Chapitre 27:

Quand se lève le vent.

Les mains habiles de Law se glissèrent sous sa chemise lui arrachant un long frisson. Le jeune homme les laissa glisser le long de ses cotés jusque ses hanches avant de se rejoindre sur son ventre. Il serra les bras autour de sa taille, l'attirant à lui, pressant le torse contre son dos. Les lèvres voraces du jeune hommes s'abattirent aussitôt dans le creux de son cou, parsemant sa peau de baisers. De longues vagues de frissons parcouraient son corps alors que l'une des mains de Law remontait lentement sur son ventre en une caresse sensuelle. Un grognement lui échappa quand les doigts agiles caressèrent sa poitrine offerte. Law répondit par un petit rire moqueur tout en resserrant son étreinte sur elle.

Seran ne savait plus où elle était et encore moins ce qu'elle y faisait. Tout ce qui comptait c'était Law et ses délicieuses caresses. Son univers tout entier était centré sur le jeune homme. C'était comme si le reste du monde n'existait plus. Il n'y avait plus qu'eux et le désir qui montait lentement.

Tandis que Law assaillait son cou et son épaule de baisers, sa main gauche massait sensuellement son sein, le bout de ses doigts jouant lentement avec le petit bouton de chair rose qui pointait à la fois douloureusement et délicieusement. L'autre main de Law, au lieu de rejoindre la première, se glissa au contraire de plus en plus bas, jusqu'à se glisser malicieusement dans sa culotte de dentelle. Elle ne put retenir un gémissement. Le sourire en coin de Law s'accentua.

– Tu es si sensible, fit-il d'une voix étrangement rauque.
Le souffle court et l'esprit embué par le désir Seran ne put répondre.

Law mordilla la peau sensible de son cou, remontant lentement vers son oreille dont il se saisit de ses lèvres chaudes. Il tira doucement dessus faisant courir sa langue le long de la courbe du pavillon avant de redescendre lentement, retournant picorer dans son cou. De sa main gauche, il massait langoureusement ses seins, faisant rouler les tétons entre ses doigts. Obéissant à une impulsion, Seran leva les mains et commença à déboutonner sa chemise. Law grogna son approbation et, une fois que le vêtement fut ouvert, il délaissa ses caresses pour se saisir d'elle et s'approcher du lit. Un instant plus tard, Seran se retrouva le dos sur le matelas, le corps offert au regard du jeune-homme.

Son sourire en coin bien installé sur son visage, Law se pencha sur elle et mit un genou sur le lit, posant ses mains au dessus des épaules de Seran comme pour l'emprisonner entre ses bras. Ses lèvres fondirent sur sa poitrine et il commença à les assaillir de petits baisers. Le coeur de lajeune femme battait la chamade et elle avait l'impression d'entendre le sang lui battre aux oreilles. Sa vision, un peu trouble se résumait à l'homme penché sur elle. Haletante, elle laissa échapper un petit cri quand les lèvres de Law se refermèrent sur l'un de ses tétons dressés et que sa langue l'effleura. Il accentua le contact, donnant l'impression de vouloir la dévorer tandis que sa main libre glissait à nouveau vers sa hanche. Doucement, il fit glisser la petite culotte de dentelle sur les cuisse de la jeune femme, dévoilant sa toison d'or. Seran se sentait à la fois affreusement vulnérable et terriblement bien.

Délaissant sa poitrine, Law commença à descendre vers son ventre, parsemant des baisers autour de son nombril, caressant sa peau de ses lèvres. Après un instant de ce petit jeu, il recommença à descendre, de plus en plus bas et s'arrêta un instant sur son pubis avant de relever la tête et de lui lancer un sourire en coin. L'un de ses mains remonta contre sa cuisse et, cette fois, ses doigts n'hésitèrent pas avant de se glisser entre les lèvres de son sexe, pour caresser le petit bouton de chair brûlant d'envie. Seran ne put retenir un grognement en rejetant la tête en arrière, électrisée par les sensations incroyables qui s'emparaient soudain de son corps. Law lui adressa un sourire moqueur.

– Déjà si prête pour moi, et je ne fais que commencer, tu me gâtes, Seran chérie.
Encore ce stupide surnom qui donnait l'impression à l'Atlante qu'il ne faisait que jouer avec elle pour son corps et non pour son coeur. Elle aurait voulu protester, lui dire de la boucler mais elle n'en avait plus la force. Son corps tout entier semblait comme possédé par le désir et ne plus exister que pour les caresses de cet homme. Une partie d'elle enrageait d'être ainsi impuissante tandis qu'une autre, plus importante et nettement plus forte, lui commandait d'arrêter de penser et de se laisser aller entre les mains de son amant.

Law accentua la caresse sur son sexe et Seran lâcha un gémissement qui se mua presque en cri de plaisir. Le jeune homme savait ce qu'il avait à faire pour la faire réagir, nul doute qu'il n'en était pas à sa première expérience, mais ça n'avait aucune importance pour l'instant. Au contraire, elle s'en félicitait même, tandis qu'elle se tortillait sur les draps en gémissant, son corps soumis couvert de sueur. Le souffle court, elle laissa échapper une protestation quand les doigts de Law se retirèrent, provoquant un petit rire moqueur chez le jeune homme.

– On dirait que ça te plaît, ricana-t-il d'une voix mi moqueuse, mi satisfaite. J'ai encore mieux, attends.
D'un mouvement de la main, il lui fit écarter les cuisses, dévoilant son intimité offerte et brûlante de désir. Seran n'eut pas vraiment le temps de se demander ce qu'il allait faire, Law plongea littéralement vers sa toison comme un rapace sur sa proie. Dès le premier coup de langue, Seran sentit son corps se convulser nerveusement tandis qu'une vague impérieuse la submergeait de plaisir, lui arrachant un cri. Ses poings se refermèrent convulsivement sur les draps et son corps tout entier se cambra, comme pour faciliter la tâche de son amant. Elle n'avait jamais rien ressenti de tel. Alors que la première vague retombait, pour être presque immédiatement suivie par une autre, Seran lâcha le drap et plongea instinctivement la main dans les cheveux de Law, refermant les doigts sur ses mèches d'ébène. Entre les vague de plaisir que les caresses lançaient en elle, elle sentait autre chose monter, du plus profond d'elle même, grossissant à chaque coup de langue pour menacer de la submerger comme une déferlante sauvage et instopable. Elle sentit ne pointe d'appréhension la saisir en comprenant ce que c'était.

Son premier orgasme!

Il montait, montait, comme l'eau d'un torrent en crue derrière les digues d'un barrage près à céder à tout moment. De plus en plus haut, de plus en plus proche, de plus en plus fort.

Ça vient ... Ça vient ...


BAM!

– Nuh?
Seran se retrouva sur le sol froid du sous-marin. Le yeux encore à demi fermés, elle se redressa pour s'asseoir, jetant autour d'elle un regard incertain. Son esprit embrumé de sommeil marchait au ralenti. Elle ne comprenait ni où elle était ni ce qu'elle y faisait. Il lui fallut quelques instants avant que les brumes du sommeil ne commencent à disparaître, levant ainsi le voile sur ce qui l'entourait. La chambre de Law!

Après un petit effort de concentration, l'Atlante parvint enfin à faire fonctionner son cerveau correctement et se rappela ce qu'elle faisait là. Après près d'une semaine de navigation, le Sunny avait fini par rejoindre les deux autres navires près de l'île où il les avait laissés. Tout l'équipage du Heart s'était jeté sur son capitaine à peine débarqué et, après s'être fait expliquer en long en large et en travers leur aventure, avait décrété que le retour de Law parmi eux valait une fête. Pour une fois, le chirurgien n'avait opposé aucune résistance. Lui aussi était content d'être de retour auprès des siens, bien qu'il s'efforça de le cacher.

Les trois équipages avaient donc passé la soirée sur l'une des plage de l'île à boire et à manger, mais aussi à chanter, à s'amuser, à rire et à se défier sur tout et n'importe quoi. L'ambiance était festive, bon enfant, quiconque les voyant de loin n'aurait jamais pu imaginer qu'il s'agissait là de trois équipages pirates qui auraient dû être rivaux. Law avait passé la majorité de la soirée entouré des siens qui ne cessaient de lui poser des questions sur sa libération, essayant de savoir s'il était vrai que Seran avait osé prendre Donquixote Doflamingo en otage pour lui. Il confirma l'information à plusieurs reprises et Seran ne tarda pas à remarquer que ses équipiers posaient sur elle un regard nouveau, presque admiratif. Elle fit semblant de ne pas le voir, préférant s'amuser des réactions étranges de leur nouvel allié, Bartolomeo, à la présence de Luffy près de lui.

Elle le trouvait un peu étrange dans son apparence comme dont son comportement. Il avait comme des défenses lui dépassant des lèvres, faisant penser à la jeune filles à ces troll qui peuplaient les histoires de son enfance. Mais loin d'être aussi inquiétant que les personnages de fiction qui lui faisaient si peur quand elle était gamine, Bartolomeo était drôle et essayait de se montrer amical envers ceux qu'il considérait comme les amis de Luffy. Mais ce qui intriguait d'avantage l'Atlante étaient les réactions disproportionnées qu'il avait dès que Luffy faisait quelque chose. Il semblait pétri d'admiration pour le capitaine caoutchouc et ne cessait de l'encenser ou de défier quiconque osait le critiquer ou plaisanter de sa conduite. Il s'évanouit deux fois quand Luffy lui proposa de trinquer avec lui, ce qui laissa le brun perplexe. Seran ne pouvait s'empêcher de rire devant son manège ce qui ne semblait pas mettre Law de très bonne humeur.

Chisa avait fait connaissance avec Meema et les deux jeunes femmes bavardaient gaiement avec Nami et Robin un peu plus loin. Les deux rouquines semblaient un peu pompetts et quand Seran passa près d'elle pour aller se servir un peu de ragoût préparé par Sanji, elle entendit sa presque soeur bafouiller quelque chose à propos de torse musclé, de cicatrices et de cheveux de la couleur du sang. Elle se demanda un instant si Chisa était ivre au point d'oser parler d'elle mais au sourire en coin de Nami, elle devina que ce devait être plus croustillant. Laissant Chisa se faire des amies, la blonde regagna sa place pile au moment ou Luffy kidnappait littéralement Bellamy pour l'obliger à se joindre à lui.

– Allez, Bellamy, boit un verre avec nous, invita-t-il en brandissant sa chope.
Et comme le blond faisait semblant de ne pas entendre, Luffy allongea le bras, l'attrapa par la peau du dos et le traîna entre Seran et lui. Avant que Bellamy n'ai pu protester, Luffy lui fourra une chope entre les main et trinqua avec lui. Seran fit semblant de ne pas voir le regard suppliant que lui lança le blond et le laissa se dépatouiller seul de Luffy et Bartolomeo qui semblait un peu ivre, lui aussi. Il avait le rouge aux joues et chantait une chanson paillarde à faire rougir un soudard.

Au coucher du soleil, les hommes allumèrent de grands feux sur la plage, certains abattant quelques arbres maigrelets qui bordaient le sable pour les débiter en bois de chauffage. La sève siffla sinistrement quand ils les jetèrent dans les flammes mais avec le raffut ambiant, personne n'y fit attention. Ils dansèrent autour des feux ainsi allumés des danses ridicules. Shachi, qui devait avoir bu plus que de raison, se retrouva à danser nu devant tout le monde. C'est là que Seran se rendit compte que Chisa devait être complètement ivre, elle aussi, car elle ne s'en effaroucha même pas et l'encouragea de la voix. Meema, qui n'avait rien bu, rougit jusqu'à la racine des cheveux et se cacha le visage entre les mains.

Seran, inquiète de ce que pouvait faire son amie dans cet état, quitta le petit groupe de Luffy, lequel dansait avec Usopp et Bartolomeo, avec l'intention de ramener Chisa au Heart avant qu'il ne se passe quelque chose de regrettable. Elle n'eut cependant pas l'occasion d'arriver jusqu'à elle. Law l'intercepta à mi-chemin entre les deux groupes.

– Tu as osé m'ignorer toute la soirée, grogna-t-il en la saisissant par la taille de son bras valide. Ça mérite une punition!

– Arrête, on pourrait nous voir! Protesta-t-elle en essayant de se libérer.
Law réagit en la soulevant presque du sol à la force d'un seul bras.

– Vu l'état dans lequel ils sont tous, même s'ils nous voyaient, ils ne s'en souviendront plus demain.
Avec ça, il invoqua un dôme et les téléporta tous les deux à bord du sous-marin. Plus précisément dans sa chambre.

– Tu ne pensais pas que revenir à bord mettait fin à notre petit arrangement, n'est-ce pas?
A vrai dire, la jeune fille n'avait même osé espérer que regagner le Heart mettrait un terme à l'irritant petit jeu auquel ils se livraient tous les deux depuis des jours. La jeune femme se demandait encore comment elle avait pu garder la tête froide pendant tout ce temps, avec Law qui profitait de la moindre occasion pour essayer de la faire craquer, la frôlant, la caressant, faisant des allusions vaseuses qu'elle seule comprenait, comme cette fois où il s'était servit d'un abricot en forme de fesses pour lui montrer de quoi il était capable avec sa langue. Inutile de dire que personne n'avait compris pourquoi la jeune femme était soudain devenu si rouge qu'elle dû sortir de la cambuse avant d'attirer trop l'attention.

Avec un sourire ravageur, Law l'avait jeté sur le lit avant de s'y laisser tomber à son tour. Il l'avait à nouveau saisit de son bras valide et l'avait serrer contre lui avant de ... s'endormir comme une masse, épuisé par la soirée.

Ce qui l'amenait à sa situation présente, sur le sol de la chambre de son capitaine, toujours revêtue des vêtements qu'elle portait la veille, tandis qu'une étrange impression envahissait son corps. Ces sensations incroyables ... Cette chaleur ... Cette envie irrésistible ... Ce plaisir qui montait en elle, menaçant d'exploser à tout moment ... Et la peau chaude de Law contre la sienne ... Son odeur ... Sa voix rassurante ... Ses mains expertes... Tout ça, restait incroyablement vivace dans son esprit. Elle avait même l'impression de le sentir encore en elle.

Pendant une minute vertigineuse, elle cru que tout ça était réel, puis son esprit se réveilla totalement et elle se rendit compte que c'était impossible. Elle portait encore ses vêtements, rien ne laissait présager qu'elle avait été déshabillée puis rhabillée ensuite. Jetant un coup d'oeil par dessus le matelas, elle vit que Law aussi était toujours habillé, son jean serré et son sweatshirt à plumes étaient dans le même état, un peu froissé, que la veille. Il était impossible qu'il ait pu la rhabiller pendant qu'elle dormait et se rhabiller ensuite sans la réveiller. Surtout avec son bras cassé.

Par le sang des Matriarches! Jura-t-elle en atlante.
Voilà qu'elle se mettait à faire des rêves érotiques impliquant Law et une version plus que consentante d'elle même! En plus de tout ce que Law lui faisait subir dans la journée, il fallait que son esprit prenne le relais la nuit. Elle sentit alors le contentement un peu moqueur de Esran au fond d'elle et compris que le symbiote ne devait pas être étranger à cette expérience onirique.

Grommelant des insultes dans sa langue natale, Seran quitta enfin sa place sur le sol et s'étira longuement avant de décider d'aller prendre une douche. Elle quitta doucement la chambre, en faisant attention à ne pas réveiller Law et se dirigea vers la cabine qu'elle partageait avec Chisa. La rouquine était étalée de tout son long sur son lit, le visage enfoncé dans son oreiller. Seran vérifia qu'elle respirait toujours avant de s'emparer de sa trousse de toilette et de vêtements propres et de ressortir.

Les douches étaient désertes, probablement que le reste de l'équipage était encore en train de dormir, cuvant dans divers coin du sous-marin ou sur la plage, pour ceux qui n'avaient même pas pu regagner le bâtiment. Seran eut donc le loisir de prendre tout son temps et de laisser l'eau chaude délasser ses muscles. Quand elle sortit de la salle d'eau, habillée et les cheveux encore un peu humides, elle croisa quelques autres membres de l'équipage qui traînaient les pieds dans les coursives. Ils avaient tous des têtes à faire peur et devaient sans doute se ressentir douloureusement de leurs écarts de la veille. L'Atlante ricana discrètement en se dirigeant vers le réfectoire.

La salle était vide. En revanche, Shô, le cuisinier, était à pied d'oeuvre derrière ses fourneaux. Il mélangeait le contenu d'une énorme marmite à l'aide d'une longue louche. L'odeur qui se dégageait de la mixture était tout sauf appétissante. Seran sentit son estomac se révolter contre cette odeur écoeurante. Elle approcha néanmoins le comptoir.

– Bonjour, Shô-san!

– Hello, princesse. Un bon petit déjeuner, ça te tente?
Seran fit tout ce qu'elle put pour ne pas froncer le nez.

– Cette soupe à l'air ... euh ...
Son hésitation fit rire le cuistot.

– C'est pas de la soupe, ça, princesse. C'est mon remède spécial anti gueule de bois. Efficacité garantie dès le premier verre! Mais tu n'en as pas besoin, j'ai l'impression.

– Pas vraiment, répondit l'Atlante en essayant de ne pas penser à ce que pouvait contenir ce fameux remède pour dégager une telle odeur.
Shô lui servit donc un solide petit déjeuner qui avait meilleure allure que la mixture qui bouillonnait dans la marmite. Seran le remercia et s'installa à sa place habituelle.

Ele ne resta pas seule très longtemps. Quelques minutes plus tard, la porte du réfectoire s'ouvrit à nouveau, laissant le passage à Penguin. Le jeune homme avait, lui aussi, une mine de déterré et les yeux rouges. Sa démarche était raide et il avait des traces sur le visage qui laissaient supposer qu'il avait dormit la tête appuyée contre l'écorce d'un arbre rugueux. Il se fit servir par Shô avant de rejoindre l'Atlante à leur table habituelle.

– B'jour, fit-il d'une voix pâteuse.

– Bonjour, Penguin-kun, accueillit Seran avec un sourire. Bien dormi?
Le haussement de sourcil qu'elle obtint valait toutes les réponse.

– J'sais pas c'que j'ai fait hier soir, mais ça dû être fameux, fit-il en lançant un regard hargneux vers le verre de remède qui trônait sur son plateau. J'crois que j'me suis servi d'une bûche comme oreiller!
Il massa sa nuque endolorie d'une main avec un soupir las.

– C't'idiot de Shachi dort complètement à poil sur la plage, ajouta-t-il.
Il leva la tête vers Seran et lui lança un regard suppliant:

– Pitié, ne me dit pas qu'il nous a encore fait la danse du gros serpent.
Seran faillit s'étouffer avec son omelette.

– Gros serpent? ... Si c'est comme ça que tu appelles danser nu, alors oui, il l'a fait.
Penguin eut un soupir à fendre l'âme.

– Cet idiot!
Seran se demanda si c'était l'effet de sa gueule de bois où de son amour non partagé pour le châtain, mais elle eut l'impression que Penguin en voulait à Shachi de s'être ainsi exhibé devant tout le monde.

– Gros serpent, tu parles! Grommela-t-il. Mini limace, ouais!
Seran dut se mordre la langue pour ne pas éclater de rire.

– Si un crabe pouvait la lui bouffer, ça lui ferait les pieds.
Avec ça il s'empara du verre contenant le remède à l'odeur nauséabonde. Le liquide avait une étrange couleur verdâtre qui ne donnait pas à Seran l'envie d'y goûter.

– Tu vas vraiment boire ça? Demanda-t-elle un peu inquiète.

– Faut bien, répondit-il en considérant son verre avec agacement. Sinon je serai dans le cake toute la journée.

– Mais, qu'est-ce qu'il y a là dedans?
Penguin lorgna son verre avec un froncement de sourcil agacé, comme si le remède du cuistot l'avait offensé.

– Personne ne le sait, répondit-il. Shô en garde soigneusement la recette et ne l'a partagée qu'avec le capitaine. Divers plantes médicinales à ce qu'il parait. Mais je mettrait ma casquette au feu qu'il n'y a pas que ça.

– Qu'est-ce qui peut sentir si mauvais?

– Ça, c'est la feuille de caroc, fit une voix derrière elle.
Seran se tourna pour voir Perry, le second médecin de bord, s'approcher avec son plateau. Il avait l'air en meilleure forme que Penguin.

– Le suc extrait de la feuille de caroc est un remède souverain contre les migraines et les nausées, connu sur pratiquement toutes les îles de North Blue. Mais dès qu'on la fait bouillir, elle dégage cette odeur nauséabonde.

– Mouais, fit Penguin, l'oeil toujours rivé sur son verre. Le goût est tout aussi répugnant.
Il prit une grande inspiration et vida son verre d'un trait avant de faire une grimace dégoûté.

– Eurk! Immonde!
Il s'empressa d'avaler une grande gorgée de café, se brûlant la langue et la gorge au passage, pour faire passer le goût du remède.

Peu à peu, la salle commença à se remplir de pirates en piteux état. Seran se demanda un instant si, en dehors de Meema, quelqu'un avait réussi à passer la soirée sans boire. Elle eut la réponse quand Bepo se joignit à eux, un journal sous le bras. L'ours semblait aussi frais et dispo que d'habitude quand il s'assit face à elle.

– Bonjour, lança-t-il.
Des sifflements de douleur lui répondirent.

– Moins fort, supplia Penguin en se massant les tempes.

– Désolé!
Seran ne put retenir un sourire devant la mine contrite de l'ours blanc. Avisant le journal posé sur la table, elle tendit la main et s'en empara. A bord du Sunny, Nami ne laissait personne le lire avant elle, comme si les nouvelles qu'il contenait pouvait valoir de l'or. Seran n'était pas une habituée des nouvelles fraîches, mais là, entourée de marins pour qui le moindre bruit était un calvaire et privée de Law qui dormait encore, elle n'avait pas beaucoup de possibilité de conversation. Elle ouvrit donc le journal devant elle et se cacha derrière afin de ne plus voir les têtes de zombies de ses camarades.

Les premières nouvelles qu'elle trouva n'étaient pas intéressantes. Des conflits sur Grand Line, la grande chasse aux pirates de Akainu, la lutte du Gouvernement Mondial contre les Révolutionnaires ... Rien qui ne sortait de l'ordinaire. Elle allait rendre le journal à Bepo quand, en le refermant, elle tomba sur un gros titre qui faillit la faire tomber de son siège. Elle manqua de peu de s'étouffer avec son thé. Abasourdie, elle bondit sur ses pieds.

– Il faut que Law voit ça tout de suite.
Elle ne prêta aucune attention à Penguin qui lui conseillait de laisser le capitaine dormir.

Quand elle entra dans la chambre, Law était assis sur le lit, prêt à se lever. Contrairement à ses hommes, il ne montrait aucun signe de gueule de bois et semblait en excellente santé. Tout du moins en aussi excellente santé qu'il pouvait avec ses cernes et son bras cassé. Un sourire goguenard étira ses lèvres dès qu'il vit Seran se précipiter vers lui mais elle ne lui laissa pas le temps de faire la moindre remarque.

– Regarde un peu ça, fit-elle en lui tendant le journal.
Un peu confus, le jeune homme baissa les yeux et lança un regard au journal plié qu'elle lui tendait. Il avait à peine lu les premier mots qu'il le lui arracha des mains. Sur la première page s'étalait en grosses lettres noires une nouvelle qui le laissa pantois.

DONQUIXOTE DOFLAMINGO DESTITUÉ DE SON TITRE DE SHICHIBUKAI!

Suivait un long article s'étalant sur trois colonnes faisant l'inventaire des raisons de cette révocation, la principale étant son implication dans l'évasion de Law, et des méfaits commis par l'ancien Shichibukai depuis qu'il portait ce titre. Law commenta que le Gouvernement Mondial n'en connaissait même pas le quart. Seran, qui lisait en même temps que lui, fut plus intéressée d'apprendre que ni le Gouvernement Mondial ni la Marine n'avaient accepté de s'exprimer sur le sujet, se contentant de faire savoir que Donflamingo était à présent leur cible prioritaire dans le Nouveau Monde. Le blond et sa clique avaient quitté Dressrosa en catastrophe quelques heures seulement après l'annonce de sa destitution, réussissant à échapper aux poursuites de l'amiral Fujitora, charger de l'arrêter. L'article précisait également que l'ancienne famille royale de Dressrosa, les Riku, avait été aussitôt remise sur le trône et que le Gouvernement Mondial voulait entamer des négociations avec elle concernant des sujets encore non évoqués.

– Quelle bande d'enfoirés, commenta Seran outrée. Ils n'ont pas levé le petit doigt pour les aider à se débarrasser de Doflamingo et maintenant qu'ils ont retrouvé leur place, ils espèrent en tirer profit. C'est se foute de la gueule du monde. J'espère que le roi va les envoyer sur les roses.

– Y'a des chances, répliqua Law sans quitter l'article des yeux. Eh regarde ça!
Il désigna une ligne du doigt et les yeux de Seran s'agrandirent de stupéfaction. D'une voix tremblante, elle lut la phrase que Law lui avait signalée.

– "La prime sur la tête de Donquixote Doflamingo a été réactivée et s'élève à présent à ... à six-cent quatre vingt millions de Berrys, faisant de lui l'homme le plus recherché du monde, juste après Monkey D Dragon, le leader révolutionnaire de sinistre réputation."
Elle regarda Law, abasourdie.

– Six cent quatre-vingt millions!
Elle semblait avoir du mal à imaginer l'ampleur d'une telle somme. Law semblait lui aussi complètement sonné par une telle nouvelle mais son esprit logique se remit rapidement en marche.

– Doflamingo a perdu son titre, son île et surtout sa petite usine, résuma-t-il. Il y a fort à parier que pas mal de monde va se lancer à ses trousses. Marines, chasseurs de primes où anciens adversaires revanchards. Mais le pire de tous sera certainement Kaido.
Seran tendit l'oreille, reconnaissant le nom de leur cible.

– Il pardonne difficilement l'échec et la première alerte sur Dressrosa, quand on a attaqué Doflamingo et son usine, a certainement dû émousser sa patience et son indulgence. Mon plan initial était de les obliger à s'affronter pour ensuite achever le vainqueur affaiblit. Ça aura pris plus de temps que prévu mais il semblerait que ça soit enfin en marche. Ce qu'il nous reste à faire est de surveiller de loin les mouvements de l'un comme de l'autre. Je connais Doflamingo. Il ne va pas attendre que Kaido porte le premier coup, ce n'est pas dans son caractère. Il va essayer de frapper le premier. Et ça ne va pas être beau à voir.
Un sourire mauvais s'étira sur ses lèvres tandis qu'il prononçait ces mots.

− Mais pour l'instant, ça ne nous concerne pas. Concentrons nous juste sur le plan et sur l'attaque contre Potcalora.
Seran poussa un soupir. Elle avait espéré l'espace d'un instant qu'il renonce à son plan. L'action qu'il projetait était risquée et pas uniquement parce qu'elle les amènerait sur une île comportant une base puissante de la Marine. Même avec son bras cassé et son plâtre, Law entendait bien y participer. Seran savait qu'il était inutile d'essayer de lui faire entendre raison. Il ressemblait plus à Luffy qu'il voulait bien le croire. L'Atlante n'avait plus qu'à espérer que tout se passe bien.