Vendredi 2 Août 1996


Il se tenait devant moi. Il s'approcha et refit mon bandage improvisé avec plus de douceur. Il me caressa la joue et essuya le sang qui y coulait. Ma bouche était sèche et lorsqu'il me prit dans ses bras je ne pus rien dire.

-J'ai eu peur pour toi, Bellatrix aime jouer avec la nourriture, regarde comme tu m'es revenue.

J'essayai de parler, ma gorge me fit souffrir tandis que j'essayais d'articuler.

-Pourquoi reviens-tu à chaque fois ? Pourquoi nous fais-tu souffrir ?

-Je ne veux pas qu'il t'arrive quoi que ce soit, et si pour que tu sois en vie il nous faut souffrir alors je choisis de souffrir. Je ne t'abandonnerais pas.

Je savais qu'une fois qu'il serait sûr que je ne risquais rien, il repartirait. Alors j'étais décidée à en profiter, quitte à mettre ma haine et ma fierté de côté.

Lorsque je m'éveillai plus tard, il était encore là, à côté de moi, dans mon lit. Je sentais sa peau contre la mienne. Nous avions été loin, trop loin. Beaucoup plus loin que tout ce que j'aurais pu prévoir. Je me levai en essayant de ne pas le réveiller et me dirigeai vers la salle de bain.

Je mis de l'eau à couler et sans attendre qu'elle chauffe, je me glissai dessous. J'essayais de m'enlever de la tête ce qui s'était passé la veille. Je sortis de la salle enveloppée d'une serviette blanche, la chambre était tel que je l'avais laissée avant le mariage, et pourtant j'étais sûre que nous avions cassé une lampe et laissé nos vêtements par terre.

En fait elle était identique à celle qu'elle était avant qu'il n'arrive, il avait effacé toutes ses traces et avait disparu dans la brume du matin. La seule chose qui témoignait de son passage était une feuille de papier laissée sur le lit, refait.

On recommence du début.

Je t'aime.

La fenêtre était entrouverte et les rideaux volaient au vent.

Je descendis à la cuisine avec l'espoir d'y trouver Rémus mais il n'en fut rien.

J'attendis.

Ma joue ne saignait plus mais une grosse cicatrice la barrait et mon bras était toujours bandé. M'arranger ne servirait à rien. Je n'avais pas fait ce qu'il me demandait.

Il apparût vers dix heures, au milieu de la cour accompagné de Tonks. Ils entrèrent et s'assirent dans le salon ou je les rejoignis.

-Ou est-ce que vous étiez passés ?

-On a participé au combat puis après on t'a cherché un peu partout, répondit mon père.

-Ah, moi aussi j'ai participé, commençais-je.

-Oui on avait remarqué. Qui ? me coupa-t-il.

-Bellatrix Lestrange, je me suis battue contre elle. Elle ne m'a atteint que deux fois avec un doloris et un autre dont j'ignore le nom mais je connais les effets, dis-je en désignant ma joue. Et après je suis rentrée ici. Je suis là depuis hier soir.

-Elle t'a lancé un sortilège de douleur et tu as réussi à continuer le combat ?

-J'étais animée par la haine et je ne l'ai pas senti, j'y serais peut-être encore si j'avais pu me servir de mon bras droit.

-Je ne t'avais pas dit de rentrer ici ?

-Je dois venger ceux qui sont morts. Quand je les ais vus arriver, je me suis souvenue d'une femme. Bellatrix.

Ce n'était plus la peine d'argumenter, tout le monde avait compris.

-Rémus, ils ont dû être prévenus que Harry serait là, sinon ils ne seraient pas venus aussi nombreux, remarqua Tonks.

-Tu penses à de l'espionnage ? Ou à un traître ? répondit-il.

-De l'espionnage. Précisa-t-elle. Tu es toujours surveillée.

-Non, je ne crois pas l'avoir vu depuis avant de le mariage.

-Allons voir dans tes affaires que tu portais hier, on a pu y placer quelque chose.

Il avait sans doute raison mais ce que je redoutais le plus était de savoir quand l'avait il placé. J'en retrouvai un dans ma robe de la veille. Il était placée dans la doublure, il aurait très bien pu la mettre directement pendant le mariage.

Lorsque nous retrouvâmes Rémus il nous expliqua que le patronus de Dumbledore venait d'apparaître : Ils avaient capturé un mangemort. Nous transplanâmes jusqu'à Poudlard, Hagrid nous ouvrit, le mangemort était dans la grande salle, attaché, ainsi que Dumbledore et d'autres. C'était lui mais son apparence avait changé, il avait sûrement eu recours à des sortilèges.

-Dumbledore nous savons qu'il nous espionnait et nous entendait au mariage, on à trouvé un micro moldu, il avait dû être protégé contre les ondes magiques.

Je ne le regardai pas. Je fixai inlassablement mes pieds.

-Ah bon, justement on avait besoin de toi Lynn. Pourrais-tu nous dire s'il ment ?

Je relevai la tête pour fixer les yeux bleus du directeur.

-Oui bien sûr.

Il se tourna alors vers lui et commença avec la première question.

-Comment t'appelles-tu ?

-Léo Stewart.

Je hochai la tête.

-Pourquoi surveillais-tu Lynn Aronsohn ?

Je fermai les yeux ayant peur de la réponse.

-Parce qu'il le veut.

Je hochai la tête.

-Pourquoi le voulait-il ?

-Parce qu'il recherche son grand-père.

-As-tu trouvé quelque chose sur Thomas Aronsohn, susceptible de l'aider ?

-Oui.

-Est-ce que c'est toi qui as mis un micro moldu dans sa robe ?

-Oui, hier matin.

-Il dit vrai, mentis-je.

Il mentait. C'était cet après-midi, qu'il l'avait mis.

-As-tu eu le temps d'en informer ton maître ?

-Non.

Dumbledore fit signe à Kingsley que c'était terminé mais moi je n'en avais pas fini avec lui. Je m'avançai et le regardai en face, ignorant Rémus qui me disait de ne pas lui parler.

-Qu'est-ce que Voldemort sait de mes pouvoirs ?

-Rien absolument rien qui vienne de ma part mais Bellatrix l'en aura informé.

-Qu'as-tu appris sur mon grand-père au mariage.

-Pas grand-chose, il y avait juste quelqu'un qui pensait à un homme, Aronsohn.

-Qui ?

Tout le monde m'observait à présent et je sentais l'attention de Dumbledore augmenter à chaque instant.

-Viktor Krum.

-Est- ce que l'appareil placé sur moi vous a aidé pour l'attaque hier soir ?

Je tentais vainement de garder mon sang froid alors lorsqu'il se mit à rire doucement je dus me contrôler pour ne pas le gifler.

-Non je n'étais même pas au courant.

Mon cœur sembla s'alléger soudain, mais il me restait une question, celle en qui je plaçais le plus d'espoir.

-Le mercredi vingt-huit juin 1995 dans les alentours d'une heure du matin, des villes de France ont été attaquées. Avez-vous laissé des survivants ? Ou les avez-vous tous brûlé vifs, m'emportais-je ?

Il ne répondit pas, mais il ne souriait plus, à présent. Il me regardait dans les yeux et semble-t-il ma haine lui faisait peur. Il n'était pas le seul derrière moi, seul Dumbledore ne semblait pas frissonné par de telles paroles prononcées avec autant de haine et de rage.

-C'était Bellatrix à la tête des opérations.

Personne ne dit plus rien, les membres de l'ordre commencèrent à s'en aller. Dumbledore avait rejoint son bureau, laissant le mangemort là, ligoté en attendant un membre du ministère.

-Cette fois c'est fini, ne me parle plus jamais, lui soufflais-je avant de partir sans un regard en arrière pour ses derniers mots : « Je sais, on recommence du début ».