Titre : L'homme qui murmure à l'oreille des animaux.

Source : Gundam Wing AC.

Auteur(e) : Lysanea

Genre : yaoi, romance

Disclamer : aucun des personnages ne m'appartient sauf Maître Guld (ca veut dire "or").

Pairing : 1x2 et 3x4.

Personnages : Heero Yuy Lowe, Duo/Oliver Maxwell, Trowa Barton, Quatre Raberba Winner, Frigg, Freya, Idunn.

Résumé : la matinée du départ...

Notes de l'auteure : Bonjour tout le monde. Je vous remercie pour vos reviews et autres messages sur mon chapitre précédent. Comme je vous l'avais annoncé, ce nouveau chapitre est beaucoup plus long, le plus long à ce jour... non ne partez pas ! XD. Sérieusement, j'espère que vous passerez un bon moment à le lire. C'est pas un gros bloc, il peut se couper et se lire en plusieurs fois, je pense que ça aide. Bonne lecture !


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Chapitre Vingt-huit : une matinée bien chargée.

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Le lendemain matin...

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Comme convenu ce matin-là, c'est Quatre qui accompagne Duo à la Clinique, pour qu'on puisse lui ôter son plâtre et ses broches.

L'équipe médicale qui s'est occupée de lui se montre plutôt satisfaite de l'aspect général présenté par son poignet ; aucune complication apparente, ni sur la peau, ni au niveau de la consolidation.
Ils s'inquiétaient un peu du fait que Duo soit parti très tôt après avoir été opéré, le suivi ayant donc été fait chez lui, à Eldeux.

Il a eu un rendez-vous avec le chirurgien en début de semaine, mardi, et c'est là qu'il a pu constater la bonne guérison de son poignet, jusqu'à pouvoir le rappeler très vite et lui proposer ce rendez-vous pour le libérer du plâtre, trois semaines et demi après l'avoir placé.

Duo est vraiment heureux de s'en débarrasser, mais est tout de même un peu inquiet ; il doit rester vigilant encore un mois entier, car son poignet est encore fragile.

Seulement sans le plâtre, il est difficile pour lui de se rappeler le danger.
Et il n'est pas sûr de réussir à ne pas solliciter son poignet trop intensément, surtout avec ses activités.

- Heero veillera sur toi, le rassure Quatre, alors qu'ils quittent la Clinique. Et Oliver également. Si Heero n'est pas présent et que tu as le réflexe de t'appuyer ou de tirer sur ton poignet, il bloquera aisément ton mouvement.

- Espérons-le. Il est un peu effacé, en ce moment.

- Depuis que tu es avec Heero, tu veux dire. Ce qui est tout à fait normal.

- Je sais bien et heureusement, d'ailleurs. Mais il est encore là et je sais qu'en cas de danger, je peux compter sur lui.

- Je ne me fais pas de soucis non plus. En tout cas, je te sens bien joyeux et excité, même ! Malgré ce contrôle que tu as pour ne pas m'incommoder, et je t'en remercie.

- C'est normal ! Mais tu as raison, je suis trop content d'avoir retiré mon plâtre, et je suis plus que pressé de serrer Heero contre moi, tu n'imagines pas !

- Tu pouvais aussi le faire avant, Duo, t'exagères ! Tu portais pas ton bras en écharpe, non plus.

- Oui, mais c'était quand même gênant. Je l'entourais, mais je ne le sentais pas entièrement. Je veux qu'il n'y ait absolument rien entre nous.

Quatre sourit, puis lui attrape le bras.

- Je comprends parfaitement la différence. On va bientôt rentrer, mais dis-moi, je peux en profiter un peu, en attendant ?

- Évidemment ! T'as pas intérêt à me lâcher, angel. Bien, on va la chercher, cette fameuse bague ?

- Tu sais, si tu veux...

Duo s'arrête net et se place devant lui.

- T'as vraiment pas intérêt à me dire un truc du genre "si tu veux rentrer retrouver Heero" et blablabla, je te promets que ça passera pas et que je risque de pas être content du tout !

Quatre ne peut retenir un rire devant l'expression affichée par son meilleur ami.

- D'accord, j'ai rien dit ! Allons-y, mon Duo, ajoute-t-il en reprenant son bras.

Ils traversent le centre ville, repérant quelques boutiques qu'ils comptent bien revenir visiter plus en détails, mais seulement après être passés à la bijouterie.

Trowa et Quatre ne sont pas toujours collés l'un à l'autre, mais l'état de fatigue de Quatre fait qu'il ne peut pas s'absenter du Manoir quelques heures sans inquiéter Trowa.
Il a entièrement confiance en lui, mais il a peur qu'il ne cherche à lui cacher la gravité de son état, et ce, bien qu'il se rende compte que Quatre ne peut plus le faire depuis un moment, tant leur lien s'est renforcé.

Pour la même raison, un rien suffit à lui mettre la puce à l'oreille, et Quatre tient absolument à le surprendre complètement.

Il lui a donc fallu attendre d'avoir une bonne raison, et un peu d'aide aussi, pour aller en ville.
Il a trouvé un premier prétexte, mardi, lorsque Duo a demandé à son frère de l'accompagner à la Clinique ; Quatre devait venir, mais il s'est soudainement endormi, peu avant le départ...

Heero ayant beaucoup de travail, il ne restait plus que Trowa, qui était aussi très heureux de cette opportunité de passer un moment avec son petit frère, dont il n'allait pas tarder à être séparé pour une durée indéterminée.

Quatre a donc pu profiter de l'absence de Trowa pour quitter le Manoir sans qu'il soit tenu au courant.

Mais il lui fallait un deuxième prétexte, parce que la bague qu'il souhaite offrir à Trowa est une commande spéciale, le bijoutier lui a promis qu'elle serait prête pour ce vendredi.
Heureusement, cela coïncidait avec le second rendez-vous de Duo.

Comme quoi, le hasard fait bien les choses...
Enfin, le hasard... ou plutôt le Destin !

Les deux amis arrivent tout joyeux devant la jolie devanture de la boutique, qu'ils franchissent, Duo derrière Quatre, faisant résonner le doux carillon de l'entrée.

- Soyez les bienvenus... Oh ! Mr Quatre, bonjour.

Quatre s'avance pour serrer la main que lui tend le seul occupant visible de la boutique, qui vient à leur rencontre.

- Bonjour, Maître Guld. Je vous présente mon meilleur ami, Duo.

L'homme tourne ses yeux d'un noir profond vers Duo.
Un Duo impressionné par ce grand homme blond, à la longue barbe coiffée en deux tresses, alors que ses cheveux, tout aussi longs, sont retenus en queue de cheval basse.

Il lui serre la main, s'attendant à ce qu'elle broie la sienne, tellement elle lui paraît puissante... ce qui ne l'empêche pas de lui rendre son franc sourire sans rien laisser paraître de sa légère inquiétude.

Mais sa poigne, bien qu'énergique et ferme, reste douce et agréable.

- Bonjour, enchanté, Maître Guld.

- Mr Duo Maxwell, c'est cela ? Enchanté, également, j'ai beaucoup entendu parler de vous.

Duo se tourne vers Quatre, l'interrogeant du regard.

- Je n'y suis pour rien, se défend-il en souriant plus largement.

- Les nouvelles vont vite, vous savez, intervient Maître Guld en rejoignant son comptoir. Votre venue, vos exploits, vos dons, vos magnifiques yeux si envoûtants ont alimenté pas mal de conversations, ici, ces derniers mois. Et à présent, il y a notre jeune seigneur. Nous avons vu Mr Heero grandir, nous le savons amoureux depuis peu. C'est assez pour vous faire connaître, n'est-ce pas ?

- Ok, je comprends mieux... Je pensais pas qu'il se disait tant de choses...

- Il ne vient pas souvent, mais les nouvelles voyagent, elles, et se vérifient aisément. Peut-être reviendrez-vous me voir avec lui. J'ai toujours fabriqué tous leurs bijoux de famille. A l'exception des anneaux d'Odin, dont vous portez l'un deux, à votre annuaire gauche, à ce que je vois. Les choses semblent aller plus vite que les nouvelles qui nous parviennent le laissent entendre.

Duo ne sait plus trop où se mettre, il se sent mal à l'aise, parce qu'il ne sait pas vraiment quoi répondre à cet homme.

Il n'a pas vraiment encore parlé avec Heero de "l'officialisation" de leur relation ; jusqu'à présent, ils ne se sont pas cachés, au Domaine ou en ville, lors de leurs rares passages, cette semaine, mais ils ne se sont pas affichés non plus.
Il assume totalement de porter son anneau à l'annuaire gauche, mais ne veut pas encore qu'on les interroge sur leurs projets et ce genre de choses.

Pas avant d'en avoir parler avec Heero, en tout cas.

- Leur relation est encore toute jeune, Maître Guld, il ne faut pas trop les brusquer, intervient Quatre, qui sent le trouble de son ami.

- Certainement. Rassurez-vous, je ne suis pas de ceux qui colportent, mais de ceux qui écoutent. De toutes les façons, vous êtes ici pour vous, Mr Quatre. Approchez, je vous en prie.

Duo remercie Quatre en posant sa main sur son épaule, un court instant, alors qu'ils rejoignent le maître bijoutier à son comptoir.
Lorsque celui-ci pose l'écrin en velours d'un vert profond sur la vitrine et l'ouvre, tout le reste est oublié.

L'anneau qu'il présente est tout simplement magnifique.
Un simple cercle d'or blanc, d'une pureté qui fait mal aux yeux, tous comme les petits diamants qui rythment son arrondi, alternant avec les petites émeraudes.

L'intérieur est un cercle parfait, mais l'extérieur est légèrement taillé, moins rond, donnant à l'ensemble une force, une ligne masculine tout en finesse et en grâce, tout comme la personne à qui le bijou est destiné.

Pris d'une soudaine impulsion, Duo attrape la main de Quatre et enlève délicatement l'anneau que Trowa lui a passé au doigt, une semaine avant, pour le poser près de celui qu'il compte lui offrir.

Leur complémentarité est parfaite : les petits diamants qui ornent l'anneau porté par Quatre sont légèrement plus gros que les fines émeraudes, alors que sur l'anneau que portera bientôt Trowa, ce sont les petites émeraudes qui dominent.

- Vous faites réellement un travail exceptionnel, Maître Guld, murmure Quatre, touché. Je peux ressentir la passion que vous mettez à créer vos bijoux.

- Ces pierres sont des dons de la Terre, pour nous permettre de témoigner et immortaliser les sentiments que nous éprouvons pour autrui. C'est une réelle mission confiée aux maîtres bijoutiers, je ne fais que mon devoir, avec amour et respect, pour me donner une chance de réussir.

- Je vous suis vraiment reconnaissant pour tout ce que vous avez mis, comme temps et passion, dans la réalisation de cet anneau. Il est parfait. Qu'en penses-tu, Duo ?

- Je suis entièrement d'accord ! C'est carrément dingue, les émeraudes sont vraiment de la même couleur que les yeux de Trowa. Ce même vert troublant et fascinant.

- Le vert de l'émeraude, le plus soutenu et le plus brillant au monde, est si éclatant et dense, si exceptionnel et parfait, qu'il est appelé "sauvage", explique l'artisan, caressant du bout de l'index la pierre la plus grosse, au centre de l'anneau. C'est le vert de l'espoir, de la vie et du printemps qui revient depuis toujours. Toutefois, pendant des siècles, il a également été la couleur de la beauté et de l'éternel amour. C'est la couleur de Vénus. Quant à l'émeraude elle-même, les alchimistes la rattachent à Hermès, messager des dieux et symbole de la connaissance secrète. Cela correspond bien à Mr Trowa, et l'émeraude a tout à fait sa place sur un anneau portant un tel message.

- Après un tel exposé, je ne peux qu'être d'accord !

- Pardonnez-moi, je m'oublie souvent, lorsque je parle de ma passion.

- C'était très intéressant, ne vous excusez pas ! réplique Duo en souriant. Vous voulez bien me refaire la même avec les diamants ? C'est un symbole de pureté, je sais que c'est ce qui a motivé le choix de mon frère. Mais c'est à peu près tout ce que je sais...

Maître Guld sourit.

- Depuis toujours, le diamant est considéré comme la reine des pierres précieuses. Il est magique et sacré. Il est le symbole de pureté, c'est exact, et symbolise aussi la lumière et la perfection. C'est un gage d'éternité. L'alliance de ces pierres, émeraudes et diamants, montre la force de votre amour et votre volonté de l'inscrire dans l'éternité.

- Et votre travail, encore une fois, est à la hauteur de cette volonté, car il témoignera de ce lien et de notre engagement, à jamais.

- C'est un honneur, répond l'artisan en inclinant légèrement la tête, la main à plat sur son cœur.

Quatre sourit et remet son propre anneau autour de son doigt, alors que Maître Guld s'occupe de l'écrin, qu'il range avec des gestes effectivement très respectueux.
Duo observe ses grandes mains, étonné encore une fois par leur évidente puissance, surtout en balayant du regard les vitrines pour admirer le travail délicat qu'elles sont capable de réaliser.

- C'est vraiment vous qui avait créé tous ces bijoux ? ne peut-il s'empêcher de demander.

- Ma fille en dessine la plupart, mais je suis le seul à les réaliser. Vous pouvez faire le tour de la boutique, si vous le souhaitez.

- Je veux bien, en attendant que tu règles les détails, angel.

- Je t'en prie.

La boutique n'est pas bien grande, les vitrines n'ont pas beaucoup de rayons, mais les objets qu'elles présentent sont réellement des œuvres d'art.

Duo ne sait plus où poser son regard, ni retenir ses soupirs et ses exclamations, jusqu'à ce qu'il se fige soudain devant un très beau pendentif, représentant le signe du Sagittaire.

Les jambes du cheval sont alignées et bien plantées sur le sol, le buste d'homme est légèrement penché vers l'arrière, le bras gauche tendant sa flèche vers le ciel, ses yeux fixés dans l'axe.
Duo reconnaît dans cette position le 3ème décan du Sagittaire, (1) qui est précisément celui sous lequel est né Heero, le 12 décembre...

Ajouté à cela que les sabots du cheval, les yeux de l'homme, l'arc et la flèche sont d'une matière qui renvoie immédiatement au regard d'Heero, dans ce ton de bleu nuancé et profond, et tout est réuni pour provoquer l'état dans lequel se trouve Duo, depuis un bon moment.

- Duo, tout va bien ? demande Quatre en le rejoignant. Tu fixes cette vitrine depuis plusieurs minutes.

- Excuse-moi, répond Duo, sans arriver encore à détacher ses yeux du bijou si finement exécuté, et si parlant, pour lui.

Quatre regarde par-dessus son épaule et devine rapidement lequel des objets attire ainsi l'attention de son ami.

- Je comprends mieux. Ce pendentif est vraiment superbe.

- Oui, vraiment...

- Qu'est-ce qui te retient, Duo ?

Il se tourne enfin vers son ami, le regard indécis.

- Je sais que j'attends jamais d'avoir une occasion pour faire des cadeaux, d'habitude, mais... Je... Je ne veux pas trop en faire. Je lui ai déjà donné la médaille de Solo, cette nuit...

- Vu que c'est un signe zodiacal, tu peux attendre et lui offrir pour son anniversaire. Cela ferait un très beau cadeau, non ?

Duo soupire et regarde de nouveau le pendentif, qui l'attire vraiment, il faut le reconnaître.

- Bien sûr, j'y ai pensé, mais... c'est dans deux mois, Quatre.

- Je peux vous le mettre de côté, si vous le souhaitez, intervient Maître Guld en s'approchant d'eux.

- Aussi longtemps ?

- Aussi longtemps que vous le souhaiterez. Vous n'êtes pas n'importe qui, et je devine que ce cadeau n'est pas destiné à n'importe qui, non plus. Maintenant que j'y pense, cela lui va tout à fait. Au moment de sa fabrication, je songeais plutôt au Seigneur Odin, montant Sleipnir, et décochant sa flèche vers les cieux pour que sa bénédiction retombe sur Asgard. Heero étant son digne héritier, cela vaut aussi pour lui.

Il ouvre la vitrine et en sort le pendentif, qu'il dépose sur la main ouverte de Duo.
Lui non plus n'a pas eu besoin de se faire désigner le pendentif en question ; dès l'instant où Duo s'est figé devant sa vitrine, il a su par quel bijou son regarde avait été captivé.

- Il est vraiment magnifique... soupire Duo. C'est fait en quel matériaux ?

- Le corps est en argent massif. Les sabots, l'arc et la flèche sont en cordiérite. Les yeux et la pointe de la flèche sont en saphir.

- Il doit bien y avoir une raison à cette répartition, Maître Guld ?

L'artisan sourit à Quatre.

- Connaissez-vous les propriétés de la cordiérite ?

- Vous n'allez pas me chasser à coup de tablier, si je vous réponds que c'est la première fois que j'entends ce nom ? demande Duo, sur le ton de l'excuse.

- Je vais me contenter de vous expliquez, c'est aussi mon rôle. La cordiérite est aussi appelé "pierre des Vikings", car elle leur permettait de naviguer et de se diriger, lorsque le temps était couvert et qu'ils ne pouvaient plus se repérer au soleil.

- Comment ?

- La cordiérite présente la vertu de changer de couleur : elle passe du bleu nuit au jaune pâle, lorsqu'elle est dans l'axe du soleil.

- Vous êtes sérieux ?

- Le temps est couvert, aujourd'hui, je pourrai vous en faire une démonstration à l'extérieur. Mais cela risquerait d'attirer une foule de curieux, et j'ai bien compris que vous souhaitiez une certaine discrétion, Mr Duo. Alors suivez-moi, je vais vous montrer quelque chose.

Il referme la vitrine et regagne son comptoir, suivi par Duo et Quatre, attentifs à ses moindres gestes comme des enfants qui découvrent le monde.

- Qu'est-ce que c'est ? demande Quatre en désignant l'objet que vient de sortir Maître Guld de dessous son comptoir.

- Ceci, jeunes gens, me permet de vérifier que les pierres qu'on me livre sont authentiques et sans défauts, car il recréé artificiellement les rayons du Soleil. Enfin, à quelques éléments près, mais c'est suffisant. Regardez bien, à présent.

Le bijoutier tend la chaîne, laissant pendre le pendentif, qu'il vise avec son appareil.
Duo et Quatre observent, de plus en plus étonné, les éléments de cordriérite passer du bleu au jaune.

Ce qui fait ainsi ressortir les deux seuls parties encore sombres, la pointe de la flèche et les yeux de saphir.
Sombres, certes, mais brillants quand même d'un éclat presque surréaliste.

- Le saphir, mot hébreu signifiant "la plus belle des choses", symbolise depuis toujours les vertus célestes. Les yeux de l'homme et la pointe de la flèche visent les cieux et les atteindront ainsi plus sûrement. Les sabots ancrés sur la terre ferme lui permettent de le faire avec raison et sagesse, et de rester conscient de sa nature de mortel.

Les deux amis admirent ce nouvel aspect du pendentif, et Duo est encore un peu plus retourné par toutes ses propriétés et sa symbolique.

Et plus que conquis.

- Je suis scié... murmure-t-il. C'est réellement magique, ce qui sort de vos mains et de votre imagination. Et de votre cœur, aussi.

Maître Guld range son appareil, et libéré des rayons artificiels, le pendentif reprend son aspect initial.

- Je suis heureux que mon travail vous plaise, Mr Duo.

- C'est plus que cela, il me touche. Et ce pendentif, en particulier, remue quelque chose en moi.

- S'il vous rappelle Mr Heero, je peux comprendre pourquoi.

Ca va au-delà, et seul Quatre comprend, en cet instant, ce qui se passe dans la tête et dans le cœur de son meilleur ami.
Il sent avec bonheur les bases de son blocage trembler.

- Alors, Duo, doit-on demander à Maître Guld de ne pas replacer cette merveille dans la vitrine et de plutôt te le mettre de côté, précieusement ?

Duo se mord la lèvre, son regard allant du pendentif, qu'il a repris dans sa main, à son meilleur ami.
Quatre lui sourit simplement, ne laissant rien deviner de ses pensées, car il ne veut pas l'influencer.

- Non, finit par décider Duo. Je... Je le prends maintenant, ajoute-t-il en rendant le pendentif au bijoutier, qui sourit. Son anniversaire arrivera bien assez vite.

- Parfait.

Maître Guld récupère le bijou pour l'emballer, alors que Duo fait face à Quatre, qui, pris d'une soudaine impulsion, se pend à son cou.

- Hey !

- Je suis si fier de toi ! C'est vraiment un grand pas que tu viens de faire. J'en suis tout retourné !

- Quatre...

- Ca va... Je...

Concentré comme il l'était sur Duo et l'importance du moment et de sa décision, Quatre n'a pas perçu les signes annonciateurs d'une crise ; sa main se crispe contre son cœur, alors qu'il se retient à Duo de l'autre.

- Que se passe-t-il, Mr Quatre ? s'inquiète immédiatement l'artisan.

- Il a besoin de s'asseoir, est-ce possible ?

- Bien sûr, venez, allons derrière.

Ils le suivent dans l'arrière-boutique, où Quatre, aidé de Duo, d'une bouteille d'eau et d'un sac plastique, met fin à sa crise et apaise son cœur et son esprit.

Maître Guld se dépêche d'emballer le précieux paquet pour Duo, puis les deux jeunes hommes prennent congé, s'excusant de ce départ un peu précipité, mais le remerciant surtout très chaleureusement pour son accueil, son travail, sa générosité, ses connaissances qu'il a partagé avec eux, également.

- Attends-moi là, je vais récupérer la voiture, propose Duo, une fois dans la rue.

- Ca ira, Duo, je t'assure. Ça valait le coup, tu sais ! Je suis tellement content.

- C'est pas si extraordinaire que ça, mon blocage est toujours là. Je me dis seulement que même si je repars, ça ne veut pas dire que je n'aimerais plus Heero. Donc je peux quand même lui faire ce cadeau, même si on est plus... ensemble.

- La douleur que tu ressens à cette pensée est plus forte que ta peur de l'avenir, Duo. J'ai confiance.

- Ouais. En tout cas, je regrette pas ma décision.

- C'est le principal ! On a encore le temps de voir d'autres boutiques, on commence par laquelle ?

- T'es pas fatigué, sérieux ?

- Non, ça va vraiment mieux.

- Ok, alors je te suis ! Moi, je pourrais toujours revenir plus tard.

- D'accord. Dans ce cas... allons par-là ! décide-t-il en prenant le bras de Duo.

Depuis le premier étage de sa boutique, Maître Guld suit leurs deux silhouettes jusqu'à ce qu'elles ne soient plus visibles, un sourire attendri aux lèvres et des idées plein la tête pour de nouvelles créations.

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Un peu plus tard, au Domaine.

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Après une dernière vérification, Heero rejoint Trowa à l'entrée du manège, tout juste inauguré.

- C'est bon, lui assure-t-il, on a plus besoin de nous ici, on peut rentrer.

- D'accord.

Ils n'ont pas fait trois pas sur le chemin qu'une voiture s'arrête à leur hauteur.

- Souhaitez-vous que nous vous raccompagnions, Monsieur Heero ? propose l'un des employés. Nous allons aux écuries, nous pouvons vous déposer au Manoir, il y a de la place.

- Merci, Sven, nous préférons marcher.

- Très bien, Mr Heero.

Les deux amis regardent la voiture s'éloigner et reprennent leur marche.
Ils en ont pour un bon quart d'heure à traverser le domaine et rejoindre le Manoir, et ils ont déjà prévu de rentrer à pieds et seuls, décidés à profiter l'un de l'autre le plus possible, avant le départ de Trowa.

- Merci pour ton aide et ta présence, Trowa. Je hais ces cérémonies et tout m'aurait paru beaucoup plus long sans toi.

- J'aurais préféré qu'on se roule dans la paille une dernière fois, c'était même ce que j'espérais, quand tu m'as demandé de participer à l'inauguration.

- Dumbum.

- Plus sérieusement, le nouveau manège promet ! Dommage, à part la petite démonstration que ton père et toi m'avez demandé de faire, ce matin, je n'ai pas vraiment le temps de l'essayer.

- Je ne sais pas quand tu pourras revenir, mais le deuxième manège sera sûrement terminé, aussi. T'auras de quoi rattraper le temps.

- J'ai vraiment hâte de revenir.

- Pour les manèges ?

- Pour toi aussi, bien sûr, mon Heero, répond-il en passant son bras autour de ses épaules. Mon frère t'a rendu sentimental, on dirait.

- Tu délires ! réplique Heero en se dégageant.

- Genre... Je vais pas te manquer, peut-être ?

- Tu connais déjà la réponse.

- Ca fait du bien de l'entendre, aussi !

- J'ai rien entendu de tel, de ta part.

- Vraiment ? Quel manque de courtoisie ! Toutes mes excuses, mon cher ami. Sache que tu vas cruellement me manquer, 'ro. Et dire que je n'aurais même pas mon homme pour m'aider à penser à autre chose... soupire-t-il d'un ton de parfait tragédien.

- Qu'il soit là ou pas, il accapare déjà toutes tes pensées.

- T'es jaloux ?

- J'ai tout ce qui faut près de moi, y a aucune raison.

- T'es pas drôle, 'ro, t'aurais pu jouer le jeu...

Heero jette un regard à son meilleur ami, lui adressant même un sourire, que Trowa lui rend.
Il se fait, encore une fois, la réflexion qu'il est vraiment beau, quand il sourit, d'une manière différente de l'image de la beauté froide qu'on a de lui et qui fascine et attire autant.

- Sérieusement, Trowa, c'était vraiment génial de t'avoir eu avec nous, aussi longtemps. Et d'avoir pu être témoin de ton bonheur, auquel tu aspirais depuis tant d'années.

- Bah voilà, quand tu veux !

Heero le pousse du coude en grommelant quelque chose d'incompréhensible.

- Je suis d'accord, reprend Trowa très sérieusement, on a vraiment passé de supers moments ! Merci beaucoup, Heero.

- C'est moi qui te remercie. Les choses ne se seraient pas passées de la même façon, sans ta présence et ton aide, ainsi que celles de Quatre, bien évidemment.

- Mais elles se seraient quand même passées, Heero. Je t'avais dit qu'un jour, tu rencontrerais une personne qui te prouverait que tu es encore capable d'aimer profondément et d'être aimé de la même façon, en retour. Si j'avais eu le moindre doute que cette personne puisse être mon frère, je te l'aurais amené bien plus tôt !

- Me dis pas des trucs pareils, Tro... Et merde, soupire-t-il en s'arrêtant.

- Qu'est-ce qu'il y a ? s'inquiète Trowa, en revenant sur ses pas.

Sans un mot, Heero le tire par le bras et le serre contre lui.

- Prends soin de toi, Trowa, et de Quatre, d'accord ?

Trowa sourit et lui rend son étreinte un moment.
Un moment plein d'une tendresse émouvante, qu'il leur arrive de s'accorder, parfois.

- D'accord. Je te confie mon frère, prends soin de lui, et de toi.

- Promis, répond Heero avant de s'écarter.

Ils se regardent quelques secondes, toujours avec ce petit sourire et cette tendresse qui n'appartiennent qu'à eux, puis reprennent la route, d'un même mouvement.

- Je ne sais pas combien de temps je vais rester au Cirque, avant de rejoindre Quatre et de devenir injoignable. Mais durant ce laps de temps, n'hésite pas.

- C'est aussi valable pour toi. Si t'en as assez de sauter à pieds-joints sur le dos des chevaux ou de faire danser les lions, tu connais la route.

- Je l'ai empruntée de si nombreuses fois et en toutes circonstances, je pourrais la faire les yeux fermés.

- Je n'en doute pas.

Ils continuent de marcher, choisissant volontairement la route la plus longue pour profiter encore de leurs derniers moments à deux, et Trowa profitant aussi du calme si reposant de ces magnifiques paysages.

- Heero, reprend Trowa après un court silence, j'ai mis beaucoup d'espoir dans votre relation, sans vous mettre la pression, ni à toi, ni à Duo. Tout se passe très bien, pour l'instant, et je prie que ça soit toujours comme ça, mais... Mais si jamais ça n'allait plus, je compte vraiment sur vous deux pour vous faire le moins de mal possible.

- C'est une promesse que je me suis déjà faite. Tu sais, Trowa, ajoute-t-il en enfonçant ses mains dans ses poches, je l'aime, ton frère.

- Je le sais, oui. Et je suis très heureux que tu le reconnaisses aussi facilement, aussi ouvertement. Je sais aussi combien Duo t'aime. Je ne suis pas vraiment inquiet, seulement parfois, on fait beaucoup plus de mal aux gens qu'on aime. Mais j'ai confiance en vous deux, en ce qui vous lie, au Destin et même en Asgard, qui semble vous protéger.

- C'est un fait. Mais Duo reste à convaincre et je me battrai pour lui. Je le sais, à présent, du plus profond de mon être : ce sera lui ou personne d'autre.

Trowa sourit à son ami.

- Tu me comprends vraiment totalement, aujourd'hui.

- C'est vrai que tu m'avais dit la même chose, à ton retour du désert, après ta première rencontre avec Quatre. Et tu me le redisais souvent, quand ça devenait difficile de maintenir cette distance, entre vous. Je suis bien content que ce soit lui, finalement.

Trowa soupire.

- Tout n'est pas réglé, encore. Je dois me faire accepter du désert et de sa famille.

- Tu as gagné le cœur de Quatre, le reste a-t-il vraiment tant d'importance ?

- Pour sa famille, peut-être pas, mais pour le désert, il est fort probable que ça ait une incidence, si ça se passait mal. Crois-tu que ce serait si fort, entre Duo et toi, s'il n'était pas si sensible à Asgard, si ce lieu ne l'avait pas adopté, selon vos propres termes ? Imagine qu'il se soit brûlé, à Hvergelmir.

- Je reconnais que ça compte aussi beaucoup et je ne saurai même pas te dire comment j'aurais réagi, si Asgard l'avait repoussé d'une quelconque manière.

- Mais c'est pas le cas, alors défronce tes sourcils !

- Hn.

- Heero, qu'est-ce qui se passe ? s'inquiète-t-il en posant sa main sur son épaule, sans ralentir leur marche. J'ai dit quelque chose qui fallait pas ?

- Non. Tes propos m'ont renvoyé à l'appel que j'ai reçu, tout à l'heure.

- Quand tu t'es éclipsé, un peu avant la fin de l'inauguration ?

- Hn.

- C'était grave ?

- C'était un appel de Wufei Chang.

Levé de sourcil interrogateur d'un Trowa assez surpris.

- Wufei ? Je te jure, c'est pas moi qui lui ai donné ton numéro de portable, assure-t-il en récupérant sa main.

Juste au cas où...

- Je sais. Il a appelé au bureau de mon père et j'avais fait un transfert sur mon téléphone plutôt que le sien, pour qu'on ne le dérange pas, durant la cérémonie. Il comptait demander mon numéro à mon père, mais il a eu la chance de tomber directement sur moi.

- Ok. Et qu'est-ce qu'il te voulait qui te perturbe autant ? Qui lui a fait appeler ton père plutôt que moi, par exemple ?

- Il voulait parler de Duo.

- Non, jure ! Idiot ! ajoute-t-il en lui donnant une légère tape derrière la tête, s'attirant un regard assassin. Je me doute bien qu'il t'a pas appelé pour te parler de chevaux ou pour te draguer !

- Tu ferais mieux de changer de ton, si tu veux connaître la suite.

- Je peux toujours appeler Wufei. S'il s'agit de Duo, il est beaucoup plus coopératif... Quoi qu'il a quand même évité de m'appeler pour me demander ton numéro, sachant que je ne lui aurais pas donné sans connaître ses raisons... Bon ça va, t'as gagné, parle ! Il t'a dit quelque chose qui t'a pas plu ?

- Je sais pas si ça m'a plu, mais ça me fait réfléchir, depuis.

- Quel exploit !

- T'arrêtes un peu de te foutre de ma gueule !

- Laisse-moi en profiter encore un peu, s'il te plaît. Non, sérieusement, qu'est-ce qu'il a bien pu te dire, lui qui parle si peu ?

- Justement, il a pas dit grand chose. Simplement de me mettre à la place de Duo et d'inverser les rôles et la situation, pour pouvoir agir avec le moins de risques de souffrance possible.

- Attends, c'est la tête dans le panier qui se fout de la guillotine ! Mais de quoi je me mêle, sérieux ?

- C'est ce que j'ai pensé, aussi. Sauf pour la guillotine, qui a rien à faire là.

- Oui, bon... Sacré Wufei, sérieusement... M'étonnera toujours, ce chinois. Et sinon, inverser la situation, ça veut dire quoi, au juste ?

- C'est ce que je lui ai demandé.

- Et ?

Heero plonge ses yeux dans ceux de Trowa.

- Il m'a demandé si je pourrais quitter Asgard pour Duo.

Trowa s'arrête brusquement, puis repart, rattrapant Heero qui n'a eu le temps que de mettre une foulée de distance entre eux.

Un lourd silence s'installe.

- C'est aussi ce que j'ai répondu, reprend Heero, après un soupir.

- Je comprends que ça t'aie perturbé. C'est vraiment con, en plus, mais ça ne m'est jamais venu à l'esprit.

- Moi non plus, figure-toi. Ça paraît si évident que la situation soit dans ce sens, que ce soit Duo qui reste. Tout dépend et tourne autour de cette question, va-t-il rester ici, avec moi, pour moi. Je me rends compte de ce que je lui demande, à présent, de la pression qu'il a continuellement. Pourtant, il ne le montre pas, sauf lorsqu'il culpabilise de ne pouvoir me rassurer.

- Votre situation est différente, Heero. Asgard, c'est toute ta vie, ton passé, ton présent, ton avenir, ton héritage. Eldeux, c'est le passé de Duo. Tu lui proposes un avenir, même s'il est essentiellement le tien, il peut facilement devenir le vôtre. Duo n'a pas grand chose à offrir de son passé.

Heero réfléchit à ses paroles.

- Tu n'as pas tort, mais qu'en sait-on vraiment, Tro ? Il a quand même une vie présente, avec toi, votre père, ses amis, la Clinique. C'est ce à quoi je lui demande de renoncer, en restant ici, avec moi.

- C'est un quotidien auquel il a renoncé durant ces mois passés ici, et il n'en est pas traumatisé. Il n'est pas question de couper les ponts, juste d'avancer, et nous serons toujours là. Tous ces éléments que tu as évoqué continueront de faire partie de sa vie, mais de manière secondaire.

- Ce n'est pas peu.

- Certes, mais ce sera SA décision, alors t'as pas à te prendre la tête comme ça. Il est parfaitement conscient de ce qu'il peut laisser derrière, et prend de jour en jour conscience de ce qu'il peut gagner au change, grâce à toi.

- Hn.

- Tu ne triches pas, Heero, tu joues tes propres atouts en toute confiance et dans ton bon droit. C'est bien que ces quelques mots échangés avec Wufei t'aies permis de te rendre compte de ce qui pèse sur les épaules de mon frère. Mais tu n'en es pas responsable. Par contre, tu l'en soulageras en l'aidant à prendre la meilleure décision.

- Vive l'objectivité ! ricane presque Heero.

- Tu seras objectif parce que que tu l'aimes et tu veux qu'il soit heureux, même si pour cela, tu devais renoncer à lui. Tu as cette force et cette générosité en toi.

- J'espère ne pas avoir à en arriver là.

- J'espère aussi. Vous êtes tellement craquants, tous les deux !

- Si tu veux tout savoir, je trouve aussi qu'on fait un très beau couple.

Trowa sourit.

- C'est horrible, parce que ça vous rend tous les deux encore plus mignons.

- Et alors quoi ? Tu regrettes de ne pas en avoir profité avant ?

- Carrément pas, surtout que je l'ai fait ! Non, je pensais surtout à tous les célibataires des deux sexes qui soupiraient déjà après vous. Quand ça va se savoir, ça va être l'hécatombe.

- Si ça me permet d'avoir la paix, je m'en contrefiche.

- C'est bien toi, ça. A ce propos, j'aurais un service à te demander.

- Dis-moi.

- Tu te souviens de mon amie journaliste, Lady Une, avec qui je bosse parfois.

- Ta maîtresse attitrée des soirs de famine, oui, je me souviens très bien d'elle.

- Ça, tu pouvais et peux toujours l'oublier.

- Bien. Je me souviens donc de ton amie et collègue Lady Une. Qu'attends-tu de moi ?

- Elle peine un peu, en ce moment, à vendre ses sujets et ses papiers, vu qu'elle est indépendante et n'est rattachée à aucune rédaction. Je pensais donc que si tu avais l'intention d'officialiser ta relation avec Duo, ce serait sympa de lui accorder une petite interview.

- L'exclusivité, même, accepte immédiatement Heero. Ça m'arrangerait bien de ne faire qu'une seule interview. Je comptais sur toi pour écrire un article dont tu as le secret, en choisissant la forme et le contenu.

- C'est bien ce que j'avais l'intention de faire, mais vu que ma consœur est en difficulté, ce serait vraiment lui donner un sacré coup de main.

- Pour remplacer les coups de rein auxquels elle n'aura plus jamais droit ?

- Mais t'as fini avec ça ! proteste-t-il en le tapant légèrement derrière la tête.

- Pourquoi tu serais le seul à profiter des possibilités qu'il nous reste de se taquiner un peu ? réplique-t-il en lui taclant l'arrière du crâne à son tour.

- Ok, si tu le prends comme ça...

- Je n'ai fait que poser les conditions.

- Tu peux être sûr que je les accepte, il nous reste encore quelques heures.

- Parfait. Pour en revenir à ton amie, c'est d'accord. Mais je veux que tu lises et valides chaque mot de la version définitive de l'article qu'elle va proposer et que tu t'assures que rien n'aura été modifié, avant sa publication.

- Promis. T'as vraiment pas à t'en faire, c'est une chouette fille.

- La seule femme a avoir su dompter le lion que tu es est certainement plus que chouette, elle doit aussi sûrement avoir du caractère, entre autres atouts. Alors je ne m'inquiète pas. Dis-lui de m'appeler, que nous puissions convenir d'un rendez-vous.

- Merci, 'ro. Si tu comptes toujours aller à Eldeux, vous pourriez en profiter pour vous voir. Ce ne sera pas long, une heure devrait suffire.

- Je n'ai pas encore parler avec Duo, pour Eldeux. Je te tiendrai au courant lorsque ce sera décidé.

- D'accord. Tu ne lui en as pas parlé faute de temps, où parce que tu hésites ?

- Je n'ai pas vraiment eu le temps. On s'est un peu réveillé en retard, ce matin.

- C'est pas cette version, que j'ai eu : Duo dit qu'il s'est réveillé en retard, parce que tu as préféré le laisser dormir encore.

- Sa fièvre, son rêve, ses souvenirs, la discussion qui a suivi l'ont fatigué, ça ne pouvait pas lui faire de mal de dormir un peu plus longtemps. Et puis comme ça, vuequ'il a dû se dépêcher, il n'a pas trop eu le temps de t'engueuler.

- Je me suis quand même pris une bonne dose de reproches au petit-déj, entre les toasts et le jus d'orange...

- Je n'aurais pas dû lui en parler, d'après toi ?

- Tu as bien fait, Heero. Il était temps qu'il le sache, même si ça ne m'était pas encore venu à l'esprit de lui dire moi-même.

- Tu sais, je me demande sérieusement si Oliver peut être derrière tout ça.

Trowa hausse les épaules.

- Moi, je ne me demande plus, je le sais.

- Comment ça ?

- S'il peut agir sans que Duo soit conscient qu'il le fait, n'a-t-il pas aussi libre accès à ses souvenirs ? Je me suis souvent posé la question.

- Tu veux dire qu'il aurait volontairement libéré ce souvenir-là ? Pourquoi ?

- Parce que Duo a aujourd'hui la force d'accepter ce fait, de par ta présence. Si je lui avais appris ça à un autre moment, je ne sais pas comment il aurait réagi. Je n'aurais pas eu les mots que tu as eu, toi, pour l'apaiser, étant beaucoup trop concerné. Quatre, peut-être, mais ce n'est pas une certitude. Et puis ça tombait bien, Duo a offert l'occasion en exprimant son souhait de te donner la chaîne de Solo.

- Hn.

- Et puis tu sais, 'ro, c'était la volonté de Solo qu'il n'y ait jamais eu aucun secret pour Duo et entre eux. Ça ne m'étonne pas qu'Oliver ait agi pour que cette volonté soit respectée, par-delà la mort.

- Il faudrait vraiment que j'ai une discussion avec Oliver.

- Ça fait un moment que tu dis ça. Je crois aussi que c'est nécessaire. Mais il ne te suffit plus de regarder Duo et de dire "je veux parler à Oliver" pour qu'il soit là.

- Pourquoi ?

- Parce qu'il s'efface de plus en plus pour vous laisser seuls, si je puis dire. Sauf en cas de danger, il n'est plus aussi facilement là qu'avant.

- Tu veux dire qu'il est en retrait ?

- Je ne sais pas. Quatre me dit qu'il s'efface comme s'il était absorbé par Duo. Ça fait un moment que ça dure.

- Il m'en a parlé aussi.

- Je sais, oui. Quoi qu'il en soit, il est réellement très important que tu parles avec Oliver. Il y a beaucoup de choses à mettre au point, avec lui.

- Nous en aurons l'occasion, très prochainement.

- Parfait. Tu me diras ce qu'il en est sorti.

- Hn. Mais je me demande si je ne devrais pas attendre que Quatre revienne...

- Non, c'est inutile, tu t'en sortiras très bien tout seul. Au pire des cas, tu pourras m'appeler.

- Je m'en souviendrai.

Trowa pose sa main sur l'épaule d'Heero et la serre tendrement un bref instant.

- Tu ne te sentais pas capable de beaucoup de choses, et tu me prouves chaque jour que j'ai raison de te faire autant confiance. Je ne m'inquiète pas.

- Merci, Trowa.

- De rien. Ah ! la voiture est là, ils sont rentrés, remarque-t-il, alors qu'ils arrivent enfin au Manoir. T'es prêt à voir si le bras de Duo a tricoté sa fourrure pour l'hiver ?

- T'es con, ma parole ! Tu sais comme moi que tout le monde n'a pas la peau recouverte d'une double couche de poils, après avoir porté un plâtre. Ça dépend de tellement de choses.

- Mais oui, je le sais. Mais Duo a une pilosité si légère que justement, tu pourrais être surpris, après que ses poils aient macéré durant trois semaines et demi sous un plâtre !

- On est obligé d'avoir ce type de conversation, à trois-quarts d'heure du déjeuner ? soupire Heero.

- Pardonnez-moi d'avoir heurté votre sensibilité, Seigneur Heero, se moque gentiment Trowa en inclinant le buste.

Heero en profite pour lui donner un coup sur la tête.
A ce rythme là, ils vont bientôt devoir arrêter de les compter...

- Je me fiche de ses poils, Tro. Je suis juste très pressé de pouvoir sentir ses bras autour de moi m'entourer complètement, sans aucune gêne. J'en avais tellement marre de ce plâtre...

- Ça devenait si gênant que ça ?

Heero s'arrête et lui fait face.

- Quand tu veux connaître et toucher chaque centimètre carré de la personne que tu aimes, oui. C'est chiant de se cogner dessus aussi.

- Tu t'es quand même pas déjà fait assommer, si ?

- Mais non ! Il était juste présent, entre nous, et j'n'en pouvais plus !

- Je vois. Allons, respire, c'est fini tout ça ! Tu vas pouvoir le dévorer des yeux et des lèvres entièrement. Plus un seul centimètre de son corps n'en réchappera.

- Exactement, répond Heero avec une lueur dans le regard que Trowa ne lui a tout simplement jamais connu.

- Hey, doucement, quand même, va pas lui re-casser quelque chose !

- Non mais ça va pas, quelle idée ! réplique Heero en montant les marches. Alors, tu viens ?

Trowa lève les yeux et les bras au ciel avec un soupir à fendre l'âme, puis le suit, amusé malgré tout par son impatience.
Ils comptaient monter directement dans leurs chambres, pensant trouver leurs hommes, mais ils entendent une voix, au premier, alors ils s'y arrêtent.

Dans le Salon, ils trouvent Duo, penché sur le dossier d'un fauteuil, de dos, en grande discussion avec... Ratatosk.
Dès qu'il aperçoit Heero, l'écureuil se précipite vers lui et grimpe jusqu'à son épaule.

- Hey ! proteste Duo en se retournant. Ah, c'est vous ! Je comprends mieux. Je suis content de vous voir, j'étais en train de cuisiner Ratatosk pour savoir où vous étiez.

- Yuk... j'ai plus faim... soupire Trowa, qui s'est déjà bien reculé d'Heero, lorsque l'écureuil s'est perché sur son épaule.

- T'es vraiment désespérant, Big Brother, des fois...

- Souvent, ajoute Heero en s'avançant vers Duo, qui met trop de temps à les rejoindre, à son goût. Alors, ce poignet ?

Duo glisse ses deux bras autour de sa taille, puis les replie dans le dos d'Heero, les mains à plat sur ses omoplates, pour le serrer fort.

- T'en penses quoi ? demande-t-il, contre ses lèvres.

- C'est parfait, murmure Heero en refermant ses bras autour de lui pour lui rendre son étreinte.

- Comment vous pouvez vous câliner avec cette... chose sur ton épaule, Heero ?

- Justement, tu ne veux pas l'emmener, Tro ?

- Je vous aime du plus profond de mon cœur, mais il est absolument hors de question que je m'approche de cette sale bête. Je déteste la manière dont il me fixe.

L'écureuil le regarde encore un moment, la tête légèrement penchée sur le côté, puis descend de l'épaule d'Heero et disparaît par la terrasse.

- Tu l'as vexé, ou alors mon père l'a appelé. J'étais pas très concentré, j'ai pas entendu le tintement de sa cloche.

- Pas grave, honey, je t'ai que pour moi, comme ça... répond Duo, en faisant passer ses mains sous le pull d'Heero, pour caresser son dos.

Il frissonne violemment sans pouvoir se contrôler, soumis à la torture de ses mains si chaudes et si douces, et plonge son visage dans ses cheveux en le serrant plus fort.

- Bien, c'est à ce moment-là que je prends discrètement congé...

- La discrétion implique le silence, Trowa... répond Heero sans bouger pour autant.

- Je voulais juste savoir si Quatre était dans notre chambre...

- Oui, confirme Duo, les yeux clos, plus vraiment là, lui non plus.

- Ok. On se retrouve dans une demi-heure pour le déjeuner...

- Hn...

Trowa soupire, mais le regard qu'il pose sur eux est rempli d'affection et de tendresse.
Il les abandonne à leur douce étreinte pour rejoindre Quatre, impatient aussi de le serrer contre lui.

Heero garde encore un moment Duo contre lui, alors qu'ils se balancent doucement, et profite de la caresse de ses doigts et de ses deux mains sur la peau nue de son dos.
Il savoure également la douce musique de cet incroyable ronronnement qui monte de la gorge de Duo, lorsqu'l lui caresse les reins, comme en cet instant.

Mais une envie plus forte le résout à interrompre ce doux moment pour s'écarter de lui.
Duo l'interroge du regard, derrière le voile brumeux du plaisir et du bien-être.

Heero prend son bras et remonte sa manche, découvrant la peau plus pâle, enfin libre, et couverte d'un fin duvet, qui arrache un tendre sourire au cavalier.

Il y promène ses doigts, l'effleurant seulement, et n'en revient pas de la douceur de sa peau, alors qu'elle a été enfermée et comprimée plusieurs semaines sous un plâtre, ce qui se devine quand même, mais légèrement.

Il trace ensuite un doux chemin de baisers, depuis le coude jusqu'au creux de sa main, et recommence de l'autre côté, plusieurs fois, jusqu'à ce que plus un seul centimètre de peau, auparavant sous le plâtre, n'ait échappé à ses lèvres.

Satisfait, il entrelace leurs doigts et garde leurs mains nouées contre son torse, avec délicatesse, attirant Duo contre lui en passant son autre bras autour de sa taille.
Prudemment, il recule jusqu'à pouvoir s'appuyer contre le dossier bas du canapé.

- Tout s'est bien passé, alors ? Qu'ont dit le médecin et le chirurgien ?

Duo lui fait un rapide résumé, avant de l'interroger à son tour sur l'inauguration du manège.

Duo reprend ensuite avec le récit de leur matinée au centre ville et de leur passage chez Maître Guld, omettant volontairement le passage avec le pendentif du Sagittaire, à présent sagement rangé dans ses affaires.

Heero choisit aussi volontairement de ne pas parler de l'appel de Wufei, remettant cela à plus tard.

- Dis-moi, Duo, reprend Heero après un silence, ce qui s'est passé avec DS hier ne remet pas la confiance que tu as réussi à établir, entre Grégory et lui, n'est-ce pas ?

- Non. Je ne les aurais pas laissé rentrer seuls, hier, même fatigué comme je l'étais.

- Vous allez bientôt pouvoir le seller, alors ?

- Oui. J'ai pas vraiment pu m'en occuper sérieusement, cette semaine, alors j'ai préféré éviter de me lancer dans quelque chose d'irrégulier. Mais dès lundi, je compte svraimentt m'y mettre, avec Greg.

- Tu sais combien de temps cela peut te prendre ?

- A deux, on devrait pouvoir s'en sortir en trois jours, trois demi-journées, plutôt. On ne va pas l'épuiser une journée entière, à chaque fois. J'espère que ce sera réglé avant vendredi prochain, que je puisse faire mon aller-retour à Eldeux plus sereinement.

- Ce serait bien, oui, que tout soit fini jeudi.

Duo, qui jusque-là avait gardé sa tête sur l'épaule de son cavalier, la relève pour le regarder dans les yeux.

- Toi, tu as quelque chose à l'esprit...

Heero lui embrasse le bout du nez, alors que sa main se perd dans ses cheveux, dont il a retiré l'attache un peu plus tôt pour pouvoir en profiter pleinement.

- Je me demandais si Greg pouvait se débrouiller seul quelques jours... ou plus.

- Il s'en est très bien sorti la dizaine de jours où j'étais retourné chez moi, alors que DS venait juste de reprendre confiance, je ne me fais vraiment aucun souci.

- Parfait.

- Et où est-ce que je serai, moi, ces quelques jours... ou plus ?

- Avec moi.

- Hummm... Mais encore ?

- On a besoin de vacances, non ?

- C'est sûrement vrai pour toi, honey. Moi, je me considère déjà en vacances.

- D'habitude, je ne suis pas au Domaine entre la mi-août et la mi-septembre. Je reviens pour les compétitions qui ont lieu fin septembre, début octobre.

- Tu es resté... à cause de moi ?

- Je comptais bien rester tout l'été, lorsque le premier jour de ton arrivée, tu as dit que cela te prendrait du temps. Je voulais te voir au travail, mais je pensais aussi que d'ici le mois d'août, tu aurais fini ou j'en aurais vu assez.

- Mais c'est souvent avec Trowa que tu pars en vacances, et il était là.

- Oui, il nous a rejoint, et Quatre, ensuite. Je ne voyais pas l'intérêt de partir, alors qu'on passait de bons moments ensemble. Mais c'est vrai que Trowa m'a demandé si je voulais qu'on parte un peu, tous les deux, et j'ai refusé. Je ne voulais pas te laisser, Duo. Ton état m'inquiétait, et très sérieusement, je n'arrivais pas à m'imaginer loin de toi.

Duo repose sa tête sur son épaule et ses lèvres contre son cou, à portée.

- Mais tu as continué de travailler.

- Je ne pouvais pas rester ici sans rien faire, personne ne devait soupçonner mes raisons, que j'essayais moi-même de me cacher. J'en ai donc parlé avec mon père, je prévoyais de partir plus tard, après les courses, une fois que la nouvelle saison serait lancée.

- Donc maintenant.

- Hn. Et je ne partirai qu'avec toi, j'ai envie qu'on ne soit que tous les deux. Tu es tenté ?

- T'avoir que pour moi, bien sûr que je suis tenté ! Et on irait où ?

- Étant donné que tu as prévu de repartir à Eldeux, pour l'anniversaire de Solo, vendredi prochain, je me disais qu'on pourrait faire d'une pierre deux coups.

Duo se recule pour pouvoir le regarder dans les yeux, pour être sûr de bien avoir compris le sens de ses paroles, où il veut en venir exactement.

- Comment ça ?

- J'aimerais venir avec toi et qu'on y reste un peu plus qu'une journée. Autrement dit, serais-tu d'accord pour m'offrir un peu de ton monde, enkeli ?

- Bien sûr, honey, mais... C'est vraiment ce que tu veux ?

- Rien ne me ferait plus plaisir, tu sais. J'aimerais vraiment que tu me présentes ta mère et ton frère, toujours si tu es d'acc...

Heero ne peut poursuivre, Duo l'ayant interrompu de ses lèvres, posées avec fougue sur les siennes.
Lorsqu'il se recule, il voit les larmes qui ont roulé sur ses joues, et les essuie par de doux baisers.

- Ca veut dire oui, enkeli ?

Duo hoche la tête.

- Ce serait un honneur de te présenter à eux.

- Pour moi, sans aucun doute.

Duo l'embrasse de nouveau, cette fois plus tendrement, mais avec toujours autant d'émotion.

- Et ensuite, où as-tu prévu d'aller ?

- Tout dépend de toi, répond-il après une hésitation.

Il sait que par cette réponse, il demande involontairement à Duo de se projeter, c'est pourquoi il ne s'étonne pas de le sentir se raidir entre ses bras.

- Honey, je...

- Je sais, ne t'en fais pas, le rassure-t-il en attirant sa tête contre son épaule. Je te demande juste ce que tu aimes, comme vacances. Tu es plutôt mer, montagne, farniente, fiesta... ?

- Aujourd'hui, je suis plutôt "Heero", répond-il très sérieusement.

Heero sourit, le cœur retourné par ces simples mots et le serre plus fort.

- Si tu savais comme je t'aime...

Duo se redresse, tout sourire, et passe ses deux bras autour de son cou.

- Chaque instant passé avec toi me le montre, honey. Et parce que je t'aime tout autant, je n'ai réellement besoin de rien d'autre que de toi, pour être bien, peu importe le lieu.

Après un doux baiser, Heero revient à la charge.

- Tu dois bien avoir une préférence ?

Duo pouffe contre son cou.

- Tu lâches rien... finit-il par répondre, les yeux dans les yeux. Non, deary, tant que j'ai mon Heero et mon chocolat chaud, éventuellement, un peu d'eau pour faire mes longueurs hebdomadaires... Et encore, vu le sport que tu me fais faire, c'est secondaire... non mais c'est vrai !

- D'accord, d'accord.

- Et toi ?

- Je veux seulement qu'on ait une paix royale. Une fois qu'on sera passé par Eldeux, je veux t'avoir pour moi seul. Voir le monde à travers ton regard. On a un peu de temps pour réfléchir.

- Combien de temps durent tes vacances ?

- De trois semaines à un mois. Nous resterons aussi longtemps que tu le souhaites à Eldeux. Et pour le reste, nous réfléchirons, nous avons le temps.

- Ok.

Duo passe ses mains dans les cheveux de Heero en souriant, jusqu'à ce qu'il remonte sa main pour immobiliser la sienne et la ramener jusqu'à ses lèvres, pour embrasser son poignet fragilisé.

- Ta peau est incroyablement douce.

- J'ai mis une crème chinoise que m'avait conseillé Wufei, la première fois que j'ai eu un bras cassé. C'est super efficace et super rapide, ça calme les démangeaisons, ça aide à cicatriser et ça rend la peau toute douce... Oh, ça me donne une idée !

- Laquelle ? demande Heero sans cesser de câliner son poignet, en plissant ses yeux.

- Non, honey, je pense aux vacances...

- J'ai rien dit...

- Mais la lueur dans ton regard et la pression de tes lèvres sur ma peau, eux, m'ont tout dit des pensées des plus coquines qui ont dû germer dans ton esprit.

- J'y peux rien, c'est ta peau qui me fait cet effet, se défend Heero en détachant ses lèvres. Je t'écoute, ajoute-t-il en souriant.

- Il n'y a pourtant rien d'aphrodisiaque dans cette crème, crois-moi, je m'en suis assuré avant de me tartiner le bras, la première fois !

- J'ai pas dit que c'était la crème, tu sais très bien l'effet que tu me fais. Dès que je reste un peu trop longtemps près de toi, j'ai la tête qui tourne. Tu n'imagines pas la maîtrise dont je dois faire preuve, quand on est en public.

- Je ne pensais pas avoir un tel pouvoir sur tes sens... c'est bon à savoir !

- N'en profite pas...

- Si t'es gentil, j'aurais pas besoin ! Et comme tu l'es, t'as aucun souci à te faire, n'est-ce pas ?

- Exact, confirme Heero, contre ses lèvres. Alors, cette idée ?

- Oui, changeons de sujet avant que tu ne décides qu'on peut se passer du déjeuner...

- J'en suis pas loin, confirme-t-il en emprisonnant sa lèvre inférieure entre ses dents.

Duo prend le temps de l'embrasser, disons pour le mettre dans de bonnes dispositions, avant de répondre.

- La crème de Chine m'a fait penser à l'Asie, et je pensais qu'on pourrait aller au Japon.

Le sourire d'Heero s'efface.

- Que veux-tu aller faire au Japon ? demande-t-il plus froidement qu'il ne l'avait souhaité.

- Honey...

- Non, sérieusement, Duo ? reprend-il plus gentiment.

Duo dégage les mèches qui barrent son front et plonge ses yeux dans les siens.

- C'est une partie de toi, quand même...

- Qui ne m'intéresse pas. Et comme je suis certain que ce n'est pas par envie mais seulement par rapport à moi que tu y as pensé, on oublie.

- Tu te trompes, j'ai vraiment envie de découvrir cette partie-là de tes origines.

- C'est une très mauvaise idée.

- Sur le coup oui, tu as des raisons de le penser, mais c'est quand même un pays magnifique et une civilisation très intéressante. Il y a beaucoup de choses à voir ! C'est une destination comme une autre.

- Tu sais bien que non.

- Si, Heero. C'est toi qui la rattache à ta mère, mais y a certainement aucun risque qu'on la croise...

- Duo...

- S'il te plaît, promets-moi d'y réfléchir.

- Je...

- Honey...

- J'y réfléchirai, finit-il par céder.

- On est pas obligé de rester longtemps, tu sais... continue Duo, le regard un peu vague.

- C'est bon, Duo, je t'ai dit que j'y réfléchirai.

- Et puis c'est vrai, je disais ça un peu pour plaisanter, mais y a vraiment aucun risque qu'on croise ta mère...

- Mais c'est dingue, ça ! l'arrête Heero en prenant son visage entre ses mains, pour recentrer son attention sur lui. Y a vraiment qu'un seul moyen de te faire taire, toi !

Duo sourit jusqu'à la dernière seconde, lorsqu'il sent enfin les lèvres de son cavalier happer les siennes.

C'est lui qui approfondit leur baiser, savourant encore le plaisir de pouvoir glisser ses mains dans les cheveux d'Heero, appréciant la précision avec laquelle elles épousent parfaitement la courbe de sa tête.

Heero apprécie également cette douce caresse et ce baiser passionné qui n'en finit pas, mais qui n'est pourtant pas encore assez ; ses mains se glissent sous les vêtements de Duo, alors qu'il le serre plus fort contre lui, avec cette envie de plus en plus forte et pressante de fondre leurs corps en un seul.

Ils sont tellement perdus dans leur fougueux échange qu'ils n'entendent pas les pas s'approcher.

Mais la voix qui s'élève et résonne dans le Salon est, elle, bien assez désagréable pour les arracher brusquement du petit nuage qui les faisait monter de plus en plus haut sur l'échelle du désir et du plaisir...

- Dites-moi que je rêve ! C'est un véritable lupanar, ici !

Ils se détachent légèrement l'un de l'autre.

- "Lupa" quoi ? demande Duo.

- Aucune importance, lui répond Heero en faisant face à sa belle-mère, tout en gardant Duo contre lui. Que faites-vous ici, Frigg ? (2)

- Tu n'es pas concerné par le motif de ma venue. Cependant, puisque je suis ici, autant en profiter. Duncan, ajoute-t-elle en posant son regard vert sur lui, bien que je désapprouve totalement ces relations entre gens du même sexe, qui sont pour moi contre nature, je tiens tout de même à te remercier du fond du cœur d'avoir entraîné ou suivit Heero dans cette perversion.

- Qu'est ce que cela peut bien vous apporter ? demande-t-il, méfiant.

Frigg leur adresse un sourire qui aurait pu être beau, dans ce visage aux traits délicats, s'il ne respirait pas autant la malveillance.

- Grâce à toi, Duncan, j'ai à présent la certitude que le sang noble et pur de mon cher Odin ne sera pas transmis à travers toi, Heero, pourrissant davantage la lignée sacrée du Maître d'Asgard. C'était déjà une tragédie qu'il mêle son sang et son essence à cette catin qui t'a donné naissance...

- Je vous interdis de...

- Tu sais, le coupe Duo en serrant sa main plus fort, le surprenant, il ne faut pas lui en vouloir de prétendre tout savoir comme ça. C'est normal de penser qu'on peut tout dire sur la pourriture, quand on vit soi-même dans les marécages... non ?

Frigg devient blanche sous l'insulte, puis rougit rapidement sous la violence de la colère.

Heero, lui, ressent une grande fierté, et ne peut retenir un sourire mauvais.
Duo vient de le venger de plusieurs années d'insultes et d'humiliations en rapport avec sa mère.

- Comment oses-tu ? Vous êtes de la même engeance ! Pourquoi s'étonner, alors, que vous soyez si épris l'un de l'autre ? Les bêtes se reconnaissent entre elles ! Je...

- Odin ?

Les trois visages se tournent vers la seconde entrée du Salon, que la propriétaire de cette voix, douce comme la caresse d'une mère ou d'un amant, harmonieuse comme la douce mélodie d'une harpe, vient de franchir.

Il s'agit de Freya, "la mystique au yeux bleus", la plus mystérieuse des femmes d'Asgard et la plus proche d'Odin... après Frigg. (3)

Lorsque Freya a perdu son mari dans d'étranges circonstances, Odin, dont il était l'un des meilleurs amis, lui a proposé de s'installer sur le Domaine et de vivre sous sa protection, le temps de faire son deuil.

C'était il y a quinze ans, et Freya n'est jamais repartie.
Depuis, personne ne sait vraiment quelle est la nature exacte de sa relation avec Odin.

Duo n'a jamais été sensible aux charmes féminins, pas de cette façon là, mais en présence de Freya, il est toujours quelque peu troublé.
Certains disent que c'est à cause de son collier d'ambre, fait à partir des larmes de son deuil...

Car Duo n'est pas le seul à ressentir ce trouble, Freya fait cet effet à tout le monde, tant sa beauté, sa grâce, la pureté de ses traits lui confèrent un aspect presque irréel ; ses cheveux qui cascadent autour de son visage et sur ses épaules en longues boucles dorées, sa peau blanche, presque diaphane, le bleu envoûtant de ses grands yeux donnent l'impression qu'elle est auréolée de lumière...

Ceci ajouté à sa discrétion, sa douceur, ses connaissances dans de nombreux domaines et les miracles qu'on lui a souvent prêté, explique en grande partie pourquoi elle est appelée "la mystique aux yeux bleus".

Et pourquoi Frigg la déteste tant, car ce merveilleux soleil, aussi étrange que cela puisse paraître, lui fait de l'ombre...

- Que fais-tu ici, Freya ? l'agresse-t-elle presque.

- Je cherche Odin, répond-elle sans se départir de son doux sourire. Bonjour, Heero, bonjour, Duncan, ajoute-t-elle en s'avançant vers eux.

- Bonjour, Freya, la saluent-ils alors qu'elle vient les embrasser.

- C'est incroyable, Heero, tu as la même aura que ton père. J'étais persuadé qu'il était là.

- Ridicule, intervient sèchement Frigg. Tes pouvoirs sont décidément bien limités, ma chère. Suis-moi, je vais te conduire à mon Seigneur, que tu ne fasses plus d'erreurs si grossières.

- Je te rejoins, Frigg. Ton aura à toi, il n'y a aucun risque que je la confonde avec une autre.

- Bien évidemment, il n'en existe aucune de si puissante ! Dépêche-toi, cependant. Quant à toi, Heero, profite bien de ton bonheur avant d'être abandonné, une fois de plus. Tel est ton Destin, tu n'y échapperas pas.

Sans un mot de plus, elle fait demi-tour dans un nuage de voiles et de tissus inutiles, avant de quitter le Salon, tête haute.

Duo serre la main d'Heero plus fort.

- Je suis désolé, honey...

- Tu n'as pas à l'être, je te remercie au contraire de l'avoir remise à sa place.

Freya leur adresse un doux sourire dont elle a le secret.

- Heero, ne prête pas attention aux paroles empoisonnées de Frigg. Elle connaît le Destin, mais ne peut le révéler que si on le lui demande, ce que tu n'as pas fait. Elle a dit cela pour te blesser, uniquement.

- Ne t'inquiète pas Freya, je suis habitué, je l'ai bien compris. Ses mots ne m'atteignent plus à présent, ajoute-t-il en souriant à Duo.

Freya prend leurs deux mains entrelacées entre les siennes.

- Je n'ai aucun doute à ce sujet, assure-t-elle en les regardant droit dans les yeux, tour à tour.

Des yeux aussi bleus qu'un ciel d'été, aussi profond, immense et calme qu'un océan.

- Merci, Freya.

- Je t'en prie, Heero. A plus tard, leur dit-elle encore en s'écartant.

Elle leur adresse un dernier sourire avant de sortir.
Duo reste un moment immobile, comme figé, les yeux rivés sur la porte.

- Je dois la considérer comme une menace ?

Il sursaute, avant de se tourner vers Heero.

- Excuse-moi, Heero. A chaque fois, elle me fait cet effet-là. Mais rassure-toi, ça n'a rien à voir avec celui que toi, tu me fais, je te jure.

- Je peux comprendre, elle est... spéciale.

- C'est moi qui vais être jaloux, là, grimace Duo.

- Aucune raison. Je t'ai déjà dit que Freya avait été là pour moi, d'une manière bien particulière. Je l'ai toujours repoussée, refusant qu'une femme me trahisse à nouveau, comme ma mère. Elle ne s'est pas imposée, elle était elle-même en deuil durant des années. C'est simplement qu'elle m'a offert de partager nos silences, notre tristesse, notre incompréhension face à la mort de son époux, pour elle, et l'abandon de ma mère, pour moi. C'était ce dont j'avais besoin.

- C'est un des grands mystères d'Asgard, je sais, mais tu ne pourrais pas me dire si ton père et elle sont ensemble ?

- Leur lien est très fort, répond Heero en s'appuyant de nouveau contre le canapé. Ils sont amants, parfois, et je t'avoue que j'aurais mille fois préféré qu'elle soit l'épouse officielle de mon père, plutôt que cette vipère de Frigg. Mais Freya a perdu son époux très jeune, elle était si attachée à lui qu'elle ne pourrait sérieusement envisager de le remplacer.

Duo s'avance jusqu'à la terrasse sans y entrer, posant juste ses mains et son front sur la vitre, près de la porte.

- Il ne s'agit pas de le remplacer, c'est impossible. Seulement, même si on a déjà aimé quelqu'un plus que tout au monde, on peut encore aimer, après avoir perdu cette personne. Différemment, bien sûr, mais tout aussi intensément. Ça n'enlève rien à l'amour qu'on continue de porter à l'autre personne, par-delà la mort, et ça ne diminue en rien l'amour que l'on porte à cette nouvelle personne. Peut-être même que cet amour, si on lui en donne le temps, pourra devenir plus fort que ce qu'on avait connu, jusque là. Même s'il est difficile de lutter contre un fantôme, contre un amour qui s'est figé à son apogée, c'est réellement possible. J'y crois vraiment.

- Duo... commence Heero en s'approchant de lui.

Mais Duo est complètement perdu dans ses pensées et continue, sans tenir compte de son interruption.

- Il faut un temps pour le comprendre, c'est vrai, et surtout il faut le vivre. Parce que dit comme ça, au début, ça paraît impossible. Je sais aujourd'hui que ça l'est, parce que je t'aime d'un amour que je ne pensais pas être capable d'éprouver, un jour, tant il est intense et profond, tant il fait naître en moi des choses que je pensais à jamais disparues...

Sentant soudainement une présence derrière lui, il se retourne pour se retrouver face à Heero et devant le regard surpris et ému qu'il pose sur lui, il se rend compte de la portée de ses paroles.

Il rougit et détourne le regard.

- Je suis désolé, je n'avais pas l'intention de te faire une telle déclaration, c'est vraiment sorti tout seul...

- Ne t'excuse pas, répond-il en lui relevant le menton. C'est...

Ne trouvant pas les mots, il l'embrasse tendrement, avant de le serrer contre lui.

- Tu sais Heero, reprend-il après ce tendre moment, Frigg a vraiment tort, je ne t'abandonnerai pas. Même si je devais repartir, si tu le veux également, si nous le décidons ensemble, il se pourrait que je revienne. Tu souris, je le sens, ajoute-t-il en s'écartant. Pourquoi, tu ne me crois pas ?

- Tu as dit "même si" pas "quand je repartirai".

- Honey...

- Je sais, enkeli, il y a une grande différence entre ce que tu veux et ce que tu peux. Mais ces petits détails me rendent bêtement heureux, quand même.

- Du moment que ça ne te donne pas de faux espoirs... J'ai si peur de te blesser...

- Tu ne m'as rien promis, concernant notre avenir, Duo. Simplement de me rendre heureux, au jour le jour, et de profiter du présent avec moi, et c'est ce que tu fais. Arrête de t'inquiéter pour moi et de culpabiliser, je suis un grand garçon. Même si notre relation me donne parfois, enfin souvent, la légèreté des premiers amours insouciants, tout en étant des plus sérieuses.

- Je suis content de ne pas être le seul à avoir l'impression qu'il me pousse des ailes dans le dos...

- Tu les avais déjà, mon Elfe de Lumière. Mais tu ne savais plus t'en servir.

- Tout comme toi.

Heero reste un instant interdit, puis sourit, avant de déposer un baiser sur son front.

- Ne me dites pas que vous ne vous êtes pas décollés depuis que je vous ai laissé, tout à l'heure ? soupire Trowa en entrant dans le Salon, aux côtés d'un Quatre tout sourire.

- Et qu'en bien même ? répond Duo en lui tirant la langue. On fait ce qu'on veut !

- Alors on doit vous laisser et aller déjeuner seuls, c'est ça ?

- Mais non, puisque vous êtes là, allons-y.

- Je vous rejoins, j'ai laissé mon portable là-haut et j'attends un appel important de ma sœur, les prévient Quatre. Duo, tiens, je t'ai descendu tes cachets pour ton rhume.

- Merci, angel, répond Duo en les récupérant. T'es adorable.

Quatre sortit, ils commencent à avancer vers la salle à manger, mais une voix les arrête.

- Odin ?

Ils se retournent et se retrouvent face à une très belle jeune femme, encore inconnue de Duo et de Trowa.

Sa natte a l'air aussi longue que celle de Duo - mais ils ne peuvent pas vérifier, puisque Duo a les cheveux lâchés, aujourd'hui - et est aussi blonde que Quatre.
Et ses yeux sont également de ce bleu presque turquoise, sous de fins cils presque blancs.

- Idunn, quelle surprise ! la salue Heero en revenant vers elle. Bonjour.

- Bonjour, Heero, répond-elle en l'embrassant. C'est moi qui suis surprise, je pensais trouver ton père. Plus les années passent, et plus vos auras sont difficiles à différencier.

- A ce qui paraît, oui. Freya et Frigg s'y sont encore trompées, à l'instant, même si Frigg aurait préféré se couper la langue que de le reconnaître, ajoute-t-il avant de se tourner à demi vers les deux frères, restés en retrait. Duo, Trowa, je vous présente Idunn.

- Idunn qui a fait manger de la compote à Quatre ? demande Duo en les rejoignant.

- C'est bien moi, sourit la jeune femme. Et vous devez être le Duo qui a fait fondre le Cœur Glacé d'Asgard, ici présent, n'est-ce pas ?

- J'ai cette fierté, oui, répond-il en posant un rapide baiser sur la joue d'Heero.

- Vous devez donc être Trowa, la seule personne que Heero considère comme son frère, en ce monde ? ajoute-t-elle en regardant Trowa. Le compagnon de Quatre, également.

Trowa, lui, n'a pas bougé d'un cheveu depuis qu'il s'est retourné, comme les deux autres, pour se retrouver devant la jeune femme.

Il a l'air sous le choc... ou sous le charme, qui sait ?

Seul le retour de Quatre le sort de sa torpeur.

- Idunn, je suis tellement heureux de vous revoir ! s'enthousiasme celui-ci en entrant dans le Salon.

Un enthousiasme et une chaleur, dans le ton et dans les embrassades, qui ramènent brusquement Trowa à la réalité.

- Quatre... murmure-t-il.

Il se tourne vers lui.

- Oui, mon Trowa ?

- Je...

- Tu as fait la connaissance d'Idunn ? C'est la personne que tu dois remercier pour m'avoir permis d'aller mieux et de patienter encore, avant de retourner chez moi, explique-t-il en lui tendant la main.

Trowa s'approche.

- Merci beaucoup de vous être occupée de Quatre, murmure-t-il d'une toute petite voix.

- Il n'y a aucune raison de me remercier. Vous étiez sûrement sur le point de déjeuner, je ne vous retiens pas plus longtemps.

- Tout va bien, Idunn ? Tu ne quittes que très rarement ton Domaine.

- Une petite urgence m'a contraint à l'abandonner quelques heures à une surveillance plus légère, mais rien de grave, rassure-toi. Maintenant que je te sais ici, je suis capable de trouver ton père sans faire d'erreur.

- Très bien.

- Quatre, je savais que vous alliez repartir aujourd'hui, je comptais vous faire porter ceci. Mais puisque j'ai du venir, je vous le remets en mains propres.

- Ce n'est pas ce que je crois, au moins...

- C'est de l'essence de pomme.

- Idunn, c'est trop précieux, gardez-le. Dans trois jours, je serai chez moi.

- Alors profitez de ces trois jours en toute insouciance et le cœur libre de se gonfler de joie et d'amour, sans retenue, insiste-t-elle en lui mettant fermement entre les mains la petite fiole dorée. La vie est courte, même lorsqu'on a l'impression d'être immortel, chaque instant doit être vécu en totalité. J'espère vous revoir bientôt, et en pleine forme. Ressourcez-vous bien, Quatre, et prenez soin de vous.

- Merci du fond du cœur, Idunn.

Elle le serre un moment dans ses bras, puis se tourne vers Trowa.

- Prenez soin de cet ange, Trowa, il en existe peu, par génération. Heero, Duo, mon époux et moi serions heureux de vous recevoir chez nous. Il aurait été plaisant de vous avoir tous les quatre, je m'y prends un peu tard. Mais ce n'est que partie remise, les occasions ne manqueront pas, à l'avenir. En attendant, Duo, sachez que Bragi serait vraiment heureux de vous prêter sa harpe, à nouveau. Il m'en a tant parlé que je rêve de vous entendre jouer, vous qui avez su enchanté mon mari, le Grand Barde.

- Nous essayerons d'organiser ça, lui promet Heero. Merci Idunn.

- Merci à vous. A bientôt.

Elle les embrasse tous une dernière fois, avant de les quitter.

- J'ai jamais vu défiler autant de femmes dans ce Salon que ces dix dernières minutes, remarque Duo en glissant sa main dans celle de Heero.

- Je ne crois pas que mon père va pouvoir déjeuner avec nous. Je ne sais pas ce qu'elles lui veulent, mais apparemment, je ne peux pas les aider, sinon elles m'en auraient parlé.

- Sauf Frigg.

- Elle était là ? demande Trowa.

- Ah ça y est, t'es de retour parmi nous ? le taquine Duo.

- C'est vrai, tu étais bizarre, ajoute Quatre, alors qu'ils gagnent la salle à manger. Ça ne va pas ?

- Maintenant, ça va mieux, mais je ne saurais te dire pourquoi rencontrer Idunn m'a mis dans cet état. Ça fait partie des choses étranges qui arrivent à Asgard, parfois, et que j'ai renoncé à chercher à comprendre...

- Alors n'en parlons plus, décide Duo alors qu'ils se mettent à table. Sauf si tu veux qu'on t'aide à y voir plus clair.

- Ca ira, merci. Je préfère entendre le récit de ce qui s'est passé avec Frigg. La connaissant, elle n'a pas seulement demandé son chemin, n'est-ce pas ?

- Mais elle est rapidement repartie d'où elle venait, cette fois-ci, répond Heero avec un petit sourire. Duo a été formidable, ajoute-t-il en l'embrassant sur la tempe. Merci encore, enkeli.

- Racontez-nous, au lieu de vous câliner ! s'impatiente Quatre.

Heero et Duo échangent un regard complice, avant de commencer leur récit...

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A suivre...

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Notes générales :

(1) Le Sagittaire : le sagittaire du 3ème décan, (12 au 21 décembre) est symbolisé par un centaure immobile aux sabots solidement plantés dans le sol. Ses jambes fixes, bien droites, ne présentent pas de caractère de fragilité fréquent chez le cheval. Le buste de l'homme est légèrement penché en arrière, son bras gauche tendu vers le ciel, ses yeux fixés dans l'axe de sa flèche, pointée elle aussi vers le ciel. Si la flèche symbolise l'esprit, les idées les aspirations, le destin de l'homme, alors ceux des personnes nées sous ce décan sont ambitieux et élevés. On dit souvent des natifs de ce décan qu'ils sont enclins à lancer leur flèche plus loin qu'ils ne pourront jamais l'atteindre. Ce qui revient à dire que leur cible est un idéal. C'est l'univers des solides convictions, symbolisées par les sabots du cheval faisant corps avec la terre, sur lesquelles le natif de ce décan peut se reposer pour approfondir sa connaissance de la vie et diriger sa flèche vers un but idéaliste ou humanitaire. Ce qui le pousse naturellement vers le futur. (Je trouve que ça correspond bien à Heero... pas vous ?)

(2) Frigg : une des plus nobles Déesses Nordiques, fille de Fjorgyn, épouse préférée d'Odin, mère de Balder, Hoder et Hermod. Loki affirme qu'elle a eu des aventures avec Vili et Vé (frères d'Odin). Elle est la patronne du mariage et de la maternité, de l'amour sexuel et de la fertilité charnelle et symbolise la terre cultivée. Elle a la réputation de connaître la destinée de chaque individu mais ne la révèle jamais. Son domaine à Asgard est Fensalir ("salle des marécages")Capable de se transformer à volonté en faucon, elle a un amour immodéré pour l'or. En tant que déesse de l'atmosphère, elle filait les nuages sur sa quenouille ornée de gemmes qui la nuit formait l'éclatante constellation du "Rouet de Frigg". Elle appréciait également sa position auprès du trône d'Odin où le couple pouvait voir les Neuf Mondes et être témoins de la vie passée et à venir. Elle possède un cheval: Hofvarpnir ("celui qui va à grand coup de sabot").

(3) Freya : sœur jumelle de Freyr, la mystique aux yeux bleus et à la chevelure dorée est la déesse de l'amour et de la beauté. En histoires d'amour, c'était autant Freya que Frigg qu'il fallait prier, car elle était clémente et bonne. Elle avait un beau collier magique, le collier des Brisingar ouBrisingamen, fait de l'ambre de ses larmes. On dit que Freyia voyageait dans un chariot tiré par des chats. Elle était la plus populaire de toutes les déesses, et celle que l'on vénérait le plus longtemps dans les pays nordiques, tout comme Frigg, avec laquelle elle est souvent confondue. En tant que déesse Vane, Freyia a enseigné le 'Seid' (la magie) aux Géants et elle apprit l'art astral à Odin. Quand son mari, Odr, mourut, Freyia pleura des larmes en or, qui se transformèrent en ambre quand elles tombèrent à la mer. Leur jolie fille s'appelle Hnoss. Freyia était considérée comme la première parmi les Valkyries et recevait à ce titre la moitié de guerriers qui étaient tombés aux combats. Elle les recevait dans son manoir Sessrumne à Folkvang; l'autre moitié revenait à Odin.

(4) Idunn : est la déesse Ase de l'éternelle jeunesse dans la mythologie nordique. Elle détient dans un coffre des pommes merveilleuses : quiconque en mange retrouve sa jeunesse. Les dieux quand ils se sentent vieillir en consomment une, cela leur permet de garder leur jeunesse jusqu'au jour du Ragnarök.(les Dieux nordiques sont mortels) Elle est l'épouse de Bragi, le dieu de la poésie. Le terme Idunn provient du vieil islandais et signifie probablement « celle qui rajeunit, qui renouvelle ».

Notes de l'auteure :

Merci d'avoir lu ce chapitre, j'espère que vous ne vous êtes pas endormi(e)s ou lassé(e)s...

Une spéciale ovation pour Duo, n'est-ce pas ? XD
Je l'aime, ce Duo ¤ soupir et étoiles dans les yeux ¤

Je tenais aussi à dire que sur un site anglais, j'ai trouvé des fiches décrivant nos G Boys qui indiquaient leurs signes astrologiques ; je ne sais pas d'où ils ont tirés ça, mais je ne vois pas comment, à part pour Quatre et Wufei, bien sûr, et Trowa, si on admet qu'il est le frère de Catherine, bref je ne vois pas comment on pourrait le savoir, pour Heero et Duo. D'après eux, Duo est gémeau, ils ont peut-être lié ça avec sa double personnalité. (Je lui ai donné ma date de naissance, c'est plus pour ça qu'il est aussi gémeau dans ma fic...)
Quant à Heero il serait vierge...
Trowa, bélier, Quatre, poisson, et Wufei, scorpion...

Si vous avez des infos, n'hésitez pas à les partager... XD

Pour le prochain chapitre, les adieux, pardon, les aux revoirs des deux couples, et quelques révélations du côté de Heero...

A bientôt pour la suite, en espérant que ma fic vous intéresse toujours...

Bonne continuation et bonne semaine.
Bises.
Lysa.

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