habitants apparurent sur le papier.

- Tu dis que l'as trouvée sous l'oreiller d'Aurore ? demanda Remus les sourcils froncés.

- Oui... alors c'est ça, votre fameuse carte ? comprit Lily.

- Oui mais...

- C'est impossible ! s'exclama Sirius. Aurore n'a pas pu... ça ne se peut pas...

- Elle était sous son oreiller, Sirius, intervint Peter.

- Quelqu'un a dû la mettre là pour la faire accuser, s'obstina-t-il.

- Aurore bloque toujours ses rideaux, dit Lily en secouant la tête. C'est un coup de chance si j'ai pu les ouvrir aujourd'hui. Et... j'ai aussi trouvé ça.

Elle leur tendit l'article sur Regulus et James dit sidéré :

- Elle a gardé l'article sur lui ? Ça veut dire qu'elle... l'aime bien ?

- Vous croyez qu'elle est amie avec les Serpentard ? demanda Peter.

- Ne raconte pas n'importe quoi, dit Remus. Qu'est-ce que tu insinues ? Que c'est aussi elle qui est derrière l'ensorcellement de Sally ?

- Je... je ne sais pas...

- Et si Peter avait raison ? demanda James. Si... Aurore était bien la voleuse que tout le monde cherche ? Elle a peut-être fait fouiller le dortoir des filles pour qu'on ne la soupçonne pas. Et Lily l'a dit... elle bloque toujours ses rideaux.

- Aurore n'est pas une voleuse ! s'énerva Sirius. Je t'interdis de...!

- Elle avait la carte, Sirius, le coupa son ami en agitant le parchemin. Personne n'a pu la glisser dans son lit puisque ses rideaux sont toujours fermés ! Comment tu expliques ça ?

- Je...

Sirius ne savait pas quoi en penser. Il avait déjà soupçonné la sœur d'Aurore d'avoir volé la carte. Mais finalement... c'était Aurore elle-même qui l'avait fait ? "Ce n'est pas vrai... Aurore".

- Je ne veux pas croire qu'Aurore soit derrière l'ensorcellement de Sally, intervint Remus. Elle était sur le terrain. Et elle ne peut pas bien s'entendre avec les Serpentard après les agissements de Rosier envers elle. Aurore n'a aucun lien avec lui.

- Et avec... Regulus ? dit James en désignant l'article. C'est quand même le champion de Serpentard.

- Ce n'est rien, intervint Sirius en soupirant.

Ils le regardèrent tous avec des yeux ronds. Quoi ? Ce n'était rien ? Regulus, son frère tant détesté ? Aurore avait accroché sa photo au plafond de son lit et ce n'était rien ?

- Sirius, dit James inquiet. Tu vas bien ? On vient d'apprendre que ta petite amie garde la photo de ton frère dans son lit.

- Je n'aime pas ça, évidemment, répliqua Sirius. Mais elle ne l'a pas fait avec de mauvaises intentions. Elle...

Il prit une grande inspiration avant de dire :

- Elle le considère comme son ami.

- QUOI ?! s'écria James.

- Ça ne me plait pas plus qu'à toi, lui assura Sirius. Mais elle est sérieuse et elle ne veut pas en démordre.

- Alors c'est lui le meilleur ami dont elle me parlait... murmura Lily.

- Quoi ? demanda Remus.

- Un jour... je l'ai entendue parler seule dans son lit. C'était après la victoire de Serpentard contre Poufsouffle. Elle s'adressait à son "meilleur ami". Elle devait parler à la photo de Regulus.

- Son meilleur ami ?

- Oui. Elle m'a dit qu'il était en France et ne lui donnait plus de nouvelle. Mais ce n'était sûrement qu'une excuse...

- Je n'y crois pas, souffla James toujours ébahi. Comment tu as pu accepter ça ? demanda-t-il à Sirius.

- Elle... tient beaucoup à cette "amitié". Et je refuse de la perdre à cause de mon frère.

-...

- Je ne comprends pas, dit Lily. Comment a-t-elle pu devenir amie avec lui ?

Sirius ne dit rien. C'était à Aurore de tout leur avouer. Pas à lui.

- On le saura quand elle rentrera, assura James. J'ai pleins de questions à lui poser. Elle a soudainement débarqué ici et des tas de choses étranges se sont produites. Elle est peut-être venue dans un but précis. Moi aussi, je n'arrive pas à croire qu'elle veuille du mal à Gryffondor mais...

- C'est peut-être plus compliqué que ça, dit gravement Lily. J'ai... trouvé autre chose sous l'oreiller d'Aurore.

Elle leur tendit la photo de l'ordre du phénix et les garçons restèrent bouche-bée.

- Je... continua Lily perdue. Je ne suis pas folle, non ? Nous n'avons jamais pris cette photo.

- Oui et... murmura Remus ébahi. On a l'air... plus vieux.

- Lily et moi, on se tient par la main, remarqua James sur le même ton.

- C'est tout ce que tu retiens ? demanda la préfète agacée.

Elle aussi avait remarqué ce détail, mais elle n'osait même pas imaginer ce que cela signifiait.

- Il y a pleins de gens qu'on ne connait pas, nota Remus plus sérieusement.

- Qu'est-ce que ça veut dire ? demanda Sirius perplexe.

- Ça veut dire que cette photo ne devrait pas exister... en tout cas, pas maintenant.

- Attends... qu'est-ce que tu essayes de dire, Remus ? Que cette photo... viens du futur ?

- De plusieurs années dans le futur, estima le loup-garou en examinant l'image.

- Comment veux-tu qu'Aurore se soit procuré une photo du futur ?! s'emporta Sirius. C'est stupide !

Ils le regardèrent tous en silence. Sirius ne voulait pas comprendre. Il ne voulait pas imaginer ce que cette photo impliquait.

- Sirius... dit James.

- Arrête ! s'énerva celui-ci. Ce n'est pas possible ! On sait tous que c'est impossible !

- C'est vrai que les retourneurs de temps peuvent seulement nous permettre de remonter quelques heures dans le temps. Pas des années, avoua Lily.

- Et pourtant, dit Remus. Je ne pense pas que nous sommes susceptibles de prendre cette photo dans les heures qui viennent. Et Aurore l'a sûrement depuis toujours avec elle. On voit l'usure sur les bords.

- Son arrivée en début d'année... réalisa James. Ce n'était peut-être pas un transplanage raté.

- Elle a très bien transplané dans la grande salle, approuva Lily. Elle le maitrise parfaitement.

- Je ne veux pas y croire ! s'exclama Sirius en faisant les cent pas. C'est impossible ! Impossible !

Oui, impossible. Car dans le cas contraire... cela voudrait dire qu'Aurore mentait depuis le début. Qu'elle lui avait menti.

oOo

- Incarcerem !

Avec un petit cri, Regulus se retrouva ligoté au sol, allongé sur le dos.

- Ha ha ! s'exclama Aurore victorieuse en posant un pied sur son ventre avant de lever les bras au ciel. Marlene !

- Ne fais pas ça, McKinnon ! cria dangereusement Regulus.

Trop tard. Un flash éclaira la pièce, et la seconde qui suivit, la photo était dans l'album.

- Je vais vous tuer toutes les deux, annonça le Serpentard en essayant de contenir sa rage.

- Ne sois pas mauvais perdant, rit Aurore en le libérant.

- C'est la première fois que tu gagnes en 10 combats ! lui fit-il remarquer en se relevant avant de se jeter sur elle.

Aurore l'esquiva avant d'aller se cacher derrière Marlene.

- Je ne suis pas ton bouclier, dit son amie effrayée en voyant Regulus foncer sur elle.

- Sois sympa, Marlene. Ma vie est précieuse pour Gryffondor, plaisanta Aurore.

- J'espérais que ma vie serais précieuse pour toi, répliqua son amie en levant les yeux au ciel.

- Vous allez le regretter toutes les deux ! s'exclama Regulus en les plaquant au sol.

Marlene poussa un cri alors qu'Aurore éclatait de rire. En tombant, ils renversèrent la table sur laquelle étaient posés les objets maudits qui se déversèrent sur eux.

- Non ! s'exclama Marlene les yeux fermés en jetant le plus loin d'elle possible tout ce qui lui tombait sous la main.

Soudain, elle saisit une boule à deux mains mais s'arrêta avant même d'avoir pu la jeter. La boule semblait fixée à quelque chose. En plus, elle était molle et chaude sous ses doigts.

- Qu'est-ce que tu fais, Marlene ? lui demanda Aurore.

La brune rouvrit lentement les yeux pour voir ce qu'elle tenait dans les mains. Et elle faillit faire une crise cardiaque en s'apercevant qu'il s'agissait de la tête de Regulus. Ses mains étaient posées sur les joues du jeune homme qui la fixait les sourcils froncés. Le pire, c'était qu'elle l'avait tiré vers elle et qu'ils étaient maintenant tout près l'un de l'autre.

- AH ! cria-t-elle en le lâchant avec un mouvement de recul.

Elle se cogna contre la bibliothèque derrière elle et quelques livres lui tombèrent sur la tête.

- Tout va bien, Marlene ? demanda Aurore morte de rire en lui retirant le livre tombé ouvert sur le haut de sa tête.

- J... je... balbutia la brune en levant les yeux vers Regulus.

- Tu as pris la tête de Reg pour un objet maudit ? C'est vrai que la confusion est possible mais... aïe !

Aurore venait de recevoir sur la tête l'un des dits objets maudits, balancé par Regulus.

- Mais c'est mieux que mon idée de départ, finit Aurore. J'ai d'abord cru que tu l'avais attrapé pour l'embrasser.

- HEIN ?! s'écria Marlene les yeux exorbités. Pas du tout !

- Du tout ? s'amusa Aurore. Alors pourquoi tu es toute rouge ?

- Parce que c'est faux et embarrassant ! répondit son amie en posant ses mains sur ses propres joues dans l'espoir de cacher leur rougeur.

- Mais c'est tellement drôle, rit Aurore.

- Arrête ça ! s'exclama Marlene en la frappant avec un livre.

Aurore la fit cesser en tendant vers elle un objet maudit et son amie utilisa alors le livre pour se protéger. Regulus les observa en levant les yeux au ciel. Ces filles avaient vraiment un grain.

- Bon, je crois qu'il est temps qu'on rentre, dit finalement Aurore. On a été assez maudites pour ce soir.

Elle balança l'objet maudit par dessus son épaule et aida Marlene à se relever.

- N'approche plus jamais un de ces... ces trucs de moi ! lui ordonna son amie qui en avait encore des frissons.

- Trop tard, Marlene. Tu es maudite pour au moins 10 générations avec ce que tu as touché ce soir.

- N'importe quoi, répondit-elle mal à l'aise.

- Ah non, j'oubliais la tête de Reg. Ça fait 100 générations, pouffa Aurore.

- Ça suffit, intervint celui-ci en les jetant hors de la pièce.

- C'est bon ! On s'en va, rit Aurore alors qu'il refermait la porte. À plus, Reg !

- Ouais, dit-il en s'éloignant dans le couloir.

- Heu... vraiment désolée, murmura Marlene.

Regulus jeta un coup d'œil par dessus son épaule et aperçut la brune qui le fixait avec une grimace gênée.

- Hum, marmonna-t-il en reprenant son chemin. "Si tu as peur des objets maudits, ne viens pas dans une pièce qui en est remplie" pensa-t-il.

- Hé Marlene, tu te dépêches ? dit Aurore en s'apercevant que son amie était restée en arrière.

- Oui, répondit-elle en la rejoignant.

- Ben alors ? s'amusa la blonde en passant un bras autour de ses épaules. On reste en arrière pour regarder le beau Regulus s'éloigner ?

- Mais non je...

- Arrête, je t'ai vue.

- Aurore !

- Excuse-moi, je te charrie, Marlene. Je sais bien que... je ne devrais pas faire ça, avoua-t-elle en la lâchant. Je suis vraiment nulle comme amie.

Marlene ralentit en regardant Aurore marcher la mine basse. Elle s'en voulait encore de s'être approprié Sirius au détriment de son amie. Marlene sourit doucement. Puis elle accéléra le pas pour passer son bras autour des épaules d'Aurore.

- Alors, chère amie ? Regulus t'a vraiment mis une grosse raclée ce soir. Tu n'as pas honte d'avoir été battue tant de fois par plus jeune que toi ?

- On n'a qu'un an de différence, dit Aurore en souriant et passant son bras autour de la taille de Marlene. "Enfin... trois, mais qui s'en soucie ?"

- J'espère quand même que tu feras mieux la prochaine fois, rit Marlene après avoir donné le mot de passe à la grosse dame. L'honneur de Gryffondor est en jeu.

- Je l'écraserai, promis.

Elles allaient dépasser les canapés pour monter l'escalier de leur dortoir quand Aurore remarqua la présence de leurs camarades assis près du feu. Ils avaient tous les yeux rivés sur elle.

- Tiens, vous êtes tous là, dit-elle en souriant.

Le silence lui répondit. Aurore fronça les sourcils. Que se passait-il ?

- Quelque chose ne va pas ?

-...

- Sirius ? l'appela-t-elle en levant les yeux vers le jeune homme appuyé contre le foyer.

Il était le seul débout. Bras croisés. Et c'était certainement ses yeux qui la fixaient avec le plus d'intensité.

- Ben alors ? dit Marlene aussi perplexe qu'elle. Qu'est-ce qui vous prend ? Je ne vous ai jamais vu aussi silen...

- Marlene, la coupa faiblement Aurore.

La brune tourna les yeux vers son amie. Et elle fut étonnée de voir Aurore trembler nettement, les yeux posés sur la table basse. Ou plutôt sur un morceau d'article, un parchemin vierge et une photo. Aurore avait du mal à respirer. La présence de ces objets sur cette table... le silence des Gryffondor... ça ne pouvait signifier qu'une seule chose. "C'est la fin du mensonge". Elle déglutit avant de s'avancer lentement vers le seul fauteuil inoccupé. Et elle s'assit lentement, les yeux toujours fixés sur la table basse.

- Aurore ? dit Marlene perplexe. Mais enfin, qu'est-ce qui se passe ?

- Assis-toi, Marlene, lui demanda Aurore. Je crois qu'il y a des questions auxquelles je dois répondre.

- Alors tu confirmes ? comprit James. Aurore tu... d'où viens-tu réellement ?

- Je crois que tu veux plutôt savoir... de quand je viens ?

Ils retinrent tous leur souffle. Lily avait plaqué ses mains sur sa bouche, Peter se tenait solidement à son accoudoir, Remus et James déglutirent, et Sirius... Sirius avait la bouche à demi ouverte. Le mot "mensonge" au bout de la langue.

- Elle vient de France voyons, dit Marlene en s'asseyant sur l'accoudoir du fauteuil de Lily. Qu'est-ce que c'est que cette histoire de "quand" ? Vous êtes tombés sur la tête ?

- Je ne viens pas de France, Marlene, rectifia Aurore les yeux baissés sur ses genoux. J'ai menti. J'ai menti sur beaucoup de choses...

- Quoi ? demanda son amie sidérée.

- C'est vrai que j'ai des origines françaises. Ma mère est née en France. Mais je n'ai jamais vécu là-bas. Je ne suis jamais allée à Beauxbâtons.

- C'est... murmura Marlene les sourcils froncés. C'est faux, tu...

- Désolée, s'excusa Aurore en levant les yeux. J'étais obligée de mentir. Je ne pouvais pas vous dire que... que je... je viens du futur.

Les épaules de Marlene s'affaissèrent. Et elle fixa Aurore d'un regard perdu. Que racontait-elle ?

- C'est impossible...

- Non, dit Aurore en poussant vers elle la photo de l'ordre du phénix. Voilà la preuve.

Marlene se pencha lentement et prit la photo pour l'examiner. Comme les autres, la surprise s'empara d'elle.

- C'est... nous, mais...

- Vous êtes plus vieux, approuva Aurore. Environ 4 ans de plus qu'aujourd'hui.

Brusquement, Aurore grimaça. Elle n'aurait peut-être pas dû le préciser. Il faudrait qu'elle parle avec bien plus de précautions pour la suite. Il y avait des choses... qu'elle n'avait pas le droit de dire. Qu'ils ne devaient absolument pas savoir.

- Alors tu as voyagé de 4 ans dans le temps ? demanda Remus.

- Qu'est-ce que c'est que cette photo ? s'enquit James. Qui sont les autres personnes ? Et pourquoi Lily et moi on se tient la main ?

La rousse assise non loin lui donna un coup de pied dans le tibia et il grimaça.

- C'est pas le plus important, grinça Lily les dents serrées.

- Aurore, pourquoi as-tu remonté le temps ? demanda Remus. Pourquoi venir ici ? Précisément maintenant ? Comment tu as fait...?

- Je vais vous répondre ! leur assura Aurore assaillie par les questions. Je vais répondre du mieux que je peux alors... laissez-moi parler.

- On t'écoute, l'encouragea Remus.

- Je... dit-elle en inspirant. Je n'ai pas remonté le temps... de 4 ans. Je suis partie de chez moi le 1er septembre... 2046.

- 2046 ?! s'exclama Peter.

- Un bond de 70 ans dans le temps, acquiesça-t-elle en glissant un regard vers Sirius.

Le jeune homme semblait atterré. Il avait décroisé les bras, se retenant d'une main au montant de la cheminée comme s'il était sur le point de tomber. Comme s'il s'accrochait à la réalité. Il s'assurait que ce n'était pas un rêve. La fille dont il était tombé amoureux avait 70 ans de moins que lui. À l'époque d'Aurore, il avait... "87 ans ? C'est impossible ! Je ne veux pas le croire..." Mais le regard d'Aurore lui assurait que c'était bien la vérité.

- J'avais décidé de ne le dire à personne, continua-t-elle. Je ne suis pas venue pour changer quoi que ce soit au passé. Je voulais juste... rencontrer quelqu'un.

- Qui ? demanda Lily. Pour qui es-tu venue ?

- Je... déglutit-elle. Je suis venue pour vous tous. Tous ceux qui se trouvent sur cette photo. Mais je dois avouer que je suis plus particulièrement venue pour...

Elle s'humecta nerveusement les lèvres avant de lâcher en levant les yeux vers lui :

- Pour Remus.

Le jeune homme en question se redressa d'un coup, la fixant avec des yeux pleins d'espoir. Quant à Sirius, son visage était tordu dans une expression de pure fureur.

- Non ! s'exclama aussitôt Aurore. Ce n'est pas... je ne suis pas venue pour... je n'ai jamais eu aucun sentiment amoureux pour...

Aurore soupira en se prenant la tête dans les mains. Devait-elle le dire ? Ça semblait inévitable. Et elle le devait bien à Remus. Il ne devait plus fonder de faux espoirs sur elle.

- Remus je... dit-elle la gorge nouée. Je suis...

Le fixant droit dans les yeux, elle dit avec courage :

- Je suis ta petite-fille, Remus.

Le silence se fit plus pesant que jamais alors que Remus écarquillait les yeux.

- M... ma... quoi ? dit-il perdu.

- Tu es mon grand-père, précisa-t-elle en le regardant d'un air désolé.

-...

- Je suis désolée, je... je ne pouvais pas te le dire. Je ne devrais pas te le dire.

- Aurore... dit James sidéré. Tu es sérieusement... la petite-fille de Remus ?

- Oui, confirma-t-elle.

- Je me disais aussi que... commença Lily.

- Quoi ?

- Ton frère, dit-elle avec précaution. Le reflet qu'on a vu dans le miroir... il ressemblait beaucoup à Remus.

- C'est vrai, acquiesça tristement Aurore. Rémy était son portrait craché. Je suis venue pour faire connaissance avec notre grand-père.

- Alors ça veut dire que... souffla lentement Remus.

Aurore ne dit rien, mais il connaissait la réponse à sa question muette. Si elle était venue ici pour le rencontrer... c'était qu'elle ne l'avait jamais connu. Qu'il était certainement mort avant sa naissance.

- Tu as 17 ans... dit-il faiblement.

- En fait, j'en aurai bientôt 19, le 21 juin, précisa-t-elle. Je vous ai aussi menti là-dessus. Je n'ai jamais redoublé.

- Alors tu es née...

- Le 21 juin 2028.

- 2028, murmura Remus. "Alors je mourrai avant ?"

- Pardonne-moi, Remus, le pria-t-elle tristement. Je sais que je te fais encore du mal. Mais je te dois la vérité.

- Il vaut mieux que je le sache, dit-il faiblement en s'affaissant contre le dossier du canapé. "Dire que je suis tombé amoureux de ma propre petite-fille... c'est pitoyable".

- Tu as donc fini ta scolarité ? demanda Lily.

- C'est ça. Je venais juste de sortir de Poudlard quand j'ai remonté le temps. Je comptais réapparaître en 1977 mais... un moment de déconcentration et... je suis apparue ici un an trop tôt.

- Déconcentration ? demanda Marlene.

-... ma mère. Elle... elle ne voulait pas que je parte.

Ils fixèrent tous Aurore en se rendant compte que la jeune fille était vraiment seule ici. Pas de famille, pas d'amis excepté eux. Il n'y avait que Sirius qui pensait que Dora était avec elle. Mais ça aussi, c'était faux.

- J'ai atterri au mauvais moment et c'est pour ça que j'ai dû inventer cette histoire de redoublement, continua Aurore. Personne ne sait transplaner avant d'entrer en 6e année. Mais je voulais la passer avec vous. Je voulais être... votre camarade de classe. Je voulais tous vous connaître.

- Pourquoi ? demanda James. Remus, je comprends mais... et nous ? Et les gens sur cette photo ? Qui sommes-nous pour toi ? Que représente cette photo ?

- Je suis désolée... je ne peux rien dire. Vous ne devez rien savoir sur le futur.

- Pourtant tu as dit à Remus que... commença Peter.

- Je ne dirai rien de plus ! dit-elle fermement. Je devais la vérité à Remus mais... je ne vous dirai rien de plus sur le futur. Peu importe ce que vous en pensez. J'ai juré à Dumbledore... je ne devrais même pas répondre à vos questions.

- Alors Dumbledore est au courant, s'étonna Lily.

- Oui. Il m'a permis de rester. Il a compris que je n'avais pas de mauvaises intentions. Tout ce que je voulais... c'était apprendre à connaitre mon grand-père et ses amis.

Ils comprenaient mieux. Les raisons d'Aurore pour leur avoir menti. Ils l'auraient tous prise pour une folle ou... ils l'auraient harcelée pour connaitre des détails du futur.

- Je vous en prie... ne me demandez rien sur le futur.

- On ne demandera pas, lui assura Lily. C'est très responsable de ta part, Aurore. Je me doute à quel point il a été difficile pour toi de ne rien nous dire. Surtout... à Remus.

- Oui je... j'ai eu tant de fois envie de tout vous dire, avoua-t-elle. Mais surtout envie de...

- De changer les choses, devina Marlene.

Aurore lui offrit un regard douloureux.

- J'ai changé tellement de choses malgré moi. Ma seule présence ici... je n'aurais jamais dû venir.

- Je suis contente que tu sois venue, lui assura Marlene en souriant.

- Je le suis aussi, sourit Aurore.

- Mais il y a d'autres choses que tu voudrais encore changer ? demanda James.

-...

- Ne lui demande pas ça, s'agaça Lily. On a dit : pas de questions sur le futur.

- Mais c'est si difficile. Elle sait tout.

- Et c'est comme une malédiction pour moi, dit tristement Aurore. Le pire, c'est que je... je tiens à vous plus que tout maintenant. Vous êtes tous... si importants.

Elle tourna à nouveau le regard vers Sirius. Mais le jeune homme resta silencieux. Il ne savait pas quoi dire. C'était trop... trop difficile à accepter.

- Aurore, dit James. C'est bien toi qui nous a volé la carte ?

-... oui, acquiesça-t-elle d'un air coupable. J'ai été obligée de le faire.

- Pourquoi ?

- Parce que vous auriez découvert mon vrai nom. Aurore Lupin.

-...

- Vous auriez tout de suite su que j'étais liée à Remus.

- Mais alors, pourquoi avoir choisi le nom Devan comme couverture ? demanda Marlene.

- C'est... personnel. Un petit surnom qu'on me donne à mon époque.

- Tu t'appelles Aurore Lupin, murmura Remus.

- Tu es mon grand-père, lui rappela-t-elle.

- Oui mais... ah... peu importe.

Le fait qu'elle porte son nom voulait dire quantité de choses. Et principalement que... Aurore était certainement la fille de son fils. "Je vais avoir un fils..." Il aurait au moins un fils. Chose qu'il n'avait jamais vraiment crue possible. La question était de savoir... avec qui ? Croisant le regard d'Aurore, il sut qu'elle avait deviné sa pensée.

- Je ne peux pas te répondre, dit-elle simplement.

- Je sais.

Mais pourrait-il être heureux sans elle ? Même s'il savait qu'elle était sa petite-fille... il était toujours amoureux d'elle. Ses sentiments ne pouvaient pas s'effacer aussi facilement. C'était mal, il le savait. Mais comment faire ? Car il n'aurait jamais dû tomber amoureux d'elle. Alors lorsqu'il rencontrerait la femme destinée à lui donner un fils... réussirait-il à l'aimer ? Pourrait-il à nouveau tomber amoureux après cette cruelle déception ? Rien n'était moins sûr. "Je ne sais pas... je... je n'ai pas envie de tomber amoureux de quelqu'un d'autre. Et je ne pense pas que qui que ce soit puisse me comprendre mieux qu'elle..." pensa-t-il en l'observant.

- Je comprends mieux pour la carte, dit James. Et je suis prêt à te pardonner si tu m'expliques... pourquoi tu as gardé l'article sur Regulus.

Aurore resta silencieuse un instant. Puis elle dit :

- Je sais que vous allez trouver ça fou. Voire complètement stupide. Mais c'est devenu mon ami.

- C'est ce que nous a dit Sirius, acquiesça Lily. Mais pourquoi ? Et comment ?

- Je... sais des choses. Sur vous comme sur Regulus. Comme sur pas mal de gens dans ce château. Et peu importe ce que vous pouvez penser de lui... je ne le hais pas. Il n'est pas mauvais, assura-t-elle en tournant la tête vers Sirius. Champion de Serpentard ou pas. Il est mon ami.

- C'est donc bien lui ton fameux meilleur ami, dit Lily.

- Oui, acquiesça Aurore avec un petit sourire désolé.

- Mais comment ? insista James. Comment êtes-vous devenus amis ?

- Je... heu... hésita-t-elle en levant les yeux vers Marlene qui semblait anxieuse. Surtout ne vous mettez pas en colère.

- Pourquoi ? dit James méfiant.

- Depuis la fin de la 1ere épreuve... vous savez ? Quand je lui ai sauvé la vie.

- Oui. Et ?

- Et bien... Regulus avait une dette envers moi et... je l'ai obligé à... m'aider.

-...

- Je lui ai proposé une alliance, avoua-t-elle rapidement.

- Une quoi ?! s'exclamèrent-ils les yeux exorbités.

- Temporaire ! s'empressa-t-elle de préciser. Et... à bénéfices réciproques.

- Sois plus claire, dit James les sourcils froncés.

- En fait... on révise ensemble.

- Quoi ?! s'exclama Lily. Alors... à chaque fois que vous sortez le soir... toi et Marlene, vous...

- On rejoint Regulus pour réviser, acquiesça-t-elle.

- Mais... Marlene !

- Je suis désolée, dit celle-ci.

- Elle n'y est pour rien, c'est moi qui l'ai entrainée dans cette histoire, intervint Aurore. Mais je suis heureuse qu'elle ne me juge pas. Et j'espère juste que... vous en ferez autant. Vraiment.

- Aurore... dit Remus. Tu es bien sûre de ce que tu fais ?

- Oui. J'ai confiance en Regulus.

- Et tu ne lui as rien dit sur ton voyage dans le temps j'espère, s'enquit Lily.

- Bien sûr que non ! Comment j'aurais pu lui dire alors que vous ignoriez tout ?

- C'est vrai, dit Marlene. Tout comme moi, Regulus ne savait rien.

- Tu ne comptes pas lui dire ? s'assura James. C'est quand même un Serpentard. Il est proche de Rosier.

- Je ne sais pas, hésita Aurore. J'aimerais lui dire mais... je ne pense pas...

- Il ne faut rien dire, Aurore, insista Lily. On ne sait jamais. Si tu te trompes sur lui...

- Je ne me trompe pas ! Regulus n'est pas mauvais ! Même si je lui disais tout ça, il ne le répèterait jamais à personne. J'ai confiance en lui.

- Tu comprendras que nous... on a plus de mal, dit James.

- Je sais. Désolée d'avoir crié. Mais... vous ne m'en voulez pas ? Je coopère quand même avec le champion de Serpentard.

- Ça ne me plait pas, approuva James. Mais contre toute attente, celui qui devrait être le plus en colère ne l'est pas. N'est-ce pas, Sirius ?

-...

- Il a dit qu'il l'avait accepté pour toi, précisa Lily à Aurore. Ça nous a beaucoup surpris vu... ses problèmes avec son frère.

Aurore fixa Sirius. Elle n'arrivait pas à savoir ce qu'il pensait de tout ça. Il avait l'air troublé, en colère, déçu... tout ça semblait très négatif. Mais ce n'était pas étonnant. Elle l'avait cherché. Elle savait à quoi s'attendre.

- Alors, puisque Sirius semble l'accepter, même si c'est avec réticence, ajouta James, je crois qu'on devra aussi faire avec. À condition que tu ne te fasses pas avoir et que ça soit vraiment profitable pour Gryffondor.

- Ça l'est. On s'entraîne au duel en ce moment, et je vais en profiter pour étudier sa façon de se battre. Je gagnerai la troisième épreuve sans faute. Juré.

- Si c'est juré, sourit James. Je vais faire confiance à Sirius, comme toujours.

- Merci, dit-elle soulagée.

L'avis de James sur la question était celui qu'elle avait le plus redouté. Heureusement qu'il faisait confiance à Sirius.

- Même si c'est mal parti, dit Marlene avec un petit sourire.

- Marlene !

- Comment ça ? s'enquit Lily.

- Et bien... disons que ce soir, Regulus avait nettement le dessus, s'amusa Marlene.

- Espèce de balance ! l'accusa Aurore. C'est pas cool ça !

- Il a quand même gagné 10 fois, lui rappela la brune.

- 9 fois ! Tu étais l'arbitre oui ou non ?

- Bon, 9 fois. Sur 10, ajouta Marlene malicieusement.

- Quoi ? Tu n'as gagné qu'une seule fois ? comprit Peter.

- Tu n'aurais pas du tout gagné, répliqua-t-elle en lui lançant un regard noir. Regulus est très fort. Mais je sais comment il se bat maintenant. Et je gagnerai à tous les coups lors de la prochaine séance.

- Ça ne m'étonne pas de la part d'un Black, s'amusa James. Mais arrange toi pour gagner, Aurore. Sinon je risque de revenir sur ma décision.

- Tu te prends pour le chef de Gryffondor ? lui demanda Lily.

- Je suis son capitaine et son coach, dit-il en haussant les épaules. Elle n'avait pas le droit de former cette alliance sans me consulter.

- C'est vrai, avoua Aurore. Mais tu n'aurais jamais dit oui.

- Exact.

- Bien... vous avez d'autres questions ? demanda-t-elle.

- Oui, dit Lily. Comment as-tu fait pour venir ici ? 70 ans... aucun retourneur de temps ne peut accomplir ce prodige.

- Je n'ai pas utilisé n'importe quel retourneur de temps. Heu... je ne devrais vraiment pas vous en parler mais... je vous dirai simplement ce que vous avez besoin de savoir. Et j'éclaircirai un point en même temps. Un autre de mes mensonges...

Doucement, Aurore sortit la chaine dorée de son col. Et elle leur montra le sablier.

- Le sable est noir ! s'exclama Peter. C'est normal ?

- Il est unique, répondit-elle vaguement. Et il permet de remonter le temps sur de longues périodes.

- Où l'as-tu eu ? demanda Lily.

- Et bien... je l'ai trouvé par hasard. Mais il y a quelque chose de bien plus important que je dois vous dire là-dessus. Voyez-vous... ce sablier... c'est le trésor de la famille Black, lâcha-t-elle enfin.

Ils lui lancèrent tous un regard effaré. Et Sirius pâlit dangereusement. Qu'était-elle en train de dire ?

- Le trésor des Black ? dit James. Mais alors...

- Je n'ai rien volé ! s'exclama-t-elle en se tournant vers Sirius. Crois-moi... je n'ai rien volé chez toi. J'ai trouvé ce pendentif à mon époque. Je n'avais pas besoin de celui qui se trouvait ici.

- Oui, c'est logique, acquiesça Lily en réfléchissant. Mais alors... qui a volé celui de notre époque ?

- Je... je n'en sais rien. Il avait déjà disparu quand je... quand je...

- La fille que Kreattur a vu, dit Sirius en parlant enfin. C'était toi, n'est-ce pas ?

-... oui, avoua-t-elle. Mais je...

- Tu t'es introduite chez moi. La harpie avait raison.

- Mais je n'ai rien volé !

- Alors pourquoi es-tu allée là-bas ? Et comment ?

- Quand Dumbledore a su d'où je venais, il m'a retiré le sort qui me lie au château parce qu'il voulait que je retourne à mon époque. J'ai refusé et il a accepté que je reste. Mais j'ai profité d'un bref instant... Je suis allée chez toi pour... vérifier quelque chose.

- Vérifier quoi ?

- Je... ne peux pas te le dire. Ça n'a pas d'importance.

- Si ça en a ! Parce que depuis des semaines... je hurle à tout le monde que tu n'es pas celle que Kreattur a aperçu. Alors que c'est le cas !

- Je n'ai rien volé... dit-elle désespérément.

- Tu as volé la carte.

- J'étais obligée...

- Tu portes le trésor de ma famille autour du cou. Tu l'as trouvé par hasard ? Alors ce n'est pas un souvenir de ta mère finalement ?

- Non je...

- Tu n'as fait que mentir depuis que tu es arrivée. Qu'est-ce qui est vrai ? Qu'est-ce qui est faux ?

- Je t'aime ! s'exclama-t-elle en se levant d'un bond. Je t'en prie, Sirius...

- Parce que ça c'est vrai ?

- Sirius, l'appela-t-elle les larmes aux yeux.

La voyant sur le point de pleurer, la colère de Sirius retomba. Que faisait-il ? Bien sûr qu'Aurore avait menti. Il aurait fait la même chose à sa place. Du moins, s'il avait eu la tête sur les épaules. Comme elle... Mais lui, il se laissait trop souvent emporter par ses émotions. Il n'était jamais raisonnable.

- Je t'aime, Sirius, répéta-t-elle la voix tremblante. Crois-moi...

Il ouvrit la bouche pour s'excuser. Mais il ne trouva pas les mots et de toute façon, c'était inutile. Alors il s'avança vers elle et posa une main rassurante sur son épaule.

- Je t'aime, gémit-elle en l'enlaçant. Pardon Sirius... je ne voulais pas te mentir.

- Ce n'est rien. Je sais que tu n'es pas une voleuse. Je l'ai toujours su. Désolé, je n'aurais pas dû m'énerver. Mais...

Il se tut soudainement. Et Aurore s'inquiéta.

- Mais quoi ? demanda-t-elle.

Une question. Une unique question. Celle qui lui tournait dans la tête depuis qu'il savait qu'elle venait du futur. La question à laquelle il n'était pas sûr de vouloir une réponse. Ou plutôt... il avait peur de la réponse. Tellement peur. Mais il devait la poser. Il devait savoir. Alors, prenant son courage à deux mains, il demanda faiblement :

- Tu vas repartir ?

-...

Le silence d'Aurore fut une torture pour lui. D'autant qu'il la sentit se figer dans ses bras. Elle ne respirait même plus. Lui non plus. Il attendait. Il ne pouvait qu'attendre. Et Aurore répondit si faiblement qu'il faillit ne pas l'entendre. Ça aurait mieux valut. Car il n'aurait pas à eu à entendre ce petit mot si terrible :

- Oui.

- Non ! répondit-il en la serrant plus fort.

- Je... pleura-t-elle. Je suis désolée...

- Non, Aurore. Tu ne peux pas repartir, dit-il désespérément.

- Pardon... pardon Sirius.

- Je t'ai dit non ! Tu vas rester... n'est-ce pas ? Tu resteras...

- Je ne peux pas rester... je dois rentrer chez moi.

- Pitié, Aurore... non... tu as dit que tu ne me quitterais jamais...

- J'ai dit que je t'aimerai toujours, répondit-elle désespérée. C'est tout ce que je peux te promettre. Et je te le jure, Sirius. Je n'aimerai jamais personne d'autre comme je t'aime. Jamais.

- Peu importe, je te veux près de moi pour m'en assurer !

- Je sais, dit-elle en souriant à travers ses larmes. Mais tu devras me faire confiance et... me laisser partir.

- Comment tu peux me demander ça ? Tu sais que j'en suis incapable.

- Il le faudra. J'ai... j'ai fais une promesse à Dumbledore. Je dois rentrer chez moi.

- Non... refusa-t-il à nouveau.

- Sirius, intervint Lily. Il faut penser au bien d'Aurore. Sa famille l'attend chez elle. Ici... elle est seule.

- Ici, elle est avec moi, dit-il fermement.

- Mais sa place est...

- Près de moi, la coupa-t-il.

- James, dit Lily en cherchant de l'aide. C'est ton meilleur ami. Explique-lui.

- Si c'était toi, murmura doucement James à la préfète. Je dirais exactement la même chose que lui.

- James !

Le jeune homme soupira et dit à son meilleur ami :

- Sirius... je te comprends, tu sais. Mais tu dois respecter le choix d'Aurore. Lily dit vrai, sa famille l'attend. Il y a des fois où... on n'a pas le droit de se montrer égoïste. Si Aurore veut rentrer chez elle, tu dois la laisser faire.

- Elle veut rentrer parce qu'elle l'a promis !

- C'est aussi ce qu'elle souhaite. Sa famille doit lui manquer.

-...

- Et... si tu l'aimes vraiment... tu la laisseras partir, termina James.

Sirius serra les dents, pressant un peu plus Aurore contre son cœur. La jeune fille pouvait entendre ses battements affolés. Sirius tremblait même.

- C... combien de temps ? demanda-t-il faiblement.

- Jusqu'au 30 juin, murmura-t-elle.

- Non, dit-il en secouant la tête. Pas question. Pas si vite. Pas... ce jour là.

Sirius réalisait l'ampleur du problème. Il leur restait moins de 2 mois. Moins de 2 mois ! Mais le pire... c'était qu'il devrait la voir disparaître le jour de son anniversaire. Le 30 juin. Alors qu'il deviendrait enfin adulte... il devrait quitter son premier amour.

- Tu dois rester plus longtemps, Aurore, murmura-t-il. Je ne te laisserai pas partir.

- J'ai fait une promesse, pleura-t-elle.

Encore une promesse. Décidément, elle devrait s'abstenir à l'avenir. Ses promesses ne lui faisaient que du mal.

- Oublie ta promesse et reste.

- C'est impossible... ma mère... je lui ai...

Aurore poussa un petit soupir consterné avant de finir :

- Je lui ai promis de revenir rapidement.

- Tu ne fais que ça... promettre. Ne recommence plus.

- Je suis d'accord. Mais je dois les tenir. Et je veux revoir ma famille. Ils me manquent.

- Mais tu as ta...

- Sirius !

Il ne dit pas un mot de plus. Aurore ne voulait pas que les autres sachent pour Dora. Il acquiesça et elle se détacha de lui.

- Je suis désolée, s'excusa-t-elle encore. Pardon...

- Arrête, dit-il en séchant ses larmes avec sa manche. Je t'ai encore fait pleurer. Je suis vraiment minable.

- N'importe quoi, réfuta-t-elle en souriant faiblement.

- Aurore... je ne peux pas accepter ton départ.

- Je sais. C'est ma faute. Je n'aurais jamais dû...

- Si tu as l'intention de dire que tu n'aurais jamais dû tomber amoureuse de moi... je vais me mettre à nouveau en colère, la prévint-il.

- Non... mais je n'aurais jamais dû te l'avouer. Tu aurais pu l'accepter plus...

- Je ne l'aurais pas accepté malgré tout. Je t'aime, idiote. Tu sais ce que ça veut dire ?

- Oui... c'est vrai, avoua-t-elle. En plus, c'est idiot... parce que je suis heureuse de te l'avoir avoué.

- Je le suis aussi, murmura-t-il en souriant.

Aurore sourit, puis elle se tourna vers les autres.

- Je crois que je vous ai dit tout ce que je pouvais. Ne m'en demandez pas plus. Et n'en parlez plus.

- On ne dira jamais rien à personne, promit Marlene.

Ils en firent tous de même. Mais Aurore tripota nerveusement sa baguette.

- Je ne veux pas que vous pensiez que je n'ai pas confiance en vous. Mais... j'aimerais que vous m'autorisiez à vous lancer un maléfice de langue de plomb. Vous comprenez... vous pourriez laisser échapper quelque chose par inadvertance.

- Je suis d'accord, dit Lily. Et c'est normal que tu veuilles protéger ton secret.

- C'est mieux qu'un sortilège d'amnésie, accepta James en haussant les épaules.

Les autres acceptèrent aussi et Aurore s'exclama :

- Mimble wimble !

Ils eurent tous l'impression que leur langue se tortillait dans leur bouche. Formant successivement plusieurs nœuds. Lorsque ce fut fini, Aurore dit :

- Vous ne pourrez en parler qu'avec moi. Ça concerne tout ce qui a été dit dans la salle commune ce soir. Pardonnez-moi. Et merci.


merci à vous d'avoir lu ! maintenant j'attends vos commentaires ! yay ! ;)

Réponses aux reviews :

Rhumanesque : j'avais terminé sur une fin cruelle pour vous alors j'ai fais de mon mieux pour me dépêcher d'écrire ce chapitre ^^ En effet, c'est difficile pour notre petit couple. le destin est cruel. merci beaucoup et à bientôt pour la suite ! ;)

Nayla-HP : Peter ne pourra rien dire pour l'instant. Aurore a eu une très bonne idée en leur lançant ce maléfice. comment "zut" ? Tu veux qu'Aurore ait encore plus de problèmes ? lol. ouais, Remus sait qu'il aura un fils mais il aimerait aussi savoir avec QUI ! nous on sait ! nous on sait ! xD biz !

Angie : oh merci ! ^^ c'est vrai je m'améliore ? *grand soulagement et grosse joie !* essaye de rester en vie jusqu'à la semaine prochaine lol. bisous ! ;)

Marie : il reste en effet le secret Dora mais aussi le fait que Véga soit la voleuse et Aurore est restée vague sur la nature du sablier ;) Mais ils savent presque tout. c'est pas la vie, c'est moi qui suis cruelle avec Sirius lol. la faire partir le jour de son anniversaire, je devrais être répudiée pour ça. travaille dur ! et merci d'avoir posté le 300e review ! youhou ! ;) bisous

Paracelse : encore la question qui tue... je ne sais pas combien il y aura de chapitres ! *essoufflée* comment voulez-vous que je le sache en écrivant au jour le jour ? il y en aura beaucoup c'est tout ce que je peux dire. la fic n'est pas terminée ;) contente de t'avoir offert le passage tant attendu et j'espère que la suite tiendra encore en haleine ! bisous

Elsie.S : ça arrive souvent au site. Une fois j'arrivais pas à poster mon chapitre pendant toute une journée, peu importe les multiples redémarrages, j'ai cru que j'allais m'arracher les cheveux lol. je ne supporte pas les révélations qui tournent en drame. ils sont amis oui ou non ? Oui, alors ils sont capables de pardonner. entièrement d'accord avec toi. c'est bien à cause de Peter qu'elle a lancé sort. Sinon je ne pense pas qu'elle aurait eu besoin de le faire. elle leur fait entièrement confiance. soyez pas si pessimiste, la fin n'est pas encore là. On va passer encore un moment tous ensemble ;) et oui, ça avance entre Reg et Marlene. bientôt un bond de géant. bisous !

rayslevin : merci ! je ne dirai rien sur la fin de la fic, je la ferai à ma sauce ^^ il faudra suivre pour le savoir alors j'espère te revoir ;) encore merci et bisous !

Lila de Jarjayes : mais pas de problème je suis contente que tu sois là ^^ c'est vrai que tout s'éclairci autour d'Aurore. Et l'heure du départ approche T.T bisous

Immi : c'est vrai que ça s'est plutôt bien passé. Mais je ne voulais pas qu'ils se braquent tous. et Aurore avait de très bonnes raisons de mentir, ils le savent et sont assez matures pour l'accpeter je pense. presque tous majeurs, manque plus que Sirius. biz biz !

Hermione 1888 : merci ^^ la suite la semaine prochaine. à bientôt ;)

brilou : coucou ^^ j'imagine la tête choquée de Remus. il est amoureux de sa petite-fille. Comme je suis cruelle avec mes personnages (tu as entièrement raison pour Sirius) ... *bing : auto-coup-de-poing* merci et à bientôt ;)

Git : ben oui, ils ne comprenaient pas, normal d'être énervés. mais maintenant que tout est "clair", il va falloir digérer en effet ^^ sans peter il n'y aurait pas eu de maléfice... elle se méfie quand même un peu de lui. merci et travaille bien ! bisous ;)

laloudu77 : oui ça y est ^^ bisous !

a-little-piece-of-sky : T.T là c'est moi qui pleure de joie en lisant ton commentaire. merci beaucoup ! mais je veux pas me faire coffrer, alors tu pouvais être indulgente et ne pas appeler la police ça m'arrangerai ;) en échange j'espère pouvoir continuer à te contenter ^^ sèche tes larmes, je te fais de gros bisous !

azilea : ouais ya du rapprochement ^^ vous en voulez plus ? ;)

copa cabanna : moi aussi ça m'énerve les révélations qui tournent au drame. OK on est frustré mais on se contient ^^. moi je suis sûre que tu as raison pour marlene et reg lol. Bisous et merci ;)

Edwina Malefoy : ben moi pas lol. j'aurais accepté et trouvé ça trop cool xD. je regarde trop les séries SF mdr. biz