Nous y voilà.

Retenez votre souffle.

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My Beautiful Beast

Season 2

Chapitre 26 : In Fire and Blood (part 1)

La direction de l'hôtel avait opté pour un éclairage tamisé.

C'était un choix plutôt judicieux. Premièrement parce qu'il empêchait la clientèle d'inspecter de trop près l'état de propreté du lieu, secondement parce qu'il ne s'agissait certainement pas du genre d'établissement dans lequel on choisissait de passer plus de temps qu'une nuit. Pour dépanner. Dans ce type d'ambiance feutrée, on s'installait pour quelques heures de sommeil et on prenait une douche rapide avant de déguerpir sans demander son reste. La présence d'une télévision était un bonus. C'était ce qui justifiait les quelques billets supplémentaires que Levi avait déboursé pour la chambre. L'écran n'était pas plus large que celui de son ordinateur de salon, mais l'image et le son étaient étonnamment de bonne qualité.

''Les lumières des flashs faussaient les ombres et les angles du visage crispé de Kyles Uster.

A ses côtés les Commandants Neil Dork et Dot Pixis avaient l'air grave. C'était une conférence de presse exceptionnelle. Si le brouhaha animé qui donnait à la scène des airs pré-apocalyptiques n'en témoignait pas déjà bien assez, la présence en fond de Brigadiers des trois divisions réunies l'exprimaient aussi sûrement qu'une enseigne lumineuse géante avec néons multicolores clignotants…

Kyles s'était raclé la gorge.

Apparemment, la stratégie était de lui conférer un minimum de crédibilité. Et donc, de lui laisser la parole : « Comme vous le savez tous, Erwin Smith a été appréhendé suite à la tragédie des quais d'Estonya. » Le discours avait été coupé à cet instant afin de montrer quelques images des quais en question, sûrement obtenues par les médias avec l'aide de drones en dépit des interdictions mises en place par les autorités. Les entrepôts détruits, les bateaux de marchandises brisés dans la baie, un zoom particulièrement malvenu montrait même les murs tâchés de sang d'une structure particulièrement délabrée…

La voix, mal assurée, de Kyles continuait d'exposer les faits sans visuel : « …Il a été confirmé que Smith aurait profité de ses années de service pour fonder une milice personnelle au sein des Brigades. C'est non seulement ce qui lui a permis de mettre au point l'arme Biochimique, ou Biologique, qui est à l'origine de la catastrophe d'Estonya mais aussi, d'être à la tête d'un nombre encore inconnus de mercenaires extrêmement dangereux…

- Est-ce que vous avez réussi à obtenir des réponses du Commandant ? Avez-vous des pistes pour retrouver les déserteurs ou identifier les partisans d'Erwin ? Sont-ils toujours en possession de l'arme responsable des dégâts observés à Estonya ? Que doit-on vraiment craindre d'eux ? Des dispositifs ont-ils déjà été mis en place pour assurer la sécurité de nos concitoyens ? Le groupe a-t-il des revendications particulières ? A-t-on des raisons de craindre une attaque terroriste dans les prochains jours ? » La liste de questions avait été posé avec la rapidité et l'efficacité assommante qui caractérisaient si bien les journalistes d'investigation les plus acharnés.

Le visuel était revenu sur l'interview.

Kyles avait l'air d'avoir avalé une tonne de citrons. Neil s'était approché et penché pour lui susurrer quelque chose à l'oreille. Dot Pixis n'avait toujours pas cillé, debout à leurs côtés, les yeux fixés dans le vide, il semblait être fait de marbre. L'échange entre Uster et Dork avait été rapide. Kyles avait levé les mains, paumes présentées aux caméras dans un geste qui se voulait apaisant : « Pour l'instant nous sommes incapables de savoir combien des recrues de l'Escadron Ailé ont survécu à l'incident. Ni d'ailleurs combien des membres de la Garnison ont été entraîné dans leur fuite. Ce que nous pouvons vous assurer c'est que nous ne considérons pas tous les Brigadiers en fuite comme des criminels. Il est évident que le chaos faisant suite aux évènements qui se sont déroulés à Estonya est majoritairement responsable de la situation dans laquelle nous nous trouvons aujourd'hui…La rumeur a eu tendance à largement exagérer l'ampleur du soutien dont bénéficie Erwin Smith au sein des Brigades.

-Vous niez donc la présence d'éventuels partisans parmi vos rangs ? Et lorsque le décompte des morts sera établi, les survivants ne seront donc pas tous traînés en Cour Martiale ?

- S'ils se rendent ? Non. Bien entendu une enquête poussée sera inévitable avant qu'ils ne soient blanchis de toute implication dans les machinations d'Erwin Smith. Mais les divisions n'ont absolument aucune raison de punir injustement les Brigadiers qui sont autant victimes des magouilles de Smith que n'importe lequel d'entre nous…Nous les invitons par ailleurs à faire ce qu'il y a de plus juste et à se rendre dans les plus brefs délais. Sachez que plus vous prendrez de temps et plus il sera difficile pour nous de croire en votre innocence. Le climat d'incertitude dans lequel cette affaire nous a tous plongé doit cesser au plus vite, afin que nous puissions continuer à faire notre travail et protéger tous les citoyens de Paradiz. Ne gâchez pas votre vie pour une cause sans fondement, pensez à vos familles, à vos amis…

- Vous comptez vraiment opter pour cet angle d'approche ? Vous pensez que ça va suffire de vous désolidariser des agissements du Commandant pour qu'on croie que vous ignoriez tout de ses combines ?! Que les Brigades ne portent aucune responsabilité dans les faits ?!

- L'ex-Commandant Erwin Smith a déjà été arrêté et destitué de son titre. Il attend actuellement son procès et se trouve sous haute surveillance. Dire que nous ignorions tout de ses agissements, ce serait un mensonge. Mais affirmer que nous ayons eu conscience de l'étendue de sa trahison, serait tout autant inexact. Nous savions effectivement qu'il avait d'innombrables projets en cours, il était impossible d'en déterminer la nature précise. Chacun des actes de Smith ont depuis été passé à la loupe. L'armée personnelle qu'il a recruté en formant les plus dangereux criminels juvéniles du pays est particulièrement douée pour couvrir ses traces. Mais nous pouvons vous assurer que d'ici le procès d'Erwin Smith, nous aurons découvert tout ce qu'i savoir des projets top-secrets qu'il préparait dans la plus grande illégalité…

- Donc, vous ne savez même pas vraiment la nature de l'arme qui a été employé à Estonya ? Vous ne savez pas si les déserteurs la possèdent toujours, ni quels sont leurs intentions ? » Kyles était visiblement sur le point de péter une durite, du moins à en croire la veine saillante qui palpitait sur son front : « Qu'ils possèdent ou non cette 'arme', les déserteurs, du moins ceux dont la culpabilité ne fait aucun doute, sont des criminels extrêmement dangereux. Si vous les apercevez, si vous avez la moindre information à leur sujet, communiquez-la immédiatement à notre centre d'appel d'urgence, et surtout ? N'intervenez pas seuls, ne les approchez pas, évitez tout contact. Ce n'est clairement pas le moment de jouer les héros. » Son regard était planté droit dans la caméra qui lui faisait face.

Il fallait admettre que Kyles avait un certain don pour les effets dramatiques.

Malheureusement pour lui, les journalistes étaient loin d'avoir dit leur dernier mot : « Qu'avez-vous à répondre aux citoyens qui affirment avoir vu des Brigadiers volants à l'aide de machines étranges affronter des monstres gigantesques à figure humaine ? » Kyles avait agité la tête avec vigueur : « Il a été déterminé par le secteur scientifique que l'arme secrète a de grand pourcentage de chance d'être de nature gazeuse. Les témoignages des citoyens proches de la zone de combat ne sont pas fiables. Ils ont été affectés par les effluves toxiques et ils ne peuvent pas être pris au sérieux. Les inhalations ont visiblement un effet hallucinogène puissant. Ils ont été pris en charge par les services médicaux compétents et je vous saurais gré de ne pas empirer la psychose générale en relayant des informations dont la véracité est plus que douteuse. J'en appelle à votre bon sens et votre éthique journalistique. Vous avez un devoir envers la vérité… » C'était à cet instant que l'interview basculait.

« En parlant de devoir, vous avez conscience que le Caporal Levi Ackerman fait parti de la liste des criminels recherchés ? Il est tout de même considéré par la plupart de nos concitoyens comme un héros national ! Les réussites de l'Escadron Ailé sont indéniables, le taux de criminalité depuis leur mise en fonction a considérablement… » Kyles avait presque viré au rouge : « Levi Ackerman est un sociopathe ! » L'exclamation était tellement emplie de ressentiment, que seul un idiot complet pourrait ignorer le côté personnel de l'accusation. D'ailleurs, Neil avait presque eu l'air de vouloir se frapper le visage de la paume. La bouche de Dot Pixis avait eu comme un spasme.

Loin de s'arrêter là, Kyles s'était enfoncé dans son monologue haineux : « C'est un criminel dangereux, vindicatif, violent et insolent. Il a toujours démontré d'une incapacité chronique au respect des hiérarchies et un mépris complet pour les interactions sociales les plus basiques. Son arrestation est l'une de nos priorités. Il est évident qu'il était le bras armé d'Erwin Smith, son chien d'attaque. Smith est intelligent, il a su se servir des capacités de son Caporal pour en faire une sorte de mascotte du système des Brigades, mais ne vous méprenez surtout pas, il n'a rien d'un héros ! Erwin Smith le contrôlait à peine et j'ai toujours affirmé que le jour où son chien lui mordrait la main arriverait ! » Un léger silence avait suivi sa déclaration, avant que le brouhaha initial ne double d'intensité.

« Vous pensez donc que le Caporal Ackerman est celui qui aurait ordonné la détonation de l'arme ? Des témoins affirment qu'il n'est arrivé à Estonya qu'après les premières explosions… » Là, Neil avait décalé Kyles avec autant de fluidité que possible pour prendre sa place devant les micros : « L'enquête est encore en cours, ne n'avons pour l'instant porté aucune accusation qui…

- Comment avez-vous déterminé de la culpabilité des membres de l'Escadron Ailé qui ont été déclaré coupables ? Existait-il des conflits intérieurs précédents les évènements d'Estonya qui pourraient expliquer les…

- Erwin Smith est arrivé dans les locaux du QG de la Brigade d'Intervention peu de temps après l'intercession des Brigades Spéciales à Estonya. Il avait une longueur d'avance et il a mis à profit cette avance pour effacer absolument toutes traces de sa corruption. Nous avons donc dû déterminer de la culpabilité des ex-Brigadiers nommés en fonction de l'absence de données les concernant. Le refus de coopération d'Erwin Smith, conjugué au fait qu'il se soit retenu de déclarer être en possession d'une arme aussi dangereuse, suffisent amplement pour justifier l'accusation de Haute Trahison. Les recherches d'Hanji Zoé ayant un rapport avec la Brigade ont également disparu ce qui nous pousse à croire qu'elle travaillait étroitement en accord avec les desseins de l'ex-Commandant. Cette affirmation peut également être faite pour Levi Ackerman, Moblit Berner, Gunther Schultz, Eld Jinn, Petra Ral, Oluo Bossard, Mike Zacharias, les Brigadiers Gelgar, Nanaba, Henning et Line…

- Qu'en est-il des recrues récemment intégrées à l'Escadron Ailé ? Est-ce qu'il est possible qu'ils soient eux aussi impliqués dans les machinations de l'ex-Commandant ? Ils ont été extrêmement présents dans les médias cette année et leur dédication à la Brigade d'Intervention n'est plus à prouver. Savez-vous déjà combien d'entre eux ont survécu à Estonya ? Quel avenir les attend s'ils se rendent ?

- Leur innocence est beaucoup plus difficile à accepter et elle sera bien plus dure à prouver que pour les autres déserteurs des quais d'Estonya mais nous réservons notre jugement à ce sujet. Rien ne montre qu'ils étaient réellement au courant des agissements de leurs mentors ou même conscients d'œuvrer pour d'autres raisons qu'assurer la sécurité nationale. Ce sont de jeunes esprits impressionnables et nous sommes conscients du fait qu'Erwin Smith a certainement commencé à les endoctriner depuis leur enrôlement à l'Académie. Des mesures spéciales seront mises en place pour ces recrues. » L'interview s'achevait sur ces sages paroles pour se concentrer sur le présentateur TV. Un homme dans la soixantaine qui faisait absolument tout pour se donner l'air le plus concerné et professionnel possible.

« Cette interview datant d'il y a déjà presque un mois, résume les faits inquiétants de l'affaire qui secoue tout Paradiz. La chasse à l'homme se poursuit encore aujourd'hui, sans la moindre piste pour retrouver ceux qu'on considère déjà comme la force la plus redoutable de tout le pays. Bien qu'aucun acte n'ait été revendiqué par le groupe armé, on parle déjà de terrorisme. La simple menace d'utilisation de leur 'arme mystère' après les dégâts constatés à Estonya, suffit largement à plonger Paradiz dans la terreur. La fouille des propriétés Zoé et Berner n'ayant rien donnée, les recherches sont au point mort. En attendant, nous accueillons dans nos studios les candidats aux élections présidentielles, venus partager leurs impressions et leurs avis sur le sujet. Et pourquoi pas, à la lumière de ces évènements, proposer une alternative viable et efficace au système mis en place par celui qu'on appelle déjà le plus grand criminel du siècle, l'ex-Commandant, Erwin Smith…Tout d'abord, nous donnons la parole au favori des sondages, Rodd Reiss… » La caméra s'était alors concentrée sur le visage impassible mais avenant de Reiss.

De grands yeux bleu d'une clarté hypnotisante, une chevelure noir ébène coupée court, sa moustache bien taillée lui donnait un air débonnaire et honnête. L'homme du peuple, l'homme pieu. Sa voix grave et sereine inspirait la confiance, transpirait de détermination : « Je craignais qu'un jour, une tragédie pareille ne vienne frapper Paradiz. Il est évident que le système des Brigades, créé par Erwin Smith partait d'une excellente intention. Et je pense que nous lui devons une grande partie des progrès qui ont été observé dans notre pays cette dernière décennie. Le problème, c'est qu'Erwin Smith n'est qu'un Homme et que comme tous les Hommes il est soumis aux tentations, la proie du pêché. Il a manqué d'un guide moral, d'une… »''

Levi éteignit le poste de télévision.

La porte venait de s'ouvrir et le reflet de Petra, apparu dans l'écran noir, lui lançait un regard concerné depuis l'embrasure : « Caporal ? » Levi se redressa lentement. Il détailla sa chambre d'hôtel. Le papier peint jauni que l'éclairage tamisé peinait à cacher, les taches suspicieuses sur les rebords du mur…Levi ne se demandait pas comment ils avaient pu en arriver là. Parce qu'il était loin d'être con et que contrairement à ce que pouvait penser ce crétin fini d'Uster, il était loin d'avoir suivi Erwin avec des œillères. Petra changea subtilement de jambe d'appui : « Il est bientôt l'heure… » Levi acquiesça de la tête et lui emboîta le pas sans un mot.

En réalité, il savait depuis longtemps que ce jour finirait par arriver. Le jour où ils se retourneraient contre les Brigades qu'ils avaient aidé à fonder. Ce n'était qu'une question de temps, le chrono avait commencé son décompte bien avant l'arrivée d'Eren dans leur vie ou l'avancée de leur enquête sur les Titans.

Ils arrivèrent sur le toit de l'immeuble marqué par leurs réparages. Le crépitement de l'oreillette était, enfin, devenu supportable grâce aux longs efforts de Moblit. D'ordinaire, ils seraient déjà en train d'entamer leur douzième conversation sans rapport avec la mission, Hanji aurait traumatisée la plupart des intervenants en faisant une remarque aussi dérangeante que dérangée, Eld et Gunther auraient échangé une vingtaine de noms d'oiseaux, Oluo aurait essayé de prendre Levi à parti pour se voir sèchement rabrouer par Petra…

Levi n'aurait jamais cru voir venir le jour où l'absence de folie serait la chose la plus dingue et la plus triste de sa vie.

Actuellement, leurs échanges radios étaient strictement professionnels.

Froids et sérieux.

Une communication sommaire, juste pour affirmer que tout était en place.

Plus que quelques minutes et ils allaient passer à l'action.

Levi observa la large avenue qui s'étendait en contrebas. Près de six étages plus bas. Le dernier ''en place'' lui résonna dans le creux de l'oreille. Levi plissa les yeux, entièrement concentré sur la tâche à accomplir : « Okay. Le spectacle peut commencer. » Ce n'était pas parce qu'il y avait plus de tension dans l'air qu'il n'en avait jamais ressenti au début de cette intervention qu'elle différerait des autres. Les nouveaux éléments de leur équipe étaient tous des combattants confirmés, il n'y avait aucune raison d'être nerveux. Levi posa la main sur les poignées du sac qui renfermait son arme. Après l'avoir bien sécurisé sur son dos, il vérifia rapidement ses harnais.

L'équipement de manœuvre Tridimensionnel, ou 3DM pour faire plus court, était sans aucun doute leur atout clé.

Si seulement apprendre à le manipuler n'était pas une telle galère, les troupes d'Erwin seraient beaucoup plus efficaces.

Et dangereuses.

D'une pression du doigt Levi libéra l'un de ses grapins. Un saut. Il était dans les airs. Levi était l'un des rares à posséder le sens d'équilibre nécessaire à la maîtrise complète de l'équipement. Le secret, c'était les hanches. Il retrouva rapidement une position adéquate, droite et stable. Jongler avec les grapins et l'expulsion de gaz, c'était presque instinctif à ce stade. Il ne lui fallut que quelques secondes pour atteindre la terre ferme.

« Il est temps qu'on montre à ce crétin d'Uster qu'on n'est pas juste de vulgaires terroristes. On est les meilleures putains de terroristes que cette ère connaisse. »

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L'Escadron Falcon était presque au complet.

Avec la présence de tous les membres de son propre Escadron, le nombre d'hommes mis à contribution pour assurer la sécurité de ce convoi dépassait largement la mesure exceptionnelle. Ils étaient tous armés jusqu'aux dents, surentraînés et expérimentés. Sans parler du fait que leur itinéraire, le jour et l'heure de leur départ avaient été tenus secret jusqu'à la dernière minute. Kyles Uster savait qu'il n'y avait aucune raison de se sentir nerveux. Ce qui rendait l'atmosphère aussi tendue c'était la conjugaison malsaine d'une bonne dose de superstition et d'ignorance. Kyles avait intégré les Brigades d'Intervention un an avant Levi Ackerman et toute sa bande de clowns. Il était bien plus âgé qu'eux, il avait même deux ans de plus qu'Erwin Smith. Uster était un expert des interventions militaires à hauts risques, tout droit débauché de l'armée afin de fonder la Brigade Ailée. La vraie. Ce n'était pas parce que Smith avait réussi à créer tout un mythe autour de l'in fameux Escadron Ailé qu'il fallait tomber dans la psychose…

La grande porte s'ouvrit.

Quatre Brigadiers encerclaient le prisonnier pour le conduire au camion blindé qui assurerait son transport. Vêtu de l'uniforme gris foncé des détenus, Erwin Smith avançait sans faire de vagues. On avait restreint ses mouvements à l'aide d'une camisole et sa parole d'une muselière noire en cuir. Son attitude n'était pas en cause. Depuis son arrestation, sans résistance, au beau milieu de l'Open Space de l'Escadron Ailé, Smith s'était surtout contenté de garder le silence. Si on l'avait ainsi restreint, c'était pour éviter qu'il ne tente de s'échapper : après tout il fallait être naïf, ou totalement stupide, pour croire que de simples menottes pourraient le retenir si Erwin voulait vraiment leur fausser compagnie. La muselière quant à elle, elle servait surtout à éviter qu'il ne communique avec d'éventuels taupes durant son transfert.

Ce n'était pas parce que la Brigade d'Intervention niait dans les médias l'éventuelle l'existence de partisans fidèles à Erwin Smith dans leurs rangs, qu'elle cessait d'être une possibilité réelle.

Erwin claudiquait. Son visage était couvert d'égratignures et un œil au beurre noir impressionnant entravait son regard cristallin. Sa chevelure, d'ordinaire toujours impeccable, était en bataille et lui couvrait partiellement les yeux. Et pourtant. Rien ne parvenait à éteindre l'intensité du brasier glacial qui lui brûlait dans le regard. Aucune des méthodes d'interrogation n'avait fonctionné, bien évidemment. Erwin avait après tout lui-même aidé à mettre au point la majorité de ces méthodes. De la torture aux jeux psychologiques. Les seules fois où Erwin avait daigné desserrer les dents, c'était soit pour leur poser des questions, soit pour faire des déclarations sans queue ni tête. Ils avaient très vite compris qu'ils devraient se débrouiller seuls s'ils voulaient trouver le moindre indice quant à la localisation des déserteurs. Ou même s'ils voulaient découvrir ce que l'Escadron Ailé avait pu mettre au point dans les recoins de leurs laboratoires secrets.

Les Brigadiers marquèrent une pause avant de pousser Erwin dans sa prochaine cage. Uster croisa le regard clair et inexpressif de l'ex-Commandant. Pas la moindre trace de regret, de crainte ou d'hésitation. Kyles réprima un frisson : « Pas la peine de me regarder comme ça, Smith. Vous avez-vous-même creusé votre tombe. Je vous avais prévenu. Je vous avais bien dit qu'un jour votre suffisance vous exploserait au visage. Je n'espérais pas que ce soit aussi littéral… » Erwin continuait de le fixer, sans ciller. Kyles grogna, perturbé : « Allez, enfermez-moi ça ! On s'en va ! » Et même là, les quatre Brigadiers n'eurent aucun mal à pousser leur prisonnier dans le véhicule qui le conduirait à sa perte.

Les portes du camion blindé se refermaient lorsqu'Armon Fritz, Caporal en charge de l'Escadron Falcon, vint se planter à quelques pas de Kyles. Il était clairement nerveux. La main résolument posée sur la gâchette de l'arme qu'il portait en bandoulière devant lui, il cracha au sol et déclara : « Je n'aime pas ça ! » Par respect et aux vues de ses nouvelles responsabilités, Uster se sentait l'obligation de lui prêter une oreille attentive : « Quoi encore ?! » Attentive, c'était la clé. Il n'était pas obligé d'apprécier le moment ou même de se montrer conciliant. Très sincèrement, les craintes infondées de Fritz commençaient à lui taper sur le système.

Comme prévu, l'homme se mit à pleurnicher : « Tu es beaucoup trop arrogant ! Nous aurions dû accepter l'aide de la Brigade Spéciale et de la Garnison pour organiser ce transfert. Nous aurions dû le faire en plein jour, avec une escorte adéquate…

- Adéquate ?! » Kyles Uster montra d'un ample geste du bras l'ensemble de leur dispositif : « A nous deux, nous avons mobilisés plus d'une trentaine de soldats surentraînés, armés jusqu'aux dents. Nous nous déplaçons dans des camions blindés de dernière génération. La date, l'horaire et le trajet du convoi ont été tenu secret jusqu'au dernier instant. Quel genre d'escorte pourrait être plus appropriée pour conduire Smith à Hemel ?!

- Je n'en sais rien, n'empêche que je suis sûr qu'on est en train de faire une connerie, je ne comprends pas pourquoi on n'a pas…

- C'est exactement parce que vous n'êtes pas capable de comprendre ce genre de subtilité que je suis celui qui ai été désigné pour assumer la position de Commandant après la révocation de Smith, Fritz. D'ailleurs, je préfèrerais que dorénavant, vous vous adressiez à moi avec tous les égards qui sont inhérents à ma nouvelle position… » La main d'Armon se crispa sur son arme, sa mâchoire se serra : « Commandant Uster, nous sommes en train de faire une énorme connerie. » Sa voix transpirait de sarcasme. Mais Kyles n'allait pas lui en tenir rigueur. Après tout, Armon Fritz était plus âgé que lui ou Erwin, il y avait de quoi se sentir rabroué de ne pas avoir été choisi pour cette promotion inespérée.

Kyles était convaincu qu'à la fin de se transfert, Armon serait beaucoup plus enclin à lui témoigner le respect qui lui était dû.

Fritz continua sur sa lancée : « Je sais ce qu'on a dit aux vautours médiatiques pour éviter la panique, mais l'Escadron Ailé est loin d'avoir été aussi décimé qu'on le laisse entendre par l'incident d'Estonya. Jusqu'ici, le relevé des ADN trouvés sur les lieux laissent à penser que la totalité des membres les plus anciens de leur groupe sont encore en vie…

- Et alors ? Ils sont à peine sept ! Caporal, croyez-moi, la réputation de l'Escadron Ailé les précède. Sans parler des exagérations qu'Erwin a bien voulu faire gober au public pour monter tout un mythe autour de leur soi-disant efficacité. En réalité, ils sont faits de chair et de sang, tout comme nous. Ce que nous devons vraiment faire, c'est montrer à tous que la Brigade d'Intervention a les choses sous contrôle ! Que nous n'avons pas été affaibli par cette affaire. Nous n'avons pas peur. Pourquoi mettre en place un énorme convoi, en plein jour, en mendiant l'aide des autres Brigades pour assurer l'escorte d'un seul homme ?! Notre Brigade n'est pas déficiente, Fritz. Souvenez-vous en.

- Oh ! Mais de nous deux, mon Commandant, je n'ai pas l'impression d'être celui qui a des problèmes de mémoire. Une légende exagérée ? Un mythe ? Dire qu'on n'a pas peur ? Vous n'avez pas peur ?! Moi, j'ai peur. Et je n'ai aucune honte à l'avouer. Le vrai courage ? C'est que j'ai tout de même accepter de faire parti de cette mission. Nous avons tous les deux déjà été emmenés à travailler aux côtés d'Ackerman et ses hommes. Personnellement, j'en ai plutôt déduit qu'Erwin avait la fâcheuse tendance à sous jouer leur implication et leurs faits d'armes…Ce qui me rend malade, c'est que votre arrogance risque de coûter la vie à un nombre conséquent de vétérans dont nous ne pouvons pas nous passer de l'expérience dans la conjecture actuelle. Bien plus que la trahison d'Erwin, c'est de cette perte que la Brigade risque de ne pas se remettre… » Kyles sentit le rouge lui monter au visage.

Poings serrés, il s'exhorta au calme.

Il savait d'entrée de jeu qu'il allait devoir lutter pour asseoir son autorité sur la Brigade.

Surtout parce qu'il reprenait le siège du 'grand Erwin Smith'.

Surtout après la confusion dans laquelle tout le monde avait été plongé après son arrestation.

Il siffla : « Rien ne vous empêche de tourner les talons Armon ! Vous n'êtes qu'un Caporal parmi d'autres, il en reste encore sept prêts à prendre votre place ! » Armon pinça les lèvres, posture rigide : « Je reste, Commandant. Mais je tenais tout de même à faire remarquer qu'en dépit de toutes les fautes qui lui incombe, Smith ne refusait jamais d'écouter les conseils de ses subordonnés. » Il s'éloigna ensuite pour prendre position dans le camion blindé de tête, comme prévu. Kyles grinçait des dents lorsqu'il s'installa dans l'un des trois sièges du camion qui transportait Erwin. Autour d'eux, le convoi achevait de se mettre en place.

Contrairement à ce que ce pessimiste de Fritz croyait, le convoi progressa sans encombre.

Ils avaient déjà traversé la majorité de la région de Sina et Hemel n'était plus qu'à quelques heures de route.

L'aube pointait le bout de son nez lorsqu'ils pénétrèrent dans le calme village de Dorf.

Les rues étaient désertes.

L'inertie du lieu ne commença à les rendre nerveux que lorsqu'ils s'engagèrent sur l'artère principale de la circulation du village. Pas un chat, pas un véhicule. On aurait dit que l'endroit avait été totalement déserté. Armon s'apprêtait à communiquer son malaise à l'arrière du convoi lorsqu'il le vit.

Debout au beau milieu de la large avenue, un lance-roquette à l'épaule, Levi Ackerman les fixait avec nonchalance.

Le fait qu'ils se trouvent dans des camions blindés ne semblaient pas l'inquiéter outre mesure. Fritz jura entre ses dents, lança l'alerte et ordonna dans le même élan, à ce que son chauffeur accélère. Il doutait avoir le temps de faucher l'ex-Caporal avant qu'il ne leur tire dessus mais il espérait au moins réussir à forcer un passage en lançant le véhicule à pleine vitesse dans le barrage qui ne manquerait pas d'avoir été placé plus loin sur la route dans l'espoir de stopper le convoi.

Malheureusement, son action avait été anticipé par l'adversaire.

Une sorte de dos d'âne automatique, placé sur le sol et dissimulé sans doute à l'aide de spray de peinture noire, s'activa d'un seul coup. L'élan du camion le projeta dans les airs. Le véhicule atterrit sur le côté et glissa sur l'asphalte dans un horrible bruit de taule froissée avant d'aller s'écraser dans une vitrine avec fracas. Uster eut à peine le temps de comprendre ce qu'il se passait, que Levi faisait feu. La roquette explosa à l'avant du camion, faisant perdre le contrôle du véhicule au conducteur. Le pare-brise explosa.

L'escorte se stoppa en catastrophe et évita de justesse le carambolage.

Les camions qui flanquaient celui du Commandant avaient immédiatement été pris d'assaut par les airs. Equipés d'étranges machines harnachées à leur corps, l'Escadron Ailé leur fondit dessus comme une armée d'anges déchus. Vêtus de tenues noires qui n'étaient pas sans rappeler l'uniforme des Brigades mais qui, pourtant, semblaient deux fois plus sophistiquées, l'organisation de leur offensive ne paraissait rien laissé au hasard.

Le simple fait de croire que l'arrestation de Smith les avait pris de court avait visiblement été une grave erreur.

Des hommes, également tout de noirs vêtus, sortirent des bâtiments avoisinants. Très vite, le convoi fut encerclé par une trentaine d'hommes armés d'étranges boucliers géants. Les tirs fusaient de partout. Dans la détresse, les Brigadiers, obéissant aux ordres d'urgence qui leur avaient été communiqué avant le départ de l'escorte s'étaient réunis autour du camion du prisonnier et tentaient de repousser la charge de l'ennemi. Malheureusement, l'étau des boucliers se refermaient inexorablement et leurs tirs ne suffisaient pas à stopper les ex-Brigadiers volants de l'Escadron Ailé qui s'en prenaient aux hommes qui avaient miraculeusement réussi à échapper au confinement de leur formation de boucliers et tentaient de la briser de l'extérieur. Dès que les groupuscules de Brigadiers qui s'étaient formés à l'écart furent maîtrisés, les hommes-boucliers lancèrent des fumigènes en direction des résistants qui protégeaient le camion du prisonnier.

Très vite, leurs troupes furent complètement enfumées et un silence morbide s'abattit dans les minutes qui suivirent le lancer de fumigène.

Quand Uster reprit connaissance, sa ceinture de sécurité le maintenait à peine en place.

Son visage était couvert d'égratignures et il avait l'impression de distinctement sentir les éclats de verres renforcés qui s'étaient enfoncés dans sa peau. Le conducteur était mort. Ou simplement inconscient. Difficile à dire avec tout ce sang. Le second Brigadier présent à l'avant du véhicule n'en menait pas plus large. Kyles jura entre ses dents, se détacha et saisit son arme, les mains tremblantes. Il avait les oreilles sifflantes et du mal à tenir sur ses jambes, mais il était encore en état de bouger et à en croire les bruits qui l'entouraient, il était loin d'être le seul. Il tenta de demander l'état de leur situation mais rien ne lui répondit à travers l'oreillette.

Il glissa lourdement hors du camion et jura à nouveau.

Comme son audition était incapacité, il fut surpris lorsqu'ils apparurent tout à coup dans son champ de vision.

Un épais brouillard de fumée finissait à peine de se dissiper autour d'eux. Ils portaient tous des masques mais Kyles les aurait reconnus en toutes circonstances. La chevelure flamboyante de Petra Ral, la carrure de Gunther Schultz, la longue chevelure blonde d'Eld Jinn et à leur tête, la courte silhouette de Levi Ackerman. Erwin Smith, libéré de sa camisole mais toujours étrangement masqué de sa muselière, se tenait à leurs côtés. Kyles leva son arme et les mit en joug : « Plus un geste ! » Aucun d'entre eux n'eut la décence de sembler inquiété par le fait qu'il pointe un fusil d'assaut dans leur direction. Il s'apprêtait à leur faire regretter leur impertinence en tirant dans la jambe de cet insolent d'Ackerman lorsque sa vision se brouilla.

Il perdit l'équilibre.

Un genou à terre, les mains de plus en plus tremblantes, Kyles Uster sentait ses forces l'abandonner, sa conscience lui échapper. Une paire de rangers apparut brutalement dans son champ de vision. Presque immédiatement, un violent coup vint lui frapper le sternum et le projeta en arrière tout en lui coupant la respiration. Il se tordit au sol et tenta d'affirmer sa prise sur son fusil, en vain. Ses membres refusaient de lui obéir. Levi lui saisit brusquement les cheveux et lui releva la tête de façon à pouvoir le regarder droit dans les yeux : « T'es vraiment comme les cafards Uster, sacrément résistant. » La vision de Kyles se troubla à nouveau, il mit à profit ses dernières forces afin d'essayer de lui cracher au visage. Il rata sa cible et sentit sa salive lui dégouliner le long du menton. Levi fronça les sourcils : « C'est un truc neurologique tu sais. L'une des plus sales inventions de la tarée. » Ça expliquait pourquoi aucun de ses hommes n'étaient plus en état de combattre ou même de lui répondre !

Le regard vitreux de Kyles se posa sur la longue silhouette d'Erwin. Il se tenait droit, comme toujours et l'observait sans aucune expression. Qu'importait comment ce monstre s'y était pris, il avait réussi à tout anticiper. Une taupe devait l'avoir aidé à déguiser son masque en muselière…La main d'Uster se referma enfin autour de la gâchette de son fusil. Aussitôt, Levi lui écrasa les doigts sans ménagement. Le cri étranglé qui quitta ses lèvres le força à aspirer une grande goulée de gaz.

Il toussa.

C'était comme inhaler des flammes.

Il pouvait sentir le trajet brûlant du poison dans son œsophage. Levi claqua de la langue, visiblement agacé. Il s'accroupit pour se retrouver à hauteur de sa victime et lentement, saisit l'étrange arme de poing qu'il avait à la taille : « Je savais bien qu'un jour, j'allais t'en coller une entre les deux yeux. » Levi pointa l'arme sur lui. La vision de Kyles se réduisit à la présence du canon placé contre l'arrête de son nez.

Il eut à peine le temps de fermer les yeux et de formuler une prière.

La détonation résonna longuement dans le silence irréel de l'avenue de Dorf.

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Le voyage jusqu'à leur base secrète lui sembla durer une éternité.

Déjà plus d'un mois depuis les évènements d'Estonya et à part avoir récupéré Erwin, ils n'étaient pas plus avancés. La majorité de leurs forces était déjà réunies sur place, les autres, comme prévus par leur cas de figure, continueraient de travailler du bon côté de la Loi pour leur servir d'yeux et de mains à l'intérieur des Brigades.

Il fallait bien l'admettre, Kyles Uster pouvait se montrer très efficace quand il le voulait bien.

En général, il était extrêmement compétent lorsqu'il s'agissait de masquer son incompétence.

La cicatrice à l'œil gauche qui lui avait gentiment offert Levi allait non seulement lui rappeler chaque matin à quel point il ne fallait pas prendre les déserteurs à la légère, mais aussi lui conférer une certaine crédibilité auprès des autres Commandants. Celle d'un homme qui n'hésitait pas à aller au contact, un homme qui n'avait pas peur de prendre des risques et d'en assumer les conséquences.

Avec un peu de chance, ce crétin fini n'allait pas faire s'effondrer la Bridage d'Intervention avant qu'Erwin ne se trouve dans une position qui lui permettrait de la récupérer…

Oluo brisa le silence de leur camion de transport : « Toujours rien à propos de Dorf et de l'évasion du Commandant dans les infos… » Erwin acquiesça doucement : « Ils n'ont aucun intérêt de parler de mon évasion pour l'instant. Ils ont sûrement encore l'espoir de réussir à nous rattraper avant de devoir annoncer ma disparition. De plus, nous n'avons fait qu'un minimum de victimes parmi les Brigadiers donc ils ne peuvent même pas jouer les martyrs auprès de l'opinion public. L'observation est leur meilleure chance actuellement… » Levi grogna et frappa du pied la cheville blessée du blond sans retenue : « Arrête d'en parler comme un prof fier de ses élèves ! T'es un foutu maso ! A quoi bon pousser ses idiots à devenir meilleur alors qu'ils sont nos ennemis ?! Pense à nous un peu dans ton bordel !

- Levi. J'ai conscience du fait que les circonstances nous poussent à agir de cette façon mais la menace titanesque n'a jamais été aussi réelle. L'armée de l'Humanité a toujours notre dévouement le plus total. Ce n'est pas parce qu'ils l'ignorent que les Brigades ne sont pas toujours de notre côte.

- Ouais, ben parles pour toi ! Je leur serais dévouer quand ils n'auront plus envie de me faire la peau ! D'ailleurs je crois toujours que j'aurais mieux fait de vraiment coller une balle dans le crâne de ce pourri d'Uster…

- Kyles Uster est ce qu'on appelle 'un mal nécessaire'. Je l'ai sciemment laissé évoluer au sein de la Brigade d'Intervention. Je sais à qui il défère et les informations qu'il leur communique. Ses actions m'en disent bien plus sur les forces titanesques dissimulées dans notre paysage politique que ne le pourrait n'importe quel allié dans le milieu… » Levi grogna de frustration. Ce qui était vraiment un mal nécessaire ? C'était tous les petits jeux malsains d'Erwin.

Levi n'avait personnellement aucune envie de s'étendre sur le sujet.

Ils avaient dû séparer les troupes de la mission de sauvetage et emprunter des routes différentes avant de retourner à la base. L'itinéraire suivi par le camion de transport de l'Escadron Ailé avait pris une semaine de détour avant d'arriver à destination.

Enfin.

La base secrète se trouvait en plein cœur d'une des forêts de la large chaîne montagneuse de la région de Rose.

La Tour Z des Zoé avait été fouillé de fond en comble. Le Labo, leurs résidences secondaires, tout avait été passé au peigne fin. En vain. Lorsqu'Erwin s'était rendu au QG de la Bridage d'Intervention pour lancer le protocole d'Effacement, l'état d'urgence avait enclenché l'engrenage du Code Rouge. Presque immédiatement, les recherches et autres informations présentes sur le serveur de la Brigade avaient été détruites par un virus. Les scientifiques travaillant aux côtés d'Hanji avaient immédiatement vidé le Labo avant d'entamer le transfert des expériences, équipements et autres documents à risques vers la base secrète. Base qu'ils rejoignirent eux-mêmes avant que la Brigade Spéciale n'obtienne les autorisations nécessaires pour les mettre en état d'arrestation.

Seule une dizaine de chauffeurs triés sur le volet connaissaient la localisation exacte de cette base secrète.

Le même phénomène avait eu lieu chez les Berner.

Au final, en deux semaines, les déserteurs étaient opérationnels pile dans les temps pour la mission de sauvetage d'Erwin.

Le manoir qu'ils occupaient actuellement appartenaient à un alias complètement fictif, créé de toutes pièces par les efforts conjugués d'Oluo et Eld. Il n'existait probablement aucun lien qui puisse conduire les Brigades sur la piste de cet endroit. Ce n'était pas pour autant que ce paranoïaque d'Erwin avait lésiné sur les systèmes de sécurité du lieu. Ou alors qu'il faisait assez confiance aux hommes, à qui il avait pourtant confié sa vie, pour leur permettre d'échanger librement avec l'extérieur.

La confiance n'était vraiment pas le fort d'Erwin.

C'était sans doute parce qu'il était plus doué à imaginer les pires scénarios que les idéaux, que le blond avait été capable d'arriver aussi loin. Et c'était sans aucun doute ce qui faisait d'Erwin un adversaire aussi redoutable. Jamais, il n'avait cru possible de réussir à mener son combat à terme tout en restant strictement du bon côté de la Loi. Erwin avait depuis longtemps perdu toute foi dans le système judiciaire de Paradiz. Pour lui, la corruption s'était déjà bien trop étendue pour qu'on puisse se reposer sur les bases de la Justice.

Il avait eu raison.

Lorsqu'ils arrivèrent enfin dans le coin de la propriété qui leur servait de parking, Levi était sur le point de bondir hors du véhicule en marche.

Avec tout ce qu'il s'était passé, il avait à peine eu le temps de voir Eren.

Son cœur se serra au souvenir de l'état dans lequel il avait été contraint d'abandonner son partenaire. Il espérait vaguement que la situation s'était améliorée. Mais s'il devait être honnête avec lui-même ? Il en doutait grandement. Un nœud au travers de la gorge, il descendit du camion. Mike était là pour les accueillir. Dès qu'Erwin fut sur la terre ferme, le géant châtain s'était précipité pour lui porter assistance. Jusqu'à présent, Levi se posait encore une multitude de questions sur le fonctionnement de leur amitié. Erwin avait toujours été extrêmement vague pour tout ce qui concernait sa vie privée et Mike n'était vraiment pas bavard. Durant toutes les années où ils s'étaient connus, Levi n'avait entendu sa voix qu'à trois reprises. Et à chaque fois pour ne prononcer que deux mots maximums. Ce n'était clairement sur lui qu'il fallait compter pour les ragots.

Quelques hommes étaient venus aider à décharger le camion.

Levi et son équipe les laissèrent à l'œuvre. Ils étaient épuisés, crasseux et affamés. Déjà, Mike traînait Erwin vers ce la salle qui devait leur servir d'infirmerie. D'autres hommes étaient encore affairés à nettoyer les parties communes. Levi satisfait, était au moins soulagé qu'Hanji eut pensé à faire respecter ses instructions niveau hygiène. Ils croisèrent quelques-unes de leurs recrues sur le chemin. Jean Kirstein et Marco Bott étaient perchés sur des escabeaux. Ils s'acharnaient à faire briller les vitres du couloir. Ils s'arrêtèrent un instant sur leur passage et Levi comprit à leur échange de regards appuyés que les choses devaient toujours être au point mort pour la majorité des rescapés de l'incident d'Estonya.

La boule qu'il sentait lui peser sur l'estomac doubla de volume.

La faim primant sur absolument tout le reste, l'Escadron Ailé se dirigea directement vers la salle à manger. Il était presque deux heures de l'après-midi mais l'endroit sentait toujours aussi bon. Les sentinelles placées sur le chemin de la base avaient déclaré leur arrivée imminente depuis plus d'une heure. Largement assez de temps pour leur réchauffer un bon repas. Félicia Jinn déboula soudain dans la pièce, Howard, le fils à peine âgé de deux ans de Petra et Oluo, placé sur l'une de ses hanches. Elle se précipita directement vers son époux. Eld l'accueillit à bras ouverts. La scène de réunion fut largement gâchée par le cri strident qu'avait poussé le nourrisson à la vue de ses parents.

Avec la force de l'habitude, Oluo parvint à extraire son fils de l'embrassade d'Eld et Félicia pour venir le caler contre son torse et l'enlacer avec force. Comme s'ils ne s'étaient pas vus depuis des siècles. Petra roula des yeux mais vint glisser une main apaisante sur le dos de son fils. Quelques secondes plus tard, Gill, le fils déjà presque âgé de dix ans de Gunther sortit à son tour de la cuisine et vint enlacer son père avec émotion. Levi n'arrivait jamais à se souvenir de l'âge exact de Gill. Mais comme le gamin était déjà un géant, comme son père, on ne pouvait pas vraiment lui en vouloir. C'était compliqué de faire des estimations d'âge précise dans ce genre de cas de figure. Levi ignorait où se trouvait Tasha, la nounou/plan cul régulier/mère de substitution du garçonnet, mais il y avait fort à parier qu'elle était dans les parages car Gill n'était jamais bien loin d'elle. Peut-être qu'elle était aux fourneaux avec une poignée d'autres 'déserteurs'.

La population de la base était composée non seulement des survivants de l'incident d'Estonya mais aussi de quelques Brigadiers d'Intervention qui avaient prêté allégeance à Erwin et s'étaient parjurés lorsqu'il avait choisi de les recruter. De plus, quelques ex-membres de la et autres 'intervenants' étranges dont Levi n'avait jamais soupçonné l'existence avant qu'ils ne rappliquent sur les lieux en suivant les instructions de Monosourcil, s'étaient joints à leur petite réunion de marginaux. Lorsque les médias décrivaient Erwin Smith comme un homme dangereux, à la tête d'une petite armée de mercenaires ? Ils sous évaluaient largement l'ampleur de la situation réelle.

En tout et pour tout, le manoir top secret devait abriter un peu plus d'une centaine d'âmes.

Levi plaignait le rôle de ceux qui s'occupaient de la logistique de tout ce bordel.

La gestion des vivres, l'approvisionnement, la sécurité, les factures, les diverses magouilles qui assuraient l'aspect 'secret' de leur présence…

Un vrai casse-tête.

Pour l'heure, ce dont rêvait Levi c'était d'enfin se remplir la panse, prendre une douche et surtout que quelqu'un lui fasse un rapport détaillé de ce qu'il s'était passé du côté d'Eren depuis son départ…On leur servit rapidement des assiettes bien bombées de riz et de curry à l'agneau. Et avant qu'ils n'eussent terminé leur repas, la salle s'était considérablement remplie. La nouvelle de leur retour avait fait le tour du manoir, on venait les observer, les accueillir, les bombarder de questions. Oluo et Eld se faisaient une joie de faire un récit palpitant de l'intervention, quand bien même les précédents arrivants devaient déjà avoir raconté le plus gros de l'opération de sauvetage. Pour sa part, Levi s'était attendu à voir apparaître Armin et Mikasa dans les minutes qui avaient suivi son retour. Leur absence ne faisait qu'empirer l'angoisse inexplicable qui lui rongeait les tripes.

Alors qu'il n'y comptait plus, Hanji fit sa grande arrivée.

Elle avait l'air de ne pas avoir dormi depuis des jours mais elle était, comme d'habitude, parfaitement exubérante. Levi repoussa le câlin qu'elle tenta de lui infliger d'une main savamment placée en plein milieu du visage : « Du calme Binoclarde ! Ne me force pas à t'éclater le nez !

- Je suis trop contente que vous soyez enfin rentrés ! Ici, personne ne me comprend vraiment à part vous ! » Moblit se tenait à ses côtés, l'air amusé : « Bon retour Caporal. Hanji, je dois avouer qu'en réalité, on ne te comprend pas plus que les autres…

- Peut-être ! Mais vous au moins, vous avez l'habitude de ne pas me comprendre ! » Levi roula des yeux : « Okay, c'est bon on a compris. On t'a manqué.

- J'ai entendu dire qu'Erwin était à l'infirmerie, est-ce qu'il va bien ? » Levi poussa un long soupire : « Oh, tu sais comment les interrogations se passent. Surtout quand ils n'obtiennent pas ce qu'ils veulent. Ça peut vite déraper dans un cas aussi délicat que le nôtre. Ils étaient désespérés et pressés. Mauvaise condition pour un interrogatoire sans violence physique. Mais ça va, Monosourcil a déjà vu pire. » Hanji avait plissé les yeux, prenant un air légèrement menaçant : « On va trouver un moyen de le leur faire payer…

- Pfff, ne sois pas ridicule. Je sais bien qu'on se la joue hors-la-loi en ce moment mais on n'a rien à voir avec un vulgaire gang. Notre but ce n'est pas de 'descendre du Brigadier'. Ils sont encore nos 'collègues' dans le sens large du terme… » Hanji haussa les épaules : « Je ne les ai jamais appréciés quand le sens du terme n'était pas encore large, pourquoi ça changerait ?

- T'es un cas à part. Je ne sais même pas pourquoi je perds mon temps à essayer de te faire comprendre ça. Et si tu me parlais plutôt d'un truc qui m'intéresse, comment va Eren ? » La grimace qui déforma les traits de la brunette acheva de lui confirmer que les choses étaient très loin de s'arranger.

Hanji décala Petra d'un coup de rein et prit place sur le banc de façon à pouvoir parler à Levi tout en ignorant les protestations outrées de la rouquine. Heureusement, la conversation qui s'animait autour d'eux réattira bien vite l'attention de Petra et Hanji répondit, accablée : « Armin et Mikasa ont tenté de lui parler mais, on dirait qu'il est incapable de les entendre. Il n'a pas retrouvé forme humaine de tout le mois et il fait toujours ce…bruit, qui nous arrache le cœur. Il n'a rien avalé non plus. Pas d'eau, pas de nourriture. J'ai dû le sédater à intervalle régulier pour le perfuser et le maintenir hydraté. Le hic, c'est qu'à chaque réveil il a eu une crise de violence et s'est blessé. Alors j'essaie d'éviter au maximum d'intervenir… » Levi déglutit. Il serra sa fourchette à s'en faire blanchir les jointures.

Il n'avait pas eu le choix.

Il occupait un poste important pour les déserteurs. Sa présence avait été essentielle pour le sauvetage d'Erwin. Mais quitter Eren alors qu'il se trouvait dans une telle détresse ? Ça avait été de la torture. Il fixa son assiette vide avec intensité. Il n'avait pas la moindre idée de comment lui venir en aide, mais il était hors de question de cet imbécile continue de se bousiller comme il le faisait. Pas alors qu'on avait autant besoin de lui.

Animé d'une détermination renouvelée, Levi s'apprêtait à quitter la table quand Erwin et Mike firent leur entrée dans la salle.

Ils étaient suivis de près par Nanaba, Gelgar, Henning et Line. L'entièreté de l'Escadron 'Royal', les hommes directement sous le commandement d'Erwin. Immédiatement, ils furent pris d'assaut par la petite foule de curieux qui avait submergé l'Escadron Ailé. Erwin rassura ses hommes, prit la peine de prononcer quelques mots à chacun d'entre eux, puis l'Escadron Royal dissipa l'attroupement, rappelant à tous qu'ils avaient des tâches à accomplir.

S'ils étaient encore en vie quand tout ça prendrait fin, Levi n'avait aucun mal à imaginer Erwin concourant pour le poste de Président de Paradiz.

Le blond vint s'installer à leur table.

Bien vite, un plat lui avait été présenté. Il profita du repas pour se renseigner sur l'organisation des lieux. Des informations que Félicia s'était fait un plaisir de lui fournir. Levi se serait bien passé des détails mais il sentait que Monosourcil risquait de le faire rappeler avant même qu'il n'ait le temps de prendre une douche. Levi avait vaguement espéré que ce bourreau du travail s'accorde une sieste à l'infirmerie avant de sauter dans le bain…C'était bien mal le connaître. Erwin avait à peine terminé son assiette lorsqu'il choisit de passer aux choses sérieuses : « Félicia, Tasha, j'aimerais m'entretenir avec les autres, si vous pouviez… » Erwin avait à peine terminé de formuler sa requête que déjà, elles acquiesçaient. En quelques minutes, Gill et Howard furent transportés hors de la salle et les quelques hommes qui s'étaient attardé dans la pièce furent poliment congédiés.

Levi n'avait pas vu, ni entendu, quand est-ce qu'Erwin avait fait appeler Mikasa et Armin mais ils venaient d'enfin pointer le bout de leur nez.

Escortés par Jean, Marco et Nanaba.

Ils avaient vraiment de sales têtes.

Armin était livide, le regard hagard. Il se rongeait nerveusement les ongles. Mikasa n'était que l'ombre d'elle-même. La chemise d'uniforme qu'elle portait semblait beaucoup trop grande et elle se trainait plus qu'elle ne marchait. Levi fronça les sourcils. Il avait toujours pensé que l'amitié d'Eren, Mikasa et Armin flirtait largement avec les limites de la codépendance. Il avait largement sous-estimé à quel l'effondrement de l'un d'entre eux pourrait affecter les deux autres. Les anciens membres de l'Escadron ailé leur jetèrent tous un regard appuyé. Armin et Mikasa prirent à peine le temps de souligner la présence d'Erwin avant de prendre place en bout de table.

Nanaba avait alors rapidement raccompagnés Jean et Marco vers la sortie, en dépit de leurs protestations véhémentes.

Une fois qu'ils furent tous les trois sortis, elle referma derrière elle les doubles portes de la grande salle.

Les anciens membres de l'Escadron Ailé, Mikasa, Armin, les membres de l'Escadron Royal minus Nanaba. Cette réunion se composait visiblement des gens à qui Erwin accordait le plus de confiance. Le blond reposa son verre d'eau, s'essuya la bouche, survola la tablée du regard puis annonça sans préambule : « On va devoir interroger chacun des survivants de l'attaque d'Estonya. Il est impératif que l'on fasse le point et détermine exactement ce qu'il s'est passé ce jour-là. » Mikasa posa sur lui un regard vide de toute émotion et rétorqua : « Parce qu'il y a encore un doute sur ce qu'il s'est passé ? On s'est fait avoir. Et maintenant ils sont tous… » Les mots semblèrent mourir au fond de sa gorge. Elle déglutit et s'efforça de reprendre : « …Eren, on risque de perdre Eren. Ce n'est pas comme pour son coma, ce n'est pas comme avant. Avant, il voulait revenir parmi nous, cette fois-ci… » Levi l'interrompit, l'estomac retourné : « Il va revenir. Je te le promets. Je suis là maintenant, dès que Monosourcil en aura fini avec son annonce à la con, je vais le secouer. » L'éclat d'espoir pur qui s'anima sans retenue au fond des yeux d'onyx de la jeune femme, avait quelque chose d'effrayant.

Le regard fuyant d'Armin s'était soudain fixé et il réprima à grande peine un frisson. Comme un sursaut de conscience. Sa voix était enrouée lorsqu'il s'écria avec gravité : « Ils connaissaient nos plans. Notre formation. C'était une embuscade, pas juste une attaque préparée. C'est si bien agencé, si efficace, on n'avait aucune chance ! C'était…ce n'était pas naturel. » Un lourd silence accueillit sa déclaration.

Eld balbutia : « Quoi ?! » Le regard que posait Erwin sur la silhouette frémissante du blondinet était pétillant de fierté. Il acquiesça : « Bien vu Armin. J'étais sûr que tu remarquerais vite les anormalités et que tu saurais en tirer les conclusions qui s'imposent. » Petra s'exclama : « Une minute ! On a tous vu les Troisièmes Génération, Erwin. Ils étaient loin d'être des lumières ! Ils agissaient surtout à l'instinct. C'était exactement comme on se l'imaginait, ils n'avaient pas l'air de pouvoir être contrôlés… » Erwin l'interrompit en agitant la tête : « C'est bien ça le problème Petra. S'ils n'étaient régis que par instinct, uniquement les placés là où ils risquaient de faire le plus de dégâts, n'aurait pas suffi pour décimer nos rangs à ce point. Ils avaient un agenda, un but. » Un nouveau silence.

Erwin crispa la mâchoire : « Cette défaite nous a coûté bien plus qu'aucun de nous n'était prêt à payer. Mais même dans 'l'échec' nous grandissons. Cette désastreuse expérience nous aura permis d'acquérir des informations vitales. Premièrement, contrairement à ce que nous croyions, les Titans ne cherchent pas un moyen de contrôler leur armée de Troisième Génération, ils l'ont déjà. Deuxièmement, l'équipement de manœuvre tridimensionnelle est efficace lors de l'affrontement contre ces ennemis puisque leur point faible se situe effectivement au niveau de la nuque comme déterminé par les recherches d'Hanji. Troisièmement, il y a un traître parmi les survivants de l'Escadron Ailé. » Le dernier point fut accueilli par le silence le plus lourd qu'eut jamais vécu Levi.

Ils avaient tous envie de nier les faits. Ils avaient vécu l'enfer et en étaient ressortis, aux côtés de leurs camarades de l'Escadron Ailé. Ils avaient subi de lourdes pertes, ils avaient vu mourir des amis. Des gens qu'ils considéraient tous comme faisant partie de leur famille. Et pourtant, l'évidence était là, criante de vérité.

L'un d'entre eux était à l'origine du désastre d'Estonya et ils allaient devoir le débusquer avant qu'il ne soit trop tard.


Je me suis énormément trituré les méninges avant de me lancer dans l'écriture des chapitres 26 et 27

Déjà pour déterminer de la coupure idéale. Ensuite pour la façon dont j'allais me démerder pour raconter...CA. J'ai opté pour quelque chose de non linéaire, qui change et qui représente pour moi un vrai défi narratif.

Du coup, ce chapitre d'action et speed (du moins c'est comme ça que je l'ai voulu) soulève beaucoup de questions et laisse pas mal de choses dans le floues. Non seulement ça vous permet un peu de vous préparer à la suite, au Récit avec un grand R majuscule mais en plus, ça m'aide à planter le décor de l'Après (là aussi, une belle majuscule) Je me demande ce que vous avez pensé de ce chapitre en définitive.

Vos impressions? Vos questions? Est-ce que l'action était bien? (J'ai toujours autant de mal avec les scènes d'action, j'ai là encore fait un choix plutôt...différent pour raconter cette partie de l'histoire. J'espère ne pas m'être totalement planté d'approche!)

Restez captivé?

J'ai hâte de lire vos réactions,

Plein de love Easyan.