Le soir de Noël était arrivé assez rapidement pour Clary. La jeune fille devait avouer qu'elle n'avait pas eut beaucoup de répit. Entre les achats pour les repas, ceux des cadeaux et le temps qu'elle passait à cuisiner, Clary n'avait rien vu venir.

-Tu comptes sortir de la salle de bain un jour ? demanda Luke.

-Oui, pardon. Je rêvassais.

Elle ouvrit le loquet de la porte et le sourire de Luke illumina les pensés de l'adolescente.

-Ça t'arrive beaucoup ces derniers temps.

Ce n'était pas une question. Ni une accusation. C'était un fait.

-Oui. Je trouve ça étrange de fêter Noël après tout ce que nous avons vécu.

-Ah je suis bien de ton avis mais c'est la volonté de ta mère et tu la connais quand elle veut quelque chose...

Luke sourit de plus belle. Clary ne sut pas exactement ce que Luke vit en elle mais sa phrase ne laissait aucun doute, il connaissait tellement bien la jeune fille.

-Bien sûr, tu es pire qu'elle.

Clary pouffa de rire et libéra la pièce. Oh elle n'avait pas fait quelque chose d'exceptionnel pour Noël, elle avait simplement attaché ses cheveux en un chignon simple mais élégant qu'Isabelle lui avait appris; et elle avait appliqué un peu de mascara. Rien de plus. Et comme tous ces vêtements de sortis étaient à l'Institut, elle avait récupéré une robe bleu en laine avec des fils dorés. Rien d'exceptionnel. Elle entendait sa mère se préparer dans sa chambre et Clary soupira. Elle savait que Simon allait venir dans peu de temps et pourtant il manquait quelque chose. Bien que toutes les choses essentielles étaient là : le sapin décoré avec soin par Jocelyne, les cadeaux empilés tout autour de l'arbre, des guirlandes dans la maison, des bougies sur la table, des biscuits à la cannelle en forme de bonhomme, le service en porcelaine au motif de rune que Luke avait acheté à Idris lors de son dernier voyage. Tout était là. Même des bonnet de Noël pour chaque invité. Quand Luke sortit de sa douche, les cheveux encore mouillés, il regarda Clary.

-Ça ne sent pas le brûlé ?

-Mince la purée !

Clary courut vérifier le seul plat qu'elle avait préparé et soupira. Ce n'était pas brûlé.

-Par l'Ange, le repas est sauvé !

Luke approcha et déboucha une bouteille de vin.

-Tu te rappelles de notre dernier réveillon ?

-On l'avait fait à ta ferme et on avait lâché des lampions en faisant chacun un vœu.

-Quel avait était le tien ?

-J'avais demandé que ma vie devienne plus mouvementée.

Luke éclata de rire en se servant un peu de vin.

-Et bien tu as été servi ! Moi j'avais demandé que Jocelyne m'ouvre enfin son cœur. Et j'ai été servi.

Clary secoua la tête. Elle retourna au salon où plusieurs livres attendaient un avis de Luke pour la vente. Clary avait beaucoup lu ces derniers temps. Ayant perdu son carnet de dessin, elle occupait son esprit et ses doigts comme elle le pouvait. Son coup de cœur du moment était un livre sur la mythologie grecque. Elle avait plusieurs trains à rattraper pour être aussi douée que les autres chasseurs d'ombres et chaque moment était précieux pour elle.

-Tu sais que la plus part de ces histoires sont fausses ? lui demanda Luke.

-Mais ne dit-on pas que toutes les légendes sont vraies chez les chasseurs d'ombres ?

-Oui. Pour autant la seule déesse que je connais c'est Athena. Et elle est actuellement devant moi.

Clary sourit.

-Alors comment savoir celle qui sont vraie ou pas ?

-Chaque histoire parlant de Dieu n'est pas réelle selon l'Enclave. Par contre les légendes sur les créatures mythologies le sont. Par exemple tu peux lire tous les livres détaillant la mythologie nordique, japonaise et également toutes les histoires parlant de la Bête du Gévaudan.

-Je connais déjà cette histoire. C'est un tueur en série français qui tué que des adolescents voir de très jeunes enfants.

-Ce n'est pas du tout ça. C'est surtout un loup-garou très puissant qui est né loup, ce qui est assez rare. Il était une sorte de chimère entre un loup-garou et un ours. On sait qu'il avait des sabots, comme les chevaux.

-L'œuvre d'un sorcier puissant ?

-Je ne sais pas. Les rapports officiels ont presque tous disparus mais nous savons que se sont des chasseurs d'ombres vivant parmi les terrestres qui l'ont tué.

-Vivant parmi les terrestres ? Mais je croyais que tous les chasseurs d'ombres vivaient en Institut ou à Idris.

-A l'époque, peu de temps avant la Révolution Française, l'Institut de France était à Versailles. L'Enclave surveillait de près la Révolution Française puisqu'elle y avait un intérêt.

-Lequel ?

-Louis XVI était, selon les récits de l'époque, un sorcier assez puissant. Il n'était pas le fils légitime du roi mais un sorcier peu scrupuleux. Et quand les terrestre Français ont eu marre de la monarchie royale de droit divin, c'est comme ça que les Français appelle ce genre de gouvernement, ils y ont mis un terme. Ils ont été aidé par l'Enclave sans le savoir et un chasseur d'ombres a été mis à la tête du pays.

-Qui ça ?

-Napoléon Bonaparte voyons ! Tu as beaucoup de lacune en histoire jeune fille !

-Je te signale que je suis pas allez en cours depuis juin et que l'histoire européenne est au programme à partir du semestre prochain selon Simon.

-Tu devrais savoir tout ça, je te conseille de travailler autant que si tu devais passer des examens dans peu de temps, sinon tu risques bien de te ridiculiser si tu vas à Idris un jour.

-Je le ferais.

-Luke ! intervint Jocelyne. Si c'est pour parler légendes et autres, je te prie de parler de fée ou de petite sirène. Pas de choses affreuses. C'est Noël.

-Les fées sont d'horribles créatures cruelles et méprisantes. Et tu es bien placée pour savoir que les loups-garous ne sont pas affreux, protesta Clary.

-La Bête est tout sauf un simple loup-garou et je...

La sonnette de la porte coupa une dispute probable et Jocelyne alla ouvrir à grand pas. Sautillant sur place.

-Qu'est-ce qu'il lui prend ? Demanda Clary à Luke.

Il ne répondit pas et avala son verre cul sec. Jocelyne parlait à la porte mais pas assez fort que sa fille entende. Elle revint quelques minutes plus tard, l'air déçu.

-Qu'est-ce que...

-Oh rien. Ma surprise est décalée de quelques heures, c'est rien. Simon ne devrait pas tarder de toute façon.

Une heure plus tard, Le repas était bien entamé et très animé par Simon et Luke. Le terrestre racontait ses dernières aventures au lycée ou encore ses déboires avec une fée qui voulait absolument l'emmener sous terre pour tester une nouvelle danse avec lui. Jocelyne avait un regard éteint.

-Oh j'y pense Clary ! dit soudain Simon en se levant de table.

Il alla jusqu'à son sac à dos et en sortit un énorme carnet.

-Je suis passé chez Magnus ce matin parce que j'avais oublié l'un de mes livres là-bas et il m'a demandé de te redonner ça avant que de mauvaises mains ne l'ouvrent.

Clary récupéra son carnet avec soulagement et gratitude. Elle embrassa Simon et le remercia plusieurs fois de suite. La jeune fille avait une terrible envie de se remettre à dessiner tout de suite. Mais comme elle ne voulait pas paraitre impolie, Clary se contenta de le juter avec précision sur le fauteuil. Recevant les applaudissements de tout le monde.

-Merci merci ! Je me suis entrainée !

-Tu portes surtout une rune de précision, remarqua sa mère.

-Maman ! Ne gâches pas ma tentative d'épatement.

Jocelyne leva les yeux au ciel et demanda ce qu'elle avait fait à Raziel pour avoir une fille pareil. Et puis elle se leva pour aller chercher le dessert. Clary regarda les chandelles fondues. Qui aurait cru qu'un dîner si banal soit si important pour elle. Son impression de manque n'était pas parti mais au moins sa famille était là, elle en était reconnaissante.

-Ça va mon ange ? demanda Luke.

-Oui.

-Pourquoi tu as les larmes aux yeux ?

-Je suis simplement heureuse d'être là avec vous tous. Je suis heureuse de savoir enfin qui je suis et pourquoi je suis née. J'ai trouvé ce que j'allais faire de ma vie et en plus, je n'ai pas perdu Simon.

Clary se retourna vers son meilleur ami.

-Merci de rester toi-même malgré que notre monde est bouleversé. Notre bulle d'ado n'est plus vraiment là, parce que maintenant nous ne sommes plus seulement deux mais un groupe soudé. Tu restes quand même mon plus grand soutient et je ne te dis pas assez souvent à quel point je t'aime.

Simon sembla surpris mais il prit la main de Clary et la serra. Luke avala un morceau de pain.

-Au fait Simon, c'était quoi ton vœu l'année dernière quand on a lâché nos lampions ?

Simon sembla réfléchir sérieusement à la question. Clary oubliait souvent que sa rune sur la cuisse, celle de la mémoire, lui permettait de se remémorer du moindre souvenir qu'elle avait en elle. Et parfois cette rune était plus une malédiction qu'un cadeau. Certaines choses méritaient de se faire oublier.

-J'ai demandé d'avoir soi la nouvelle console soi devenir ultra musclé.

-Malheureusement tu n'as eu aucun des deux, se moqua Clary.

-Oh tu vas voir toi !

Simon se leva et essaya d'attraper Clary mais grâce à ses runes de vitesse et de force, Clary bondit à l'autre bout de la pièce et nargua son ami. Les deux adolescents se chamaillèrent ainsi un long moment jusqu'à ce que Jocelyne les gronde.

-J'ai du mal à croire que j'ai des adolescents de seize ans devant et encore moins une chasseuse d'ombres qui passe la moitié de ses nuits à tuer des démons !

-En fait ne j'ai presque pas tué de démon.

-Alors tu fais quoi de tes nuits ? Demanda Simon, aussi surpris que Jocelyne.

-Et bien je dors figurez-vous !

-Avec Jace, dit Simon en faisant semblant de s'étouffer.

-Quoi ? N'importe quoi ! J'ai ma chambre maintenant. C'était juste pour me surveiller qu'il faisait ça et puis on ne parle pas de Jace.

-Pourquoi ?

-C'est interdit.

-C'est marqué dans ton livre peut-être ?

-Non. Mais je ne veux pas parler de ça. Alors je vais ignorer ta réplique et manger un bout de tarte à la framboise !

En fait Clary fit exprès de manger jusqu'à sentir son ventre gonfler. Une fois le repas terminé et la table débarrassée, elle se mit dans le canapé avec son carnet de dessin ouvert à la première page. Quelque chose était différent, elle n'aurait su dire quoi. Mais quelque chose la dérangeait dans son carnet.

-Je propose qu'on revienne aux vieilles traditions et qu'on ouvre les cadeaux demain ! annonça Jocelyne.

-Mais pourquoi ?

-Parce que ma surprise n'est pas prête voilà tout !

-Très bien, soupira Clary. De toute façon, je vais me coucher. Tu connais le chemin de la chambre Simon !

-Oui oui.

Clary fut un moment seule dans sa chambre, elle en profita pour enfiler son pyjama à effigie d'un ours polaire et se glissa sous la couette. Elle ouvrit à nouveau son carnet et tourna les pages plus rapidement. Il manquait un dessin. Elle ne savait pas très bien lequel mais elle le sentait. C'est en prenant la dernière page d'un dessin inachevé que Clary vit les mots écrits sur le bord de la page.

-Car mes peines d'amour pèsent lourd sur mon coeur et tu vas les grandir en les pressant encore avec les tiennes. Car cet amour que tu me montres ajoute plus de peine encore à mon trop de peine.

-C'est très spirituel. C'est une carte de voeux ? demanda Simon en entrant dans la pièce.

-Pas du tout. Je ne sais même pas qui l'a écrit, mentit la jeune fille.

En réalité, elle avait reconnu l'écriture élégante et gauchère de Jace. Elle se leva pour prendre sa trousse de crayon posée sur le bureau, dans le but d'achever son dessin.

-Tu as acheté des cadeaux pour tout le monde à l'Institut ?

-Non. Seulement pour Isabelle, Max et Maryse, dit Clary.

-Pas Jace et Alec ?

-Non. Tu vois, j'évite les duos de parabatai en ce moment. Mais j'avais déjà le cadeau de Jace, je ne sais pas si je vais vraiment lui offrir, c'est assez gênant.

-Je comprends.

-Et toi ?

-J'ai acheté des figurines de manga pour Max et j'ai imprimé un tee shirt avec le nom de groupe préféré d'Isabelle pour elle.

-Et c'est quoi ?

-Rock Solid Panda.

-J'adore !

Clary se concentra quelques secondes sur son dessin mais Simon était d'humeur bavarde.

-Tu ne veux vraiment pas en parler hein.

-De quoi ?

-De lui, dit Simon en pointant le torse du Jace dessiné.

Clary referma le carnet.

-Non. De toute façon, je n'ai plus envie de dessiner. Et si on dormait ?

-Avec joie !

Clary avait espéré passer une bonne nuit mais le trop plein de nourriture et de question lui donnait la nausée. Quand elle se réveilla au petit matin, elle trouva sa mère en cuisine.

-Je pensais que tu allais faire une grasse matinée !

-Je n'arrive pas vraiment à dormir quand je mange trop.

-Un café ?

-Oui.

Clary sirota sa boisson chaude sans parler, profitant du calme. Sa mère écoutait la radio très doucement, propageant des nouvelles du monde terrestre et obscure.

-C'est nouveau cette radio ?

-Non en fait il suffit d'y mettre une rune enkeli et la fréquence change, ainsi on a comme une radio du monde obscure. C'est comme ça que je me tenais informée sur le Cercle.

-Astucieux !

-Sauf que je ne l'écoutais presque pas avant, par peur que tu entendes un mot capable de te redonner la mémoire.

-Je vois.

Clary ne vit pas tout de suite l'incroyable quantité de nourriture qu'il y avait sur la table. En fait, elle ne remarqua pas beaucoup de chose ce matin là. Elle se contenta d'enfiler un pantalon et un pull de couleur marron et de s'échouer sur le canapé. Se fut une odeur peu habituelle chez Luke qui la réveilla, elle sentit un mouvement au dessus de sa tête et d'un geste très rapide et sans hésitation Clary saisit le poignet de la personne et le tordis.

-Aïe ! Lâche-moi Clary !

C'était Isabelle !

-Désolé ! Désolé ! J'ai eu peur en sentant quelqu'un au dessus de moi.

-Et dire qu'Alec voulait te réveiller avec un verre d'eau, j'aurais dû le laisser faire.

La chasseuse d'ombre se releva et se frotta le poignet.

-Qu'est-ce que vous faites là ? Il y a un problème ? On doit aller en mission ?

-Relax Clary, lui dit Isabelle.

-La seule mission actuelle c'est de manger.

Clary regarda l'heure sur son téléphone, midi était passé. Elle observa la pièce et remarqua également la présence de Magnus et Jace.

-Qu'est-ce que vous faites là, tous ?

-J'ai pensé que tu aimerais avoir tes amis avec toi, lui répondit Jocelyne en souriant.

-Maman, je...

-J'ai conscience que ta famille ne se constitue plus seulement de Luke, Simon et moi. Mais maintenant tu as également Isabelle, Alec, Magnus et surtout Jace.

Le blond s'étouffa quand Jocelyne accentua son prénom. Au moins le message était clair. Clary se releva doucement et prit la dernière chaise de libre, à côté d'Isabelle et de Luke. Et bien sûr, en face de Jace.

-Normalement, on était censé venir tous hier soir, lui expliqua Isabelle.

-Mais une bande de vampire à semé la pagaille dans une église, la coupa Magnus.

-Alors on a été obligé d'y aller, acheva Alec.

-Pourquoi vous ne m'avez pas appelé ?

-Noël n'est pas aussi important nous que pour toi. Nous c'était surtout l'occasion de bien manger.

-On ne te dérange pas au moins ? Demanda timidement Jace.

Timidement ? Depuis quand Jace était timide ?

-Non. De toute façon on a même pas ouvert les cadeaux hier et ...

Regardant Alec, Clary arrêta de parler. Elle n'avait même pas de cadeaux pour lui ! Quelle honte !

-En parlant de cadeaux..., fit Magnus dans un sourire.

Il claqua des doigts et des paquets atterrirent sur la table, devant chaque personne. Sauf Alec qui en avait beaucoup plus que les autres. Ce dernier rougit.

-Je n'ai pas pu choisir alors j'ai pris tout ce que j'aimais !

-Je m'attends au pire.

Alec roula des yeux mais embrassa chastement Magnus. Simon fut le premier à déballer son cadeau et découvrit une console portable avec plusieurs.

-Magnus ! C'est une folie !

-Comme ça tu éviteras de toucher à tout dans mon appartement quand tu viens avec Clary !

Clary sourit et regarda son propre cadeau. Il était dans une enveloppe épaisse. Jocelyne distribua les cadeaux de tout le monde mais fut obligée de déposer ceux d'Alec sur une autre chaise. Le chasseur d'ombres ne savait plus où se mettre. C'était étrange de voir Alec mal à l'aise.

-Alors Biscuit, tu n'ouvres pas tes cadeaux ?

-Si... Mais au final mon cadeau, je l'ai déjà.

Elle regarda Jace avec un sourire sincère. Celui-ci regardait son parabatai mais tourna la tête vers la jeune fille. Il resta sans voix et baissa la tête. Prise d'une soudaine curiosité, elle déchira prudemment l'enveloppe et y découvrit plusieurs papiers. Des billets d'avion, un autre papier écrit dans une langue proche du latin, et une carte de crédit.

-Vu ta tête, je comprends que tu n'as pas compris, se moqua Magnus. Je t'offre un voyage pour Idris. Comme l'aéroport le plus proche est à Milan, vous passerez une journée et une nuit là-bas avant de prendre une voiture jusqu'à la frontière d'Idris. Ensuite, vous aurez des cheveux qui vous attendront et vous emmèneront où vous voulez. Bien sûr, vous avez accès à tous les musées et monument que vous voudrez à Milan.

-Vous ?

-Toi et..., Magnus regarda Jace, la personne de ton choix.

-Oh merci Magnus ! Merci beaucoup !

-Je t'en prie Biscuit, si ce voyage peut te permettre de régler tous tes petits soucis, c'est un peu mes propres vacances !

Clary, très égoïstement, ne s'occupa plus des autres et ouvrit ses propres présents. Elle reçut un coffret de parfum et soin de la part d'Alec, ce qui la surpris énormément avec une petite carte écrite à la main "C'est Izzy qui a choisi". Elle rit et remercia Alec. Qui n'entendit même pas. Le suivant était une adorable paire de chaussette avec chaque orteil séparé. Elle n'avait pas besoin de lire de qui cela venait car elle savait que c'était de la part de Simon. Il n'y avait que lui qui savait à quel point ses chaussettes lui manquait énormément depuis que toutes ses affaires avaient été emporté par Valentin. Elle reçut également un énorme livre sur l'histoire des chasseurs d'ombres et leurs plus grands exploits de la part de Luke, une robe de couturier venant d'Isabelle. Le cadeau de Jace était un simple CD, sans nom, sans image. Qu'est-ce qu'il pouvait bien contenir ?

-J'attendais que tu ais un peu plus de place pour te donner mon cadeau ma chérie.

Jocelyne posa un énorme cadeau sur les jambes de Clary. L'adolescente ne se fit pas prier et l'ouvrit. Elle y découvrit quelque chose en laine. Quelque chose qui semblait chaud et confortable.

-C'est ce que tu faisais l'autre jour.

-Oui. Déplies là.

Clary se mit debout et comprit aussitôt ce que c'était. Quand elle était plus jeune, vers l'âge de huit, elle avait dit à sa mère que lorsqu'elle serait grande, elle deviendrait une sirène. Quelque année plus tard, sa mère venait de lui offrir ce rêve en lui tricotant une très belle couverture en laine en forme de queue de sirène.

-Merci maman !

Clary se jeta dans les bras de sa mère et la serra très fort contre.

-Je ne savais pas que tu aimais les sirènes, sortit Jace.

-Quand j'étais petite oui. De toute façon, ça n'existe pas.

Une drôle de lueur passa dans les yeux de Jace mais il ne répondit pas. Au lieu de ça, il regardait le propre cadeau que Clary avait fait. C'était une chevalière avec un "J" majuscule et une paire d'aile. Elle avait également écrit une petite lettre lui expliquant que pour elle, Jace était et resterait son ange, son Jace. Peu importait son nom de famille. Mais ce cadeau datait de lorsqu'elle pensait qu'il était son frère. Jace lut la lettre, la plia et la glissa dans sa poche sans rien dire d'autre qu'un simple merci. Cependant, il mit l'anneau à son doigt, à son annulaire gauche.

La fin de repas s'acheva sur une ambiance très chaleureuse et bon enfant. Tout le racontait des souvenirs de l'autre étant enfant. Et même si Jace était le seul qui n'avait eu une enfance très chamboulée par des bêtises, il s'était visiblement rattrapé ces dernières années.

-Ah que veux-tu, soupira le blond, il fallait bien que je sois à la hauteur de mes imbéciles de frères et soeur.

-Tu dis ça mais tu nous aimes ! protesta Isabelle.

-Oh oui Isabelle, tu es la seule femme de ma vie c'est sûr.

Se prenant un coup de coude dans les cotes, Jace grimaça.

-Je ne voulais pas dire que...

-J'ai compris Jace.

-Bon et sur cette note joyeuse, je vais mettre les noms de chacun dans ce pot à bonbons et trois seront désignés pour faire la vaisselle !

C'était une tradition pour Jocelyne. Normalement, deux personnes devaient faire la vaisselle mais avec huit personnes à table, ils ne seraient pas trop de trois. Le bocal parla et fit trois malheureux et cinq heureux. Clary, qui était libre, quitta la table et emporta ses nouveaux cadeaux avec elle. Clary alla directement dans sa chambre et déposa tous les objets sur son lit. Elle se pressa d'insérer le CD dans le vieux lecteur posé sur la commode face au lit. Un coup à la porte la retint de le démarrer.

-Je vais rentrer, dit Simon en passant la tête.

-Oh tu ne restes pas ?

-Non j'aime promis à maman d'être rentré avant la nuit, tu sais comment elle est. Enfin bref, merci beaucoup pour ce sweat de Waco.

Depuis que Clary et Simon avaient entendu parler des universités, Simon collectionnait des sweats à l'effigie des universités du pays.

-Oh je suis certaine que tes autres cadeaux sont meilleurs.

-Non pas du tout. Je sais à quel point c'est difficile d'avoir ces sweats, surtout ceux des universités privées et catholique. Comment tu as fait ?

-En fait, je l'ai vu dans ma boutique de récup préféré et j'ai espéré que tu ne l'avais pas encore.

-Tu as eu le nez fin.

-Merci encore pour les chaussettes.

Simon prit Clary dans les bras quelques secondes et s'apprêtait à quitter la chambre quand Clary le retint.

-Qui fait la vaisselle ?

-Celui qui déteste ça le plus, le type le plus cynique de la terre et celui qui a trop de paillette sur lui pour sa santé mentale.

-Je vois, à plus Simon.

Clary attendit que son ami quitte la chambre pour mettre le disque en route. Et le son qui en sorti n'était pas simplement du piano. C'était celle que Clary avait chanté pour le karaoké. Sauf que la version était cent fois plus belle que l'originale. La douceur des notes et le rythmes vif entraînaient Clary dans une soudaine envie de dessiner. Elle reprit son dessin là où elle s'était arrêtée et laissa sa main travailler toute seule. Les airs de piano se suivaient et ne se ressemblaient pas, jamais. Des morceaux de Bach qui tuaient les démons et relaxaient les chasseurs d'ombres, des airs plus rythmés et d'autres que Clary ne reconnaissait pas. La dernière chanson était différente. Déjà parce qu'elle avait un rythme plus rapide que les autres mais aussi parce qu'on entendait la respiration de quelqu'un en arrière plan.

-Clary ? l'appela quelqu'un.

-Oui ?

Elle se retourna et vit Alec.

-Jace est trop coincé pour venir te voir mais il a quelque chose pour toi.

-Très bien.

Clary déchira la page avec précaution. Elle trouva Jace dans le salon, le bras posé sur le vieux piano.

-J'ai fait la commission, maintenant je rentre chez Magnus.

Alec se tourna vers Luke et Jocelyne.

-Merci pour les cadeaux, pour ce délicieux repas et pour les cadeaux de maman et Max. Je leur donnerais en rentrant.

-Merci à toi d'être venu et pour... Enfin tu vois de quoi je parle, dit Jocelyne en souriant.

Alec hocha la tête et quitta la maison. Visiblement, Magnus était parti avec tous les cadeaux de son petit ami. Isabelle était toujours là et sirotait une tasse de thé en contemplant une nouvelle paire de dague serties de rubis et d'or. Clary les trouvait ravissantes.

-Tu es d'accord pour qu'on sorte ce soir ? chuchota Jace.

-Tout est fermé aujourd'hui...

-Oh tu sais, je ne t'emmène pas au restaurant. C'est différent.

-Je peux...

-Oh oui, vas prendre l'air tu en as besoin.

-Ne rentre pas trop tard à l'Institut, je prendrais tes cadeaux avec moi, la rassura Isabelle sans lever les yeux.

Jace passa le manteau autour des bras de Clary ainsi que son écharpe. Il lui lança ensuite son bonnet mauve et une paire de gants.

-On va au pôle Nord ?

-Non mais je te connais, tu as toujours froid.

Clary secoua la tête en se demandant bien ce que lui réservait Jace !

Une heure de marche plus tard dans le froid de la nuit, Clary comprit qu'ils devaient encore monter tout en haut d'un grand immeuble.

-Facile avec nos runes.

Jace marqua le poignet de Clary avec une rune de puissance et retraça celle d'agilité. Et l'instant d'après, il était sur le toit. Clary l'imita et elle eut une vue imprenable sur l'Upper New York Bay.

-Qu'est-ce qu'un port peut avoir de si intéressant.

-Minute papillon, ce n'est visible qu'à partir de vingt deux heure.

-Tu sais que je n'aime pas attendre Jace !

-Et bien les Nephilim ne fêtent pas Noël mais certaines créatures ont une tradition au moment du solstice d'hiver. Et je vais te montrer la tradition des selkies et des sirènes.

-Des sirènes ? répéta Clary incrédule.

-Visiblement, tu as toujours su la vérité pour les sirènes. Tu devais vraiment les aimer alors je vais t'en montrer.

Clary sauta au cou de Jace.

-Oh merci, merci, merci, merci, merci !

Jace serra Clary contre lui. Lui aussi devait profiter du contact.

-Jace à propos de nos disputes, on devrait...

-Arrêter de jouer aux forts et s'avouer qu'on est des idiots ? sourit le jeune homme.

-Un peu de ça mais pas seulement. Je pense qu'on devrait arrêter de se croire dans deux camps opposés et profiter de la vie comme elle vient.

-Bonne idée.

Jace regarda sa montre.

-C'est parti.

Clary vit l'eau miroiter puis des formes en sortirent. Des corps de femmes. Elles étaient gracieuses dans leur mouvement. Leurs cheveux étaient très longs et de couleur étrange : bleu, rose, blanc, violet, rouge. Clary était émerveillée par la beauté de ces femmes. Elles se mirent à danser. D'autres femmes arrivèrent tenant d'autres femmes par la main. Elles les firent entrer dans l'eau et leur appuyèrent sur la tête jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de mouvement dans l'eau. Clary prit la main de Jace et noua leurs doigts. Les femmes dans l'eau sortirent totalement nues. Elles levèrent leurs bras tous ensembles et chantèrent. Bien que Clary n'entendit pas.

-Seuls les créatures marines entendent leur chant.

-Qu'est-ce que...

-Elles bénissent les nouvelles Ondines que tu vois dans l'eau. Les Selkies sont les gardiennes et guides des créatures obscures marines. Elles appartiennent à un univers différent au notre. Elles ne sont là que pour veiller à nos mers et nos rivières.

Clary trouvait cette scène très belle. Trop même pour être appréciée à sa juste valeur.

-En fait, je voulais te parler seul à seule, Clary. Déjà pour te remercier de ton cadeau que j'aime plus que tu ne pourrais le croire et surtout pour me pardonner de toutes mes erreurs.

-C'est normal non ?

Clary plongea son regard dans celui de Jace. Il était brillant.

-J'ai encore quelque chose pour toi. Et c'est encore plus personnel que les autres morceaux.

Jace mit un casque sur les oreilles de la jeune fille et la musique démarra. C'était une chanson rythmée reprise par Jace lui même.

Jace toucha le nez de Clary en même temps que les paroles deffilaient dans les oreilles de la jeune fille. Puis il posa la main de Clary sur sa poitrine et elle sentit son coeur battre. Il battait aussi fort que celui de Clary et la même vitesse. Comme s'ils n'étaient qu'un. Clary plongea son regard dans celui de Jace et ne le quitta pas avant la fin de la chanson. Une question revenait souvent "As-tu besoin de moi comme j'ai besoin de toi ?". Ce qui faisait sourire l'adolescente. Jace avait toujours été doué avec le mot, les gestes. Mais pour ouvrir son coeur, c'était autre chose et c'était plus facile de chanter son amour que de le dire directement. A la chanson, Clary retira le casque.

-Oui, dit-elle.

-Oui ?

-Oui j'ai besoin de toi comme tu as besoin de moi.

Clary comprit à cette instant précis, que la guerre entre eux était terminée, oubliée. Jace prit la jeune fille dans les bras et la serra très fort. Il lui embrassa le front et resta très longtemps comme ça. Jusqu'à ce que Clary commence à trembler de froid.

-Comment tu peux oublier de te faire une rune pour te tenir au chaud ?

-Peut-être parce que j'étais étonnée que tu veuilles être avec moi que j'ai oublié de prendre ma stèle.

-Clary, soupira Jace.

-Je sais qu'on ne doit jamais sortir sans elle mais comme j'ai mon super-protecteur, je ne crains rien du tout.

-Tu sais que je vais devoir te punir pour ça ?

-Oui je sais.

Jace ne réfléchit même pas.

-Je vais t'apprendre une nouvelle leçon. Tu écriras que la règle numéro vingt-sept et que Jace Herondale réclame toujours son du.

-Herondale ?

-Oui. Jace Herondale, ça sonne bien non ?

-Plutôt bien. Mais quel est ton du ?

-Tu te rappelles que tu me dois quelque chose que tu ne pourras jamais reprendre ?

-Oui mais...

-Je veux un baiser.

Clary déposa un chaste baiser sur la joue de Jace.

-Non c'est trop facile.

Jace attrapa le visage de Clary en coupe et l'embrassa. Au début se fut très doux mais très vite, tout le désir, la rancœur, l'amour, rendirent ce baiser presque agressif. Sauvage. Le coeur de Clary se calma aussitôt que le baiser prit fin, comme si les choses revenaient à la normale. Et comme toutes les adolescentes normales Clary associa son prénom au nom de famille du garçon dont elle était amoureuse. Clary Herondale. Clarissa Adèle Herondale. Elle aimait beaucoup ça.

-J'aime ça. Herondale. Herondale c'est parfait, mieux que Morgenstern.

Jace embrassa à nouveau Clary avant de lui frotter le dos.

-Moi aussi. Et Clarissa Herondale c'est plutôt classe.

-Pardon ?