J'avais beau me regarder sous toutes les coutures, cette tenue me paraissait grotesque. Déjà, quand Victoria m'avait tendu les vêtements, j'avais été très sceptique, mais après tout, mes amis savaient mieux que moi comment j'agissais quand j'avais rendez-vous avec Rémus. Quand je repensais à la façon dont j'avais agi ce matin, je ne pouvais m'empêcher de rougir : m'être pressée contre lui de cette façon, c'était tout bonnement très gênant. Qu'est-ce qui allait se passer ce soir ? Il m'avait assuré que c'était juste pour discuter, mais quand j'avais raconté ça à Alexandre, il s'était mis à ricaner bêtement, ce qui, selon moi, signifiait que le terme « discuter » n'était pas totalement approprié à ce qui allait se passer. Est-ce que j'étais prête pour ça ? Non, je ne connaissais pas Rémus après tout, alors même si dans le passé nous avions déjà été plus que proches, je doutais que je puisse agir similairement.

- Par Merlin, Cassie, tu es magnifique !

- Magnifique ? On dirait une trainée. Tu es vraiment sûre que je porte ce genre de tenue d'ordinaire ?

- Bien sûr ! Quelles raisons aurais-je de te mentir ? répondit-elle avec un petit sourire innocent.

Je n'avais pas raison pour douter de sa parole. Pourtant, j'étais quand même méfiante, particulièrement quand je vis Alexandre cligner des yeux plusieurs fois quand on descendit dans la salle commune. Il ne parla pas pendant quelques instants et je surpris ma meilleure amie en train de lui faire de petits signes censés être discrets et dont la signification m'échappait. J'avais comme l'impression de m'être fait piéger.

- Tu pourras dire adieu à ta virginité, Cassie, dit-il en plaisantant après m'avoir examinée de la tête aux pieds.

- Allons manger !

Visiblement, Victoria avait senti que j'étais à deux doigts de faire demi-tour vers la chambre puisqu'elle m'attrapa par la main, m'obligeant à me diriger vers la Grande Salle. J'étais à peu près certaine que jamais je ne me serais accoutrée de la sorte en temps ordinaire, et même si dans les couloirs il n'y avait personne vu que la majorité des étudiants étaient déjà à table, je ne doutais pas de l'effet qu'on produirait en arrivant en retard. C'était sans doute ma punition pour avoir trop fait confiance à mes amis. Oui ou alors Merlin me punissait d'avoir quelqu'un comme Rémus qui paraissait aussi attaché à moi. Est-ce que qu'Alexandre avait dit vrai ? Est-ce que Rémus et moi n'avions vraiment jamais fait ce genre de choses ? Je me demandais comment c'était possible. Après tout, il était si … attirant.


J'avais toujours eu un très grand self control, peut être trop grand selon mes amis, mais sans lui, il était certain que ça aurait fait très longtemps que je me serais précipité vers l'entrée de la Grande Salle pour recouvrir Cassiopée avec n'importe quoi, pourvu que la moitié des regards masculins arrêtent de converger vers elle. J'avais planté ma fourchette avec une telle férocité dans la table que Sirius avait sursauté avant de s'apercevoir de l'arrivée des trois Gryffondors. Il était impossible qu'il n'ait pas fait le rapprochement avec ma réaction et la tenue de sa petite sœur, mais j'espérais qu'il se dirait simplement que je n'étais qu'un homme, et que n'importe quel homme en la voyant habillée de cette façon devait forcément se retenir de se jeter sur elle.

J'allais tuer cette bande d'adolescents en chaleur. J'allais tous les décimer un par un et, ensuite, j'amènerais Cassiopée dans ma chambre d'où probablement je ne l'en laisserais jamais sortir. Elle s'était à peine assise que plusieurs Gryffondors s'adressèrent à elle – des compliments sans aucun doute – et le pire c'est qu'elle leur souriait, elle souriait comme si elle était particulièrement ravie d'attirer leur attention. Elle n'avait plus aucun souvenir, et elle ne m'aimait probablement pas à l'heure actuelle alors qu'est-ce qui l'aurait empêchée de choisir un copain parmi cette bande de crétins ? Rien, absolument rien.

- T'es au courant que cette fourchette ne t'a absolument rien fait Moony ?

Je n'avais même pas remarqué que l'attention de Sirius était focalisée sur moi, et encore moins que je venais de tordre ce maudit ustensile de cuisine en deux. Il fallait que je me calme;, je savais que j'étais possessif, mais il était dur de me comporter autrement quand celle que j'aimais aurait pu à tout moment se retrouver dans les bras de quelqu'un d'autre.

- Alors, tu m'expliques ? C'est ma sœur qui te met dans cet état ?

Qui d'autre aurait pu me faire un effet pareil ? Mais ça, évidemment, il était hors de question que j'en parle à Sirius. Je me demandais ce que j'étais censé lui répondre. Je ne voyais pas très bien quel mensonge j'aurais pu inventer pour me tirer de cette situation, d'autant que mon ami ne paraissait pas prêt à passer mon attitude sous silence.

- Je n'ai pas l'habitude de la voir vêtue ainsi, c'est tout, essayais-je maladroitement.

- Et tu n'es pas prêt de la voir recommencer ! J'aurai une discussion avec elle.

J'imaginais sans mal le genre de discussion avec un Sirius hyper menaçant. Sans aucun doute, ça donnerait envie à Cassiopée de recommencer une nouvelle fois et, de mon point de vue, il était hors de question que je supporte ce genre de regard sur elle à une seconde reprise.

- Vous êtes proches tous les deux.

Ce n'était pas une question, mais bel et bien une affirmation, alors qu'il prenait une gorgée d'eau tranquillement pendant que moi, je devais être en train de suer par tous les pores de ma peau. Il ne pouvait pas être au courant, nous avions été prudents. Enfin, c'est du moins ce dont j'essayais de me persuader.

- Pas plus que James ou Lily, mentis-je.

- Elle était amoureuse de toi et je constate que tu ne lui es pas indifférent. Tu n'as rien à me dire par le plus grand des hasard hasards ?

À une époque, j'aurais été totalement incapable de mentir. Depuis, ça avait changé, mais Sirius me connaissait. C'était évident qu'il se doutait de quelque chose et ce n'était vraiment pas le moment qu'il se rende compte que j'avais eu et que j'espérais toujours avoir une relation avec Cassiopée.

- Au risque de t'apprendre quelque chose, ta sœur est vraiment belle et je ne suis qu'un homme. Je n'ai pu m'empêcher de le remarquer, ça s'arrête là.

- Et je compte bien à ce que ça continue de s'arrêter là.

La menace était à peine dissimulée, mais il était bien trop tard pour que je renonce à elle- même si pour ça, il fallait que j'affronte son grand frère qui n'avait vraiment rien d'accommodant.


J'avais eu pour projet d'aller d'abord me changer avant d'aller rejoindre Rémus dans ses appartements, mais mes amis m'en avaient empêchée sous prétexte qu'il aurait pu être vexé de croire que je m'étais habillée ainsi pour les autres étudiants et non pour lui. Maintenant que je me retrouvais avec lui, seul à seul dans son salon, je n'étais plus vraiment sûre de la pertinence de cet argument. Après tout, si Rémus m'aimait comme il le disait, et si moi je l'aimais avant ma perte de souvenir, il devait avoir confiance en moi et je doutais qu'un des étudiants qu'abritait Poudlard puisse rivaliser avec quelqu'un comme lui ; ça aurait été plutôt à moi de m'inquiéter.

Depuis que j'étais arrivée, il ne me quittait pas du regard alors que je faisais le tour de la pièce plus pour me donner contenance que par intérêt véritable. Ce n'était vraiment pas les canapés ou les tableaux qui m'intéressaient à ce moment précis. Ce matin, c'était Rémus qui avait parlé, c'était lui qui avait même tout fait, mais cette fois, il était assis et, visiblement, il n'était pas prêt à faire quoique ce soit. Je passais une main dans mes cheveux, les froissant pour me donner du courage, alors que mon bracelet glissait le long de mon poignet, provoquant des cliquetis sonores. J'étais là pour discuter après tout, je n'avais pas de quoi être craintive.

- Je suis venue ici souvent ?

- Pas suffisamment.

Je pris soin de m'installer sur le fauteuil en face de lui, jugeant que m'installer juste à ses côtés aurait risqué de le provoquer. Je ne fis pas de remarque sur sa réponse. Peut -être que je ne venais jamais ici, mais, dans ce cas, où est-ce que nous aurions pu nous voir ? Je doutais qu'on ait déjà pris le risque de s'embrasser dans un couloir… Ou peut-être que si ? J'aurais pu lui poser la question, mais je ne tenais pas spécialement non plus à lui parler de baisers ou de toute autre chose qui aurait risqué de lui faire perdre son calme.

- Est-ce qu'il y a des choses importantes que je devrais savoir sur toi ? Ou sur nous ?

Je jouais un instant avec mon médaillon, faisant tinter mon bracelet à nouveau avant de remettre en place correctement le bas de ma robe. Elle se finissait par un fin liseré de volants et je remerciais le ciel que Rémus n'ait pas proposé une balade dans le parc ; je n'avais pas spécialement l'envie de me retrouver en sous sous-vêtements. À cette pensée, je me mis à rougir. Est-ce qu'il y avait une chance que ça m'arrive en restant ici ?


Elle ne devait pas se rendre compte de l'effet qu'elle me faisait ; elle devait même totalement ignorer le charme fou qu'elle possédait quand je la voyais agir aussi innocemment juste en face de moi. Ses jambes frottaient l'une contre l'autre, inconsciemment sans doute, ses mains jouaient avec son médaillon, si près de son décolleté et ses cheveux bouclés retombaient en cascade sur sa poitrine. Je serrais l'accoudoir plus fortement, essayant de résister à l'envie qui me tiraillait de la prendre par les hanches pour l'attirer plus près de moi, pouvoir dénouer les liens qui reposaient sur son cou et qui retenaient la robe entière, pouvoir l'embrasser, la toucher.

Cassiopée, avant la perte de ses souvenirs, même si elle était tout aussi innocente, avait parfaitement conscience de ce qu'elle risquait en mettant ce genre de tenue. Elle s'en amusait même pour me tester, mais, dans ces moments-là, elle avait tout aussi envie que moi que notre relation passe au stade supérieur tandis que là, elle n'avait réellement conscience de rien. Est-ce qu'elle avait mis cette tenue de sa propre initiative ? J'en doutais. Mais ses amis ne pensaient-ils donc pas à ce qu'elle risquait en restant avec moi ? Ou alors, justement, y pensaient-ils ? Je passais une main dans mes cheveux, essayant un instant d'arrêter de penser de cette façon. J'étais capable de ne faire que discuter;, je l'aimais, je voulais la récupérer, et il n'y avait qu'en discutant de façon calme que je pourrais y parvenir.

- Tu ne te sens pas bien ?

Je n'avais pas remarqué qu'elle s'était levée du fauteuil, encore moins qu'elle s'était approchée. Quant à sa main qui était désormais posée sur mon front, je ne savais pas comment réagir. Je gardais les yeux fermés. lIl ne fallait pas que je la regarde sinon, c'était certain, j'allais succomber et ce n'était pas ce qu'elle voulait, ni ce que je voulais.

- Tu as l'air d'avoir un peu de fièvre, tu veux que j'aille te chercher un médicament ?

- Cassiopée …

J'essayais vainement de lutter, mais c'était exactement ce que je voulais : qu'elle soit proche de moi, sentir sa peau sur moi, exactement comme maintenant. Je respirais son parfum, ses cheveux chatouillaient mon cou, et là, je fis la chose la plus dangereuse qui soit : j'ouvris les yeux.


J'avais du mal à respirer. Mon cœur avait oublié de battre quand ses prunelles dorées avaient croisé les miennes et pendant un instant, plus rien ne compta à l'exception de ce regard. Je n'avais pas conscience que je ne le connaissais pas ; au contraire, j'avais vraiment l'impression de le connaitre. Tout mon corps me criait que c'était lui et seulement lui qu'il désirait et, l'espace d'une seconde, j'eus l'impression que tout était redevenu comme avant. Je n'avais plus l'impression que l'ensemble de mon existence avait été balayé par un simple sortilège ; je ne cherchais plus ce que j'étais censée faire, ni la façon de me comporter parce que tout me paraissait évident.

Il prononça mon prénom une seconde fois alors que ses mains se saisissaient de mes hanches, me plaçant à califourchon sur lui sans que j'émette la moindre résistance. J'étais probablement devenue folle parce que mon cerveau refusait de fonctionner correctement. Rien ne m'avait jamais paru aussi attirant que ses lèvres, et pourtant, je n'avais pas le droit. C'était mal d'agir ainsi alors que je ne le connaissais pas. Je n'étais pas censée avoir ce genre de réaction, mais qu'est-ce que j'étais censée faire ? J'étais perdue alors que tout le monde autour de moi savait pertinemment le rôle qu'il avait à jouer. Tous ils savaient ce qu'ils avaient à faire, mais moi ? J'étais revenue pour me souvenir de mon passé, mais est-ce que ça m'apporterait plus de réponses ? Pour le moment, je ne souhaitais que rester ici, avec lui, mais ça non plus ce n'était pas si simple.

- Je ne sais pas quoi faire Rémus, murmurais-je.

- Reste avec moi.

Ses lèvres frôlèrent mon cou, sa main gauche se posant sur mon épaule avant de descendre lentement le long de mon bras jusqu'à prendre ma main dans la sienne. Ce n'était pas avec ce genre d'attitude que j'aurais les idées plus claires, bien au contraire.


Je ne devais pas. Je n'aurais jamais dû l'attirer vers moi, mais maintenant que nous étions aussi proches, c'était trop difficile de rester calme, de ne pas la toucher et encore moins de ne pas l'embrasser. J'avais vaguement conscience que j'étais en train de profiter d'elle ; c'était évident que ses idées n'étaient pas claires, mais les miennes non plus ne l'étaient pas et je me demandais si elles les avaient déjà été en la présence de Cassiopée.

Je ne voulais pas faire quelque chose contre son gré, mais elle avait déjà fermé les yeux. Elle savait très bien ce que je comptais faire et elle ne faisait aucun geste pour s'y soustraire. Je n'avais pas voulu la brusquer, ainsi je m'étais contenté de poser mes lèvres sur les siennes, doucement, laissant mes mains reposer sagement sur son dos. Cassiopée, elle, semblait loin de partager mes scrupules. Ses bras passèrent autour de mon cou alors que le baiser se faisait plus impatient, ses mains caressant mes cheveux, alors que ses hanches se mouvaient de manière inconsciente contre moi. Une torture, voilà ce que c'était, mais j'aurais tout donné pour que ça ne cesse jamais.

- Rémus, murmura-t-elle.

Elle me fixait, ses yeux grands ouverts, et pendant un bref instant, j'eus vraiment l'impression qu'elle se souvenait. J'allais lui poser la question, le cœur battant, quand elle se dégagea brutalement, prenant sa tête entre ses mains. Je n'avais aucune idée de ce que j'étais censé faire. Elle souffrait, c'était évident, et je me demandais si ses souvenirs étaient en train de revenir. J'étais tellement égoïste ; je souhaitais réellement que ce soit le cas, même si ça lui faisait du mal.


Cassiopée s'est évanouie après ça, et je me souviens encore de la peur que j'ai eue. La voir tomber en arrière doucement alors que je n'avais aucune idée de ce qui lui arrivait. En la conduisant à l'infirmerie, j'avais conscience que si Sirius nous surprenait, il me suspecterait encore davantage, mais ce n'était pas là ma principale préoccupation. Je craignais que ce fou lui ait fait quelque chose. Je craignais de la perdre à nouveau, et rien n'avait plus d'importance pour moi.


Oui je sais je suis méchante ... Encore et toujours ... Est ce que Cassie va se réveiller ? bon je pense que tout le monde aura deviné la réponse mais est ce qu'elle va se souvenir après ça ? Est ce que sa relation avec rémus va s'améliorer ou va-t-elle chercher à le fuir ? Toutes les réponses dans le prochain chapitre bien sûr ! ( on a l'impression d'être dans les feux de l'amour je sais xD )

Sinon avez vous remarqué cette magnifique ponctuation ? cette grammaire impeccable ? Cet orthographe nettement supérieur à d'habitude ? oui vous l'aurez deviné j'ai une beta. Elle s'est proposée gentiment à moi, alors on remercie bien fort Doxies Curse parce que vraiment je lui donne du travail ^^

Sur ce à bientôt chers lecteurs :)

ps : Et bien sûr merci aux revieweurs, ca fait toujours plaisir =)