Bonsoir, bonjour à toutes!
Nouveau week-end, nouveau chapitre ! Il en faut, il en faut !
Un IMMENSE merci, vous avez encore une fois pétée toute la baraque, vous y avez mis le feu, vous l'avez faite sauter... 105 reviews je crois... C'est juste génial pour moi... Pour te répondre Vicky30 : pour ce qui est de Charlie et de Bella, nous y viendrons tranquillement, mais je ne laisserai pas cette partie de l'histoire sans explications. Ce ne sera pas dans l'immédiat, mais ça viendra!
Je vous souhaite à toutes une très bonne lecture,
à très vite!
Bon week-end,
Tiftouff19.
*o.0.o.*
Chapitre 27
Point de vue de Rosalie.
J'imprimais les trois exemplaires du contrat en attendant Emmett. Il devait venir signer son contrat ce matin-même. Il a intérêt d'être à l'heure ! Je déteste les branleurs ! J'avais été obligé de l'engager, les besoins devenaient pressants et peu d'hommes du physique de McCarthy s'étaient présentés au bureau. J'avais besoin de ces vigiles ! Et la présence du meilleur ami de mon frère était finalement une bonne chose. L'horloge de mon ordinateur indiquait 7h34. Quatre minutes de retard ! Je le lui ferai remarquer ! On ne plaisante pas avec les horaires professionnels ! Deux coups se firent entendre sur la porte.
- Entrez !
Emmett passait la porte, en baillant de façon vulgaire.
- Ais un peu de tenue bon sang !
- Désolé mais... me suis couché tard !
- Cela m'importe peu ! Assieds-toi ! J'ai établis les trois contrats que tu vas devoir signer !
- Trois contrats ? Pourquoi faire trois ?
- Un pour l'administration, un pour toi, un pour moi ! Comme ça, je saurai exactement quand et à quel motif te licencier !
Il fit une drôle de grimace.
- Je compte sur toi, sur ta ponctualité et ton efficacité. C'est un poste à responsabilités. S'il se passe un événement fâcheux, tu seras le premier interrogé ! J'espère que tu as conscience de ce en quoi tu t'engages !
Il attrapait un stylo et signait une première feuille.
- Ouais, je sais, je sais !
Je paraphais également les documents quand la porte s'ouvrait de nouveau, cette fois-ci sur Royce.
Royce ? Déjà ? Il n'était pas censé arriver avant une heure au moins !
- Tu es là !
- Oui...
Il s'approchait et observait Emmett.
- Qu'est-ce que tu fais ?
- J'ai engagé monsieur McCarthy !
Le visage de mon fiancé se fronçait. Je déteste ce regard, froid, sans âme et sans indulgence...
- Je sais qui est Emmett ! Merci ! A quelle qualification l'engages-tu ?
- Agent de sécurité, comme Edward !
- Je vois... une nouvelle faveur que tu lui fais, pas vrai ?
Son ton s'était glacé. Ce ton inhumain...
- Ce n'est pas une faveur... J'ai besoin de ces vigiles, nous en avons déjà parlé !
- Il ne me semblait pas t'avoir donné mon accord !
- Ils sont engagés sous la responsabilité de mon département !
Royce fit le tour du bureau pour me faire face.
- J'espère que leurs emploi seront justifiés ! Nous en reparlerons en privé !
Emmett nous observait, stylo en main. Royce le saluait.
- Bienvenu dans nos entreprises !
Puis, il quittait le bureau sans plus de cérémonie.
- Super aimable ton mec !
- Je ne t'ai pas demandé ton avis ! Et tant que j'y suis, ici, tu ne me vouvoies pas, tu ne m'appelles pas Rosalie ! Je suis Miss Cullen, et tu me vouvoies !
Il devait savoir qui est la patronne ici ! Je n'aimais pas vraiment cette attitude de femme sérieuse et impitoyable, mais c'était une certaine éthique que je me donnais, pour tempérer Royce...
- Bien mon Général !
- Emmett !
- Bien Miss Cullen ! Je suis à votre service Miss Cullen !
- Ce n'est pas la peine de te moquer ! Tu commences demain à 16h tapantes ! Je ne veux pas que tu arrives à 16h, je veux que tu sois à 16h en tenue dans le hall ! Compris ?
Il sifflait.
- Pigé !
L'interphone sonnait.
- Oui Anna ?
- Miss Cullen ? Miss Denali est au téléphone, elle souhaiterait vous parler !
- Passez-là moi !
Emmett me fixait.
- C'est l'assistante sociale ?
J'opinais et allumais le haut-parleur pour qu'il l'entende. Après tout, il était concerné. Il est le meilleur et le seul ami fidèle qu'Edward ait jamais eu ! Et je respectais aussi le fait qu'il soit resté proche de mon frère, avant et après la drogue. Les gens fuient les personnes qui tombent... Lui, il est resté, et il est encore là.
- Bonjour Miss Denali !
- Miss Cullen, je suis navrée de vous déranger si tôt !
- Je vous écoute !
Mon ventre se nouait violemment. Je sais qu'une assistante sociale qui rôde trop, c'est inquiétant !
- J'ai appris dans le cadre de mon enquête que Monsieur Cullen a signé un contrat récemment pour votre société...
- Oui ! Tout à fait ! Un contrat à durée indéterminée d'agent de sécurité !
- Permettez-moi de vous poser une question...
- Bien sûr !
- Est-ce que vous avez créé ce poste pour lui offrir une rémunération constante ?
- Le conseil d'administration de fin novembre avait déjà évoqué le sujet de recrutements à ces postes, suite à une démission. Nous tenons à étoffer notre secteur sécurité, diverses tractations seront à effectuer dans les semaines à venir, concernant des sommes assez importantes. Nous ne tenons pas à prendre un quelconque risque !
- Monsieur Cullen a-t-il été le seul bénéficiaire ?
- Non, Monsieur Emmett Mc Carthy a le deuxième poste ! Il vient de signer son contrat ! Et nous cherchons d'autres vigiles dans le département cosmétique !
- Monsieur Cullen a-t-il postulé pour les autres départements ?
- Non, seulement dans le mien !
- Pourquoi ?
Pourquoi, pourquoi ? Parce que c'est mon frère, tiens !
- Parce que j'ai toute confiance en mon frère, et que je voulais l'avoir près de moi ! Je connais aussi ses qualités. Il sait travailler, et le faire bien. Il a accomplit sa formation avec brio et assiduité. Il a toutes les qualités requises.
- Et son salaire ?
- 1100$ mensuels... 275$ hebdomadaire... Salaire de débutant, susceptible d'être réévalué avec augmentation, qui prend en compte les risques de cette profession !
- Bien...
Un petit silence prit place dans le combiné.
- Miss Cullen... J'ai pris ma décision concernant votre frère. Force est de constater qu'il a fait énormément d'efforts, et que son enfant est extrêmement bien traîté. Je suis restée dubitative sur la générosité de ses propriétaires, mais j'ai bien vu qu'il tentait de leur rendre une compensation. Les méthodes des plaignants m'ont amenée à penser que l'intérêt de l'enfant n'était pas leur priorité. Evidemment, ma mission était de déterminer les conditions d'hygiène, de sécurité, de confort et d'accueil du jeune enfant. Je n'ai aucun reproche sérieux à adresser à votre frère. Bien que j'imagine que vous lui ayez fait une faveur en lui offrant cet emploi, je vois aussi qu'il n'a pas hésité à vouloir travailler et gagner un pécule honnêtement, plutôt que de continuer à vivre au petit bonheur la chance !
Un large sourire naissait sur le visage d'Emmett et le mien.
Edward va garder Aaron ! EDWARD VA GARDER AARON !
Tout en moi explosait de bonheur. Mon frère va garder mon neveu ! Je peinais à réprimer des larmes. Emmett, face à moi, se levait et se mit à danser.
- Merci Miss Denali...
- Ce n'est pas moi qu'il faut remercier, je n'ai fait que mon travail ! Je vais devoir informer Monsieur et Mrs Fonzianetti de ma décision.
- Ils ne seront pas heureux !
- Ils feront avec !
- Ce sont des gens colériques... j'ai l'habitude de les cotoyer dans des conseils d'administrations... Ils font peu de sentiments...
- J'ai cru le comprendre ! Mais peu importe leur réaction ! J'ai pris la meilleure décision dans l'intérêt du petit garçon ! Les manifestations de bonheur qu'il a en voyant son père ne sont pas négligeables !
- Vous allez rendre mon frère fou de joie !
- J'espère qu'il continuera à prendre soin de cet enfant !
- Il le fera ! J'y veillerai, rassurez-vous !
- Merci Miss Cullen de votre participation spontanée à mon enquête !
- Je vous en prie ! Si je peux faire quelque chose pour vous par la suite... si les Fonzianetti vous posent des ennuis... Faites-le moi savoir !
Je crus entendre un rire dans le combiné.
- Ne vous en faites pas, j'ai fait mon travail comme je le fais depuis les débuts et mon directeur sait mon intégrité ! Il saura faire la part des choses ! Et ce n'est malheureusement pas rare que nous rencontrions ce genre de personnes dans notre métier. Nous savons nous retourner contre eux pour conflits d'intérêts, et menaces.
Je lui souhaitais bien du courage si elle comptait entamer des poursuites judiciaires contre les Fonzianetti... Ils ont des parts dans notre société, surtout dans la grosse partie des King. Ils sont intraitables, c'est bien pour ça que le père de Royce et Antonio s'entendent aussi bien...
- Je vous le souhaite vivement !
- Je vais prévenir les Fonzianetti et votre frère après-demain aux alentours de dix heures, le temps de clotûrer administrativement cette enquête sociale, et d'aller porter tous les papiers à votre frère qui mettront un terme à cette enquête officiellement ! En attendant, je vous demanderai de garder cette décision pour vous !
- Bien sûr ! Ce sera dur pendant deux jours, mais je resterai muette !
- Bonne journée Miss Cullen ! J'espère que votre frère sait la chance qu'il a de vous avoir !
- Merci... Bonne journée à vous !
Je raccrochais et Emmett et moi nous regardions avant d'exploser de joie. Il fit le tour de mon bureau et me prit contre lui, me soulevant du sol.
- Oh putain de bordel de merde ! Mais c'est génial !
- Repose-moi maintenant ! riais-je.
Je regardais ses yeux marron qui riaient de plaisir.
- C'est ZE nouvelle du jour ! Putain j'suis plus que content ! Maintenant, il pourra être heureux tout le temps !
- Il va être tellement soulagé ! Mais tu te tais jusqu'à ce qu'elle lui annonce hein !
- Juré Rose ! J'te promets que j'vais garder ça pour moi, même si ça va être dur ! Euh... pardon... Je vous promets que je vais conserver cette information avec un plaisir non dissimulé dans mon encéphale, Miss Cullen !
J'éclatais de rire.
- Aujourd'hui fait exception ! J'irai chez lui quand elle ira le lui dire, juste pour voir sa tête !
- Pareil ! Ca va être un super moment pour lui !
Nos mains se tenaient toujours.
- Je passerai te chercher...
Il souriait et me fit un clin d'oeil. Je n'avais jamais vraiment vu Emmett ainsi, fou de joie. Bien sûr, il l'était tout le temps mais pas de CETTE façon-là !
..::..
Point de vue de Bella.
- Bella ? J'peux entrer ?
J'étais dans la salle de bains après avoir pris ma douche.
- Oui bien sûr !
Edward rentrait dans la petite pièce avec mon portable.
- Il arrête pas de sonner, c'est ta soeur...
Ma soeur... Ben ma soeur attendra !
- Elle laissera un message quand elle en aura marre !
Mon petit-ami soupirait, le déposait sur le plan de l'évier et s'asseyait sur le rebord de la baignoire.
- J'ai pas de conseils à te donner mais tu devrais lui répondre...
Alice tentait depuis plusieurs jours de me joindre, mais je n'étais pas certaine de pouvoir lui parler sans m'agacer, ni lui faire de la peine. Je préférais attendre.
- Oui, t'as raison sur un point : tu n'as pas de conseils à me donner !
Je quittais la salle de bains, le corps enroulé d'une grande serviette éponge, pour aller dans la chambre jusqu'à ma valise pour enfiler des affaires propres. Aaron dormait dans son petit-lit dans sa chambre. Je me penchais pour attraper un jeans, un pull et des sous-vêtements. Edward me suivait.
- Tu ne peux pas laisser Alice comme ça... Elle est là pour toi depuis le début et...
Je me redressais et me tournais vers lui.
- Ecoute Edward... Ca ME regarde... J'ai besoin de temps pour faire le point, et lui pardonner. Réfléchis dix secondes s'il te plaît... Si tu étais arrivé et que t'avais vu Charlie à table, tu serais resté ? Sincèrement ?
Il restait immobile et silencieux face à moi, et finit par baisser les yeux.
- Probablement pas !
- Maintenant, deuxième question. Tu en aurais voulu à Alice, n'est-ce pas ?
- Elle a voulu bien faire ! Et puis c'était important pour eux de l'annoncer à toute ta famille, c'est un très grand moment pour eux d'accueillir un enf...
- Mais réponds-moi au lieu de détourner ta réponse !
Il se postait face à moi, sourcils froncés. Il ouvrait la bouche quand on entendit Aaron s'agiter dans le baby-phone, et se mettre à pleurer.
- Je vais le voir !
- Ouais, c'est ça...
Il m'adressait un regard noir et claquait la porte. Depuis que j'avais plus ou moins «refusé» de lui garder Aaron la veille de mes derniers examens, il agissait différemment. Dès que son petit pleurait, quoi que nous fassions, il allait le voir. Samedi matin, ça s'était passé pendant un câlin après les préliminaires. Dès qu'il l'avait entendu, il s'était levé et était parti le consoler.
«Ses dents lui font mal ! J'peux quand même pas le laisser !»
Mais je trouvais que ce petit pleurait quand même très souvent ces temps ! Pourtant, le pédiatre l'avait rassuré qu'il n'avait rien, et il lui avait même donné de l'homéopathie à mettre dans le biberon pour le soulager. En vain. J'avais l'impression de n'avoir Edward que pour nous disputer. Le manque de sommeil jouait forcément. Je découvrais que la vie avec un enfant n'était pas toujours de tout repos. Edward semblait agacé en permanence, et c'était encore pire dès que nous évoquions le sujet «famille». Je commençais à en avoir marre qu'il se sente toujours responsable de la discorde avec mon père ! Apparemment, se lamenter était un état qui devait lui plaire puisqu'il le faisait très souvent !
Je m'habillais et rejoignais le salon pour lire un peu l'ouvrage que Corbero nous avait conseillé. Edward était assis sur le canapé, et jouait avec Aaron. Il le faisait rebondir sur ses cuisses et le petit riait en écoutant son père faire des petits bruits. Edward remontait ses jambes contre lui et y installait Aaron, avant de lui faire un petit bisou sur le nez. J'attrapais mon livre et l'ouvrais à la page cochée pour reprendre ma lecture.
- Qu'est-ce que t'as là ? Fais voir ? Fais voir à papa, bouge pas !
Je continuais ma lecture quand Edward s'exclamait.
- Oh putain !
Il effleurait de l'index une petit zone sous l'oreille gauche de son fils, penché dessus.
- Attends bouge pas !
Il posait son doigt sous le menton d'Aaron, pour lui faire pencher la tête en arrière.
- Oh beh alors là on est mal !
Il l'inspectait méticuleusement.
- Bella ?
- Hum ?
Je levais la tête de mon livre, encore un peu en rogne je devais bien l'avouer.
- J'crois qu'il est en train de nous faire la varicelle ! Regarde...
Je me penchais et apercevais une ligne de tout petits points rouges sous l'oreille du petit et dans son cou.
- Il avait pas ça avant la sieste ! Il a encore de la fièvre.
- C'est pour ça qu'il est tout le temps grincheux alors !
Il se levait rapidement, le petit dans les bras.
- Pour un petit qui a la varicelle, je l'ai pas trouvé chiant outre mesure moi !
Il quittait le salon, visiblement furieux, et réapparraissait deux minutes après avec un biberon et du paracétamol pour nourrisson.
- Allez Aaron bois ça... On va aller au docteur... comme ça il te donnera des médicaments pour que tu ne sois plus malade et moins grincheux !
Je l'ai vexé... Bien sûr que tu l'as vexé, espèce de gourde en culotte ! T'as traîté son fils de grincheux ! Edward enfilait son blouson et prenait son portefeuille, avant d'habiller chaudement Aaron et de lui mettre ses chaussures.
- Edward... Je n'ai pas voulu dire...
Mais il disparaissait de nouveau pour revenir avec le carnet de santé du petit.
- Oui, mais tu l'as dit, ce qui signifie que consciemment ou pas, une part de toi le pense !
Je me levais pour tenter de l'intercepter alors qu'il s'agitait, tapotant ses flancs.
- Putain elles sont où ces clés de merde ?
Il glissait sa main dans sa poche interne de veste.
- Ah c'est bon !
- Edward... Ecoute-moi... Je suis désolée... je... ne voulais pas...
Il reprenait Aaron qu'il avait installé sur le canapé entre des coussins et se dirigeait dans le couloir d'entrée. Non, il ne va pas partir sur un malentendu comme ça ! Hors de question !
- Edward ! Ecoute-moi !
Il ouvrait la porte.
- Allez on y va ! A tout à l'heure !
Et il la claquait brutalement, sans demander son reste. Il ne fallut pas deux minutes pour que j'entende la volvo reculer dans la petite allée et quitter le domicile.
ET MERDE ! FAIT CHIER BORDEL ! Quelque chose clochait. Quelque chose s'était brisé. J'avais mal agis envers son fils. Mais depuis que je vivais dans ce pavillon, c'est comme si quelque chose m'oppressait. Avant que je ne parte de chez Alice et Jazz', j'aimais notre relation de couple comme les autres. On se voit dès qu'on le peut, et on a les week-end pour faire l'amour... Ici, j'avais été immergée dans sa vie avec son fils, et je me sentais presque de trop. Je ne saurais expliquer pourquoi, mais c'était une intuition. J'avais débarqué dans sa vie, alors qu'il avait déjà ses petites habitudes avec Aaron. Ils devaient adapter leur «vie entre mecs» à ma présence...
Je me sentais étrange depuis que j'étais ici, alors que ça ne faisait qu'une dizaine de jours. A part sortir pour mes examens et recevoir ma mère et Phil à diner, je n'avais rien fait de particulier, ni n'étais plus sortie pour autre chose que les balades quotidiennes d'Aaron. Pas de virée, pas de pot dans un bar... J'attrapais mon portable et composais un texto pour ma meilleure amie.
«Salut Angela, ça va ? Désolée de pas avoir pu t'attendre vendredi
à la sortie de la salle d'exam ! J'espère que ça s'est bien passé! mais j'en doute pas!
J'aimerais bien sortir aujourd'hui... Ca te dirait qu'on aille boire un verre ?
xxx bella.»
Je n'attendis pas deux minutes pour une réponse.
«Hey B. Ca fait longtemps mais je suppose que ton jules
ne te laisse plus sortir de sa chambre ^^ Ben est parti chez ses parents
pour la semaine, me laissant honteusement seule dans mon petit studio!
Si Edward veut bien te lâcher, tu pourrais venir, on pourrait passer une soirée
entre filles, qu'est-ce que t'en dis ?»
J'acceptais rapidement et attrapais mon sac de cours dans lequel je mettais mes affaires. Je griffonnais un petit mot pour Edward.
Angela m'a invitée ce soir, je vais passer la nuit chez elle sûrement.
Ne m'attends pas. Je suis désolée de ce que je t'ai dit tout à l'heure...
J'ai comme l'impression d'être fatiguée... je pense toujours à Alice et ça
me fait de la peine de ne plus aller la voir, mais j'ai besoin de temps et j'espère
que tu le comprendras. Je sais que tu as raison, seulement, je n'arrive pas à y aller
et rester calme. Je reviens demain matin à la première heure,
tu me manques déjà. Pardonne-moi !
Quelque chose manquait à ce mot. Ces phrases me semblaient tellement vides... tellement sans importance... comme si le poids des mots était devenu insuffisant... Alors, je prenais mon courage à deux mains, et rajoutais quatre mots qui semblaient donner tout son impact à ces lignes.
Je t'aime. Bella.
Mes mains tremblaient alors que j'aimantais le mot sur la photo sur le frigo. C'est la première fois. Et si je l'avais pu, je l'aurais fait revenir maintenant pour qu'il le lise. C'est comme se jeter à l'eau... avouer quelque chose de très intense. Je l'aime, sincèrement.
.
Je me garais devant chez Angela et grimpais dans l'immeuble jusqu'au quatrième étage. Une légère musique en sourdine me parvenait et ma meilleure amie m'ouvrait avec un léger sourire.
- Salut ma belle ! Entre !
Elle avait déjà tout préparé pour une soirée pyjama parfaite comme nous en avions l'habitude : cochonneries à grignoter, sodas, pile de DVD, couvertures et canapé déplié avec des tas de coussins. Un de nos passe-temps favoris étaient de nous affaler sur une multitude d'oreillers et de trouver la position parfaite et confortable, cette position qui fait que devoir se lever pour une raison X ou Y devenait une corvée ! J'apercevais même deux bières.
- Ouh ! Angie ! Tu bois ?
- Pour mes parents, non ! Pour nous, c'est différent !
Elle fermait la porte à clé et décapsulait les bouteilles.
- Je suis contente de te voir ! Installe-toi !
- Je vais dans la salle de bains !
J'attrapais mon attirail et passais mon pyjama. Quand je revenais, Angela retirait la prise de son téléphone fixe.
- Qu'est-ce que tu fais ?
- C'est une soirée avec ma meilleure amie ! Je m'assure qu'on ne soient pas dérangées !
- T'as raison !
Une dernière fois, anxieuse, je consultais mon portable. Pas de message d'Edward. Il n'était sans doute pas rentré. Puis, j'éteignais mon cellulaire et me calais dans le canapé. Angie passait son pyjama aussi et enclenchait un DVD, qu'on ne regarderait probablement pas parce qu'on papoterait bien trop ! D'ailleurs, on choisissait toujours un film nul, comme ça, nous n'étions pas tentées de ne pas discuter ! Elle ramenait sa petite table basse de salon à roulettes proche de nous et me tendait une bière et un paquet de chips.
- Tiens !
- Merci...
Je prenais une gorgée de l'alcool et soupirais alors que le générique s'enclenchait.
- Ca va nous faire du bien ! A force de ne pas manger toutes ces saloperies, j'ai dû maigrir ! riait Angela.
- Tu sais que tu te plains d'une chose qui obsède 94% de la gent féminine ?
- C'est pas du tout mon cas, et je ne les envie pas ! Franchement Bella ! Comment peut-on vivre SANS chips, SANS pizza, SANS gâteaux apéros et SANS alcool ?
Nous éclations de rire.
- Et puis Ben ne s'en plaint pas !
- Veinarde !
Elle piochait dans le paquet de gâteaux au fromage.
- Edward est pinailleur à ce sujet ?
- Oh non pas vraiment... Depuis dix jours que je suis chez lui, si ça peut te rassurer, je l'ai jamais vu faire des broccolis pour manger !
- Tant mieux, parce qu'il t'en fait un jour, quitte-le !
De nouveau, nous nous mettions à rire mais mon coeur se serrait.
- Ohoh... déception sentimentale ? Ca se passe bien au moins malgré l'absence de broccolis ?
- C'est le moment d'être honnête ?
Elle opinait en me fixant.
- Bien évidemment, tu peux me parler tu sais !
Je m'appuyais contre les oreillers.
- J'ai merdé !
- A quel sujet ?
- Aaron...
- Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Ben... C'est con hein et je sais que j'ai mal réagis... Mais la semaine dernière, j'ai gardé le petit pratiquement tous les jours... il était infernal dans le sens où il arrêtait pas de pleurer, de s'agiter... il a eu de la fièvre... enfin bon au final il couvait la varicelle...
- Il a la varicelle ?
- Edward a vu les boutons tout à l'heure, donc c'était sûrement sa période d'incubation... Il l'a emmené chez le pédiatre. Mais bon... en fait mercredi j'ai complètement raté l'épreuve et je voulais beaucoup bosser les deux autres pour me rattraper...
- Ouais... je vois ! Ensuite ?
- Edward devait partir signer son contrat jeudi soir. Le matin je me suis trouée sur la dissert de socio appliquée... Donc je me suis dit que j'allais réviser à fond pour compenser celle de vendredi. Edward a voulu me laisser Aaron qui était malade, et je sais pas ce qui m'a pris mais il a vu que ça m'emballait pas... Il est parti avec le petit, assez furieux en me disant «ouais c'est bon j'ai compris»... Le soir il est rentré, il ne m'a pas adressé la parole, il s'est couché directement... On a passé le vendredi «au frais» on va dire... Puis bon, on s'est rabibochés mais l'un comme l'autre avons bien évité le sujet... mais il m'en veut encore, je le sens... Il ne m'a plus rien demandé par rapport au gamin, même pas de le prendre dans les bras quand il préparait à manger... Quand je lui proposais, il disait : non, c'est bon je m'en occupe de mon fils !
- Il a la rancune tenace...
J'opinais.
- Y a aussi eu les photos...
- Raconte...
- On a fait une séance de photos avec son appareil pour nous... Il m'a pris avec Aaron sous tous les angles possibles... Je les ai pris aussi, puis on a fait une photo tous les trois, et d'autres photos tous les deux... Je lui en avais demandé tu vois pour avoir... Il m'a fait imprimer pratiquement toutes celles avec Aaron, et presque aucune de nous deux...
- Un malentendu ?
- Je crois pas... En fait j'en sais rien... Il m'a dit qu'il avait cru que j'en voulais avec son petit aussi... Ma mère est venue manger... Quand elle a vu la photo, elle m'a reparlé de ma présence auprès d'Aaron... ce que ça peut impliquer pour Edward qui est tout seul avec lui...
- Un espèce de substitut de mère ?
- Ouais... quelque chose comme ça... Mais je ne me vois pas lui dire cash : écoute, j'ai que 19 ans, j'peux pas être la mère d'Aaron !
Angela se frottait le visage.
- En même temps, tu es auprès d'eux... C'est sûrement la première fois depuis qu'il a son gosse qu'il a une copine... Ca doit être étrange pour lui... Il a quelqu'un sur qui il peut se reposer... Il a sûrement voulu se dégager un peu de temps pour lui...
- Ca je le comprends... mais j'te jure que j'en ai chié pour mes révisions...
- Tu lui as dit ?
- Non... J'me voyais pas y aller la bouche en coeur : excuse-moi, vous êtes bien mignons mais j'voudrais bosser !
- Il l'aurait compris !
- Je sais... Mais le truc c'est qu'il est pas sorti pour aller branler tu vois... Il avait des raisons : sa formation, son contrat, des réunions avec son futur responsable...
- Il n'a peut-être pas réalisé que toi tu avais des examens... Lui il pouvait «s'en foutre», il sait qu'il n'y reviendra pas ! Il a p'tètre pas pigé que pour toi, c'était différent ! En plus t'es une élève sérieuse, t'as bossé tout au long des semaines... Il s'imaginait peut-être que tes révisions seraient moins importantes que les autres...
- Ouais... peut-être... Mais je ne sais pas comment te dire... Y a pas que ça... C'est un tout... J'ai l'impression de ne plus sortir que pour faire des trucs pour Aaron... Sa balade, l'emmener au pédiatre, aller aux examens...
- Tu étouffes ?
Ca m'était difficile de l'admettre, mais c'était effectivement mon sentiment.
- Un peu... Ca fait un peu... comment dire ? Metro, boulot, dodo !
- Avec un bébé, c'est pas facile...
- Je sais...
Angela reposait sa bière et me tendait une part de pizza.
- Tu es bien en couple avec lui au moins ?
- Oui bien sûr... A part quelques petites chamailleries mais c'est normal... Je sais qu'il me dit ça pour que je retrouve Alice et mon père... Il fait des efforts, je lui en suis reconnaissante...
- Ca ne lui fait certainement pas plaisir de te voir en froid avec ta soeur... Il a bon coeur...
- Je sais... Je l'aime !
- Il t'aime aussi !
- Il ne me l'a jamais dit...
Angela, qui mordait dans sa pizza, manquait s'étouffer.
- Jamais ?
Je secouais négativement la tête.
- T'es sérieuse ?
- Oui...
Elle écarquillait les yeux, visiblement surprise.
- Des fois... on y est... presque ! Mais il s'arrête toujours avant !
- C'est quand même bizarre ! J'veux dire... Il ne tarit pas d'éloges sur toi... Ben n'entend parler que de toi...
- Le résultat est qu'il ne me l'a jamais dit...
- Il n'ose peut-être pas... Tu lui as dit toi ?
- Tout à l'heure avant de venir, je lui ai laissé un mot comme il est chez le pédiatre et à la fin j'ai marqué «je t'aime».
- Alors il te le dira en rentrant... suffit parfois de se lancer... Je l'ai dit à Ben et il me l'a dit après, sinon c'était pareil ! Les mecs sont un peu chochottes quand il s'agit de s'engager et de dire de telles choses !
- T'as sûrement raison...
C'est vrai qu'à chaque fois qu'il avait mangé me le dire, j'avais cru déceler chez lui une certaine timidité, assez touchante d'ailleurs !
- Et toi avec Ben alors ? Ca avance ?
- Je l'adore ! Il est génial ! Il me correspond tout à fait, je l'ai présenté à mes parents ! Ils l'adorent ! Et aux prochaines vacances, je vais en vacances chez les siens !
- Huumm attention ! Grosse étape ça hein !
- M'en parle pas ! J'angoisse déjà de savoir comment je vais m'habiller !
J'éclatais de rire et posais ma bière sur la table avant de tapoter la joue de mon amie.
- Ma Angela devient une femme ! Sniff !
Nous nous mettions à rire comme des petites folles et elle me balançait un coussin en pleine tête, ce à quoi je ripostais vigoureusement. Y a pas à dire, y a rien de mieux qu'une bonne soirée avec une bonne copine et des p'tites cochonneries !
..::..
Point de vue d'Edward.
- C'est bien une varicelle qu'il nous fait ! Vous l'avez eu ?
- Oui ! Quand j'étais petit, ma soeur me l'avait donné !
- Bien, vous êtes immunisé ! Je vous conseille d'éviter de sortir avec lui au plus possible, il sera très contagieux pendant sept jours environ. Dès que les boutons seront secs, ça ira...
Le pédiatre complétait son ordonnance.
- Vous lui donnerez du paracétamol et vous lui passerez cette crème sur les boutons, ça le soulagera d'éventuelles démangeaisons. Les boutons vont sortir très rapidement !
- Ouais... Déjà il en avait pas autant tout à l'heure !
- D'ici deux heures, ils devraient tous avoir percés. Les plus douloureux sont ceux sur le cuir chevelu et les parties génitales, vous veillerez à ce qu'il ne les touche pas trop...
- D'accord !
En gros, le plaisir masculin du grattage de zizi va t'être interdit mon bonhomme !
- Evitez de le confier à un adulte qui ne l'a pas attrapé. Ca peut avoir de grosses conséquences quand cette maladie est contractée par des personnes plus âgées.
- Merci docteur ! Et le traitement là c'est compatible avec ses cachets pour ses convulsions et le reste ?
- Oui, tout à fait ! Mais si à cause de la fièvre il refait une convulsion, vous nous l'amenez immédiatement !
- Très bien... Merci !
- Je vous en prie ! Ses dents, ça pousse ?
Je rhabillais Aaron qui s'agitait et réglais le docteur. Mon job tombait à point !
- Une du bas a percé !
- C'est le plus gros du travail qui est fait ! C'est pas bien agréable... Si en plus il a la varicelle par-dessus, je vous promets de belles nuits blanches mon cher ami !
- On fera avec...
C'est Bella qui ne sera pas très contente ! Tant pis, je dormirai sur le canapé ! Le docteur me raccompagnait à la porte.
- Voilà ! Rentrez bien et laissez-le au chaud surtout !
- Bien sûr !
Je quittais le cabinet et parcourais le hall de l'hôpital.
- Edward ?
Je me retournais en entendant la voix de Carlisle. J'ai une de ces poisses moi bordel ! A chaque fois que je viens, je le croise !
- Salut...
Mon père s'approchait dans sa blouse blanche.
- Salut Aaron ! C'est papi ! Tu me reconnais ?
- Bien sûr qu'il te reconnaît ! Il est pas idiot !
Carlisle effleurait la main de mon fils.
- Alors qu'est-ce qui t'arrive ?
- Varicelle !
- Il vaut mieux qu'il te la fasse maintenant !
- Je sais... Corvalev vient de me l'expliquer !
- Bien... Tu l'as eu en même temps que Rosalie donc ça ira !
- Je sais ! Bon... Tu m'excuses mais je vais le ramener au chaud !
- Evidemment, pardon, je vous retarde ! J'espère le revoir bientôt...
- Pour l'instant, il doit se reposer...
- Edward...
- J'dois y aller ! Bella m'attend ! Embrasse maman pour moi !
- Je le ferai !
- Merci !
Je reprenais ma route et retournais à ma voiture pour repartir. Je déteste le croiser, parce qu'il se croit obligé de me faire la conversation... Evidemment, avec tous ces infirmiers et praticiens autour de lui, il a plutôt intérêt à faire bonne figure !
Je conduisais, furieux. Je voulais également parler à Bella quand je serai au pavillon ! J'avais comme l'impression qu'elle n'était pas à l'aise avec nous... Elle était distante, presque désireuse de ne pas s'impliquer ou être impliquée d'une quelconque façon que ce soit avec Aaron... Je n'avais jamais pensé que la présence de mon fils la gênait à ce point... Mais si c'était le cas, il allait nous falloir en parler, parce que je ne peux pas abandonner Aaron ! Et j'aime Bella... Je ne veux pas non plus la laisser tomber ! Bien que ça me paraisse évident que si un choix était à faire... ben... je ne pourrais pas abandonner mon fils !
Mais je ne voulais pas que cela se produise ! Jamais ! Parce que si on veut vivre une histoire avec moi, il faut accepter le petit ! Mais il faut en parler! Trouver un équilibre, faire des concessions... Je me garais devant la maison et aperçus une silhouette que je ne connaissais que trop bien.
- Qu'est-ce que tu fais là toi ?
Kim se levait et embrassait ma joue.
- Ca fait une heure que je sonne, personne ne répond !
- Bella n'est pas là ?
Kim s'immobilisait.
- Elle vit chez toi ?
- Oui... mais qu'est-ce que ça peut te faire d'abord ?
- Je m'inquiète pour toi ! Oh Aaron ! Beurk, qu'est-ce qui lui arrive ?
- Varicelle !
- Ooh ! Moi aussi je l'ai eu quand j'étais gamine !
- Dommage... marmonnais-je entre mes dents en ouvrant la porte.
Le pavillon était plongé dans le noir et j'allumais l'entrée.
- Bella ? T'es là ?
Mais personne ne me répondait. Elle doit être sortie faire une course... Kim entrait dans la cuisine et allumait la lumière alors que je retirais le manteau d'Aaron et ses chaussures pour les mettre dans le placard de l'entrée.
- Vas-y, fais comme chez toi surtout ! grognais-je
- Merci !
Sa voix fluette me transperçait les oreilles. Lorsque je la rejoignais dans la pièce, elle fixait notre photo à trois et serrait son poing droit.
- Ca te plaît pas ?
- T'espères quoi avec elle, Cullen ?
- Etre en couple et être heureux !
- C'est pas la mère de ton gosse, j'te signale !
- Et alors ? Rien n'empêche qu'on s'adapte tous les trois, qu'elle et moi soyons heureux et qu'Aaron puisse avoir son soutien !
- Elle est trop jeune ! Trop immature !
- J'ai son âge !
- Mais toi, ce n'est pas pareil. Toi, t'as la famille en toi ! Pas elle !
- Tu ne la connais pas !
- Oui, mais je vois aussi qu'elle est partie sans te le dire ! Moi, je ne te ferai jamais ça !
- Elle a dû laisser un mot...
Je regardais sur la table, le frigo, le plan de travail, la table du salon, rien.
- Elle ne doit pas être loin ! Puis j'ai pas à la fliquer ! Elle fait ce qu'elle veut...
Elle haussait les épaules et s'affalait sur le canapé.
- T'as à boire ?
- Tu te sers toute seule !
Elle se relevait pour prendre un verre de coca et retournait au salon.
- Ecoute Kim, ça me gène que tu sois là !
- On se connait bien toi et moi, je connais même tout ton corps... Alors ne me fais pas le coup du «je suis fidèle à ma compagne, elle est jalouse, etc etc»...
Je soupirais, sachant pertinemment que je n'aurais pas le dernier mot.
- Ca fait longtemps que je ne t'avais pas vu roder...
- Oh j'ai fait un petit voyage pour m'aérer !
- Mes félicitations !
- Edward... Ne sois pas si désagréable... Tu ne te plaignais pas de ma présence y a deux ans, pas vrai ? Tu te rappelles bien quand tu posais ton p'tit cul sur le sable et que je venais entre tes jambes quand Heidi était en retard ou occupée avec James... Moi, je n'ai pas oublié ! Ni toi, ni ton sexe idéal !
- La ferme !
::..
Deux heures du mat'... Bella n'est toujours pas rentrée ! Elle est injoignable ! Son portable est éteint ! Peut-être avait-elle été chez Alice pour parler ? Elle m'aurait prévenue... Elle m'aurait appelé... Pourquoi elle répond pas putain ? Mon coeur se serrait, nouant mes entrailles. Elle a p'tètre rencontré quelqu'un... Elle en a eu marre de nos disputes et s'est barrée...
Je tentais de me raisonner. Non, Bella n'est pas comme ça ! Pas du tout même ! Je m'allongeais sur le sofa, tentant de fermer les yeux. Je me réveillais en sursaut toutes les demi-heures, persuadé d'avoir entendu la porte claquer. Ce n'était qu'un rêve... une hallucination... Et toutes les demi-heures, je tentais de la joindre à nouveau, laissant un énième message.
- Bella c'est Edward... Ecoute... Là il est presque 5h du matin et j'commence vraiment à flipper ! Rappelle-moi dès que t'as ce message ! J'vais essayer d'appeler Angela pour savoir si elle t'a vu...
Je raccrochais et composais le numéro d'Angela. Messagerie aussi ! PUTAIN ! J'inspirais, me levais boire un verre de lait, et me rallongeais, mon coeur palpitant des mauvais scénarios qui se jouaient dans ma tête. Accident, sortie, panne de voiture dans un coin isolé, mauvaise rencontre... tromperies... et je fermais les yeux sur cet homme sans visage qui aurait mis les pattes sur ma petite-amie... Elle criait son prénom en jouissant, lui murmurant un «je t'aime» qui me donnait envie de vomir.
Bella... Reviens...
..
Aussi, lorsque j'entendis la porte d'entrée claquer, je me levais rapidement. Bella entrait dans la cuisine.
- Edward ?
- Putain Bella ! T'étais où ?
Elle arquait un sourcil. Des cernes se dessinaient sous ses yeux.
- Heh ! Mais qu'est-ce qui t'arrive hein ?
- Bordel mais putain ! J'ai flippé toute la nuit, t'étais injoignable ! J't'ai appelé toutes les heures !
- C'est vraiment pas la peine de gueuler ! J'suis plus une petite fille !
Quoi ? Parce qu'en plus faut pas que je flippe ?
- J'étais chez Angela ! D'ailleurs, tu dois bien le savoir parce que je t'avais laissé un mot !
- Ah ouais ? Ben j'voudrais bien savoir où !
- Il était là, sur le frigo !
- Y avait rien !
- Je t'ai laissé un mot ! J'en suis certaine !
- Dis plutôt que t'as oublié !
Ses yeux s'embuaient de larmes et un sanglot roulait sur sa joue.
- J'peux pas l'oublier ce mot...
- T'étais avec un autre ? C'est ça ?
De nouveaux pleurs roulaient sur son visage.
- NON ! MERDE ! ME PRENDS PAS POUR UNE PUTE, BORDEL !
Pourquoi elle pleure alors ?
- CE PUTAIN DE MOT ETAIT SUR CE FRIGO ! MAINTENANT SI T'AS CHOISI D'IGNORER CE QUE J'Y AI MARQUE, JE N'Y PEUX RIEN MAIS TU NE PEUX PAS M'ACCUSER DE NE PAS T'AVOIR ECRIT CA ! C'EST IMPOSSIBLE !
Je m'approchais mais elle reculait.
- Il n'y avait rien du tout sur ce frigo, tu m'entends ? Rien ! J'te le jure sur la tête d'Aaron !
Elle reniflait et se mordait la lèvre.
- SI ! Y AVAIT UN PUTAIN DE MOT POUR TE DIRE QUE JE PASSAIS LA SOIREE ET LA NUIT CHEZ ANGELA POUR UNE SOIREE ENTRE FILLES ! ET Y AVAIT AUSSI CES CONNERIES D'EXCUSES POUR CE QUI S'EST PASSE ET Y AVAIT AUSSI CE QUI TE FAIT PEUR !
- Mais qu'est-ce que tu racontes ?
Qu'est-ce qu'elle dit ? Elle a dû boire un peu avec Angela et elle a la gueule de bois...
- JE SAIS QUE CE MOT ETAIT LA ! PARCE QUE J'Y AI MARQUE QUE JE T'AIME BORDEL ! JE T'AIME ! TU CROIS QUE J'AI CRU ECRIRE CA ? VRAIMENT ?
Je... elle m'aime ? Elle a marqué ça ? Mais... il est où ce mot ?
Elle s'essuyait les yeux.
- Bella...
- Je comprends que ça te fasse peur, parce que la vérité c'est que tu ne me l'as jamais dit ! Alors soit, tu n'oses pas, soit tu ne m'aimes pas...
- Mais Bella, comment peux-tu croire que je ne t'...
A cet instant, la porte s'ouvrait sur Kim qui souriait de toutes ses dents.
- Salut les amoureux ! Alors tu vois qu'elle est rentrée... Oh... je tombe mal ?
Une larme bruyante s'échappait de ma compagne. Aaron se mettait à pleurer au même moment. Putain mais c'est pas vrai ! Y a tout qui cumule aujourd'hui !
- Edward... je ne sais plus où j'en suis... Je vais... J'ai besoin de réfléchir à tout ça... A nous deux... à ce que t'attends de moi pour Aaron et à ce que je suis capable de lui donner ou non... J'ai... je... je vais partir...
Non... NON !
- NON BELLA !
J'attrapais son poignet mais elle me le retirait immédiatement.
- Laisse-moi réfléchir... J'ai besoin d'une pause entre nous...
Elle levait ses yeux sanglotant vers moi... suppliante... implorante... et ses mots qui me revenaient en tête «réfléchir à tout ça... à nous deux... A ce que t'attends de moi pour Aaron et à ce que je suis capable de lui donner ou non...»
Elle me renvoyait au visage ce que je craignais : avoir confondu les choses...
Mon coeur se brisait, mais je crois aussi que j'avais besoin de savoir où j'en étais, qui je sais et ce que je veux et j'attends de la femme qui partagera ma vie...
- D'accord...
Elle attrapait son sac qu'elle avait posé dans le hall et quittait l'appartement sans plus de cérémonie, m'y laissant seul avec Kim et les pleurs de mon fils.
Elle est partie... C'est fini...
