Waw, déjà le chapitre 28.

C'est dingue, j'aurai bien fini cette fic, et ça après même pas un an de publication... Double Waw.

Bon la fin c'est pas pour tout de suite, hein, j'ai encore quelques trucs à leur faire vivre, héhé.

Pis en plus, en ce moment, Reno et mon cerveau débile se sont ligués contre moi et m'assaillent d'idées de nouveaux scénarii...

Donc avant que PLFTG ne se termine, vous aurez sûrement eu quelques loooongs one-shot... Et encore des extras. Pis aussi des thèmes.

Arghhl... J'ai besoin de jus d'orange et de cookies tout chocolat au beurre de cacahuète...


Si Axel était sûr d'une chose, c'était que pour rien au monde il ne serait sorti de son lit. Tout d'abord, parce qu'il pouvait sentir que son appartement était plongé dans le froid à travers les couvertures. Ensuite, et surtout, parce qu'il n'avait pas ressenti un tel apaisement depuis bien longtemps. Roxas dormait tranquillement au creux de ses bras. Sa respiration était si profonde, si régulière... Une lumière blanche et tamisée éclairait son visage et ses cheveux dorés formaient comme une auréole autour de lui. Axel caressa sa joue de son index. Il n'avait jamais été aussi bien, aussi calme. Il n'appréhendait plus la suite des évènements. Il savait que ce n'était qu'une illusion, une bulle éphémère de bonheur, mais pour le moment, il voulait se laisser aller à y croire. Juste encore un peu. Il remonta la couette sur leurs corps, se serra tout contre Roxas et referma les yeux, en paix. Il sentait chaque parcelle du corps du blond contre lui. Il se concentra sur ces sensations et redécouvrit son propre corps. Il percevait le souffle de Roxas dans son cou, son front sous ses lèvres, ses bras sur ses flancs, ses mains dans son dos, ses cheveux sur son visage, son ventre contre le sien, son dos contre ses paumes, leurs jambes entremêlées. Non, pour rien au monde il ne serait sorti de ce havre réconfortant. Il aurait voulu que le temps s'arrête rien que pour eux deux, que ces instants dans ce cocon durent des heures, qu'ils restent suspendus entre deux battements d'ailes.

Plus que quelques jours et ils seraient tout le temps ainsi, dans leur monde rien qu'à eux, protégés par les collines immaculées de Weentown.

OoOoO

Une chaleur humaine, moelleuse, la chaleur la plus agréable qui soit l'entourait. Roxas avait l'impression d'être lové dans du coton. Une douce lumière tentait de pénétrer ses paupières. Il baignait dans un parfum chaud et boisé. Le parfum d'Axel. Il lui semblait qu'il n'avait jamais dormi aussi bien. Quand il ouvrit les yeux et que son esprit émergea des brumes du sommeil, une vague de sérénité l'envahit. A quelques centimètres à peine de son visage, Axel souriait, les yeux posés sur lui. Roxas sourit à son tour et enfouit sa tête dans son cou pour échapper à la luminosité trop forte pour ses yeux endormis. Axel déposa quelques baisers sur son épaule.

« Bonjour », murmura t-il contre sa clavicule.

Roxas embrassa son cou pour toute réponse, encore trop engourdi pour articuler une réponse claire. Il ne bougea plus pendant quelques minutes, à mi-chemin entre le sommeil et l'éveil. Toutes ses sensations physiques étaient là, mais il était incapable de formuler quelque chose de clair dans sa tête. Ses pensées déviaient sans aucun contrôle, sans qu'il arrive à se souvenir de l'idée de départ. Il se laissa aller à cette somnolence hypnotique.

OoOoO

Roxas s'était apparemment rendormi. Axel joua avec ses cheveux, son esprit se vidant au fur et à mesure qu'il lissait les mèches blondes. Le reste de la ville aurait pu s'écrouler autour d'eux, ça ne l'aurait pas atteint. Cependant, quelque chose de bien plus proche le frappa de plein fouet. Une aiguille chauffée à blanc s'enfonçait sous son cœur. Il fallait qu'il s'extirpe du lit, qu'il aille sans tarder prendre ses médicaments. La bulle avait éclaté.

OoOoO

Sa source de chaleur cherchait à partir, discrètement certes, mais à partir quand même. Axel s'en allait. Roxas grogna sourdement, sans pour autant avoir la force de le retenir. Alors le vide se fit dans le lit, la lumière revint le percer et le froid commença à s'immiscer dans les couvertures. Malgré tout, Roxas n'avait pas la moindre envie de quitter le lit. Après une bonne dizaine de minutes à reprendre contact avec la réalité, il se décida à se sortir de la couette. Alors qu'il se redressait paresseusement, Axel revint dans la chambre. Le roux monta sur le lit à quatre pattes et s'avança jusqu'à Roxas, qu'il embrassa.

« T'étais où...?

-Salle de bain. », répondit Axel en s'allongeant sur lui.

Roxas écarta quelques longues mèches écarlates.

« Ça t'a tant manqué que ça, de pas être au-dessus, hier soir ?, se moqua t-il gentiment en remarquant leur position tandis qu'Axel lui mordillait le lobe gauche.

-Non, non... On remet ça quand tu veux... Par-contre, ne m'interdis plus de te toucher... »

Le blond éclata de rire.

« Okay, mais pour l'instant j'ai faim...

-Moi aussi... Je peux te manger l'oreille ?

-Évite, j'pourrais avoir mal.

-Rabat-joie..., fit Axel sur un ton qui disait tout le contraire.

-Axel...

-Mm-mh...?

-J'ai vraiment super faim. »

OoOoO

Heureusement pour lui, Roxas ne travaillait pas ce jour-là. Mais il se sentait mal par-rapport à Tifa. Cloud allait partir définitivement et ni elle ni Rude ne l'auraient revu... Il fixait sombrement son bol de céréales.

« Qu'est-ce qui va pas, Rox ?, fit Axel devant la mine soucieuse de son compagnon.

-Tu crois qu'on devrait lui dire, à Tifa ? »

Axel haussa un sourcil.

« Dire quoi à qui ?

-Tifa, ma patronne. Lui dire que Cloud s'en va.

-Qu'est-ce qu'elle a à voir là-dedans ? »

Roxas se mordit la lèvre. Il venait de rendre compte qu'il n'avait jamais expliqué le rapport entre Tifa et Cloud à Axel.

« C'est une de ses amies.

-Ah. Ben je sais pas, faudrait demander à Cloud s'il veut la voir une dernière fois. »

Le rouquin sortit son portable et composa un rapide sms. La réponse fut rapide.

« Voilà. Il dit qu'il s'en charge.

-T'es génial.

-Mouiii... Je sais...

-Ça va, les chevilles ?

-J'sais pas... Tu me fais un massage ?

-Plus tard.

-T'es sérieux ?

-Non. »

Axel fit la moue. Roxas ne put s'empêcher de rire devant sa bouille de chiot battu. Il se pencha en travers du comptoir et lui déposa un baiser sur le coin des lèvres.

« Elles commencent quand tes vacances ?, lui demanda son rouquin.

-Samedi.

-Parfait. On part dimanche.

-Tu veux quoi pour Noël ? Et ne me répond pas rien.

-Être avec toi pendant une semaine. Et un massage. Et toi ?

-Des matins comme celui-là.

-Et des nuits comme celle-là, aussi...?, le taquina Axel.

-Si tu le proposes... Je vais pas dire non... », répliqua t-il, un sourire gourmand aux lèvres.

OoOoO

Roxas se détendait sous le jet de la douche lorsqu'un cri déchira sa quiétude.

« Roxyyyychouuuuuuuuuuuuuu ? »

C'est à moi qu'il s'adresse, ce con ?

« Oui, Axelinouuuuuuuuuuuuuuuuuuu ? »

On tira le rideau de douche et Axel apparut, les bras croisés sur la poitrine, la tête légèrement inclinée.

« C'est quoi ce surnom ?

-Je pourrais te poser la même question, rétorqua Roxas en stoppant l'arrivée d'eau.

-T'aimes pas Roxychou ? C'est mignon pourtant.

-Ah ouais ? Et pourquoi pas Princesse Roxanne, pendant que t'y es ?, contra le blond, blasé.

-Bon, ok, c'est pas mignon.

-Pourquoi t'es à poil ?

-Tu sais pas où il est mon sweat ?

-Lequel ? Passe-moi la serviette, s'il te plaît.

-Le noir et vert. Zippé.

-Dans l'armoire. Je te l'avais piqué, fit Roxas en s'enroulant dans la serviette.

-Pourquoi tu me piques mes fringues, toi...?, demanda Axel en se collant à son dos.

-Pour la même raison que tu m'appelles Roxychou, Axelinou.

-Ah, je peux pas t'en vouloir, alors...

-Eh non... »

OoOoO

Axel se sentait léger comme une plume. Tout était simple, au moins pour cette journée. Il avait décidé d'attendre le soir, le départ de Cloud, pour s'autoriser à se reprendre la tête. Pour l'instant, l'important était de profiter de chaque instant avec Roxas, sa crise du matin lui avait douloureusement rappelé son état instable.

Ils s'étaient installés sur le canapé, Roxas regardait la télé, la tête sur les genoux d'Axel, qui, d'une main, jouait avec ses cheveux, et de l'autre, tenait un livre. Les informations délivraient leur lot de mauvaises nouvelles : prises d'otage, émeutes, grèves, catastrophes écologiques... Roxas soupira.

« C'est quoi ce monde, sérieux...

-Tu veux pas éteindre ? », fit Axel.

L'écran devînt noir après l'annonce de la création d'une milice implantée dans certains quartiers chauds de villes comme Lowbast. Roxas se leva et alla détailler les livres de l'étagère.

« C'est fou ce que t'as, comme bouquins..., commenta t-il.

-Tu sais, avant que t'arrives, ma vie c'était boulot, dodo et pas grand chose d'autre. »

Roxas se tourna vers lui, un air moqueur sur le visage.

« Tu serais pas un peu asocial, par hasard ?

-Moi ? Paaas du tout. »

Le blond éclata de rire. Il dégagea un livre pour en lire le résumé lorsqu'une photo en tomba. Roxas la ramassa. On y voyait deux garçons semblables en tout point, que ce soit la forme de leurs yeux ou leurs chevelures flamboyantes, assis sur les marches d'un immeuble assez miteux. Cependant, l'arrière-plan assez glauque était occulté par leurs sourires, éclatants d'innocence et d'amour fraternel.

« Axel...

-Mm-mh ? »

Roxas retourna s'asseoir sur le canapé et se blottit contre son compagnon.

« C'est... Toi et ton frère ? », demanda t-il doucement.

Axel ne se crispa, ne se raidit pas. Il baissa les yeux sur la photo que tenait Roxas. Il croyait l'avoir perdue. Elle était juste coincée dans un livre.

« Oui... On doit avoir dix ans, sur cette photo.

-Il s'appelle comment ?

-Reno.

-Vous avez l'air proches...

-On l'était. »

Roxas releva la tête à l'utilisation de l'imparfait. Axel lui adressa un petit sourire triste.

« Il est mort, il y a presque dix ans.

-Merde... Excuse-moi... »

Axel déposa la photo sur la table basse, devant eux.

« T'as pas à t'excuser, tu sais... On peut dire que c'est du passé... »

Assis sur le fauteuil en face, Reno lui souriait de façon presque paternelle, un mélange de réconfort, de fierté, d'amour. Même si pour moi, tu fais encore bien partie du présent. Roxas se blottit dans le pull d'Axel.

« T'as froid ?

-Ouii...

-C'est une stratégie pour avoir mon sweat, c'est ça ?

-Entre autre, mais j'ai aussi vraiment froid.

-C'est vrai qu'il fait pas chaud. »

Axel se leva, dézippa son pull et le fit tomber sur le blond frigorifié.

« T'fais quoi ?

-Des ramens, ça te va pour le déjeuner ? »

Il ne pouvait plus vraiment dire midi, vu l'heure avancée...

« Trop ! Mais garde ton pull, tu vas attraper la mort !

-T'inquiète pas ! »

...C'est déjà fait.

OoOoO

Leurs bols de ramens les avaient réchauffés un temps. Un temps seulement. Roxas était reparti s'enfouir sous les couvertures du lit et Axel n'avait pas tardé à le rejoindre. Le froid aidant, ils s'étaient rendormis, dans les bras l'un de l'autre.

Un portable sonnait, au loin. Pour la deuxième fois de la journée, Axel quitta son lit contre son gré. Le temps qu'il retrouve son téléphone, celui-ci avait arrêté de sonner. Il avait manqué un appel de Riku. Axel soupira avant de remarquer l'heure. Déjà ? Ils devaient partir dans une heure pour la gare. Un sms fit vibrer son portable. Riku le prévenait qu'il partait en avance. Axel lui répondit brièvement et retourna dans la chambre. Il fallait qu'il réveille Roxas. Il se pencha sur lui, une main posée sur l'épaule.

« Rox... Roxas... C'est bientôt l'heure... »

Encore endormi, Roxas chassa les longs cheveux roux qui lui chatouillaient le nez, pas décidé à se réveiller pour autant. Axel s'inclina un peu plus, jusqu'à l'embrasser. Le blond ouvrit difficilement les yeux.

« Faut qu'on aille à la gare...

-J'me lève... Donne-moi cinq minutes... »

OoOoO

Le trajet jusqu'à la gare, dans la nuit, les frigorifia. Un vent glacé soufflait, pénétrait leurs nombreuses couches de vêtements et les congelait jusqu'aux os. La vue de la gare leur redonna du courage et ils accueillirent comme une bénédiction l'air à peine plus chaud du bâtiment désert. Axel repéra Riku dans un coin sombre de la gare, de toute façon mal éclairée.

« Sora n'est pas avec toi ?

-Vaut mieux réduire le comité d'adieu au maximum. »

Le couple approuva en silence.

« Cloud m'a dit qu'il arrivait, reprit Riku.

-Cool... »

Quelques minutes après, un courant d'air froid emplit le hall de gare. Une silhouette élancée, nerveuse, alourdie d'un sac de sport, fit son apparition, le visage masqué par la large capuche d'un anorak noir. Ni Riku ni Axel ne bougèrent. Puis ils aperçurent une mèche blonde s'échapper de la capuche. Ils se détendirent. Cloud s'avança vers eux.

« Je suis pas en retard ?

-C'est nous qui sommes en avance. Tiens, tes billets et les autres renseignements qu'il te faut. »

Cloud prit l'enveloppe que lui tendait Riku.

« Je sais pas comment vous remercier...

-Dis juste merci », fit Roxas.

Son frère se tourna vers lui, un peu gêné, son micro sourire aux lèvres. Il lui ébouriffa tendrement sa chevelure aussi décoiffée que la sienne.

« Merci. »

Riku se leva. Axel et Roxas l'imitèrent.

« Allons-y. »

Ils sortirent sur le quai, empruntèrent les escaliers, longèrent le passage souterrain dont la quasi-totalité des ampoules étaient grillées ou en phase de l'être et débouchèrent au dernier quai. Les trains de nuit n'étaient pas annoncés. Ils passaient, s'arrêtaient quelques minutes et repartaient comme ils étaient venus. Comme des trains fantômes. Roxas se rapprocha de Cloud.

« Tifa et Rude ne viennent pas ?

-Non. Tifa a dit que c'était plus facile comme ça. Et qu'un trop gros groupe aurait attiré l'attention. »

Les paroles que Riku avait prononcé quelques minutes en arrière lui revinrent en mémoire. Vaut mieux réduire le comité d'adieu au maximum. Riku et Axel s'étaient légèrement éloignés, pour laisser aux deux frères un peu d'intimité pour leurs adieux.

« Roxas, je... J'aurais voulu que ça se passe autrement. Vraiment.

-Dans la vie, tout ne se passe pas comme on voudrait, n'est-ce pas ? »

Sans prévenir, Cloud le prit dans ses bras.

« Tu m'as manqué, et tu vas me manquer, petit frère.

-Tu... Tu vas me faire pleurer, imbécile..., murmura Roxas, les yeux embués de larmes.

-Promet-moi de faire attention à toi...

-Promet-moi d'être heureux.

-P-promis...

-Promis aussi. »

Le train arriva, rompant le silence de cette froide nuit de décembre. Roxas et Cloud se séparèrent. L'aîné attrapa son sac. Il serra la main d'Axel.

« Prend soin de lui. Et de toi.

-La même chose pour toi. »

Il fit de même avec Riku.

« Merci pour tout.

-Tu pourras nous remercier quand tu seras arrivé sain et sauf là-bas. »

Cloud hocha la tête et monta dans le train sans se retourner. Les portes se fermèrent. Le train repartit comme il était venu. Comme un train fantôme. Riku quitta le quai le premier après les avoir salués. Axel enlaçait Roxas par les épaules. Le blond fixait le bout de la voie ferrée.

« Ça va aller ?

-Ouais... Je crois. Rentrons. »

OoOoO

Le ciel était clair. Roxas aurait pu compter les étoiles. Il se contenta de les contempler. Il ne savait pas depuis combien de temps il était accoudé au balcon, emmitouflé dans deux couvertures, la tête tordue en arrière pour observer les constellations. Il n'avait pas envie de dormir. Il fallait qu'il s'habitue à l'idée qu'il ne reverrait sûrement plus jamais son frère. Cloud lui avait promis d'être heureux. Tout se passerait bien. Riku savait ce qu'il faisait. Oui, tout irait bien. La baie vitrée coulissa. Axel se colla à son dos et croisa ses bras sur son torse.

« T'as pas froid ?

-Non, ça va.

-Tu veux que je te laisse seul ? »

Roxas referma ses mains sur celles d'Axel.

« Non, reste.

-Ca te dérange si je fume ? »

Roxas lui fit face.

« T'arrêtes avec tes questions ? », sourit-il, moqueur.

Pour toute réponse, Axel l'embrassa doucement. Puis il sortit son paquet de cigarettes, s'en alluma une et s'accouda au balcon à côté de Roxas.

« Tu veux une couverture ?

-Non, garde-la, t'inquiète.

-Attrape pas froid.

-Tu pourras jouer au docteur », répliqua tranquillement Axel.

Roxas sourit à ce souvenir.

« J'ai hâte d'être à Weentown... »

Le roux souffla doucement sa fumée. Les volutes formées s'enroulèrent paresseusement sur elles-mêmes, s'élevèrent dans le ciel avant de se perdre dans la nuit.


Je suis sadique et je l'assume. :D

Vous vous posez pleiiiin de questions, avouez ! xD