Salut à tous !

Joyeuses Fêtes de la Toussaint et de la Samain en retard ! J'ai été pas mal occupé ces temps-ci, mais j'ai réussi à reprendre un peu d'avance sur cette fic (je vous réserve notamment un twist pour le prochain vol de KID, vous allez a-do-ré.).

Aujourd'hui, je vous lâche sur une affaire qu'on m'a réclamé avec beaucoup d'énergie et j'espère ne pas décevoir sur ce coup-là : la Tokyo Tower.

Merci encore à tous et à toutes pour vos commentaires et je vous dis à bientôt pour la suite !

CobraNeurotoxique : L'important n'est pas d'imaginer Thatch dans les fringues de Tsuru, mais imaginer Thath se faisant passer pour une vieille femme qui déclare sa flamme à un enfant. Mais je confirme que le costume d'Ivankov ou de la Vahiné lui vont mieux.

Misstykata : Ce fabuleux duo arrive à nous faire rire avec un ragoût de mouton, après tout *wink*

Je vous souhaite donc une bonne lecture, et à bientôt !

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Red n'avait pas besoin d'avoir ses yeux pour comprendre que Satô n'allait pas bien.

- Vous n'êtes pas en état, vous devriez laisser un de vos collègues en charge de la reconstitution, annonça doucement Thatch alors qu'ils étaient de retour sur les lieux du défilé.

Ah ! Donc, c'était pas que lui qui songeait que l'inspectrice n'était pas dans son assiette.

Satô se contenta de leur sourire en leur disant que tout allait bien et demanda à Mitsuhiko et Thatch de se remettre à l'endroit où ils étaient quand la caméra s'était faite voler. Le pirate souffla par le nez, les yeux fermés et le nez au ciel, laissant le vent de novembre jouer avec ses cheveux.

Il en avait assez.

Dépendre des autres, se comporter en enfant et surtout sa cécité étaient un tout qui le tuait lentement de l'intérieur.

- Thatch…

Pendant que Satô parlait au téléphone avec le commissariat, le faux blond leva le nez au ciel.

- Soleil pâle de début d'hiver, quelques nuages mais pas énormément. Beau temps si on est sur le pont mais pas l'idéal pour y rester longtemps si on a pas de radiateur ambulant à proximité.

Il baissa le nez pour regarder la rue, continuant de décrire le décor à son jeune frère aveugle, usant de quelques comparaisons et références à leur vie d'avant pour qu'il puisse se situer, prévoyant déjà de louer un navire pour la nouvelle année. Il n'était pas navigateur, mais il en savait assez pour s'éloigner un peu de la ville et passer du temps avec son nakama en mer pour soulager un peu leur nostalgie. Cela ne vaudrait jamais le Moby Dick, et encore moins ces instants magiques avec leur équipage, mais ils devaient être patients. En entraînant l'Organisation dans sa chute, ils pourraient avoir accès aux informations qui leur permettraient de rentrer chez eux.

Du moins, ils l'espéraient.

C'était leur seule piste.

La seule chose qu'ils avaient qui leur permettait d'avancer.

- Ils sont encore là, j'en suis certain. Quelques-uns au minimum, souffla Thatch en posant une main sur le crâne de son frère. Et si tout a été perdu, celui qui a le plus de chance de survie, ce stupide navigateur et médoc, sera forcément là-bas, à prendre soin de tout ce qu'il reste d'Oyaji.

Red l'espérait vraiment.

Parce qu'il voulait absolument se jeter dans les bras de Marco pour pleurer et s'excuser. Il savait qu'Oyaji avait menti à Marine Ford. Il avait refusé de les écouter, pourtant, devant la marine entière, Shirohige avait dit qu'il avait donné l'ordre à Ace de faire cette traque, passant l'éponge sur son insubordination.

Conan regarda le manège des deux hommes.

La simple observation de leur relation montrait quelque chose de plus profond que deux camarades de combat sur un même navire pirate. Il y avait aussi les mots qu'ils utilisaient pour parler de leur vie commune aux autres. Red l'avait dit. Dans chaque mensonge, il y avait de la vérité.

Et il commençait à comprendre cette vérité derrière.

Il lui manquait juste quelques éléments pour comprendre comment ils en étaient arrivés là.

Il détourna son regard pour revenir à Satô qui regardait avec un sourire triste son téléphone.

Elle finit par se lever, signalant la fin de la reconstitution et raccompagna tout le monde au commissariat. En chemin, ils croisèrent Shiratori et Takagi qui discutaient d'un sujet apparemment sérieux devant un magasin qu'ils avaient fouillé mais qui se révélait être une fausse piste.

Satô leur proposa de l'accompagner au karaoké avec Yumi ce soir-là mais Shiratori déclina, soi-disant pas d'humeur.

- Dîtes, vous enquêtez sur quoi ? demanda Conan à Takagi alors que Shiratori montait dans sa voiture à peine un peu plus loin.

- On a reçu une alerte à la bombe. Aujourd'hui c'est le sept novembre et c'est le jour où ont eu lieu des explosions il y a trois et sept ans. Alors, on a préféré vérifier, lui expliqua Takagi en se penchant vers le bonhomme.

Une alerte à la bombe ?

Une fausse piste ?

Conan se tourna d'instinct vers la voiture de Shiratori et il se fit bousculer au passage sans avoir le temps de réagir ou voir qui l'avait poussé.

BOUM !

La voiture explosa sans que personne ne puisse comprendre le pourquoi du comment, attirant l'attention des passants. Satô, Takagi et Conan se précipitèrent vers le véhicule, surpris de voir les flammes étrangement contenues dans le véhicule et réduire en taille.

Le plus surprenant, ce fut de voir que l'homme n'était pas à l'intérieur.

- C'est dangereux… éloigne-toi vite… haleta une voix sur le trottoir.

Tout le monde se retourna pour voir sur le trottoir, à terre, sous une portière de la voiture, Thatch abritant l'inspecteur Shiratori de sa carrure.

Comment diable avait-il fait pour arriver aussi vite à cet endroit ?

- Je vais m'en sortir, continua l'inspecteur. Mais mon sauveur, j'en doute.

En effet, Thatch semblait avoir des problèmes pour respirer, toussant avec abondance et luttant pour reprendre son souffle. Malgré ses vêtements partiellement abîmés, il ne semblait pas blessé.

- Thatch… reste avec nous ! réclama Red en tirant son ami hors de Shiratori qui porta une main à son crâne qui saignait légèrement.

- L'état de l'inspecteur Shiratori n'est pas très inquiétant, pointa Haibara. Il arrive encore à bouger, malgré la blessure à la tête. Il aurait pu se retrouver avec une hémorragie cérébrale et là, ça aurait été plus préoccupant. Newgate-san, par contre, est un mystère.

Exact.

Parce qu'il était juste ébouriffé si on ne prenait pas en compte ses difficultés à respirer. Il avait pourtant pris le gros de l'explosion pour Shiratori. Conan aida Red à adosser son camarade à un mur et à lui ouvrir sa chemise pour dégager un maximum sa poitrine. Il se figea en tombant nez à nez avec une fine cicatrice rose devant dater de quelques mois au niveau du poumon gauche, côté que l'homme se tenait justement.

Il avait été blessé là. Une blessure assez grave pour endommager son souffle ou au minimum son endurance. Il devait arriver à compenser dans la vie de tous les jours, mais un effort comme il avait dû fournir devait être trop dur pour lui.

- Tu vas devoir renoncer au soru ou le réapprendre, pour l'adapter à ton état, mec. T'es pathétique pour un Commandant de Shirohige, marmonna Red en s'asseyant en tailleur à côté de son ami.

- Incendie… ? haleta Thatch.

- Sous contrôle.

- Shiratori ?

- Ton Haki lui a évité une plus grosse blessure.

Oooh ! C'était donc ainsi que l'homme avait réussi à sauver l'inspecteur !

Finalement, c'était quelque chose de bien de l'apprendre.

- Je vais m'assurer que les gamins ne fassent pas de connerie. Il a déjà fait un truc assez bizarre, aujourd'hui, ne va pas attirer plus que ça l'attention, fit Conan en se relevant de là où il s'était accroupi à proximité du duo.

- On sera sages, assura Red.

- Marco… croit… jamais… haleta avec un faible sourire Thatch.

- J'ai rien pour faire des blagues sous la main et tu luttes pour respirer, on risque pas d'en faire beaucoup des conneries.

Conan s'éloigna, se faisant une note mentale de laisser le moins possible ces deux-là seuls ensembles. Au moins pour sa santé mentale.

Il jeta un œil à la police qui éteignait les restes de l'incendie que Red avait déjà bien étouffé et retourna auprès des autres enfants.

Qui que ce soit, le poseur de bombe en avait après la police.

Il avait lancé une fausse alerte à la bombe dans un magasin et profitait de la foule à l'extérieur pour le cacher et positionner la bombe. Bombe ingénieuse parce qu'elle ne s'était déclenchée que quand Shiratori était entré, puis ressorti de la voiture. A savoir quand Thatch était intervenu… mystère.

Mais pourquoi diable avait-il voulu ressortir aussi vite de la voiture ?

La question trouva sa réponse quand l'homme tendit à Satô un message qu'il avait trouvé dans sa voiture.

- Je voulais te la montrer tout de suite, expliqua Shiratori. Parce que c'est l'occasion de te faire oublier ces souvenirs qui te tracassent et ne veulent pas s'effacer.

Satô prit le papier et lu le texte qui était imprimé dessus.

- « Je lance des balles rapides et belles. Je suis Major Leaguer. Bien, les prolongations peuvent commencer… Le coup d'envoi sera donné par un signal demain à midi et la fin sera sifflée à 15h. il ne servira à rien de préparer un bon "stoppeur" parce qu'à la fin je gagnerai en contre. Si vous voulez interrompre le match, venez à moi. J'attends dans le box d'aciers des batteurs que vous, policiers, montiez sur le monticule couvert de sang. »

Ce texte fit écho à un autre qu'elle avait déjà lu, trois ans avant, le sept novembre aussi.

Ce jour-là, un policier était mort. Un policier qui n'était resté qu'une semaine parmi eux, mais qu'elle avait apprécié.

Ses poings se serrèrent alors que la couleur désertait son visage.

Ce salopard était de retour.

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Le temps que Shiba aille chercher la voiture de Satô et que celle-ci fasse son rapport au QG, Conan avait observé les infirmiers complimenter la résistance de Thatch et ses réflexes devant l'explosion. L'homme s'était contenté d'un maigre sourire de derrière le masque à oxygène. Il avait cependant refusé qu'on lui retire sa chemise, geste qui avait alerté le petit détective. On avait juste voulu s'assurer qu'il n'avait vraiment aucune blessure, vu qu'il avait reçu la portière dans le dos, mais le cuistot s'y était farouchement, même si faiblement au vu de son souffle, opposé.

- Il a quelque chose à cacher, devina le petit détective.

- Malgré le cadre de référence, ça peut poser des questions qu'on préfère éviter, répondit Red juste à côté de lui qui avait un air sombre en écoutant la dispute.

- Dans le genre ?

- Pour que tu comprennes vraiment l'implication, il faudrait que je passe des heures à te parler politique et histoire d'un monde qui ne marche pas vraiment comme celui que tu connais. Sans compter que ça serait trahir sa confiance, quand il fait partie des rares qui savaient avant la guerre mon plus lourd secret.

Conan regarda son camarade avec perplexité, notant la raideur de sa forme, puis revint à Thatch qui l'ignorait totalement, et se contentait de regarder avec tristesse l'aveugle en se passant nerveusement la main dans la nuque.

Du coin de l'œil, il vit Satô grimper à la place de Chiba dans la voiture que l'homme venait d'amener.

- J'y vais, annonça Conan.

- J'arrive, lui dit Red en se détournant de son camarade.

Le petit détective le regarda avec perplexité alors que l'aveugle retirait sa canne de son dos.

- On bouge ? s'enquit ce dernier en percevant que Conan restait encore immobile.

- Et ton pote ?

- Il est sous oxygène. Je suis pas fou, j'ai pas envie de le faire sauter.

Le reniflement à moitié étouffé par le masque à oxygène disait que Thatch pensait justement le contraire.

- Newgate style, Nii-san ! Sois fier ! sourit par-dessus son épaule Red en faisant le signe des métalleux avec une de ses mains.

- Oyaji style, accorda le cuistot en faisant le même signe de derrière son masque à oxygène.

- Bon, on décolle ? s'enquit le chibi pirate.

- C'était quoi ça ? demanda Conan en essayant de comprendre ce qui devait être une blague entre les deux hommes tout en marchant vers la voiture de Satô, notant que son compagnon le suivait avec assez de facilité.

- Newgate Edward, notre capitaine, était un homme qui avait déjà bien vécu quand j'ai débarqué. Un homme gigantesque qui avait déjà vécu plus d'un demi-siècle. Il avait bien soixante-dix ans et des problèmes de santé que son alcoolémie n'aidait pas, à mon arrivée. L'un de ses nombreux problèmes de santé faisait qu'il était, à son grand regret, sous oxygène. Il pouvait s'en passer un moment, et même se battre sans, mais après, il subissait toujours un contre-coup. Comme il n'aimait pas paraître faible et impotent, il cherchait la moindre excuse pour se débarrasser des infirmières et de l'oxygène. Jiru, Marco et Cassandra étaient fous quand il le faisait.

Le sourire triste du pirate en lui racontant ce fragment de vie à bord était intéressant. Conan n'aurait jamais pensé qu'un homme avec de si sérieux troubles médicaux et un âge si avancé puisse être un capitaine pirate. Puis brusquement, la frimousse tachetée de l'aveugle devint plus hilare alors qu'il ramenait en mémoire un incident plus joyeux.

- J'avais quoi… dix-neuf ans quand ça s'est passé ? C'était un jour comme les autres, Oyaji dans son fauteuil sur le pont à regarder les autres se crever le cul, et lui entouré des infirmières en blouses courtes sous son oxygène, et l'œil de rapace de Marco sur lui. On venait de se remettre d'un affrontement spectaculaire contre ce bargeot de Kaido, donc, Oyaji avait pour ordres des médecins de ne pas toucher à l'alcool et de ne même pas songer à se retirer son aide respiratoire. C'est là que le Red Force à débarquer. Ce stupide rouquin s'est ramené pour simplement prendre des nouvelles et parler du bon vieux temps où il était qu'un moussaillon sur l'Oro Jackson à regarder son capitaine se faire botter sévèrement le cul par Shirohige. Bon, ok, il avait suivi la coutume en se ramenant avec de l'alcool, mais il avait un ultra mauvais timing. Parce que si on avait de la visite, Oyaji ne voulait pas paraître faible et devait donc retirer son appareillage. Et y'avait la tentation de l'alcool. C'était l'une des rares fois où on était tous sur le bateau mère. On s'y est tous mis, nous, les seize commandants, pour le persuader d'ignorer le stupide rouquin et de garder l'oxygène. Je pense que c'est Haruta qui a sorti ça, que ça lui faisait un style sympa et Rakuyo a rebondi dessus avec une pose de métalleux en sortant « Newgate Style, attention les yeux ! ». Et c'est resté. Quand l'un de nous avait besoin d'assistance respiratoire, on nous disait « et en voilà un bon pour le Newgate Style ».

Conan ne pouvait s'empêcher de sourire devant l'anecdote stupide. Ça montrait d'un côté le monde dur et dangereux dans lequel son ami avait vécu, mais aussi leur capacité à rire des choses les plus graves pour réussir à tout surmonter.

- Vous avez réussi à le persuader à garder son appareillage ?

- Nop. Il nous a ri au nez de toute sa hauteur, déclenché de magnifiques vagues au passage qui ont fait criser les navigateurs et le timonier. Il nous a dit qu'il était heureux que ses enfants s'en fassent pour lui, mais que même si c'était ce gosse d'Akagami, il n'était pas question qu'il passe pour faible. Marco s'est vengé en le privant de boisson pendant un mois. Il lui a d'ailleurs dit en déconnant que ça lui servirait aussi de leçon pour être aussi radin et ne jamais payer de sa poche les invitations à boire, parce que dans le cas contraire, il aurait peut-être trouvé preneur pour lui offrir de quoi se saouler.

- Pourquoi vous appelez votre capitaine oyaji ?

Conan s'arrêta devant la voiture de Satô qui se disputait avec Shiba et ouvrit la portière arrière pour laisser entrer Red.

- Tu sais, j'ai posé cette même question à Marco avant que je décide de cesser de faire ma mule et accepter de rejoindre l'équipage.

- Et ?

- Et je pense que Thatch est le mieux placé pour l'expliquer.

Conan se retint de grommeler en s'asseyant sur le siège à côté de son camarade et referma la porte.

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Satô n'avait pas encore réalisé qu'ils s'étaient glissés dans sa voiture. Mais au vu des larmes contre lesquelles elle luttait, ce devait être normal. Elle avait les articulations blanches tellement elle serrait le volant.

Ce n'était peut-être pas le meilleur moment, mais Conan se manifesta, demandant à la jeune inspectrice l'origine de l'histoire. Pourquoi cet homme en avait après la police.

Cela s'était passé il y a sept ans auparavant. Deux bombes avaient été plantées dans des immeubles grand standing et les malfrats avaient menacé de les faire sauter si on évacuait les gens. Ils avaient réclamé un milliard de Yen pour arrêter les bombes. L'équipe de déminage s'était déplacée. La première bombe avait pu être neutralisée, mais la seconde avait moins de chance. Aussi, ils furent obligés de céder au chantage et les malfrats avaient réussi à couper la bombe à distance. Sauf qu'une mauvaise information avait circulé dans les journaux en direct, disant que la minuterie tournait toujours. De panique, l'un des complices s'était manifesté par téléphone pour avoir des explications et on avait réussi à l'attraper ainsi. L'homme était mort durant la course-poursuite, percuté par une voiture. En représailles, le second complice avait relancé la minuterie, tuant sur le coup l'équipe de déminage qui se croyait en sécurité. Il était donc facile de penser que le second poseur de bombe avait cru que la fausse information était le fait de la police pour les coincer.

D'où le désir de vengeance.

Facilement compréhensible et une autre raison pour laquelle Red détestait tellement la presse.

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Après étude du code secret qu'ils avaient en leur possession, on en vint à la conclusion que la possible localisation de la bombe devait être la gare de Haido Sud. Sans parler que les lignes se trouvaient dans le prolongement de l'hôpital central de Beika et de la Grande Roue où avaient été les bombes précédentes, les lignes devaient passer par des routes automobiles, nécessitant donc la présence de « stoppeur » autrement dit, de barrière de sécurité pour passage à niveau. Pour le box d'acier, ça devait faire référence aux trains, et pour le monticule rouge sang, un wagon rouge, comme pour la ligne Tôtô.

Sur cette supposition, on fit évacuer la gare pour fouiller les wagons concernés.

Et une bombe, on en trouva une.

Rectification : chaque wagon rouge avait aux moins deux bombes de farces et attrapes. Des fausses bombes pour une fausse piste.

Ce salopard prenant les douze millions d'habitants de Tokyo en otage.

Par précaution, le préfet de police fit inspecter les grands stades de baseball de la ville, mais toujours sans résultat, alors qu'il aurait pu en poser même pour se moquer de la police.

Ils n'avaient plus que cinq heures avant la première explosion.

Ils avaient passé une nuit blanche à chercher une solution, un indice, mais au final, ils faisaient chou blanc. Satô et Takagi s'étaient retrouvés devant un petit restaurant pour que les enfants puissent prendre un petit déjeuner pendant qu'eux-mêmes réfléchissaient sur le code secret.

La jeune femme soupira et regarda les enfants dans le restaurant. Mitsuhiko dormait presque sur sa main en buvant son jus de fruit, Genta avec des petits yeux alors qu'Ayumi s'était endormie sur sa table. Les trois autres étaient largement plus éveillés malgré la nuit blanche, même si Conan avait un regard fatigué en buvant son thé et que Haibara baillait plus que d'habitude. Red semblait se foutre comme de l'an dix de sa nuit blanche, sirotant un café et en balançant sa chaise sur deux pieds.

- On ne peut pas continuer à trainer ces enfants derrières nous, ils tombent de sommeil, pointa Satô. Mais dis-moi, les urgences ont gardé Newgate-san et Shiratori en observation, qu'est-ce qu'il en est ?

- Shiratori a une épaule démise et la blessure à sa tête n'était que superficielle, ils devraient le relâcher dans l'après-midi, répondit Takagi. Quant à Newgate-san, il n'a aucune égratignure et son problème vient du fait qu'il a été blessé il y a certainement un ou deux ans au poumon droit. D'après les médecins, ils ont dû le mettre sous sédatif pour l'ausculter et découvrir la cicatrice. Il aurait eu beaucoup de chance de survivre à un coup pareil. C'est comme si une lame l'avait traversé de part en part.

- Comment diable s'y est-il pris pour avoir une blessure de ce genre ?

Takagi haussa des épaules pour dire son ignorance. Il avait le sentiment que la seule personne qui avait la réponse était dans le restaurant et ne risquait pas de parler pour autant. Il ne précisa pas non plus que le dos de l'homme laissait présager qu'il avait dû être régulièrement torturé quand il était enfant au vu de l'ancienneté des cicatrices. La plus impressionnante, juste sous un petit tatouage qu'il avait sur la nuque, était une large brûlure qui aurait pris la totalité du dos d'un enfant d'une dizaine d'année. Et quelque chose disait à Takagi que ces cicatrices étaient une des raisons pour lesquelles il avait opposé autant de résistance à être mis torse-nu.

- Tant mieux s'ils vont bien, soupira Takagi.

- Et aussi…

Il s'interrompit, les mots de Yumi lui revenant en mémoire. Il serait le seul à pouvoir la sauver, s'il était bien question du même coupable qu'il y a trois ans en arrière, parce qu'il y avait quelque chose en lui qui rappelait Matsuda. Pas juste parce que sous son déguisement, Takagi lui avait beaucoup ressemblé par accident, c'était plus au niveau du cœur. Si c'était le même homme, Satô ne resterait pas indifférente, surtout si elle avait elle aussi remarquait la ressemblance.

- Tu disais « et aussi »… ? relança la jeune femme devant le silence de son camarade, le tirant de ses pensées.

Takagi eut un sourire nerveux en agitant ses mains pour lui dire que ce n'était rien.

- Bon, j'y retourne, annonça-t-elle en montant dans sa voiture. Toi, tu t'occupes de raccompagner les enfants chez eux, ensuite, retourne au commissariat, fais un somme et va rejoindre Megure-keibu.

- Mais moi aussi, je veux… commença à protester Takagi.

- Imbécile ! Tu es fatigué, ça se voit. Tu seras un poids plus qu'une aide ! Compris ?

- Euh… oui…

Satô mit le contact et s'éloigna, jetant un regard à l'homme qu'elle abandonnait sur le trottoir, ne pouvant ignorer la forte impression que la faucheuse se tenait derrière lui. Elle refusait de perdre de nouveau quelqu'un à qui elle tenait.

Pour le coup, quand Takagi annonça aux gosses qu'il les ramenait chez eux, ça en fit râler plus d'un.

- Vous faites vraiment tout ce qu'elle vous dit de faire, hein ? grommela Genta, pas du tout impressionné de là où il était assis à l'arrière.

- Que veux-tu que j'y fasse ?! protesta Takagi. Elle est de deux ans plus âgée et elle est entrée dans la police avant moi…

- Thatch a bien dix-sept ans de plus que moi, c'est pas pour autant que je courbe l'échine et me la boucle quand il me dit de faire quelque chose. Vous en avez ou pas dans le pantalon !? se moqua Red qui était assis à l'avant avec Conan.

Cela lui valut un coup de coude dans les côtes de la part du détective.

- Et vous allez continuer comme ça même quand vous serez mariés ? demanda Ayumi avec innocence.

- Mariés ? s'étrangla Takagi, rouge comme une tomate. Je te rappelle qu'elle m'a rejeté il n'y a pas si longtemps !

- Et vous avez renoncé ? s'enquit Mitsuhiko.

- Vous êtes une mauviette, asséna Genta.

- Qui a dit que j'avais envie de renoncer ? Mais…

- C'est vrai que vous pouvez pas lutter avec l'inspecteur Matsuda qui s'est sacrifié pour sauver tout un hôpital il y a trois ans, n'est-ce pas ? insinua Conan.

- Mais comment sais-tu ?!

- La route, Takagi-san, vous ne roulez pas droit, rappela à l'ordre Ace avec amusement qui avait bien senti l'embardée brutale du véhicule.

- C'est Yumi-san qui nous l'a dit, répondit Genta.

Bien évidemment, Yumi et son amour des ragots.

- Quand on lui a dit qu'elle expliquait bien les choses, elle nous a tout raconté en détail !

On ne la referait pas demain.

- Enfin, je peux comprendre que vous renonciez, pointa Haibara qui avait Ayumi sur ses genoux à l'arrière. Le souvenir de quelqu'un qui disparait reste toujours très beau, à jamais enfermé dans le cœur de l'être aimé.

Red baissa ses lunettes sur ses yeux en arrangeant sa casquette gavroche pour masquer un peu plus son expression alors que Haibara regardaient les deux garçons par le rétroviseur avec un sourire narquois.

- J'en connais certains comme ça…

Conan lui adressa un regard noir par le reflet.

Eh oh ! Il n'était certainement pas encore mort !

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Ding dong ! Ding dong !

La cloche du lycée Teitan sonnait en ce dimanche pour signaler la fin d'une épreuve de l'examen national. Ran se retourna sur son siège de bureau pour voir Sonoko derrière elle qui s'était laissée tomber sur sa table avec fatigue.

- Alors ? c'était comment les maths ? demanda Ran en souriant.

- Je sens que j'ai tout raté, gémit la blonde avec un air épuisé et un sourire cynique. A la différence de toi, je n'ai pas de sauveur grand et fort pour m'aider…

- Un sauveur ?

- Ne joue pas les idiotes ! se redressa Sonoko avec un sourire moqueur. Je t'ai vue, tu regardais sans cesse vers sa place, l'air embêté.

Les yeux fermés, les mains jointes devant sa poitrine, elle prit un ton mélodramatique pour imiter la brune assise devant elle.

- « Shinichi, je ne comprends pas cette question, s'il te plaît… »

- Mais non ! se défendit la karatéka. Si je regardais vers sa place, c'est parce que…

- Ah, tu admets que tu regardais !

- Non… en fait…je…

Elle avait en effet regardé la place que Shinichi aurait dû occuper, l'imaginant sans peine remplir le questionnaire avec aisance, pour réaliser encore plus durement l'absence de son ami d'enfance.

- Oh ! Le joli fard~ ! taquina Sonoko avec un grand sourire en voyant son amie virer au rouge. C'est mauvais signe d'être tout rouge en examen !

La brune sauta sur la première excuse pour se détourner de la conversation. Une lointaine sirène de police l'alerta.

- Tiens, à propos de rouge, depuis ce matin, on entend beaucoup les sirènes de police.

- Oui c'est vrai, admit Sonoko.

- Que se passe-t-il ?

Ran se planta devant une fenêtre de la salle de classe, essayant de voir la rue de là.

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- Rouge… rouge… rouge…répétait Conan d'un air pensif.

- Je vais t'en mettre une si tu dis pas rapidement pourquoi tu répètes ce mot ainsi ! avertit Red qui en avait marre de l'entendre marmonner à côté de son oreille.

- Cette phrase me préoccupe ! Celle-ci ! Sur le monticule couvert de sang.

Conan avait montré sur le papier dans sa main la phrase en question avant de se rappeler que son camarade ne risquait pas de voir et grogna de désespoir.

En se référant à l'affaire d'il y a trois ans, la première bombe devait être normalement facile à trouver, pourtant, il n'y arrivait pas.

Si Conan s'arrêtait sur quelque chose, c'est que ça méritait qu'on s'y penche. Et c'est ce que firent les enfants.

- Rouge comme les pompiers, réfléchit Mistuhiko.

- Rouge comme le Petit Chaperon Rouge, proposa Ayumi.

- Rouge comme les tomates et les fraises, renchérit Genta tout aussi pensif.

- Rouge comme Dawn, sourit narquoisement Haibara.

- Comme ma mère, tant que tu es. Le sang est rouge. Le soleil couchant aussi. Y'a tellement de rouge dans la nature ! grinça Red.

Être aveugle le faisait chier plus que nécessaire à cet instant, parce qu'il n'avait aucune idée de ce qui pouvait être rouge dans Tokyo.

Takagi jeta un regard aux enfants en les écoutant parler.

Conan était concentré sur le message entre ses mains.

Rouge ; monter ; acier ; boite… pourquoi ces mots ?

- En rouge, y'a ça aussi, pointa Mitsuhiko en se penchant vers la fenêtre.

- Quoi donc ? s'enquit Red.

Conan tourna la tête vers la fenêtre, un clic résonnant dans son cerveau.

- Mais oui ! La Tokyo Tower ! La tour de Tokyo est une construction en acier rouge qui se termine en flèche dans le ciel ! La bombe doit être dans l'ascenseur !

N'ayant pas d'autres pistes, Takagi bifurqua pour rejoindre le monument en question, appelant au passage Satô pour lui faire part de la nouvelle idée.

- C'est presque certain ! annonça Takagi en sortant du véhicule au pied de la tour en ignorant les journalistes sur place. Juste avant que je n'arrive, il y a eu une petite explosion et l'ascenseur s'est arrêté. Il est probable que le suspect se serve d'une télécommande à distance ; Il a dû penser que la police avait compris où était la bombe.

C'était exactement le même scénario qu'il y a trois ans avec la grande roue.

- Bon, je vais monter dans l'ascenseur qui s'est arrêté.

« Non ! » coupa Satô. « Cette tombe est un piège pour attirer la police ! Je serais là dans cinq minutes, alors, tu ne bouges pas de là où tu es compris ?! »

- Oui, compris, répondit avec perplexité Takagi.

Red qui était sorti en même temps que lui se détourna de la conversation de l'inspecteur en entendant des cris de panique. On commençait l'évacuation de la tour. Ses oreilles captèrent aisément la conversation de deux personnes qui les dépassèrent en courant. Apparemment, un enfant était toujours dans l'ascenseur.

Takagi rapporta l'information à Satô qui essaya de le dissuader d'y aller, mais il ne pouvait pas rester les bras croisés alors qu'un enfant était en danger. Coupant la parole à la jeune femme qu'il avait en ligne, il lui annonça qu'il allait faire son devoir et sauver la gamine.

- Les enfants ! Attendez sagement dans la voiture ! lança l'inspecteur en raccrochant.

Et il partit dans un sprint vers la tour.

- Haibara, veille sur eux, demanda Conan avec sérieux en ouvrant la portière, forçant Red à reculer légèrement.

- Hein ? Mais tu n'es pas sérieux ! Tu ne vas pas y aller ! protesta la scientifique.

Elle voulut attraper Conan mais saisit Red par erreur. Celui-ci retira sa casquette et ses lunettes. Il plia les solaires pour les ranger dans sa poche et se pencha vers la petite fille en suivant son bras pour trouver sa tête. Tête sur laquelle il enfonça en souriant sa casquette.

- Tu me la rendras à notre retour ! lui dit le D. avec un grand sourire en se dégageant.

- On va voir ce qu'il se passe et on revient, assura Conan en fermant la portière avec un sourire rassurant. Soyez vigilants au cas où quelqu'un de louche approcherait de la voiture !

Le battant claqua sur les deux bruns.

- Je ne m'en fais pas pour vous ! Même sans moi, vous vous en sortez ! Après tout, vous êtes les Détectives Boys, non ?

- Euh oui… fit Mitsuhiko avec perplexité devant le sourire rassurant de leur ami à lunettes.

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Takagi arriva devant l'ascenseur bloqué entre deux étages. L'ascenseur était arrêté juste avant de disparaître totalement au dernier étage. La mère de la gamine était sur une chaise à essayer d'encourager sa fille à sortir, mais la fillette était recroquevillée dans un coin de la cabine, morte de peur. Et malheureusement, l'espace était trop étroit pour qu'un adulte puisse passer.

- Et si vous nous laissiez faire ?

- Après tout, un enfant doit pouvoir passer, non ?

Takagi baissa les têtes pour voir deux enfants bruns à ses pieds avec les mains dans leurs poches.

Il ne fallut pas énormément d'hésitation pour que Takagi prenne la place de la mère sur la chaise, dans l'idée de faire monter Conan dans l'ascenseur coincé. Il manqua donc de perdre l'équilibre et de faire une chute dans le vide quand Red l'escalada.

- Les portes de l'ascenseur sont grandes ouvertes, t'as failli le faire tomber, pointa Conan à son camarade. J'aurais pu le faire, tu sais ?

- Je suis le plus vieux et le plus kamikaze, renifla narquoisement Red en se hissant aisément sur le dos de Takagi qui s'était appuyé au plancher de l'ascenseur pour maintenir son équilibre.

Avec l'agilité d'un singe, il remonta le bras de l'inspecteur (qui réalisa au passage que même si le garçon avait un corps très chaud, il ne pesait strictement rien), avant de se glisser dans l'ouverture.

- Hey ! Salut chaton ! sourit largement le petit pirate en se mettant debout sans difficulté.

Sans le réaliser, Conan se rapprocha du bord en se mordant un pouce de nervosité, écoutant la voix chaude et rassurante du brun. Il avait la démonstration, avec Ayumi et Mitsuhiko, que Red savait s'y prendre avec les enfants, mais ça, c'était juste phénoménal un talent pareil.

- Akemi-chan, c'est ça ? Moi, c'est Red ! fit le brun en avançant doucement vers la fillette. T'es une vraie guerrière. T'es super courageuse. Pas besoin de pleurer, d'accord ? T'es forte après tout, hein ?

La petite hocha doucement la tête sous les yeux ronds de Takagi et essuya ses larmes avec son doudou. Le D. s'accroupit à côté de l'enfant de certainement cinq ans et passa maladroitement ses bras autour d'elle, effleurant au passage la peluche de l'enfant.

- Et lui, il a un nom ? s'enquit Red.

- C'est Mr Snuggle, répondit-elle.

- Enchanté ! Tu viens ?! Ta maman se fait du souci, va lui montrer comment tu es courageuse !

Lentement, les deux enfants se remirent debout et marchèrent vers le petit espace qui leur permettrait de sortir de là. Red lui fit signe d'y aller d'abord, en fermant les yeux avec son sourire pour cacher à l'enfant qu'il ne la voyait pas. La petite hocha la tête, déglutit et se mit à quatre pattes sur le sol, laissant Takagi la réceptionner. A peine eut-il rendu l'enfant à sa mère qu'une explosion retentit, faisant chuter l'ascenseur.

- PORTGAS ! rugit Conan en voyant son ami perdre l'équilibre sous le subit mouvement et tomber sur le dos dans le fond de la cabine.

Sans réfléchir, il sauta à l'intérieur pour l'aider, suivi de Takagi.

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« Et puis ? » fit Satô au téléphone d'une voix blasée. « Tu as voulu trop en faire et du coup, tu te retrouves bloquer dans l'ascenseur avec Red-kun et Conan-kun. »

- Je… je suis désolé… s'excusa Takagi depuis l'ascenseur, Conan sur ses épaules qui ouvrait la trappe dans le toit.

« Mais dis-moi plutôt, tu n'as vu aucune bombe dans l'ascenseur ? »

- Non, pas pour l'instant.

« Tu sais à quelle hauteur vous êtes à peu près ?

Conan se mit debout sur les épaules de Takagi pour se hisser par la trappe, laissant l'adulte avec Red en bas dans la cabine.

- Je pense qu'on est entre la plate-forme centrale et le sol, au milieu… tous les câbles ont lâché et c'est le système de secours qui a stoppé l'ascenseur. Je vais monter à mon tour sur le toit avec Red-kun et attendre les secours.

- NON SURTOUT PAS ! rugit Conan devant l'énorme objet que sa montre-torche venait de déceler. IL Y A UN NIVEAU A MERCURE !

- Un niveau à mercure ? C'est quoi ça ?

La réponse lui vint depuis ses pieds de la part de Red qui se massait les paupières.

- Un des bien trop nombreux types de détonateurs, ce qui veut dire qu'on a là-haut une bombe sensible aux vibrations et au poids.

- Elle est énorme, confirma Conan. Elle pourrait faire sauter l'ascenseur, voire même toute la tour !

Conan réapparut dans l'ouverture et expliqua, à l'aide de grand geste, ce qu'il avait vu sur le toit grâce à sa lampe-torche.

- J'ai déjà vu des bombes comme ça dans les films à la télé. Il y a deux liquides, tant qu'ils sont séparés tout va bien, mais s'ils se touchent, ça fait une très grosse explosion ! C'est ce qu'ils disaient !

- Dans ce cas, il faut vite que l'équipe de secours arrive…

- Dawn l'a dit, le niveau de mercure le rend sensible au poids et à la vibration. Le mécanisme a dû s'enclencher quand l'ascenseur s'est arrêté tout à l'heure, sous le choc. Si ça bouge encore un peu, le détonateur va se mettre en route. Ça veut dire que si vous montez sur le toit ou encore que l'équipe de secours descends ici avec des cordes et touche l'ascenseur…

- On fait boum, termina Red.

- C'est si fragile que ça un niveau à mercure ? s'étonna Takagi.

- C'est une saloperie.

- Dawn, ton vocabulaire, rappela à l'ordre Conan.

- J'aurais pas à le tenir si deux suicidaires n'avaient pas eu l'idée de venir à la rescousse de celui qui en a le moins besoin !

Takagi soupira et se concentra sur l'objectif : sortir d'ici et trouver un moyen de désamorcer la bombe :

- Et si on se fait envoyer des cordes depuis l'entrée ?

- A éviter aussi. Près de la bombe, on a un micro.

- Donc, le poseur de bombe nous écoute et la fera sauter si on reste pas sages, comprit Red.

- Si j'ai bien compris, on est fichus, alors, grommela Takagi avec tristesse.

- Non, il reste une solution, rassura Conan. Je vais désamorcer la bombe ! On va demander à l'équipe de déminage de nous faire passer les outils nécessaires !

Takagi annonça qu'il rappelait Satô plus tard alors que Red se mettait sous l'ouverture.

- On a un micro, ok, mais est-ce qu'on a une caméra ou un détecteur de chaleur ? s'enquit le pirate.

Conan passa au peigne fin la bombe sans rien toucher avant de revenir vers l'ouverture.

- Rien de tout ça. Mais ça ne veut pas dire pour autant qu'on peut la faire brûler.

- Contrairement à ce que l'on dit de moi, je ne résous pas tout mes soucis en les faisant cramer. Je suis pas pyromane à ce point ! Et je t'interdis de croire toutes les conneries que Thatch raconte à mon sujet.

- Tu vas faire quoi, Red-kun ? demanda Takagi avec perplexité.

- La seule chose à laquelle je peux être utile sans mes yeux, Takagi.

Le sourire aigre du garçon avait plus sa place sur le visage d'un adulte aigri par la vie que sur la frimousse tachetée de l'enfant.

- M'assurer que ce cher Edogawa ne finisse pas en barbec'. On attend qu'ils nous envoient le matos et je monte.

Conan roula des yeux dans ses orbites, mais attendit patiemment les outils.

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Doucement, avec précaution, l'équipe de déminage fit descendre au bout d'une corde un gros sac de sport contenant le matériel nécessaire au désamorçage de la bombe. Depuis le bas, Conan les guida jusqu'à ce que le sac finisse dans ses bras. Il décrocha la corde et laissa l'équipe de déminage la remonter. Il posa son chargement et nota que les démineurs venaient de se retirer de l'ouverture du haut.

- C'est bon, annonça-t-il à Red.

- Ta main, sinon, je vais me prendre le toit, lui dit Red en se relevant de là où il s'était assis.

- Brûle-moi et même dans l'autre monde, je te ferai la peau.

- J'aimerais bien t'y voir.

Avec un claquement de langue agacé, Conan se pencha par l'ouverture et tendit un bras. Aisément, Red sauta et l'attrapa alors que Takagi allait se proposer pour l'aider. L'instant suivant, le bas du corps du garçon n'était plus que flammes, défiant l'apesanteur. Du bout de la main, il suivit le bras de Conan jusqu'à l'ouverture et se posa avec légèreté sur le toit de l'ascenseur, sans que le niveau à mercure ne réagisse.

- Qu'est-ce que tu es ? souffla Takagi alors que Conan commençait à ouvrir le sac pour prendre des outils.

- Maaa, c'est une question impolie, Takagi-san, lui dit Red en s'asseyant à côté de Conan à proximité de la bombe.

L'inspecteur allait insister quand son téléphone sonna avec un appel du service de déminage pour lui donner les instructions pour le désamorçage de la bombe pendant qu'on coupait l'alimentation de la tour pour limiter les problèmes. Se guidant avec les lucioles de feu qu'avait fait sortir Red qui se la jouait pour le coup comme assistant déminage, Conan attrapa les lunettes infrarouges et se les mit sur le nez. Sans même attendre que Takagi lui donne les indications, le garçon posa ses lunettes radars sur le dessus de la bombe et s'allongea sur le côté pour faire le travail, en retirant la plaque qui entourait la partie la plus sensible de la bombe. Les lucioles reculèrent légèrement de la zone, se dispersant pour rendre la lumière plus diffuse sans pour autant gâcher la vue.

- J'ai coupé le capteur optique, c'est bon, annonça Conan.

Les lucioles revinrent lentement éclairer la bombe sans pour autant trop se rapprocher.

- Conan-kun ? Tu m'entends ?! demanda Takagi.

- Oui ! assura le garçon en retirant ses lunettes infra-rouges. Je vous écoute, alors, continuez !

Suivant le manuel qu'on lui avait fait passer et les instructions par téléphone, ne cherchant même plus à poser des questions sur les étranges dons de Red ou les talents de Conan, Takagi passa à l'instruction suivante.

- Derrière la plaque, tu dois voir pleins d'appareils bizarres, non ? Vers le haut doit se trouver une petite boite avec une lentille. C'est un capteur de lumière. Coupe le fil qui est relié à ce capteur.

Conan attrapa ce dont il avait besoin pour ça et fit signe à Red de rapprocher une de ses lucioles un peu plus, éclairant mieux l'intérieur.

- Tiens, lui dit le pirate en glissant son doigt dans la machine pour rapprocher le câble en question.

- Merci.

Il passa par-dessus une barre de l'armature de la bombe et sectionna le câble en question avant de tester l'alimentation du capteur. Pas bon, ça passait encore.

- Passe-moi le stoppeur en plastique, s'il te plaît, demanda Conan.

- S'passe quoi ? s'enquit Red en attrapant l'objet en question pour le transmettre à Conan.

- Le courant passe encore, c'est pour ça que je vais mettre un stoppeur pour...

Le petit détective s'arrêta, cligna des yeux, les sourcils froncés avant de jeter un regard noir à la luciole de feu qui était devant son nez. Il attrapa le stoppeur et se remit au travail dans le démantèlement de la bombe.

On en avait parlé dans la lettre d'un stoppeur, et en baseball, il était question d'un joueur avec un bon taux de défense. Mais pourquoi forcément Major Leaguer ? Des pros, il y en avait plus qu'il n'en fallait au Japon.

Il coupa un nouveau fil et s'arrêta, se rasseyant sur ses talons.

- Edogawa ? Tout va bien ? s'enquit Red qui le voyait froncer les sourcils de par ses lucioles.

Mais Conan était en train de réfléchir comme jamais et commençait à avoir une petite idée.

Prolongation ; taux de défense ; contre ; Major Leaguer…

Il pâlit brutalement. Il avait une idée d'où était la deuxième bombe !

Il jeta un œil au compte à rebours qui lui laissait un peu moins d'une heure pour tout désamorcer. Ce serait court pour vérifier l'hypothèse.

- Dawn ?

- Hmm ?

Du doigt, Conan montra à la luciole la plus proche le micro. Comprenant le message, Red s'en rapprocha et se mit à humer tranquillement pour couvrir tout possible bruit.

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Kali leva le nez de sa copie en entendant des commentaires autour d'elle au sujet d'un hélico de la télévision.

Elle jeta un œil par la fenêtre vers le point que montrait Aoko et vit l'énorme appareil traverser le ciel à proximité du lycée.

- Silence pendant le contrôle ! rappela à l'ordre leur professeur.

Tout le monde retourna à son devoir alors que la brune posait sa main sur le bois, combinant ses sens d'oiseau à ceux de serpent pour percevoir ce que le surveillant écoutait par l'oreillette discrète qu'il avait relié à une radio de poche.

« Il ne reste plus que vingt minutes avant l'heure prévue de l'explosion ! L'inspecteur et les deux jeunes garçons n'ont toujours pu être secourus ! Le temps s'amenuise de plus en plus ! Va-t-on réussir à les secourir ou vont-ils disparaître en même temps que le symbole de cette ville ? »

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L'équipe de déminage ne comprenait pas pourquoi Conan ne pouvait pas couper le fil alors qu'il n'en restait que trois. Le fil jaune alimentait l'écran à cristaux liquides qui affichait le compte à rebours, le blanc était celui du niveau à mercure et le noir se chargeait de l'émetteur du contrôle à distance. C'était l'ordre de désamorçage pour rendre la bombe inoffensive.

Mais ils ne le pouvaient pas.

Même s'il leur restait dix minutes.

- "Brave policier, pour ton courage, tu seras récompensé. Il y aura un autre feu d'artifice pour fêter la fin du match. Trois secondes avant l'explosion, tu sauras où. Bon courage. " C'est le message qui s'est affiché sur l'écran de contrôle de la bombe, expliqua Takagi. J'aurais au moins voulu faire sortir les enfants d'ici, mais c'est trop risqué, sans compter que pour éviter un très grand nombre de victimes civiles innocentes, j'ai besoin que Conan lise l'indice qu'on recevra et je vous communiquerai par téléphone… ensuite… on n'a pas le choix. Pardon, Satô-san, mais je sais que tu me comprends.

Et il raccrocha.

Conan s'assit au bord de l'ouverture et chuchota ce qu'il avait compris du code.

Mais ça pouvait correspondre à plus de quatre cents endroits différents dans Tokyo, et donc, des risques énormes pour tous les fouiller discrètement. Sans compter que tous les évacuer attirerait aussi l'attention, avec l'usage d'un déclencheur à distance. Pour sauver tout le monde, il fallait donc attendre l'information et ensuite aller au bon endroit pour trouver la bombe, comme l'avait fait Matsuda.

- Oui, continua Conan. Il est peut-être là-haut, celui pour qui la vie est la chose la plus précieuse au monde.

Avec un soupir, Red se rapprocha de l'ouverture, laissant pendre ses jambes dans le vide à côté de Conan.

- Je suis désolé, vraiment. Si j'étais resté sur le pallier, on n'en serait pas là, soupira le D. en se frottant le crâne.

- Tu n'aurais pas pu lire le message et le transmettre sans attirer l'attention, lui pointa Conan.

- Ne t'en fais pas, lui sourit gentiment Takagi en lui tapotant gentiment une jambe.

Puis, pris d'une envie subite, il posa une question qui le taraudait depuis bien longtemps :

- Tant que j'y suis, les garçons, vous pourriez en profiter pour me dire une chose ? Qui êtes-vous vraiment, tous les deux ?

- Ça, si vous tenez à le savoir, je vous le dirai, promit Conan dans la pénombre aux lueurs fantomatiques dansantes des lucioles de feu de Red. Oui, je vous le dirai. Quand on sera là-haut.

Et il sourit, accompagné par le grand rire du pirate qui se releva pour retourner auprès de la bombe.

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Thatch se laissa tomber sur son canapé du salon.

Jodie devant participer à la surveillance de l'examen national, il était seul.

Ce qui l'arrangeait parfaitement.

Il attrapa l'un des seize verres de rhum flip qu'il s'était préparé, ignorant la bouteille d'alcool entamée qui trônait à proximité et démonta une balle de flingue pour faire tomber la poudre dans le verre. Il allait reproduire l'opération pour un autre verre quand son portable sonna.

- Thatch en ligne, répondit le roux en décrochant.

Il coinça le portable entre son épaule et son oreille en terminant de saupoudrer de poudre le verre pour passer au suivant.

« Thatch ? C'est moi. Laisse tes verres un instant et écoute-moi » demanda la voix enfantine de son frère au téléphone.

- Qu'est-ce qu'il t'arrive, Ace ?

« Regarde tes chevilles. »

Un maigre sourire étira les lèvres du pirate qui baissa les yeux sur ses pieds nus. Il connaissait ce rituel et l'appréciait.

« Tes poignets. »

Le faux blond les observa. Puissant, assez large, mais souple.

« Passe une main à ton cou. »

De sa main libre, l'autre tenant le téléphone, il caressa sa gorge, ses doigts s'accrochant seulement à son col qu'il avait défait, alors qu'à une époque, c'était à son foulard fétiche jaune.

« Ton dos. »

Il fit glisser sa main dans son dos, caressant d'abord le léger relief qui lui disait où était sa marque de l'équipage, puis plus bas, sa peau brûlée.

« Conclusion ? »

- Je suis libre. Merci frérot.

« Disons qu'actuellement, je suis pas dans la possibilité de te botter les fesses pour que tu le réalises seul ! »

- T'as pas retrouvé ton niveau, rêve pas. Tu m'appelles juste pour ça ?

« J'ai merdé en voulant jouer les héros. »

Thatch se saisit d'un de ses verres déjà saupoudré et l'avala d'une traite, avant de reposer un peu brutalement l'objet sur la table.

- Où es-tu que j'aille te botter le cul ?

« A côté d'une bombe, si tu veux tout savoir. Dans le cas où on se revoit pas, et si tu revois les autres… dis-leur… dis-leur que je suis désolé. Je sais que rien ne pourra me faire pardonner mes conneries et ce qu'on a perdu. Mais j'y tiens. Surtout pour Luffy, Oyaji et Marco. Et… mon message pour la tête de piaf ne change pas par rapport à d'habitude.»

- Je te jure, je ferai de ton cadavre une descente de lit, alors, t'as tout intérêt à survivre.

« On verra si je suis assez rapide pour être un héros au lieu d'un monstre. Content de t'avoir entendu de nouveau, vieux frère.»

Thatch ferma les yeux au sourire évident dans la voix de son jeune frère et raccrocha.

Il tira à lui le second verre et l'avala cul sec avant de porter l'objet encore frais à son front, ses mâchoires serrées tremblantes. Il reposa le verre en grognant quand celui-ci commença à gémir et à se craqueler sous sa force. Il attrapa un autre cocktail et l'avala de la même façon.

- Putain, Ace, reviens en vie, j'ai pas envie d'expliquer à Marco que son mec est mort en faisant le con.

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Kali se lassa aller en arrière, essayant de comprendre pourquoi elle percevait ce rire dément, moqueur et sarcastique.

Le rire du malin.

Elle secoua la tête et retourna à sa copie.

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- Quinze secondes, annonça Red alors que Conan se mettait devant l'écran à cristaux liquides.

- J'ai envoyé par mail l'hypothèse de résolution, informa Takagi devant son téléphone portable. Il ne reste plus qu'à transmettre le dernier indice.

- Quatre secondes.

- On y est presque ! La première lettre est… E !

Red se leva, les mains tendues vers la bombe, prêt à contenir l'explosion.

- V ! I ! T !

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- NOOOOOOOOOOOOON ! hurla Satô en bas de la tour alors qu'elle voyait la faucheuse prête à frapper la pointe d'acier.

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Ran se figea en entendant une voix dans sa tête lui parler.

« Ne reste pas là… ne reste pas là… »

Qu'est-ce que c'était ?

« Ne reste pas là, Ran ! »

Shinichi ?

Perplexe, elle regarda par la fenêtre, un nœud inexplicable dans les entrailles.

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Takagi se boucha les oreilles, s'attendant à l'explosion, mais elle ne vint pas.

Conan sauta dans la cabine, faisant tellement peur au pauvre agent sur les nerfs qu'il en tomba sur les fesses.

- Mais t'es pas bien ! La moindre vibration peut faire exploser la…

L'agent s'interrompit, réalisant qu'ils étaient toujours en vie.

- Finalement, je suis pas assez courageux pour mourir avec le sourire, comme Dawn. Alors, j'ai coupé le fil pour arrêter la bombe, expliqua Conan. Pardon.

- Mais alors, on n'a pas l'indice en entier…

- Non. Et avec « EVIT » on ne peut pas savoir où se trouve l'autre bombe.

- Bon, tant pis. Appelons les secours pour qu'on nous sorte d'ici.

Sur ces mots, Red fit disparaître ses lucioles de feu et sortit son téléphone, écoutant le narrateur le guider jusqu'à pouvoir appeler Thatch.

- Hey Thatch. Finalement, c'est pas aujourd'hui que je vais crever ! annonça joyeusement le D. à son frère.

« ESPECE DE CON SANS CERVELLE ! JE TE HAIS ! TOI ET TON PUTAIN DE D ! » rugit Thatch si fort qu'on l'entendit dans tout l'ascenseur.

Et il raccrocha.

- Il va s'en remettre, il a l'habitude ! sourit largement le D.

Conan et Takagi secouèrent la tête en bas.

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En bas, Red fit bien heureusement une crise de narcolepsie, lui épargnant une crise de panique devant la foule qui pressait les héros de partout ou une crise de colère devant la presse qui avait interviewé Conan sur son ressenti de l'expérience.

Mais ils ne repartaient pas les mains vides contrairement à ce que pouvait penser le poseur de bombe.

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En effet, ils avaient découvert où était la bombe.

Ils avaient trouvé l'homme sur un pont, observant avec des jumelles le lycée Teitan, surveillant avec un sourire maniaque sa montre, s'attendant à une explosion à quinze heure.

Mais rien de vint.

Perplexe, il se rabattit sur la commande à distance, pour entendre un téléphone sonner derrière lui.

C'était la police.

L'équipe de déminage s'était discrètement infiltrée dans l'école pour désamorcer les bombes qu'il avait cachées dans des caisses, dans le gymnase, sans se faire voir par les micros espions.

Comment avaient-ils compris qu'il était question d'une école ? Par le message codé.

Major Leaguer était un mot clef pour dire qu'il fallait faire attention aux traductions anglaises. Quant au stoppeur, c'était un lanceur avec un taux de balles frappées très bas.

Ce qui donnait Extra Inning Game pour Prolongation et Era pour les balles frappées. En retirant Era dans extra, on finissait avec XT.

La ligne sur le contre indiquait qu'il fallait renverser ces deux lettres. Et en les écrivant à l'envers et verticalement, on obtenait l'idéogramme « lettre » justement, présent dans le mot école.

Pour EVIT, il s'agissait des dernières lettres du mot anglais DETECTIVE, Tantei en japonais. En inversant le tout, on obtenait Teitan, le nom précisément d'une école allant du primaire au lycée. Lycée qui accueillait en ce dimanche ses élèves pour passer l'examen national. Cela expliquait aussi pourquoi il n'avait déposé aucune fausse bombe dans les stades, afin que la police n'aille pas jusqu'à vérifier les stades des différentes écoles.

Et dernière erreur, il avait observé l'école avec ses jumelles depuis un endroit facilement repérable.

En réaction, l'homme prit la fuite en sautant du pont sur le toit d'un bus.

Refusant de laisser filer l'homme qui avait déjà tué Matsuda et qui avait failli couter la vie à Takagi, Satô suivit le mouvement et n'hésita pas à tirer son arme de service.

Elle le poursuivit dans une ruelle.

Les larmes aux yeux, haletante, elle hurla en le visant de son arme, ignorant ses excuses à deux balles. Si Takagi ne l'avait pas rattrapée et plaquée à terre à temps, elle aurait tué le poseur de bombe.

Trop choqué, l'homme s'effondra le long du mur, la balle ayant fini à côté de son épaule.

- Takagi ! Qu'est-ce qui te prend ?! demanda Satô alors qu'elle se dégageait des bras du jeune inspecteur.

- C'est pourtant toi qui le dis tout le temps… haleta Takagi. Servir la nation, et les citoyens avec fierté et dévouement. Quoiqu'il arrive, toujours laisser la colère et la haine de côté, accomplir son devoir de policier en respectant les droits de chaque homme.

- Mais je… sanglota la jeune femme.

- Si tu agis comme ça, tu vas te faire gronder par l'inspecteur Matsuda.

Ce fut trop pour elle et elle s'effondra contre son collègue en sanglotant ;

- LAISSE MOI OUBLIER ! TAKAGI ! pleura-t-elle en lui tambourinant la poitrine.

Takagi la regarda pleurer contre lui, le cœur serré de la voir aussi mal.

- L'oublier ? Non…

Il la saisit délicatement par les épaules et la força à le regarder dans les yeux.

- Les souvenirs aussi précieux que ceux-là ne doivent pas être oubliés. Parce que lorsqu'une personne meurt, le seul endroit où elle puisse encore vivre, c'est dans le cœur des autres.

Elle le regarda, les yeux encore plein de larmes, avant de lui prendre la tête entre ses mains et de le rapprocher d'elle, comme si elle allait l'embrasser.

- Un coup de feu !? Que s'est-il passé ?! s'exclama Megure en arrivant en courant.

Takagi et Satô se séparèrent immédiatement l'un de l'autre.

Megure fit des aller-retours du regard entre les deux inspecteurs et le suspect évanoui au sol.

- C'était juste un coup de sommation ! se justifia nerveusement la jeune femme.

- J'espère que tu ne l'as pas touché, marmonna Megure en retournant au suspect.

- Non ! Je ne l'ai même pas embrassé ! dirent en cœur Satô et Takagi rouge comme des tomates.

- Pardon ? se fit confirmer leur supérieur.

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Thatch se tenait devant chez Agasa, les bras croisés, faisant travailler ses mâchoires de colère quand Agasa rentra chez lui avec Haiabra, Red et Conan. Garant la voiture à l'extérieur le temps qu'un des enfants lui ouvre le portail, Agasa demanda par la fenêtre à son visiteur s'il pouvait l'aider.

- Vous, non, vous en faîtes pas, sourit aimablement Thatch.

Red avait la mauvaise impression que ça puait pour ses fesses avec le ton de son camarade.

Suivant Conan qui alla ouvrir le portail pour la voiture du professeur, il s'arrêta à côté de son ami.

- Tu veux quoi, Thatch ?

Avec un sourire bien trop grand pour ne pas être suspect, le pirate se pencha vers son jeune frère.

- Gol D. Ace… aaah, mon adorable petit-frère… ehehe…

Yep. Très mauvais pour son cul si on prenait en compte le fait que Thatch ne l'avait jamais appelé par le nom de son père.

- AOUCH !

Avec tout le Haki qu'il avait, Thatch avait infligé une bosse monumentale sur le crâne de l'aveugle avant de le prendre par le col pour l'embarquer avec lui en mode sac à patates. Haibara sortit de la voiture pour lui donner la canne d'aveugle du D.

- Merci. Je vous le rends en pièces détachées dans la soirée. Ce serait bête qui loupe l'école !