Hello ! Devinez qui a profité de ce long week-end pour achever son chapitre ?
Comme d'habitude, j'espère qu'il vous plaira ! Je pense que oui, puisqu'on y apprends plus de choses que quelqu'un qui vous a intrigué. (bon pas trop non plus, vous me connaissez).
Merci à mes betas, Miiss, Marion et ElwennSnape et à vous (qui laissez des reviews ou non...)
Réponses en vrac aux interrogations :
Harry/Ladi ne sera pas un dark!harry dans le sens mage noir, en tout cas pour l'instant, mais parfois il sera influence par son grand-père (if you know what i mean...).
La collaboration entre lui et Tom/Mordred ne se fait pas tout de suite... C'est dans très longtemps. Mais en même temps, si aucun des deux ne connaît la réelle identité de l'autre, je ne vois pas pourquoi ça ne passerait pas.
Tom/Mordred et Voldemort sont deux personnes différentes, avec des plans différents...
Je compte donner des nouvelles de Sirius ! Vous inquiétez pas, il est pas mort.
Pour ce qui est d'Aleksander Obolensky, vous en apprendrez un peu plus sur lui ici, et oui, je compte en faire un perso assez important. Plus en tout cas que les autres camarades de Ladi (hormis Leonardo évidemment).
Petit résumé : Ladislas est retourné à Koldovstoretz où il fait la rencontre d'un redoublant : Aleksander Obolensky. Il commence sa cinquième année, entouré de ses amis (Leonardo/ Yakov/ Edwin / Alvis / Ava) et ce nouvel élève qui ne lui laisse pas très bonne impression.
Ce son côté, Tom finit par obtenir l'héritage des Gaunt et change d'identité pour Mordred Gaunt, en prévision d'un poste au ministère.
Chapitre 28 : Début septembre
Ladislas retint un bâillement en tournant à l'angle du cloître, tandis qu'il jetait un regard à la cour intérieure, vide à cette heure matinale. Il finit par atteindre la petite pièce que lui avait assigné la directrice pour son apprentissage personnel et qui était attenante à la salle de méditation.
Il avait rapidement choisi de s'entraîner avant le premier cours de la matinée, qui se trouvait parfois être celui d'Occlumencie ce qui l'arrangeait. Il trouvait également au moins une vingtaine de minutes pour s'y rendre le reste de la journée, que ce soit avant les cours de vol qui se déroulaient le soir, ou pendant la pause de midi. Leonardo l'encourageait, connaissant par ailleurs l'ancienne profession de son grand-père avant qu'il ne devienne directeur de Poudlard, et ne doutait pas qu'il puisse réussir.
Ouvrant la porte en chêne, le jeune Grindelwald finit par lâcher un bâillement digne d'un dragon avant de s'asseoir à même le sol et commencer un exercice de méditation.
Tout juste un mois après la reprise des cours, la routine s'était de nouveau installée à Koldovstortez. Les habitudes avaient la vie rude et il n'était pas rare que les amis, maintenant en cinquième année, se réunissent dans l'une ou l'autre de leurs chambres le soir, pour discuter, ou plus raisonnablement, pour étudier.
Car hélas, les professeurs n'avaient pas menti, et dès les premiers jours passés, les avaient ensevelis sous une masse de travail encore inédite pour eux. Seule Ava tenait courageusement le rythme, disputant ses camarades lorsqu'elle les voyait traîner dans le parc de l'école pour profiter de la chaleur estivale.
Ladislas avait déjà remarqué le niveau bien plus élevé à Koldovstoretz, comparé à Poudlard, qui lui valait d'être considérée comme une école d'élite. Pour rattraper la sixième année, qu'aucun élève ne suivait à proprement parler, même si le service militaire ou un stage était toujours valorisé, la charge de travail était pratiquement multipliée à par deux, au grand dam des élèves.
Au moins, n'avait-il plus soins aux créatures magiques, et très peu de botanique, se rassurait Ladislas. En vérité, malgré les devoirs interminables, il devait admettre qu'il aimait étudier. Ses spécialités, en métamorphose et sortilège le passionnaient, tant la théorie que la pratique. De plus, avec l'option duel et vol, il trouvait un bel équilibre entre les cours magistraux, tels que l'histoire de la magie et l'études des runes, et les cours plus vivants où il pouvait se dépenser. Leonardo l'aidait toujours en potion qu'il commençait presque à apprécier, maintenant que les cours avec Snape n'étaient plus que de lointains souvenirs.
L'Occlumencie l'aidait à trouver des temps de calme, où il se concentrait sur lui-même. Parfois il en profitait même pour rendre visite mentalement à Zoran. Son jeune ami grec progressait doucement en magie depuis que son grand-père lui avait offert une baguette qui ne soit pas celle de Ladislas et avait entrepris sa rentrée dans un collège moldue depuis quelques jours.
Mais la grande nouveauté de l'année était son apprentissage pour l'animagus.
Fermant les yeux, le jeune sorcier se concentra sur sa force mentale jusqu'à la visualiser. A travers l'obscurité de son esprit, une timide lumière au loin miroitait. Sous la lueur, une ombre prenait peu à peu forme, mais celle-ci restait trop éloignée pour qu'il la distingue clairement.
Ladislas savait grâce à la lecture des livres donnés par la directrice que l'ombre représentait sa forme animale, accessible par la méditation qui conduisait à une connaissance de soi. Nikolaï avait spéculé sur cette forme, en remarquant qu'avec sa puissance exceptionnelle, il se pouvait qu'elle soit une forme magique, qui entraînerait alors une métamorphose vers un animal fantastique.
Une fois le stade de la transe atteint, il fallait se rapprocher de sa forme animale, ce qui nécessitait une grande patience, d'autant plus que Ladislas n'arrivait toujours pas à la distinguer clairement, ce qui l'agaçait profondément.
La directrice lui avait rappelé que le plus difficile était justement d'être assez patient pour ne pas bloquer le processus avec de la frustration, cependant le jeune russe ne pouvait s'empêcher de se demander quelle forme il prendrait une fois devenu un animagus.
La sonnerie retentit, annonçant le début des cours. Rouvrant les yeux, l'étudiant laissa échapper un soupir avant de se relever souplement. Il ramassa ses affaires et sortit de sa salle et se mit en route vers le gymnase situé de l'autre côté du bâtiment afin de se rendre en cours de duel.
Son esprit encore pris dans un état de transe, il n'entendit pas la voix de son camarade l'appeler avant qu'on ne l'attrape par le bras. Sa main sortit par réflexe sa baguette avant de la diriger vers la gorge de celui qui l'avait surpris.
– Je sais qu'on a duel, mais tout de même, laissa échapper nerveusement Aleksander en se reculant, son regard ébène vrillé sur la baguette à quelques centimètres de sa gorge.
– Tu m'as fait peur, soupira Ladislas en la rangeant de mauvaise grâce. Il reprit son chemin en allongeant le pas, en espérant que l'autre ne débute une conversation avant le cours qu'ils avaient en commun, ou plus exactement, les cours qu'ils avaient en commun, rectifia pour lui-même Ladislas en levant les yeux vers la voûte en pierre du couloir.
Même s'il était moins méfiant après l'avoir côtoyé pendant un mois, il n'arrivait toujours pas à se détendre en présence du redoublant, d'autant plus que les professeurs s'appliquaient à ne jamais appeler Ladislas par son nom de famille lorsque le blond platine était dans les parages, ce qui lui semblait louche à bien des égards. Ladislas n'osait pas en parler à Leonardo, qui s'entendait, comme tous ses amis, parfaitement bien avec Aleksander, même s'il s'était promis de lui en toucher un mot un soir qu'ils seraient seuls.
Aleksander Obolensky… Extraverti et constamment enjoué, le jeune aux cheveux de platine s'était rapidement intégré au groupe d'amis de Ladislas, qu'il connaissait par les cours du vol qu'ils avaient eu ensemble deux ans auparavant. Cependant, pour avoir fugacement aperçu à certains moments le regard ébène s'assombrir davantage, Ladislas soupçonnait que derrière la joyeuse façade qu'avait érigé Aleksander se trouvait quelque chose de plus sévère, de plus profond et de plus sombre. La joie dont s'entourait le redoublant sonnait faux aux oreilles du jeune Grindelwald.
– Tu penses choisir la formation auror pour le service militaire ? Lança joyeusement le redoublant en le rattrapant sans effort.
– Sans doute, grogna Ladislas qui n'y avait pas encore sérieusement pensé. Après tout, il avait encore deux mois et demi pour y réfléchir.
– Tu ferais des merveilles, insista le blond platine. Et puis, malgré tout ce que les profs peuvent dire, c'est le plus intéressant. Il expliqua en interceptant le regard curieux de son voisin : Il faut être passionné pour être médicomage, parce que voir des blessés toute la journée, c'est redondant à force. Et Stratège, c'est le beau nom pour fonctionnaire. Tu remplis des papiers et les envois d'un bout à l'autre du camp sans jamais un remerciement. Le pire c'est quand il s'agit de missives secrètes, que tu dois toi-même donner en main propre au général.
– Il n'y a qu'à transplaner, non ?
– Les camps militaires sont sous une zone qui interdit le transplanage, répondit Aleksander en secouant la tête.
Ladislas resta silencieux un instant, avant de remarquer :
– J'imagine que la formation auror n'est pas sans inconvénient.
– Tu peux le dire ! S'exclama l'autre en roulant des yeux. Les instructeurs sont infernaux et…
Il ne put continuer car ils arrivaient au gymnase où les attendait Akin qui les assembla pour travailler les différents sortilèges qu'ils avaient vus dans la semaine. Combattre le jeune Obolensky relevait du défi, puisqu'avec son entraînement pendant le service militaire, celui-ci avait acquis de nombreuses techniques de défense et d'attaque qui ne pouvait rivaliser avec celles qu'enseignait Akin, bien plus scolaire.
La journée s'écoula tranquillement. Ava et Yakov réussirent une fois de plus à se disputer lors du déjeuner, pour une raison fort obscure et qui n'inquiéta pas outre mesure le groupe d'amis qui s'était réhabitué aux querelles incessantes du duo. Après leur cours d'histoire de la magie, ils décidèrent d'étudier dans le parc pour profiter de la chaleur estivale encore présente en ce mois de septembre, sachant pertinemment qu'ils auraient à rester dans les bâtiments de l'école une fois la première neige tombée.
Enfin, après le dîner, Ladislas, Leonardo, Yakov, Edwin et Aleksander se rendirent à la tour d'astronomie pour leur cours de vol. Comme Alvis l'avait dit, il avait quitté l'équipe et c'était à présent une quatrième année qui faisait office de gardien, tandis qu'Aleksander avait pris le poste de poursuiveur, aux côtés d'Edwin et de Ladislas.
Finalement, Primakov semblait avoir oublié l'épisode de la demi-finale du championnat d'Europe de l'Est, puisqu'il traita ses élèves avec la même finesse que l'an passé.
– Bande d'abrutis finis ! Hurla l'ancienne vedette de l'équipe nationale russe, faisant cesser tout mouvement de la part de ses élèves. Son visage s'adoucit alors qu'une recrue laissait entrevoir des signes de fatigue. Je comprends, reprit-il d'une voix mielleuse, c'est difficile de freiner avec tout ce vent… Et puis n'oublions pas que vous volez à plus de 200km/h. Oui… C'est difficile. N'est-ce pas ?
Sa future victime hocha timidement la tête, signant par là son arrêt de mort. Le visage du professeur rougit brusquement jusqu'à en devenir violet avant qu'il ne se mette à beugler si fort qu'on devait l'entendre depuis l'école, alors qu'ils étaient loin dans la vallée.
– SI C'EST SI DIFFICILE, POURQUOI AVOIR CHOISI CETTE OPTION ? TU CROYAIS QUE CE SERAIT FACILE ? QUE J'ÉTAIS GENTIL ? JE NE SUIS PAS LÀ POUR ÊTRE GENTIL ! JE SUIS LÀ POUR VOUS APPRENDRE À VOLER !
Ladislas échangea un regard sombre avec Leonardo qui s'était rangé du côté des attrapeurs, alors que Primakov continuait de vociférer contre la pauvre recrue. Sortant discrètement sa baguette de sa poche, le jeune Grindelwald lança un tempus pour découvrir qu'il était passé dix heures. C'était la première fois que l'entraînement se prolongeait si tard, ce qui expliquait la fatigue des nouveaux.
– Monsieur, osa finalement le blond cendré alors que l'engueulade s'éternisait. Il se demandait même comment son professeur pouvait encore hurler sans se casser la voix.
– QUOI ? beugla Primakov en tournant vers lui un regard furibond qui aurait fait fuir n'importe quel homme sensé.
– Peut-être pourriez-vous nous laisser rentrer ? Suggéra Ladislas en laissant sonner dans sa voix toute la politesse qu'il pouvait, dans l'espoir de calmer son professeur.
Les mains de l'ancien attrapeur se crispèrent sur le manche de son balai. Il plissa les yeux avant de lâcher :
– Vous pourrez remercier votre cher ami de vous avoir libéré…
Les élèves soupirèrent comme un seul homme et se préparèrent au trajet du retour, attendant le signal de leur professeur, dont le regard restait fixé sur Ladislas.
– Rentrez, ordonna-t-il finalement. Oh non, reprit-il dans un rictus narquois, alors que Ladislas s'élançait. Toi, tu vas effectuer le parcours de la vallée. Trois fois, rajouta-t-il après avoir observé malicieusement le visage de son élève se décomposer.
La mâchoire de l'ancien gryffondor manqua de se décrocher devant cette injustice tandis qu'il suivait des yeux le groupe d'élèves rentrer vers Koldovstoretz. Il se passa cinq minutes avant qu'il ne sorte de sa torpeur. L'idée d'attendre simplement une trentaine de minutes avant de rentrer effleura son esprit, mais la possibilité que son professeur vérifie qu'il ait réellement effectué la punition n'était pas nulle et il n'avait aucune envie de tester les limites de Primakov.
– Pire que Snape, siffla dans ses dents Ladislas alors qu'il entamait son deuxième tour. Ça m'apprendra… Plus jamais… Faut s'écraser… Honteux…
Il poursuivit difficilement, le souffle lui faisant défaut. Le vent s'infiltrait à travers sa cape estivale, et à présent que le soleil avait disparu derrière une des montagnes de la vallée, le jeune homme ressentait une fraîcheur inconfortable. Volant au raz de la rivière, il observa son reflet légèrement déformé.
Ses cheveux d'ordinaire à la limite entre le blond et le roux s'étaient éclaircis du fait de ses heures passées au soleil, au contraire de sa peau qui avait agréablement dorée. Malgré la colère, il se surprit à sourire à son reflet difforme. Cela faisait deux ans qu'il avait retrouvé son apparence, et même s'il pensait encore à lui avec des yeux émeraude, il était pleinement satisfait de son allure. De plus, sa carrure chétive avait complètement disparu pour un corps svelte et légèrement musclé, dû aux cours de vol et de duel, hautement physiques.
Il était loin le temps où Dudley et ses amis pouvaient le battre sans qu'il ne puisse se défendre…
Cependant, ce qu'il préférait chez lui restait ses yeux, parfait mélange des regards de ses grands-pères. Il était plus proche d'Albus, bien évidemment, mais les rares temps passés avec Gellert avaient été précieux, et il avait déjà prévu de se rendre à Numrengard lors d'un week-end libre. Pour le premier de la saison, qui arriverait dans deux semaines, il visiterait Saint-Pétersbourg avec Leonardo.
Le jeune Grindelwald finit enfin par rentrer à Koldovsoterzt, une fois sa punition effectuée. La nuit était tombée depuis une dizaine de minutes, de même qu'une fraîcheur qui acheva de refroidir Ladislas. Il arriva au quatrième étage de l'internat frigorifié.
Entrant dans sa chambre, il sourit à Leonardo qui l'attendait avant de se diriger dans la salle de bain pour une douche brûlante. Revenant dans la chambre en s'essuyant les cheveux, le jeune Grindelwald s'assit sur son lit en étouffant un soupir de soulagement.
– Un pur sadique, murmura-t-il. J'aurai dû abandonner comme Alvis.
– Ne dis pas ça ! Se révolta Leonardo en se levant de son propre lit pour s'asseoir à ses côtés. Il n'a pas supporté que tu l'interrompes, mais il sait que tu avais raison. Les nouveaux n'ont pas assez d'endurance pour rester adroit si longtemps.
Il attrapa la serviette que tenait Ladislas dans ses mains et se mit à lui sécher les cheveux sans se soucier des plaintes de son ami.
– Je peux le faire moi-même !
– Encore heureux ! Répliqua Leonardo en le fixant sévèrement. Ne bouge pas, sinon je te lance un stupefix !
Ladislas obtempéra et ne fit aucun geste tandis que son ami frottait la serviette contre ses cheveux encore mouillés. La fatigue le rattrapa sans prévenir, ses yeux se fermant sous l'agréable sensation du tissu contre son crâne.
– Leo, marmonna-t-il, se souvenant d'un fait qui l'avait interpellé. Sais-tu pourquoi Primakov ne m'appelle plus ?
– Pardon ? Fit son meilleur ami en fronçant les sourcils, ne comprenant pas la question.
– Primakov, reprit Ladislas. L'année dernière, il m'appelait par mon nom pour me crier dessus.
– Oh… Je pense que c'est une façon de te… commença l'italien en grimaçant. Il arrêta son mouvement en se mordant la lèvre supérieure, soudain anxieux. En face de lui, Ladislas haussa un sourcil, attendant la suite. Son ami se tortilla inconfortablement, la gêne visible sur son visage.
– Je ne sais pas si tu le sais, entama le basané en fuyant son regard, mais toute la famille d'Aleksander est morte lorsqu'il était jeune.
Il s'arrêta un instant, mal à l'aise. Pour une fois, il avait perdu sa langue, nota Ladislas qui présentait la suite avec un désagréable sentiment d'amertume dans la bouche. Le silence de son meilleur ami n'augurait rien de bon et ne faisait que confirmer ce qu'avait supposé Ladislas face au comportement plus qu'étrange de ses professeurs en présence d'Aleksander.
– Je ne connais pas l'histoire en détail, finit par chuchoter l'italien, mais il y avait des pro-grindelwald dans l'affaire.
Albus étreignit Selena sous le regard moqueur de Sheshir.
– Vous allez bientôt vous revoir, remarqua ce dernier en jetant un regard autour d'eux pour vérifier que personne ne pouvait l'entendre parler.
Ils se trouvaient dans les jardins de Beauxbâtons. Pour la rentrée, Selena avait revêtu son uniforme bleu clair tandis qu'Albus avait pris l'apparence qu'il utilisait en tant que tuteur de sa petite-fille. Les allées étaient débordantes de familles qui se faisaient leurs adieux et de professeurs qui tentaient tant bien que mal de rétablir l'ordre et le calme qui régnaient d'ordinaire sur la propriété de l'académie.
Selena observa le bâtiment principal de son école tout en répliquant :
– Ce n'est pas comme si nous pourrons nous comporter comme si nous étions au Domaine, Sheshir.
Le soleil frappait le château de la Renaissance, rendant son toit en ardoise flou sous l'effet de la chaleur. Tous les rideaux des grandes fenêtres avaient été tirés pour garder une température confortable à l'intérieur tandis que le blason de l'école, en bronze, scintillait de mille feux.
– Je compte sur toi Sheshir pour ne pas te faire remarquer, ajouta Albus en fixant le félin avec sérieux. Si l'on apprend que Selena et moi sommes liés, nous aurons tous deux de gros problèmes…
– Parce que elle s'appelle Grindelwald et toi Dumbledore, je sais, grinça Sheshir en roulant des yeux. Il se releva pour s'étirer en poursuivant avec sarcasme : Rappelez-moi la raison de cette situation ?
Selena lança un regard furieux à son chat tandis qu'Albus soupirait :
– Wilhem, le père de Selena, avait pour nom Grindelwald.
– On te l'a dit une centaine de fois, Sheshir, siffla Selena, irritée.
– Il n'empêche qu'il serait plus simple de…
– Sheshir, l'interrompit sa maîtresse, en le fusillant du regard, qui avait tourné au violet sous l'effet de son agacement. Arrête !
Le félin miaula mais tint compte de son avertissement silencieux. Même s'il lui arrivait d'ignorer les réprimandes de la jeune fille, il redevenait sérieux lorsqu'elle le faisait via leur lien mental.
Le sujet du nom de Selena revenait souvent entre eux et était la cause principale de leurs disputes, qui restaient heureusement rares. En effet, même si le félin comprenait les arguments logiques qu'on lui présentait, il exécrait cette situation dont Selena souffrait. Il avait émis de nombreux doutes lorsqu'il avait appris que Ladislas prendrait également le nom de son père, même si le jeune sorcier avait moins de problème à Koldovstortez.
Le problème avec Selena, était qu'elle étudiait dans une école européenne largement influencée par la magie blanche, et qui détestait les mages noirs, dont Grindelwald.
Cependant, il aurait été difficile à ce stade de changer le nom de Selena, d'autant plus qu'elle le refusait catégoriquement. Je n'ai pas à avoir honte de mon nom, ou de ma famille, avait-elle l'habitude de dire. Sheshir pouvait comprendre cela, mais ça ne l'empêchait pas de souhaiter une autre situation pour sa maîtresse.
– Si cela peut te rassurer, j'ai convaincu la directrice de passer sous silence ton nom, et de faire passer le mot à ses élèves, fit Albus en changeant discrètement de sujet pour alléger l'humeur de sa petite-fille.
– Sous quelle identité ? Demanda Selena avec un sourire amusé. Mon tuteur ou Albus Dumbledore ?
– Albus Dumbledore n'est pas censé être au courant que Selena Grindelwald est élève à Beauxbâtons, répondit Albus. Mais j'ai justement argumenté – en tant que tuteur, donc – qu'il valait mieux pour ne pas froisser le directeur de Poudlard, cacher ton identité.
– Qu'est-ce que ça fait de parler de soi à la troisième personne ? Demanda Sheshir, intéressé.
– C'est amusant, rit Albus dont les yeux faussement bruns pétillèrent, comme ils en avaient l'habitude.
– J'imagine, approuva Selena en secouant la tête. Ils restèrent quelques secondes en silence, profitant de leur bonne humeur retrouvée.
– Comment ferons-nous pour voir Ladi ? Interrogea Selena, voulant retarder le départ de son grand-père.
Ils avaient reçu quelques jours auparavant la première lettre de l'année de Ladislas, dans laquelle il les informait du système des week-ends libres, qui lui permettrait de se rendre en Angleterre grâce au réseau de la SNCF. Selena pressentait que son jumeau avait également prévu de voir leur Vati à Nurmengard, mais comme la lettre était adressée à Albus autant qu'à Selena, il n'en avait parlé, suivant l'accord tacite qui existait entre eux et leur grand-père. Ce système convenait à tout le monde et ne dérangeait personne, sauf peut-être Sheshir qui devait servir de portoloin aux jumeaux et rester sur l'île sinistre le temps de leurs visites.
– Je le récupérerai à Pré-au-Lard et le ramènerai à mon bureau, expliqua Albus. J'arriverai bien à te prévenir dans la journée et nous passerons la soirée ensemble. Cela te convient-il ?
– C'est parfait, sourit Selena. Son regard fut attiré par son professeur de métamorphose qui s'avançait vers eux.
– Bonjour Selena, Monsieur, les salua-t-elle avant de se tourner vers son élève protégée : Tu as passé de bonnes vacances ?
– Oui, merci, répondit Selena en souriant largement à son professeur. Sa mine s'attrista en prenant conscience qu'il allait être temps pour son grand-père de partir. Celui-ci sentit sa peine puisqu'il la reprit dans ses bras avant de plonge son regard dans les yeux bleu-violets de sa petite-fille :
– Nous nous reverrons bientôt, promit-il en lui adressant un sourire confiant.
Selena acquiesça, sous le regard intrigué de son professeur, et bientôt le directeur sortit du jardin, après avoir lancé un dernier signe de main à sa petite-fille. Il remonta l'allée marchande jusqu'à la boutique de la SNCF où il demanda un trajet vers Pré-au-Lard.
Maintenant que le Domaine était vide, il ne se sentait plus d'y rester pour le week-end avant la rentrée de Poudlard. C'était fou à quel point ses petits-enfants arrivaient à rendre vivant la propriété familiale, qui une fois vide semblait simplement sinistre à Albus, dont les mauvais souvenirs refluaient lorsqu'il était seul.
En sortant de la cheminée, il s'aperçut que le polynectar avait cessé de faire effet et qu'il avait retrouvé son apparence habituelle. S'époussetant, le mage blanc transplana aux limites de son école où il trouva Maugrey Fol-Œil, l'attendant.
– Albus, grogna l'ancien auror en le saluant par un hochement de tête.
– Alastor, répondit Albus en souriant face à son ami. Tu as préparé tes affaires, à ce que je vois.
Le troisième œil de son ami roula dans son orbite jusqu'à se figer sur le tas conséquent de valises et sacs qui trônait à côté de lui.
– Comme je comptais déménager, j'ai pris tout ce que j'ai l'intention de garder, bougonna Alastor.
– J'ai entendu parlé du cambriolage, ils ne t'ont rien pris ? S'inquiéta Albus, qui en avait discuté avec Minerva quelque jours auparavant, alors qu'il travaillait dans son bureau.
Le nouveau professeur de défense contre les forces du mal esquissa un sourire qui ressemblait à une grimace tant elle n'était pas naturelle :
– Ah ! S'exclama-t-il. Le jour où l'on pourra me voler, le ministère ne sera plus corrompu !
Il ponctua sa phrase par un rire gras tandis qu'Albus souriait, amusé. Il était plus que satisfait d'avoir réussi à recruter Alastor comme remplaçant de Lupin, qui avait démissionné après que Severus ait lâché son statut de loup-garou. Avec Alastor, il n'aurait pas à s'inquiéter de la sécurité, tant l'ancien auror était paranoïaque, et son cambriolage n'avait pas dû arranger les choses. Le seul inconvénient était qu'il aurait à le surveiller à chaque fois qu'un représentant du ministère serait présent, connaissant l'animosité qui existait entre lui et le ministère depuis qu'il avait été renvoyé du bureau des aurors, après qu'il ait remarqué que certains hauts-fonctionnaires étaient d'anciens mangemorts.
Ouvrant la grille de l'école, le mage blanc fit la visite du château à son nouvel hôte et finit par le laisser au troisième étage, devant la porte de la salle de cours de défense contre les forces du mal.
– Tes appartements sont juste à côté, signala le directeur, cherchant dans son esprit quelques informations qu'il aurait oublié. Les elfes peuvent t'apporter à tout moment…
– Je vais poser un sort anti-transplanage, coupa rudement Alastor. Je me trouverai un elfe à qui je donnerai les horaires pour s'occuper de mes quartiers.
Le directeur hocha la tête, ne s'étonnant même pas de cette requête et poursuivit :
– Les professeurs arriveront dans la journée de demain, nous aurons une réunion au soir, après le dîner.
– Snape est toujours en service ? Interrogea le nouveau professeur, son troisième œil se fixant avec grand intérêt sur son interlocuteur.
– Il a toute ma confiance, Alastor, fit fermement Albus, qui se rappela mentalement que son ami ne supportait pas non plus tout ce qui avait trait à un mangemort.
– Je sais, je sais, gronda Alastor, son regard affichant clairement le contraire de ce qu'il disait. Il ouvrit brusquement la porte de la classe, d'un geste fit entrer toutes ses affaires qui flottaient derrière lui. Il finit par rentrer à son tour, mais se permit deux mots avant de quitter son ami :
– Vigilance Constante !
La porte se referma avec violence, laissant seul Albus qui laissa échapper un petit rire. Vraiment, une merveilleuse idée que d'engager Alastor. Au moins, ses élèves sauraient se défendre avec un homme tel que lui.
Voilà !
Je confirme que pour l'histoire d'Aleksander, c'était couru d'avance, cependant je vous réserve tout de même une petite surprise de ce côté... Heureux de retrouver Primakov ? Et toute la clique de Koldo ?
Et nous voici avec la rentrée de Beauxbâtons et Poudlard... Bientôt nous aurons l'arrivée de Selena chez les anglais ! On y croisera donc Maugrey, qui je vous rappelle, est, comme dans le canon, Barty Croupton Junior (Junior pour les intimes...).
Le prochain chapitre arrivera au plus tard dans quinze jours ! Merci pour les reviews !
