Bonjour les amis,

Bon sang, que c'est plaisant de réussir à tenir mon délai et de publier 1 chapitre par semaine, tos les vendredis :D Savez vous ce qui m'aide ? Vos reviews ! Alors MERCI. de croire en moi et mon histoire ! J'ai pleins d'idées pour la suite de l'histoire, certaines dont je ne suis pas encore sûre, hésitant sur le fil conducteur à donner à mon histoire... Mais ne vous inquiétez pas, je vais finir par me décider et j'espère sincèrement que ça vous plaira toujours autant. Je vous prie de m'excuser de ne pas avoir pu répondre à toutes vos reviews cette semaine mais je ne peux pas concilier écriture et réponses aux reviews toutes les semaines ! J'essaierai de me rattraper pour ce chapitre ci :D

Le précédent chapitre a suscité beaucoup de questionnements et de débats. Plusieurs intrigues se mélangent, s'accumulent mais ne vous inquiétez pas, toutes trouvent une issue à un moment donné :D Soyez juste... patient ! L'une d'entre elles va d'ailleurs arriver à terme dans ce chapitre! En tout cas, je suis contente que vous appréciez les personnages et leurs évolutions. Je n'aime pas les fics irréalistes où les personnages changent du tout au tout en 2 chapitres ou sont complètement OCC. Voldemort restera Voldemort. Harry restera Harry. etc... Mais nous les découvrirons davantage, dans d'autres contextes qui feront changer notre vision d'eux.

O la la, quelle piplette ! Bonne lecture :D

Patmol25


Chapitre XXVII : Découvrir

Le paysage s'étendant devant Harry était magnifique. Devant lui, une étendue d'eau s'offrait à lui. La Mer Noire. L'horizon laissait place à un ciel bleu qui veillait l'eau calme de la mer, seulement agitée par quelques vaguelettes. Harry vit au loin un bateau de croisière avancer lentement, s'approchant des côtes qui se trouvait derrière lui. Pieds nus dans le sable, il laissa avec plaisir l'eau fraîche en ce début de matinée lui lécher la peau.

« Je crois que nous devons parler. »

L'adolescent sursauta lorsque la voix douce de sa mère résonna subitement derrière lui, le sortant de ses pensées. Il détourna son regard de la mer avec regret pour se tourner vers Ayeline. Il frissonna en voyant la fine marque laissée par sa blessure à la lèvre pourtant soignée par une potion cicatrisante. Adam était également là, assis autour d'une table de jardin installée sur la terrasse d'une jolie maison construite toute en pierre blanche.

À contrecœur, il suivit sa mère et rejoignit son frère, s'installant autour de la grande table en bois. Celle-ci agita sa baguette magique et un plateau rempli de rafraîchissements lévitant dans l'air passa par la porte-fenêtre ouverte et se déposa devant eux.

« Où sommes-nous exactement ? »

Hier, avant que sa mère ne lui fourre un Portoloin créé sans autorisation du Ministère de la Magie entre les mains, elle lui avait seulement indiqué qu'ils se rendaient en Bulgarie. Encore secoué, il n'avait eu ni le temps, ni le courage de poser davantage de questions. Il s'était laissé emporté par le Portoloin, envahi par les effets désagréables du voyage. Harry était toujours impressionné par les moyens de transport sorciers qui permettait de parcourir des kilomètres et des frontières en une poignée de secondes !

« En Bulgarie, » répondit Adam.

Un léger sourire détendit son visage crispé. Il fit un geste de la main comme pour englober l'espace autour d'eux. La maison, construite à partir de l'architecture traditionnelle du pays, se trouvait au bord de l'eau d'un rocher d'environ 500m² de superficie. À quelques kilomètres des côtes, le rocher était recouvert de végétation. Harry, sans trop s'éloigner de la maison, était persuadé d'avoir même aperçu des cactus en fleurs !

« Nous sommes sur l'Île aux Serpents, à seulement quelques kilomètres des côtes bulgares, » ajouta t-il. « La ville que tu vois de ce côté là est Sozopol. Les Moldus voient bien l'îlot mais ne peuvent pas remarquer notre présence. Dès que l'envie leur prend de venir explorer ce petit rocher, un sortilège les détourne et leur rappelle une légende assez effrayante. »

« Des pirates auraient caché des trésors dans les différentes grottes mais auraient aussi investi l'île alors le sortilège leur rappelle de ne pas prendre de risques inutiles, » poursuivit Ayeline.

Harry hocha doucement la tête. Il aurait suffisamment le temps de découvrir l'île. Il savait où il se trouvait, c'était l'essentiel. Dans l'immédiat, d'autres questions devaient être abordées !

Voyant le silence s'étirer entre eux, il attrapa son verre rempli d'un breuvage étrange et le goûta du bout des lèvres. Il ne reconnaissait pas la boisson ! Il écarquilla les yeux, surpris par l'agréable liquide ! Il leva un regard surpris vers les deux adultes qui souriaient, amusés.

« C'est de l'ayran, » expliqua son frère. « De l'eau salée mélangée avec un yaourt bulgare. C'est une boisson traditionnelle ici ! »

« C'est bon ! » s'exclama t-il, avalant une nouvelle gorgée de la boisson.

Ayeline observa avec douceur son fils cadet vider son verre avec un plaisir évident. Un sourire éclaira son visage marquée par la fatigue. Elle avait seulement dormi quelques heures agitées.

Pourtant, elle avait retrouvé cette maison appartenant à la famille Malefoy depuis des siècles avec un réel plaisir. Adam et lui avaient vécus ici durant sept ans, le temps des études de son fils aîné à Durmstrang. Elle avait réellement apprécié cette maison atypique, plantée sur un rocher.

« Je pense que nous allons rester ici quelques temps, » commença t-elle en tentant de prendre une voix rassurante.

« Que s'est-il passé hier ? » demanda Adam, d'une voix grave.

L'heure n'était plus à la découverte des spécialités locales du pays mais bien à la conversation. Harry reposa son verre qu'il venait de remplir et son visage se ferma, fixant sa mère dans l'attente d'une réponse.

« Je ne sais pas vraiment, » répondit leur mère.

Harry se retint de soupirer, dépité. Il pensait que la sorcière allait pouvoir lui apporter des réponses claires -et rassurantes. Visiblement, ça ne serait pas le cas.

« Tout s'est passé extrêmement rapidement. Je crains ne pas avoir toutes les réponses en ma possession. Votre père a parfois des réactions excessives et sa lecture des événements diffère souvent de la nôtre. »

« Es-tu en train de le défendre ? » cracha Adam.

Le regard du jeune homme s'assombrit. Harry dévisagea son frère, l'estomac tordu par l'angoisse. Adam était toujours ce jeune adulte souriant et jovial. Il était certes discret et peu bavard mais une fois que ses barrières tombaient, il se révélait très agréable et gentil. Là, son frère semblait véritablement hors de lui et Harry crut voir sa magie crépiter doucement autour de lui. Comment était-ce possible ?

« Je ne le défends pas. Je n'approuve certainement pas son comportement d'hier, » répondit avec force Ayeline. « Cependant, les choses ne sont pas si simples que vous pouvez le croire, les garçons ! »

« Alors, dis-nous ! » s'écria Harry. « Maman, je ne suis pas stupide ! Je sais qu'il y a un lien entre lui et moi. Un lien plus fort que notre sang. Lui et moi en avons déjà parlé mais il ne m'a pas donné davantage de réponses. »

Ah, vraiment ? Tom ne lui en avait pas parlé ! Ayeline soupira doucement en regardant son fils cadet. Elle posa un bras sur la table, jusqu'à atteindre la main du gamin assis face à elle. Ses doigts pâles s'emmêlèrent à ceux de Harry. Le garçon voulut s'éloigner mais elle resserra sa prise, lui demandant silencieusement d'accepter le contact.

Elle prit quelques secondes pour l'observer. Il ressemblait indéniablement à Tom. Beaucoup plus qu'Adam, même si tous les deux avaient hérité des cheveux bruns de leur père. Le visage de Harry était fin et délicat, quelques traits enfantins résistait à son entrée dans l'adolescence. Ayeline était pourtant sûre que la mâchoire du gamin deviendrait plus carrée. Son petit nez retroussé rappelait celui du puissant mage noir tout comme ses lèvres, fines, rosées. D'elle, il avait reçu ses yeux bleus, lui ajoutant une pointe de beauté ensorcelante. À n'en pas douter, Harry deviendrait un jeune homme tout aussi charismatique que son père.

« Il est vrai que nous n'avons jamais parlé de cela auparavant, » regretta t-elle, jetant un regard à Adam pour l'inclure dans l'échange. « Mais n'oublions pas qui vous êtes, Tom et toi. Il est ton père mais il est aussi Lord Voldemort. N'oublions pas que tu es le Survivant, Harry. Tu es la seule personne jusque là à avoir résisté au sortilège de la mort. »

L'atmosphère, déjà lourde, sembla s'épaissir. Harry frissonna malgré le soleil éclatant dans le ciel bulgare. Il n'était pas près à oublier ce détail qui le rendait si célèbre chez les sorciers !

« Comment est-ce possible ? » demanda Adam à mi-voix.

« Tom et moi avons entamé des recherches, » avoua t-elle, s'attirant un froncement de sourcils de son fils cadet. « Jusque là, nous n'avons trouvé aucun élément de réponse satisfaisant. Ton cas est unique, Harry. Votre confrontation, aussi regrettable soit-elle, s'est achevée sur l'apparition de cette cicatrice. »

Inconsciemment, Harry porta une main à son front et frissonna en sentant les bords rugueux de la marque sous ses doigts. Il caressa distraitement l'éclair qui attirait tant les regards et les murmures autour de lui.

« Cette cicatrice les lie, » souffla le jeune adulte, le regard fixé sur sa mère. « Ils ont tous les deux ressentis une douleur similaire au même moment. »

« Il s'est passé quelque chose de terrible pour lui, » murmura Harry d'un air concentré, songeant à la soirée de la veille.

Ses yeux bleus se levèrent sur le visage de sa mère jusqu'à rencontrer son regard. Sans pouvoir véritablement l'expliquer, Harry était certain que la femme en savait davantage qu'elle ne leur disait. Pourtant, il réussit à contenir la colère tapie au fond de lui. Il avait compris le fonctionnement des grandes familles sorcières comme les Malefoy ou les Jedusor : les secrets faisaient partie du paysage. Il allait devoir apprendre à composer avec et chercher ses propres réponses de son côté.

« Il s'est passé quelque chose de terrible, » répéta t-il. « La douleur que nous avons ressentie n'était pas anodine et ça l'a mis hors de lui, comme s'il avait perdu quelque chose. Il m'a montré des images en touchant ma cicatrice. »

Ayeline et Adam froncèrent les sourcils, surpris par cette déclaration. La mère de famille sentit un frisson glacé la parcourir en réalisant l'ampleur des éléments contenus dans ces quelques mots de son fils cadet. Elle tenta de contrôler l'inquiétude qui l'envahissait.

« Je me doute bien qu'il ne voulait pas que je vois ces images ! » ajouta l'adolescent, d'une voix colérique. « Voulait-il vérifier l'intensité de notre lien ? Je sais qu'il est furieux de partager quelque chose avec moi ! Mais croit-il qu'il peut ainsi me faire souffrir en touchant ma cicatrice ? »

« Non Harry, ce n'est pas normal ! » s'exclama Ayeline. « La situation d'hier a dérapé et nous veillerons à ce que cela ne se reproduise plus. Je pense que votre père... Il a probablement été perturbé par tout ce qu'il s'est passé dans ce court laps de temps : il a ressenti une douleur importante, tout comme toi, et visiblement, ta cicatrice s'est avérée douloureuse. Tout cela l'a inquiété. Il a réagi excessivement, comme à son habitude ! »

Le silence s'étira entre eux. Harry serra les dents afin de retenir les questions qui lui brûlaient les lèvres. Il avait bien compris que les réponses ne viendraient pas ce jour. Il trouverait par lui-même ce qui le liait réellement à l'homme. Les mensonges et les secrets faisaient tellement partie du fonctionnement des adultes que la confiance qu'il plaçait en eux était relativement faible.

Dumbledore ne s'était-il pas enlisé dans des secrets en lui donnant l'identité d'un Potter ? Le professeur Snape ne lui vouait-il pas une colère irraisonnée ? À présent que son père n'était plus James Potter mais Lord Voldemort, auquel il avait juré allégeance, Harry était persuadé qu'un autre secret attisait la colère du professeur de potions à son encontre. Lister les secrets de ses parents lui prendrait bien trop de temps ! Et il était certain de pouvoir associer cette idée avec tous les adultes faisant partie de son entourage !

Une pensée fugace traversa son esprit : à quel moment précisément son esprit Gryffondor s'était-il assoupi pour laisser une place à ses traits de Serpentard ?

« Sait-il où nous sommes ? » demanda subitement Adam.

« Je ne lui ai donné aucune indication, » répondit Ayeline. « Toutefois, il connaît cette maison et peut traverser les protections sans difficultés. Il se doute que nous sommes ici. Nous ne nous cachons pas de lui. Faire retomber la pression était indispensable. »

Harry hocha brièvement la tête, approuvant ainsi la décision de sa mère. Il était plutôt soulagé d'avoir quitté la demeure familiale en Angleterre. Comment aurait-il pu prendre le petit-déjeuner avec l'homme qui s'était montré si ... fou -le mot prenait ici tout son sens!- la veille ?

« Songe t-il encore à me tuer ? »

La question de Harry fut comme un coup de poignard dans le cœur d'Ayeline qui inspira brusquement une bouffée d'air, le souffle court. Ses yeux bleus s'embuèrent, incapable de contrôler son émotion malgré sa grande maîtrise de l'occlumancie. Il n'y avait rien d'anodin ou de normal à la question de son fils. Leur vie ne pouvait-elle pas être plus simple ?

« Harry, je regrette sincèrement de voir que cette idée t'interroge toujours, » souffla t-elle. « Je sais que Tom doit faire ses preuves auprès de vous deux, les garçons, et que vous avez du mal à... à lui faire confiance et à juste titre. Cependant, il ne souhaite pas mettre en danger l'un d'entre vous. »

Et d'après ce qu'elle avait compris, elle était certaine que Tom ne prendrait jamais un tel risque. Au contraire, elle pressentait que son époux allait faire preuve d'un instinct de protection sur-développé à l'encontre de son fils cadet.

« J'ai usé de magie en dehors de Poudlard ! » s'exclama soudainement ce dernier, son visage devenant livide. « Je vais être renvoyé ! Il est interdit de faire de la magie pendant les vacances scolaires ! »

Adam rit doucement, brisant enfin la tension. Harry lui jeta un regard perdu : en quoi était-ce marrant ? Par Merlin, il venait seulement de se souvenir d'avoir jeté un sortilège -très réussi d'ailleurs- à son père ! Et s'il était renvoyé de Poudlard ? Et pire, s'il était enfermé à Azkaban ? Ayeline se détendit également et laissa un léger sourire apparaître sur son visage. Elle tapota la main de son fils cadet d'un air rassurant et s'installa correctement contre sa chaise.

« Il est temps pour toi d'apprendre un petit détail que les parents évitent de dire à leurs enfants tant que possible, » rit légèrement Ayeline. « T'es-tu déjà demandé pourquoi la majorité sorcière est à dix-sept ans et pas à dix-huit ans comme chez les Moldus ? »

Harry secoua la tête d'un air confus, ne comprenant pas où sa mère voulait en venir.

« C'est vers l'âge de dix-sept ans que ta magie arrive à maturité, » expliqua t-elle. « Avant cela, elle est davantage instable, voir incontrôlable à certains moments. L'interdiction d'utiliser la magie à sa guise en dehors de Poudlard permet de s'assurer que les enfants n'utilisent pas à tort et à travers leurs pouvoirs sans la surveillance d'un adulte. Reprendre eux-même le contrôle de leur magie au cas où serait très difficile. »

« C'est notamment le cas pour les sorciers vivant du côté Moldu où la présence de la magie est moins forte et ne peut pas les canaliser, » ajouta Adam, un sourire ourlant ses lèvres. « Le Ministère de la Magie est davantage soucieux de l'utilisation de la magie chez ces enfants que chez les grandes familles sorcières. Chez nous, il s'agit davantage d'une tradition. Mais comme tu le vois, cette règle subsiste par précaution. »

Adam cracha quasiment son dernier mot, s'attirant un regard noir de sa mère. Harry fut persuadé que ce sujet avait été l'objet de nombreuses discordes entre les deux. Un sourire éclaira son visage, émerveillé par ces explications.

« Alors, je peux utiliser ma baguette magique à ma guise ? Je ne serai pas renvoyé de Poudlard ? »

« Non, tu ne seras pas renvoyé de Poudlard mais je refuse que tu utilises à tout bout de champ ta baguette, » ordonna fermement Ayeline, le regard devenu sérieux. « Si cette règle existe, elle a un sens et elle est très importante. Les enfants sorciers ne contrôlent pas aussi bien leur magie que des adultes et les conséquences peuvent être désastreuses. Est-ce clair? »

« Oui, oui ! »

Néanmoins, Harry ne put empêcher un sourire de fendre son visage.

x x x

La journée s'était écoulée dans une ambiance morose pour Tom. Ses yeux rougeoyants trahissaient son état. D'ailleurs, toutes les personnes l'ayant croisées ce jour s'étaient calfeutrées -là où ils pouvaient!- à son passage. Sauf Lilas, l'elfe de maison, qui s'était tordue de douleur quelques instants sous un sortilège doloris, sans raison apparente. Après tant de temps sans avoir lancé un sortilège impardonnable, la puissance de l'incantation l'avait presque grisé.

Chaque fois que sa colère semblait s'apaiser, un regain de fureur le saisissait et sa magie se rappelait de nouveau à lui. Il avait brisé une étagère en verre dans son bureau avant de réduire en un amas de bois une vieille commode inutilisée dans la salle de peinture de son épouse. Ça l'avait soulagé. Quelques minutes.

Il marcha rapidement dans les couloirs du Manoir Serpentard, sa longue robe noire claquant derrière lui dans un bruit sec. Une fois arrivé dans l'immense hall, il alla près de l'escalier en colimaçon qui ouvrait l'espace sur toute la demeure. Il posa sa main droite sur un minuscule serpent gravé sur le mur en pierre blanche.

« Ouvre-toi »

Ce fut un sifflement qui traversa ses lèvres. Une porte apparut sur le mur puis s'ouvrit doucement dans un grincement. D'un mouvement de la main, il alluma les torches, éclairant un étroit escalier en colimaçon descendant au sous-sol du Manoir. Tom s'engagea dans l'escalier. Il descendit rapidement la volée de marches, déboulant dans une grande salle circulaire sombre.

« Mon Seigneur. »

Tom, agacé d'être interrompu dans son flot de pensées, se tourna rageusement vers Severus. Le maître des potions, installé dans un siège, un livre à la main, s'était levé respectueusement à son entrée. Ce dernier tressaillit face à la baguette magique pointée sur lui mais réussi néanmoins à conserver son masque d'indifférence, ses yeux noirs glacés. Le professeur de potions ignorait la raison de la fureur du puissant sorcier mais il espérait pouvoir se retirer rapidement.

« Quoi ? » aboya Tom.

Il traversa à grandes enjambées la salle puis s'installa dans un trône qui lui était réservé. Il inspira profondément, tentant de contrôler ses émotions négatives. Il engloba du regard la salle de réunion où il recevait ses hommes pour travailler. Officiellement, le terme « Mangemorts » n'était plus utilisé, connoté bien trop négativement auprès de la société sorcière. Toutefois, Tom considérait toujours ses hommes comme tels.

D'ailleurs, ceux-ci se définissaient ainsi et avaient bien conscience de leur statut auprès de lui. Un sourire mauvais apparut sur ses lèvres, lui donnant un air encore plus dangereux. Ses méthodes s'étaient simplement adoucies... pour ne pas attirer l'attention.

La salle circulaire était d'une grande superficie, faiblement éclairée. Sous terre, elle ne disposait d'aucunes ouvertures sur l'extérieur et Tom avait refusé de mettre des fenêtres ensorcelées. À droite se trouvait un espace de travail composé de chaises, d'une large table rectangulaire et de quelques fauteuils. Le reste de la salle était vide, hormis son énorme trône richement orné sur lequel il s'installait pendant que ses fidèles qui ne l'avaient pas trahis se réunissaient devant lui, debout.

Severus s'approcha à pas feutrés et s'arrêta devant lui, prenant une pose respectueuse. Bien qu'il masquait habilement son hésitation, Tom ressenti la crainte émanant de l'homme. Malgré lui, un léger soulagement l'envahi : il impressionnait toujours ses Mangemorts. Comment pourrait-il continuer à travailler correctement si ce n'était plus le cas ? Il leva son regard froid vers le talentueux occlumens qui le fixait calmement, froidement. Brave Serpentard.

« Il me semble t'avoir posé une question, » susurra t-il.

« Navré mon Seigneur, » répondit précipitamment Snape, baissant les yeux vers le sol. « Il semblerait que Greyback ait retrouvé le rat. »

Aussitôt, Tom se redressa dans son fauteuil, en alerte. Ses doigts se resserrèrent autour de sa baguette magique et quelques étincelles vertes

« Où sont-ils ? »

« Aux abords de la forêt d'Abernethy, en Écosse. Greyback peut venir ici seulement si vous l'appelez par la Marque. »

« Je sais comment il peut venir ici ! » tonna Tom, sentant l'excitation poindre en lui. « Ton bras ! »

Severus souleva la manche de sa robe et tendit immédiatement son bras gauche à Tom. Celui-ci regarda un instant la Marque des Ténèbres, ce serpent jaillissant de la bouche d'un crâne. Il émit un sifflement de contentement avant de poser un doigt sur la Marque. Il visualisa le visage de Fenrir Greyback et la Marque se mouva doucement sur le bras du Maître des Potions.

Une minute s'écoula avant qu'un pop ne retentisse. Cependant, Severus eut l'impression que cette minute ne s'achèverait jamais ! Le silence dans la salle sombre était étouffant. Ni Tom, ni lui, ne firent un effort pour combler ce vide. En réalité, la tension chez le puissant sorcier face à lui était palpable et il ne put s'empêcher de frissonner.

Heureusement, il n'eut pas le temps de laisser son esprit divaguer plus longtemps. L'arrivée de Greyback et de sa proie le délivra de cette insoutenable tension. Il se recula de quelques pas, dévisageant les deux hommes avec un dégoût non dissimulé. Autant l'un que l'autre était en piteux état !

« Lâche-moi, loup-garou ! »

La voix stridente de Peter Pettigrow fut couverte par un grognement animal. Greyback, un loup-garou à la carrure impressionnante, avait ligoté l'ancien Gryffondor. Il le tenait à bout de bras mais, agacé par ses jérémiades et son agitation, il le jeta au sol. Peter poussa un couinement plaintif en heurtant le sol dur.

Les yeux de Tom avaient totalement viré au rouge, toute trace de son regard habituel absente. Les derniers événements, l'excitation de tenir enfin Pettigrow et son besoin grandissant d'utiliser la magie prenait le pas sur sa raison. Il avait besoin d'exploser pour que sa magie puisse enfin revenir sous son contrôle.

« Peter, mon cher Peter. »

Et Peter Pettigrow lui offrait cette opportunité. À point !

« Maître ! » s'écria ce dernier.

Malmené par le loup-garou, l'ancien ami des Potter n'avait pas prêté attention à l'endroit où ils venaient de transplaner. Toutefois, il reconnu immédiatement la voix de Tom et son corps se figea. Il se tourna lentement vers lui et ouvrit de grands yeux. Il resta paralysé par la terreur lorsque le sorcier leva sa baguette vers lui. Mais Tom fit simplement disparaître la corde le retenant, le laissant libre de ses mouvements.

« Oh mon Maître, vous êtes là ! Quel plaisir et quel honneur d'enfin pouvoir vous revoir ! D'enfin pouvoir vous toucher ! »

A présent libéré de ses liens, Pettigrow rampa jusqu'aux pieds du Seigneur des Ténèbres, tremblotant. Son corps était secoué de sanglots bruyants. Il s'accrocha à la robe de Tom et le regarda avec dévotion.

« SILENCE ! »

La voix de Tom tonna dans la salle. Le loup-garou se tint en retrait mais ne put empêcher un large sourire édenté d'éclairer son visage barbu. Oh oui, il était celui qui avait ramené le traître au Seigneur des Ténèbres. Il allait probablement gagner en grade auprès de lui, pouvant enfin réduire en silence Snape et ses éternelles remarques cinglantes à son égard !

Il sursauta bêtement lorsque le mage noir s'approcha brusquement de lui. Il le laissa prendre son bras gauche et ignora le ricanement moqueur de Snape. Une vive brûlure traversa sa Marque des Ténèbres mais s'atténua dès que le Lord s'éloigna de lui. Aussitôt, Snape et lui se positionnèrent à leur place habituelle, sans même que Tom n'ait à prononcer le moindre ordre.

Quelques secondes plus tard, des pop retentirent dans toute la pièce. Pas un mot, pas un regard n'étaient échangés entre les sorciers qui apparaissaient. Le visage découvert mais malgré tout vêtu de leur robe noire de Mangemorts, ils rejoignirent tous une place très précise qui leur était attribuée. Seuls les sanglots de Pettigrow accompagnèrent ce ballet sordide.

Tom attendit que le cercle soit complet, laissant ses hommes s'installer silencieusement. Il se mit de l'autre côté, laissant Pettigrow agenouillé au sol entre eux.

« Mes chers condisciples, je suis heureux de vous accueillir en ce jour pour vous présenter un de nos très chers amis. »

Lucius, le visage impassible, dévisagea son beau-frère, une sourde colère bouillonnant en lui. Lorsque sa marque s'était mise à chauffer, l'appelant auprès de l'homme, il avait hésité quelques minutes avant de se présenter devant lui. Toutefois, son épouse -toujours si rationnelle- lui avait conseillé de s'y rendre et de retenir sa colère pour essayer de comprendre plutôt ce qu'il s'était passé la veille. Céder à la colère ne menait à rien. Et contre Tom Jedusor, il avait peu de chance d'en sortir indemne !

Cependant, il ne s'était pas attendu à rejoindre le groupe des Mangemorts quasiment au complet, soit une vingtaine de personnes. Bien sûr, seuls les sorciers ayant déjà prouvé leur véritable fidélité à l'homme connaissaient cette pièce secrète où se déroulait diverses réunions. Et encore ! Severus et lui étaient les seuls à savoir que cette salle se trouvait en réalité au sous-sol du Manoir Serpentard.

« Peter, Peter, quel dommage, » soupira Tom d'un ton faussement navré. Une vague de murmure et d'excitation traversa le groupe. « Il a donc fallu que Fenrir te retrouve, toi qui te faufilait si discrètement comme un rat là où tu te rendais ! »

« Maître, pardon mon Maître, » chouina Peter, son visage repoussant couvert de larmes. « Je voulais venir ! »

« Pourtant, je t'ai appelé, » susurra le puissant mage noir.

Lucius observa attentivement le jeu malsain que son beau-frère mettait en œuvre avec Peter Pettigrow. Un frisson glacé le parcouru. Il ne put s'empêcher de faire le lien entre le départ de sa sœur et ses neveux de la maison et cette réunion qui s'annonçait très probablement punitive. Était-ce ainsi que le Seigneur des Ténèbres libérait sa colère et son inquiétude ?

Cela faisait des années maintenant qu'il n'avait plus assisté à une telle réunion de Mangemorts. Voilà qui ne présageait rien de bon pour l'avenir. Est-ce que Tom refaisait marche arrière ? Est-ce que Ayeline, sa tendre sœur, était le garde-fou de l'héritier de Serpentard ? Si c'était le cas, comment pourrait-il vivre le fait de la savoir dans une telle situation ? Il avait déjà eu bien de mal à le faire une décennie plus tôt alors, comment revivre cela ?

Les larmes de Pettigrow redoublèrent. Il se répandit en excuses mais son flot de parole était interrompu par des hoquets étranglés, provoquant quelques rires moqueurs chez les hommes de Voldemort.

« Voilà ce qui arrive à quiconque approche un membre de ma famille, » chuchota Tom. Pourtant, sa voix résonna sourdement dans la pièce. « Endoloris ! »

Et la menace à peine voilée dans les propos de l'homme était clairement audible dans son ton, faisant frissonner tous les Mangemorts présents alors que les cris de Pettigrow envahissaient la pièce.

x x x

Le lendemain, Harry s'était réveillé après une nuit beaucoup plus sereine. Sa migraine qui l'assaillait depuis deux jours s'était enfin retirée, lui laissant un peu de répit. Après cette arrivée fracassante dans la maison familiale des Malefoy et une première journée étrange, il se sentait beaucoup plus détendu et reposé.

Malgré la gravité des récents événements l'ayant conduit ici, il souhaitait voir le positif de toute cette histoire. À présent, il allait profiter pleinement de ses vacances improvisées en Bulgarie ! La première découverte avait été culinaire. Ici, il n'y avait pas d'elfe de maison et c'était, à sa grande surprise, sa mère qui se mettait aux fourneaux. Il lui arrivait de cuisiner à la maison mais le plus souvent, les deux elfes de la famille prenaient le relais ! Au grand plaisir de l'adolescent, elle s'attelait alors à lui faire découvrir des mets traditionnels du pays ! Et c'était ex-ce-llent !

« Tu sais pourquoi on l'appelle l'Île aux Serpents ? »

La voix de son grand-frère le sortit de ses pensées. Après le petit-déjeuner, ils s'étaient tous les deux éclipsés de la maison pour partir à la découverte de la petite Île. Bien sûr, Adam la connaissait comme sa poche et lui avait promis de lui transmettre ses connaissances !

Ayeline leur avait simplement rappelé de ne pas dépasser les barrières de protection entourant une grande partie du rocher.

« Bien sûr, tu sais, j'ai aussi vécu ici pendant sept ans ! » rétorqua Harry, un brin amusé. Son frère lui mit une taloche amicale derrière la tête. « Aïe ! Qu'est-ce que tu fous ? »

« Mon rôle de grand-frère, » gloussa Adam, fier de pouvoir enfin cingler une telle remarque. « Je vais te montrer pourquoi un tel nom ! »

Les deux frères continuèrent à se promener sous le soleil écrasant de Bulgarie. Harry ignorait qu'il faisait si chaud dans cette partie d'Europe en été ! Le silence s'étira entre eux, paisible. Harry resserra ses doigts autour de sa baguette magique, profitant pleinement de cet instant privilégié avec son frère. Ça faisait si longtemps qu'ils ne s'étaient pas retrouvés ensemble ! Et puis, il avait l'impression de partager avec lui quelque chose de vraiment fort à cet instant. L'attachement d'Adam à l'endroit était palpable. Alors, il se sentait honoré de bénéficier d'une visite guidée !

L'Île était rocheuse, couverte de végétation basse. De gros rochers et des arbustes permettaient toutefois de jouer et de se dissimuler ! Ici et là, des cactus en fleurs se dressaient fièrement mais Adam l'avait dissuadé de s'en approcher de trop près. D'autres fleurs et plantes magiques poussaient grâce au climat particulier de l'Île. C'était absolument magnifique ! Harry songea un bref instant à Neville : son ami serait émerveillé à l'idée de découvrir tout un pan de sa discipline préféré, la Botanique.

« Son vrai nom est l'Île Saint-Thomas, » expliqua Adam d'un ton docte. « Mais elle a été rebaptisé par l'Île aux Serpents en raison de ceci. »

Harry fronça les sourcils, ne comprenant pas ce que son frère lui désignait par ceci. Ils venaient de quitter l'herbe asséchée, se retrouvant les pieds dans le sable. Ils avaient traversé toute l'Île !

Puis, il les vit. Au sol.

Des dizaines de petits serpents gris sillonnaient sur les rochers s'éparpillant sur la plage, s'enfonçaient dans de minuscules terriers construits dans le sable, glissaient jusque dans la mer. Ils s'approchèrent jusqu'au bord de l'eau. Harry rangea sa baguette magique dans sa poche arrière et s'accroupit, observant de plus près huit petits serpents, d'environ une cinquantaine de centimètres de long.

« C'est incroyable ! » s'exclama Harry, n'osant pas les toucher. « Ils sont dangereux ? »

« Pas avec nous. Ils reconnaissent les propriétaires de la maison. »

Oh. Voilà qui était -plus ou moins- rassurant.

Harry, malgré l'épisode dramatique de la Chambre des Secrets, était beaucoup plus en confiance avec les serpents depuis qu'il côtoyait Nagini. L'animal de son père avait un caractère bien trempé mais acceptait parfois de jouer avec lui, le chatouillant avec sa langue rêche !

Sa faculté de parler le Fourchelangue prenait tout son sens maintenant qu'il connaissait son ascendance avec la famille Serpentard. Ce don était bien moins effrayant que durant sa deuxième année !

« Bonjour ! » siffla t-il.

Les serpents qui, jusque là, n'avaient pas montré le moindre intérêt aux deux visiteurs semblèrent se figer. Ils se regroupèrent, glissant l'un sur l'autre jusqu'à former un petit tas. L'un d'entre eux, probablement le chef, se dressa fièrement dans un long sifflement. Harry prit sur lui pour ne pas reculer lorsque le serpent se retrouva à seulement une dizaine de centimètres de son visage.

« Bonjour petit humain. Qui es-tu nouveau sorcier de cet Île ? Je reconnais ton sang mais ne t'ai jamais vu. »

Adam ôta ses chaussures et ses chaussettes pour laisser ses pieds profiter de l'eau fraîche de la mer. Il secoua ses chaussettes pour enlever les grains de sables qui s'étaient faufilés dans ses baskets. Il s'assit à côté de son frère, complètement rassuré par la présence des serpents autour de lui. Il observa Harry froncer les sourcils, réfléchissant à la réponse à donner au reptile qui attendait patiemment. Le jeune adulte admira le courage évident de son frère qui s'efforçait de rester immobile, près du serpent.

« Alors, qui es-tu ? » demanda Adam, un léger sourire sur le visage.

Harry tourna lentement la tête vers lui, craignant visiblement que le serpent fonde brusquement sur lui. Mais Adam ne s'inquiétait pas pour cela. Le sang des Jedusor coulait dans les veines d'Harry. C'était suffisant pour lui assurer une protection vis à vis des reptiles de l'Île.

Le Gryffondor lui rendit son sourire, incertain. Là, il devait absolument envoyer un courrier à Neville pour lui raconter son arrivée en Bulgarie. Son ami n'en reviendrai pas ! Il reporta son attention sur le serpent, se promettant d'écrire une lettre à son meilleur ami dès son retour à la maison.

« Harry Jedusor, fils de Tom et Ayeline Jedusor. Je suis le frère d'Adam, » répondit-il d'une voix sûre et affirmée.

Et ces mots, ces simples mots, remplirent de joie Adam qui n'essaya même pas de masquer son émotion.

*Alors ?