Par avance : Je suis assez surpris de la façon dont, pour une fois, j'arrive à concilier rédaction de fic et révisions pour mes exams. J'ai réussi à structurer mon emploi du temps pour me laisser chaque soir un peu de temps pour écrire. Et je suis deux fois plus motivé maintenant que j'ai une fan qui s'oriente vers la menace de mort dans ses reviews =D (n'est-ce pas Brume Froide). Autre motivation, je vois le bout de ce tome dans ma tête. Je vous préviens qu'il va y avoir de l'ellipse par rapport au T4, parce que la 2nde épreuve du Tournoi des 3 sorciers ne ne me sert strictement à rien.
Enfin bon, pour l'instant, je laisse place à un chapitre au titre énigmatique... Enjoy !
JAMAIS DEUX SANS TROIS – LUNA
Je suppose que si j'y avais vraiment réfléchi, j'aurais pu deviner le cadeau qu'allait m'offrir Morgan le lendemain matin. Ou en tout cas en avoir une vague idée. Lorsque j'arrivai en pull, gants et écharpes sur l'esplanade, le soleil s'était levé depuis peu, l'air était glacial et Morgan était en train de faire des pompes avec ses habits d'entraînement que je qualifierais d'hiver. Elle ne quittait pas son éternel body, mais portait le pantalon en cuir bouffant par-dessous sa jupe longue et des gaines sur les bras. Même Morgan la force de la nature subissait la dure loi de l'hiver. Il y avait un paquet tout noir, large et plat, à côté d'elle.
Lorsqu'elle me vit arriver, elle se redressa d'un coup et se précipita vers le paquet. Puis elle se dirigea vers moi en annonçant gaiment :
« Ton cadeau, ma petite Finey ! J'espère qu'il te plaira ! Et y a intérêt sinon je t'explose…
Ne relevant pas la fausse menace, je m'emparai du paquet aux couleurs de Morgan puis le déballai méticuleusement. Lorsque j'ouvris le couvercle de la boîte, je mis un temps à comprendre. Puis je pouffai de rire pour finalement devenir hilare. Une fois mon calme repris, je regardai Morgan qui faisait une moue vexée. Je mis ma main en avant :
– Non, non, Morgan, je ne me moque pas de ton cadeau, c'est… C'est juste… C'était nerveux. Mais j'apprécie, vraiment.
Le paquet contenait tout simplement un déguisement de Morgan : le body, la jupe, les bottes et bien sûr les gants. Je pris le body et le brandit devant moi.
– Il me semble à ma taille. Tu as l'œil…
– J'ai demandé les mesures à Jean-Baptiste en fait… C'est du sur-mesure.
Je haussai un sourcil puis eut un petit ricanement.
– Mademoiselle à les moyens. Surtout que les matériaux pour faire tout ça ne doivent pas être les moins chers.
Morgan regarda ailleurs d'un air vague et haussa les épaules.
– Tu sais, je ne dépense que quand j'en ai besoin, je n'ai jamais vraiment vérifié l'ampleur de ma fortune à Gringotts et je m'en moque un peu.
J'observai un petit moment mon amie. J'oubliais parfois que ses parents avaient amassés une petite fortune, et ce parce que Morgan n'affichait pas sa richesse que ce soit dans on apparence… ou dans son comportement. Je tendis la jupe devant moi.
– Tu m'excuseras, je ne peux pas essayer ça ici, il faut trop froid. Et, euh… Je ne peux pas non plus le porter dans l'enceinte du château… Une mini-Morgan, ça le ferait pas trop…
– Oui, oui, je sais, les gens, tout ça… On trouvera bien un moment. Mais… Sois honnête, ça te plaît ? Parce que ça m'a quand même coûté un sacré paquet de Gallions…
Je plissai les yeux en la fixant. Elle sembla alors me fuir du regard. Je compris tout de suite que Morgan cachait une réelle anxiété derrière des considérations financières. Elle se demandait vraiment si mon cadeau allait me plaire. Je me contentai de sourire.
– C'est parfait, Morgan. C'est marrant, original, et ça me fait plaisir. Et encore désolé de ne pas en avoir pour toi.
– Je te l'ai déjà dis, je crois…
– Oui, oui, je sais mais… Pour moi aussi, la nuit là, c'était… un magnifique cadeau. »
Nos regards se croisèrent un moment – moment pendant lequel le temps sembla suspendu, puis nos yeux partirent regarder un point dans le vide avec une certaine gêne.
L'entraînement qui suivit fut consacré au physique et, comme Morgan me l'avait plus ou moins fais comprendre, je finis en nage, exténuée. Mon « coach » m'annonça que ce n'était que le premier de nombreux entraînements de ce genre et, même si l'idée finit de me terrasser, je ne pensai pas une seconde refuser. Car je voulais cet entraînement. Ne plus être une charge pour Morgan commençait par avoir de bonnes capacités physiques pour la suivre…
Pour leurs parts, mes amies avaient attendu l'après-midi pour organiser une distribution des cadeaux et m'avaient gâtée. Je n'avais rien acheté, sans même essayer de trouver quelque chose. Il y avait eu la préparation du bal, mais ça n'excusait pas mon inaction de la semaine. J'étais honteuse de ne rien avoir à leur donner en retour. J'avais complètement négligé de leur offrir quelque chose et une boule dans ma gorge me faisait payer cette négligence alors que je déballais les petits paquets de mes amies. Quelle ne fut pas ma surprise en découvrant, de la part de Joanna, une petite clé banale…
Joanna dressa son index en l'air et annonça :
« C'est un cadeau de ma famille entière. Mes parents ont beaucoup apprécié ta compagnie et m'ont fait savoir qu'ils étaient fiers de te donner cette clé, à savoir celle de notre porte d'entrée.
Je fus d'abord touchée par l'attention et la confiance des parents Darksun avant de me rappeler à quoi ressemblait à la porte d'entrée.
– Avec tous les verrous ? fis-je en écarquillant les yeux. Cette simple petite clé ?
– Ah, Maggy, ne fais pas ta Moldue ! Bien sûr qu'il y a de la magie là-dessous. En fait, ni moi ni mes parents ne l'avons encore touchée, cette clé. Vas-y, prend la en main.
Je m'exécutai et sentit un petit courant électrique dans mes doigts.
– Hein ?
– Maintenant, toi seule peut ouvrir notre porte avec cette clé.
– C'est beaucoup de mesures de sécurité, remarqua discrètement Ginger.
– Mes parents ne plaisantent pas avec ça.
Je ricanai brièvement avant que Joanna ne me lance un regard réprobateur. Elle n'avait divulgué qu'à moi les activités de ses parents et je compris qu'elle préférait qu'on ne s'étende pas sur le sujet.
Je passai au colis de Mélanie. Une plume d'un blanc éclatant, comme l'année d'avant. Les deux autres filles me firent remarquer qu'elles avaient eu le même cadeau. Joanna était d'ailleurs contente puisqu'elle avait usé la précédente. Lorsque je regardai attentivement la plume, j'eus l'impression de n'en avoir jamais vu d'aussi brillante et le fis remarquer en me tournant vers Mélanie. Cette dernière me répondit avec un regard illuminé et soulagé à la fois. Le mystère Parry ne s'arrangeait pas, mais je ne pris pas la peine en cet après-midi de bonne humeur de me creuser la cervelle à ce sujet.
Ginger quant à elle m'offrit un livre qu'elle me dit avoir beaucoup apprécié. Il s'agissait d'un roman d'aventure façon sorcier, et c'était assez plaisant – et très cocasse pour une issue de Moldus.
Martin s'était invité dans notre dortoir – tout en ayant vérifié que personne ne l'avait vu. Il ne voulait pas passer ni pour l'ami des filles, ni pour un pervers. Ce qu'il m'offrit ne me combla pas de joie mais je souris en coin on découvrant l'objet : un Souaffle.
– Ben tiens…
– Tu m'as appris le tennis ; cet été je t'apprend les bases du Quidditch. On organisera tout ça pour cet été, ok ? Ca me semble équitable…
Ca l'était, et malgré ma réticence à participer à ce phénomène de masse, j'acceptai avec le sourire. Ca restait une excuse pour voir mon ami pendant les grandes vacances.
Il faut également préciser que Martin offrit une bague à Joanna. Une superbe bague en argent représentant deux serpents entrelacés et qui se mordaient la queue. Martin s'excusa du côté Serpentard, mais il la trouvait magnifique et elle n'avait pas coûté cher. J'étais du même avis quand à la beauté de cette bague. Joanna balbutia de vagues mots en découvrant le bijou puis l'essaya brièvement avant de la remettre dans son écrin et de remercier Martin par une simple tape sur l'épaule. Elle semblait très gênée.
Je mis ce comportement sur le côté « séduction » d'un tel cadeau, mais… je me trompais. Il s'agissait de ce que Joanna avait essayé de me dire sur le toit au début de l'année. Et qui semblait plus ou moins la poursuivre.
Quelques jours plus tard, Jean-Baptiste me donna rendez-vous à la bibliothèque au détour d'un couloir sans plus de précisions. Curieuse, je me rendis à l'heure prévue dans le lieu prévu. En arrivant, je découvris une Morgan mal à l'aise qui attendait à côté de Jean-Baptiste vers le fond de la salle. Lorsqu'elle me vit, elle haussa un sourcil puis se tourna vers le français en croisant les bras.
« Finey est là, maintenant. Ce n'est pas trop le genre de lieu que j'apprécie alors j'espère qu'il y a une raison au choix de ce cadre, le frenchie…
– Tout à fait et ça vous concerne toutes les deux deux. Depuis la soirée du bal, je me suis de nouveau ennuyé. Alors j'ai recommencé les recherches sur Circé et tout ça… Et…
– Fais gaffe, fit Morgan avec un sourire malsain. Si tu en sais trop, je vais devoir prendre les mesures qui s'imposent.
– Ne t'inquiète pas pour ça, répondit Jean-Baptiste en agitant un parchemin enroulé. Je n'ai pas vraiment cherché des infos sur Circé en fait. Mais… Comme on s'était farcie la maison de Pasiphaé – et que je n'ai pas l'intention d'y retourner, j'ai cherché des choses sur Eétes. Le frère dans le trio. Est-ce que ta Circé t'en avais parlé, de celui-là, Morgan ?
Morgan sembla chercher ses mots un petit moment, fixant le plafond. De mon côté, j'eus un regain d'intérêt pour le « Dossier Circé ». Je ne savais toujours pas qui elle était pour Morgan. Et même qui elle était tout court.
– Oui. Et non. Des fois, le nom lui échappait alors qu'elle parlait pour elle-même. Mais hors de questions d'insister sur le sujet, où elle s'énervait. Qui que soit Eétes, elle ne semble pas le porter dans son cœur.
– Il y a de quoi. Je ne sais pas qui il est exactement, mais il semble avoir commis un crime assez terrifiant. Il y a des dizaines d'années, la Gazette a relaté un crime digne d'un psychopathe : la demeure de Harfang Londubat et de sa femme Callidora, anciennement Black. a été balayé par une boule de feu magique qui aurait explosé à l'intérieur de la demeure. On a retrouvé les cadavres calcinés des deux époux. Et lorsque les autorités ont fouillé ce qui restait de la demeure, ils ont retrouvé une cave secrète où les attendaient une inscription écrite avec de la cendre : « Par le feu, Eétes a balayé les froids mensonges »…
Morgan et moi restâmes un instant muettes devant ce résumé puis Morgan demanda :
– Et… ce couple avait quelque chose de spécial ? Sinon qu'il mélangeait un Londubat avec un Black, ce qui en soit est déjà sacrément spécial.
J'approuvai du chef. Quand on connaissait la réputation des Black et qu'on voyait l'exemplaire des Londubat qui se trouvait à Gryffondor, on voyait mal les deux se mélanger. Morgan réfléchit un petit moment en tapant du pied puis demanda à J-B :
– C'était il y a combien de temps ?
– Mmh… Il y a un peu plus d'une dizaine d'années.
– D'accord… Le lien n'est pas certain, mais les parents de Londubat ont été torturés par les Mangemorts à peu près à cette période. La meneuse était une Black. Anciennement Black. A savoir Bellatrix Lestrange.
Jean-Baptiste haussa les épaules pour faire comprendre qu'il ne voyait pas de qui il s'agissait. Mais pour ma part, je me rappelais bien de ce nom. La tutrice de Morgan, celle qui avait pris soin d'elle pendant trois ans et qui désormais moisissait à Azkaban. A juste titre. Morgan m'avait déjà révélé l'année dernière que torturer était l'un de ses hobbys, mais à présent que je la savais responsable d'un tel crime envers les parents de quelqu'un que je voyais tous les jours, ça me mettait d'autant plus mal à l'aise. Morgan me lança un regard un peu froid qui devait me faire comprendre qu'il n'était pas question de faire quelque commentaire que ce soit à ce sujet. Je me contentai donc de demander après m'être éclairci la gorge :
– Et… Les parents Londubat sont morts ?
– Pire, répondit Morgan en se massant la nuque avec une certaine gêne. Ils sont devenus fous. Elle leur a fait perdre l'esprit. Ils sont à Sainte-Mangouste. Peut-être à vie.
Je me mordis la lèvre. Morgan avait avait été éduquée par un monstre pareil pendant 3 ans…. Et je n'oubliais pas que c'était elle qui lui avait appris Doloris. Je n'aurais souhaité pour rien rencontrer Bellatrix à cet instant.
Mais Bellatrix Lestrange, derrière cet être abjecte, cynique et cruel, cachait quelqu'un d'autre. Je ne le découvrirai que quelques années plus tard, mais Bellatrix ne faisait pas que torturer. Elle était elle-même on ne peut plus torturée.
Jean-Baptiste intervint :
– Enfin bon, voilà. Eétes était visiblement un psychopathe.
– Et c'était où ? demanda Morgan avide de renseignements.
Là, Jean-Baptiste se crispa et refusa d'abord de répondre. Mauvaise idée. S'il avait vraiment voulu que ça ne se sache pas, il aurait du mentir. En gardant le silence, il ne faisait qu'attiser la curiosité de Morgan qui se pencha vers lui, mains sur les hanches.
– Alors ? Tu ne veux pas me le dire ? Je ne vois pas pourquoi à moins que… Ah ! J'y suis ! C'est à Pré-au-Lard ! Du moins pas loin.
Jean-Baptiste poussa un grognement puis dit d'un ton sérieux :
– Pas question d'aller là-bas ! La vieille bicoque est en ruine et fragilisée par l'incendie, tout pourrait s'effondrer. Qui plus est, si le Ministère n'a pas trouvé d'indice pour savoir qui était Eétes, pourquoi en trouverait-on ? Ce n'était même pas sa maison, puisqu'il en a incendié les deux propriétaires. C'est une idée dangereuse et sans intérêt !
Face à ce discours, Morgan se figea dans une expression de profonde indignation. Puis elle dit :
– Mais qui te demande de nous accompagner ? On y va si on veut. N'est-ce pas, Finey ?
– Euh, bah… Si tu veux y aller, c'est bon je te suis, fis-je en baissant les yeux.
Après ce qui s'était passé sur l'esplanade la nuit du bal et ce qu'on s'était dit, je me voyais mal commencer dès maintenant à faire ma mauvaise tête. Même si l'hypothèse de fouiller une baraque en ruine risquant de s'effondrer ne me disait pas grand chose.
Et puis d'un autre côté, c'était découvrir le dernier membre du trio. Je ne pouvais pas passer à côté de ça. Ca pouvait peut-être même me révéler des choses sur Circé elle-même. Je fis le point de ma tête. On avait un trio qui avait pris le nom de trois frère et sœurs de l'antiquité. Ca n'était pas une coïncidence d'après ce qu'avait dit Morgan. Le trio ce connaissait. Je savais également que Pasiphaé était en fait un membre de la famille Black particulièrement tordu qui utilisait ce pseudo pour connaître ses méfaits. Et Eétes semblait en faire de même. Ce qui me fit m'inquiéter quant à Circé. Je gardai cependant mes craintes pour moi.
– Tu es vraiment une imbécile, fit Jean-Baptiste en levant les yeux au ciel. En plus d'être irresponsable, tu te permets de mettre en danger une de tes amies, que tu sembles d'ailleurs considérer plus comme un animal de compagnie que comme un être humain.
L'affrontement recommençait. Mais cette fois-ci, vu les regards que se lançaient mes deux aînés, il ne s'agissait plus de leur petit jeu. Je me mis entre les deux, face au français et tentai de calmer la situation. Mais mes yeux restaient fixés devant moi. Je n'avais pas le courage de regarder J-B dans les yeux.
– Il n'y a aucun problème, Jean-Baptiste, vraiment. Morgan est comme ça et ça me va très bien. Elle a aussi ses bons côtés. Si elle veut qu'on y aille, je la suivrai. Je ferai attention, ne t'inquiète pas pour moi. J'ai retenu la leçon de la dernière fois.
Jean-Baptiste sembla se détendre un petit peu mais continuais de dévisager Morgan avec appréhension. Puis il se tourna vers moi et mit son index sur ma poitrine.
– Margaret, je ne prétends pas tous savoir de ce qui vous unit toi et cette fille, mais je peux t'assurer que vu de l'extérieur, tu ressembles à un sous-fifre. Elle est instable et irresponsable, tu prends des risques à la suivre aveuglément.
– Crois-moi, je ne suis pas aveugle, dis-je dans un petit rire nerveux. Je sais ce que je fais. Si tu ne veux pas venir avec nous, je comprendrai. Je comprendrai parfaitement. Mais ne reproche rien à Morgan, je t'en prie. Pas maintenant, ici…
Je lui adressai un regard suppliant en espérant que Morgan ne se décale pas pour m'observer. Ce que je voulais était avant tout d'éviter un affrontement entre deux personnes que j'appréciais, ce même si je devais ramper à terre. Jean-Baptiste me fixa un moment avec des yeux mêlant colère et tristesse puis me donna le parchemin avec rudesse.
– Tiens. Amusez-vous bien.
Et il s'en alla. Une boule se forma dans ma gorge. J'étais certaine qu'il était en colère non pas après Morgan, dont il avait ciblé le personnage depuis déjà un moment, mais contre moi, et ce parce que m'étais aplatie et que je montrais apparemment une certaine soumission à Morgan. La réalité était bien plus complexe, mais je comprenais facilement que c'était ce qui ressortait aux yeux de quelqu'un d'autre. Morgan eut un rire de dédain et déclara :
– Quel abruti… Dire qu'il nous avait suivi dans la maison de Pasiphaé… Mais on a pas besoin de lui, hein, Finey ? On sera bien mieux entre nous.
Morgan était incapable d'imaginer, là sur le moment, que je puisse être ébranlée par ce qui venait de se passer. Elle était en train de développer la croyance qu'elle était la seule personne à compter pour moi, un égocentrisme malsain. Un nouvel obstacle en perspective dans notre relation et un travers de ce qui s'était passé la nuit du bal…
Peut-être étais-je la seule à compter pour Morgan. Mais je n'étais pas comme elle. J'avais un environnement dans lequel vivre et il ne se limitait pas à la seule personne de la fille Ebony. Jean-Baptiste en faisait partie. Et il allait falloir que je le fasse comprendre à Morgan.
Je fermai les yeux et serrai les dents. Ce que venait de me dire Morgan. C'est pourquoi, alors que mon cœur se pinçait légèrement, je dis à Morgan d'un ton morne :
– C'est ça, oui, juste nous deux… Tu n'es pas la seule, Morgan.
La Serpentard eut un temps de battement puis dit doucement :
– La seule quoi ?
– Réfléchis, pense à ce qui vient de se passer, ce que tu viens de dire et tu comprendras. Là, je ne trouve pas la force de t'expliquer, de t'affronter… On… On se parlera la veille du week-end à Pré-au-Lard pour savoir comment on s'organise. »
Et je partis sans que Morgan ajoute quoi que ce soit. Je ne me retournai même pas vers elle. J'imaginai qu'elle devait déjà commencer à réfléchir au pourquoi de ma réaction.
Un peu après, alors que je m'apprêtai à m'asseoir à la table de ma maison pour le dîner, bien que la scène de la bibliothèque m'eut un petit peu coupé l'appétit, Fran vint vers moi et me dit en mettant ses mains sur les hanches.
« Il y a une élève de Serdaigle qui veut te parler, Margaret.
– Hein, qui c'est ?
– Notre petite phénomène de chez nous. Luna Lovegood.
– Ah, ça fait un moment que je n'ai pas pris de nouvelles d'elle.
– Elle te donne rendez-vous tout à l'heure à la volière, peu avant le couvre-feu.
– Euh… Elle n'est pas là pour le dîner ?
– Lorsque je l'ai quittée, elle était en train de bricoler un truc sur une des tables. Une espèce de collier bizarre fait de tout un bric-à-brac. Quelqu'un lui a demandé à quoi ça servait, et elle a dit que ça pouvait défendre contre les Esprits Vengeurs.
– Les fantômes, quoi…
– Ben non, justement. C'est ce qu'on lui a répondu mais elle a secoué violemment la tête et dit que c'était autre chose et qu'on refusait de voir la vérité en face. Je crois que les Esprits Vengeurs sont censés être noirs alors que les fantômes sont blancs. Si bien que dans le noir, les Esprits Vengeurs étaient invisibles et pouvaient hanter d'une manière encore plus terrible. Enfin bon, je n'ai pas tout suivi…
– C'est normal, fis-je en riant.
– Tu connais bien Luna ?
– Je commence à la connaître. Merci d'avoir joué les messagers.
– Comment tu l'as rencontrée ?
– Grâce aux Sombrals, qu'elle et moi voyons toutes les deux.
Fran resta un moment interdite puis murmura avec un air affectueux :
– Je suis désolée, Margaret, ma pauvre chérie.
– Ne le sois pas. Vraiment. »
Oh non, elle ne devait pas l'être. Il n'y avait qu'une personne qui devait être désolée de sa mort. C'était celle dont la main avait causé cette mort. Alors que Fran regagnait sa table non sans me jeter un dernier regard plein d'affection, je regardai fixement ma main droite.
Eh oui, on va retrouver Luna. J'adore me servir de ce perso parce que j'ai cerné sa façon de s'exprimer et de réfléchir et qu'elle est géniale. Sans doute mon perso de HP préféré.
