Auteur : Lonely Seira

Titre : Le temps d'une vie

Genre : Romance/Yaoi/UA/OOC

Rating : M

Pairing : Naru/Sasu (Autres couples secondaires)

Disclaimer : Naruto et ses petits camarades du manga portant le même nom sont la propriété entière et exclusive du divin Masashi Kishimoto.


Avant-propos : Merci à tous pour vos reviews ! J'espère que la suite répondra à vos attentes.

Message pour milie : J'aurais aimé répondre au commentaire que tu m'as laissé mais ton adresse ne figurait pas dans le message. Il arrive que le site n'accepte pas ce qui est écrit avec des ".net" ou ".fr" ou encore ".com". Si tu veux que je te réponde, réécris ton adresse en mettant des espaces entre les lettres. A+ !


Chapitre 28 : Mise au point ...

2h. Je n'arrive pas à me calmer quoi que j'aie pu tenter pour y parvenir. Ma tête bouillonne littéralement de rage tandis que dans mes bras dort toujours mon brun. De peur de le réveiller à cause de mon agitation qui va grandissante, je décide de m'éclipser quelques minutes, le temps de me détendre un peu. Je quitte son lit aussi discrètement que possible, remontant les couettes pour qu'il n'ait pas froid à cause de mon départ (Je sais que ce n'est pas une chochotte mais je suis un petit ami attentionné c'est tout !). Je le regarde un moment (... Heureusement que je me suis esquivé, il commence à baver sur son oreiller ... ça aurait ruiné mon T-shirt). Je souris tendrement avant de sortir par la fenêtre.

« T'as vraiment le sourire le plus niais du monde quand tu le regardes.

- Je suis encore super furax alors ne me cherche pas trop. Tu t'es occupé de...

- Oui c'est bon. Je pense qu'il a dû le sentir.

- Ok merci, j'avais pas la tête à ça.

- Sans blague ? »

M'installant sous le porche donnant dans la cour intérieure, je respire plusieurs fois profondément avant de sentir une faible aura s'approcher.

- Tu as réussi à filer en douce sans trop de problème ?

- Evidemment. J'espère avoir fait assez vite. Je ne m'attendais pas à sentir le chakra de Kyuubi à cette heure de la nuit.

- Un imprévu, dis-je simplement en tournant mon attention vers le nouveau venu.

La silhouette élancée de Gaara se dessine dans la pénombre avant qu'il n'apparaisse plus distinctement sous les rayons de la lune en me rejoignant. Il s'assied sur le sol à côté de moi.

- Tu n'as pas l'air bien, me dit-il alors.

- Tu ne me demandes même pas pourquoi je suis chez Sasuke ?

- Tu as sûrement tes raisons. Je n'ai pas à te les demander si tu ne souhaites pas m'en faire part.

Le silence retombe. Tous deux regardons droit devant nous, laissant le vent nous rafraîchir agréablement. Les petits bruits d'animaux nocturnes et le bruissement des feuilles troublent le calme de cette nuit sans nuage. Puis je finis par parler de nouveau.

- Je sais que c'est égoïste de te faire déplacer comme ça, mais j'avais envie de passer un moment avec toi. Ça remonte depuis ma dernière descente à Suna, dis-je dans un murmure.

- Ça ne fait que trois mois. Tu m'as déjà laissé plus longtemps sans nouvelle, me répond Gaara d'une voix grave et douce (il a déjà réussi à faire s'évanouir un nombre incalculable de groupies en parlant comme ça !).

- C'est juste, me contente-je de répondre.

- Je ne m'attendais pas à te revoir à Konoha cependant. La nouvelle de ton retour m'a grandement étonné.

- Un autre imprévu, indique-je évasivement.

- Akatsuki ? Demande-t-il simplement en frémissant légèrement.

Je tourne la tête vers lui et sourit avec douceur. Il me fixe à son tour de ses yeux turquoises impassibles.

- Ne te préoccupe pas de ça pour le moment. J'en fais mon affaire.

- En es-tu sûr ?

- Certain.

Nouveau silence. Je laisse mes jambes pendre dans le vide, les balançant légèrement tandis que je m'étire en arrière, m'appuyant sur mes bras. Je pousse un soupir las. Gaara quant à lui, reste rigidement assis à mon côté. C'est cette fois-ci à son tour de réengager la conversation.

- Pourquoi m'as-tu fait venir ? Tu n'uses de ce signal que quand tu veux me parler en privé de toute urgence.

- N'ai-je pas le droit de profiter d'un ami ?

- Bien sûr que si, mais tu ne l'aurais pas fait pour autant. Pas en sachant que l'ami en question vient tout juste de prendre congé de ses hôtes après une réception donnée en son honneur.

- Je savais que vous auriez fini à cette heure-ci.

- Dommage que tu ne sois pas venu avec nous. Quoi que je dis ça, mais ton clone a eu l'air de s'ennuyer ferme tout au long de la soirée.

- Il est en mission. Je ne m'amuse pas quand je suis en mission.

- Tout dépend de la nature de l'amusement, rétorque-t-il d'une voix narquoise.

Je laisse couler l'allusion, n'ayant pas trop la tête à plaisanter sur ce genre de chose pour le moment. Et Gaara ne manque pas de tiquer sur mon manque de réactivité (En bon mâle, il est vrai que d'ordinaire j'aime beaucoup discourir sur mes activités nocturnes ... mais avouez que le moment est bien mal choisi).

- Qu'y a-t-il Naruto ? Demande-t-il à nouveau sans détour en me dévisageant avec insistance.

Je ferme les yeux une minute.

- Tu me connais mieux que personne ici, commence-je à dire. Je ne t'ai jamais rien caché ces dernières années. Ni mes projets, ni mes errances ni ... enfin rien quoi.

- Mais on ne peut jamais vraiment tout savoir d'une personne. Chacun a son jardin secret.

Je lâche un bref ricanement.

- Je n'ai jamais pu avoir de jardin avec toi ... pas même un misérable pot de fleur. Tu lis en moi comme dans un livre. Comme cette fois où tu avais fait exprès de me confronter à mon équipe quand j'étais incognito chez toi.

- Je voulais avoir la confirmation de quelque chose.

- Et ?

- J'ai eu ce que je voulais.

Il me sourit avec malice, lançant ensuite un bref regard circulaire vers le lieu qui nous entoure.

- C'est joli chez lui, lâche-t-il alors en se retenant manifestement de sourire plus ouvertement.

- Il était la cause de mon mauvais pressentiment tout à l'heure, dis-je sur un ton morne.

- Ton frisson ?

J'acquiesce en silence.

- C'est ce qui t'a mis en rogne ?

J'opine encore, crispant les doigts sur le parquet en repensant à l'état dans lequel était Sasuke il y a quelques heures.

- Tu n'as pas envie d'en parler de toute évidence.

- Je voulais juste profiter de ta présence pour me détendre. J'me prends moins la tête quand tu es là. T'es le seul qui ne me fait pas chier avec des tas de questions curieuses et déplacées.

- Et aussi le seul qui soit au fait de ce dilemme qui étouffe ton cœur.

- Qui l'étouffait ... tout n'est pas réglé mais il y a eu du progrès.

- Tant que ça ?

- C'est encore compliqué. Les choses ne vont pas être simples pendant quelques temps.

- L'examen n'arrange rien je suppose ?

- Passage obligé. J'peux pas y couper.

- Ce n'est pas si terrible tu sais ? C'est juste ... chiant.

- J'arrive pas à croire que je me sois fait coincer aussi facilement par cette vieille bique, maugréai-je alors qu'il pouffe très (très très) discrètement.

- C'est l'Hokage. Elle sait y faire, répond-t-il en haussant les épaules.

- Mmh. Je n'aurais pas assez de talent diplomatique pour ça moi. J'impose plus que je propose.

- On apprend à mettre de l'eau dans son vin au fil du temps. Tu connaîtras ça toi aussi.

- T'as carrément viré le vin toi. Quand je repense à comment tu étais il y a huit ans ...

- Moi je préfère éviter.

- Désolé. Je ne voulais pas ressasser de mauvais souvenirs, dis-je en voyant son air un peu froissé.

- Ne t'excuse pas. C'est grâce à toi que j'ai changé après tout. Je te serai éternellement redevable pour ça.

- Dis pas de connerie. Les amis sont là pour se soutenir non ? N'est-ce pas ce que tu es toi-même en train de faire ?

- Te sens-tu mieux ?

- Oui merci. Ça te rattrape un peu du coup bas de tout à l'heure.

- Quel coup bas ? Tu t'es très bien enfoncé tout seul. Je n'ai pas eu grand chose à faire de mon côté.

- Range-moi ce sourire satisfait enfoiré. Kazekage ou pas, j'serais encore capable de te botter les fesses.

- Je demanderai à Kyuubi de t'en empêcher.

« Avec plaisir ! »

- Il ne voudra jamais. C'est moi son hôte.

« Dans tes rêves gamin ! »

- Je suis sûr que je n'aurais pas de mal à le convaincre.

« J'suis déjà convaincu ! »

- Il vient de dire ''Même pas en rêve, j'aime trop Naruto''.

« Menteur ! »

- Menteur.

Je pouffe de rire. Les idées noires qui m'assaillaient se sont enfin fait la malle. Constatant mon air détendu, Gaara prend congé de moi en me disant que ma présence est requise auprès de quelqu'un d'autre (ce qui est tout à fait vrai d'ailleurs) et que la sienne est réclamée par son lit (depuis qu'il s'est débarrassé de Shukaku, il a découvert toutes les joies d'un bon sommeil réparateur). Ce que j'apprécie chez Gaara en fait, c'est qu'il n'est pas un grand bavard, aussi ne dit-il que le strict minimum. C'est pour ça que j'aime discuter avec lui. Il a toujours su répondre présent pour m'écouter (La réciproque étant vraie aussi je vous rassure) et jamais il ne m'a laissé en plan quand je l'appelais ... même si ce n'était que pour une minute. Il dit avoir une dette envers moi, mais celle que j'ai envers lui est toute aussi conséquente. C'est bien pour ça que j'ai toujours fait mon possible pour lui rendre service chaque fois que je passais à Suna.

Ayant maintenant l'esprit serein, je retourne aux côtés de Sasuke. Nous nous séparons donc sans un mot de plus. Lui retourne vers ses appartements alors que je rentre dans la chambre de mon brun. Si ce dernier apprenait que Gaara en sait plus à notre sujet qu'il ne le devrait, j'en prendrais pour mon grade mais bon ... ce ne serait qu'une raison parmi tant d'autres pour lesquelles il voudrait m'envoyer dans l'autre monde.

6h45. Le jour est venu bien trop vite à mon goût ... comme d'habitude. La réception donnée en l'honneur de Gaara ayant terminé assez tard, je m'octroie un peu de temps supplémentaire auprès de Sasuke ... la vieille ne va pas se réveiller avant 8h je pense. Il finit par émerger douloureusement d'un sommeil que je ne qualifierais pas de réparateur tant il n'a cessé de s'agiter. Il lève les yeux vers moi. Son regard est encore perdu et las, son visage presque apathique. Je lui souris avec tendresse avant de déposer un baiser sur ses lèvres qui ne remuent que très faiblement pour me répondre. Il semble encore complètement épuisé. Je me redresse et m'appuie sur un coude tandis qu'il se laisse retomber sur un oreiller à côté de moi.

- Comment tu te sens ? murmure-je en replaçant une mèche de cheveux derrière son oreille.

- ... Fatigué.

- Un petit-déjeuner au lit ça te tente ?

- Je n'ai ... pas vraiment faim.

Il me parle d'une voix totalement étouffée, quasi inaudible. Sa gorge est sûrement encore nouée d'avoir ressenti tant de choses désagréables au cours de la journée d'hier. Je ferais n'importe quoi pour le soulager un peu de sa souffrance, mais malgré tous mes pouvoirs, j'en suis incapable. Il se regarde une minute avec un peu d'étonnement.

- Pyjama ? murmure-t-il.

- Tu frissonnais cette nuit, alors ...

- C'est gentil de ta part.

- Je t'en prie.

- Je dois être affreux.

- Pourquoi dis-tu ça ?

- J'ai sûrement les yeux rouges à force d'avoir pleuré.

- Non les yeux ça va encore. Bon, t'as les joues creusées, des cernes gigantesques, les plis des draps imprimés dans la peau, un peu de bave séchée au coin des lèvres et la coiffure d'un épouvantail mais sinon ça va, dis-je sur un ton taquin pour essayer de le dérider.

- T'as fini ta liste ? Évidemment vu que monsieur ne dort pas, t'as pas ce problème, rétorque-t-il d'un ton un peu bougon et néanmoins (très) légèrement amusé.

- Désolé, j'voulais essayer de t'aider à oublier les mauvais moments.

- Bon courage, y'en a tellement, dit-il en soupirant lassement. Mais malgré tout, je crois que je n'ai jamais autant pleuré de ma vie que durant ces derniers jours.

- Ce n'est pas vraiment rassurant ce que tu me dis là. Je me sens déjà pas mal responsable de tout ça alors ...

- Non ... c'est pas grave. C'est peut-être même mieux que tu m'aies poussé à bout hier soir. Pouvoir s'effondrer en toute sécurité ça fait du bien d'une certaine manière ... ça permet de relâcher la pression. Mais je me sens ridicule ... une vraie gonzesse !

- Ne dis pas ça, tu sais bien que ce n'est pas vrai. J'ai moi même beaucoup pleuré quand j'étais môme si tu te souviens bien et ça ne me rendait pas plus faible pour autant.

- Mmh ... et la plupart du temps tu pleurais à cause de moi. Essaierais-tu de te venger ? Me demande-t-il en esquissant l'ombre d'un sourire.

- Jamais de la vie, lui susurre-je en approchant ses lèvres une deuxième fois.

Cette fois-ci, j'en prends possession avec plus de passion. Il me répond en m'autorisant l'accès et en enroulant sa langue autour de la mienne. Je me penche un peu plus sur lui tandis qu'il passe un bras derrière mon cou pour venir ensuite me caresser les cheveux. Je me sépare de lui quelques secondes plus tard, plongeant mes yeux océan dans son regard insondable. Il me sourit enfin un peu plus largement.

- Merci ...

- Pourquoi ?

- Pour ... avoir été là ... et pour ne pas avoir cédé à mes caprices stupides.

- Ce n'était pas stupide ... et j'aurais vraiment été un salaud fini si j'avais profité de toi alors que tu étais si vulnérable.

- Comment as-tu fait pour savoir ? Je pensais pourtant n'avoir rien laissé transparaître.

- Je ne savais pas. Je le sentais plus qu'autre chose. Une sorte ... d'intuition.

- Tu as une très bonne intuition alors.

Il détourne ses yeux de moi, les fixant d'un air absent vers le plafond. Après tout ce que je lui ai dit hier, je me sens assez mal à l'aise à l'idée de lui mentir encore. Il y a tant de secrets ... dont beaucoup que je ne peux absolument pas lui dévoiler maintenant. Mais si je veux qu'il me fasse pleinement confiance, il va falloir que j'y mette un peu plus du mien. J'y ai réfléchi le reste de la nuit après le départ de Gaara, et ce que je devais faire m'est apparu comme une évidence. Je décide de me lancer enfin.

- Tu sais ... pour ce qui est de l'intuition ... dans ton genre t'es pas mal non plus.

- Pourquoi tu me dis ça ?

- Et bien ... Mmh ... comment dire ?

Il se redresse et me lance un regard suspicieux, mais aussi un peu affolé ... ce qui n'a rien de surprenant face à mon hésitation un peu gênée et surtout quand on connaît les doutes qui l'ont assailli quelques heures plus tôt.

- Quoi ?

- Tu te souviens avant-hier ... tu me disais que tu m'avais trouvé différent au cours de la journée ?

- Et ?

- C'était un peu vrai ... en fait ... je n'étais pas vraiment avec toi ces deux derniers jours.

Il me jette un regard apeuré. Je n'ai cessé de lui répéter que je serais toujours à ses côtés, et voilà que je lui sors que pendant deux jours ce n'était pas vrai.

- Tu ... tu ... qu'est-ce que ça veut dire ?

- C'était un clone.

Il se lève brusquement et sort du lit avec des gestes précipités et maladroits en ne détachant pas son regard sidéré de mon visage un peu contrit. Il s'éloigne de moi, reculant vers le mur. Il est sur le point de redevenir la bête acculée qu'il m'a fallu calmer avec précaution la veille.

- Où ... où est-ce que tu étais ?

- Alors là, je t'arrête tout de suite ! Si tu penses que je t'ai abandonné pour aller te tromper avec je ne sais qui, tu te plantes complètement ! Je n'avais juste absolument pas le droit de te dire ce que je faisais, et je n'en ai d'ailleurs toujours pas le droit ! Si jamais l'Hokage apprend ça ... je vais me faire réduire en pâtée pour chien !

- ...

- Elle ... m'a donné l'opportunité de mettre les talents de Yoru au service du village malgré mon statut de Genin ...

Il se détend très légèrement, mais continue à m'interroger du regard. Je soupire en me passant une main dans les cheveux.

- Alors ? Accouche bordel ! me crie-t-il subitement.

- Elle a fait de moi un Anbu, m'a donné un masque, je m'appelle Yue quand je le porte, on s'est rencontrés hier devant l'entrée principale du village quand on attendait le Kazekage et si je n'ai pas pu rester avec toi c'est parce que la vieille m'a assigné à sa protection rapprochée ... mais ça tu le savais déjà car elle l'a dit à l'équipe hier ... et puis le soir où je suis arrivé en retard chez toi c'est parce qu'elle m'avait envoyé en mission au pays de la Terre et que j'ai tout fait pour la torcher en vitesse afin de revenir le plus vite possible à tes côtés.

Je reprends mon souffle après avoir tout sorti d'une traite. Je le regarde par intermittence, n'osant pas croiser ses yeux, par crainte de le voir m'exploser à la figure. Il baisse le regard au sol, avec l'expression un peu hagard de quelqu'un qui essaie d'assimiler une tonne d'informations sans trop savoir comment. Il relève sur moi un regard suspicieux. Je ne détourne pas les yeux, pour qu'il puisse bien réaliser que je ne mens pas. Quelques secondes, et il brise le silence.

- T'as fait ... un aller-retour au Pays de la Terre en une demi-journée ? Me demande-t-il enfin.

- Euh oui ... elle m'avait donné quatre jours mais je ne voulais pas ... te laisser aussi longtemps.

- Ouah ... impressionnant. Et tu ... t'es vraiment Yue alors ?

- Oui.

- Je dois dire que finalement, ça ne m'étonne pas tant que ça.

- De quoi ?!

- Je ne sais pas ... quand c'était sensé être toi, ce n'était pas toi ... quand c'était sensé être lui, d'une certaine façon c'était toujours toi. Et puis ce masque ... j'ai vu celui de Yoru de très près alors je crois que ça m'a aussi mis la puce à l'oreille.

- Moi aussi je pensais pourtant n'avoir rien laissé transparaître ... après que tu m'as fait part de tes suspicions la première fois, j'avais même prévu quelque chose pour régler le problème, mais je n'ai pas été assez rapide.

- Il faut croire que non en effet, me dit-il en faisant le tour du lit pour se retrouver debout face à moi.

- Tu vas me frapper ?

- Pourquoi penses-tu ça ?

- Bah ... ça me paraîtrait normal ... après tout, je t'ai menti.

- Pour ton devoir de ninja. Je ne suis pas tatillon au point de te demander de désobéir à un ordre direct. Mais je suis néanmoins content que tu l'aies fait.

Il passe alors ses bras derrière mon cou et s'assoit sur moi en m'enfourchant avant de m'embrasser avec fougue. Sa façon de se montrer si compréhensif ne cessera jamais de m'étonner. Mais il ne faudrait vraiment pas que j'en abuse de trop. Nos lèvres se séparent, je pousse un léger grognement d'insatisfaction. Il me sourit.

- Je ne voulais vraiment pas te laisser tu sais ... mais j'ai toujours gardé un œil sur toi ! Sauf hier après-midi ... avec les deux Kage ça a été une véritable épreuve de force.

- Pourquoi ça ?

- ...

- Et bien ?

- Tu vas me tuer ...

- Qu'est-ce que tu me caches encore ?

- Bien en fait ... hier, l'Hokage s'est mise en colère contre moi quand elle a su ... que Gaara était au courant pour Yoru depuis le début.

Il me dévisage en écarquillant les yeux.

- Avant que tu ne me dises quoi que ce soit, sache que lui seul est au courant, juste parce que notre passé commun de Jinchuuriki et notre amitié de longue date m'ont poussé à avoir confiance en lui. Et je voulais quelqu'un de fiable pour me tenir au courant de ce qui se passait à Konoha ...

Il se relève et me tourne le dos, se mettant à faire les cent pas devant moi d'un air perplexe.

- Si j'arrive à suivre toute l'histoire ... pendant plus de cinq ans et demi tu as disparu afin de gagner en puissance et de revenir fin prêt pour liquider l'Aka et protéger le village ...

Il s'interrompt, mais je ne souffle pas un mot, devinant qu'il se parle plus à lui-même qu'autre chose.

- ... Ensuite, tu réapparais comme ça pour une raison particulière que tu veux garder pour toi et on part en mission. C'est là que je découvre que le mystérieux et très talentueux Yami no Yume Yoru, le ninja errant, n'est autre que toi ...

Il continue à marcher de long en large, je le suis du regard.

- ... L'Hokage a été mise au courant le jour même, et comme tu refuses l'examen Chuunin, le seul moyen dont elle dispose pour profiter de ton talent c'est de faire de toi un Anbu ... tu ajoutes donc Yue à ta panoplie d'identités secrètes.

Il s'arrête, lève les yeux au plafond, fronce les sourcils, puis croise les bras et recommence à parler à tout allure.

- Ensuite, tu reçois Gaara sous le masque de Yue, il devine que c'est toi et te voilà forcé de dire à Tsunade-sama qu'il savait tout parce que tu l'avais gardé comme ... ''espion'' au cours de ton voyage ...

Il s'arrête de nouveau et me lance un regard interrogateur. Là par contre, je dois répondre :

- C'est tout à fait ça.

Il reprend son chemin de ronde.

- Alors ... tous ces secrets en quelques jours ... Bon sang ! Je n'ose même pas imaginer ce que ça a dû être pendant cinq ans. Dois-je m'attendre à encore beaucoup de surprises de ce genre ?

Je lui jette un regard un peu douloureux avant de répondre.

- Quelques-unes ... mais absolument rien qui remette en cause ce que j'éprouve pour toi je peux te le jurer sur ma vie !

Il me lance un regard encore plus insistant.

- Oui, peut-être que le dernier truc que je pourrais te dire, même si ce n'est pas vraiment un secret, c'est que suite à mon histoire avec le Kazekage, la vieille m'a fait du chantage et je me retrouve contraint de participer à l'examen Chuunin.

Et là, je vois son regard passer brusquement d'une expression interrogatrice à une expression franchement moqueuse. Je me sens un peu vexé, mais après tout, c'est de bonne guerre.

- Ouah ... dur ! J'ai dû subir ça moi aussi après être revenu ... pas très plaisant comme expérience. Alors je crois que cette punition est suffisamment sévère pour que je ne te tienne pas rigueur de ne rien m'avoir dit à propos de Yue.

Je souris largement. Pas spécialement parce que je suis ravi qu'il me pardonne (Même si ça me soulage grandement !) mais plutôt parce que je suis ravi de le voir aller mieux. Je me lève et m'approche de lui. Il me regarde un peu surpris. Et pour la deuxième fois, je ne peux retenir ces mots.

- Je t'aime Sasuke, dis-je en un souffle avant de saisir ses lèvres et de le plaquer contre moi.

D'abord figé par l'étonnement, il reprend peu à peu possession de ses moyens et répond à mon geste en passant ses bras autour de mon cou. Cela fait peut-être trop de le lui dire deux fois en l'espace de quelques heures, mais qu'importe, je le ressens alors je veux qu'il le sache. Ne voulant pas le brusquer en le laissant croire qu'il doit me répondre, j'embraie immédiatement sur une autre conversation après que nos lèvres se sont séparées.

- Bon, je t'ai dit une grande partie de mes secrets ... à ton tour maintenant.

- Euh ... je ...

Totalement hébété, il ne semble plus trop savoir où il en est après tant de déferlantes émotionnelles successives.

- Maintenant que tu te sens mieux, tu pourrais peut-être ... m'expliquer ce qui s'est passé hier ? Ce serait un bon début.

Il détourne le regard, l'air un peu triste.

- Ce ... ce n'était rien je t'assure. J'ai juste ... un peu pété les plombs.

- Sasu ?

Je saisis son menton d'une main et le force à me regarder. Mes yeux tendres se posent sur lui, lui indiquant ainsi qu'il ne doit surtout pas craindre de se confier. Il hésite une minute, avant de soupirer et de se résigner à me répondre.

- J'ai surpris une conversation entre deux Juunin ... qui n'était vraiment pas flatteuse à mon égard. Pour rester dans les grandes lignes et éviter les détails sordides, ils disaient ... que j'aurais mieux fait de ne pas revenir. Et aussi que ça aurait été mieux qu'Itachi et moi nous entre-tuions parce que ça les aurait débarrassés de deux gênes en même temps.

- ...

- Je crois ... que ce n'est pas tant le fait qu'ils m'aient dénigré de la sorte qui m'ait rendu fou ... c'est surtout ce qu'ils ont dit sur mon frère.

- Comment ça ?

- Je ... j'arrive pas très bien à m'en souvenir, ça reste très flou. Mais je crois ... que la dernière fois que j'avais pleuré avant notre histoire, c'était après que j'ai tué mon frère.

Je vois les larmes poindre à nouveau au coin de ses yeux. Il se détourne de moi, baissant la tête et s'éloigne de quelques pas. Il a pleuré pour son frère ? Pour l'homme qu'il haïssait le plus au monde et qu'il ne rêvait que de tuer ?

- Sasuke ?

Je me dirige vers lui, un peu hésitant. Il relève la tête, esquissant un sourire malgré ses yeux humides.

- Même maintenant tu vois ? Rien que d'y penser ça me rend triste, et je ne sais même pas pourquoi ... à vrai dire, je ne sais plus.

- Que s'est-il passé ... ce jour-là ?

- J'en sais rien. Ça ne me revient que par flashs assez brefs. Je me vois en train de combattre ... lui aussi par moment. Je le vois s'écrouler à terre et après ... plus rien ... le vide total. Un vide ... de presque trois mois et demi en fait, finit-il dans un souffle.

(Trois mois et demi ?! Nan mais qu'est-ce que c'est que cette histoire encore ? Comment a-t-il pu oublier trois mois et demi de sa vie ?).

- C'est pour ça ... que quand on me demande pourquoi j'ai décidé de revenir si subitement, je ne peux pas répondre, parce que je n'en sais rien moi-même. Tout ce dont je me rappelle après mon duel, c'est d'avoir marché le long du chemin pour arriver à Konoha et d'avoir ressenti le besoin de te revoir à tout prix. Je crois ... qu'un choc a dû occulter une partie de ma mémoire. Avant ça, je me disais que si ça dégénérait de trop, il faudrait que je revienne au village pour te retrouver ... et me retrouver aussi. Inconsciemment, c'est ce que j'ai dû faire, même si je ne m'en souviens plus exactement.

- Sasuke, c'est quand même grave ce que tu me dis là. Ça voudrait dire qu'il y a plus de trois mois de ta vie qui manquent, et que tu ne sais plus rien de ce que tu as fait pendant cette période ?

- ...

- Pourquoi n'en as-tu rien dit ?

Il n'ose pas me regarder, il frissonne légèrement et se mordille la lèvre inférieure. Enfin, il me dit dans un chuchotement :

- Parce que ... je préfère ne pas savoir. Si je dis aux autres que j'ai oublié ... ils chercheront à savoir ... peut-être pour m'aider, plus sûrement pour découvrir ce que j'ai bien pu faire de si atroce ... encore. Mais moi l'amnésie ça me convient bien. J'ai enfin ce que je veux, me dit-il en se blottissant dans mes bras, toujours sans me regarder. Je ne veux pas risquer de tout perdre à cause de trois malheureux mois.

Je l'enlace tendrement et cale ma tête dans son cou. Il semblerait que le passé n'ait pas fini de ressurgir dans nos vies, pour lui comme pour moi. La différence, c'est que moi je sais à quoi m'attendre quand mes secrets seront révélés les uns après les autres mais pour lui, c'est le noir total. Pas étonnant qu'il n'en ait rien dit, ça risquerait de mettre en avant sa plus grande faiblesse. Je soupire en pensant à toutes les épreuves qui nous attendent encore et à tout ce qui va se produire d'ici peu. Nous voilà au terme de cette petite séance ''secret pour secret'' ... pas question de lui demander quoi que ce soit d'autre aujourd'hui, il a bien assez souffert comme ça. Et maintenant ... que faire ?


Note de l'auteur : Un nouveau chapitre de bouclé ... on avance mine de rien ! Je vous donne rendez-vous mercredi 20 Mai pour lire le chapitre 29 "Piège à rat...".