JASPER/BELLA
ALL HUMAN/OOC
Voici le chapitre 28 de Valerie/Somebody that I used to know.
Sachez que c'est l'avant-dernier chapitre. Il en reste un après cela. Savourez, savourez ...
Bonne lecture ...
Chapitre 28:
Bella était tétanisée, à quelques mètres du groupe. Tous les visages commençaient à se tourner vers elle mais elle n'y faisait pas attention. Ce sur quoi elle se concentrait, c'étaient les yeux de Jasper qui l'examinaient avec terreur.
"Il me prend que ton enfoiré de mec a violé ma copine".
Il l'avait dit. Il l'avait sorti. Devant tout le monde.
Bella avait toujours su que c'était James, ce soir-là. Mais elle ne l'avait jamais dit à personne. Et peut-être même ne se l'était-elle pas avoué à elle-même. Elle avait reconnu sa voix, sa rudesse quand il posait les mains sur elle. Elle savait que ce "J" gravé dans sa peau, c'était son oeuvre. Et elle avait du vivre avec cela depuis des mois. Le voir venir chercher Victoria et lui faire des clins d'oeil appréciateurs. Elle avait du supporter de l'entendre se vanter de tenir la rousse sous sa coupe. Endurer ses regards dégoulinant de désir qui la laissaient dégoûtée et salie. Elle était passée à travers tout cela sans jamais fuir, sans jamais pleurer, sans jamais se terrer dans un coin, loin de lui.
Quand elle avait su qu'il était en Espagne, elle savait aussi que c'était la fin de son rêve devenu réalité. Il était là pour tout saccager, comme il le faisait toujours dans sa vie. Il avait déjà tout ruiné une fois, il ruinerait également son histoire avec Jasper.
Sauf que, contre toute attente … Jasper avait compris. Sans qu'elle ait besoin de lui expliquer. Il avait du étudier son attitude. Peut-être même se souvenait-il de ses mots. Mais il savait. Et il l'avait tabassé dans les règles. Comme le fou furieux qu'il pouvait être parfois.
Jasper continuait de la regarder comme si elle allait s'enfuir en courant. Elle lui avait dit que son côté bagarreur et sang chaud lui faisait peur. Il s'attendait à ce qu'elle le fuit. Il venait de presque tuer le mec qui l'avait violée. Ses poings étaient rougis de sang, ses prunelles brunes étaient toujours un peu folles et sa posture menaçante. La décision fut prise en un instant.
Elle franchit les quelques mètres qui les séparaient presque en courant, se jeta dans ses bras et enfouit son nez dans le creux de son cou, heureuse de sentir son parfum si viril et musqué qui la rassurait en toutes occasions. Surtout après ce qu'il venait de faire pour elle. Il la réceptionna, la leva contre lui de sorte à ce qu'elle puisse entourer son bassin de ses jambes et elle murmura:
- Merci … merci … je t'aime tellement … Je t'aime Jasper.
C'était fait, elle l'avait dit. Sous le regard perplexe de tous leurs amis, qui se demandaient clairement ce qui se passait, elle avait enfin professé ses sentiments. Et quand elle l'entendit rire doucement contre elle, heureux d'entendre ses mots, son coeur se gonfla de plus d'amour encore.
- Moi aussi je t'aime, Bella. Si tu savais à quel point …
- Tu veux bien me ramener à la maison ?
- Avec grand plaisir.
XXX
Il était au-dessus d'elle, en train de pomper durement en elle, professant son amour encore et encore. Ses mains avaient attrapé les siennes et les maintenaient contre le matelas, ça ne lui faisait même pas peur. Ce soir, alors qu'il avait frappé encore et encore celui qui avait ruiné sa vie, il avait fait sauter un autre verrou entre eux. Les choses s'aplanissaient tout doucement. Il était si merveilleux.
Elle sentait la délicieuse friction de son corps contre le sien. Il créait un sentiment de plénitude là où il plongeait en elle et elle sut que très vite, elle allait exploser en mille morceaux. Alors qu'elle regardait son visage si beau et si passionné, elle sentit une boule de tendresse, de soulagement et de bonheur éclater en elle. Une larme se mit alors à rouler sur sa joue. Instantanément, Jasper arrêta son mouvement en elle:
- Bella ? Que se passe-t-il ?
- Rien, il ne se passe rien … continue …
Il passa une main douce sur sa joue, effaçant la larme mais ne reprit pas la danse de ses hanches.
- Est-ce que je te fais mal ?
- Non, ce n'est pas ça …
Le fait qu'il s'inquiète autant, qu'il soit capable de s'interrompre alors qu'il était pris dans une telle frénésie de passion et que rien d'autre ne compte qu'elle, ne la fit que l'aimer encore plus.
- Continue, Jasper, s'il te plaît.
Il voulut se reculer mais elle l'en empêcha en serrant ses jambes autour de ses hanches.
- Non ! Ne pars pas !
- Que se passe-t-il, Bella? Pourquoi tu pleures ?
Les larmes se mirent à rouler toutes seules sur ses joues, alors qu'elle essayait de s'intimer au calme. Ce mec était trop bien pour être vrai. Il ne pouvait pas vraiment exister.
- Je … je ne voulais pas que tu arrêtes.
- Qu'y a-t-il, mon coeur? Parle-moi !
- Je … c'était juste bon, je profitais … Je t'en prie, continue Jasper …
Cette fois, il se recula et sortit d'elle sans qu'elle ne puisse rien faire pour l'en empêcher. Il s'allongea à ses côtés et l'attira à lui, posant sa tête sur son torse musclé.
- Tu crois vraiment que je vais continuer alors que tu es en train de pleurer comme ça ?
Elle ferma les yeux pour retenir les larmes qui n'avaient plus aucune digue désormais et s'échappaient par flots. Il la serra d'autant plus et la berça une minute avant de murmurer:
- Est-ce que j'ai fait quelque chose de mal ?
- Bien sûr que non. Tu étais parfait, comme toujours.
- Alors pourquoi pleures-tu ?
Il lui fallut un moment pour former les phrases dans sa tête. Pour accepter tout simplement la vérité. Quand elle parla, ce fut avec la voix cassée d'émotion.
- Je suis heureuse, tout simplement.
- Tout simplement?
- Oui, tu me combles de bonheur et je pensais … je pensais que ça ne m'arriverait plus jamais.
Elle le regarda et il lui souriait comme si elle venait de lui faire le plus beau des cadeaux.
- Tu sais, c'est pareil pour moi. Après Valerie, je pensais que je ne pourrais plus aimer. Que c'était fini toutes ces conneries pour moi. Et tu es arrivée …
- Et tu m'aimes … le taquina-t-elle, jouant des doigts sur son torse dur.
- Tout comme tu m'aimes.
Ces moments avec lui étaient faciles, bons, heureux. Elle voulait en profiter au maximum. Elle se releva sur un coude pour l'embrasser, alors que sa main descendait plus bas, taquinant sa virilité qui ne tarda pas à se relever sous ses attentions. Lentement, pour ne pas le brusquer comme pour ne pas se brusquer elle-même, elle grimpa sur lui. Elle le vit ouvrir les yeux, perplexe et elle sourit,mutine:
- Ne t'inquiète pas, mon coeur. Tout va bien se passer. Si tu veux que j'arrête, tu n'auras qu'un mot à dire.
Il rit alors qu'elle le taquinait clairement et son sexe vint frotter ainsi contre celui de Bella qui trembla. Il reprit un air sérieux, posant les mains sur ses hanches doucement, connaissant parfaitement ses peurs.
- Tu peux peut-être en rire mais c'est un serment que je te fais à jamais, Bella. Si tu as peur, n'importe quand, n'hésite pas à me le dire.
- Je te le promets. Mais je n'ai pas peur. Pas avec toi.
Et pour lui prouver à quel point ces mots étaient vrais, elle s'empala d'un coup sur lui, les faisant gémir tous les deux de plaisir.
XXXX
Bella sortit de la salle de bains rapidement, en entendant Jasper hurler. Elle courut vers le salon et le trouva, couché sur le canapé, tremblant de tous ses membres, complètement en sueur.
Cela faisait maintenant 5 jours qu'il n'avait pris aucune drogue et le sevrage à la dure, comme il l'appelait, s'avérait très très compliqué. Outre l'état psychologique faible dans lequel cela le plongeait, la souffrance physique était le pire. Il avait mal absolument partout, dans le moindre de ses os, sur la moindre de ses articulations. Ses muscles s'ankylosaient et il hurlait de douleur. Il tremblait en permanence, vomissait ses tripes et perdait des kilos à vue d'oeil. Cela faisait cinq jours également qu'il ne dormait plus ou, s'il parvenait à tomber dans une sorte de coma, épuisé, il se réveillait comme maintenant en hurlant, pris dans un cauchemar.
Elle s'accroupit à ses côtés, passant une main chaude sur sa peau glacée, cherchant à capter son regard qui restait vague. Quand les prunelles brunes, entourées de veines rouges, se fixèrent sur elle, elle tenta un pauvre sourire.
- Jasper …
- Ca … ça va, Bella. Je … je tiens le coup.
- On devrait aller voir le médecin, mon coeur. Tu me fais peur …
- Je … ça va aller …
Il ferma les yeux, épuisé. Son visage s'était émacié et il avait le teint pâle. Trop pâle. Il souffrait affreusement et il n'y avait rien qu'elle pouvait faire pour lui. Il ne voulait pas de la méthadone prescrite par le docteur. Il ne voulait pas d'une autre crasse dans le corps.
Il attrapa sa main dans la sienne, toujours tremblante et raide de douleur, la collant plus contre son visage. Elle soupira, ne supportant pas de le voir ainsi.
- On doit demander de l'aide …
- Je … je n'ai besoin de personne tant que tu es là …
- Jasper, je ne peux rien faire pour toi.
- Personne ne peut. J'ai juste besoin de toi.
Son corps entier se tendit et il eut un spasme mais ne vomit rien. De toute façon, ce n'était pas possible puisqu'il n'avalait presque rien.
- Je … je suis désolé, mon amour.
Elle caressa doucement ses mèches brunes et secoua la tête, murmurant doucement:
- Mais pourquoi donc ?
- Que tu doives supporter ça. Que tu … me voies comme ça.
Comme si son état pouvait la dégoûter ! Il était dingue. Elle était juste folle amoureuse de lui. Et il faisait ça pour elle. Pour être l'homme qu'elle attendait depuis tant de temps. Jamais elle ne lui reprocherait cette période horrible pour lui.
- Si ça t'inquiète tant que ça, Casanova, j'ai toujours envie de toi.
Il eut un sourire crispé, toujours recroquevillé en position foetale dans le canapé, le front perlant de sueur et le regard vague. Mais elle ne mentait pas. Il devait avoir perdu 8 kilos, semblait plus malade que jamais et elle ne l'aimait que plus. Parce qu'il souffrait à ce point pour elle, uniquement pour elle.
- Ca ne … ca ne va pas être possible pour l'instant.
- Oui, et bien profite de tes vacances parce que dès que tu vas mieux, tu ne vas plus quitter cet appartement. J'envisage sérieusement de le baptiser, pièce après pièce.
- Hmm … La terrasse aussi ?
- On commencera par là !
Il ferma les yeux, semblant partir dans un de ses comas qui lui permettaient de récupérer quelques minutes mais, d'un coup, il les rouvrit et les porta dans les siens, visiblement ravi de sa proposition:
- Ca va déjà mieux.
Elle se pencha pour déposer un baiser sur sa pommette saillante et murmura, tout contre lui:
- Repose-toi, mon coeur. Je vais veiller sur toi.
- Dis-le moi encore, Bella …
Elle se leva, souleva sa tête pour s'asseoir sur le canapé et la reposer sur ses genoux, caressant doucement son dos, cherchant à calmer son corps qui s'emballait malgré sa fatigue intense.
- Je t'aime, Jasper Hale.
- Je te l'ai dit … je n'ai besoin que de toi …
Et sur ces mots, il plongea dans un sommeil hanté de cauchemars.
XXXX
Cela faisait 10 jours … Dix longs jours de torture. Mais ce matin, en se levant, Jasper sut qu'il avait franchi une étape. Plus aucune sensation de manque, plus de tremblements, plus de peur … Son corps semblait s'être mis en "pause". Il était tout du moins relaxé. Ce qui ne lui était plus arrivé depuis longtemps. Ca y est, il l'avait fait. Il s'était sevré à la dure. Bien sûr, son état psychologique était toujours menaçant. Il le serait encore un moment. Mais peu importait. Le physique était déjà là, pour tenir le coup.
Quand il ouvrit les yeux sur cette constatation, il ne put que sourire. Tout ça, c'était grâce à Bella. Il se tourna dans le lit, prêt à sentir son corps chaud contre le sien mais, à la place, il ne trouva qu'une place vide et froide. Où était-elle ? Avait-elle bien été là ou tout ça n'avait-il était qu'un rêve ? Un fabuleux rêve, certes, mais si ce n'était que ça, la chute n'en serait que plus rude.
Il se leva et, comme un con apeuré, il ouvrit le placard où il trouva toutes ses affaires qui pendaient. Elle était bien là, avec lui. Elle avait emménagé avec lui. Il eut un putain de sourire sur le visage et fila à la douche, cherchant à se débarrasser des derniers vestiges de ses crises.
A peine sorti, il enfila un short baggy et traversa l'appartement, à la recherche de sa merveilleuse petite amie. Il dut d'abord faire une halte auprès de Trasto qui miaulait affectueusement et se frottait dans ses jambes avec ardeur. Attrapant la petite bête dans ses bras, il se dirigea vers la terrasse où il vit la silhouette de Bella appuyée à la rambarde. Merveilleusement belle dans la lueur du matin et les rayons du soleil qui faisaient briller ses beaux cheveux bruns d'éclats auburn.
Il ouvrit la porte fenêtre et se glissa à l'extérieur. Elle porta son attention vers lui et lui offrit un immense sourire qui fit arrêter son coeur de battre un moment. Cette fois, il en était sûr, il était fou amoureux de cette fille et il voulait passer le reste de sa vie avec elle. Et, comble de la chance, elle semblait vouloir la même chose. Ce ne serait pas facile car sa vie à elle était de l'autre côté de l'océan mais, s'ils le voulaient suffisamment tous les deux, ils pourraient faire fonctionner cette histoire.
C'était la première fois depuis la mort de Val qu'il arrivait à voir les choses avec autant de positivisme. La première fois qu'il avait à nouveau foi en l'avenir. Quand il fut à ses côtés, elle murmura:
- Enfin debout, champion ?
- On dirait que c'est un bon matin! dit-il sur le même ton, déposant le chat à terre pour se positionner derrière elle, collant le dos de sa petite amie à son torse.
- Ca en a l'air …
Elle se laissa aller contre lui et il en profita pour poser ses lèvres dans son cou, savourant son parfum si subtile qu'il adorait tant. Elle posa les mains sur les siennes, qui entouraient sa taille et murmura à nouveau:
- Tu aurais dû rester couché. Je t'aurais amené le petit déjeuner.
- Je ne pouvais plus attendre pour te voir.
- Serais-tu accro à un autre genre de drogue ?
- C'est fort possible, fit-il en faisant courir ses lèvres sur l'épaule dénudée de sa petite amie.
Elle se colla d'autant plus en lui en laissant échapper un petit gémissement.
- Jasper …
- Oui, mon coeur ?
Ses fesses frottèrent à l'endroit stratégique qui se mit au garde-à-vous dans l'instant. Cela faisait des jours qu'il n'avait plus goûté son corps et il n'en pouvait plus d'attendre.
- Tu m'as manqué …
- Toi aussi, Bella, toi aussi …
Une de ses mains glissa sur le ventre de la petite brune et passa sous l'élastique de son petit short en éponge. Instantanément, elle se cambra plus contre lui, lui ouvrant un accès à son intimité brûlante. Elle était déjà prête pour lui. Il fit glisser les doigts sur elle, lui arrachant de longs soupirs, tout en la maintenant bien serrée entre la rambarde et lui. Les gens qui étaient dans la rue en bas, s'ils levaient les yeux, pourraient sans aucun doute voir ce qu'ils étaient en train de faire mais il s'en fichait éperdument. Il voulait la faire sienne et il le voulait maintenant. Il inséra un doigt en elle, la faisant trembler contre lui et elle murmura son prénom dans un doux gémissement. Il dut se mordre la lèvre pour se contrôler.
- Jasper …
- Mhh ?
- Je … Je … JE T'AIME ! finit-elle par hurler alors qu'elle explosait, jouissant tout contre lui, ses spasmes enserrant son doigt à l'intérieur d'elle alors qu'elle tremblait comme une feuille entre ses bras. Il la maintenait debout, continuant ses caresses, prenant tous ses gémissements et ses réactions pour lui, profitant de ce moment où elle s'ouvrait complètement à lui.
Quand son corps se calma un peu, alors qu'il continuait à la torturer tout doucement, elle reposa la tête en arrière sur son épaule et l'étudia avec attention. Il fut étonné de la profondeur de son regard chocolat et demanda:
- Que se passe-t-il ?
- Et dire que tu étais là, tout ce temps. Quelque part …
Il sourit, déposant un baiser doux sur ses lèvres, ne cessant de la taquiner, la faisant à nouveau trembler contre lui.
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
- Que … le coup de foudre existe vraiment. Le véritable amour aussi. Et … Tu étais là. Juste là … Je t'ai tellement attendu.
Cette fois, il n'en put plus d'attendre. Il la voulait et il la voulait vite et férocement. Il baissa son short et le sien d'un geste rapide alors que sa bouche prenait possession de celle de sa petite amie avec furie. Quand il entra en elle, sans attendre, elle mordit sa lèvre et gémit longuement, menaçant de les envoyer tous les deux très vite vers des contrées magiques.
XXX
Bella regardait Jasper faire les cent pas devant la porte, véritablement en proie à une crise de panique. Il n'y avait rien qu'elle pouvait faire pour lui, surtout quand il était dans cet état. Pourtant, elle aurait voulu l'aider, l'épauler même. Mais il ne la laisserait pas faire. Elle savait qu'il était seul dans ce bateau et que c'était à lui de trouver le courage de le faire.
10 minutes plus tard, la situation n'avait pas évolué, il continuait à arpenter le trottoir de long en large et elle le regardait faire les bras croisés, se mordillant la lèvre de frustration. Elle ne put retenir ce qui suivit:
- Tu sais que, éventuellement, on va devoir se décider à frapper?
- Je le sais, Bella.
Sa voix était tendue, ses yeux fuyants et sa mâchoire crispée. Il était magnifique, même comme ça. Mais bon, elle n'était pas vraiment objective, elle l'aimait bien trop pour lui trouver des défauts. Pourtant, il devait certainement en avoir encore des tas même si, à ses yeux désormais, il était juste … parfait. Il finit par accrocher son regard dans le sien et par soupirer.
- Je ne peux pas.
- Bien sûr que si, tu peux. Tu as déjà fait la moitié du chemin. Et on est là. Allez !
Il s'était arrêté de marcher et semblait un peu plus "calmé" alors elle s'approcha et lui prit la main dans les siennes, sans lâcher son regard:
- Tu peux le faire. Mieux que ça, tu dois le faire, mon coeur.
- Je sais …
- Tu es fort. Tu viens de traverser des épreuves incroyables. Et ce n'est pas les premières que tu surmontes. Tu peux le faire, tu le sais ça ?
- Pas sans toi.
- Eh bien, je suis là. La semaine dernière, on a vaincu ton addiction. Aujourd'hui, on répare les erreurs de ton passé.
- Peuvent-elles vraiment l'être ? Réparées, je veux dire.
- Bien sûr. Rien n'est insurmontable. Je le sais. Tu le sais. Tout le monde le sait. Et tout le monde te soutient.
Il baissa la tête, coupant la connexion de leurs yeux. Il respirait fort, en proie à une crise d'angoisse qu'il connaissait souvent désormais, à cause de son sevrage. C'était de plus en plus courant, pour des choses de moins en moins importantes. Bon, ici, c'était important. Mais ça restait effrayant à voir d'un homme si grand, si fort, si … têtu. Quand il cédait à la panique, il se transformait en petit garçon.
- Je ne mérite pas tout votre amour et votre compréhension.
Elle se serra contre lui, sachant pertinemment que son corps avait l'effet de le calmer, quand il commençait sa crise.
- Bien sûr que si. Et si ce n'était pas le cas, on s'en fout, Jasper! On t'aime et on te soutient. Quoiqu'il arrive. Quoique tu fasses. Même si tu ne frappes pas à cette fichue porte.
Il posa sa bouche contre la sienne mais ne l'embrassa pas. Ce simple contact semblait lui suffire. Alors que ce n'était pas forcément son cas à elle. Depuis que tout se passait bien entre eux, elle avait envie de lui en permanence, comme si son corps laissé si longtemps de côté ne pouvait attendre pour avoir son compte. Heureusement, elle se maîtrisait mieux qu'elle ne maîtrisait ses pensées. Quand il parla, ça eut au moins le mérite de la faire redescendre un peu:
- Mais tu ne seras pas toujours là, pas vrai ?
Son coeur se serra en entendant ces mots qu'il ne cessait de lui répéter. C'était là ses angoisses actuelles. Qu'elle parte. Qu'elle … meure. Qu'elle l'abandonne comme Valerie l'avait fait avant elle. Ca devenait même parfois invivable. Il se réveillait pendant la nuit pour s'assurer qu'elle était encore à ses côtés; pour se calmer, il la serrait contre lui avec une force incroyable. Quand elle allait faire les courses, acheter du pain simplement, ça devenait une véritable bataille pour sortir de l'appartement. Et s'ils se baladaient tous les deux, il lui tenait fermement la main, plus encore quand ils devaient traverser la rue, la traitant comme une petite fille qu'elle n'était plus depuis longtemps.
Et il la vénérait. Oh ça, oui. Il prenait soin d'elle. Mais faire l'amour, c'était une toute autre histoire. Il était tellement angoissé que ça se soldait soit par un échec cuisant au "décollage" soit par une rapidité qui ne le caractérisait définitivement pas. Il s'enfonçait chaque jour dans l'abîme de ses peurs et elle ne pouvait rien faire pour l'en empêcher.
- Je serai toujours là, Jasper. Peu importe la force que tu mets à me repousser.
- Je ne te repousse pas ! souffla-t-il contre ses lèvres, les yeux fermés et la voix cassée.
- Pas consciemment peut-être. Mais ne t'en fais pas. Je reste là.
Il rouvrit ses magnifiques yeux bruns pour les plonger dans les siens et elle soutint son regard sans broncher. Les choses n'étaient pas faciles en ce moment. Mais elle n'avait jamais prétendu qu'elles le seraient. Et il était l'homme qu'elle aimait. L'homme qu'elle avait attendu toute sa vie. Alors ça valait la peine de se battre un peu pour le garder. Elle serait là pour lui. Pour toujours. Elle ne mentait pas en le disant.
- Je t'aime, murmura-t-il avant de lui voler un petit baiser peu satisfaisant.
Elle le serra fort contre elle, savourant cette proximité, la seule qu'il pouvait lui offrir pour le moment. Fermant les yeux, elle se prit à rêver que ce qu'ils allaient faire maintenant pourrait débloquer leur situation. Quand il s'écarta, elle soupira, triste de le sentir s'éloigner déjà.
- Bella ?
- Oui ?
- Tu veux bien frapper pour moi ?
- Non, tu dois le faire, toi.
Elle lui prit une des mains et l'emmena juste devant la porte, attendant qu'il se décide. Il inspira un bon coup puis frappa, doucement. Directement, il baissa la tête, ultra stressé, serrant sa main comme si il était en train de se noyer et qu'il avait besoin de son aide. Au fond de lui, c'était peut-être ce qui était en train de se passer. Alors elle lui rendit son étreinte, mettant dans ce geste tout son amour et son soutien. Quand la porte s'ouvrit sur la jeune femme, la pression sur ses doigts était insoutenable. Il murmura:
- Bonjour, Ruth.
La jeune femme brune lui sourit avant de se jeter contre le torse dur de Jasper, enroulant ses bras autour de sa taille. Son petit ami la regarda, perplexe puis lui lâcha la main pour rendre l'étreinte à son ancienne belle-soeur.
- J'ai cru que tu ne frapperais jamais …
- J'étais prêt à faire demi-tour mais … Bella ne m'aurait pas laissé faire.
Elle se détacha de lui puis vint serrer Bella contre elle, lui chuchotant un "merci" inaudible pour Jasper à l'oreille. Puis elle grimpa sur le seuil, se retourna pour tendre la main au brun et dire:
- Allez viens, il est temps que tu fasses la connaissance de ton fils.
XXXX
Assis sur le canapé, face au petit garçon qui jouait à terre, Jasper avait les mains moites et le coeur qui battait la chamade. Ruth avait prétexté devoir aller préparer du café et avait traîné Bella avec elle hors de la pièce pour les laisser seuls tous les deux. Depuis lors, ce petit garçon qui lui ressemblait tant, mais également à sa défunte femme par bien des aspects, ne le quittait pas des yeux, empilant gentiment ses cubes l'un sur l'autre.
Il se racla la gorge, ne sachant pas très bien par où commencer et ce fut finalement William qui brisa le silence:
- Tu es l'amoureux de ma maman ?
S'il savait à quel point ce qu'il demandait était vrai. Sauf que techniquement, sa maman n'était pas Ruth, il n'était certainement pas son amoureux et qu'après tout, il n'était plus non plus l'amoureux de Valerie. Il se frotta la poitrine, là où leurs deux noms reposaient sur son coeur et murmura:
- Pas vraiment.
- Tu es qui alors ? Mon tonton ?
- Ton tonton ? Pourquoi je serais ton tonton ?
- Parce qu'il y a plein de photos de toi ici. Et si tu es pas l'amoureux de ma maman, tu dois être de sa famille.
- En fait, ce n'est pas le cas, bonhomme. Je suis … Je suis de ta famille à toi.
Le petit garçon reposa son cube et le regarda avec intensité. Il inclina la tête sur le côté, comme le faisait toujours Valerie quand elle réfléchissait intensément.
- Tu connaissais ma vraie maman et mon vrai papa ?
Ce fut un coup au coeur qu'il lui porta en disant ces mots. Ainsi, le petit William, 5 ans, savait que Ruth n'était pas sa "vraie" maman comme il disait. Sa belle-soeur avait vraiment bien fait les choses. Comme Valerie savait qu'elle le ferait, quoiqu'il arrive. Il était tellement fier d'elle, de la femme qu'elle était devenue, envers et contre tout.
- Oui, je connaissais ta vraie maman.
- Et mon vrai papa ? Il parait que c'est genre un super héros !
- Un super héros? demanda-t-il, perplexe.
- Oui ! Il travaille beaucoup pour gagner un tas d'argent pour aider les pauvres petits garçons qui ne peuvent pas avoir autant de jouets que moi. Et puis il aime ma maman, ma vraie hein, pas maman Ruth, du véritable amour qui dure toujours. Comme le prince charmant aime la princesse.
Jasper ne put s'empêcher de sourire en le voyant si fougueux. Il avait décidément tout de sa mère. Et puis la description que Ruth avait fait de lui … C'était trop … beaucoup trop. Surtout quand William continua:
- Mais il peut pas venir me voir, tu vois, il est trop occupé. Maman Ruth dit qu'il m'aime de tout son coeur. Et que quand il viendra, c'est pour me prendre avec lui.
- Te prendre avec lui ?
- Oui, dans sa super maison où il vivait avec ma maman. Elle est morte ma vraie maman, tu le savais toi ?
Cette fois, il ne put retenir une larme de rouler le long de sa joue. Ce petit garçon était un don du ciel et il était … si intelligent, si fort. Ce qu'il n'avait jamais été. Il regretta toutes ces années passées loin de lui. Il regretta tout.
- Oui, je sais.
- Pourquoi tu pleures ? Tu l'aimais ma maman ?
- Oh oui, je l'aimais. Comme le prince charmant aime la princesse. D'un véritable amour qui dure toujours …
Il put voir la porte de la cuisine se refermer discrètement alors que le petit comprenait le sens de ce qu'il disait. William se redressa, rapidement, la bouche ouverte et la respiration saccadée.
- Alors c'est … c'est toi ? Mon vrai papa, c'est toi ?
- Eh oui, bonhomme. Je suis ton papa.
XXXXX
Bella referma discrètement la porte de la cuisine par laquelle Ruth et elle écoutaient la discussion entre Jasper et William. Les choses se passaient visiblement bien et c'était vraiment génial pour eux deux. Elle reconnaissait toutefois avoir eu un peu mal quand Jasper parlait de Valerie et de son amour pour elle au présent. Elle savait que c'était idiot. Val n'était pas une rivale. Et elle savait aussi qu'il continuerait à l'aimer pour toujours.
C'était juste qu'elle l'aimait tellement qu'il était dur de l'entendre parler d'une autre femme ainsi. Elle vint se poser sur une des chaises, en face de Ruth, de l'autre côté de la table et celle-ci poussa une tasse de café devant elle.
- Il est adorable ! dit Bella, pour briser le silence entre elles.
- Qui ? William ou Jasper ? demanda la petite brune, dans un clin d'oeil.
- Je parlais de William. Mais voir Jasper ainsi avec lui l'est tout autant.
- Je suis de ton avis.
Elles burent une gorgée du liquide brûlant, chacune perdue dans ses pensées. Bella se demandait ce qui allait arriver, maintenant. Il était plus que certain qu'ils ne pourraient pas reprendre William avec eux. Après tout, Jasper l'avait confié à Ruth, des papiers avaient été signés. Et surtout, il n'était pas question d'arracher un petit garçon à la seule mère qu'il aurait jamais. Mais ils habitaient loin et ce serait dur pour son petit ami de quitter à nouveau son fils. Tout comme ce serait dur pour le petit de devoir quitter le père qu'il rencontrait enfin.
Et comme si elle pouvait lire dans ses pensées, la jeune fille dit:
- J'ai pensé revenir sur Málaga. Pour eux deux. Ma mère est d'accord de nous héberger.
- Wow, Ruth, ce serait génial ! Je pense que Jazz va vouloir voir William et … c'est génial !
- Je sais. Je veux vraiment qu'il fasse partie de sa vie, tu sais. C'est ce que Val aurait voulu.
Bella baissa les yeux sur sa tasse, touchée par les mots de la jeune femme devant elle. Ils faisaient tous partie d'une famille à laquelle elle n'appartenait pas. De laquelle elle se sentirait toujours étrangère.
- Il fera un père merveilleux. Il fallait juste qu'il trouve le chemin pour l'être. Merci d'avoir fait ça pour lui, Bella.
- Je t'en prie, c'est tout à fait normal. Il ne pouvait pas continuer à vivre dans le déni comme cela.
Elle releva le regard pour croiser celui de Ruth qui l'étudiait avec attention. Elle se sentit même un peu mal à l'aise.
- Que … qu'est-ce qui se passe?
- Tu ne lui ressembles pas du tout, tu sais ? A Val …
- Hum. Oui, je sais.
- Elle était … vivante. En toutes circonstances. C'est comme si le malheur ne la touchait jamais. Comme s'il glissait sur une carapace invisible. Elle était … lumineuse.
- Je sais. Jasper m'en parle beaucoup.
Ce fut au tour de l'autre fille de baisser les yeux sur sa tasse qui reposait entre ses mains, sur la table. Il y eut un silence gêné puis Ruth enchaîna:
- J'étais jalouse d'elle.
- Que … quoi ?
- J'étais jalouse d'elle quand j'étais plus jeune. Elle était si belle, si pleine de vie … Elle avait un corps athlétique et une grâce sans nom. Elle était … parfaite. Je l'aimais et je la détestais en même temps.
- Je … je comprends.
Elle ne savait pas très bien quoi dire mais elle sentait que l'autre jeune femme avait besoin de s'épancher.
- Quand … quand elle a rencontré Jasper, elle rayonnait d'autant plus. C'était une toute autre femme. Plus heureuse, plus solaire encore. J'étais d'autant plus jalouse. Le jour où elle nous l'a ramené, je me suis dit: "C'est pas possible d'avoir autant de chance !".
- C'est vrai qu'il est plutôt exceptionnel.
- Pas exceptionnel. Juste … parfait.
Bella regarda la brune qui s'obstinait à étudier la tasse entre ses mains. Elle venait bien de dire … Stop, pas de conclusion hâtive: elle avait raison et elle n'allait certainement pas la contredire !
- Je me le dis à chaque fois que je le regarde, en effet.
- Quand il a passé la porte, j'étais … subjuguée. Et puis tout au long de la soirée, je n'ai pu que détester ma soeur d'autant plus. Je … je suis tombée amoureuse de lui, Bella …
Celle-ci eut du mal à déglutir, sous la révélation. Mais bon, c'était il y avait des années ! Elle pouvait bien gérer des sentiments d'une adolescente pour le mec de sa soeur, c'était courant, normal. Non ?
- Chaque mec que je rencontrais, je le comparais à lui. Il n'y avait que lui. On sortait à 4 et je finissais par larguer le gars, parce qu'il n'était pas aussi bien que lui. Puis, il y a eu Roman et … ça a marché. Jasper et lui accrochaient bien. C'était un peu le même genre de mec. Ma soeur est tombée enceinte et … tu connais la suite.
- Et avec Roman ?
- Il est parti quand il a appris que ce serait moi qui m'occuperais de William. Il n'était pas prêt à être père, disait-il. De toute façon, je ne voulais pas qu'il soit le papa de ce petit garçon. Il en avait déjà un.
- Que … que veux-tu me dire par là, Ruth ?
- Rien, juste que … je ne te déteste pas mais tu occupes la place que ma soeur aurait du avoir. Tu dors dans ses bras, tu partages son lit, ses rires, ses coups durs. Et … pfff, je deviens sotte !
Bella voulut rétorquer quelque chose mais la porte de la cuisine s'ouvrit sur Jasper et William, rayonnants de bonheur tous les deux:
- Maman ! J'ai retrouvé mon Papa !
Les yeux de Ruth se posèrent sur Jasper et brillèrent d'amour. Un frisson d'effroi parcourut le dos de Bella quand elle répondit au petit garçon:
- Oui, mon ange. On va enfin pouvoir être une famille.
Le sourire que rendit son petit ami à sa belle-soeur, de connivence, même s'il ne se doutait certainement pas de tout ce que celle-ci venait de lui avouer, glaça la petite brune jusqu'aux os.
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Jasper était heureux, tout simplement. Bella pouvait le voir dans la façon dont il souriait, même quand il ne disait rien, perdu dans ses pensées. Elle pouvait aussi le remarquer dans la manière dont il parlait de William, de ce qu'ils allaient pouvoir faire ensemble, de combien son fils était intelligent, beau, …
Ils étaient dans la voiture depuis une demi-heure et il ne s'était tu que deux minutes. Pour partir dans ses pensées vers son fils et, certainement Ruth. Bella n'avait pas décroché un mot. Pas un seul. Elle l'écoutait, souriait de le voir si heureux mais sentait une boule au fond de sa gorge à chaque fois qu'il disait le mot "famille".
Ruth était toujours amoureuse de Jasper. C'était plutôt clair. Et bien que ça ne fasse absolument pas plaisir à Bella, pour les raisons évidentes, elle ne pouvait que la comprendre. Elle ne lui en voulait même pas. D'ailleurs, la jeune femme n'avait eu aucun geste déplacé, aucun mot qui aurait pu la vexer. Mais elle l'aimait, c'était clair comme de l'eau de roche.
Venait alors irrémédiablement l'idée que, si elle n'avait pas été dans le chemin, ces deux-là auraient pu parfaitement former une famille pour que William puisse grandir avec la maman qu'il avait toujours connue et le père qui lui avait tant manqué. Et chaque fois que cette pensée l'étreignait, elle se sentait mal. Mal d'être là, mal d'être au milieu de tout. Mal, mal, mal.
Jasper attrapa sa main et la serra dans la sienne avant de murmurer:
- Tu es bien silencieuse. Tout va bien ?
- Oui, ne t'en fais pas, je suis un peu fatiguée.
- Je suis désolé, j'arrête pas de parler mais … c'est tellement génial, Bella ! Tu … tu peux pas imaginer.
- Si, je le peux … Je suis contente pour toi, tu sais.
- C'est grâce à toi, tout ça. Grâce à ton amour et à ton aide. Merci.
Il lâcha la route des yeux un moment pour tourner son regard reconnaissant et empli d'amour vers elle. A cet instant, elle comprit qu'elle n'était pas dans le chemin. Elle était parfaitement à sa place. Ensemble, ils allaient être heureux. C'était tout ce qu'elle demandait, tout ce qu'il voulait. Elle lui sourit et murmura:
- Je t'aime.
- Moi aussi, je t'aime.
Son sourire s'était encore élargi grâce à ses mots puis il demanda:
- Et si on continuait sur notre lancée et qu'on allait saluer Rose, ma filleule adorée et mon beau-frère insupportable ?
- Ca me semble être un plan génial !
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Ils venaient de passer une chouette soirée avec la petite famille de Granada. Le ton avait été chaleureux, plein de bonheur et de joie de se retrouver ainsi. Rosalie avait passé sa soirée à dévisager son frère, fière comme un paon et Emmett avait sorti blague sur blague. C'était merveilleux.
Bella se sentait parfaitement intégrée au groupe et c'était presque comme si elle les connaissait depuis toujours. Là, tout de suite, elle était dans le porche, regardant les étoiles, pendant que Jasper avait accompagné sa soeur donner le bain à Hayley et la coucher.
La porte s'ouvrit derrière elle et elle tourna la tête pour voir Emmett apparaître, deux cafés à la main. Elle lui sourit et il vint s'asseoir sur les marches, à côté d'elle.
- Tu sais, Rose a investi une fortune dans ce petit salon d'extérieur …
- J'aime bien ces marches, on voit directement le champ en face, c'est … reposant.
- C'est ce que je n'arrête pas de lui répéter mais elle ne veut pas m'écouter.
Il lui tendit une des tasses et elle but une gorgée avant qu'il ne parle:
- On ne pourra jamais assez te remercier, tu sais ?
- Pourquoi donc ?
- Pour Jazz … Tu nous l'a rendu. Tel qu'il était. Avant le drame.
- Je n'ai rien fait de particulier …
- Tu l'as aidé. Tu l'as accepté avec ses fêlures. J'imagine que, d'une certaine manière, c'était tout ce qu'il lui fallait.
- Je me répète mais je n'ai rien fait de particulier.
- Peut-être pas mais … nous, on a forcé un maximum pour qu'il redevienne celui qu'il était. On n'avait pas compris que ce ne serait plus jamais possible. On a essayé de le récupérer mais … on se trompait sur toute la ligne. Tu as vu ce qu'il fallait faire et … merci.
- De rien, vraiment.
Elle perdit à nouveau son regard dans le paysage devant elle, intégrant les mots qu'Emmett venait de lui dire. Il avait certainement raison. En repensant à toute l'histoire, aux difficultés qu'elle avait eues à s'approcher de ce beau mec, à ses blessures, à ses colères, à ses addictions, elle sut qu'ils avaient fait du chemin. Un énorme chemin.
- Et pour William, c'est d'autant plus génial. Il fallait qu'il retourne vers son fils.
- Evidemment que oui. Il fallait juste lui laisser le temps ! murmura-t-elle en pensant à ces deux-là ensemble, cet après-midi.
- On a voulu le brusquer. On aurait dû t'attendre ! plaisanta-t-il, entourant ses épaules de son bras musclé.
- Il va aller bien, maintenant.
- Grâce à toi.
- C'est ce que tout le monde semble penser.
- Au nom de toute notre famille, merci Bella. Et bienvenue dans le clan.
Elle posa la tête sur l'épaule du grand blond, se sentant comme toujours super à l'aise avec lui. Emmett aurait tout aussi bien pu être son frère, ils se comprenaient parfaitement et s'aimaient beaucoup. Soudain, derrière eux, une voix s'éleva:
- Je t'y reprends encore à essayer de draguer ma copine !
Elle se retourna, de concert avec Em', pour trouver Jasper, au seuil de la porte, un grand sourire lui barrant le visage.
- Hey, désolé mec, elle est tellement sexy.
- Ouais, j'suis bien d'accord mais éloigne tes grosses paluches d'elle !
Emmett se releva, les mains levées devant lui, un grand sourire sur le visage également.
- Du calme du calme, elle est tout à toi !
Il avança, tapota sur l'épaule de son beau-frère et entra dans la maison, fermant la porte derrière lui pour leur laisser un peu d'intimité.
Les yeux de Jasper étaient rivés dans les siens et Bella sentit automatiquement la tension en elle monter d'un cran.
- Alors, tu préfères les blonds en définitive ?
- Evidemment, ils ont cette petite note sexy que les bruns n'ont pas. Oh et puis Emmett est balèze …
Il vint se poser à ses côtés et avança sa bouche à quelques centimètres de la sienne.
- Peut-être que tous ces muscles, c'est surfait.
- Peut-être.
- Et peut-être qu'à l'horizontale, il n'assure pas.
- Ta soeur n'a pas l'air de s'en plaindre.
Il grimaça puis sourit avant de dire, taquin:
- Hep hep hep ! Il y a des sujets dont on ne parle pas devant moi.
- Tu sais, mon coeur, Hayley doit bien venir de quelque part.
- Oui, d'une rose. Comme dans les histoires qu'on raconte aux enfants.
Elle posa une main sur sa joue et la caressa doucement du pouce.
- Comment te sens-tu ?
Il mit une minute avant de répondre, un énorme sourire courant sur son visage.
- Bien. Parfaitement bien. J'suis même un peu étourdi, pour tout te dire. Ce bonheur, c'est … exaltant.
- Je suis contente pour toi, tu sais.
- Tu dis ça comme si tu ne faisais pas partie de ce bonheur.
Il prit sa main dans la sienne et embrassa doucement chaque bout de chaque doigt avec beaucoup d'attention. Elle frémit, une boule d'envie bien connue se formant au creux de son ventre. Il continua:
- Tu fais partie de ce bonheur. Tu en es la source principale …
- Jasper …
Il était en train de picorer sa paume de petits baisers qui envoyaient des décharges électriques dans tout son corps.
- Au fond de moi, je suis enfin complet. Entier. Il me manquera toujours la petite partie qui appartenait à Valerie mais … tout ça, c'est comblé par ta présence, mon amour. Tu me complètes et je t'aime. Je t'aime tellement …
Ses lèvres chaudes remontèrent sur le poignet de Bella, l'attisant d'autant plus et elle rejeta la tête en arrière, essayant de se contenir. Elle finit par dire:
- Le bonheur était à portée de tes doigts. Il ne tenait qu'à toi de t'en saisir.
- Je ne l'aurais pas fait sans toi. Pourquoi ne comprends-tu pas ça ?
- Parce que je refuse de penser que j'aie une telle importance.
Cette fois, il lâcha son bras et se colla à elle, ses lèvres frôlant les siennes, ne l'embrassant pas mais la rendant dingue par ce contact.
- Tu as une telle importance. J'ai besoin de toi. Tout le temps.
Ne pouvant s'en empêcher, elle glissa les mains dans ses cheveux et dans son cou, l'attirant plus encore à elle.
- Ca tombe bien, c'est exactement ce que je ressens, tout le temps …
- Dis donc, petite tigresse, essayerais-tu de me faire passer un message ?
Elle tourna son visage, permettant ainsi à ses lèvres de courir le long de son cou, jusqu'à son oreille:
- En effet. J'ai besoin de toi, Jasper. Maintenant …
Il rit doucement contre elle, déclenchant des papillons dans son ventre. Il était si parfait, si génial. Il était à elle. Et elle se battrait pour que cette histoire fonctionne. Après tout, peu importaient les problèmes, peu importaient les obstacles, ils étaient ensemble et c'était à peu près tout ce qui comptait.
