Je tombais à terre. Ma vue était troublée et je me sentais bouillonnant. Je titubais en m'appuyant contre le mur pour pouvoir avancer plus facilement. C'est fou comme ma vue était instable. Je me sentis tiré en arrière et plaqué contre le mur. Je lâchai un grognement, trop saoul pour me défendre. Mes créanciers. Je reçus un bon nombre de coups mais ne brocha pas, restant inerte au sol. Une ombre passa devant moi, je sentis une main douce se poser sur mon front et je sombrai dans un sommeil sans rêve.
Une odeur de cannelle et de gingembre. Je grimaçais un peu. J'avais mal au crâne et j'avais soif. Je voulus bouger mais mes mains étaient sanglés, j'étais attaché. J'ouvris les yeux péniblement, il y avait deux femmes auprès de moi.
« Eden, il se réveille.
_ Génial. Tu vas l'interroger ?
_ Attendons qu'il reprenne totalement ses esprits. Il n'a pas l'air très clairvoyant.
_ Normal, c'est ce que l'on appelle UNE GUEULE DE BOIS ! »
Je grimaçais et lâchai un râle. Bon sang cette salope avait une voix des plus sonores. Je détaillais les deux gonzesses. Une fille latino aux cheveux argentés et court et des yeux émeraude et un corps à se faire damner, si elle n'avait pas gueulée autant je l'aurais embrassé. L'autre, blonde et pâle avec des yeux bleus mais la cape qu'elle portait cachait son corps. Dommage. Je grimaçai fortement lorsque la blondasse ouvrit les rideaux laissant entrer la lumière et m'aveuglant sur le coup me faisant lâcher une plainte.
« Putain ! Mais vous avez décidé de me torturer ! J'ai pas de fric et je ne peux pas vous rembourser !
_ On n'est pas là pour une dette. »
Je m'étais habitué à la lumière même si elle était encore un peu trop forte à mon goût. La blonde prit une chaise et s'installa à côté de mon lit en me regardant avec un sourire malicieux. La latino s'était accoudée au coin de la fenêtre et regardait à l'extérieur, elle avait l'air en colère. La blonde me fit un petit signe.
« Quoi ?!
_ Je m'appelle Barles D Ivy. J'aurais besoin de votre aide.
_ Non abbiamo bisogno di un Ivy ubriaco. Egli pensa che il denaro e l'alcool, non esiterà a riportarci alla minima difficoltà.
_Eden, laisse-lui une chance. »
La latino lâcha un soupir et repris sa contemplation. Je portais de nouveau mon regard sur la blonde, Ivy.
« Je suis Yaën Quillin.
_ Je sais. J'ai appris que vous aviez travaillé avec Vegapunk et que vous aviez trouvé une énergie nouvelle mais que Vegapunk ne l'a pas validé parce que vous étiez trop peu … concentré.
_ Trop saoul plutôt.
_ Eden ! »
La latino leva les mains en signe de capitulation. La blonde reporta son regard sur moi.
« Excusez là. Bref, moi cette énergie m'intéresserait. J'ai un projet mais j'aurais besoin de votre science pour pouvoir mettre cela en œuvre, j'ai fait beaucoup de recherche et je sais que vous êtes le seul à pouvoir la manipuler.
_ Je ne vois pas pourquoi je ferais ça ! Cassez vous !
_ Je vous laisse aux soins d'Eden et nous en reparlerons après. Bon courage. »
Elle se leva me laissant ainsi avec la latino. Avant de partir elle lança un regard à cette dernière et lui tapota l'épaule.
« Amuse-toi bien. »
La blonde partit en me laissant dans la pièce avec l'autre femme, cette dernière avait eu un sourire étrange en me regardant. Apparemment j'allais passer un sale moment. Bon sang j'avais soif.
« Hey, il y aurait pas un verre, n'importe quoi. »
Elle sourit sortant un verre d'un placard et le remplis d'eau, elle le posa sur la table silencieusement.
« Ah, non. Je veux à boire, de l'alcool.
_ Je n'ai pas le droit. Ivy m'a demander de vous sevrer donc je vais le faire.
_ J'ai pas besoin d'être sevrer ! Donne-moi à boire !
_ Non. »
Elle s'assit dans un coin après avoir resserré mes liens.
« Dit toi qu'il vaut mieux commencer en douceur, moi je te déteste et je n'ai aucune compassion pour les alcooliques donc n'attend pas de la pitié. On va être coincé ici pendant sept jours le temps que la plus petite goutte d'alcool ait quitté ton organisme et que tu reprennes tout tes esprits.
_ Sept jours ?! »
Je m'acharnais sur les liens après ses paroles. Hors de question que je reste avec une salope dans son genre ! Je lâchais des râles mécontents mais elle n'en fut pas perturbée. Pire, elle s'assit un peu plus loin et commença à lire tranquillement. Je m'ennuyais à mourir, commençant à transpirer fortement, j'haletais de plus en plus fort et qu'est-ce que j'avais soif. Je voulais bouger, j'en avais marre d'être allongé et je voulais boire !
Elle ne lâchait rien, cette pétasse ne me laissait rien boire à part de l'eau. J'avais envie de la cogner à chaque instant pour lui faire ravaler son sourire narquois. Après trois jours elle avait accepté de me détacher et de me laisser me déplacer. Elle avait laissé une grande quantité de nourriture à ma disposition et de l'eau. Je criais souvent mais elle n'avait absolument pas l'air perturbée. Le soir nous restions assis à une table. J'avais souvent froid et je tremblais mais elle n'avait pas l'air de s'en faire. Elle m'expliqua tout simplement que ça partirait avec le temps. Je me sentais nauséeux et je vomissais souvent. Elle, elle ne réagissait pas, de temps en temps elle jurait dans une langue que je ne connaissais pas.
« Pourquoi tu restes là ? Pourquoi tu as accepté de faire ça ?
_ Parce que je me fiche que tu me déteste et que tu es une sorte d'échauffement.
_ Je ne voulais pas boire au début.
_ Comme tous les alcooliques.
_ Ils ont tué ma femme.
_ Hm, continus, je t'écoute, je sais que ça va te faire du bien de tout déballé. »
Je la regardais, elle avait l'air tranquille, lisant toujours mais je voyais bien que ces yeux étaient maintenant arrêtés sur la page et ses doigts ne continuaient pas d'avancer le long d'une phrase.
« Si je parle, tu dois parler aussi.
_ Seulement si elle est intéressante, ton histoire.
_ Ils ont tué ma femme et mes filles. »
Elle relevait les yeux et me fixait, son visage n'exprimait rien.
« Cette énergie que vous voulez, le gouvernement ne voulait pas qu'on la développe pour la simple raison que c'était une énergie utilisée durant le siècle perdu. Ils ne veulent pas que des effluves de ce siècle soient remis au goût du jour.
_ Mais vous ne les avez pas écoutés.
_ Non, je ne les ai pas écoutés. Cette énergie était si passionnante. Elle permet d'alimenter beaucoup de chose, j'ai même trouvé comment elle fonctionnait. J'ai reçus beaucoup de menaces. Mais quand je me suis décidé à arrêter les frais, ce fut trop tard.
_ Ils avaient anéantis votre famille.
_ Ma femme a été brûlée vive devant mes yeux. Mes filles ont été égorgées et ils ont pris ma dernière.
_ Qu'est-elle devenue ?
_ Je n'en ai aucune idée. Ils ne m'ont jamais laissé l'occasion de la voir.
_ Il l'utilise comme otage depuis ?
_ A chaque fois que je désire reprendre mes travaux, j'ai peur qu'il lui fasse du mal. J'ai peur que si je refonde une famille ils viennent leur faire subir le même sort ou qu'elle se sente abandonnée.
_ Alors vous avez commencé à boire. »
Je ne pus retenir mes larmes, j'étais las. Normal que cette fille soit aussi dégoûtée d'une personne comme moi. Elle avait raison, j'étais pitoyable. J'avais abandonné ma fille. J'étais vraiment le pire des lâches. Je voulais la revoir, je voulais pouvoir la serrer à nouveau dans mes bras.
« Ivy a besoin de cette énergie.
_ Pourquoi ? Cette énergie n'a apporté que des malheurs.
_ Alors utilisez là pour faire de bonne chose.
_ Comme quoi ?
_ Un endroit où les marines ne pourrait plus vous atteindre.
_ A quoi bon si ma fille n'est pas présente ?
_ Ivy pourra vous la rendre à mon avis. Si vous nous aidez.
_J e veux revoir ma fille, mais elle ne doit même pas se souvenir de moi. Elle avait à peine trois ans quand ils l'ont capturé. »
Je sentis une douleur cuisante, elle venait de me gifler. Je relevais les yeux sur la latino.
« Vous n'êtes pas le seul à vouloir protéger quelque chose. Moi j'ai mes frères et Ivy à la possibilité de le faire si nous l'aidons alors ressaisissez-vous et aidez-nous. Si vous avez envie de boire, moi je serais là pour vous botter le cul. »
Je restais estomaqué devant une telle assurance. Les deux jours suivant furent assez pénible mais lors du huitième jour, je pus enfin sortir. La blonde était là avec deux autres hommes. Ils me saluèrent d'un signe de tête. La blonde se leva et me tendit la main avec un sourire sur les lèvres.
« Vous êtes prêt à m'écouter ?
_ Oui. »
Je m'écartais rapidement, un énorme morceau de bois s'écrasa juste à côté de moi.
« Oh ! Doucement ! je vous rappelle que vous avez besoin de moi pour continuer ! »
Quelques hommes avaient rient après ces mots. Je portai mon regard sur Josh un instant, il nourrissait son faucon, le vieillard nommé Cord le gardant à l'œil sur lui d'un peu plus loin. Je devais avouer que je trouvais ce gamin attachant. Les travaux avaient vraiment bien avancé. Après une semaine nous avions commencé à construire un bateau, le moteur marchant à l'énergie que j'avais trouvé, cela allait permettre de le faire naviguer dans l'eau mais aussi dans l'air ! Le moteur n'était pas encore complet mais j'atteignais mon but. Et pour couronner le tout, je n'avais pas bu depuis le sevrage qu'Ivy m'avait imposé. J'étais plus sain d'esprit et je réfléchissais beaucoup mieux.
« Eden. Qu'est-ce qu'il y a ?
_ Je viens voir comment ça avance.
_C'est pas Ivy qui fait ça normalement ?
_ Si mais là elle n'est pas en état de le faire.
_ Comment ça ? »
Elle me fit une petite moue et un sourire rayonnant. J'écarquillais les yeux avant de sourire à mon tour.
« Ah, le ou la mini(e) Ivy à décider de nous montrer sa bouille ?
_ Ouais, bon je pense qu'elle dérouille un max mais d'après Daren elle s'en sort à merveille.
_ C'est génial, j'ai hâte de voir sa trogne.
_ Vous allez devoir attendre un peu. »
Nous nous retournions vers l'origine de la voix. Kuraï. Le ténébreux s'approcha de nous.
« Tu m'as bien dit que l'énergie était conservée dans des cristaux.
_ Oui je l'ai dit, je t'ai même donné la description.
_ Oui. Tu me l'as donné.
_ Qu'est-ce qu'il y a ?
_ Eustass Captaine Kidd, ça vous tente ?
_ Je ne le sens pas là Kuraï. »Dit Eden.
_ Dommage pour toi, tu vas aller le cambrioler et comme Ivy ne peut pas t'aider c'est Yaën qui va t'aider.
_ Quoi ?! » Dit je d'une même voix avec Eden.
Je restais appuyé sur l'arbre, je commençais sérieusement à m'inquiéter mais j'allais me faire écraser si j'essayais de récupérer Eden. Le soleil commençait à poindre et elle n'était toujours pas sortit, de plus l'équipage du Kidd était revenus depuis un bon moment. Eden devait se cacher quelque part, en tout cas je l'espérais pour elle. J'entendis enfin la porte s'ouvrir et elle apparut, allant rapidement prendre la corde que j'avais lâchée pour lui permettre de remonter. Lorsqu'elle fut assez près je lui tendis la main et l'aida.
« Bah alors ? Tu as le cristal ?
_ Je l'ai. »
Ces cheveux étaient en désordres et ses vêtements étaient mal remis. Je ne pus m'empêcher de sourire et d'étouffer un rire. Elle me fixa avec interrogation. Je pointais mes doigts vers ma propre clavicule.
« Il te reste un suçon là. »
Elle détourna le regard et remis son haut de façon à camoufler la marque, le visage en feu.
« Hm, bon allons-y, je veux voir le bébé d'Ivy.
_ Oui, mais tu es sûre de ne pas vouloir rester plus longtemps avec le rouquin ?
_ Je suis partis pendant qu'il dormait alors si tu ne veux pas que l'on reste jusqu'à la fin de nos jours allons-y avant qu'il ne se réveille. »
Je levais les mains en signe de capitulation et nous partîmes dans l'heure. On mit un moment avant d'arriver à notre base même si les dauphins géants étaient plutôt rapides. Je me rappelle le regard émerveillé de Josh le jour où il était arrivé. Cord n'en revenait pas, moi aussi j'avais d'ailleurs eu beaucoup de mal à me faire à ce moyen de transport. Ivy m'avait précisé que ce ne serait que temporaire. Le bateau serait plus rapide. Je tenais d'ailleurs le cristal entre mes mains et l'observais avec curiosité, l'étudiant déjà.
« Yaën ! Eden ! Le bébé est là ! »
Je relevais les yeux et souris. Cord nous accueillis à bras ouvert et nous conduit jusqu'à notre nouveau venu. Ivy avait des cernes assez voyants mais elle souriait. Elle était rayonnante de bonheur. Le nourrisson était dans ses bras et sa petite main tenait le doigt de Josh. Le garçon était absorbé par le nourrisson.
« Alors ? Vous avez réussis ? »
Je ne pus m'empêcher de pouffer de rire, Eden me donna un coup de coude dans les côtes avant d'ajouter.
« Autant que toi tu as réussis, allez fait moi voir ce bouchon ! »
Je me massais un peu les côtes mais autant intrigué qu'Eden, je me rapprochai pour venir observer cet enfant. Eden caressait doucement la joue du poupon.
« Alors ? Quel est son nom ? »
Ivy sourit venant poser ses lèvres sur le front de l'enfant, venant caresser son visage au sien. Le bébé ouvrit ses yeux, deux perles azurées.
« Elle s'appelle Maya. »
Voilà le nouveau chapitre.
Encore merci à Lisen-chan.
