Chapitre 28 : Chaos

Chaos (nom latin, neutre) d'après le Gaffiot

Du grec ancien χάος, khaos qui désigne, dans la Genèse, l'état du monde avant sa création par Dieu.

(1) Chaos, confusion ou dissolution des éléments avant la création.

(2) Vide infini, gouffre, abîme, les Enfers.

(3) Profondes ténèbres, obscurité.

-OoO-

Le 25 juin, Arès se réveilla avec une boule au ventre. Et il avait raison d'être angoissé, car la journée aurait une fin terrible.

C'était la dernière journée d'examens pour les élèves de Poudlard, les examens de Durmstrang s'étant terminés la semaine précédente. Les trois champions avaient été libérés pour pouvoir passer la journée avec leurs familles respectives, en visite à l'école. Dans la soirée commencerait la Troisième Tâche…

Tout avait été méticuleusement mis au point. Tout était prêt. Voldemort était impatient d'en finir avec Dumbledore ; Arès ne savait pas encore trop quoi penser, mais il était déterminé à aller jusqu'au bout.

Pendant tout le petit déjeuner, il ne put s'empêcher de regarder autour de lui. La vie à Poudlard semblait être normale ; les élèves étaient impatients d'être en vacances, il faisait beau et chaud dehors ; à la table des professeurs, Sirius discutait avec Lennart avec une légèreté apparente, Dumbledore buvait son thé en parcourant du regard la Grande Salle avec un sourire bienveillant, Ludo Verpey se frottait les mains avec une mine de petit garçon qui va recevoir son cadeau de Noël en avance.

Mais en y regardant de plus près, on pouvait voir que certaines personnes étaient préoccupées. Severus Snape avait une mine de trois pieds de long. Rodolphus ne faisait que de regarder sa montre. Draco s'épongeait le front. Lyra ne parlait pas. Chloé regardait dans le vide. Et… Anvald ne souriait pas.

De minuscules indices, et pourtant, à l'autre bout de la table des Serpentard, Dimitri les regardait tour à tour en fronçant les sourcils. Arès ne le remarqua pas. Il ne remarqua pas le blond se pencher avec Volkov pour lui parler à voix basse. Il ne remarqua pas que celui-ci avait laissé retomber sa tasse et avait blêmi.

'Du calme' s'imposa Arès. Ce n'était pas le moment de se poser des questions. Il devait montrer à tout le monde que tout irait à merveille, et que dans la soirée, le bastion principal de l'Ordre du Phénix serait tombé.

Il terminait son petit déjeuner quand Verpey s'avança vers lui. "Mr Black, Mr Malfoy, vos familles vous attendent dans la salle du fond. C'est super, non ?" ajouta-t-il en se frottant les mains encore une fois. "Génial, génial !"

Et il s'élança vers la table des Serdaigle en direction de Camille Bonnet.

Arès se leva. "A ce soir, alors" lui lança Lyra avec un sourire forcé.

Il posa une main sur son épaule. "A ce soir, en effet." Il essaya de lui transmettre toute sa confiance et son amitié avec ce geste, pour la rassurer. "Tout ira très bien."

Draco fit la bise à la jeune sorcière, provoquant un remous de stupeur dans leur petit groupe.

"Allez, Black, ou père va être impatient" fit-il en se détournant sans un regard.

Arès haussa les épaules et lui emboîta le pas.

Dans la petite salle, un groupe hétéroclite s'était formé. Regulus conversait avec Lucius Malfoy tandis que Sirius et Narcissa se regardaient en chiens de faïence.

"Draco !" appela Narcissa en se tournant vers eux, l'air soulagée. "Et Arès ! Ça fait plaisir de vous revoir !"

Lucius lui adressa un simplement hochement de tête.

Arès se tourna vers son père. "Jonathan ne peux pas se libérer aujourd'hui" expliqua-t-il.

Lennart avait des classes à donner à Durmstrang. Et puis il devait faire quelque chose là-bas pour lui avant la tâche. "Je m'en doutais."

Narcissa et Draco parlaient avec agitation, s'éloignant un peu d'eux. Sirius jeta un regard suspicieux vers Lucius.

"Bonjour, Malfoy" cracha-t-il.

L'intéressé lui adressa un sourire mielleux. "Bonjour, Black. C'est agréable de voir que la hache de guerre a été enterrée chez les Black."

"Tu trouves ?" fit Sirius en attrapant négligemment Regulus par les épaules.

Le plus jeune des deux le repoussa avec douceur. "C'était ironique. Il parlait de Narcissa."

"Aaaaah…"

Arès leva au ciel. Tout à coup, il remarqua les autres personnes présentes dans la salle. Camille Bonnet était entourée par deux garçons un peu plus vieux qu'eux – probablement ses grands frères vu leur ressemblance – et sa mère, une blonde d'apparence bourgeoise. Mais c'est le père de Camille qui fit tiquer Arès. C'était un visage bien connu ; il l'avait vu tant de fois à la une des journaux français que Voldemort consultait !

Il se tourna vers Lucius. Visiblement, il avait lui aussi reconnu le français. Il hocha lentement la tête, signifiant oui.

Ce qui laissa Arès bouche bée.

"Quoi ? Qu'est-ce qu'il se passe ?" interrogea Sirius en les regardant l'un et l'autre.

"Je reviens !" lança Arès par-dessus son épaule, en se lançant vers la sortie.

Quelques minutes plus tard, il atterrissait au pied de la cheminée du bureau de Voldemort en se vautrant sur le tapis. Le Seigneur des Ténèbres était assis dans un fauteuil, parcourant les journaux comme à son habitude. Il ne releva même pas la tête.

"Black ! Combien de fois t'ai-je dit de ne pas sauter dans les cheminées ?"

"C'est urgent !" protesta Arès. "C'est à propos de Camille Bonnet."

Voldemort releva la tête, pas impressionné le moins du monde. "La française ?"

"Son père… c'est le Ministre !"

Le mage noir resta interdit, semblant tourner et retourner l'information dans sa tête. Finalement, il plia soigneusement son journal et se leva avec lenteur.

"La fille de Langlois…" considéra-t-il. "Tu en es sûr ?"

"Je… je ne sais pas, mais en tout cas on dirait bien que c'est le cas ! Elle a peut-être gardé le nom de famille de sa mère, après tout c'est quelque chose qui se fait pour les familles de politiciens."

Voldemort dirigea sa baguette vers la porte qui s'ouvrit en grand. "Selwyn ! Qu'on aille chercher Selwyn !" appela-t-il.

Arès s'éclaircit la gorge. "Si c'est vraiment ça, alors on pourrait peut-être faire quelque chose… Tu parlais bien de la France la semaine dernière ?"

"Oui, mais c'est compliqué, ils sont bien trop proches de Dumbledore pour tenter quelque chose." Selwyn entra dans la pièce. "Parfait. Va vérifier si le Ministre Langlois a une famille, veux-tu ?" Le Mangemort ne se fit pas prier et déguerpit. "Si ça se révèle être vrai, j'imagine que tu as la même idée que moi?"

"On aura un outil de négociation" avança Arès.

"Et les français n'auront pas le choix" termina Voldemort. "Ils capituleront." Le même sourire se dessina sur leurs lèvres. "A qui est-ce que tu peux demander de la kidnapper avant qu'elle ait une chance d'être mise à l'abri ? Rodolphus ?"

"On peut envisager quelque chose comme ça, oui. Mais il ne pourra pas transplaner avec elle. Il faudrait refaire un Portoloin." Heureusement qu'il avait un Retourneur de Temps, parce que faire un Portoloin capable de passer outre les défenses de Poudlard n'était pas évident. "Je m'en charge. J'ai juste à adapter un peu la formule que j'ai déjà calculée pour les autres Portoloins." Il se retourna vers la cheminée, prêt à repartir à Poudlard pour faire le plus vite possible.

"Parfait" conclut Voldemort. "Tu as toujours ton Miroir à Double-Sens ? Je te tiendrai au courant dès que j'aurai la confirmation de Selwyn. Et même si ce n'est pas sa fille, on la kidnappe quand même."

"Bien."

"Et, Arès ?" l'interpella le Seigneur des Ténèbres. "On se voit ce soir."

Le jeune sorcier sauta dans les flammes vertes. Il était plus de neuf heures du matin et le Navire était désert, lui permettant d'aller récupérer les parchemins dont il avait besoin. Il se dirigea en direction du château et se rendit dans une salle de classe désaffectée du second étage, face à la bibliothèque. Plusieurs charmes de Discrétion et de Verrouillage plus tard, il se penchait sur les parchemins.

Le problème des protections de Poudlard, c'est qu'elles étaient spécialement conçues pour défendre contre la magie noire. Ce qui était très handicapant dans leur cas, réduisant Arès à n'utiliser que des sorts neutres. Et en matière de Portoloins, ça réduisait énormément son champ d'action. Sans compter qu'il fallait absolument être dans l'enceinte du château pendant la conception. Et déployer un niveau de puissance ridicule dans l'artefact pour qu'il puisse franchir les protections millénaires. S'il manquait d'influer ne serait-ce qu'une portion infime de magie dans l'objet, ça ne marcherait pas. Dans le doute, il calculait le moindre détail, la moindre fluctuation possible. C'était compliqué. Mais relativement faisable, au vu des mois de recherches qu'ils avaient mis à avoir une telle connaissance du fonctionnement des protections.

Ça allait être dur, mais il allait pouvoir le faire. Il l'avait déjà fait, même si chaque Portoloin avait demandé énormément de travail. Et avec un peu d'espoir Voldemort aurait la France à ses pieds en un claquement de doigts.

Deux heures après, il utilisa le Retourneur de Temps pour rejoindre son père juste après que son ancien lui l'ait quitté. Ils passèrent la matinée ensemble, parcourant le château, Regulus et Sirius lui racontant leurs souvenirs puis Arès recommença à revenir en arrière, changeant de salle de classe vide et reprenant ses recherches. En tout, il lui fallut faire la manœuvre deux fois avant de finir le Portoloin, un simple parchemin vierge qu'il rangea soigneusement dans sa poche.

Un peu plus tard, il passait le parchemin à son père et lui demandait de le transmettre à Rodolphus discrètement avant le grand banquet du soir.

Ensuite, les deux dernières heures qui le séparaient de la dernière tâche passèrent à toute vitesse.

-OoO-

Finalement, le moment arriva. Ludo Verpey accompagna les Champions vers le point de départ à une des extrémités du stade de Quidditch. Quatre professeurs de Poudlard en robe noire arrivèrent pour se mettre en position autour du labyrinthe, afin d'aider les participants s'ils étaient en danger. Il s'agissait de Rodolphus, toujours bien déguisé sous Polynectar, Severus Snape, Sirius et le professeur d'Enchantements, Flitwick. Une "suggestion" de Sirius à l'égard de Dumbledore… Son parrain avait été d'accord pour participer à sa façon, afin de placer les bonnes personnes prêtes à agir. Le fait qu'il ait tout spécialement proposé Flitwick à Arès comme quatrième professeur l'avait intrigué. Il soupçonnait que le petit homme soit aussi un membre de l'Aube Dorée. Ce qui n'aurait pas été surprenant.

Lorsque tout le monde fut installé et que le flot du public se tarissait, Ludo Verpey se tourna vers le stade.

"Bonsoir, Mesdames et Messieurs, et bienvenue à la Troisième Tâche du Tournoi des Trois Sorciers !" annonça énergétiquement Ludo Verpey à la foule de spectateurs grâce à un Sonorus. Les gradins étaient remplis à craquer, ils avaient même dû être agrandis spécialement pour l'occasion. Enormément de familles anglaises étaient venues assister l'évènement, Mangemorts et mages blancs mélangés, bien que ces derniers ne se doutent pas être entourés d'ennemis. "Pour départager les concurrents, le Comité a choisi de réutiliser la célèbre Tâche du Labyrinthe ! Pour les férus d'histoire, vous devez déjà savoir toute la difficulté de cette épreuve ! Car le labyrinthe, en plus d'être un dédale infernal, renferme de nombreux obstacles tous plus impressionnants les uns que les autres ! Des créatures magiques ! des Maléfices déstabilisants ! et d'infinies surprises ! Je vous rappelle que les autres tâches ont attribué un nombre de points à nos champions en fonction de leurs performances, et ces points détermineront leur ordre d'accès à l'épreuve. En premier partira Arès Black" une clameur parcouru l'enceinte, "il sera suivi par Draco Malfoy" de nouveau, la foule s'anima "et finalement de Camille Bonnet !" la française fit un signe de la main en direction des gradins, où retentirent de nombreux applaudissements. "Le premier à atteindre le centre du labyrinthe et à s'emparer du trophée qui s'y trouve remporte le Tournoi !"

Arès détourna son attention vers Lennart un peu plus loin qui acquiesça de la tête. Puis vers Rodolphus, qui lui fit un clin d'œil.

A la fin de son speech, Verpey annula le Sonorus et se tourna vers les trois champions à ses côtés. Il se frotta les mains, l'air ravi.

"Alors, les jeunes ? Parés pour le grand jour ?" Un coup de sifflet retentit. "Allez, Mr Black, c'est à vous !"

Avant de se diriger vers l'entrée du labyrinthe, Arès se tourna vers son ami. "Prêt, Draco ?"

"T'imagine même pas à quel point !" lui répondit-il avec un sourire.

"On se voit de l'autre côté alors." Sur ce, il respira un grand coup et marcha à grandes enjambées vers l'entrée du labyrinthe.

La nuit tombait très vite. Les lumières du stade s'allumèrent, donnait un air irréel à la scène. La clameur de la foule luit bourdonnait dans les oreilles.

Dès qu'il franchi la grande voûte émeraude des haies du labyrinthe, toutefois, le silence fut total. Il jeta un coup d'œil à sa montre. Dix heures. Sachant que tous les spectateurs pouvaient le voir, y compris la quasi-totalité de l'Ordre du Phénix, il commença son manège de parfait petit sorcier arrivé au premier embranchement.

"Lumos ! Pointe-au-nord !" fit-il en posant sa baguette sur la paume de sa main.

Il prit à gauche. L'opération se répéta plusieurs fois sans rencontrer un seul problème. Puis, jetant un nouveau coup d'œil à l'heure, il vit qu'il était temps de commencer les choses sérieuses. Draco et Camille avaient eu le temps d'entrer dans le labyrinthe, à présent il fallait faire avancer la tâche.

Il s'aida de sa magie pour faire le point sur sa position. Grâce à ses pouvoirs, il sentait et voyait la structure du labyrinthe, dont certaines parties étaient fixes mais dont d'autres se modifiaient afin de tenter de perdre les champions. De cette façon, il pourrait calculer son parcours pour arriver au centre du Labyrinthe au bon moment.

Il rencontra quelques créatures magiques, qu'il affronta de façon classique pour ne pas attirer l'attention inutilement. Des Scroutts à Pétard (comme les avait appelés Sirius), avec un simple Impedimenta, une Acromentula, un Epouvantard… De temps en temps il fut obligé de faire face à des choses plus originales. Un sortilège d'Illusion, notamment ; une espèce de brouillard qu'il ne préférait pas franchir… Il préféra le dissiper avec un enchantement un peu puissant, mais on n'était jamais trop prudent. Il ne tenait pas trop à être enfermé dans une illusion qui pourrait lui faire oublier momentanément pourquoi il était là et ce qu'il avait à faire.

Un peu plus loin, il tomba nez à nez sur Draco.

"Arès ! J'avais peur d'être allé trop loin vers l'est…"

"Non, on y est presque." Il consulta sa montre. "Il nous reste une demi-heure. Il faut faire semblant de se perdre un peu."

Ils se séparèrent. Draco était un peu trop nerveux au goût d'Arès. En même temps, le Serpentard n'avait jamais participé à une opération de ce genre ; il n'avait pas l'expérience du terrain comme le Sol Niger.

Alors qu'il faisait semblant de chercher son chemin, en réalité n'allant que dans des culs-de-sacs et faisant demi-tour, tournant plus ou moins en rond, Arès commença à solliciter Kismet.

'Tu es prêt ?' lui-demanda-t-il.

Celui-ci se matérialisa, invisible aux yeux de tous sauf à Arès, son maître. Content d'être enfin libéré, il s'envola et fit quelques figures acrobatiques, donnant le sourire au jeune sorcier. Puis il disparut par-dessus la haie, allant rejoindre Camille Bonnet pour l'amener près de Rodolphus dès que le grabuge éclaterait.

Au même moment, le Miroir à Double-sens qu'il avait dans sa poche s'activa. Il grimaça. Comment répondre à Voldemort sans que tout le monde ne le voie ?

Il mit la main à la poche et essaya, avec un peu de magie sans baguette, de rendre le miroir invisible. Ce n'allait pas être parfait, mais avec un peu de chance ça n'inquiéterait personne, et surtout pas Dumbledore qui ne devait absolument se douter de rien.

Les yeux de Voldemort brillaient comme deux rubis. "Nous sommes prêts. J'ai reçu la confirmation de Selwyn. Tout est ok ?"

Arès hocha la tête.

"Alors quand tu veux."

-OoO-

Pendant ce temps, quelque part entre le Navire et le Stade

N'importe qui en regardant dans cette direction ne verrait absolument rien qui sortait de l'ordinaire. En revanche un regard aguerri et sachant quoi chercher aurait remarqué qu'un groupe de sorciers masqués progressait en direction de l'assemblée, sous couvert de sorts de Désillusion. Quelques uns avaient des capes d'invisibilité – le plus beau cadeau qu'on puisse jamais offrir à un Vidar.

Nicasius de Casteran encadrait les membres du Sol Niger qui étaient restés à Durmstrang. Ils étaient arrivés quelque temps plus tôt grâce au réseau de Cheminette et les professeurs Møller et Lennart qui avaient été assez aimable pour leur prêter une cheminée reliée au réseau international. Ils avaient répété plusieurs fois tous les scénarios possibles ; chacun connaissait son rôle par cœur.

Poudlard tomberait ce soir-là.

Onze heures et demie. Ils se dissimulèrent sous le couvert des gradins, là où ils pouvaient observer ce qui allait se passer et surgir des ombres au bon moment. Nicasius fit signe à une silhouette vague un peu plus loin qui acquiesça de la tête et s'éloigna, emmenant une partie des sorciers invisibles.

Othman Najwa était responsable des Vidar qui composaient le Sol Niger. C'était très bien comme ça, puisque comme il avait terminé ses études, il avait été désigné pour aider le professeur Wells à entraîner les élèves de Durmstrang de son foyer. Les Vidar étaient entraînés très tôt à être d'excellents espions, c'était les plus à même de s'infiltrer quelque part sans se faire remarquer. Ils étaient une quinzaine, mais lorsqu'ils se hissèrent dans les gradins personne ne le remarqua. Ils se répartirent sur l'ensemble du public, slalomant entre les spectateurs en toute discrétion. Dès qu'ils voyaient un enfant, ils stoppaient leur progression et attachaient une pince sur les vêtements du trop jeune sorcier, dispersant autant de Portoloins qui ne s'activeraient qu'à minuit pile. Othman était fier de pouvoir dire qu'il suivait Arès Black, un mage noir si puissant qu'il était capable d'imposer de tels choix à Voldemort. Il ne faisait aucun doute que le Seigneur des Ténèbres n'en avait que faire des pertes causés par ses attaques, heureusement les enfants seraient sains et saufs cette fois-ci.

Enfin, à minuit moins trois minutes, ils se campèrent sur leurs positions, dirigeant leurs baguettes vers les grandes lumières magiques, attendant un signe pour agir.

-OoO-

Arès déboucha sur le centre du labyrinthe. Le trophée étincelait sur son socle, à moins de vingt mètres. En face, Draco arrivait d'un autre endroit. Ils échangèrent un regard tendu. Au-delà des haies, en dehors de leur champ de perception, le public était déchaîné face à cette 'égalité' entre les deux concurrents. Un pas après l'autre, ils avancèrent avant de se retrouver de chaque côté du trophée.

Minuit moins une minute. Le timing était ultra précis et il était l'heure.

D'un signe de tête de la part d'Arès, Draco pointa sa baguette en l'air et envoya des étincelles bleues qui allèrent mourir très haut au-dessus de leurs têtes. Les lumières du stade faiblirent puis s'éteignirent. Quelques cris apeurés s'élevèrent des gradins. Arès sourit. Le Sol Niger était bien en place, ils avaient été prêts à agir au signal de Draco. Il rangea sa baguette et, dégainant Tyrfing à deux mains, planta son épée dans le sol d'un geste puissant. La maintenant fermement par la garde, il fit monter et monter et monter son niveau de magie jusqu'à ce qu'elle soit si concentrée que la surface de sa peau fut traversée d'éclairs d'électricité statique. Un souffle et toute sa magie le quitta, rejoignant le sol par l'épée magique.

Un grand grondement se fit entendre, la magie crépita sourdement, puis de plus en plus fort jusqu'à ce que tout le monde puisse entendre son grésillement, même ceux qui n'avaient pas la sensibilité d'Arès. Le sol trembla. Draco et Arès, immobiles, attendaient que la magie opère dans l'obscurité la plus totale, dans le vacarme des cris de plus en plus nombreux et du crépitement extraordinaire.

-OoO-

A l'extérieur du labyrinthe, Severus Snape courait aussi vite qu'il le pouvait en direction des gradins. Les lumières du stade venaient de s'éteindre, ce qui voulait dire qu'il avait moins de vingt secondes pour se mettre en place ou mourir. Il maudit ses capacités physiques lamentables alors qu'il trébuchait encore une fois. Courir dans l'obscurité, ce n'était vraiment pas son fort…

Filius Flitwick sourit puis se toucha le front. Sous sa peau, le sceau de l'ordre de l'Aube Dorée pulsait gentiment depuis plusieurs dizaines d'années. Il était temps d'agir selon ses convictions, ou plus précisément ce soir-là, de ne pas agir… Il toucha son front et disparut, se retirant à l'abri.

Une quinzaine de silhouettes émergèrent des tribunes de toute part, plongeant vers la pelouse du stade, une dizaine de mètres plus bas, dans un silence complet. Nicasius était ravi de voir qu'ils étaient tous parfaitement entraînés. Sa cousine amoureuse des Moldus aurait dit qu'ils étaient comme des ninjas. Ils se réceptionnèrent en ralentissant leur chute d'un sort – informulé, bien sûr.

Les Vidar et les trois professeurs qui étaient censés faire des rondes autour du labyrinthe pour aider les champions étaient presque équitablement répartis au pied des tribunes, faisant face aux haies sombres. Dix-huit silhouettes noires masquées, de blanc ou de noir selon leur appartenance. Ils levèrent leurs baguettes dans un ensemble parfait, créant un puissant Charme de Bouclier qui les abriteraient tous et protègerait en partie les tribunes. Ce qu'ils ne savaient pas, c'est qu'un Mushussu, une créature oubliée depuis des millénaires, les aidait dans l'ombre. Kismet n'était pas ravi d'être si loin de son jeune maître dans un cas pareil… C'était lui qui lui avait enseigné (ou rappelé plutôt) cette technique inspirée par les pouvoirs de Tezcatlipoca, le dieu des Ténèbres lui-même. Hylil ne l'avait utilisé qu'une fois, des éternités auparavant, face à Quetzalcóatl... Il savait qu'Arès ne pourrait pas en reproduire exactement les effets car c'était bien hors de sa portée pour l'instant. Et heureusement pour les sorciers mortels.

A ce moment, le reste du Sol Niger, y compris l'Elite, moins Othman, étaient en place à l'extérieur du stade tout autour. Dans la confusion qui régnait à présent, les trente Mangemorts cachés dans le public, quelques uns sous Polynectar, d'autres s'exposant ouvertement comme Yaxley, les rejoignirent. D'un coup de baguette, leurs robes devinrent noires. Ils agrandirent leurs masques qu'ils avaient emmenés dans leurs poches et les enfilèrent.

Tout cela avait pris moins de trente secondes.

Dans la tribune du jury, Dumbledore s'était levé, hurlant des ordres. Le désordre régnait dans le public. Les sorciers se levaient, s'agitaient, sentant que quelque chose n'allait pas. Lennart eut un rictus. Il était bientôt temps qu'il se retire. Il n'était qu'un simple spectateur des évènements après tout. Comme Flitwick l'avait fait avant lui, il toucha son front et disparut.

La silhouette de Camille Bonnet roula aux pieds de Rodolphus Lestrange qui la fit disparaître en lui jetant le Portoloin. Une petite partie des spectateurs disparurent de la même façon mais avant même que leurs proches n'aient pu réagir, le chaos éclata.

-OoO-

Alors que la pleine lune, qui était jusqu'alors cachée derrière les nuages, allait surgir, l'air saturé crépita une dernière fois puis explosa violemment autour des deux champions restant. Les cheveux de Draco se hérissèrent sur son crâne.

Et à la lueur pâle de la lune, une vision incroyable se déroula devant ses yeux. Une onde de choc gigantesque dont ils étaient le centre se propagea à toute vitesse sur le terrain de Quidditch, couchant les haies et faisant s'envoler les créatures magiques, claquant et grondant dans l'air épais, remplissant ses oreilles d'un bruit assourdissant. Alors que l'onde allait se fracasser sur les tribunes, elle percuta un bouclier immense jusqu'alors invisible, craquelant maintenant avec des éclairs argentés. Sous le choc de la magie brute, même les tribunes tremblèrent.

Et l'onde de choc s'inversa. La vague de pouvoir brute revint vers eux à une vitesse incroyable, aspirant tout sur son passage. Les gradins cédèrent sous le coup ultime, s'écroulant en partie. Draco ferma les yeux, priant pour qu'Arès n'échoue pas, ou alors ils perdraient la vie dans d'atroces souffrances. Et heureusement, Arès se montra à la hauteur. La magie revint tout entière vers lui, impatiente, destructrice dans son envie de retrouver un corps. Elle l'avait quitté dans une expiration, elle revenait d'autant plus vite alors qu'il inspirait à pleins poumons. Mais elle n'eut pas le simple effet d'un vent fort car sur son chemin tout périssait. Derrière elle, elle laissait une terre noire aplatie et flétrie, vidée de toute énergie vitale, comme si rien n'avait jamais existé sur cette parcelle stérile.

Arès ferma les yeux et absorba toute cette énergie féroce qui remontait par Tyrfing. L'épée se mit à vibrer et chauffer, il dut y mettre toute sa volonté pour ne pas la lâcher...

-OoO-

Quand Dumbledore sentit les gradins craquer sous la première vague, il comprit ce qui allait se passer. Rempli d'effroi, il vit tous ces gens qui étaient venus voir la dernière tâche comme ils allaient voir un spectacle et qui allaient y rester. Il hurla quelque chose qu'il n'entendit même pas sous les craquements de la magie.

Mais heureusement, une majorité des personnes avaient aussi compris. Ils agitèrent leurs baguettes, qu'ils avaient sortis pour la plupart bien avant, dès que la situation était devenue anormale.

Le sol se déroba sous leurs pieds alors que les tribunes en bois lâchaient sous la pression. Les sorciers étaient prêts et firent tout pour sauver leur peau.

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D'un coup tout fut fini. Arès ne prit pas le temps de souffler et tendit la main vers la coupe, déclenchant l'arrivée de Voldemort et du reste des Mangemorts.

C'était un coup de maître que de faire entrer une armée dans Poudlard sans même en lever les enchantements protecteurs. Il avait presque fallu un an pour le concevoir et des manœuvres très discrètes pour le mettre en place. Voldemort avait réussi à créer un Portoloin avec un champ d'action suffisamment large pour transporter le plus gros de ses forces. Rodolphus avait dupliqué le Trophée du tournoi, laissant le faux à Poudlard et amenant le vrai à Voldemort, qui l'avait transformé en Portoloin. Mais les deux trophées restaient liés énergétiquement, comme en avait déduit Arès grâce à ses nouvelles connaissances en Alchimie. En touchant le trophée avec sa magie décuplée par toute l'énergie vitale qu'elle avait absorbé, il y insufflait une force terrible, suffisamment forte pour déclencher le Portoloin qui y était lié.

Arès et Draco se retrouvèrent tout à coup entourés de silhouettes masquées. Arès s'appuyait sur Tyrfing, s'accordant un peu de répit. L'excédent de magie avait servi à activer le Portoloin, le ramenant à un état normal.

"Magnifique" approuva Voldemort en regardant autour de lui avec un sourire carnassier.

Contrairement à ce qu'Arès avait espéré, très peu de mages blancs avaient péri dans l'effondrement. Et les sorts commencèrent à fuser.

Voldemort disparut. Arès plongea pour éviter un coup perdu. Sorti de sa transe, il dégaina sa baguette et brandit Tyrfing, courant vers l'endroit où se situait Dumbledore. Sauf qu'il ne voyait rien. Une brume légère s'élevait, plongeant la scène dans une lumière irréelle, comme suspendue sur une mer de nuages. Le stade semblait tout à coup minuscule.

-OoO-

Une équipe menée par Gunhild et Anvald était chargée de retrouver les survivants de l'effondrement dans le désordre absolu qui régnait. Ce n'était pas une tâche facile, entre les décombres en équilibre et les sorts qui fusaient autour d'eux.

Gunhild envoya valser d'un coup de baguette une des grandes tentures aux couleurs de l'école qui recouvraient auparavant les tribunes. Un homme gémissait en tendant le bras, coincé sous une poutre. Elle jura. C'était presque impossible d'arriver à bout de leur mission… Il y en avait trop !

Elle commença à dégager le sorcier, prenant bien garde à ne pas faire trop vite quand même pour ne pas faire tomber de nouveaux débris sur lui. A côté d'elle, Anvald entretenait de forts boucliers autour d'eux afin de ne pas être touchés par un sort perdu ; il était très concentré, tenant fermement sa baguette en fronçant les sourcils, lançant enchantement sur enchantement. Elle s'épongea le front machinalement.

Enfin, le sorcier fut dégagé. Un autre duo chargé de distribuer des Portoloins prit le relais, permettant à Gunhild et Anvald de progresser un peu.

Ça allait trop lentement, pensait-elle, en trouvant un autre survivant coincé. Elle avait conscience que plus le temps s'écoulait, plus leurs chances de réussir s'affaiblissaient : les blessés graves ne tenaient pas le coup, la destruction était accélérée par les combats…

"Crotte de Merlin cryogénisée ! Anvald ! Essaye de m'éclairer, on y voit rien !"

-OoO-

Arès sauta par-dessus un corps inanimé – Mangemort ou autre, il n'aurait su le dire – et se réceptionna en levant l'épée au-dessus de sa tête, parant un Stupéfix qui claqua contre la lame. A sa gauche, un Mangemort s'écroula. Il pointa sa baguette et hurla "Avada Kedavra", mettant à terre le sorcier qui les attaquait. Il pivota sur lui-même et stupéfixa un autre mage blanc. Reprenant sa course parmi les combats, il appela Kismet. Le grand mushussu se retrouva juste au dessus de lui et sans une explication, l'attrapa par les épaules et l'éleva dans les airs.

Et là, Arès vit. Il vit les survivants à l'effondrement des gradins encerclés mais se défendant avec honneur. Il vit le flot de Mangemorts se disperser et se désorganiser autour des débris formant un grand ovale. C'était un véritable carnage. La structure de bois avait cédé en explosant en morceaux, tuant sur le coup quelques dizaines de personnes. D'autres étaient prisonniers des débris et il entendait même leurs cris de tout là haut.

Il vit les éclairs colorés illuminer la nuit pâle. Il vit les gestes des combattants comme au ralenti, si loin, si petits. Il vit un groupe d'élèves de Poudlard courir en direction de Poudlard, essayant d'échapper à des Mangemorts qui faisaient du zèle.

Il vit le groupe de son Elite dispersé, chacun de ses amis affrontant sans sourciller les adultes qui leur faisaient face.

Il vit la terreur se dessiner sur les visages qui n'étaient pas dissimulés, tous camps confondus.

Il vit les morts et les blessés. Il vit le sang luire à la lueur des sortilèges, couvrant le sol en flaques éparses.

Il vit les débris des gradins en bois prendre finalement feu alors qu'un idiot utilisait le sort de Feudeymon.

C'était un véritable carnage.

Son regard se porta au loin. Et là, au-delà l'enfer qu'il avait provoqué, le reste du monde était calme. Les montagnes écossaises étaient immobiles, témoins silencieux de la scène d'horreur. La surface du lac était lisse comme la pierre. Pas un arbre ne bougeait dans la forêt.

Et son cœur se fissura. Peu lui importait ; tout le travail fait pour en arriver là ; toutes ces personnes qui croyaient en lui ; son engagement auprès de Voldemort ; son envie de gagner la guerre. Tout lui semblait dérisoire face à une telle scène.

Quand était-il tombé si bas ? Il n'avait jamais voulu en arriver là. Tant de destruction… pour si peu au final.

Le vent froid lui caressait les joues, séchant les larmes qui y roulaient. En réalité, Arès était terrorisé. Et il s'éloignait de la bataille, allant à toute vitesse vers les montagnes accueillantes et paisibles. C'était pour le mieux ; il n'était pas fait pour affronter ça.

On avait toujours le choix.

Quelque chose cliqua dans son esprit alors que tous les moments qu'il avait vécu cette année-là lui revinrent, défilant comme des flashes devant ses yeux. Tout ce chemin parcouru… c'est lui qui avait provoqué ça. C'était à lui de tout arranger et de faire face aux conséquences de ses actes.

"Kismet ! Qu'est-ce que tu fais ?!"

'Je vous mets à l'abri, jeune maître.'

"Fais-moi descendre tout de suite !"

'Il n'en n'est pas question' protesta le Mushussu. 'C'est bien trop dangeureux ! Je sais ce qui va arriver si…'

"Ramène-moi là-bas, je te l'ordonne !" hurla Arès de toute la force de ses poumons. Sa magie s'anima et attaqua l'esprit protecteur, sans même que le sorcier ne le désire.

Kismet tressauta, parcourut par un spasme. Il poussa un cri et ses ailes défaillirent alors que son corps lâchait sous l'assaut.

Le Mushussu disparut en poussant un râle, se muant en une nuée d'argent et se fondant dans la magie brute. Soudain, Arès fut comme suspendu dans le vide, très haut dans le ciel. Avant même qu'il ne réalise ce qui lui arrivait, il tombait en chute libre. Le sol se rapprochait à une vitesse phénoménale. Par reflexe, il agita les bras, cherchant à s'accrocher à quelque chose. Tyrfing lui échappa des mains. Il sentit sa chute s'accélérer et son corps était comme compressé dans un étau. Il ferma les yeux et tendit les bras vers le sol, rassemblant du mieux qu'il le pouvait sa magie pour ralentir sa chute. Mais il était épuisé et sa magie, capricieuse, ne semblait plus vouloir lui obéir. Il était trop tard…

C'est la fin. C'est la fin.

Et le monde d'Arès sombra dans les ténèbres un court instant. Il ne voyait rien, ne sentait rien, à part les bruits lointains des combats.

Le moment d'après, il était debout sur ses deux pieds sur la pelouse du parc, près des anciennes tribunes où un feu dévastateur gagnait du terrain, sain et sauf. Il avait le tournis. Il trébucha et vomit, hoquetant, en proie à un malaise grandissant.

Sa magie l'avait quitté.

Il jeta un œil autour de lui. Visiblement, le plus gros des conflits s'étaient déplacés près du portail de Poudlard, les mages blancs cherchant à prendre la fuite là où ils pouvaient transplaner. Il tomba à genoux, se demandant quoi faire. Il n'avait plus aucune force et sa vision se troublait…

Il n'eut pas le temps de réfléchir car deux silhouettes surgirent d'entre les décombres à proximité, éclairées par la lueur des flammes. Dumbledore et Dimitri s'affrontaient violemment, échangeant des sorts plus dangereux les uns que les autres. Aleksandr Volkov apparut derrière Dumbledore, forçant ce dernier à séparer son attention en deux. Le fouet magique claqua, s'enroulant autour du bouclier du mage blanc qui céda en un tintement sonore. Arès se redressant, hurlant à leur intention – en vain. Ses cris se perdirent dans le vacarme. Seul, vidé de toutes forces, il assista, impuissant, à la scène qui se déroula devant ses yeux.

Arès vit le bras de Dimitri s'élever, comme au ralenti, et un jet de lumière verte jaillir de sa baguette. Dumbledore se retourna, mais il était trop tard. Le maléfice de la mort le percuta en pleine poitrine.

A peine fut-il à terre que Grindelwald lui retirait la baguette de Sureau des mains avec un sourire victorieux.

"NOOON !" hurla quelqu'un en arrivant en courant. Il s'agissait d'Hermione, les cheveux en bataille et une expression d'horreur collée au visage. A sa vue, les deux mages noirs prirent leurs jambes à leur cou.

Arès sentit une rage sans nom l'envahir. Albus Dumbledore avait fait énormément d'erreurs mais il ne méritait pas ça, il ne devait pas finir comme ça. Surtout pas en laissant l'autre s'emparer de la Relique ! Et, en criant comme un possédé, il se jeta à la poursuite de Dimitri.

"GRINDELWALD !" rugit-il, dépassant Hermione sans lui accorder une once d'attention.

Mais les deux autres avaient pris de l'avance et ses jambes semblaient lourdes, lourdes. L'entendue d'herbe lui semblait tout à coup interminable… Et finalement, il se retrouva pris au milieu des combats, perdant du regard les deux fuyards.

Il roula à terre pour éviter un maléfice. A peine était-il au sol qu'une main attrapa la sienne et l'aida à se relever. Voldemort.

La vision du Seigneur des Ténèbres redonna malgré lui du baume au cœur au jeune sorcier.

"Black !" rugit celui-ci en les défendant contre deux Aurors. "Bouge !"

Arès se sentit vaciller. Il bondit de coté en évitant un nouveau maléfice et se réceptionna tant bien que mal. C'était du grand n'importe quoi. Une quantité incroyable d'Aurors étaient venus à la rescousse et aidaient les mages blancs à s'échapper. Les Mangemorts peinaient à gagner du terrain, encore désorganisés et trop éparpillés. Voldemort et lui étaient isolés et les ennemis se concentraient tout spécialement sur eux. Il avait beau se battre pour quatre, ce n'était pas suffisant. Il jeta un regard abasourdi à Arès.

"Qu'est-ce que tu fais ?!" lui beugla-t-il. "Bats-toi !"

"Je ne peux pas !"

Il plongea sur le côté une nouvelle fois pour éviter un sort alors que Voldemort bondissait, gagnant un peu de terrain.

"Quoi ?!"

"Je n'ai plus de magie !" hurla Arès, esquivant à nouveau de peu.

"IDIOT !" vociféra le Lord, décapitant l'Auror qui venait de les attaquer. "Reste près de moi !"

Le jeune sorcier rassembla toutes ses forces pour suivre au mieux les déplacements du mage noir, essayant de rester derrière lui afin d'être protégé. Mais il voyait de plus en plus flou…

Sauf qu'il les vit. Dimitri et Volkov passaient à travers les rangs des Aurors qui les couvraient, pensant que c'était de simples étudiants. Arès rugit et se remit à leur poursuite.

Il n'avait pas fait deux pas que son regard croisa celui d'un Auror.

-OoO-

C'était un homme banal en soi, la quarantaine, une tête de bon père de famille, même si à ce moment-là sa robe de sorcier était trouée et tâchée et qu'il agitait sa baguette comme un fou, cherchant à survivre à tout prix. C'était la première fois qu'il se battait mais il avait été bien entraîné. Il maîtrisait à la perfection l'Avada Kedavra, qui avait été autorisé de façon "exceptionnelle", avait dit son chef lors du briefing. Il était impatient de revoir sa petite fille et de prendre une bonne tasse de thé au coin du feu dès que tout ceci serait terminé.

C'est pourquoi il voulait en finir, et vite. Il n'hésitait pas à utiliser le sort de la Mort sans aucun remords. Les Mangemorts étaient des meurtriers, alors pourquoi se retenir ? Il ne perdit pas en assurance alors que son groupe de dix était attaqué par Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom. Il était un des plus déterminés…

Mais il n'avait jamais eu un tir très précis. C'était une des raisons pour lesquelles il n'avait jamais participé à l'escouade qui contrait les raids des Mangemorts. Alors quand il visa pour la première fois Lord Voldemort, l'Avada Kedavra passa au moins à deux mètres du mage noir. Il ne se laissa pas démonter et recommença. Cette fois-ci, il vit le sort de couleur verte quitter sa baguette et se diriger à toute vitesse vers un adolescent qui surgissait de derrière le Lord noir. Leurs regards se rencontrèrent, tous deux écarquillés par la surprise.

'Mais qu'est-ce qu'il fait là ?!'

L'instant d'après, Arès Black s'écroula au sol, mort.

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-OoO-