/!\ Ce chapitre contient des scènes/mentions de viol sur mineurs, merci de tenir compte du rating M de cette fic. /!\

Note : Bonsoir à vous cher-e-s lecteur-trice-s violents que vous êtes ! (Je m'explique :) Vous êtes déjà nombreux à m'avoir fait part de votre désir ardent d'éradiquer Pansy de la surface de la planète (et de préférence de manière violente), alors je pense que je vous dois une petite explication. A vrai dire, je ne pensais pas la tuer (j'entends des soupirs de déception) mais je pense sincèrement que le sort que je lui réserve n'a rien à y envier. (Ecoutez, il faut bien passer ses pulsions sadiques quelque part et, tout à fait entre nous, mieux vaut le faire sur un personnage fictif.) ^.^'


Sur l'honneur des Serpentards

ou

Tous les Serpentards sont des menteurs

Chapitre 27 : Le prix du silence.

Ce matin-là, Harry s'était levé avec un étrange mal-être au creux de l'estomac. Au cours de la journée, le ciel si bleu de la veille se couvrit rapidement, de gros nuages s'entassant de plus en plus à l'horizon, jusqu'à noircir le ciel de manière presque irréelle. Etrangement, il ne plut pas une goutte, l'air n'en devenant que plus chaud et humide, installant une atmosphère lourde et électrique sur le château. La météo n'arrangea rien au sentiment de paranoïa qui grandissait chez le brun.

Une semaine passa ainsi, rendant les nuits si noires et les journées si sombres qu'un sentiment d'angoisse s'était maintenant emparé de presque tous les élèves de Pourdlard, les rendant irritables pour la plupart voire hystériques pour certains. Même les Serpentards ne restèrent pas insensibles à ce changement d'atmosphère, certains d'entre eux étant beaucoup plus impatient et narquois qu'à leur habitude. Apparemment, l'atmosphère avait même atteint les plus positifs des Gryffondors, le Survivant n'y faisant pas exception.

Harry marchait dans un couloir éclairé par la faible lueur grisée de ce jour de juin lorsqu'Elioth l'interpella :

« Potter ! »

Le brun s'arrêta en plein milieu du couloir, il n'aimait clairement pas le ton employé pour l'appeler : hautain et autoritaire. Une sorte de raie d'honneur se forma immédiatement entre lui et le Survivant, tous les élèves présents passèrent rapidement sur les bords certains s'attroupant un peu plus loin pour observer la scène.

« Que puis-je faire pour toi ? Lui répondit Harry d'un ton neutre, cachant tant bien que mal son irritation. »

Le Gryffondor le rejoignit en quelques enjambées et se planta face à lui.

« Tu lâches l'affaire, dit-il sur un ton autoritaire. Ton rôle est fini, on prend le relais.

- J'ai bien peur de ne pas pouvoir faire ça, répondit le brun sachant immédiatement de quoi il parlait.

- Tu es trop impliqué.

- Je pense pouvoir bientôt obtenir l'information qu'il nous manque, répliqua Harry dans un murmure pressé.

- Je te remercie de tout ce que tu as fait jusqu'à maintenant, répondit plus calmement Elioth en secouant la tête. Sincèrement. Mais ce n'était pas une question, Potter. »

Sans attendre un instant de plus, l'Elu tourna les talons et repartit avec la démarche hautaine qui l'avait conduit dans le couloir, Harry soupira. Il était plutôt du genre à terminer ce qu'il avait commencé quoi qu'il arrive : il avait débuté son observation des mangemorts sans le Survivant, il pourrait très bien la terminer sans lui.

Ce soir-là, il eut du mal à assembler le calme nécessaire pour se convaincre qu'il devait aller faire son devoir de Préfets et, conformément aux mesures récemment prises par l'école, aller faire un tour du château pour s'assurer que le couvre-feu était respecté. Il quitta le dortoir des Serpentards puis commença son parcours devenu habituel, il roda un temps dans les cachots puis parcourut Poudlard en remontant les étages un à un.

Harry venait de terminer de couvrir le quatrième étage et se trouvait à monter les escaliers pour le cinquième lorsque l'angoisse qui était enfouie en lui depuis le début de la semaine se réanima soudainement. A chaque marche qu'il gravissait, il sentait le malaise s'emparer un peu plus de lui. Quelque chose n'allait pas. Tout Poudlard semblait trop calme. Aucun bruit ne semblait provenir des tableaux, ni même de l'extérieur par les fenêtres grandes ouvertes, pas même le son d'un courant d'air ne parvenait à ses oreilles. Même les bruits de ses pas semblaient atténués et étouffés par cette chaleur ambiante et écrasante. Il déglutit faiblement et resserra sa poigne sur sa baguette, continuant son ascension pénible les escaliers.

Alors qu'il approchait de la salle sur demande, un bruissement de tissu attira son attention. Il tourna la tête à droite et crut distinguer une ombre plus sombre tourner à l'angle d'un mur. D'ordinaire, il aurait interpellé la personne sans réfléchir mais l'inquiétude qui s'était installée en lui le poussa à d'abord identifier l'inconnu.

« Nox, murmura-t-il. »

Sa baguette s'éteignit instantanément et il se dirigea vers le bout du couloir sans bruit. Pendant un moment, il suivit en silence l'écho de pas qui résonnaient à peine, des pas lents et contrôlés qui ne semblaient ni pressés ni perdus mais qui ne se dirigeaient vers aucun dortoir. L'idée que ce soit quelqu'un d'extérieur à Poudlard frôla l'esprit du brun un instant mais il se dit rapidement que c'était stupide. Pourtant, les sueurs froides qui coulaient le long de son dos l'empêchaient de lâcher la trace de cet inconnu, et si c'était bel et bien quelqu'un de l'extérieur ? Alors il voulait être sûr de savoir tout ce qu'il y avait à savoir sur lui.

Ils descendirent les étages de l'école un à un, passant par des chemins peu fréquentés. Harry s'aperçut alors que, même si l'angoisse qui lui serrait l'estomac avait été pesante lors de son ascension, la descente était presque plus insoutenable. Son cœur battait si vite qu'il avait du mal à contrôler sa respiration. L'impression de plonger dans un miasme noir et dense dont il ne pourrait se sortir s'emparait petit à petit de lui. Puis la personne s'arrêta dans un couloir des cachots. Le brun resta planté face au mur de pierre qui formait l'angle pendant quelques instants. Son instinct lui criait que rien de bon ne lui arriverait s'il restait là. Pourtant, dans cette nuit pensante et silencieuse, il fut incapable de penser correctement. Sa curiosité l'emporta sur sa raison. Il resta là où il était, essayant de faire le moins de bruit possible.

Un bout de temps passa mais rien n'arriva. Harry crut d'abord que la personne l'avait planté là après s'être perçue de sa présence mais, en tendant l'oreille, le brun put entendre une respiration calme au loin. « Qu'est-ce qu'il peut bien attendre ? » s'interrogea intérieurement le Serpentard voyant que toujours rien ne se passait. La réponse à sa question ne tarda pas à venir sous forme de pas pressés. Il paniqua un instant en réalisant que quelqu'un d'autre arrivait dans sa direction puis ses yeux s'arrêtèrent sur une série d'armures qui ornaient le croisement des couloirs. Il se cacha dans l'ombre et attendit la suite.

« Tu es en retard, Drago, fit remarquer l'inconnu lorsque le blond tourna à l'angle du mur.

- Stradamus. Toi ici, répondit la voix traînante du blond, légèrement essoufflé, faignant la surprise.

- Où sont les autres mangemorts ? Interrogea ledit Stradamus.

- Pansy les conduit à l'armoire. Et toi, qu'est-ce que tu fais là ? Ce n'était pas toi que j'étais sensé retrouvé.

- En effet, répondit l'autre homme sur un ton sarcastique, mais j'ai insisté pour venir. Vois-tu, je voulais m'assurer que notre petit marché tenait toujours… Oh, ne me regarde pas avec ces yeux-là, je ne lui ai rien fait à ton père adoré, j'ai juste pris sa place.

- Ne me touche pas, articula Malefoy sur un ton sans appel.

- Il va falloir que tu m'en empêches, répliqua Stradamus sur un ton joueur. Tu sais, en venant ici, j'avais l'intention de te laisser partir sans accros mais je crois que ça ne va pas être possible. »

Harry vit alors des étincelles de magie s'échapper du couloir, il entendit quelques jurons étouffé lorsqu'un sort ratait ou atteignait sa cible. Après quelques minutes, il entendit le rire du mangemort s'élever, tranchant et horrible, victorieux.

« Où as-tu appris à te défendre ainsi, mon chou ?! Bien, bien mieux que l'année dernière mais toujours insuffisant. »

Harry entendit un bruit sourd qu'il n'eut aucun mal à identifier comme le son d'une chute suivi de l'écho d'une baguette qui tombe par terre puis il y eut des bruissements de vêtements, on se baissait. D'autres bruits de froissement et cliquetis divers suivirent dont Harry ne préféra pas chercher l'origine même s'il la connaissait déjà. Son cœur se serra, que devait-il faire ?

« N'y pense même pas, Stradamus. »

La voix du blond s'était montrée autoritaire et glaciale mais quiconque connaissant bien Drago Malefoy aurait pu y déceler une trace d'inquiétude.

« Pourquoi pas ? Répliqua l'autre mangemort. Ça ne serait pas la première fois. Et puis ne trouves-tu pas le cadre plutôt existant- Oh… A moins que tu n'aies peur qu'on nous trouve ?

- Il n'y a personne à cette heure-ci de la nuit, répondit le blond catégorique, peut-être un peu trop rapidement.

- Dans ce cas, il n'y a pas de problèm- Ne recommence pas avec ses yeux ! »

Il y eut un bruit de claque.

« S'il y a une chose qui n'a pas changé en toi, c'est bien ça. Déjà la première fois. »

La phrase du mangemort fut ponctuée par une série de bruissement et un gémissement de douleur du blond. Harry fut pétrifié sur place. Pourquoi était-il resté ?! Alors qu'il commençait à se morfondre dans le remord, Stradamus continua :

« Puis la seconde et la troisième et les suivantes. Mais estime-toi heureux que mon silence ait un prix et qu'il soit aussi faible. C'est vrai quoi… J'aurais très bien pu te tuer ce jour-là ! Ou te dénoncer au Maître. Ou en parler à tes chers parents, personnes auxquelles tu t'appliques le plus à le cacher. Ce serait facile, si facile. A ton avis, comment réagiraient-ils s'ils apprenaient que leur cher fils est un traître à son sang ? Que diraient-ils s'ils venaient à apprendre que tu as failli partir pour l'Ordre ? Non, non, non. Estime-toi heureux que je t'en aie empêché, ils auraient été exécutés sur le champ et ton sort n'aurait sûrement pas été préférable. »

Chacune des phrases avait été ponctuée d'un silence comblé par de nouveaux bruits de froissement et gémissements étouffés. Harry voulait partir, ne plus entendre, ne plus comprendre… Mais il ne pouvait pas, il était tétanisé et incapable de bouger sans le faire moindre bruit. Alors il ramena un peu plus ses genoux contre lui, refoulant l'envie de vomir et l'envie de pleurer. Il avait mal pour Drago et lui aussi souffrir en silence. Jamais il n'aurait imaginé que derrière ce masque impassible pouvait se cacher le poids d'un tel secret. Malefoy un traître chez les mangemorts ?! Cela semblait tout simplement impensable. Pourtant cela expliquait tant de chose : la jalousie, la rancune, l'amertume et toute l'aide qu'il avait malgré tout apportée au brun.

Harry était tellement concentré sur ses propres pensées qu'il réalisa à peine lorsque le silence retomba.

« Dégage.

- Oh quelle froideur, répondit Stradamus simulant une peur bleue. »

Mais le mangemort se redressa tout de même puis il conclut en partant :

« Trois heures… Dans trois heures, on donnera l'assaut. Si jamais tu ne nous rejoins pas d'ici-là, tu peux dire adieu à tes parents à jamais et tu rejoindras Potter sur la liste des traîtres à abattre sans le moindre remord. »

Stradamus quitta les lieux avec la même foulée lente et calculée qui l'y avait conduit, ses pas résonnèrent longtemps dans le silence et dans la tête d'Harry. Le brun resta tapi dans l'ombre, le cœur à l'envers, l'estomac en plomb. Sortir maintenant ou attendre ? Il n'arrivait plus à penser, son cerveau semblait bloqué sur ce qu'il venait de vivre, ce qu'il avait laissé faire. Il n'osait pas bouger non plus de peur que le blond, immobile et silencieux, ne le repère.

Une éternité sembla défiler. Le brun n'arrivait toujours pas à trouver de solution à son problème et Drago ne semblait pas décidé à partir non plus puis un son attira l'attention du Serpentard. Un soupir. Harry tendit alors l'oreille et il entendit alors la voix du blond raisonner clairement dans la nuit :

« Sors de là. »

Harry se figea sur place. Ça ne pouvait pas être à lui que Malefoy parlait. Totalement impossible. Il n'avait pas fait un seul bruit. Déglutissant lentement, il resta sur place, le dos raide, les mâchoires crispées, retenant presque sa respiration.

« Arrête de jouer le mort, je sais que tu es là… »

Il y eut un court silence puis Drago reprit :

« Et entre nous, je parierai sur Potter. »


Voilà, un chapitre un peu court mais dense l'air de rien. Comme prévu, un chapitre mercredi prochain (qui se rattrape en longueur après celui-ci).

En attendant, passez un bon Noël et essayez de ne pas faire d'over-dose de chocolat, hein ? ;)