Hello !

Plus que 3 chapitres avant la fin ^^

Merci à Moira-chan pour la correction de ce chapitre :)

Kama-chan59 : J'ai décidé de faire en sorte que la GM apprenne la maladie de Sei avant sa mort, en partie parce qu'on m'a pas mal réclamé plus de passage avec la GM. Mais à la base, ils était bien moins présent, le scénario a beaucoup évolué depuis que j'ai commencé à poster cette fic ^^ Merci beaucoup pour ta review !

Mayshea : Merci beaucoup ^^ Contente que cela t'ai plus, j'avais peur de bâcler leurs sentiments.

Bonne lecture à tous !

PS : Help et Début de la fin sont toujours a égalité. CEPENDANT, j'ai décidé de poster Help en premier pour des raisons très simples :

1_ Je n'ai pas terminé certains chapitre de Début de la Fin et j'aime avoir terminé une fic avant de commencer ç la publier (exception avec Après l'amour, mais c'est un recueil ^^).

2_ C'est égoïste, mais j'ai moi-même un préférence pour Help.


Il n'y avait jamais de place sur le parking de l'hôpital le samedi – et ce, peu importait l'heure à laquelle on arrivait.

Je mis mon clignotant pour m'engager dans la petite ruelle de gauche où je commençais à avoir l'habitude d'aller. Là, il n'y avait personne à part ma voiture.

De la ruelle, on apercevait le parc de l'hôpital : on voyait les grands cerisiers, les bancs avec déjà quelques personnes assises dessus, toutes en blouse blanche (des patients, sans doute, comme Sei). Les infirmières, toujours en tenue verte ou bleue, restaient à leurs côtés.

Je fis le tour de l'établissement pour rejoindre l'entrée principale. Les portes en plexiglas s'ouvrirent devant moi. De là, je sentais déjà l'odeur particulière de l'hôpital, une odeur qui prenait possession de l'appartement quand je rentrais le soir, qui se déposait sur mes vêtements, qui hantait Sei.

Je n'aimais pas cette odeur. C'était une odeur de médicaments, de maladie – et de mort peut-être, aussi.

Je connaissais par cœur le chemin jusqu'à la chambre de Sei, puisque c'était un trajet que je faisais tous les jours. Surtout depuis que j'étais en arrêt. Je voyais, dans les chambres aux alentours de celle de Seijuro, les gens changer : des fois leurs occupants étaient des vieux, des fois des jeunes. Je voyais des parents pleurer, des enfants, des adultes, toutes sortes de gens. Ils avaient tous perdu une personne.

C'était comme pour me dire que ce serait bientôt mon tour.

Toutes les infirmières des soins palliatifs me connaissaient maintenant. Cela faisait plusieurs semaines que j'errais dans ces couloirs. Que je m'arrêtais devant cette chambre, devant ce nombre, que je poussais la porte et que je constatais que mon amoureux dormait encore et toujours.

Ce jour-là ne faisait pas exception à la règle : Sei était allongé sur le ventre, le visage enfoui dans l'oreiller. Normalement, ce n'était pas conseillé avec sa canule, mais comme il adorait dormir dans cette position, les infirmières et les médecins avaient depuis longtemps arrêté de se battre pour le retourner pendant la nuit.

Et puis, c'était presque un réflexe pour Sei de dormir comme ça.

Je jetai un furtif coup d'œil à l'électrocardiogramme, qui m'apprit que le cœur de Sei battait toujours – moins vite et moins fort que les autres jours, certes, mais il battait encore.

Je sortis de sous la table la chaise sur laquelle que m'asseyais quand je venais le voir et que les infirmières rangeaient à chaque fois que je partais. Comme à mon habitude, je pris entre mes doigts ceux de Sei et laissai ma chaleur le réchauffer.

Cela prenait toujours très longtemps. La majeure partie de la matinée, en fait.

J'étais piégé entre plusieurs sentiments. D'un côté, je voulais que Sei reste à mes côtés pour l'éternité, mais d'un autre il souffrait tellement que le repos éternel était la seule chose que je lui souhaitais, désormais.

Son corps était à bout de forces, à tel point que je me demandais bien comment il faisait pour continuer à vivre.

Je me demandais sans arrêt où allait son esprit quand il dormait. Est-ce qu'il allait déjà vers les morts et revenait seulement de temps en temps, se préparant au moment fatidique ? Ou bien restait-il ici, à dormir, à se disloquer lentement ?

Il passait tout son temps à dormir. Les infirmières me disaient que c'était normal, qu'il errait entre conscience et inconscience – mais certaines fois, il était dans cet état les yeux ouverts, et c'était très étrange.

Le médecin entra dans la chambre, trois stylos de trois couleurs différentes dans la poche de sa blouse, une planche avec toutes les fiches de ses patients accrochées dessus à la main.

-Bonjour, Nijimura-san.

-Bonjour.

Il s'approcha de Seijuro, prit sa tension, vérifia sa perfusion, puis nota toutes ces informations sur la feuille du patient.

-Vous êtes très proche de lui ?

-Oui.

-C'est admirable que vous continuiez à venir pour lui. Êtes-vous sa seule famille ?

-Non, pas tout à fait, il a un père.

-Ah oui, Masaomi Akashi, n'est-ce pas ?

-Exact.

-Je vois, je vois... Vous m'appellerez, moi ou une infirmière, quand il se réveillera. Il faudra lui demander s'il a des douleurs pour savoir si la morphine et les autres anti-douleurs font effet.

-Entendu.

Sur ce, il me salua avant de partir voir ses autres patients.

Ce devait être dur d'être médecin ou infirmière aux soins palliatifs. Il ne fallait pas être proche des patients, de peur d'avoir mal au moment de leur disparition. J'avais remarqué que les infirmières qui, au début, couvaient complètement Sei, étaient désormais bien moins gentilles, comme si elles formaient un mur entre elles et leur patient. Un mur pour se protéger de la mort, de la tristesse, pour pouvoir continuer à vivre normalement avec la mort d'un enfant, d'un adulte, ou même d'une personne plus âgée sur la conscience.

Ce foutu mur, moi, je n'en érigerai pas.


Seijuro dormit absolument toute la journée. C'était presque inquiétant je me demandais sans cesse s'il allait se réveiller un jour, mais les infirmières, elles, restaient optimistes. Mais après tout, elles pouvaient très bien mentir pour me rassurer.

Le médecin revint dans la journée. Il semblait être comme les infirmières : il trouvait la situation normale. Seijuro emmagasinait des forces, d'après lui – ou bien il lâchait prise, lentement.

Le soir et la fin de l'heure des visites arrivèrent trop vite. Je ne voulais pas partir, je ne voulais pas laisser Sei comme ça.

Je rangeai mes affaires, déposai un léger baiser sur son front et commençai à partir, quand l'infirmière entra pour me dire que les visites étaient finies.

J'entendis un bruit derrière moi et vis Sei remuer dans son lit. Il se réveillait.

-Madame, laissez-moi rester encore un peu ! Je n'ai pas pu lui parler de la journée.

Elle hésita puis m'autorisa à rester encore quelque temps.

Quand elle quitta la chambre, je me précipitai vers Sei et me rassis sur ma chaise.

Chaque fois que Seijuro ouvrait les yeux, il y avait une lueur de défi dans ses pupilles. Il regardait la mort en face et la mettait au défi de venir le chercher. Sauf qu'un jour, qui se rapprochait de plus en plus, il ne pourrait plus ouvrir les yeux, et ce jour-là, la mort pourrait venir.

-Bonjour, mon cœur.

Il n'avait sûrement plus la force de parler, car il ne me répondit que par un petit sourire.

-Tu as bien dormi ?

Il haussa les épaules.

-Aujourd'hui, tu as dormi presque seize heures de suite.

Il parut étonné de ce record.

-Dis-moi, le médecin voulait savoir si tu avais mal quelque part ?

Là, il cessa de me fixer. Son regard sembla soudainement loin il ne me voyait plus, il regardait un point fixe. Soudain, je le vis pâlir.

-Sei ?

-Ça tourne...

-Tu as mal à la tête ?

-Oui...

J'appuyai sur le bouton d'urgence et deux infirmières arrivèrent.

-Que se passe-t-il ?

-Seijuro a la tête qui tourne, je ne pense pas que les médicaments fassent encore effet.

Elles parurent soulagées que ce ne soit que ça. Avec leurs gestes habituels et minutieux, elles changèrent ses médicaments, sa perfusion, firent une piqûre d'un produit indéchiffrable dans le bras d'Akashi, me dirent que tout allait bien, que ça allait passer dans quelques minutes et que si ça ne passait pas, je devais les appeler.

-Shuzo...

-Oui ?

-Shuzo...

-Qu'y a-t-il, mon ange ?

Il me regarda comme s'il ne comprenait pas de quoi je parlais, en fronçant les sourcils.

-Quoi ?

-Tu m'appelais.

-Ah...

-Tu ne sais plus pourquoi, c'est ça ?

-Je crois...

Il perdait complètement pied avec la réalité – pour lui, rêves et vie réelle se superposaient. Les médecins m'avaient certifié que c'était normal, rien de plus qu'une «conséquence banale d'une tumeur au cerveau ».

C'était horrible comme tout avait changé vite...

Il y avait des jours où tout allait bien et des jours où j'avais l'impression que ce serait le dernier. Aujourd'hui me semblait pire que les autres jours.

Mais Sei résistait.

-Shuzo...

-Oui ?

-J'ai un truc à te demander.

-Je t'écoute.

-Considère ça un peu comme mes dernières volontés, même si je suis sûr qu'il y en aura d'autres...

Il toussa et reprit.

-Je veux que tu te réconcilies pour moi avec mon père.

-Vraiment ?

-Oui. Même si toi tu ne l'aimes pas. Ensuite, je veux que tu restes avec la génération des miracles. Tu as l'obligation de les aider, de rester avec eux et surtout de ne pas partir te réfugier loin du passé.

Il bâilla et je le vis de nouveau s'endormir.

-C'est tout, Sei ?

-Non... Mais là, je ne m'en souviens plus.

Les yeux mi-clos, il me demanda une dernière chose :

-Tu veux bien rester dormir avec moi ?

-D'accord, je vais juste appeler la voisine pour lui dire d'aller nourrir le chat pour moi.

Alors que j'étais au téléphone, je vis Sei sourire.

-Qu'est-ce qu'il y a ?

-En fait, tu l'aimes bien, maintenant.

Je ne répondis pas.

Cette fois-ci, je ne demandai pas l'autorisation : je me glissai sous les couvertures, dans ce petit lit d'hôpital où nous avions à peine la place de nous coucher à deux, et je serrai Sei le plus fort possible contre moi. En quelques secondes, il dormait et moi aussi.


Alors ?

Un petit review ?