Lecteurs du soir, bonsoir !
Bienvenue aux nouveaux followers et autres nouveaux lecteurs :)
Comme toujours, merci pour vos reviews (mon moteur pour continuer). Surtout que j'ai eu une sacrée mésaventure cette semaine. Mon ordi, pourtant si loyal depuis presque 5 ans, m'a misérablement lâché. Fort heureusement, mes parentsgéniallissimesdamour m'en ont immédiatement acheté un nouveau (et putain v'là l'ordi d'bâtaaard!). Malheureusement, j'ai perdu l'avancement de ma fiction, c'est-à-dire une bonne dizaine de chapitres... (que je vais tout de même tenter de récupérer). Mon moral est donc au plus bas HERM.
Conseil du jour : tu enregistreras souvent sur un disque dur externe TOUTES tes données précieuses.
Bref, un gros merci à Delphys, Miluzine96, la plume d'Elena, Sakiie-chan et Azria pour vos reviews (L)
La gagnante de la semaine dernière était Azria (d'ailleurs ta joie était très drôle) :
question : Y'aura t-il une relation amoureuse entre Anna et Legolas ?
réponse : Mmmmhh, n'est-ce pas là l'un des intérêts de cette histoire de ne pas savoir ce qu'il va se passer entre eux ? Je ne peux pas te répondre clairement, mais Anna va développer quelques sentiments pour lui, qui risquent fortement d'être réciproques. Voilà !
Concours de cette semaine :
La gagnante est...
Miluzine96 !
J'attend ta question :)
BONNE LECTURE !
Chapitre 28 : le roi du Château d'Or
A l'intérieur du château règne l'obscurité et la chaleur, qui contrastent avec l'air frais et vif de la colline. Je soutiens toujours Gandalf par le bras et nous pénétrons en tête de file dans la demeure.
Une fois mes yeux habitués à la faible lumière, je découvre une vaste et longue pièce emplie d'ombres et de lumières parsemées. Quelques faibles rayons de soleil sont filtrés par des vitraux des fenêtres ouvertes dans de profondes avancées sur les côtés.
Je sursaute lorsque j'entends les portes être refermées et grogner à cause de leurs grands gonds légèrement rouillés. Une certaine tension s'installe, alors que des soldats longent la nef en nous encerclant. Mes pieds frôlent le sol dallé de pierres lisses et ornées par endroit de runes ramifiées et d'étranges emblèmes. La nef centrale est soutenue par des piliers richement sculptés et reluisants d'or.
De nombreuses tentures sont suspendues aux murs, représentant pour la plupart des cavaliers. Nous passons devant un feu se consumant paisiblement dans un âtre central, puis nous arrêtons. Au fond de la salle, un puits de lumière éclaire une estrade sur laquelle se trouvent deux silhouettes. Un vieil homme courbé par l'âge et richement vêtu est assis sur un trône doré, à côté duquel siège un autre homme tout vêtu de noir qui semble lui murmurer à l'oreille.
Langue de Serpent ...
Le vieillard relève légèrement la tête, et un frisson me parcourt lorsque je découvre son visage pâle et ridé.
- La courtoisie de votre demeure a quelque peu diminué ces derniers temps, roi Theoden, dit alors Gandalf en me lâchant le bras.
- Pourquoi ... ? Pourquoi vous ferais-je bon accueil ... Gandalf, corbeau de tempête ? Réplique le roi d'une voix faible.
Grima semble encore lui murmurer à l'oreille, avant de se retourner vers nous. Il se lève en nous toisant.
- L'heure est tardive, où ce magicien choisit de réapparaître, dit-il d'une voix sévère en s'approchant du magicien. Mauvaises nouvelles comme je les nomme, car ces nouvelles font mauvais hôtes.
- Fais silence ! Lui crie Gandalf. Garde ta langue fourchue derrière tes dents. Je n'ai pas passé par le feu et la mort pour échanger des paroles malhonnêtes avec un vil serpent !
Je reste silencieuse, absorbée par leur échange. Le magicien brandit alors son bâton et Grima recule rapidement.
- Son bâton ! S'exclame ce dernier. Je vous avais ordonné de lui prendre son bâton !
Soudain, des soldats se lancent sur nous. La panique m'envahit. L'un d'entre eux se jette sur Gandalf mais est intercepté par Legolas qui lui donne un coup de poing. L'homme s'écroule au sol, juste devant moi. Le magicien, imperturbable, continue de s'avancer en s'adressant puissamment au roi.
Un autre soldat se dirige vers moi et je n'ai pas d'autre réflexe que celui de me protéger la tête et de reculer. L'homme semble tout à coup hésiter en me découvrant. Il s'arrête à quelques centimètres de moi et j'en profite pour lui envoyer un coup de genoux dans ses parties intimes.
J'ai toujours rêvé de faire ça. Comme dans les films !
Mais la réalité est tout autre. L'homme s'écroule bien au sol en se tordant de douleur mais je ne peux retenir un gémissement de douleur. Je crois bien que mon genou est cassé.
- Joli coup ! S'exclame Gimli qui a vu toute la scène.
Un sourire rempli de fierté apparait sur mon visage. Je marche en boitant vers Gandalf, mais suis soudain saisie par des bras forts et soulevée de terre. Je tente de me débattre en gémissant, mais la prise du soldat autour de ma taille est trop forte.
- Quelle fougue ... chuchote l'homme dans mon oreille.
- Lâchez- moi ! Dis-je apeurée.
A peine ais-je prononcé ces mots que la poigne de l'homme se desserre et j'atterris tant bien que mal sur mes pieds, accentuant encore un peu plus la douleur à mon genou. Je me retourne et aperçois l'homme vautré au sol. Legolas se tient derrière lui. J'adresse un bref signe de remerciement à l'Elfe et reporte mon attention sur Gandalf. Autour de nous, tous les soldats sont à terre, et Grima est maintenu au sol par le pied ferme du Nain.
- … Ecoutez-moi ! Ordonne le magicien au roi. Je vous libère de l'envoûtement.
Le magicien dresse alors sa main face à Theoden. Ce dernier émet alors une sorte de rire rauque et diabolique.
- Vous n'avez aucun pouvoir ici, Gandalf le Gris !
Un bruissement se fait alors entendre et le magicien ôte d'un geste brusque son manteau gris, pour révéler la blancheur étincelante de son nouvel habit. Le roi semble alors comme plaqué contre son trône et gémit. Je suis fascinée par la scène se déroulant devant moi. Derrière nous, des soldats et d'autres gens se regroupent, à la fois curieux et inquiets.
- Je vous aspirerai Saroumane, comme on aspire le poison d'une plaie ! Déclare Gandalf en pointant son bâton vers le roi.
Une lueur blanche et intense m'assaille soudain, m'aveuglant momentanément. Une femme blonde s'arrête en voyant Theoden et s'apprête à se jeter sur lui. Mais le bras ferme d'Aragorn l'attrape et la tire en arrière.
Serait-ce Eowyn ?
- Si je sors, Theoden meurt ! S'exclame Saroumane à travers la bouche du roi.
- Vous ne m'avez pas tué moi ! Réplique Gandalf. Alors vous ne le tuerez pas !
- Le Rohan est à moi !
- Partez !
Une lueur semble sortir du bâton du magicien et frapper le roi. Ce dernier éclate de rire avant de gémir. Une chose étrange se passe ensuite. Il plante son regard féroce droit sur moi. Notre échange ne dure que quelques secondes, car il est rejeté vers le fond de son trône, et gémit avant de s'écrouler vers l'avant. La femme blonde se jette alors sur lui et le soutient avant qu'il ne tombe.
Et alors, une chose extraordinaire se produit. Une chose que je n'aurais jamais crue possible, même en Terre du Milieu. Theoden se met lentement à rajeunir. Les rides et la pâleur de sa peau semblent déserter peu à peu son visage. Ses cheveux et sa barbe blanche redeviennent peu à peu de couleur blond foncé. Et un regard perçant reprend place dans ses yeux précédemment vitreux et ternes, qui sont braqués vers la supposée Eowyn à ses côtés. Celle-ci caresse délicatement le visage du roi, avant qu'il ne se porte vers nous.
- Gandalf...
- Respirez de nouveau l'air libre, mon ami.
Theoden se lève alors difficilement de son trône, aidé par la jeune femme. Il se redresse lentement, comme un homme qui fut resté trop longtemps penché sur une tâche fastidieuse.
- Sombres ont été mes rêves ces temps-ci, déclare alors le roi à l'assemblée.
Sa voix n'est plus le mince filet faible et à peine audible, mais est devenue forte et puissante. Theoden contemple alors ses mains rajeunies.
- Vos doigts se souviendraient mieux de leur ancienne force, s'ils empoignaient votre épée.
L'homme qui nous a fait entrer dans le château et qui doit être le chef de la garde, passe alors devant moi et se dirige vers le roi. Il s'arrête au pied des marches et lui tend un grand fourreau en cuir.
Theoden enroule doucement ses doigts tremblants autour du pommeau, comme si c'était la première fois qu'il le touchait. Il dégaine ensuite son épée et sa lame étincelle dans la pénombre de la salle. Son regard se porte alors sur Grima, toujours pressé contre le sol de pierre par Gimli. Deux gardes le saisissent et le trainent à travers la salle. Theoden descend de l'estrade d'un pas chancelant, toujours aidé par Eowyn. Il traverse lentement la salle et nous lui emboitons le pas. Un silence de plomb règne seulement perturbé par les plaintes du traître.
- Ouvrez ! Crie le chef de la garde. Le Seigneur de la Marche s'avance !
Les portes s'écartent alors et je sens l'air vif s'engouffrer par les portes. Je parviens à respirer l'air libre sous le porche. J'aperçois les soldats jeter Grima dans les escaliers avant qu'il ne s'écrase sur le palier.
Theoden, toujours muni de son arme, abandonne le bras d'Eowyn et descend les marches. Je ressens presque une aura de colère et de fureur émaner de lui. Je m'approche lentement du bord de la terrasse pour observer la scène.
- Je n'ai jamais fait que vous servir mon Seigneur, gémit Grima en rampant.
- Votre sens médical m'aurait réduit à marcher à quatre pattes comme une bête ! S'exclame le roi.
- Laissez-moi rester à vos côtés, tente à nouveau l'homme se trainant à terre.
Mais Theoden ne l'écoute pas et soulève soudain son épée. Un léger gémissement m'échappe et je ferme aussitôt les yeux, de peur de la scène qui va suivre. Je m'attends à entendre le bruit de la lame entrer en contact avec la chair, mais au lieu de cela, j'entends des pas marteler rapidement le sol dans les escaliers accompagnés d'un :
- Non, mon Seigneur !
J'ouvre alors les yeux et vois Aragorn retenir le bras du roi.
- Non mon Seigneur, répète-t-il plus calmement. Laissez-le partir. Trop de sang a déjà été versé à cause de lui.
Le roi se tourne vers Aragorn, et Langue de Serpent en profite pour s'enfuir en courant. Il s'enfuit et traverse la foule qui s'est rassemblée au pied des marches. Aragorn ne le sait pas, mais il vient de commettre une de ses plus grosses erreurs. Car je sais que Grima va rejoindre Saroumane et tout lui révéler sur les secrets du Rohan, de son peuple, du gouffre de Helm ...
- Salut à vous, roi Theoden ! Crie alors un homme dans la foule avant de s'agenouiller.
Le reste de la foule l'imite, stupéfaite de voir son roi redevenu lui-même. A côté de lui, même Aragorn pose un genou à terre. Depuis la terrasse, je ne sais pas quoi faire, et me contente d'incliner ma tête, tout comme Gimli et Legolas. Des cris de joie et le son de cors résonnent déjà depuis la ville en contrebas. Le roi semble alors chercher quelque chose parmi la foule, ou plutôt quelqu'un.
- Où est Theodred ? Où est mon fils.
Et là, tout me revient en tête. La mort de Theodred, tué par les orques de Saroumane, son enterrement qui a dû avoir lieu quelques jours plus tôt, les tombeaux fleuris à l'entrée d'Edoras ...
Un sanglot s'échappe de la bouche d'Eowyn et le regard du roi se pose sur elle. Ses yeux s'assombrissent et son visage se ferme. Il a compris ... Gandalf se dirige alors vers lui, et les deux hommes parlent tout bas. Ils descendent ensuite les dernières marches de l'escalier et disparaissent dans la foule escortés par quatre gardes.
Aragorn ne tarde pas à nous rejoindre. Au loin, au-delà des murailles d'Edoras, j'aperçois une silhouette sombre sur un cheval qui galope rapidement à travers les plaines. Grima s'est donc enfui.
- Pardonnez mon impolitesse, dit alors une voix douce.
C'est Eowyn. Elle nous fait à présent face et je peux mieux la voir sous la lumière du jour. Ses yeux clairs sont graves et donnent à son visage pâle un air sérieux. Ses longs cheveux blonds descendent jusqu'à la fine ceinture d'argent qui retient sa robe blanche sur ses hanches. Elle paraît mince et élancée, mais en même temps forte et inflexible comme l'acier. Je réalise que c'est la première femme que je rencontre en Terre du Milieu.
- Permettez-moi de me présenter. Je suis Eowyn, fille d'Eomund et nièce du roi Theoden.
- Je suis Aragorn, fils d'Arathorn, répond le Rôdeur en s'inclinant. Voici Gimli, fils de Gloïn, Legolas fils de Thranduil, et Anna, de Fondcombe.
Les yeux de la Dame du Rohan s'attardent sur chacun d'entre nous, en particulier sur Aragorn.
- Vous aviez raison quand vous avez dit que la courtoisie au sein de notre demeure laissait à désirer ... Vous avez chevauché toute la nuit et la matinée tire à sa fin. Vous n'avez pu ni vous reposer, ni vous sustenter. On va apprêter des chambres d'invités : vous y dormirez après avoir mangé.
Aussitôt ces mots prononcés, Eowyn fait un geste de la main et des servantes apparaissent. L'une d'entre elles me guide à nouveau à l'intérieur de la grande salle, et m'entraine ensuite vers un couloir sur la droite.
Nous marchons quelques minutes dans les déballes du château, passant devant de nombreuses portes de bois, et elle finit par s'arrêter devant l'une d'entre elle.
La porte grince en s'ouvrant et je m'avance dans une pièce lumineuse. Les rayons du soleil pénètrent par une ouverture profonde dans le mur gauche et éclairent les murs de pierres grises. Face à moi, un grand lit à baldaquin couvert de rideaux de velours verts est visible. Devant lui, un tapis de peaux est posé sur le sol de dalles froides. Une cheminée massive est installée sur le pan gauche du mur, face à la fenêtre.
J'ai vraiment l'impression d'être une princesse du Moyen-Age tout à coup. La servante me laisse seule pour découvrir les lieux, et revient quelques minutes plus tard les bras chargés de linge et d'une grande cruche d'eau. Elle dépose le tout sur une sorte de console en bois, et remplit une grande bassine avec la cruche.
- Voilà de quoi vous laver et vous changer ma Dame, m'indique-t-elle avant de quitter la pièce.
Je me retrouve alors seule. Complétement seule. Je reste quelques minutes plantée là, immobile, profitant de cette intimité qui ne m'a pas été offerte depuis la Lothlorien. Sans me presser, j'ôte les couches de vêtements sales qui recouvrent mon corps fatigué. J'étouffe une plainte en enlevant mon pantalon. Un bleu sombre s'est formé sur mon genou droit.
Tu y es vraiment allée fort, Anna ...
Une fois nue, je remarque que mes muscles se sont encore un peu plus développés, résultat de ces derniers jours de course intensive. Passé ce moment de fierté, j'observe le reste de mon corps, couvert de saleté et de blessures bénignes. La crasse du voyage s'est insinuée partout. Mes cheveux ne sont plus qu'une lourde masse grasse et poussiéreuse. Du sang noirâtre séché orne encore mes avant-bras, souvenir pénible du massacre à Amon-Hen ...
Et je ne parle pas de l'état de mes ongles. Je m'approche résolue de la bassine et saisis un gros savon gris sombre. Je me lave entièrement, chassant toute la saleté qui me recouvre. Cela me prend beaucoup de temps. A mesure que je me récure ongles, cheveux et la moindre parcelle de peau, j'ai l'impression qu'une partie de mon chagrin quitte mon corps pour atterrir avec ma crasse dans la bassine. L'eau auparavant claire et fraiche est maintenant trouble et noire.
Je m'enroule ensuite dans le drap posé à côté et sèche mon corps délicatement. Un peu plus loin, il y a une robe sombre, qui est déposée sur une chaise en bois. Je la saisis et mes doigts glissent sur le velours et les broderies dorées du vêtement. Le tissu est vraiment doux, même pour mes doigts à présent calleux. J'enfile les différente couches de la robe difficilement. J'attrape ensuite par réflexe le fourreau de mon épée et commence à le fixer à la ceinture, mais m'arrête quelques secondes plus tard.
A quoi me servirait une arme ici ?
Et puis, je ne connais pas les coutumes de ce pays, peut-être serait-ce un affront de porter une lame dans un palais, surtout en étant une femme ... Je repose donc mon arme sur le lit, à côté du poignard elfique. Mes mouvements sont ralentis par les lourdes manches évasées de la robe qui recouvrent presque entièrement mes mains. Plus aucune partie de mon corps n'est visible, mis à part mon cou et mon visage.
Cette robe est bien loin de la légèreté des vêtements elfiques ...
En bougeant sous la lumière, je remarque que sa couleur que j'avais pris pour du noir, et en fait un vert sombre, identique à celui des drapeaux du Rohan. Je sèche ensuite mes cheveux trempés, et tente de les attacher en un chignon de fortune.
Mon regard s'attarde longuement sur le lit qui m'a l'air tout à coup très confortable. Mais ma raison l'emporte et, prenant mon courage à deux mains, je me dirige vers la porte. Une fois dans le couloir, je m'affaire à retrouver mon chemin vers la grande salle, dans l'espoir d'y trouver mes compagnons.
Fin du chapitre.
J'attends vos avis avec grande impatiente ! Bisous à tous (surtout ceux qui me laissent des reviews mouaha, et surtout à Manelor pour tout son travail)
