Disclamer : Les Animaux Fantastiques et Harry Potter ne sont pas à moi. Ce qui est tant mieux pour les personnages de JKR vu mes tendances à traumatiser mes personnages.

Titre : Noir ramage.

Résumé : Lorsqu'elle avait accepté ce job, elle pensait à un boulot long, mais qui au final serait assez simple. Trouver un traitre et le livrer au MACUSA, quoi de plus facile dans son boulot ? C'était sans compter un passé qui refuse de mourir et un mage noir qui est bien décidé à faire des siennes. Le pire dans l'histoire ? C'est que si elle l'avait su, elle aurait dit oui quand même.

Note : J'ai vu le film ! Il est génial ^^. Par respect pour ceux qui ne l'ont pas encore vu, je ne dirais rien de plus, mais j'ai adoré !


« Tout l'art de la guerre est basé sur la duperie. »

-Sun Tzu, L'Art de la guerre.


Chapitre 28 : Gellert Grindelwald, ou tel est pris qui croyais prendre.

Grayson referma la porte. L'auror renégat ne se rappellerait pas de cette conversation. Les sortilèges d'amnésie étaient quelque chose de fabuleux. Gellert savait qu'à long terme ils pouvaient abimer l'esprit, mais, il n'avait aucune inquiétude à se faire pour cet homme. Il avait grimpé les échelons en se liant avec les bonnes personnes, pas à grâce à ses propres compétences. Et il ne connaissait que les potions présentes dans ses livres de cours et peut-être même imparfaitement. Grayson était innocent et c'était pourtant le seul suspect logique.

Qui et pourquoi avait-on tué Reed ? Il fallait peut-être retracer les dernières actions de celui-ci pour trouver cette réponse. Il devait rechercher celui ou ceux de ses adeptes qui le trahissaient. Qu'avait-il donc fait pour le ou les découvrir ? Car, c'était la seule explication logique. Il avait réussi et le traître l'avait supprimé… Ceci posé, qui était-ce ? Et comment le trouver ? Premièrement, il devait retourner chez Reed, celui-ci avait sans doute laissé des indices permettant de remonter la piste. Chez lui ou chez Graves ? Car après tout, Reed passait beaucoup de temps chez Graves.

A qui se fier maintenant ? Grayson, peut-être, après tout, il était trop bête et trop imbu de lui-même pour avoir l'idée de le trahir. Il avait su lui donner la certitude que son ascension dans la hiérarchie se ferait seulement grâce à lui. Le trahir c'était abandonner tout espoir… D'un autre côté on avait déjà vu des imbéciles imaginer remplacer avantageusement leur maître. Qui donc avait dit « les cons osent tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît » ? Il ne se souvenait plus, mais cette phrase était une leçon de vie, un imbécile était dangereux car il ne savait pas jusqu'où il pouvait aller pour sa propre sauvegarde… Maintenant Grayson n'avait pas tué Reed. Dans l'hypothèse où le meurtrier était le traître, il n'était pas ce traître… CQFD. Lui confier une mission en le gardant à l'oeil était peut-être la solution. Il demanderait à MacGregor de le seconder, et interrogerait MacGregor sérieusement. Lui ne lui mentirait pas. La vie de sa mère en dépendait. Madame MacGregor mère était garante de la bonne conduite de son fils…

Lors de la dernière réunion au QG de New York, sept hommes étaient réunis autour de lui : Reed, Grayson, MacGregor, Smith, Palmer, Finningan et Olivetti.

Smith était absent le jour de la mort de Reed. Une opération dans les bas-fonds de Boston : neutraliser un auror en douceur puis prendre sa place, intégrer ainsi le ministère. Smith était un malin, capable de rencontrer quelqu'un « par hasard », de sympathiser avec lui, puis de devenir son meilleur ami et de tout connaître de sa vie. Ensuite, le moment venu, de concocter un Polynectar (1) parfait, indispensable pour sa mission. Capable aussi « d'effacer » quelqu'un sans le tuer, surtout pas le tuer, il apparaîtrait alors sur les avis de faire-parts automatiques. Tandis qu'un sort d'oubliette bien senti et ce sorcier devenait un non-maj' perdu, indigent et manifestement détruit après des années d'abus alcooliques (« la prohibition était vraiment nécessaire, n'est-ce-pas? »), pris en charge par leurs médecins dans un asile de fous. Vus les soins dont ces « psychiatres », il lui semblait que c'était le terme que les non-maj's employaient, étaient capables, voilà un type retiré des circuits pour toujours… Et le tout sans vagues inutiles.

Palmer… Palmer était l'un de ses fidèles de la première heure sur le sol américain. Il avait vu les horreurs dont étaient capables les non-maj's et avait plus d'une fois dit qu'il fallait les contrôler pour leur propre bien. Mais que surtout, plus jamais un sorcier ne devait être pris au piège dans l'une de leurs guerres. Il était donc peu probable que ce soit lui. Il croyait en le Plus Grand Bien et c'était même lui qui avait proposé d'utiliser les États-Unis comme point de départ de leur glorieuse révolution. Un homme aussi certain du bien-fondé de leur action, ne pouvait prendre le risque d'éliminer le seul sorcier suffisamment puissant et intelligent pour permettre l'avènement du Plus Grand Bien. Lui, Grindelwald était indispensable et Palmer le savait.

Finningan… Un irlandais pur et dur. Si c'était lui, il aurait attaqué directement et sans feinte. Reed n'aurait pas été empoisonné. Peut-être même pas un sort, juste un bon coup sur la caboche, ou un poignard dans le cœur. En tout cas, il y aurait eu un message clair dans cette mort.

Olivetti. Lui, il avait besoin de l'aide de Grindelwald pour que sa famille reste à la tête de la mafia italienne sorcière. Et ces gens-là avaient une seule parole. Ils avaient dit qu'ils travaillaient pour lui, ils travaillaient donc pour lui. Pas par amour de sa personne, de ses actions, de sa doctrine, du Plus Grand Bien… Non, juste pour les affaires. L'argent, les bénéfices qu'ils tireraient de sa prise du pouvoir. Ce n'était pas une question de personne, une simple question de profit. L'honneur de la famille tenait à ça.

Alors qui ? Il venait de passer en revue tous les cas possibles. Alors… Il ne restait que l'impossible. Il allait devoir surveiller de près les autres membres de son organisation, au besoin, faire un ou deux exemples histoire de leur montrer qui était le chef… Mettre un bon coup de pied dans la fourmilière et voir comment tous ces cloportes se comportaient. Le traître finirait bien par se trahir. S'il offrait une récompense… Ils s'espionneraient alors l'un l'autre, facilitant le travail, il serait alors débusqué… Une idée à peser, et, peut-être à retenir. Qu'offrir comme sucette ? Un poste plus élevé ? Oui, c'était une possibilité, mais attention à ne pas créer l'envie de déboulonner un supérieur gratuitement, ce serait contre-productif… Non, il retiendrait cette solution en dernier recours.

C'était exactement le genre de chaos qui serait favorable à ses adversaires. Parmi lesquels… Il avait oublié un détail. Un détail qui changeait tout. Dans l'impossible, il y avait Bluesky, Graves et Lecay. Bluesky avait disparu depuis plusieurs semaines maintenant… Serait-il possible qu'il ait été soigné et qu'ayant retrouvé des forces, il soit réapparu et ait châtié le traître démasqué par ses aurors ? Ceci expliquerait le fait que lui, en tant que Graves, n'ait pas été mis au courant. Bluesky était connu pour ne pas toujours, et même jamais, respecter les formes et ses supérieurs… Surtout que Graves avait l'âge que pourrait avoir son fils.

Le véritable Graves, lui, était sous bonne garde. Neutralisé par des sorts de contraintes puissants, et déplacé dans un lieu qui était inconnu à ce cher Percival. Comment s'échapper facilement quand on ne sait d'où on doit s'échapper ? Que ce soit lui restait quand même improbable, la dernière fois qu'il l'avait vu, c'est à dire avant-hier, Graves nageait dans une profonde torpeur, pas du tout l'état d'esprit que l'on montre quand on est capable de s'échapper, récupérer ses pouvoirs, retrouver un ennemi puissant et au sommet de ses capacités, le tuer, puis revenir sagement dans sa cellule s'offrir un alibi parfait. Et d'ailleurs pourquoi revenir ? Il lui suffisait ensuite de paraître au MACUSA et de s'y faire connaître pour ruiner des mois de travail… Non, Graves restait vraiment une solution trop tirée par les cheveux.

En derniers ressorts Lecay… Après tout, seul Reed lui avait dit qu'elle était insignifiante, description idiote à vrai dire, une danse… moderne qui plus est. Qui peut employer une danse pour décrire une personne ? Après tout Reed était-il aussi intelligent que ça ? Mais partons de l'hypothèse qu'il lui ait menti. Pourquoi ?… Pour que lui, Grindelwald, ne se méfie pas. Ne se méfie pas de qui ?… D'elle. Mais dans ce cas, il la favorisait, s'il le faisait c'est qu'ils étaient de mèche… OK. De mèche, mais pourquoi ? Pour prendre sa place ? Ces deux cloportes se seraient-ils mis d'accord pour le remplacer et régner à sa place sur Le Plus Grand Bien enfin advenu par ses soins ? Dans ce cas, elle était sacrément futée, la petite mouche. Ça voudrait dire qu'elle n'avait non plus pas hésité à trahir son allié. Décidément elle devenait admirable… Quoi de plus fin et efficace que d'utiliser quelqu'un pour s'introduire, enquêter, connaître et le supprimer ensuite quand il est devenu inutile : ainsi tranquillité et sécurité étaient assurées. Lui-même avait employé cette tactique de nombreuses fois. C'était simple et efficace et souvent inattendu pour les gens les moins intelligents attachés par leur nature à ce qu'ils appellent « le Code de l'Honneur ». Comme si l'Honneur avait un code… Le seul vrai Code était celui de la Réussite...Oui, cette solution était envisageable. D'ailleurs elle lui apparaissait maintenant plus que probable, séduisante même… Enfin, lui, le Grand Grindelwald, allait se mesurer à quelqu'un à sa mesure… Elle l'avait trompé. Avec son air de chose fragile et ses pitoyables larmes, elle l'avait trompé. Il savait qu'il devrait être outré par un tel culot, mais, en réalité, il en était admiratif. Au final, Grayson avait eu raison, Mercy Lecay était belle et bien dangereuse, voire venimeuse se dit-il avec un petit rire.

Sur quel autre sujet l'avait-elle eu ? Savait-elle où était Bluesky ? Et si elle disait que non, devait-il la croire sur paroles ? Elle le gardait peut-être dans sa manche comme un atout-maître qu'elle abattrait le moment venu. La croire ? Non, bien sûr que non. Elle était bien trop bonne menteuse pour. Il ne connaissait pas encore l'étendue des dégâts qu'elle avait fait, mais, maintenant, il voulait bien croire qu'il y en avait.

Lorsque Lecay s'était essuyée sur lui, elle avait déposé du sang de Reed sur son manteau. Il se leva et se mis à l'analyser afin de découvrir quel poison elle avait utilisé pour le tuer… Et il ne connaissait pas cette potion... Il avait réussi à découvrir certains éléments la composant, mais… quand il pensait en avoir déterminé la composition, au contrôle suivant, l'essai lui prouvait que ce n'était pas le bon. Ce pouvait-il qu'elle lui soit supérieure en potions ? Décidément, elle semblait pleine de surprises cette petite Mercy Lecay...

Il sortit de son tiroir un objet qu'il avait pris parmi les affaires de Lecay. C'était une ceinture de potions, le genre que les aurors portent durant leurs missions. Elles étaient faites sur-mesure pour que les fioles qu'elles contenaient ne se brisent pas durant les combats. Et c'était sans doute pour cela qu'elle en possédait une. Il testa une à une les potions qui y étaient.

Il n'en connaissait pas la moitié. Leur composition… Soit c'était du grand n'importe quoi, soit ça ne devrait pas marcher. Gellert devait avouer sa méconnaissance en magie traditionnelle, mais, il doutait qu'une femme comme Mercy Lecay fasse n'importe quoi en potions. Sans qu'elle le sache, ce pouvoir qu'il voulait posséder venait de sauver, temporairement, la vie de cette peste.


(1)Le Polynectar est une potion qui permet à un sorcier de prendre temporairement l'apparence d'un autre être humain. Cette potion est réservée aux métamorphoses humaines. Ses effets peuvent durer de dix minutes à douze heures, en fonction des compétences du sorcier qui l'a préparé et sa préparation nécessite un mois.