Les étoiles de l'orage

Chapitre 27 :Le calme avant la tempête

Disclaimer : Tous les personnages, animaux, objets, lieux, créatures etc… appartiennent à J.K.Rowling, hormis certains qui existent réellement, et d'autres que j'ai crées. Je ne gagne rien à écrire cette fic, à part le plaisir que j'ai à écrire et à faire partager ce que j'écris.

Les personnages ajoutés sont tirés de mon imagination, toute ressemblance entre eux et des personnes existant ou ayant existé est le fruit du hasard.

« Vous commettrez toutes sortes d'erreurs, mais tant que vous resterez généreux, sincères et passionnés, vous ne risquerez pas de troubler la marche du monde, ni même de la perturber sérieusement. »

Winston CHURCHILL

Harry, Ginny, Hermione et Ron se sentaient un peu comme les enfants que l'on autorisait à assister aux réunions des grands. Dans un coin de la grande cave, ils tâchaient de se faire tout petits, silencieux et les yeux grands ouverts pour ne rien manquer.

Lupin était allé les chercher, pour leur dire qu'ils pouvaient assister à une des séances d'entraînement de l'Ordre, s'ils en avaient envie. Maintenant, ils se trouvaient dans la cave du Square Grimmaurd, choisie en raison de sa taille après avoir été débarrassée de la plus grande partie du bric-à-brac qui s'y trouvait.

Ils regardèrent entrer les membres peu à peu. Fleur entra accompagnée de Tonks et Wladeck, semblable à elle-même, mais avec une lueur de défi dansant dans ses prunelles bleues. Elane entra un instant plus tard, seule, et alla s'adosser contre le mur du fond, promenant son regard autour de la pièce.

Harry perçut à nouveau cette sensation d'assurance et de puissance, qu'il avait déjà perçue le soir où il l'avait rencontrée pour la première fois. Cela lui semblait remonter à des mois maintenant, réalisa-t-il avec surprise.

Avec presque autant de surprise, il réalisa que cette aura lui rappelait celle entourant Dumbledore. Et tous les deux laissaient dans leur sillage le même parfum de mystère. Mais un sorcier du nom de Sergius Wahl entra finalement et ferma la porte derrière lui.

Comme en réponse à un signal, Elane s'avança vers le centre de la pièce, suivie par tous les regards.

- Bonjour à tous, les salua-t-elle. Vous savez pourquoi nous sommes ici…

Cette phrase lui permit de capter l'attention entière de son auditoire.

- Nous avons déjà eu des séances d'entraînement de ce genre, mais aujourd'hui je voudrais préciser quelque chose.

Elle marqua une pause.

- Ces entraînements ont bien entendu pour but de vous apprendre à mieux vous défendre, vous protéger et protéger les autres. Aussi à faire cela en équipe, naturellement. Mais ils n'ont pas pour but de vous apprendre à manier des sortilèges surpuissants…

Un vague murmure de protestations s'éleva. Elane les regarda.

- …surpuissants et interdits. Vous n'allez pas apprendre à manier des sortilèges s'apparentant à de la magie noire. Des sortilèges puissants, certes, mais la magie noire n'est pas seulement –selon moi- caractérisée par la nature des sortilèges. Elle est également caractérisée par les effets qu'ils produisent, et le but dans lesquels ils sont utilisés. Vous pouvez bien entendu ne pas être d'accord, mais…

Elle s'arrêta un instant pour parcourir son auditoire du regard.

- …mais souvenez-vous que bien des sortilèges terribles n'ont pas été répertoriés en tant que magie noire car ces derniers critères n'ont pas été pris en compte. Ces sortilèges étaient à la frontière des deux magies, et des experts hésitants n'ont pas pu les classer. Ou n'ont pas vraiment voulu…

Un silence accueillit ses paroles. Chacun semblait les retourner dans sa tête pour en percer le sens. Elane leur accorda un moment de réflexion avant de reprendre d'un ton plus léger :

- Sinon, aujourd'hui nous allons travailler un sortilège de défense très connu, et très efficace. Assez facile à utiliser, et si courant que bien des gens le sous-estiment, et ne pensent pas toujours à l'utiliser…notamment les mangemorts. Je veux bien entendu parler du sortilège de Désarmement.

Un vague murmure de protestation parcourut à nouveau la salle.

- Vous voyez, vous-même n'en connaissez pas tout l'étendue. Aujourd'hui nous allons apprendre à lancer un certain type de sortilèges de Désarmement.

- Et quel type ? s'enquit Fred, ou peut-être était-ce George.

- Du type…efficace.

- C'est-à-dire ?

- C'est-à-dire…

Sans prévenir, Elane tendit sa baguette vers eux, et ils s'envolèrent pour retomber quelques mètres plus loin. Sergius Wahl et deux autres sorciers qu'Harry ne connaissait pas, subirent également le sort pour s'être trouvés trop près.

Nul n'avait vu Elane sortir sa baguette, et Harry réalisa soudain qu'il ne l'avait même pas entendue prononcer la formule.

- La formule est toujours Expelliarmus, et il faudrait que nous formions des groupes de …trois, voire quatre pour commencer. L'un lance le sort en essayant d'envoyer les deux autres au tapis, lesquels ne doivent pas –encore- tenter de contrer le sort.

Les groupes se formèrent, Elane rejoignant Fleur et Tonks. Fred et George passèrent dans le champ de vision d'Harry, pour rejoindre Lupin et…Il écarquilla les yeux. Le professeur McGonagall était également présente, se tenant à côté de Lupin.

Les premiers sorts furent lancés, accompagnés d'exclamations, voire de cris de douleur lorsque quelqu'un refaisait trop brutalement connaissance avec le sol. Au début, les membres de l'Ordre avaient tendance à n'envoyer au sol qu'une seule des personnes visées, mais peu à peu l'onde de choc de leurs sortilèges grandissait, et avec cette augmentation apparaissait un autre problème : souvent, ce n'était pas ceux qui étaient visés qui étaient touchés, mais ceux d'un autre groupe.

Certaines scènes allaient devenir mémorables au cours des entraînements, notamment lorsque Tonks envoya heurter le plafond à l'aide d'un seul sort non seulement ses coéquipières, mais aussi pratiquement tous ceux se trouvant dans son champ de vision.

Après quoi un Kingsley grimaçant déclara en se massant le crâne qu'il allait prier pour que le ciel vienne en aide aux malheureux Mangemorts qui risquaient de se retrouver face à Tonks, remarque qui manqua lui valoir un autre sort bien senti. Elane annonça la fin de la séance juste à temps, mais Tonks eut tout de même le temps de promettre de sévères représailles à Kingsley.


Wladeck crut soudain entendre un bruit de pas. Il s'arrêta de marcher et écouta attentivement. Il lui semblait percevoir une présence, mais il ignorait laquelle. Finalement, il se traita mentalement d'idiot. Une vingtaine de personnes au moins résidaient dans cette maison, si ce n'était plus. Il n'y avait donc rien d'étonnant à ce qu'il entende quelqu'un marcher dans l'escalier.

Il reprit sa marche mais fut à nouveau distrait par un soupir, comme si une personne s'était soulagée du poids d'un lourd objet. Il continua d'avancer, tout en écoutant de toutes ses oreilles pour tenter d'identifier cette personne.

Son manque d'inattention l'empêcha de voir le pli que faisait le tapis et il trébucha, sans parvenir à retrouver son équilibre. Il tomba à terre, heurtant sa tête au mur.


- Mais qu'est-ce que Wladeck fabrique ? demanda Charlie.

Personne ne se donna la peine de lui répondre. Pestant contre la surdité collective, il se replongea dans la Gazette du Sorcier.


Wladeck se redressa et entendit quelqu'un s'approcher de lui. Sans se remettre debout, il se tourna néanmoins sur le dos pour voir la personne arriver. Le bas d'une robe violette s'arrêta juste dans son champ de vision. Il leva les yeux, et capta l'image d'un visage pâle, dans lequel brillaient de grands yeux noirs, encadré de cheveux blonds.


Roberto redressa la tête, brutalement tiré de ses (sombres) pensées. Il lui semblait avoir entendu une porte claquer, comme si le battant avait échappé aux mains de quelqu'un. Il se dirigea vers l'origine supposée du bruit, et entrebâilla la porte incriminée, qui donnait sur un long couloir. Personne. Haussant les épaules, il repoussa le battant en vérifiant qu'il ne puisse pas être ouvert par un courant d'air.

Il allait continuer son chemin lorsqu'il perçut un bruit d'étoffe. Le plus silencieusement possible, il fit demi-tour, l'épais tapis étouffant le bruit de ses pas. Parvenu au coin du mur, il s'arrêta à nouveau pour écouter. Plus aucun bruit. Il s'avança encore, et ne voyant personne, s'irrita. Il était tendu et le moindre bruit suffisait à le faire sursauter. Probablement était-ce simplement un fantôme…Et lui n'était qu'un idiot.


- Tout va bien ? s'enquit une voix douce, teintée d'un accent.

- Heu…oui, oui. Tout va bien…

Se maudissant pour sa gaucherie, Wladeck accepta la main que Mathilde lui tendait pour l'aider à se relever. Ce n'était pas la première fois qu'il passait pour un imbécile en sa présence…Il aurait dû s'y habituer. Mais pourquoi est-ce que cela l'agaçait encore tellement ? Et pourquoi précisément devant elle ? Il chassa ces pensées importunes de sa tête.

- Vous êtes là depuis quand ?

- Depuis quelques minutes.

-Tout va bien ? s'inquiéta-t-elle.

- Je crois…

Il se massa le front en grimaçant.

- Vous vous êtes cogné la tête ?

-Oui…je n'avais pas fait attention au tapis, et voilà le résultat.

Quitte à avoir l'air d'un imbécile, autant aller jusqu'au bout se dit-il amèrement. La porte au bout de couloir livra alors passage à Elane.

- Elane !

Sa cousine la serra affectueusement dans ses bras. Des répliques en français fusèrent alors à toute vitesse, et Wladeck se sentit encore plus gauche et maladroit de ne comprendre que les deux tiers de la conversation. Et encore, les deux tiers étaient généreusement accordés, songea-t-il.

- Excuse-nous, s'exclama alors Elane. On est tellement contentes de se retrouver, que…

Embarrassée, elle fit un geste vague de la main, avec un sourire d'excuse. Wladeck leur sourit en retour.

- Ce n'est rien… Ne vous inquiétez pas, je me vengerai à la première occasion en tenant une conversation animée avec Joachim, ajouta-t-il, les yeux pétillants de malice.

En riant, il se protégea la tête à l'aide de ses bras pour se prévenir de la contre-attaque.

- Je ne t'ai même pas encore salué correctement, remarqua Mathilde après avoir laissé Wladeck se redresser.

- Non, tu as commencé par me relever, puis par manquer de me refaire tomber. C'est encore mieux, répliqua Wladeck avec un léger sourire en coin.

Il était heureux (presque indécemment heureux aurait-il l'occasion de se dire plus tard) qu'elle le tutoie à présent.

Mathilde se hissa sur la pointe des pieds pour atteindre sa joue.


Elane s'approcha à pas de loup de la porte. La chambre de Sirius. Elle n'y avait plus mis les pieds depuis…depuis sa mort. Pas plus que tous les autres… Elle sentit une boule se former dans sa gorge. Les émotions qu'elle avait refoulé avec autant de force les heures et les jours suivants ce qui s'était passé au Département des mystères, refoulé avec tant de force qu'elle était parvenue à les enterrer tout au fond d'elle-même, ces émotions menaçaient à présent de refaire surface.

Le cœur battant, elle effleura la poignée du bout de ses doigts, puis appuya. Telle une ombre, elle pénétra dans la chambre comme si elle craignait de déranger les ombres qui avaient hanté les jours de Sirius.

Peut-être que lui-même n'avait été qu'une ombre. Peut-être que c'était l'ombre de lui-même qu'elle avait connu, que tous avaient connu. Que Harry avait connu…Non. Elle se refusait à admettre que le parrain que James et Lily Potter avaient choisi pour leur fils ait été si différent de l'homme qu'Harry avait connu. Ce serait trop…injuste.

Elle posa les mains à plat sur le bureau, hésitant à l'ouvrir. Harry lui avait offert le plein accès aux lettres que Sirius avait si soigneusement conservées, néanmoins elle avait l'impression de violer son intimité, même après sa mort.

Elle ouvrit le tiroir, prit lentement le premier rouleau qui s'offrait à sa vue. Elle le caressa doucement de sa main, ses doigts jouant lentement avec le ruban noir. Pourquoi était-elle venue ? Parce qu'elle voulait savoir ? Ou parce qu'elle craignait de ne pas savoir ?


Wladeck se rendit à la chambre de Maugrey. Charlie s'y trouvait déjà, froissant un journal entre ses mains.

- Tu sais, d'autres personnes voudront peut-être le lire, observa Wladeck.

- Il n'y a que deux ou trois articles intéressants, et les personnes capables de les comprendre les ont déjà lus, répliqua sèchement Charlie.

Wladeck estima préférable de ne pas faire de commentaires et se tourna vers Maugrey en articulant une question muette, « qu'est-ce qui lui prend ? ». De la même façon, Maugrey répondit qu'il n'en savait rien.

- Et quels sont ces articles intéressants ? demanda-t-il.

- Quelques rixes étranges dans des bars, des lumières étranges dans des parcs… ce genre de choses.

- Des rixes ? releva Wladeck

- Mais tu n'as pas de soucis à te faire, pas dans le genre d'endroits où tu joues, dit Charlie d'un ton narquois.

Wladeck allait ouvrir la bouche pour dire que ce n'était pas du tout ce qu'il avait eu l'intention de dire, mais il croisa le regard de Maugrey, qui lui signifia de ne pas réagir. Wladeck continua sur une autre voie :

- Des bagarres pour quelle raison ?

- Des gens qui essaient de voir quelles mesures prendre, entre autres contre le retour de Tu-sais-qui.

Charlie ajouta d'un ton acerbe :

- Contrairement à ce que tu pourrais penser, toutes les décisions ne se prennent pas dans des bureaux feutrés, mais beaucoup démarrent à l'extérieur.

- Je n'ai jamais…protesta Wladeck.

Puis il se tut. Il était manifeste que quelque chose n'allait pas chez Charlie, mais s'énerver ne servirait à rien. Même si il lui fallait serrer les dents pour se taire.

- Dans quelles villes ? A Londres ? continua Wladeck, tout en sachant qu'il s'aventurait sur un terrain glissant.

Charlie redressa brusquement la tête et le fixa droit dans les yeux.


Elane repoussa le tiroir d'un geste vif. « L'innocence protège. » Peut-être bien… Elle se redressa. Arriverait ce qui arriverait…De toute façon, ceci n'était plus de son ressort. Elle quitta la pièce d'un pas décidé.


- Je te l'ai déjà dit, ça ne se produira pas dans l'un des endroits où tu joues, dit Charlie d'une voix étonnamment dure.

Maugrey voulut intervenir, mais Wladeck l'en empêcha d'un signe de tête.

- Que veux-tu dire par là ? demanda-t-il d'un ton neutre.

- Ce que je veux dire par là ?

Charlie rejeta la Gazette d'un geste brutal.

- Tu restes dans ton petit cocon musical, à te protéger de la réalité. C'est très bien…mais alors ne prétends pas comprendre ceux qui vivent dans son tourbillon! Continue à t'occuper de tes petites affaires, et reste en-dehors du reste.

Wladeck blêmit et crispa sa mâchoire. Un silence de mort tomba sur la chambre tandis que Charlie sortait.

Resté seul avec Wladeck, Maugrey ne savait que dire. Finalement Wladeck se leva à son tour :

- Je crois que je ferais bien d'aller me préparer…C'est vrai que ce soir encore je dois jouer, dit-il d'un ton amer.

Alors qu'il allait sortir, Maugrey l'appela :

-Wladeck ?

Il se retourna.

- Tu es un artiste. Tu réconfortes les gens, et tu nous permets de voir les événements autrement. Ta présence nous est précieuse…

Wladeck hocha la tête et sortit. Maugrey soupira intérieurement. Il semblait ne pas avoir saisi le double sens de ses paroles…Il se traita mentalement de vieil idiot sénile. De toute façon…c'était tout ce qu'il était, non ?


Elane était dans le couloir, appuyée contre le mur. En la voyant, l'air si douce et si désolée, Wladeck comprit qu'elle avait tout entendu. Avec n'importe qui d'autre, il aurait probablement passé son chemin, et tous les deux auraient fait semblant que rien ne s'était passé, mais face à Elane, il s'arrêta.

Elle quitta l'appui du mur et s'approcha de lui.

- Wladeck…

Elle se tut, se mordillant la lèvre. A court de mots, elle posa délicatement sa main sur son bras, en une légère caresse amicale. De son autre bras, il l'étreignit et elle appuya sa joue contre son épaule.

Parfois ils pouvaient se passer de mots.


Elane s'assit à la table de la cuisine et se frotta le front du revers de la main. Il était tard, mais au moins sa dernière tâche promettait d'être divertissante. Tonks entra alors qu'elle posait la cage de Casanova sur la table.

-Ah…tu as décidé de t'attaquer au problème de cet oiseau ?

Elle se servit un verre d'eau puis s'assit sur le banc.

- Je suis curieuse de voir comment tu vas t'y prendre.

Elane disposa du parchemin, une plume et de l'encre devant elle.

-Je vais dresser la liste du vocabulaire de cet oiseau…et je verrai bien ce qui en ressortira.

- ça me paraît un peu aléatoire comme solution, fit observer Tonks.

- Je sais, mais le problème est que c'est l'une des seules que j'ai…alors autant le faire.

-Tu veux que je reste ?

- Si tu veux bien…

Tonks prit un coussin sur une des chaises et posa les pieds sur le banc.

- Je veux voir ça.

Elane commença par mettre de l'eau fraîche dans la cage de l'animal. On ne pouvait espérer faire chanter un oiseau, même celui-ci, sans lui donner de quoi s'humecter le gosier. Elle s'installa aux côtés de Tonks, prête à transcrire les confessions de l'oiseau. Celui-ci fixa les deux amies.

- Heu…Casanova veut un biscuit ? gazouilla Tonks.

L'interpellé fit gonfler ses plumes, espérant sans doute paraître intimidant et brailla :

-Assez caqueté !

Elane inscrivit docilement « Assez caqueté ». Il fallait bien commencer quelque part !

Je sais que ça fait très, très longtemps que je n'ai plus posté…Mille et mille excuses. Je ne peux que mettre en cause mon manque d'inspiration... et probablement ma paresse. Je promets que le chapitre suivant viendra bien plus vite !

Heu…reviews ?