CHAPITRE 28
Harry retrouva l'atmosphère chaude et accueillante de leur maison de Godric's Hollow. Il venait juste de rentrer du centre de Londres voir sa préféte. Le temps lui semblait long mais au moins, elle pouvait bûcher comme une folle sur ses études. Son précieux Black Berry avait été réquisitionné par les enquêteurs, aucun moyen de contacter ses clients. Même son ordinateur portable et son agenda avaient été emportés. Son camarade s'était donc efforcé de l'apaiser et la calmer car une Hermione sans ses outils de travail était telle une bombe prête à exploser. Vu que Malfoy jouait les fantômes ces temps ci, seul Harry avait été capable de la calmer. La jeune femme semblait au bord de la crise de nerfs.
- Mais enfin, combien de temps encore allons nous attendre ces maudits tests ?!
- Ils n'ont pas que ces pièces là à analyser Hermione. Soit compréhensive.
Un profond soupire d'agacement sortir de ses lèvres sans quelle cherche à le retenir.
- Je n'en peux plus de passer mes journées ici à ne voir personne ! Je veux de l'air pur ! Je veux voir mes amis !
Une inondation incontrôlable de larmes envahit ses yeux et ses joues furent brillantes en quelque seconde. Harry ouvrit la bouche en voyant arriver ce triste spectacle sans parvenir à l'en empêcher et se précipita pour l'entourer de ses bras. Hermione ne chercha pas à s'en extraire et bloqua au contraire ses mains contre la poitrine chaude de son ami d'enfance.
- Calme toi…ça va s'arranger…
Il n'avait jamais été très adroit pour consoler les filles et surtout que là, il se sentait encore plus démuni face à son chagrin. Il fallait attendre que la justice face son travail et il pouvait comprendre qu'Hermione trouve le temps long. Au moins ici, elle était en sécurité.
- Il m'avait dit la même chose que toi….
Harry baissa les yeux sur la masse de boucles brunes sous son nez.
- Mais il n'est pas là…
Il avait parfaitement entendu, même si cela avait été aux milieux de sanglots particulièrement sonores. Elle parlait de Malfoy bien sûr. Alors, elle était à ce point là attaché à lui ?
- Il est très occupé…
Justifia Harry. Qu'est ce qui fallait pas faire ! Prendre la défense d'un Malfoy… le regard inondé de larmes fixa le jeune Potter.
- Toi aussi tu es débordé ! Pourtant tu prends du temps pour venir !
Puis, rebaissant les yeux contre son torse elle enchaîna.
- Je veux partir d'ici…je n'en peux plus….
Le brun soupira imperceptiblement et ne rétorqua plus rien. Qu'avait donc cet imbécile de blond dans la tête ?
- Je suis rentré.
Annonça monsieur Potter. Sa femme descendit de l'étage, un panier à linge sur le bras.
- Tu rentres tard.
- Pardon.
Elle s'approcha de lui et voyant son air préoccupé, Ginny posa le panier à linge à l'entrée du salon dans un froncement de sourcils.
- Quelque chose ne va pas… ?
- C'est difficile pour elle…et je ne sais pas quoi lui dire pour lui remonter un peu le moral.
Sa femme sembla réfléchir, à son tour soucieuse puis se hasarda à proposer.
- Je pourrais peut être t'accompagner ?
- Il faut une autorisation spéciale. Renchérit Harry l'œil critique.
Sa belle rousse se colla contre lui avec un sourire qu'il ne connaissait que trop bien…
- Eh bien monsieur Potter. Vous êtes un excellent élément, vous l'obtiendrez facilement cette autorisation spéciale.
- Essayerais tu de m'amadouer… ?
- Il faut que je la vois, une petite discussion entre filles lui fera le plus grand bien.
C'était sans doute vrai mais Ginny ignorait tout de l'identité de celui chez qui vivait son aînée. Elle risquait d'être à nouveau furieuse…
- Très bien…Soupira t'il résigné. Mais promets moi de rester calme…
- Je veux juste voir ma meilleure amie…
Ca il le savait bien mais qu'en serait-il lorsqu'elle apprendrait « le reste »
Lorsqu'on frappa à la porte, Hermione releva le nez de ses livres d' occlumancie. Elle n'avait pas prévu la visite de quelqu'un aujourd'hui et ça n'était pas cet imbécile de Malfoy vu qu'il était chez lui, il avait les clés et ne s'amuserait pas à frapper avant d'entrer.
- Qui est là ?
Demanda t'elle en s'étant levée puis rapprochée de la porte. L'auror en bas n'aurait pas laissé monter quelqu'un sans permission mais on ne savait jamais. On lui avait recommandé de toujours vérifier qui se trouvait derrière la porte.
- Harry. J'ai une surprise pour toi.
Surprise, elle regarda dans l'œil de verre et vit bien le visage familier de son camarade. Un à un, elle défit donc chaque verrous pour qu'enfin se dresse devant elle, la mince stature de Harry.
- Une surprise ?
La main de son camarade indiqua le mur de droite. Hermione y jeta un œil et vit sortant de sa cachette…
- Ginny !
- Hello !
- Qu'est ce que tu fais là ?
- Te voir, sotte.
Dit-elle en campant ses mains sur ses hanches. C'était vraiment une question stupide…
- OUPPFFF !
Elle dû cependant réceptionner son aînée dans ses bras lorsque cette dernière s'y précipita. Elle était si heureuse de la voir…mon dieu que ça faisait du bien…
- Bon, je vous laisse. N'oublie pas l'heure Ginny.
- Oui, oui.
Harry tourna les talons dans le couloir et redescendit les escaliers à pieds. Les deux filles furent plongées dans le silence jusqu'à ce Ginny déclare.
- Je me doute bien que tu sois heureuse de me voir mais tu pourrais peut être me faire entrer ?
- Oh ! oui….excuse moi.
Hermione daigna la lâcher et se poussa de l'entrée pour lui laisser le passage. Ginny entra la première et découvrit le duplex dans une exclamation d'admiration.
- Ooouuuaah ! C'est immeeennsse !
La jolie rousse s'élança dans le grand salon et couru de suite devant la baie vitrée offrant une vue imprenable sur la capitale. Son mari ne lui avait pas dis à qui appartenait cet appartement, il préférait laisser le soin à sa camarade de le lui annoncer elle-même. Bien qu'il lui ait fait promettre de ne pas se fâcher, il était quand même un peu inquiet…
- Cet appartement doit coûter une fortuune !
- Oui…sûrement…
- Hermione…je sais que c'est difficile pour toi mais crois moi, tu es mieux ici que dans une cellule d'Azkaban.
- Je le sais…Dit celle-ci en baissant les yeux. Mais ce n'est rien d'autre qu'une cage dorée…et j'ai l'impression que c'est encore pire…
Ginny la contempla à la dérobée un moment puis dit
- Si je suis venue c'est qu'on puisse parler un peu alors vide ton sac.
Hermione se pinça les lèvres mais Ginny était digne de confiance, si elle ne lui disait pas, elle ne le dirait à personne. Harry était là aussi pour elle bien sûr mais ça n'était pas pareil.
Devant deux tasses de thé fumantes, elles s'assirent.
- C'est l'appartement de l'un de tes clients n'est ce pas ?
- Mh…Elle hocha sensiblement la tête
- Celui dont tu es amoureuse.
C'était une question mais, pas vraiment puisque Ginny était convaincu de déjà connaître la réponse. Son aînée battit des paupières.
- Veux tu me dire son nom ? Je promets d'essayer de ne pas m'énerver.
Essayer…c'était bien ça qui lui faisait peur…mais elle ne pouvait plus reculer et avait besoin de se confier. Ginny le comprendrait peut être…du moins elle l'espérait. Avec difficulté Hermione avala la boule de ping pong dans sa gorge.
- Tu connais déjà son nom…
- Deja ?
- Il est connu dans notre monde.
- Hermione. S'il te plait.
Elle n'aimait pas que son interlocutrice tourne ainsi autour du pot. Alors, Hermione finit par lâcher la bombe.
- Malfoy…
- Malfoy… ? Répéta lentement sa cadette. Draco Malfoy… ?
Ginny était sonnée et Hermione muette. Elle craignait à présent le pire, l'irruption du volcan Weasley d'un instant à l'autre.
- Comment est ce possible…Murmura t'elle au lieu de s'énerver.
Elles étaient donc ici chez Malfoy, ce luxueux duplex lui appartenait à lui. Fils d'un mangemort et sa si sage et raisonnable Hermione s'était entichée de cet homme là. Alors avec patience, miss Granger partit dans un récit détaillé des événements. Leur rencontre, le passage du statue de favorite, la découverte de la vérité sur Divine, le dernier dérapage en date. Elle avait volontairement omit les détails de leur relation tumultueuse, inutile que Ginny s'offusque d'avantage.
- Peut être…t'aime t'il lui aussi. Suggéra enfin sa cadette après la fin de ses aventures.
Désabusée, la brune secoua la tête. Ca ne se pouvait pas, Malfoy ne s'attacherait jamais à une femme et encore moins à une femme comme elle…moldue et prostituée. Non…ça ne se pouvait pas.
- Il me considère comme sa propriété c'est tout.
- Mmh….
Fit Ginny d'un air septique. Etait ce vraiment tout ? Il agissait de manière vraiment excessive pour quelqu'un qui protégeait seulement sa « propriété » Enfin…Malfoy avec son goût ostentatoire pour le luxe devait sûrement être possessif mais ça n'expliquait pas son dernier coup de sang ni même pourquoi il la fuyait désormais comme la peste alors qu'il l'avait lui-même convié chez lui. Elle avait dû louper un épisode. Hermione semblait également totalement perdue et pour cause…comment avait-elle pu tomber amoureuse de cet homme ? Il semblait si froid si manipulateur. Mais elle, ne le connaissait pas dans l'intimité. Son aînée ne lui avait pas dit, ça n'était pas la peine. Il suffisait de la regarder pour deviner. La belle rousse soupira, rabaissant ses épaules.
- Pourvu que Ron ne l'apprenne pas de sitôt…Il en ferait une syncope
- Harry m'a dit la même chose.
- C'est que nous avons raison !
- Il finira par l'apprendre tôt ou tard…Harry et toi êtes déjà au courant. Je ne pourrais pas lui cacher éternellement…
Nouveau soupire de mss Potter afin quelle puisse retrouver son calme et elle suggéra doucement le plus sérieusement du monde.
- Si être seule ici te dérange, je peux demander à Harry de t'accueillir chez nous pour ta mise à résidence. Il est Auror, il veillera sur toi et puis tu m'aideras pour Arthur en échange qu'en dis tu ?
- Je ne sais pas si cela sera si simple…
- Laisse moi essayer. La maligne lui fit un clin d'œil complice.
Elle ne se faisait pas de souci, elle pouvait obtenir ce quelle voulait de son époux, la preuve avec cette permission qui hélas, touchait bientôt à sa fin. Les deux jeunes filles se firent un nouveau câlin et se séparèrent à la porte de l'appartement, Ginny lui ayant promit d'en toucher mot à Harry. Elle serait mieux avec eux à Godric's Hollow elle en était sure. Cette situation n'était pas saine.
Régler les factures…c'était l'une des choses dont il avait franchement horreur après les visites surprises de Pansy. Mais comme disait le dicton, qui paye ses dettes s'enrichit. Foutaises ! Il s'en porterait mieux s'il ne devait d'argent à personne mais il préférait encore s'énerver contre son foutu excel et ses colonnes de chiffres plutôt que sur lui-même et sa connerie profonde. Sa colocataire ne cherchait même plus à l'attendre il rentrait tard et partait tôt, passant le moins de temps possible chez lui. C'était idiot et digne d'un gosse de dix ans, elle lui manquait horriblement mais il savait qu'en contact permanant avec elle, il ferait une bêtise. En résumé, il était prit au piège ! Pourquoi avait-il fallu qu'il s'entiche de cette fille ! Qu'il contracte ce virus d'amour stupide !
« »
- QUOI ?!
Vociféra le démon après un bon sur le cuir de son fauteuil. Elle lui avait fait peur cette idiote de secrétaire ! Il ne pouvait même plus s'énerver tranquillement.
- Monsieur, un visiteur pour vous. Annonça derrière la porte la voix de Mathilda
- Un visiteur ? Draco rebaissa les yeux sur son tableau. Je n'attends personne.
- Je le sais bien monsieur mais il insiste pour vous parler.
Quoi qu'interloqué, le jeune homme fixa la porte avant de se décider.
- Faites le entrer.
- A vos ordres.
Les talons de Mathilda s'éloignèrent puis il l'entendit revenir puis ouvrir la porte en ayant brièvement frappée.
- Je vous en prie entrer, monsieur va vous recevoir.
La jeune femme s'écarta du passage pour laisser entrer le visiteur dans le grand bureau qui sentait bon la cire d'abeille. Elle referma ensuite sur l'invité la porte les plongeant dans le silence, ses pas avaient été amortis par l'épaisse moquette sûrement une vraie malédiction pour les femmes de ménage. Voyons que l'intrus ne se décidait pas, messire Malfoy leva à nouveau les yeux sur l'entrée et s'il n'avait pas eu une maîtrise et un sang froid à toute épreuve et bien…il en aurait perdu sa mâchoire. Seul l'un de ses sourcils blonds se leva en signe d'interrogation devant la fine silhouette qui se dressait en face de lui juste sur le pas de la porte. Grand, mince, les cheveux noirs et les yeux verts, son visiteur le toisait en silence comme une statue stupéfixée.
- Mais qu'est ce que le vent nous amène là. S'exclama enfin Draco avec un sourire goguenard. C'était forcément, une question rhétorique.
- Je ne suis pas là pour faire mumuse avec toi Malfoy. Renchérit Harry d'un ton placide.
Cela lui valu un nouveau haussement de sourcil Malfoyen. Il osait venir ici, pour le défier sur son propre terrain et il osait lui sortir ça ? Il ne manquait pas de culot ce balafré.
- Ah non ? Alors qu'est ce que tu viens faire ici seul et sans escorte ?
- Tu n'es pas une menace pour moi Malfoy. Plus maintenant.
Il affichait une telle assurance que Draco sentit une pointe d'agacement venir lui chatouiller le nez qu'il fronça.
- Qu'est ce que tu veux ? Parle ou va t'en, je suis occupé. Dit-il en tentant de retrouver son calme en décidant de se reconcentrer sur ses calculs.
- Hermione. Prononça Harry presque du bout des lèvres.
Qu'est ce quelle a ? Est-ce quelle va bien ? Furent les premiers mots qu'il eut envie de prononcer ou plutôt son cœur car son cerveau lui ordonna plutôt de sortir un banal : « Oui ? »
- J'aimerais que tu fasses ce que tu lui as promis
- Qu'est ce que tu insinue Potter ?
- Que tu la négliges et elle en souffre.
- Et en quoi cela te regarde ? Imposa Malfoy en le gratifiant d'un regard critique
- C'est ma meilleure amie je te le rappelle. Je ne te laisserais pas lui faire du mal tu peux me croire.
- Des menaces ? Sourit le blond
- Une mise en garde. Justifia son rival toujours aussi calme. Ne me fais pas croire que tapoter sur ton clavier tu ne peux pas le faire chez toi auprès de la femme que tu aimes.
Les doigts de Draco cessèrent de s'activer sur son clavier, fixant son interlocuteur.
- Comment…souffla t'il presque choqué.
- Ca se voit, à la façon que tu as de la regarder
- Est-ce quelle…
- Elle n'a rien à voir là dedans. Dis-il en parlant de sa visite
Harry était là sans accord d'Hermione, il ne lui en avait même pas touché mot ni l'inverse d'ailleurs. Ca n'était vraiment pas son genre de se plaindre. Normalement, elle savait y faire avec les hommes mais visiblement pas avec celui là. Il était si froid…mais hors de question de se laisser démonter. En ce qui concernait Malfoy, il ne dirait rien non plus, il préférait les laisser se débrouiller seuls, il ne cherchait pas les ennuis ni à se mêler de leur relation.
- Fait bien attention à ce que tu fais avec elle, ça n'est pas le moment quelle sombre.
- Je n'ai pas besoin de toi pour m'en rendre compte Potter
- Pourtant il y a d'autres choses dont tu ne te rends pas compte.
Draco jaillit de son fauteuil mais garda un visage de marbre, sa main serrant la baguette semi rigide contre sa cuisse.
- Si tu n'as rien d'autre à ajouter, je te prierais de quitter ce bureau. Tu m'as fait perdre assez de temps.
Sans même dire au revoir, Harry lui tourna le dos pour retourner vers la porte. Mais alors que Draco serrait les poings sans le regarder la voix de son opposant se fit de nouveau entendre en jetant juste un regard par-dessus son épaule.
- Si tu t'amuses à lui faire du mal, tu me le payeras.
Il ouvrit lui-même la grosse porte de bois massif ressemblant à une blindée de coffre fort et le laissa seul. Katherin et Mathilda saluèrent l'invité après qu'il leur ait lancé un « bon courage » un peu sec mais néanmoins courtois. La cadette sursauta soudain lorsqu'un violent fracas provenant du bureau se fit entendre.
- Qu'est ce que c'était ? S'inquiéta Mathilda.
Son aînée secoua la tête et se précipita à la porte close.
- Monsieur Malfoy, tout va bien ? …Monsieur ?
Hésitante et en manque de réponse, la jeune femme ouvrit la porte et découvrit qu'une tornade était passée là un vase imposant brisé sans doute projeté contre le mur s'éparpillait en mille morceau sur la moquette, des plumes répandues elles aussi sur le sol et….plus de Draco.
- Eh bien…ou est-il… ? Demande Mathilda en s'étant glissé derrière sa voisine.
- Ça…
La plus jeune entra dans le champ de bataille et s'accroupit dans sa jupe serrée pour ramasser les plumes éparpillées par terre.
- Quelle mouche l'a piqué ?
- Tu sais qui s'étais ? Demanda platement Katherine en reconstituant le vase d'un coup de baguette
- Hein ? Eeuh…
- Harry Potter
Mathilda eu du mal à se relever mais quand ce fut le cas, une expression de franche incrédulité se lut sur son visage.
- Qu'étais-il venu faire ?
- Vu l'état du bureau, sûrement régler des comptes.
- Estimons nous heureuses qu'il n'y ait pas eu de mort !
Katherine ne répondit rien, son regard perdu sur la ligne d'horizon qui s'étendait par delà la baie vitrée. Merlin seul savait ou il avait pu passer…
- Docteur.
Le médecin légiste détacha ses yeux d'un énième rapport d'autopsie qu'il venait d'achever pour voir à l'entrée de son bureau une femme de son équipe avec un petit paquet d'enveloppes dans la main.
- Tient, vous voulez vous lancez dans la distribution du courrier Melody ?
- Il y avait ceci parmi le courrier habituel. Indiqua t'elle en levant à hauteur d'yeux une enveloppe cachetée inscrit « URGENT » sur le bord droit.
- Mmh ?
- Je me suis dis qu'il valait mieux vous l'apporter tout de suite.
Il tendit la main vers elle quand elle s'approcha du bureau pour lui remettre la dite enveloppe.
- Oui, vous avez bien fait.
Du tiroir de sa table de travail, il sortit un fin poignard d'argent à la lame fine et effilée et la glissa sur le bord de l'enveloppe qu'il ouvrit sans mal. A l'intérieur, une grande feuille ou s'alignait plusieurs lignes de chiffres accompagnées de mot scientifique très compliqués. La jeune femme restée là par curiosité sursauta lorsqu'il ordonna d'une voix grave.
- Appelez tout de suite Maître Sully
- Ha ! Oui, tout de suite !
Elle tourna les talons d'un pas rapide. Que pouvait donc contenir cette lettre ?
Le salon enfumé du club était très animé on y parlait avec agitation des derniers scandale et affaires en cours et bien sûr au sommet, l'assassinat du Ministre. Chacun ayant son avis sur la question.
- C'est une femme qui l'aurait tué parait-il.
- Crime passionnel ?
- Même pas ce serait une escorte
- Absurde. Le corps était en bouilli ça n'est pas un meurtre féminin
- Sait-on jamais !
Emmitouflé dans sa fureur, Draco ruminait en silence son verre de pur feu en main.
- Yo. Dit une voix familière en tapant sur son épaule.
Malfoy tressaillit et leva la tête vers la provenance du geste et vit apparaître un grand gaillard à la peau dix fois plus foncée que la sienne.
- Blaise. Qu'est ce que tu fais là ? Je croyais que tu étais partit aux Etats-Unis. Fit remarquer son compère en suivant des yeux son geste pour rejoindre le fauteuil à coté de lui.
- Je suis rentré dans la matinée. Un whisky s'il vous plait. Commanda t'il au maître d'hôtel venu prés d'eux. J'ai voulu venir te voir mais ta secrétaire m'a dis que tu avais filé en douce alors j'ai pensé que tu serais là. Finit-il d'expliquer en souriant.
Il le connaissait bien presque autant qu'Hermione quoi qu'il ne soit pas certain quelle sache vraiment tout de lui.
- Tu n'as pas l'air dans ton assiette. Constata Blaise en récupérant son verre sur le plateau du serveur.
- Tout va bien. J'avais besoin d'une pause c'est tout.
Imperturbable, il trempa ses lèvres dans le liquide ambré et jeta un coup d''œil à son voisin les mâchoires serrées, les doigts crispés sur son verre et sa disparition du boulot il était de toute évidence furieux. Aller savoir pourquoi…il n'allait pas le harceler comme l'aurait fait Pansy. Il doutait fort que ce soit ses affaires qui le rendent aussi furieux.
Espèce de maudit binoclard ! Pour qui il se prenait ce salopard ? Pour lui faire des menaces. Si ça n'avait pas était pour « elle », son corps serait déjà en train de refroidir sur sa belle moquette !
C'était ce sale prétentieux qui osait lui faire des sermons sur les relations humaines ? La bonne blague ! Alors qu'il attire le malheur comme des mouches sur un cadavre !
D'un trait, Draco finit son verre. Ca lui brûla tellement la gorge qu'il sentit des larmes monter jusqu'à ses yeux.
« Tu la négliges et elle en souffre »
Souffrir…comment pouvait-il en être aussi sur ? Lui avait-elle parlé ? Sans doute…
Draco plongea ses yeux dans l'ambre au fond de son verre comme ses yeux. Ce marron tantôt foncé tantôt presque doré.
- Serait ce en rapport avec une femme ?
La voix de Blaise creva sa bulle
- Hein ?
- Ton état. Sourit-il. C'est à cause d'une femme ?
- Dit moi Blaise…
- Mh ?
- Suis-je un idiot ?
Son comparse haussa les sourcils sur le coup surpris par la question puis son sourire revint.
- Cela dépend du domaine.
Le blond le gratifia d'un regard en biais un brin irrité pour qu'il s'explique.
- En affaires tu es loin d'être stupide. Mais pour ce qui est de ton comportement social. Tu as encore des progrès à faire mon pauvre Draco.
- Je croirais entendre Pansy…
- Ah c'est toi qui a commencé.
Nouvelle gorgée que cette fois, il prit garde de ne pas avaler trop vite.
- Et que devrais je faire selon toi ?
- Peut être, être un peu plus direct et claire dans tes désirs.
Cette idée lui fit faire la grimace comme s'il venait d'entendre quelque chose d'assez désagréable un mauvais moment à passer.
- Ne me tire pas cette tête là. Tu veux quelle t'échappe ?
- Ça, jamais. Nouvelle gorgée du liquide brûlant. Il semblait déterminé
- Alors fait le lui comprendre ou c'est ce qui risque d'arriver. Tu sais les femmes sont des créatures étranges.
- A croire quelles font tout ce qu'il faut pour nous rendre cinglé.
Blaise sans répondre, se contenta de siroter son verre d'un air distrait. Qui pouvait bien le mettre dans cet état là… ? Serait ce…cette fameuse escorte dont lui et Pansy avaient déjà parlé… ? Non…impossible. Draco ne s'enticherait pas d'une putain. Il était trop ferme et terre à terre pour penser s'attacher à une fille facile. Il lui fallait quelqu'un de leur monde, quelqu'un de fiable sur qui il pourrait compter. Merlin seul savait ou serait cette fille dans une semaine et surtout avec qui. Non décidément, son raisonnement ne tenait pas debout.
- Tu devrais prendre exemple sur moi et te décider avant quelle ne t'échappe pour de bon. Il lui tapa sur l'épaule. Je te fais confiance, tu sais y faire avec les femmes
La dernière gorgée de son troisième whisky fut engloutit.
- Pas forcément avec celle-ci ! J'ai l'impression de tout faire de travers. C'est pénible.
Blaise fut franchement étonné ça se lut sur son visage mais cela ne dura que quelque seconde.
- Aller ! Remue toi ça n'est pas ton genre de te laisser bouffer
Un peu sèchement son comparse posa son verre vide sur le guéridon et se leva, ses mains glissées dans ses poches. Le métisse le suivit des yeux.
- Ou vas-tu ?
- Manger du lion.
Blaise fit les yeux ronds mais déjà, Draco leva l'une de ses mains pour le saluer tout en prenant la direction de la sortie.
- Ciao
Sa silhouette s'engouffra dans le corridor du club puis disparu, laissant son camarade perplexe.
