Grâce à leur vision surdéveloppée, les loups garous n'étaient pas handicapés par la pénombre qui avait envahie le gymnase. C'était un sacré avantage pour eux car ils pouvaient se déplacer dans le noir sans faire de bruit, exactement comme un loup l'aurait fait, et de fait, prendre les kidnappeurs par surprise.

Malheureusement, leurs ennemis en décidèrent autrement.

Le premier coup de feu retentit, surprenant la meute qui ne s'attendait pas à être repérée alors qu'ils venaient juste de pénétrer dans le gymnase. Une fusillade débuta et chaque loup garou tenta d'éviter les balles qui sifflaient près d'eux, cherchant désespérément où étaient cachés les tireurs pour les mettre hors d'état de nuire.

Dès qu'il avait entendu le premier tir, Derek avait appuyé d'une main sur le torse de Stiles pour le pousser sur le côté. Les deux garçons s'étaient dissimulés derrière une grosse caisse de matériel pendant que le reste de la meute s'étaient jetées du côté opposé au leur.

— Ne bouge pas de là. Reste caché. Attends que tout se calme. Et ne fais rien d'idiot ! murmura l'alpha à toute vitesse.

Stiles chercha à tâtons la main du jeune homme et la serra entre ses doigts.

— Reste en vie. Et ne fais rien d'idiot ! chuchota-t-il en réponse.

Derek resta muet puis se coula derrière la caisse, laissant le garçon en plant. L'adolescent avait du mal à voir ce qu'il se passait dans le gymnase. Quelqu'un avait repoussé la porte qu'ils avaient ouverte et ses yeux n'arrivaient pas à s'habituer à la pénombre environnante. Il fut tenté pendant un bref instant d'utiliser son téléphone portable comme une torche pour s'éclairer mais il pensa que la lumière ne ferait qu'avertir leurs ennemis sur sa position.

Si Stiles ne pouvait se fier à sa vision, il entendait parfaitement tout ce qui se passait. Les coups de feu étaient tirés par intermittence, comme si leurs agresseurs attendaient d'avoir leur cible en ligne de mire pour appuyer sur la gâchette.

Une ou deux fois, les tirs furent suivis d'un cri de douleur et le garçon espéra que ce n'était pas un de ses amis qui hurlaient parce qu'il avait été touché mais plutôt un adversaire qui s'était fait avoir par un loup garou.

Alors que la fusillade battait son plein, la lutte corps à corps commença. L'adolescent ouvrait grand ses oreilles pour tenter de localiser ses amis entre les bruits de pas qui résonnaient dans le gymnase et les grognements qui retentissaient lorsqu'un poing ou un pied s'enfonçait dans un estomac.

Un craquement sec se fit entendre, suivi d'un hurlement de douleur et Stiles retint son souffle en reconnaissant la voix d'Isaac. Tétanisé, le garçon n'osa pas bouger de sa cachette alors qu'il mourrait d'envie de se précipiter près de son ami pour voir si tout allait bien.

Le tintement d'une chaîne contre le parquet s'ajouta aux bruits de lutte et de fusillade et Stiles sentit un frisson lui parcourir l'échine. Ce n'était pas de très bon augure. Il essaya de se convaincre que la chaîne était celle qui avait retenu Erica prisonnière mais en son for intérieur, il était persuadé que leurs ennemis avaient attrapé au moins un des loups garous.

Les tirs finirent par s'éteindre et les dernières minutes de la bataille s'écoulèrent sans qu'aucune balle ne siffle plus. La fusillade était remplacée par le combat rapproché. Stiles écouta avec angoisse les derniers coups échangés. Des râles s'élevaient de temps en temps mais le garçon n'arrivait pas à reconnaître si c'étaient les voix de ses amis.

Il n'y eut bientôt plus de bruits de lutte et on n'entendit plus que le frottement des pas contre le parquet et le tintement des chaînes pendant quelques secondes. Puis, la lumière revint dans le gymnase et l'adolescent cligna vivement des yeux, surpris.

Aucune parole n'était échangée ce qui l'inquiéta encore plus. Si ces amis avaient gagnés la bataille, ils se seraient interrogés pour savoir si tout le monde allait bien. Prenant son courage à deux mains, Stiles se déplaça très lentement derrière la malle où il se cachait, tâchant de ne pas se faire remarquer à cause du frottement de ses vêtements contre sa peau. Le garçon s'approcha de l'interstice entre sa caisse et sa voisine et y glissa un œil prudent.

Par chance, sa cachette était bien placée. L'adolescent put se rendre compte de la situation. Et elle n'était pas du tout à leur avantage.

Une poutre de gymnastique avait été amenée au milieu de la pièce et les loups garous y étaient tous attachés de part et d'autre à l'aide de chaînes argentés. Une dizaine d'hommes vêtus de noirs, avec d'épais gilets de protection sur le dos, entouraient la poutre. Certains avaient un fusil dans le dos.

De grosses lunettes étaient remontées sur le haut de leur crâne et Stiles devina qu'il s'agissait de lunettes à vision nocturne. C'était ainsi que les hommes avaient pu prendre l'avantage sur les loups garous.

Le garçon s'étonna du nombre d'adversaires présents. La meute n'avait décelé que six respirations à l'intérieur du gymnase, dont trois étaient censées appartenir aux filles. Les renforts avaient dû arriver un peu plus tard, pour leur laisser croire qu'ils avaient l'avantage du nombre.

L'adolescent détailla ensuite l'état de ses amis.

Derek avait les bras tordus dans le dos, dans une position qui devait être plus qu'inconfortable. Ses lèvres étaient tuméfiées et une vilaine blessure s'ouvrait le long de son torse, tâchant son T-shirt déchiré.

Isaac avait le teint extrêmement pâle et sa jambe droite formait un angle bizarre, loin d'être naturel. La respiration du garçon frisé était saccadée, comme si le simple fait d'inspirer de l'air lui causait une vive douleur.

La tête de Boyd était inclinée, son menton reposant contre sa poitrine. Il semblait inconscient et Stiles espéra qu'il était juste évanoui. Quand à Jackson, un énorme bleu était en train de naître sur sa pommette gauche. Les lèvres ouvertes, un filet rouge coulait sur son menton.

Scott avait une longue balafre qui lui traversait le visage de son front jusqu'à sa tempe et du sang gouttait le long de son nez et sur sa paupière. Bien qu'il paraisse mal en point, son regard était fixé sur un point de la salle et ses yeux grands ouverts semblaient inquiets.

Stiles se décala silencieusement pour réussir à voir ce que son meilleur ami observait. Il découvrit alors les filles. Erica avait les mains suspendues à des anneaux et elle touchait à peine le sol. La jeune louve devait se mettre sur la pointe des pieds pour ne pas se reposer entièrement sur ses bras. Une grimace de souffrance lui déformait le visage et elle avait fermé les yeux.

Lydia et Allison était dos à dos, attachée l'une contre l'autre. Un grand morceau de scotch gris les empêchait de parler. Un hématome se formait autour de l'œil droit de la chasseuse et les deux filles avaient les cheveux en bataille. Elles n'avaient pas dû se laisser faire lorsque les adversaires étaient venus les chercher dans le complexe.

Lydia pleurait silencieusement. De longues traînées noires de mascara partaient du coin des yeux de la jeune rousse et disparaissaient sous le scotch qui lui barrait la bouche. Allison tentait de rester impassible, sûrement par fierté, mais ses yeux brillaient de peur.

Stiles se sentit découragé. Que pouvait-il faire ? Leurs ennemis étaient nombreux et bien entraînés. Ils avaient réussi à mettre en déroute la meute de Derek, alors que les loups garous savaient se défendre. Que pouvait bien faire un gamin de seize ans contre ces hommes armés de fusils d'assaut ?

Le jeune garçon réfléchit aux différentes possibilités qui s'offraient à lui.

Se jeter sur Derek ou sur n'importe lequel de ses amis pour le libérer était la pire idée possible. Le temps qu'il arrive jusqu'à la poutre, il se serait fait criblé de balles. Et même en admettant que par un miracle, il parvienne à libérer un loup garou, les lycanthropes étaient trop mal en point pour parvenir à défaire leurs ennemis.

Deuxième solution : sortir du gymnase sans se faire repérer et prévenir la police. Plan tout aussi risqué que le précédent. Stiles tourna la tête vers la porte, qui lui sembla beaucoup trop éloignée. Il n'était pas certain de réussir à s'éclipser sans se faire remarquer. La probabilité qu'il se fasse tirer dessus avant d'être sorti du gymnase frôlait les quatre-vingt-dix-neuf pour cent.

De toute façon, même s'il arrivait dehors indemne, il fallait encore qu'il arrive à semer ses poursuivants pour pouvoir appeler les secours. L'adolescent devrait soit rejoindre le complexe, soit se cacher dans la forêt. Mais les deux lieux lui semblaient hors de portée. Il n'avait aucune chance de pouvoir duper les hommes qui retenaient prisonniers ses amis. Pas quand lui-même ne voyait rien dans le noir et que ses ennemis disposaient de lunettes à vision nocturne.

La meilleure idée était certainement de rester caché en priant pour que quelqu'un découvre par hasard qu'ils étaient coincés dans le gymnase. En ne les voyant pas revenir, Danny et Matt s'inquiéteraient sûrement et finiraient par prévenir la police.

Danny et Matt.

La voilà, la solution idéale ! Il suffisait que Stiles leur envoie un message pour leur demander d'appeler les secours tandis que lui restait sans bouger dans le gymnase. De cette façon, la police serait prévenue et il éviterait de se faire tirer dessus en tentant un sauvetage désespéré.

Il n'avait plus qu'à espérer que les hommes se contenteraient d'attendre nonchalamment, sans décider de tuer un par un ses amis sous ses yeux, le temps que les secours arrivent.

Au moment où il pensait à ses deux coéquipiers, le téléphone de l'adolescent se mit à sonner. Il venait de recevoir un texto. Les regards convergèrent immanquablement vers sa cachette. Paniqué, le garçon sortit son téléphone portable de sa poche, le posa le plus silencieusement possible au sol et se jeta derrière un sac de ballons de basket-ball.

Un des hommes qui surveillait la meute s'approcha à grands pas de la caisse de matériel qui avait abritée Stiles et scruta les environs pour vérifier qu'il n'y avait personne. Aplati au sol, l'adolescent n'osa pas se relever avant d'avoir entendu l'homme retourner près de ses camarades.

— Téléphone au sol, se contenta-t-il de lancer à la cantonade.

Personne ne lui répondit. Stiles hésitait entre rester tapi derrière les ballons ou retourner chercher son téléphone pour envoyer un message à ses deux amis restés à l'hôtel afin qu'ils préviennent la police. Il n'eut pas le temps de se décider.

La porte du gymnase s'ouvrit et un homme entra, suivi de trois personnes que l'adolescent connaissait bien.

Danny et Matt soutenaient Peter qui se laissait traîner plus qu'il ne marchait. Presque translucide, le loup garou avait le visage baigné de sueur et les yeux mi-clos. Les deux humains n'en menaient pas large non plus. Matt fixait le sol, ses pupilles agrandies par la terreur. Un tic nerveux agitait la paupière de Danny et c'était surtout lui qui portait Peter.

Stiles se retint de se frapper la tête contre le sol. La situation s'empirait un peu plus à chaque instant. L'adolescent n'avait pas imaginé que les trois derniers rescapés de leur groupe se feraient à leur tour kidnapper. Il aurait dû penser plus tôt à leur dire d'appeler la police. A présent, ils étaient dans le pétrin le plus total et le garçon ne savait plus quoi faire pour les sortir de cette histoire.

C'est alors que le pire arriva. Même dans ses cauchemars les plus sombres, il n'aurait jamais inventé un pareil scénario.

Alors que ses trois amis se dirigeaient vers le centre de gymnase, quatre ennemis y entrèrent à leur tour. Trois hommes qui ressemblaient en tout point à ceux qui retenaient le reste du groupe sous surveillance et une femme.

Une femme aux longs cheveux bruns dont les reflets dansant avaient la couleur du caramel. Une femme aux pupilles vertes qui prirent une teinte bleue lorsque la lumière les atteignit. Une femme dont le bout du nez était rond. Une femme aux lèvres bien dessinées.

Sa mère.

Le cœur de Stiles rata un battement. Il regarda passer cette femme, sa mère. Le garçon n'en croyait pas ses yeux. Que faisait-elle là ? Etait-ce encore une hallucination ? Etait-elle vraiment là ? De quel côté était-elle ? Venait-elle les secourir ou au contraire, faisait-elle partie des méchants ?

L'adolescent ne comprenait plus rien à la situation. Son esprit n'était plus qu'une grande page blanche et aucune explication cohérente ne venait l'aider à y voir clair.

Sa mère s'approcha de la poutre et fit un geste de la main.

— Attachez-les avec les autres.

Stiles eut l'impression qu'un poignard s'enfonçait dans son ventre. Il avait obtenu, en une seule phrase, des réponses aux questions qu'il se posait.

Sa mère était bien réelle mais elle n'était pas du même côté que lui.

La femme observa d'un air hautain ses prisonniers. De là où il était, Stiles la voyait de profil. Son cœur battait si fort contre ses côtes qu'il était persuadé qu'on allait finir par l'entendre. Il n'arrivait pas à croire ce qu'il voyait. Sa mère ne pouvait pas être vivante.

L'adolescent avait été à son enterrement. Il l'avait pleuré pendant des jours et nuits. Son père ne s'était pas encore vraiment remis de sa disparition. Lui-même non plus n'avait pas encore cicatrisé.

Et comment sa mère pouvait-elle infliger un tel traitement à ses amis ? Depuis quand était-elle devenue une psychopathe qui s'en prenait à des innocents ?

La voix de Scott tira Stiles de ses sombres pensées.

— Je ... Mme Stilinksi ?

Le jeune garçon ne se sentit pas vraiment soulagé de constater que son meilleur ami reconnaissait sa mère. Alors qu'il avait passé ses vacances à espérer secrètement qu'elle soit toujours en vie, il aurait désormais préféré qu'elle ne soit jamais sortie de sa tombe.

La femme s'avança jusqu'à Scott et lui décocha une gifle qui claqua sèchement, faisant violemment tourner la tête du garçon.

— Tais-toi. Je ne t'ai pas donné la parole, déclara-t-elle froidement.

La tête de Stiles lui tournait. Sa mère ne l'avait jamais frappé. Comment pouvait-elle avoir changé autant en trois ans ?

Le garçon sentit ses mains commencer à trembler tandis que des larmes lui embuaient la vue. La crise de panique le guettait, attendant le meilleur moment pour lui sauter dessus. L'adolescent serra les dents. Il était hors de question qu'il se laisse submerger par ses émotions. Pas maintenant.

La voix de sa mère – pouvait-il encore l'appeler comme ça ? – le glaça un peu plus.

— Pourquoi ne sont-ils que onze ? Je vous avais bien dit qu'ils devraient être douze.

Il y eut un instant de silence, puis l'un des hommes lâcha d'une voix monocorde :

— On a attaché tous ceux qu'on a trouvés.

— Et bien vous en avez loupé un, cracha la femme. Il doit s'être tapi dans un coin de la salle.

Elle tourna lentement sur elle-même, scrutant le gymnase.

— Où te caches-tu ? murmura-t-elle. Où es-tu ?

Stiles ferma les yeux, espérant échapper au regard perçant de sa mère. Il était dévoré par la peur. La femme qu'il voyait ne ressemblait en rien à la personne qui l'avait élevé. Ses amis étaient prisonniers d'une psychopathe soutenue par une quinzaine d'hommes aux mines patibulaires et équipés de fusil d'assaut.

La crise de panique s'insinua doucement en lui. Son souffle se coupa et ses membres commencèrent à être secoués par des spasmes impossibles à contrôler. C'est alors que la voix de Derek s'éleva dans le gymnase, frappant l'adolescent en plein cœur.

— Il n'est pas là.

Stiles rouvrit les yeux et à travers sa vision floue, il distingua sa mère qui se pivotait vers l'alpha.

— Qui n'est pas là ?

Sa voix était tranchante et froide comme la glace. Mais il en fallait plus pour impressionner le jeune homme.

— Stiles. C'est bien lui que vous cherchez, n'est-ce pas ?

—Dans ce cas, où est-il ?

— Il est à Beacon Hills. Il est parti voir son père.

Le mensonge était convaincant. Les garçons avaient été absents assez longtemps dans la journée pour que leur ami ait eu le temps de retourner chez lui.

Le rire glacial de la femme rompit le silence qui s'était abattu dans le gymnase.

— Tu penses que je vais te croire ? Pourquoi sa Jeep est garée devant l'hôtel alors ?

L'adolescent vit sa mère s'accroupir pour être au niveau de Derek. Elle attrapa le visage du loup garou entre son index et son pouce et susurra perfidement :

— Il me semblait que Stiles était bien là lors de votre petit tête-à-tête dans le parking.

Le garçon se figea. Sa mère était au courant de leur relation ? Mais comment avait-elle fait ? Les espionnait-elle depuis le début de leur séjour ? Les souvenirs de leurs moments d'intimité revinrent par vague dans sa mémoire.

La bouche de Derek contre la sienne. Leurs langues jouant ensemble. Leurs souffles emmêlés. Leurs doigts qui se lient. Les caresses timides. Les aveux chuchotés. Le secret dissimulé. Le désir. La passion. L'envie.

L'amour.

Stiles inspira profondément pour se calmer. Il n'avait plus le choix. Il devait trouver un plan pour sauver ses amis avant que la folle qu'était devenue sa mère ne leur fasse du mal.

La femme se releva et lança d'une voix forte :

— Tu as une minute pour te montrer, Stiles. Sinon, je te tue tout le monde. En commençant par celui-là.

Sans aucune surprise, elle désignait du doigt l'alpha. L'adolescent fronça les sourcils. Son amoureux aurait pu fait un effort et allonger le cou pour croquer l'index de sa mère. A sa place, c'est ce que le garçon aurait fait.

— Plus que trente secondes, Stiles.

— Il ne viendra pas, assura Derek. Il est à Beacon Hills. C'est Scott qui a conduit sa Jeep jusqu'au complexe.

— Vingt secondes.

L'adolescent se pinça les lèvres. Avait-il vraiment le choix ? Sa mère n'était pas dupe et ne croyait pas un instant les affirmations que lançaient désespérément l'alpha. Elle les avait vus s'embrasser sur le parking. Elle savait qu'il était ici.

— Dix secondes.

Stiles soupira avant de se relever.

— Je suis là.

Aussitôt, quinze fusils se tournèrent vers lui dans un cliquetis de métal. Etrangement, le jeune garçon se sentit serein devant les canons qui étaient dirigés sur lui. Il était nettement plus impressionné par les yeux bleu-vert de sa mère, qui le fixait. Un sourire narquois s'étala sur le visage de la femme.

— J'ai bien cru que tu continuerais de te cacher, jusqu'à ce que j'aie tué tous tes amis. Il faut croire que tu es un peu moins lâche que ton père.

— Mon père n'est pas lâche ! s'écria Stiles d'une voix tremblante.

Sa mère balaya l'air de sa main comme pour éloigner son objection.

— Ca, c'est ton avis. Mais je le connais bien mieux que toi.

L'adolescent ne répondit pas, la gorge nouée. Cette femme essayait de jouer avec ses nerfs. Il ne lui laisserait pas l'occasion de s'amuser avec lui.

Voyant qu'il ne comptait pas poursuivre la discussion, la femme décida de changer de tactique et ouvrit grand les bras.

— Cela fait trois ans que nous ne nous sommes pas vus, et tu ne viens même pas dire bonjour à ta maman ?