N/A. Ce chapitre a été écrit en pleine période de révision, entre la responsabilité sans faute de l'administration et l'assiette de l'ISF… Autant dire que ce ne fut pas facile de trouver le temps de l'écrire. Heureusement, Clo est là pour me soutenir et faire un travail admirable ! Un grand merci à elle, grâce à qui vous pouvez lire ce chapitre sans fautes, ainsi que les 10 premiers :)

J'ai eu tellement de commentaires pour le dernier chapitre –environs 40 d'un coup- que je ne sais plus à qui j'ai répondu, à qui je n'ai pas répondu… Bref, je suis pommée (comme d'hab'). Donc si je ne vous ai pas remercié en PM, je le fait maintenant avec mes excuses (vous pouvez me le signaler, et je m'engage à répondre).

J'en profite encore une fois pour faire un peu de pub pour un OS qui étrangement est resté dans l'ombre : Cauchemars de Akanebeach (coucou si par hasard tu passes par ici) avec une perle dans les Gerza, un univers sombre et cauchemardesque (et fantasmagorique).

Bises à vous tous, bonne lecture. Et sorry pour la taille –trop grande- de ce chapitre. Mais décidément, je n'arrive vraiment pas à me calmer.

Je vous aime tousssss !


OS 28- Des lettres

Erza comprenait enfin pourquoi la phobie la plus rependue parmi les hommes était celle des araignées, tandis qu'elle esquivait de justesse un coup de patte d'un arachnide géant. Maudissant les huit pattes de la bête, elle se précipita vers la droite avant de s'arrêter net. Mauvais choix, réalisa-t-elle trop tard en se retrouvant face à une toile géante, réputée incassable.

Si jamais elle devait mourir ici, ce serait vraiment la mort la plus ridicule que l'on pouvait imaginer. C'était intolérable. Que diraient Hughes et Sugar-Boy si elle finissait dans le fin fond d'une grotte humide, étendue dans une toile comme un insecte, dévorée par une bestiole ?! Elle imaginait déjà les rires des conteurs, racontant aux enfants : « Ainsi se terminera la légende d'Erza Knightwalker –la seule femme de l'armée d'Edolas, ex-commandant, à la force inégalée- dont l'unique acte de bonté lui fut fatal ».

Au moins elle serait morte en essayant de sauver la vie d'une personne, et non lors d'une guerre, en meurtrière. C'était presque une fin respectable, finalement. Le seul problème, c'était qu'elle ne tenait pas particulièrement à décéder aujourd'hui. Aussi s'écarta-t-elle du piège argenté, qui brillait dans l'obscurité comme s'il était composé de mille pierres précieuses.

« Tu sais que tu commences sérieusement à me gonfler, sale insecte ?! vociféra-t-elle en se calant contre la paroi de la grotte, évitant un coup de crocs.
Elle s'élança, furibonde et épée en main, vers la première patte venue qu'elle trancha sans aucun état d'âme. Le monstre hurla et s'écroula sur elle, cherchant à déchiqueter celle qui avait osé le blesser. Il fallut à Erza toute son habilité pour ne pas être ensevelie sous le corps de la tarentule. Malheureusement pour elle, elle glissa dans le sang –rose !- de la créature et se cogna la tête contre la pierre. Sonnée, le regard flou, elle ne remarqua pas tout de suite que l'arachnide s'était relevé sur ses sept autres pattes et dut se résigner à enfoncer son épée dans le flanc de son agresseur qui couina de nouveau. Son ennemie, d'un coup de patte puissant, l'envoya voler dans les airs et sous le choc, elle crut entendre une de ses côtes craquer

Projetée de l'autre côté de la grotte, elle sentit son épaule se déboiter en rencontrant le sol. Erza se mordit la lèvre inférieure jusqu'au sang pour ne pas crier. L'araignée était aveugle, et était trop occupée dans ses propres gémissements pour remarquer qu'Erza était encore en vie. Du coup, elle avait un avantage non négligeable qu'elle ne pouvait pas se permettre de perdre.

Cependant, avec une épaule déboitée, le combat devenait beaucoup plus difficile et dangereux. Elle avait besoin de tous ses membres pour pouvoir gagner contre la Tarentule. Or, il était simplement hors de question qu'elle abandonne. Elle retira donc son tee-shirt, le mit dans sa bouche pour étouffer ses plaintes, et tira d'un coup sec vers l'arrière son épaule déboitée. La douleur la submergea – mille fois pire qu'avant- et pendant quelques instants elle ne vit plus que du noir.

Dès que la douleur s'atténua un minimum, elle se redressa, l'épée en avant.
Le combat avait assez duré, il était temps que son ennemie s'écroule.
L'araignée, plus intelligente qu'on ne le supposait au premier regard, était en train de faire arrêter ses saignements en tissant une toile sur ses blessures. Il était presque regrettable de devoir achever une chose si déterminée à vivre. Mais Erza n'avait pas vraiment le choix et d'un geste rapide et précis, lui enfonça son épée directement au-dessus de ses crochets. L'arachnide gémit une dernière fois, son énorme corps secoué de spasmes, avant de s'immobiliser.

Définitivement morte.

Erza s'assis aussitôt à côté d'elle, exténuée. Avec la magie, ce combat n'aurait pas duré plus d'une minute. Sans magie, il en était tout autrement, et il n'était pas étonnant que la population de tarentules-géantes se développe aussi rapidement. Dans les années à venir, cela pourrait même s'avérer être un problème. Heureusement, ces bestioles n'aimaient que les endroits sombres et humides assez grands pour qu'elles puissent y faire éclore leurs œufs. Ce qui limitait leur dangerosité pour la population.
Après s'être reposée quelques instants, Erza se releva doucement –consciente que le coup qu'elle avait reçu à la figure pourrait lui causer du souci- et sorti prendre le seau qu'elle avait laissé à l'entrée de la grotte. Elle retourna ensuite auprès de la bête et lui arracha un premier croc. Un liquide doré se mit aussitôt à couler à flot. Elle fit de même avec le second croc, jusqu'à ce qu'il ne reste plus aucune goutte de venin dans l'arachnide.

C'était pour ça qu'elle était venue aujourd'hui. Pour cet ingrédient primordial dans les potions contre les infections liées aux morsures de certaines fleurs des pays du sud. Un ingrédient qui à lui seul, une fois vendu à des commerçants, pouvait permettre de nourrir une famille entière pendant une bonne année.

Sa tâche achevée, elle remit son tee-shirt (qu'elle avait laissé à terre), puis prit un bandana pour se protéger du soleil qui frappait fortement dehors. C'était l'été, il faisait très chaud à Aubac, et il était presque dix heure. Elle était partie tôt ce matin pour ne pas avoir à soutenir la chaleur torride de ce mois d'août avant son combat, mais elle devrait le supporter maintenant au risque d'avoir à faire face au dangereux soleil du début d'après-midi.

Erza ne s'en plaignait pas. Elle préférait largement la chaleur au froid. Si Edolas avait des climats plus tempérés, son pays natal pouvait avoir des étés très chauds et des hivers très froids. Le froid pouvait arrêter les entrainements. C'était quelque chose qu'Erza trouvait particulièrement agaçant. La neige ne l'émerveillait pas –ou peu. Le sol glissant la déséquilibrait toujours. Erza détestait ça.

Non pas que la chaleur soit bénéfique pour les entrainements. Souvent les soldats se plaignaient de maux de tête, etc. Mais il suffisait d'agencer parfaitement l'emploi du temps de la journée pour éviter les problèmes : entrainement le matin, ranger le matériel et s'occuper d'éventuels problèmes en début d'après-midi, reprendre l'entrainement le soir.

C'était sûrement les horaires de Hughes et Sugar-Boy en ce moment. Levant les yeux vers le ciel bleu tout en commençant à marcher, Erza sentit une pointe de nostalgie la traverser alors qu'elle les imaginait. Ils lui manquaient énormément. Son pays lui manquait. Le Roi lui manquait…

Cela faisait déjà un an qu'elle avait quitté Edolas. Un an, mais tout avait été si rapide depuis qu'elle n'avait pas vu le temps passer. L'une des journées les plus marquantes de ce nouveau départ avait été de retrouver Faust, qui avait à peine été surpris de la voir.

Le père de Jellal semblait moins vieux que dans ses souvenirs, plus serein. Evidemment, ses cheveux et sa barbe étaient toujours hésitants entre le blanc et le gris, et il était toujours ridé, mais son regard était plus vivant. Calmement, il lui avait demandé si elle avait essayé d'assassiner son fils. Auquel cas, il se verrait « contraint de mettre fin à ses jours ».

Erza avait aussitôt nié. Non, elle n'avait pas tenté d'assassiner cet abruti. Mais oui, s'il venait ici en ce moment, elle pourrait bien avoir envie de le tuer. C'était du moins ce qu'elle avait expliqué à Faust, menaçante.

La question suivante avait été beaucoup plus déstabilisante, tandis que le regard bleu de l'ancien Roi s'était dardé dans les siens. Avait-elle une liaison avec son fils ? Erza, le visage soudain aussi rouge que ses cheveux, avait bégayé un semblant de réponse négative, que Faust avait balayé en prenant sa main et en y trouvant le présent de Jellal : la bague de fiançailles de sa mère.

Si elle devait être franche avec elle-même, Erza ne savait pas du tout comment elle aurait réagi si l'ex-Roi lui avait demandé de lui remettre l'alliance de sa défunte femme. Elle n'en avait vraiment aucune idée. D'un certain côté, il était légitime dans sa demande. D'un autre côté, cette bague était une promesse du Roi d'Edolas, une preuve qu'elle n'avait pas sombré dans la folie et qu'elle avait quelqu'un à protéger.

Heureusement, Faust n'avait rien fait. Il l'avait simplement détaillé de la tête aux pieds, un petit sourire au coin des lèvres, et lui avait dit que « au moins, mon fils a bon goût ». Sidérée, mais rassurée qu'au moins une personne de sang noble –fusse-t-elle exilée- ne trouvait pas ignoble l'idée que le Roi d'Edolas s'était entiché d'une fille de bourgeois, membre de l'armée, assassin à ses heures perdues, Erza lui avait souri.

Vivre tous les jours avec Faust n'était pas désagréable. L'ancien souverain était plutôt tranquille, passant ses matinées à jouer aux échecs avec quiconque était prêt à le défier –Erza n'avait jamais gagné et avait décidé de ne plus jamais être son adversaire quand elle avait perdu une sixième fois consécutive. Elle avait appris, non sans admiration, que Jellal était le seul à avoir gagné contre lui.

Aux heures de grandes chaleurs, Faust restait chez lui et vaquait à différentes occupations jusqu'en fin d'après-midi où il appréciait sortir en ville et parler aux habitants. D'abord surprise, Erza avait fini par suivre son ancien supérieur et avait alors découvert les joies de vivre dans une petite communauté.

Au bout d'une semaine, Erza avait appris le nom de tous les habitants, avait trouvé un travail le soir dans un petit restaurant et décidé de jouer la nounou avec les quelques enfants qui habitaient ici. Les riverains étaient bons, et l'avaient accueilli malgré son passé comme une fille revenant au pays. Et c'était le cœur plein de gratitude qu'Erza avait juré que jusqu'à sa mort, elle protégerait les habitants avec sa vie. Comme ils l'avaient protégé en lui donnant une raison de ne pas sombrer seule dans la mélancolie.
Mais même avec toute leur gentillesse, personne n'avait réussi à totalement effacé le trou béant qu'elle avait dans la poitrine quand elle pensait à Jellal. Si ce dernier s'était empressé de lui envoyer une lettre lui rappelant qu'elle n'était pas bannie d'Edolas et que Simon avait été exécuté –elle soupçonnait Hughes d'avoir forcé la main du jeune Roi- elle n'avait que très peu de nouvelles de lui.

Heureusement ses deux collègues lui envoyaient tous les mois des courriers où ils la tenaient informée de la situation. Ils ne pouvaient pas en dire trop –de peur que leur courrier soit intercepté- mais Erza avait pu comprendre que la situation était assez tendue. Elle espérait que le Roi ne se sentait pas écrasé par la pression.
Comment pouvait-elle encore s'inquiéter pour lui ? C'était quelque chose qu'elle ne comprenait pas elle-même. Quand on lui demandait si elle en voulait au Roi, elle répondait bien évidemment oui. Elle disait être dans une colère noire. Mais ce n'était pas le cas. Elle le comprenait. Si la situation avait été inversée, elle se serait certainement déclarée coupable. Elle était coupable de bien des choses. Et son passé ne pouvait qu'inciter Jellal à la voir comme une meurtrière qui aurait très bien pu tenter de l'assassiner.

Si Erza en avait eu l'ordre quelques années auparavant, elle l'aurait certainement fait. Elle avait haït ce prince fugueur qui avait abandonné Edolas en pleine crise, qui avait laissé son père sombrer dans l'aphasie et qui la gouvernerait un jour sans aucun mérite. Sa mort aurait été agréable. Elle aurait aimé traverser son corps des dix commandements. Le sang aurait giclé sur son visage, ses yeux bleus se seraient dilatés, son corps se serait écroulé sur le sol.

Comme l'avait fait Simon.

Erza s'arrêta là dans ses pensées, dégoutée d'elle-même. Combien de personnes innocentes comme le Roi avait-elle tué avant ? Combien de vie avait-elle prise qui auraient pu rendre Edolas bien meilleur ? Comment Jellal pouvait-il éprouver quoi que ce soit d'autre qu'une haine sans bornes pour elle ?
C'était illogique, elle ne méritait pas cet homme. Elle n'avait aucun droit de le désirer. Et pourtant elle le faisait. Pourtant, une partie d'elle lui en voulait de l'avoir laissée partir. Car il aurait dû savoir, comprendre, qu'elle ne pourrait jamais le trahir. Elle pouvait bien détruire tout le reste –elle incluse- mais jamais elle ne pourrait lui faire de mal.

Car le Roi Jellal avait mis du soleil dans sa vie, là où avant il n'y avait que des ténèbres. Il rayonnait tellement que l'obscurité en elle s'était dissipée face à lui. Là où son être avait été noirceur, il avait tout éclairé de sa bonté, de sa générosité, de sa loyauté, de tout ce qui faisait de lui un homme qui n'était pas pour elle.

Oui, le Roi méritait bien mieux qu'elle. Que dirait-il s'il la voyait maintenant, les cheveux cachés, son propre sang sur le visage, dans des vêtements déchirés recouvert d'une étrange substance rose dont l'odeur était insupportable ? Il ne l'aurait certainement pas trouvé désirable.

Peut-être aurait-il été inquiet. Surement même. Il lui aurait ordonné de se soigner et de se reposer. Elle se serait mise en colère, s'agaçant de son appréhension, et lui aurait rappelé qu'il avait bien mieux à faire que de venir s'angoisser pour elle. Malgré sa mauvaise humeur, Jellal aurait nettoyé son visage avec une de ses luxueuses manches, et elle lui en aurait été secrètement reconnaissante. C'était leur façon à eux de montrer qu'ils tenaient l'un à l'autre.

Erza se mordit les lèvres tout en continuant de marcher vers la ville. Plus elle y pensait, plus elle se rendait compte que dès le début, le Roi avait été bon avec elle. Il avait supporté ses crises de colères, sa mauvaise humeur, son insubordination, sans jamais se plaindre. Alors qu'il aurait très bien pu simplement la faire exécuter pour trahison. Mais il n'était pas comme ça, il respectait trop les vies humaines. Ce qu'Erza avait cru au début être sa faiblesse était en réalité sa force : il était un homme bienveillant, et tout le monde l'aimait.

C'était fou comme il était toujours au centre de ses élucubrations. Même là, alors qu'elle traversait un désert à des centaines de kilomètres de lui, elle pensait à lui. Toujours. Elle sentait son cœur de serrer, et battre plus rapidement, alors qu'elle se demandait s'il était intéressé par une autre femme. Si bientôt, on allait annoncer le mariage du Roi d'Edolas.

Erza craignait autant qu'elle attendait cette journée. Le jour où tous ses espoirs –aussi critiquables soient-ils- disparaitraient. Elle savait que Jellal allait devoir épouser une femme de son rang, convoler et avoir un héritier. C'était son devoir. Et il était homme à respecter ses obligations. Le peuple allait commencer à s'impatienter, tout comme les conseillers.

La perspective de voir une femme à côté de lui, son épouse, lui serra la gorge. Erza préférait de loin être ici plutôt que d'assister à un tel événement. Possessive, elle vérifia que sa bague était toujours là. Quoi qu'il advienne, ses souvenirs à elle ne disparaitraient pas. C'était peut-être dommage, car elle aurait peut-être préféré simplement oublier.

C'était une solution de facilité, Erza Knightwalker n'était pas quelqu'un de lâche, mais l'idée de juste tout oublier était franchement alléchante. Mais elle ne pouvait pas. Elle devait vivre tout en sachant qu'elle aimait quelqu'un, et qu'elle n'aimerait sûrement que lui, mais que cette personne lui était inaccessible.

C'était peut-être une juste condamnation pour tout le malheur qu'elle avait causé au monde. Peut-être qu'après tout le mal qu'elle avait fait, le destin lui montrait la douleur que l'on éprouvait à la perte de quelqu'un. Et elle méritait mille fois cette douleur.

Mais pas Jellal, non ! Alors son amnésie était peut-être une bénédiction. Car il ne méritait pas de souffrir. Et s'il avait pu oublier par là-même sa terrible idée de faire d'elle sa femme, alors le karma avait bien fait les choses…

Erza s'arrêta, épuisée. Elle n'avait plus que quelques minutes de marche, mais sa tête commençait à tourner de nouveau. Elle était vraiment dans un sale état. Cette araignée était bien plus puissante qu'elle ne l'avait imaginé de prime abord. Son évaluation avait été mauvaise, et elle en subissait les répercussions de plein fouet. Pourtant, elle ne le regrettait pas.

Dans un élan de courage, elle reprit sa route sous la chaleur de plus en plus insupportable. Elle arriva bientôt en ville et les passants la regardèrent, stupéfaits et certainement inquiets. Arrivant devant une maison où pendait à l'entrée une tête-réduite et divers médaillons, elle frappa.

Une vieille femme ouvrit la porte, écarquilla les yeux en la découvrant, prit aussitôt les deux sceaux qu'elle tenait et la réprimanda :

-Erza Knightwalker ! Tu es la fille la plus stupide, la plus téméraire et la plus irresponsable que je connaisse ! Mais aussi la plus courageuse et intrépide des jeunes filles !
Erza sourit, amusée, mais trop épuisée pour une de ses réponses cinglantes

-Bonjour à vous également, dame Polyussica.

Dame Polyussica était la femme la plus étrange qu'Erza avait rencontré dans sa vie. Elle avait pourtant côtoyé bien des personnes. Dire que la vielle femme était hautaine était faux. C'était la personne la plus généreuse au monde, et elle consacrait sa vie à soigner les plus démunis gratuitement. Elle était quelque peu narcissique cependant, et n'hésitait pas à se montrer violente parfois –Erza l'avait déjà vue menacer Faust d'un balai !

Mais c'était surtout une bonne âme, qu'Erza pouvait presque considérer comme l'image d'une grand-mère stricte mais attentive. La guerrière aimait Polyussica, simplement.

-Rentre ! Nous allons soigner tes vilaines blessures ! s'écria la médecin en la laissant entrer chez elle. C'était une petite maison, qui sentait diverses épices, et où il faisait toujours bon. Jamais trop chaud, jamais trop froid. Erza soupira d'aise en sentant la fraicheur des lieux apaiser son corps brulant.

La guérisseuse l'emmena presque aussitôt vers une petite pièce et la fit s'assoir sur une chaise avant de disparaitre et de revenir avec une bassine d'eau fraiche et des serviettes. Rapidement, elle épongea le visage d'Erza tandis que la serviette se colorait de rouge.

-Je ne pense pas que tu ais besoin d'être recousue. Je vais désinfecter, ça risque de faire mal, prévient la vielle femme.

Erza la détailla imbiber d'alcool une autre serviette et grimaça quand celle-ci rencontra sa plaie. La sensation était loin d'être agréable, mais la douleur était bon signe. Le signe qu'elle était vivante.

Il ne fallut pas beaucoup de temps à Polyussica pour panser sa blessure et découvrir celle de son épaule. Elle lui lança d'ailleurs un regard mécontent en se rendant compte de la façon dont elle avait « réparé » cette dernière. Les doigts de fée de la guérisseuse firent des miracles et la douleur lancinante s'atténua sous leur massage.

-Tu vas devoir te ménager un peu, c'est déjà luxé, cela peut très bien finir par se casser.

Erza blêmit aussitôt. Une épaule cassée la rendrait vulnérable et elle ne devait pas –ne pouvait pas- se permettre d'être vulnérable. Même ici, ses ennemis la surveillait sûrement, n'attendant qu'un moment de faiblesse pour la supprimer.

-Merci beaucoup ! la remercia-t-elle.

Pour toute réponse, la vielle dame fit une moue de mécontentement et indiqua une porte adjacente de son indexe.

-Il y a une bassine d'eau dans la pièce à côté, va te nettoyer. Je vais te ramener des vêtements propres, le sang de tarentule reste incrusté dans les tissus et sans vouloir te vexer, l'odeur est insupportable.

Erza regarda ses vêtements, salis de rose, déchirés, gluants. Effectivement, elle ne devait pas ressembler à grand-chose en ce moment. Elle se hâta donc vers la dîte bassine, retira ses vêtements et pu découvrir d'elle-même l'étendue de ses blessures. Son épaule avait pris une étrange couleur entre le bleu et le noir, elle était griffée et couverte d'hématomes. Comme si elle venait de se battre contre une armée entière.
Mais ce n'était qu'une araignée…

Doucement, elle passa l'éponge mouillée sur son corps et déglutit. Cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas été aussi amochée. C'était ça, le luxe de vivre à Edolas… Elle n'avait presque pas connue de batailles ces dernières années, elle en avait presque oublié la douleur. Rapidement, elle prit la peine de laver ses cheveux également, et se contempla dans un miroir posé non loin de là.

Ses cheveux avaient poussés depuis un an. S'ils n'étaient bien évidement pas de la même taille qu'avant, ils étaient quand même bien plus long qu'après sa rencontre avec Scarlett. Ils arrivaient au niveau de sa poitrine, qu'ils recouvraient de leur couleur rougeoyante. Son teint était plus bronzé que normalement. Elle semblait plus en forme aussi. Sur certains côtés, l'exil lui avait fait du bien. Elle était moins fatiguée par exemple.

Si on retirait les coupures et les bleus sur son corps à cet instant, elle pouvait dire qu'elle était belle. Ce n'était pas nouveau, elle savait qu'elle l'était. Mais elle semblait aussi plus épanouie, plus femme. Elle ressemblait à quelqu'un qui avait trouvé une raison de se battre et qui n'allait pas la lâcher.

Malgré tous les coups qu'elle avait pris ces derniers temps, elle avait enfin l'impression d'avoir expié ses pêchés et d'avoir droit au bonheur.
Mais pas avec Jellal…

-Tiens ! Ça devrait être à ta taille ! fit Polyussica en entrant dans la pièce, les bras chargés de vêtements. Surprise, Erza sursauta et se détourna du miroir. Mais pas assez rapidement car la vielle femme remarqua l'air songeur de la plus jeune et lui jeta les habits qu'Erza attrapa lestement.

Ce n'était pas grand-chose : un tee-shirt bleu marine et un pantalon noir. Mais c'était suffisant pour cacher une grande partie de ses blessures.

-Vous n'êtes pas obligée de…

D'un geste de la main, Polyussica la fit taire.

-Qu'est-ce donc que cette mentalité ! Quand une personne âgée offre quelque chose à une jeune personne, cette dernière doit l'accepter et c'est tout ! Les jeunes d'aujourd'hui sont vraiment impolis !

De nouveau, Erza sourit. C'était presque devenu un geste naturel. Elle qui avant ne souriait jamais, le faisait aujourd'hui régulièrement. C'était encore une des nombreuses nouvelles choses qui la caractérisait aujourd'hui. Avec le recul, elle pouvait voir à quel point elle avait évolué depuis cinq ans. Depuis Jellal…

Elle enfila rapidement les vêtements et se regarda dans le miroir. Comme elle l'avait deviné, la grande majorité de son corps était caché. Mais pas ses épaules. Erza arrangea cela en les recouvrant de ses cheveux.

-Si tu veux mon avis, tu as bien fait de laisser pousser tes cheveux ! Tu commences à ressembler à une femme !
Erza se tourna vers son interlocutrice et répondit alors :

-Je suis devenue humaine le jour où je les ai coupés…

Elle passa lentement sa main dans ses cheveux humides. Oui, le jour où elle les avait coupés, elle avait fait face à son passé et à ses actes. Aujourd'hui elle les laissait repousser, car elle avait enfin tourné la page sur ses erreurs. Oh, elle ne les oublierait jamais. Mais en vivant avec.

-Est-ce qu'il y aura assez de venin pour sauver Azuma ? s'enquit-elle auprès de la vielle femme.

Azuma était un villageois chargé d'exterminer les fleurs nocives qui poussaient malgré le désert. Malheureusement, il avait été piqué par une de ces dernières et était gravement malade.

-Oh oui, et même assez pour concocter une dizaine d'autres remèdes, répondit Polyussica.

Rassurée, Erza soupira de soulagement. Azuma était quelqu'un de bien, il ne méritait pas de mourir. Surtout qu'il avait une famille à s'occuper.

-C'est bien. Je vais y aller, déclara Erza en avançant vers la porte.

-Erza ! L'interpela la vielle femme.

Etonnée, elle se retourna vers elle.
-Oui ?
-Merci !

Erza haussa les épaules –et grogna quand la douleur se raviva- avant de sortir. Son regard balaya la vile –où les habitants vaquaient à leurs occupations quotidiennes. A peine fit-elle quelques mètres vers le domicile de Faust qu'un groupe de jeunes enfants accoururent vers elle. Une petite fille, dans les huit ans, s'écria en la regardant :

-Mademoiselle Erza ! Mademoiselle Erza !

Etonnée de l'entrain de l'enfant, Erza la détailla. Les yeux noirs, les cheveux noirs, elle était l'archétype même des enfants d'Aubac. Elle semblait totalement excitée et Erza savait très bien pourquoi. Cependant, elle demanda :

-Que ce passe-t-il ?

La petite fille, sous le regard de ses camarades, s'écria alors :

-Est-ce que vous allez nous apprendre à combattre aujourd'hui ? Dîtes oui, s'il vous plait ! Dîtes oui !

Qui aurait pu imaginer que ce serait dans une petite ville loin d'Edolas, loin de ses soldats, qu'elle trouverait ses élèves les plus attentifs et motivés ? A bien des égards, les enfants d'ici avaient la même fougue que celle qu'elle avait eu des années auparavant. Celle qu'elle avait partagé avec Sug' et Hug'.

Elle aurait normalement volontiers accepté la demande des jeunes enfants mais là, elle mourait d'envie de simplement se reposer. Et Polyussica aurait sa peau si jamais elle osait ne serait-ce qu'imaginer se servir d'une arme avec son bras aujourd'hui.

-Je suis désolée, mais j'ai besoin de me reposer un peu aujourd'hui. Demain à neuf heures ? interrogea-t-elle.

Les enfants, loin de perdre leurs sourires, répondirent aussitôt avec enthousiasme :

-D'accord mademoiselle Erza ! On sera à l'heure !

Et ils partirent aussitôt, dans l'ombre des habitations. Attendrie, Erza soupira néanmoins. Elle espérait vraiment ne pas avoir fait naitre chez eux le désir de devenir un jour soldat. Elle voulait qu'ils gardent leur innocence. Innocence que l'on perdait inexorablement le jour où l'on tuait pour la première fois. Erza l'avait perdue à onze ans…

Perdue dans ses sombres souvenirs, elle en fut sortie brutalement par la voix de quelqu'un criant son nom. Surprise, elle se tourna vers l'homme et le fut d'autant plus en découvrant un homme portant l'armure officielle d'Edolas ainsi que le blason du Roi.

Qu'est-ce que…

-Commandant Knightwalker !

L'homme ne devait pas avoir plus de vingt ans, et n'avait surement pas le moindre galon dans l'armée. C'était surement une de ces jeunes recrues choisies pour leur intelligence, et non pour leur force. Chose qu'elle avait elle-même suggéré au Roi, affligée par la bêtise brute de certains de ses hommes.

Le jeune soldat se mit aussitôt au garde-à-vous, le dos bien droit. C'était un spectacle qu'Erza n'avait pas vu depuis un an et pour la deuxième fois aujourd'hui, elle fut prise d'un fort sentiment de nostalgie. Autant elle aimait Aubac, autant son pays natal lui manquait.

-Détendez-vous soldat, je ne suis qu'un civil ici ! rappela-t-elle à l'intéressé.

Mais l'homme, loin de se détendre, sembla se redresser encore plus.

-Vous êtes toujours commandant pour moi, madame ! déclara-t-il, les yeux au sol.

Sa loyauté donna du baume au cœur à Erza qui aussitôt, décida qu'elle aimait bien cet homme. Mais la question la plus importante désormais était de savoir ce qu'il faisait ici.

Aussi s'enquit-elle :

-Qu'est-ce que fait un soldat d'Edolas aussi loin de chez lui ?

L'homme se relâcha enfin et, fouillant dans ses papiers, sorti une lettre qu'il lui tendit. Erza la prit et écarquilla aussitôt les yeux en découvrant qu'elle était cachetée du sceau royal et que, plus important encore, son nom était écrit d'une calligraphie qu'elle reconnaitrait n'importe où.

C'était une lettre que le Roi d'Edolas avait écrit lui-même et les battements de son cœur accélérèrent drastiquement tandis qu'elle l'imaginait pencher sur une feuille, cherchant ses mots.

-Sa majesté m'a chargé de vous remettre en main propre une lettre, commandant ! Et je suis là pour vous remplacer dans la protection de l'ancien Roi.

Détournant son regard du « Erza », elle questionna du regard le soldat.

-Me remplacer ?

De nouveau, son cœur accéléra alors que la perspective qu'il soit arrivé quelque chose à Edolas en son absence s'insinuait en elle, la rendant presque nauséeuse.

-Je n'en sais pas plus, commandant !

Etait-il arrivé quelque chose à Hughes ou Sugar-boy ?

-Ex-commandant. Venez avec moi, nous allons voir Faust.
Sans laisser le temps au jeune homme de répondre, elle se précipita à travers les rues, bien décidé à lire son courrier à l'abri des regards indiscrets. Il ne leur fallut pas plus de quelques minutes pour arriver à destination. La maison était un peu à l'écart des autres. C'était une maison de pierre, bien loin de l'élégance de la Capitale d'Edolas.
Faust l'attendait, assis devant une table et son éternel échiquier. Il ne leva même pas les yeux vers elle quand.

-Ah ! Erza ! Tu es de retour ! On dirait qu'elle t'a donné du mal, cette petite araignée !

Erza renifla dédaigneusement et, plus pour ennuyer le vieil homme qu'autre chose, attrapa un cavalier et lui fit faire un L. Faust fronça les sourcils et, rapidement, captura le cavalier.

-Elle n'a pas tenu plus de dix minutes ! répliqua Erza, agacée.

Le soldat derrière elle se dandina légèrement, mal à l'aise. Erza lui intima de s'approcher, ce qu'il fit. Puis le jeune homme, rapidement, déplaça un pion au grand étonnement de la jeune femme. L'action sembla surprendre Faust, qui leva enfin les yeux vers eux.

-Dix minutes contre toi ? Coriace, la bête !

Il fit reculer sa reine, non sans jeter un regard appréciateur au soldat.

-Pas tant que ça ! répondit la rousse tandis que son « remplaçant » réussissait dans un coup de maitre à prendre la tour adversaire. L'ancien Roi sourit, l'air hautement satisfait.

-Tu as reçu une lettre, aujourd'hui, lui expliqua-t-il en réfléchissant déjà à ses prochains mouvements.

Une lettre ?

-Encore ?
A l'air étonné de Faust à cette déclaration, Erza lui tendit la lettre du Roi qu'il prit aussitôt alors qu'elle ouvrait l'autre missive posée à côté de l'échiquier. Parcourant les mots écrits par Hughes, Erza découvrit alors l'heureuse nouvelle qui avait poussé son ami à lui écrire :

-Et bien, il semblerait que Hughes ai décidé de se marier…

Le soldat derrière eux hoqueta, faisant sursauter les deux autres personnes. Il rougit.

-Désolé commandant ! Je suis juste surpris.
Ignorant le jeune homme, Erza se retourna vers Faust qui avait les yeux rivés sur la lettre royale encore non-ouverte et dit :

-C'est une bonne nouvelle. Et il semblerait que le Roi ait décidé de m'autoriser à rentrer à Edolas…

Faust lui tendit la lettre.

-Tu en sauras peut-être plus en lisant sa lettre ?

Lui aussi avait reconnu l'écriture de son fils. Quelque peu tremblante, elle prit le courrier, le décacheta, et découvrit la longue missive du Roi. C'était d'autant plus surprenant que Jellal avait l'habitude d'être claire, concis et rapide dans ses courriers officiels. Celle-ci semblait bien plus officieuse, eut égard au simple « Jellal » signé en bas.

Elle prit son temps pour lire, fronça les sourcils et relu avant de s'exclamer :
-C'est… inattendu…

Faust prit soudain un visage concerné.

-Que ce passe-t-il ?

Erza replia la lettre et la remit dans l'enveloppe, mécaniquement, et trop étonnée pour vraiment réaliser ses gestes.

-Il voudrait que je rentre à Edolas, que je reprenne ma place comme commandant, et que j'assiste à l'anniversaire de son couronnement…

Elle enfonça ses ongles dans la paume de sa main.

-Vas-tu y aller ? demanda l'ancien Roi.

Erza secoua la tête de droite à gauche après quelques instants de réflexion.

-Je ne pense pas. Pourquoi voudrait-il que je sois présente ?

Ce le fut pas le père du Roi qui répondit alors –il semblait tout aussi surpris qu'elle- mais le soldat derrière eux.

-Il parait –ce ne sont que des rumeurs- que le Roi a enfin décidé de se marier.

Erza écarquilla les yeux, stupéfaite.

-Se… marier ?!
L'idée lui sembla tellement horrible qu'elle prit la première chaise venue et s'assit, se sentant nauséeuse. Elle mit cela sur le compte du choc de son combat précédent. Jellal ? Se marier ? Et il voulait qu'elle soit présente le jour où il annoncerait ses fiançailles ? Etait-il aussi mesquin ?

Mais d'un autre côté, s'il ne se souvenait pas de leur relation, il n'avait aucune idée du mal qu'il pourrait lui faire.

-Il semblerait logique de t'inviter pour une telle… occasion… remarqua Faust.

Vue le regard qu'il lui lança, elle comprit aussitôt la tournure de ses pensées. Il imaginait que Jellal ne l'avait pas invité pour assister à ses fiançailles, mais être présent à leurs fiançailles. Etait-ce possible ?

-Je refuse d'y aller ! s'écria-t-elle aussitôt.

Mais Faust n'en démordait pas.

-Tu pourrais très bien ne pas avoir le choix… si son annonce te concerne…

Erza pensa à ses parents, et à la pression qu'ils lui mettaient pour qu'elle épouse quelqu'un. Son père accepterait sans la moindre hésitation de donner la main de sa fille au Roi. Au plus beau parti du monde entier. A l'homme le plus puissant sur Terre…

-C'est impossible, Jellal ne se souvient pas de moi ! Et même si, il ne me mettrait jamais devant le fait accompli.

Le soldat les regardait, les yeux ronds, apparemment stupéfait par la tournure de la conversation. Il devait être plutôt intelligent, car il semblait comprendre parfaitement la situation.

-Erza ! Tu es loin d'être une idiote ! Tu sais très bien que le Roi ne t'aurait jamais écrit lui-même, ne t'aurait pas invité lui-même, s'il ne désirait pas lui-même ta présence ! S'il la veut, c'est car il se souvient de toi et de vous !

La logique de l'ancien Roi la déstabilisa. Si les rumeurs des fiançailles du Roi était fondées : soit il avait décidé de mettre fin à tous ses espoirs de la manière la plus cruelle, soit il comptait officialiser leur relation sans lui demander son avis. Aucune des deux solutions ne lui paraissait juste.

-Qu'est-ce que je dois faire ? demanda-t-elle en se prenant la tête entre les mains.

-Des choix. Tu sais ce qu'il veut, et tu sais ce que tu ressens. Il te désire à ses côtés aussi bien comme soutien que comme femme. Et tu l'aimes –inutile de le nier. Mais est-ce que tu es prête à devenir plus qu'un soldat ? Une reine ?
Le militaire la fixait comme si c'était la première fois qu'il la voyait. Erza soupira :

-Je veux juste rester en paix.

-Malheureusement, tu as attiré la personne la plus puissante de cette Terre. Et mon fils n'est pas homme à renoncer. Il est aussi têtu que son vieux père. Il est amoureux de toi –Erza grimaça- et il ne va plus te laisser t'éloigner de lui. Je crois Erza, que ton destin est tout tracé. Que tu le veuille ou non.

-Personne ne m'imposera quoi que ce soit ! s'écria-t-elle en se relevant de sa chaise, furibonde.

Faust prit alors un air grave et lui expliqua :

-Alors prépare-toi à livrer le plus dur des combats. Tu vas devoir te battre avec toi-même et, d'après les témoins de ta rencontre avec Scarlett, c'est un spectacle impressionnant. »