Little Sister

Disclamer: Les personnages de SOA appartiennent à Kurt Sutter... malheureusement!

Résumé: "- Happy a une sœur!" "- Non sérieux?" "- Si j't'le dis!"

Note: Introduction d'un personnage de mon imagination.

Note 2: L'histoire débute lors de l'épisode 02x05 – Représailles. Il y aura donc des spoilers et des scènes refaite à ma sauce.

Merci à Edeinn, mon éternelle revieweuse favorite! et a tout ceux qui lisent ma fic...

Bonne Lecture !

J'ai pris la route avec Jax ; je dois les accompagner pour finir les cartons chez le père de Gemma. Mais je savais pas qu'on allait se séparer en deux groupes. Du coup, j'ai dû monter avec Jax, devant le regard noir de Juice.

Quand j'ai vu Léna monter avec Jax, je sais pas ce qui m'a pris. Je me suis senti menacé? Je sais pas si c'est comme ça que je peux décrire ce que j'ai ressenti en faite. Et je sais pas pourquoi, parce que, au final, si y'a bien une personne dont j'ai rien a craindre, c'est bien Jax. Je voulais juste qu'elle monte avec moi, même si nos routes allaient se séparer. Je sais que j'ai rien a craindre de Jax, il a une régulière et un gosse, mais je voulais sentir les mains de Léna sur moi et son corps contre le mien.

J'en reviens pas, je suis devenu accroc. Hier soir, ça m'a retourné l'esprit. J'ai beau me dire que ça n'a pas de sens, que c'était une erreur, ou juste une envie soudaine, j'ai envie de recommencer la scène a l'infini. Je veux finir ce qui a été commencé.

On a roulé un long moment. Peut être trois heures, ou pas loin, en direction du nord. On a pas pris l'autoroute, la plus simple, mais de petites routes parallèles : je sais pas pourquoi, et franchement, je veux pas savoir ce qu'ils trafiquent.

Étant avec Jax, j'ai vu Clay faire un signe et nous avons changé de direction, tandis que les autres continuaient sur leurs lancée. On s'est arrêté quelques mètres plus loin et je suis descendue, avant que Jax n'en fasse de même.

« - Ça va pas? »

Je regarde le Président du Redwood Original mettre la béquille de sa moto. Il a l'air, comment dire? Mal en point? Jax, ta question est stupide!

« - Mes mains. »

« - Ça va pas? »

Ça fait quelques kilomètres déjà que j'ai remarqué que ça n'allait pas, que ses mains le faisaient souffrir. Mais je pensais qu'on arriverait a destination avant que Clay ne lâche l'affaire. J'avais tort.

« - Mes mains. »

Il a les mains posées sur le réservoir de sa Harley et son visage est crispé par la douleur.

« - Tu t'es fais les injections?

- Ta mère est la seule qui fait ça bien.

- T'as encore de la poigne? »

Clay tente de fermer ses poings, mais il n'arrive pas a faire le geste. Ses mains tremblent.

« - Tu vas devoir me les attacher. »

Je passe mon casque à Léna qui, silencieuse, observe la scène debout près de moi et m'approche de mon président ; je récupère son bandana et celui qui se trouve dans ma poche pour attacher ses mains sur la bécane..

« - C'est bon?

- Ouais. »

Je sers autant que je peux, en essayant de ne pas le faire souffrir plus. Je sais même pas s'il ressent une douleur supplémentaire à vrai dire, tellement celle-ci est déjà importante

On a roulé encore trois quart d'heure, peut être plus ; et on a fini par débarquer dans la cour d'une maison genre chic. Petites barrières blanches, arbres, pelouses. Et plein de fleurs partout, des roses.

Une fois les motos arrêtées, je descends et regarde autour de moi, tandis que Jax aide Clay a défaire les tissus autour de ses mains. Je sais pas trop a quoi je m'attendais : j'avais du mal a imaginer Gemma en dehors du club, et être ici, là où elle a grandi, c'est dérangeant. Y'a des gens, comme ça, on arrive pas à les voir autrement, a se dire qu'ils ont été enfant, qu'ils ont vécu ailleurs. La First Old Lady, c'est le ciment du club, c'est le centre de cet univers de bikers. Elle a façonné Charming et ses hommes. Alors me trouver ici, c'est étrange.

D'ailleurs, en parlant du loup! La madame en question sort de la maison et vient vers nous en courant, un grand sourire aux lèvres. Un sourire de soulagement. Je l'observe tandis qu'elle étreint Clay : malgré tout ses efforts, l'inquiétude et la peur ont creusé ses traits. C'est peu visible, celui qui n'y fait pas attention ni verrait que du feu.

Ma mère à l'air heureuse. Ça me fait plaisir. Sa bonne humeur m'a manqué... et apparemment, Clay lui a manqué! Des ados ces deux là!

Elle finit par venir me voir. Je la sers contre moi.

« - Mon bébé!

- Salut M'man. »

Ouais, elle m'a beaucoup manqué. Ma mère, malgré les différents qui peuvent nous opposer, parfois, c'est une base pour moi. Celle vers qui je pourrais toujours me tourner, celle qui restera toujours.

« - Comment va le petit?

- Il va bien. »

J'ai cru que j'allais pas pouvoir le dire, lui mentir. J'ai hésité une seconde. Je pensais qu'elle le verrait. Mais, elle avait trop l'air sur son nuage pour le remarquer. Pour relever mes doutes. Je n'aime pas lui mentir, je ne devrais pas. Mais, pour l'instant, on doit penser a autre chose.

« - Il est avec Neeta?

- Ouais. »

Je m'allume une clope, espérant y trouver du réconfort et faire passer mon trouble, mes mains qui tremblent.

« - Où est Tara?

- A l'intérieur. Elle m'aide a mettre de l'ordre.

- Okay. J'ai dit à Léna de venir vous prêter main forte. J'ai pensé que deux bras en plus pourraient pas faire de mal.

- Excellente idée. »

Léna se tient en retrait, à coté de la Dyna de Jax. Elle a pas l'air dans son élément, et c'est un peu normal. Je contourne Gemma, Jax et Clay, et m'approche d'elle.

« - Hey princesse! »

La brunette me sourit. Ça me fait plaisir de la revoir, surtout que les derniers jours ont pas été drôles et légers. J'aurais bien besoin de quelques une de ses vannes foireuses et de son sourire chaleureux.

« - Salut Tiggy! Comment tu vas? »

Je passe mon bras dans son dos et pose ma main sur sa hanche, tandis que je l'embrasse sur la joue.

« - Oh! Tu es en manques toi? Ta guatémaltèque te suffit plus?

- Tout le monde est au courant que je me tapais l'aide de Nate ou quoi?

- Non, je le savais pas! Mais je me doutais que tu passerais pas à coté! »

Elle se met à rire en passant, elle aussi, son bras dans mon dos et en venant se coller un peu plus à moi, l'air suggestive.

« - Tu veux la remplacer peut être?

- C'est pas toi que ça gênerai, j'en suis sure! »

Elle rit de plus belle, alors que Jax, Clay et Gemma nous jette des coups d'œil intrigués et surpris. Aucun ne se doute vraiment que Léna et moi nous entendons aussi bien. Personne au club, en faite, ne le sait car notre complicité est apparue lorsque nous avons travaillé tout deux au garage. Seuls. Ils ont beau savoir de quoi je suis capable et que, surtout, je suis accroc au sexe, Léna je m'aviserai pas de la toucher dans ce sens. Déjà, parce que c'est la sœur d'Happy, et que, dans le genre, ce mec est encore plus « killer » que moi et n'hésiterai pas à me faire exploser la tête. Et puis, deuxièmement, j'ai déjà vu de quoi elle était capable ; c'était pour s'amuser bien sur, mais j'ai vraiment flippé. Imaginez un peu : on chahutait et je me suis retrouvé allongé sur le capot d'une voiture, la miss assise sur moi, un lame contre ma gorge. Et surtout, une lueur dans le regard digne d'un psychopathe.

« - Allez à l'intérieur les gars. Je ferais mieux de l'aider à se préparer. »

« - Allez à l'intérieur les gars. Je ferais mieux de l'aider à se préparer. »

J'adresse une grimace au sergent d'arme, qui le fait sourire : y'a pas à dire, malgré tout ce qui se dit sur lui, j'adore Tig. C'est celui qui, au sein du club, ressemble le plus à mon frère, et avec lequel je sais déjà comment me comporter. J'apprécie le fait qu'il ne me traite pas comme la sœur d'Happy, qu'il ne prenne pas de pincettes avec moi. Et même, mais seulement quand il n'y a personne dans les parages, qu'il ait les mêmes gestes déplacés qu'il aurait avec d'autres filles. Il oubli qui je suis, mon statut. Il est juste lui, et je peux être juste moi, en sa présence.

Les hommes s'engouffrent dans la maison alors que Gemma s'approche de moi, un large sourire aux lèvres?

« - Salut Léna. »

Je lui sourie et, finalement, elle me prend dans ses bras. Elle se montre aussi chaleureuse avec moi qu'elle l'a été avec les autres, elle ne fais pas de différence. Je trouve son attitude étrange, différentes, mais, enfin, j'ai l'impression qu'elle m'a intégré à son monde. Que j'en fait parti, sans contrepartie.

« - Je suis contente de voir que tu vas bien Gemma. »

La First Old Lady m'a littéralement prise de court et je ne savais pas trop quoi dire ; ce que je débite n'est pas faux, au moins un bon point. Elle me relâche et me regarde dans les yeux, ses mains tenant mes avants-bras.

« - Les cheveux détachés et bouclés te vont bien. A quoi doit-on se revirement? »

Au moins une personne qui le remarque, ou plutôt qui en fait mention. J'avais un peu peur d'être devenue transparente depuis ce matin.

« - Depuis que Tara et toi n'êtes plus a Charming, y'a une invasion de pétasses dépourvues de toutes classes et de tout goûts. J'ai juste essayé de remonter le niveau!

- Et tu as parfaitement réussi! »

Le sourire de l'Old Lady se fait un peu plus large - et plus tendre? - avant qu'elle ne m'entraine vers l'intérieur en me disant ce qu'il reste à faire, avant qu'elle n'emmène son père loin d'ici.

Après que Clay, Jax et ma sœur se soient séparés du convoi, on a encore roulé pendant une heure et quart ; à vol d'oiseau, y'avait pas beaucoup de bornes, mais le problème c'est que les routes les plus courtes sont de grands axes, très fréquentés. On a préféré rouler plus, faire quelques détours, en essayant d'éviter les éventuels flics qui chassent les infractions.

Quand on est arrivé, les mecs de l'Oregon étaient déjà là, alors ça a pas trainé : on a fixé les couvertures renfermant les armes sur leurs bécanes, quelques rappels pour le bon fonctionnement du transfert, et ils ont continué le convoi.

« - Je vais appeler Luke, pour lui dire qu'on a transféré les armes... on se retrouve chez Gemma. Conduisez prudemment. »

On monte sur nos Dynas et on se sépare, une nouvelle fois, en deux groupes. Piney, avec le van, Bobby et moi, d'un coté, en direction de chez la dealeuse du First Nine. Chibs, Ope et Juice vont chez le père de Gem.

C'est le secrétaire qui prend la tête de notre groupe ; en l'absence de Clay et de Jax, c'est à lui que revient cette charge, et ce droit. Il est le plus ancien, et le plus gradé d'entre nous. Si on suit la logique, c'est Chibs qui a du prendre le commandement de l'autre équipée.

On a roulé pépère : c'est agréable d'être dirigé par Bobby, pour changer. Il est calme, réfléchi, et ça se ressent aussi sur sa façon de conduire. Il ne nous presse pas. Ça m'a permis de réfléchir un peu, de penser à ma sœur et à ce qui c'est passé ce matin. J'aurais jamais dû lui préciser que j'allais à Bakerfield, c'était franchement pas le truc à faire, sachant qu'elle avait déjà l'air … bizarre. Pas dans son assiette. Elle et ma mère, c'est loin d'être les meilleures amies du monde, j'ai jamais compris pourquoi d'ailleurs. Les deux femmes de ma vie devraient pourtant s'entendre, non? Et quand je leurs ai posé la question, elles ont toutes deux éludés. Les femmes : un mystère!

Je mettrais les choses au clair, tout à l'heure, lorsque je serais chez le père de Gemma : je la prendrais à part. J'ai pas envie de monter dans le nord en sachant qu'elle me fait la gueule. J'aime pas la savoir fâché contre moi, surtout maintenant qu'on s'est retrouvé.

Après la livraison, on a suivi les indications de Piney pour se rendre chez sa faiseuse de miracle. On a pas mis plus de 30 minutes.

Sa baraque est au milieu de nul part, dans une forêt paumée. Si on mis avait pas emmené, j'aurais jamais trouvé. Et j'y serais jamais venu non plus. On gare nos bécanes avec Happy. Y'a un truc louche ici ; des mecs armés et des pick up défoncés.

« - Bobby?

- Ouais, je les vois. Ça sent mauvais.

- Faut trouver Honey »

En même temps, on peut pas vraiment les louper … y'a qu'eux et nous ici! Et puis ils sont pas discrets. Et on pas l'air commode non plus!

A l'intérieur, les vilains pas beaux sont entrain de foutre le bordel, et on trouve la nana, allongée par terre, entourée de ses chats, terrorisés.

« - Oh non, putain... Honey, sors de là! »

Piney relève la rousse, toute tremblante et, au fond de la baraque, l'un des mecs se retourne vers nous. On a que nos flingues, et eux ont des fusils de chasse. On est dans la merde! Juste pour des médocs! J'vous jure, on m'y reprendra plus! Je vais les payer les frais de cette folle de Precious … et légalement à partir de maintenant. Si on survit, car le mec nous canarde.

On a suivi Piney à l'intérieur de la baraque : les mecs ont foutu un bordel monstre. Ils cherchent quelque chose et ne s'en iront qu'une fois trouvé.

La nana, une rousse d'une cinquantaine d'années, est recroquevillée au sol, près du canapé. Le First Nine l'a relève et on sort nos armes. On va dégager d'ici, la foutre en sécurité, et attendre qu'ils aient fini. On est que trois, on va pas se faire descendre pour ça. On fait pas le poids... même si j'avoue que ça me satisfait pas. J'ai bien envie de foncer dans le tas et de tous les anéantir!

« - Merde! »

L'un des gars nous a vu et tire un plomb de chasse dans notre direction. Honey se précipite dans une pièce adjacente, et on la suit. On a pas vraiment le choix : les coups de feu ont attiré d'autres connards qui arrivent par la porte principale. On est cerné.

On entre dans la petite chambre jouxtant le salon, suivant Honey. Bobby bloque la porte derrière nous.

« - Putain, qui sont ces gars? »

J'avoue que je m'attendais pas à me faire tirer dessus comme un lapin en venant la voir ; c'est pas le genre d'endroit où on rencontre du monde d'habitude.

Elle reprend ses esprits et s'assoit près de la fenêtre. Elle pleure à moitié. Ça fait des années que je la connais et c'est la première fois que je la vois ainsi. Honey, c'est plutôt le genre joyeuse et très sympathique. C'est aussi pour ça que je l'apprécie... et plus si affinité! Enfin, vous voyez le genre.

« - Des pèquenauds du coin. Ils gèrent la plupart des squats de crack aux alentours. Ils veulent se lancer dans la vente de médocs. »

Happy referme son téléphone.

« - Pas de réseau. »

En même temps, l'inverse serait étonnant! C'est entre autre pour ça qu'elle c'est installé ici : la paix pour faire son petit trafic!

« - Dis nous où est la drogue ou on défonce ce putain d'endroit! »

Les mecs sont derrière la porte, on l'entend charger son fusil.

« - Va te faire foutre, espèce de flaque de pisse! »

Ah oui, c'est aussi pour ça que j'adore cette femme : ses réflexions hautes en couleurs!

- Foutez moi le bordel! Trouvez les médocs! »

Putain de merde … on est pas près de sortir!

Bon c'est pas tout ça, mais va falloir que je reprenne le contrôle de la situation ; si je laisse Happy ou Piney gérer, ça va mal finir. C'est censé être moi le mec posé! Et, à mon avis, Honey sais pas faire profil bas non plus... je tiens a ramener tout le monde en un seul morceau.

« - On reste ici, ils trouvent les médocs, et ils se cassent. »

C'est le truc le plus évident et surement le plus sur : ces cons en ont pas après nous. Ils veulent juste les médicaments. Suffit qu'on protège la copine de Piney pour pas qu'ils lui foutent un plomb dans la tête et tout ce passera super bien. Enfin, faut espérer. Mais vu notre état, j'ai pas mieux. De toute façon, on peut pas faire beaucoup plus : ils auront trouvé ce qu'ils cherchent rapidement, j'en suis certain!

Ou pas... maintenant qu'on nous tire dessus à travers la porte, je suis plus si sûr qu'on puisse attendre qu'ils se cassent!

« - Ça n'arrivera pas! »

Quel caractère de merde elles ont les rousses! Ras le cul de tomber que sur ce genre de nana : Precious, Honey... je suis maudis!

La rousse traverse la pièce, balance un arbre à chat et ouvre une porte dissimulée derrière.

« - Venez! Allez! Allez! »

Derrière, c'est la caverne d'Ali Baba : l'antre secrète du petit chimiste. Ou tout simplement un labo de came au milieu de rien.

« - Putain de merde!

- J'ai plus d'un demi million en médicaments ici. Ces sacs à merde vont nous tuer pour les avoir. »

Eh bien! Quitte à mourir, autant en profiter pour faire un petit tour dans le monde merveilleux des éléphants roses! Plus sérieusement, je comprends maintenant ce que ces gars lui veulent.

Et nous, on est vraiment dans de beaux draps!

« - Cette salope m'a donné deux ans de plus! »

Je suis assise dans la cuisine, ma tronche sur un papier fédéral style Mort ou Vif entre les mains. Mon mari, mon fils, Tig, Tara et Léna sont autour de moi : les hommes autour de la table, les femmes en arrières. J'ai l'impression d'être de retour à Charming, chez moi, sauf que y'a ce foutu papier mensonger. Stahl est une garce : non contente de m'avoir piégé, elle me vieillit! Mais merde, je suis pas une vieille pomme ridée à la fin!

« - Ça va donner quoi? Moi, au Canada?

- On va te trouver un endroit sûr. Te trouver des papiers. »

Jusque là, je m'en doutais un peu. Mais c'est pas ce qui m'inquiètes!

« - Tu vas devoir te teindre en rousse pour quelques temps.

- Oh putain! Je préférerai me raser la tête! »

Non mais je suis pas une crow-eater, je peux pas régresser comme ça! Je suis pas comme cette salope de Cherry : a elle le blond va bien, c'est assorti à son intelligence! Mais moi... ce serai une humiliation! Et vu la tronche de Léna, qui est adossé au comptoir, derrière Tig et donc en face de moi, elle pense la même chose.

« - Ça va se calmer M'man!

- Et quand pourrais-je voir ma famille? Mon petit fils? »

Parce que le problème, il est là. Et ce n'est que ça! Allez vivre au Canada, me teindre les cheveux : je pourrais survivre. Mais ma famille, mon bébé... Abel. Si je m'en vais, je ne le verrais plus. Personne ne prendra le risque de monter dans le nord pour des « visites » parce que les flics, eux, sont intelligents et se douteront de quelque chose. Et même si Jax ou Tara me l'apporte, ce ne sera pas pareil que lorsque je suis à Charming, et que je peux le voir grandir, chaque jours.

« - On trouvera un moyen. »

Mon cul, ouais! T'en a pas la moindre idée!

« - C'est notre seule solution, bébé. »

Tout ce cirque me prend la tête et me fout en colère. Mais eux, je sais pas ; ils ont l'air abattu. Comme si y'avait plus que ce qu'ils veulent bien me dire.

J'entends des pas derrière moi : ça ne peut être que mon père. Clay se lève, jax jette sa clope dehors.

« - Content de vous voir, Nate. Comment allez-vous?

- Salut Grand-père.

- Vous faites quoi, là? »

Et merde! T'en qu'à faire, encore des emmerdes! Mon père a toujours détesté Clay. Il appréciait John, un peu. Mais Clay … Sans parler du club! Ma mère adorait raconter que ce serai SAMCRO qui la tuerait, qui anéantirait cette famille. Je l'ai toujours détesté, et je n'ai jamais regretté d'être partie, juste pour l'emmerder, elle.

« - Clay est là pour nous aider à t'installer.

- J'ai pas besoin de son aide. C'est ça qui a tué ta mère! »

Cette garce a bien réussi à lui retourner la tête ; les lavages de cerveaux et la propagande ont toujours été sa spécialité!

« - Le vieux semble se souvenir de moi! »

J'en peux plus de tout ça. J'ai besoin de calme. D'être chez moi. En sécurité, parmi les miens.

« - Ça va M'man?

- Je devrais essayer de le ménager. Tara et moi, nous en chargeons. »

Je me lève et sors de la pièce. Si je n'étais pas la First Old Lady, si je n'avais pas autant vécu de galères, je m'écroulerai, je pleurerai toutes les larmes de mon corps. Mais je ne dois surtout pas, car tous compte sur moi. Même mal, je suis le rempart qui doit rester debout. Pour les hommes du club. Pour eux tous.

J'ai écouté, j'ai observé, pendant toute la conversation, sans ouvrir la bouche. J'avais envie de dire la vérité à Gemma, et de crier aux autres qu'ils ne sont que des menteurs et des inconscients. Qu'ils ne devraient pas lui mentir. Elle s'effondrera avec plus de force quand elle apprendra l'enlèvement d'Abel. C'est une mère avant d'être la femme forte dont elle se donne l'air.

Je me lève et m'approche de Jax. J'aimerai qu'il m'écoute. Qu'il prenne en considération ce que j'ai à lui dire. Qu'il me fasse confiance.

« - Tu dois lui dire ...

- Je sais!

- On doit attendre que Nate ait déménagé. Histoire de séparer les galères. »

Clay s'en mêle et il est d'accord avec Jax. Ils sont inconscients. J'ai vu les dégâts que ces derniers jours ont créé sur sa mère. Je crois être en mesure de donner mon avis. Leur attitude me bouffe.

Je ne peux que suivre Gemma si je ne veux pas m'engueuler avec eux.

Je suis restée silencieuse tout le temps : je suis pas chez moi, je fais pas de vagues. Même si c'est pas l'envie qui m'en manque!

Je traverse la maison, un carton sur les bras, que je pose près de l'entrée. Celui-ci accompagnera Nate à la maison de retraite. J'allais remonter au premier étage lorsque je sens un courant d'air venir de la cuisine ; curieuse, je vais voir qui a ouvert une fenêtre. Et je trouve Tig, entrain de se fumer une cigarette, au lieu de bosser.

« - Fiou, c'est chaud par ici! Si j'avais su, j'serais pas venue! »

Tig sourit en portant sa clope à sa bouche. Il est adossé au montant de la baie-vitrée, et j'en fait de même, de l'autre coté.

« - Imagine que je me suis fait tirer dessus, et que j'y suis toujours!

- Non mais toi, t'es barge, c'est différent!

- Sale merdeuse! »

Il me tend le bâton de mort, que je refuse. Je me permets de l'observer un peu : si il était pas aussi psychologiquement atteint, ce serai un bon parti je crois … au niveau physique tout du moins! Hormis Jax, et Juice bien sur, aucun autres Sons ne porte aussi bien le jeans ; il a un postérieur plutôt alléchant. Et il a de ses yeux!

« - Un problème miss? »

Je suis pas très douée pour observer les gens sans me faire prendre … et j'assume!

« - Aucun. Je me disais juste que tes magnifiques yeux bleus contre-balançaient le fait que tu es chtarbé!

- C'est moi qui suis cinglé, et c'est toi qui déblatère des conneries! On est mal barré tout les deux!

- Que veux-tu, Tiggy? On aura le droit à des chambres voisines en HP! »

Il se met à rire et jette sa cigarette sur le sol de la terrasse.

« - Pollueur!

- Ferme là et va bosser, avant que ce soit moi qui te tire dessus! »

Je lui tire la langue et détalle en vitesse en direction du sous-sol, attrapant un carton au passage, et suivant Gemma qui est devant moi, tandis que le sergent d'arme de SAMCRO se dirige vers Clay qui est au téléphone.

« - Un de plus »

Je descends les dernières marches de la cave, un carton chargé dans les bras ; la sœur d'Happy me suis, elle aussi chargée. Je le pose sur une table. Jax et Tara sont là aussi, se regardant en chien de faïence. Ai-je loupé quelque chose? Une dispute?

« - Quoi? »

Léna pose son chargement près du mien. Elle aussi semble ne pas comprendre ce qui se passe : au moins, je ne suis pas seule à beuguer.

« -Désolé d'interrompre … on interrompt quoi d'ailleurs? »

Je me tourne vers la brune, à mes cotés : elle fait quoi? Léna hoche les épaules à mon intention et se remet a regarder mon fils, l'air mi-sérieux, mi-sévère? Elle essaye pas de me piquer mon boulot là? Engueuler Jax, c'est un honneur qui me revient, à moi seule! Mes yeux passent de Jax à Tara, et inversement jusqu'à ce que je vois, et ne comprenne, le sujet de la dispute.

« - Oh merde! »

Le fauteuil roulant dans lequel était attaché l'aide soignante est au centre de la pièce. Et Tara a dû balancer toute l'histoire. Quelle petite conne!

« - Il s'est passé quoi? »

J'adresse un regard de reproche à la régulière de mon cher fils, régulière qui va s'en mordre les doigts, croyez moi!

« - Oh merde! »

Bon, c'est plus drôle maintenant! Quelqu'un va me donner un indice? J'aime pas être en dehors des conversations! Les seuls choses que je sais, c'est que ça implique Tara, Gemma et un fauteuil roulant avec du scotch autour des accoudoirs. Un jeu pervers lesbien qui aurait mal tourné? Léna, donne toi une bonne claque mentale s'il te plait!

« - Il c'est passé quoi? »

Jax a pas l'air ravi, peut importe la cause de tout ce merdier. Et les filles savent plus où se mettre ; enfin surtout Tara qui va se faire engueuler par Gemma dans pas longtemps!

J'entends des pas dans l'escalier ; ah non les mecs, venez pas en rajouter une couche! J'ai déjà assez de mal a comprendre là!

« - On doit y aller! »

Je me retourne vers Tig, le regard interrogateur. Il me répond silencieusement : juste avec son regard, je sais qu'il y a un problème, que ça concerne mon frère. Merde! J'ai beau être en rogne contre lui, je m'inquiète d'un coup. Je sais pas ce qui se passe, ni où, ni pourquoi, mais il n'est pas question que Tig parte sans moi. Aussi, je passe derrière Gemma et m'apprête à monter les escaliers pour lui demander des explications.

« - J'ai un problème là! »

Oh, Jax, c'est bon! Lâche les, c'est même pas drôle vos chamailleries si on en a pas le sujet! Moi je trouve ça lassant! Et j'ai plus important à faire maintenant.

« - Oui, comme Bobby et Piney! »

Bon, j'avais raison sur le fait que ça concerne mon frère vu qu'il est avec les deux cités. Je me tourne vers Tig et l'interroge des yeux. Que se passe t-il vraiment? C'est grave? Le stress monte. Ma peur grandie : j'ai peur pour Hap. Il a appelé Clay plutôt que moi, et maintenant, ils doivent allez le sortir de la merde. C'est définitivement pas son genre. C'est à moi qu'il demande ce genre de chose en temps normal. Pas aux autres. Merde Happy! J'espère qu'il lui est rien arrivé de grave! Tig, s'il te plait, dis le moi? Y'a rien de grave?

« - Il se passe quoi? »

La voix grave de Clay me fait sortir de ma torpeur : je lui jette une coup d'œil et vois sa mine contrariée. Je me tourne vers Jax, au moment où il explose.

« - Nos chères femmes ont crevé l'aide soignante! »

Oh putain de merde! En faite la dernière conquête de Tiggy c'est pas faite la malle! Oh les cons!

« - Et ce gros abruti, les a aidé! »

Je me tourne vivement vers le surnommé « gros abruti », l'air étonné. Non, il est pas sérieux là?

« - Quoi?

- En faite, j'ai juste passé un coup de fil! »

Je suis sur le cul, y'a pas d'autres expressions! Jax, lui, est furax. Clay est désespéré. Et les autres, ils savent plus où se mettre. Une belle équipe de bras cassés!

« - Putain de merde! Ça … plus tard! »

Jax et Clay remonte à l'étage et je les suis après avoir lâché un gros soupir. Tig reste avec les filles : nul doute que va y avoir une remise à niveau, et je tiens pas a y assister.

Je remonte les marches quatre à quatre en direction du rez de chaussée ; je suis énervé au plus haut point. On peut pas laisser ma mère et Tara, ensemble, sans surveillance. Ou elle s'entretue, ou elle font des conneries. Y'a pas de juste milieux! J'ai vraiment envie d'en prendre une, et de la taper contre l'autre. Et ce con de Tig qui est même pas capable de rester tranquille : non content de se farcir des nanas exotiques, faut qu'il aide les deux femmes de ma vie à faire disparaître son nouveau plan cul! Une belle brochette de trou du culs!

Je passe la porte d'entrée lorsque je sens que l'on me retient par le bras : si c'est l'un des trois, je fais un carnage!

« - Jax, attends! »

C'est Léna. Je me stoppe et lui fais face.

« - Je veux venir avec vous. »

Sa voix est faible, comme si elle hésitait a demander. Mais sa nouvelle timidité, associé à ce que je lis sur son visage, de l'angoisse, ne me laisse aucuns doutes. Elle a peur pour Happy. Je ne l'ai jamais vu comme ça, ni n'ai jamais imaginé qu'elle pouvait se faire du soucis pour lui. J'ai compris rapidement que l'Unholy Ones avait ce genre de préoccupations pour sa sœur, mais jamais le contraire. Pour moi, la seule chose qui les rapproche, c'est leurs engueulades, leurs piques incessantes, et leurs caractères.

« - C'est pas une bonne idée, Léna. »

Elle se fige et je sens ses doigts, qui n'ont pas lâché mon bras, se crisper, et se serrer avec beaucoup de force. Son visage se durci, ses yeux se remplisse de colère et de défi. La réaction n'est pas celle que j'attendais ; je pensais qu'elle me supplierai, ferait des yeux de chien battu, ou ce genre de truc de fille. J'ai vraiment beaucoup de boulot pour la comprendre et anticiper ses actions. En réalité, ce n'était pas vraiment une question, ce n'était pas un « je veux venir », mais un « je viens ». Je m'en rends maintenant.

Alors que nous nous faisons toujours face, je vois que Tig arriver, l'air contrarié, et j'entends les pas de Clay sur le gravillons. Il revient sur ses pas, surement inquiet de ne pas nous voir venir plus rapidement. Tout deux s'arrêtent devant le scène qui se déroule entre Léna et moi.

« - Jax, un problème?

- Je lui demandais si je pouvais venir. Et il m'a dit oui... je le remerciai juste pour sa compréhension. »

C'est Léna qui répond à ma place ; et si son ton est courtois, plein de fausse reconnaissance, son regard me mets clairement au défi de la contredire. Quel culot elle a de dire cela! Jamais je n'accepterai qu'elle vienne, la situation est trop complexe, et qui sait comment elle réagirait en voyant son frère en mauvaise posture. Elle est du genre a péter un câble et a descendre tout les indésirables! J'en suis certain. On peut pas se permettre un bain de sang!

« - Si Jax t'y autorise, alors c'est qu'il a surement une bonne raison. Il nous faut des gens capable de tenir une arme et de s'en servir : c'est dans tes compétences?

- Absolument!

- Parfait! Alors en route! »

La brunette me lâche et m'adresse un sourire condescendant tout en me contournant pour suivre les traces de Clay. Que je la hais quand elle fait ça!

J'ai bien retenu la leçon : ne pas faire de vagues devant les membres du club. Mais rien ne m'empêche de me la jouer manipulatrice, garce ou légèrement menaçante, tant que personne d'autre que moi, et la personne concernée, n'y sont mêlé. Et c'est ce que je viens de faire avec Jax, avec un certain succès je dois dire.

Je sors donc de la maison la tête haute et m'arrête devant les Dynas. Choix cornéliens qui s'impose à moi : avec qui vais-je monter? Clay : on oubli! Gemma est flippante et jalouse! Jax : avec le coup que je viens de lui faire, c'est pas judicieux! Tig : c'est une pervers qui serai bien capable de se mettre au garde à vous rien qu'en me collant à son dos! Me reste la marche à pied ou le stop … Bon bah on va choisir le sergent d'arme, je vois pas d'autres solutions! C'est aussi celle que je pourrais gérer le plus facilement!

On est enfermé dans ce putain de cagibi depuis dix bonnes minutes lorsque ces connards de bouseux décident enfin d'enfoncer la porte de la piaule. Il était temps, on commençait a étouffer. Va enfin y'avoir un peu de mouvements!

« - On sait que les médocs sont à l'intérieur! Vous, les gars aux gilets, on a aucuns problèmes avec vous! Y'a aucune raison de vous faire exploser la tête pour des dealeurs de drogues. »

Bobby donne l'un des chats qui nous a suivi à sa propriétaire, qui s'assoit au fond de la petite pièce. Elle est terrorisée : putain qu'est ce que ça me gonfle ce genre de nana! Moi j'aime quand elles se remues un peu, quand elles ont la hargne. Comme ma sœur. Les autres, elles sont juste bonnes à mettre dans mon pieu... bon pas celle là, je la laisse à Piney! Mais tout le monde a compris l'idée!

« - Voilà le deal : prenez ce que vous êtes venu chercher. Tout ce que vous voulez dans la maison! Et vous vous cassez! On y gagne tous! »

Le mec a l'air d'y croire … mais moi ça me convient pas! Je peux pas sortir la queue entre les jambes et les laissé gagner. Ils m'ont braqué, je peu pas faire autrement que leur coller une balle dans le cul!

« - Vous en pensez quoi?

- 90% des trucs vont aux hôpitaux et aux cliniques.

- Alors on répond! »

Oh year! On pointe nos armes et on tire à travers la porte. Juste de quoi vider la moitié de nos chargeurs. Pas plus. On sait pas combien de temps ces enculés vont tenir!


A suivre ...