Bonjour/Bonsoir tout le monde !

Voici un nouveau chapitre !

Je tenais à m'excuser de mon coup de gueule menaçant de l'autre jour (pour ceux qui on hélas eut le temps de le lire). J'avais eu une très mauvaise période, avec plein de petits échecs personnels, et je me suis laissé emporter. Je sais que même si vous ne laisser pas de commentaire, vous rester présent, et vous menacer de mettre abruptement fin à cette histoire pour vous forcer à reviewer, c'était une réelle prise en otage. Ca ne me ressemble pas du tout, et je suis donc réellement navré d'avoir été un idiot !

D'ailleurs, merci à Fitz de m'avoir remis les idées en place.

J'espère que vous me pardonnerez mon insondable bêtise, je vais tâcher de me rattraper, promis.

Bref

Merci beaucoup de me suivre !

Bonne lecture !


Chapitre 18 : Et tout dérape… [partie 1]

Meredith : « Toute chirurgie comporte des risques », c'est ce que nous autres chirurgiens passons notre temps à répéter aux patients et à leurs proches. Et c'est la pure vérité. Bien sûr, la plupart du temps, les choses se passent bien, surtout dans le cas d'opérations de routines. Mais il arrive aussi parfois que tout nous échappe…

oOoOoOo

Arthur arriva dans la salle de chirurgie ambulatoire, il avait la sensation que tout se passait au ralenti. C'était Lexie qui l'avait appelé, sur ordre de Cristina apparemment. Il lui avait dit que c'était urgent et que sa concernait sa petite-amie. En entrant, il accrocha le regard de Meredith, ainsi que celui de Cristina une seconde plus tard. Son regard tomba alors, avec une lenteur digne d'un effet de cinéma, sur la personne qui reposait sur la table d'opération. C'était Saddie, il n'y avait aucun doute là-dessus. Il ne comprenait pas bien ce qui se passait. Pourquoi se trouvait-elle allongée sur cette table, sous anesthésie, et pourquoi ces deux amies avaient-elles les mains dans son abdomen ?

Son cerveau était de la compote. Il ne savait plus où il était. Meredith lui criait de venir les aider, mais il ne parvenait pas vraiment à bouger. Cristina, comprenant que c'était une mauvaise idée de l'appeler, ordonna à Lexie, qui se tenait à côté d'elle d'un air terrifié, d'aller trouver Bailey immédiatement. La jeune femme s'exécuta et sortit presque au pas de course.

Une seconde après que la porte se soit refermée, le moniteur cardiaque s'agita, puis s'effondra totalement. Tous tournèrent la tête sur l'écran, qui diffusait une ligne droite et continue, sans sursaut. Le haut-parleur, quant à lui, crachait le son si caractéristique assimilé à cette constante.

C'était la première fois que ce son provoquait chez Arthur une terreur aussi grande.

Mais comment en était-on arrivé là ?

oOoOoOo

Seattle Grace, six heures plus tôt :

Ce soir là, Arthur était de garde aux urgences. Fort heureusement, il n'y avait pour l'instant pas d'agitation, et il espérait vraiment que cela dure, même s'il y avait très peu d'espoir. Il y avait de l'orage sur la ville cette nuit, ce qui signifiait qu'il y aurait au minimum cinq ou six cas de personne atteinte de graves crises d'angoisse. La nuit était toujours un moment anxiogène, pour tout le monde, c'était prouvé. Et pour les personnes vivants seules, c'était à ce moment en général, lorsque le jour s'effaçait et que le silence s'installait dans les appartement, que les pensées sombres, les petites peurs, les grandes inquiétudes, tournaient et retournaient dans les esprits. Pour les plus sensible, la panique pouvait s'emparer d'eux. Et une vrai crise d'angoisse pouvait être parfois si violente que l'on pouvait penser à une crise cardiaque.

Dans un sens, on ne pouvait pas en vouloir aux gens qui n'était pas médecin de penser cela. Les symptômes étaient proche de l'un à l'autre : sensation de suffoquer, hypertension musculaire douloureuse, cœur affolé, poumons lourds… oui, c'était encore plus angoissant lorsque l'on ne savait pas comment analyser la chose.

Alors qu'il prenait une grande gorgée de café bien noir, le téléphone de la mine sonna. Il décrocha et répondit comme on le lui avait appris. On leur amenait un cas d'appendicite. Il raccrocha avec un grand sourire. Ils savaient tous que la première chirurgie en solo était une appendicectomie depuis trois ans. C'était l'occasion ou jamais d'assister le titulaire qui s'en occuperait et d'en apprendre le plus possible pour mettre toutes ses chances de son côté.

En temps normal, il aurait sans doute jouer son grand égoïste et garder l'information pour lui, pourtant, il songea à Karev, et ne pu s'empêcher de sortir son portable pour le prévenir. Il lui envoya un SMS où il le mettait au courant, le priant de rappliquer rapidement s'il voulait en profiter, mais de faire en sorte de ne pas informer les autres. C'était méchant pour Meredith et Cristina (pour Izzie aussi, mais à l'heure actuelle elle ne voudrait de toute manière rien savoir venant de lui), mais plus il y aurait de monde et moins il y aurait de place au bloc.

Il ne remarqua cependant pas que Gracella, qui était aussi de garde cette nuit là, était en train de prévenir sa résidante. En effet, Yang avait ordonner à ses internes de la prévenir si une appendicectomie se présentait, et elle leur faisait trop peur pour qu'ils désobéisse.

oOoOoOo

Chez Meredith, celle-ci se stoppa net devant la porte de la chambre d'Izzie, et tendit l'oreille. Elle semblait en pleine discussion, très animée, avec un homme, visiblement. Pourtant, Karev venait de descendre au rez-de-chaussée. Inquiète, elle décida de toquer pour être sûr que tout allait bien.

Un instant plus tard, la blonde ouvrait la porte et dévisageait Grey.

-Quoi ?! interrogea-t-elle du ton de quelqu'un qui n'appréciait pas d'être dérangé.

-Cristina a appelé, il y a un cas d'appendicectomie qui va arriver à l'hôpital, expliqua l'autre en se penchant légèrement pour voir à l'intérieur de la pièce.

Elle fut fort surprise de constater qu'il n'y avait personne, ce qui l'inquiéta vis-à-vis de son amie.

-Et alors ?! fit presque hargneusement Isobelle.

-On y va tous pour pouvoir s'entrainer pour l'opération solo, tu veux venir ?

-Non, allez-y sans moi ! déclina Izzie, qui semblait toutefois déçue.

Meredith la regarda d'un air choqué. Ce n'était pas du tout le genre de la jeune femme de laisser passer une telle occasion. Quelque chose n'allait clairement pas bien chez elle, et la brune se risqua donc à demander :

-Izzie, tu es sûr que tout va bien ?

-Oui ! Je suis juste… j'ai la crève, je préfère rester ici. Ca m'évitera de contaminer un patient si jamais c'est contagieux.

Meredith ne fut pas convaincue par cet argument, mais préféra ne pas poser de question à ce sujet. Elle n'avait pas vraiment le temps de s'en soucier maintenant. Elle abandonna donc son amie, et rejoignit Karev dans le hall.

Refermant la porte de sa chambre, Izzie se plaqua contre le battant, et regarda Denny droit dans les yeux. Il s'était à moitié déshabiller et la regardait avec un sourire taquin.

-Maintenant que tu n'es plus avec Karev, je vais pouvoir te prouver que je suis bien présent et pas juste une apparition, lança-t-il, amusé.

Il s'approcha d'elle, s'arrêta à quelques centimètre de son corps, et déposa doucement ses lèvres sur les siennes. Izzie frémit légèrement, mais se laissa aller. Elle posa sa main sur le torse de feu son fiancé, et glissa lentement plus bas, alors qu'il l'embrassait à présent dans le cou.

En effet, ça ne pouvait pas être une simple apparition ou juste des souvenirs tactiles. Ils ne l'avaient jamais fait, mais là, c'était bien réelle. Elle sentait les caresse, elle touchait bien des parties de Denny qu'elle n'avait jamais connues. Elle se sentait excitée comme une lycéenne découvrant pour la première fois le sexe. C'était absolument…

Réelle ?

Oui, ça l'était.

Pour elle.

oOoOoOo

Yang traversa la rue et atteignit l'entrée des urgences. Le Dr Hunt, qui attendait l'ambulance, fut vivement surpris de la voir ici. Elle lui expliqua brièvement qu'elle vivait de l'autre côté de la rue, et ce fut déjà finit.

Lorsqu'elle passa la porte automatique, Arthur lui fonça dessus, visiblement en colère.

-Qu'est-ce que tu fais ici ?

-Appendicectomie, répondit simplement la jeune femme en retirant son manteau.

-C'est MA garde, et c'est donc MON appendicectomie, je refuse de la partager avec toi ! la prévint-il froidement.

-Tu sais quoi, j'en ai rien à fiche de ton avis, lui fit savoir Yang en s'attachant les cheveux avec un chouchou qui trainait dans un tiroir, lui adressant un sourire cordial.

Quelques instants plus tard, le reste de la bande débarquait. En voyant arriver Karev, le visage d'Arthur s'éclaira, ce qui n'échappa pas aux deux autres, qui échangèrent un regard entendu. A ce moment, Miranda Bailey débarqua par la porte du fond, fit quelque pas, et s'arrêta devant le petit groupe, les dévisageant.

-D'accord, je suppose que tout le monde veut aller au bloc.

Ils hochèrent la tête sans dire un mot.

-Qui est de garde ce soir ?

-Moi, répondit Arthue en levant la main.

-Très bien, fit Bailey. Alors tu reste ici.

-Quoi ?! s'exclama Newton en signe de protestation.

-Occupe-toi de la mine, c'est ton travail, trancha Bailey sur un ton qui indiquait qu'elle n'accepterait aucune forme de protestation. J'en prend deux avec moi.

-Prenez-moi Dr Bailey, fit Cristina la première, réagissant avec plus de rapidité que les deux autres.

-Très bien, Yang, tu viens au bloc !

-Super ! s'exclama la Coréenne.

-Pourquoi toujours elle ! râla Karev.

-Parce que c'est la plus réveillée de vous, répondit Bailey avec un sourire moqueur à l'attention du brun.

-Et j'imagine que c'est forcément Meredith qui va aller avec, ronchonna encore Alex.

-Ca dépend, fit Miranda. Que sait tu du patient Karev ?

-Heu… fut la réponse qui sortit de la bouche du jeune homme.

Le « Tyran » secoua la tête en soupirant, et se tourna vers Grey, l'interrogeant du regard. Celle-ci ne manqua pas de répondre immédiatement :

-Antony Steward, 24 ans, attend d'une douleur aiguë à l'abdomen, diagnostiquer comme étant une appendicite. Allergie à la morphine déclarée sur place.

-Très bien, allez vous préparer toutes les deux, leur ordonna Miranda en désignant la porte d'un mouvement de tête. On est au bloc 2.

Les deux siamoises s'exécutèrent, disparaissant rapidement dans le couloir. La petite femme se tourna ensuite vers les deux autres et les regarda avec amusement. Ils avaient l'air dégoutés et dépités.

-Faites pas ces têtes. On en a presque tous les jours, des appendicectomie. LA prochaine sera pour vous.

Et elle tourna les talons et s'éloigna à son tour. Alex et Arthur restèrent un instant sur place, immobiles et silencieux, puis tournèrent la têtes et se regardèrent avec un regard entendu. Ils étaient tous les deux en train de s'imaginer étrangler Yang. Alors qu'ils s'apprêtaient à parler, Owen entra dans la mine, poussant un brancard. Sur lequel était allongé un homme.

-Newton, viens m'aider ! Karev si tu n'as rien à faire, vas te changer, on a une autre ambulance qui va arriver.

-Oui Monsieur ! approuva Alex.

Arthur pour sa part se précipitait déjà vers Hunt pour l'aider. Le patient hurlait à se débattait, il était somnambule et en pleine crise. Sa fille de 13 ans l'accompagnait.

oOoOoOo

Lexie entra dans la salle du couloir de la morgue, attirant l'attention sur elle.

-C'est la cata ! tous nos résidants sont là !

Elle stoppa sa phrase en plein élan et resta bouche-bée. Au milieu de la pièce, sur un brancard, Steve, l'autre interne de Yang était étendu et semblait incapable de bouger, arborant le visage triste d'une petit chiot battu. Saddie se trouvait à côté avec une aiguille de péridurale à la main.

-Vous lui avez fait une péridurale ?! s'exclama Mini-Grey en s'approchant d'eux.

-Ouais, c'est plutôt cool non ? fit la blonde avec un grand sourire.

-Les gars, geignait Steve, visiblement très mal-à-l'aise, tentant d'attirer l'attention de ses camarade, mais aucun d'eux ne lui prêta attention.

-Pourquoi vous ne m'avez pas prévenue ? demanda Lexie, dépitée. J'aurais bien aimé voir ça moi…

Saddie eut un sourire étrange à ce moment. C'était précisément le genre de réplique qu'elle attendait. C'était un peu méchant pour Lexie, mais elle comptait bien se servir de sa naïveté pour atteindre son objectif. A savoir : qu'Arthur lui revienne.

-Alors tu compte continuer la Guilde des Internes Rebelles, malgré les menaces de Yang ? Finalement, t'as peut-être plus de cran que ce que la Tueuse prétend…

-Pardon ?! s'exclama Mini-Grey, vivement surprise par cette réplique. Attend, qu'est-ce que… qu'est-ce que Meredith t'as dit ?

-Mmm, rien de spéciale.

-Dis le moi !

-Elle a dit que tu avais un petit côté poule mouillée fit Saddie d'un air décontracté.

Bien évidemment, ce n'était pas vrai, mais il lui fallait bien quelque chose pour faire réagir la jeune fille. Lexie restait pétrifiée, visiblement choquée.

-Lexie… gémit encore Steve.

-Purée, il s'est pissé dessus ! fit remarquer 4,5.

Tout le monde tourna la tête. En effet, Steve, incapable de contrôler les muscles de la partie basse de son corps, venait de vider sa vessie sur le brancard.

-Merde, on a oublié de lui mettre une sonde urinaire, fit Gracella.

-Il va falloir le faire, ajouta l'autre.

-C'est hors de question ! s'exclama Steve. Je refuse d'avoir un tube dans mon pénis !

-Tu préfère te pisser encore dessus ? interrogea la blonde en se tournant vers lui.

-Non…

-Alors ferme-la ! Gracella, occupe-t-en. Et essaye de pas l'abimer.

-Je vais essayé, sourit l'interne, visiblement gênée de devoir manipuler le pénis de son ami.

-Bien, qu'est-ce qu'on pourrait faire d'autre pour s'entrainer ? interrogea Saddie en se tournant vers Lexie.

Celle-ci semblait réellement pensive, ressassant l'idée que Meredith la trouve trop « poule mouillée ». Saddie jubilait intérieurement. Elle avait bien fait de faire deux ans de psychologie avant de commencer son internat, c'était plus facile comme ça pour manipuler les gens.

-On pourrais lui retirer l'appendicite, finit par lâcher Mini-Grey en relevant la tête.

Tout le monde la regarda, Steve pâlissait à vu d'œil.

-Tu es folle, lui lança Gracella.

-Non, mais je suis sérieuse, renchérit Lexie. Après tout, c'est une opération très facile, qu'on apprend en première année de médecine, et de toute manière, il en a pas besoin.

-C'est absolument hors de question ! s'exclama Steve en la foudroyant vivement du regard.

-Mais, pourquoi pas ! En plus, tu es déjà sous péridurale, ça nous fait gagner du temps, continua Mini-Grey avec un air suppliant. Et puis tu pourras assister à l'opération, ce serait génial non ?

-Non ! réprouva clairement l'autre en continuant de la dévisager. En plus, je me suis déjà fait retirer l'appendice à 12 ans !

-C'est vrai ? interrogea Gracella en le fixant d'un air benêt.

-Evidemment, c'est même noté dans mon dossier, affirma-t-il.

Saddie était aux anges. Elle s'attendait à ce que Lexie ait une idée stupide, mais à ce point là, ça dépassait toute ses espérance. Pour que son plan se poursuive comme elle le souhaitait, il lui fallait à présent bouger un nouveau pion. Aussi, elle toussa légèrement pour attirer l'attention des autres (qui se disputaient à vives voix) et, lorsqu'elle eut capter leurs regards, lança :

-On n'a qu'à le faire sur moi.

oOoOoOo

-Newton, occupe-toi de Callie ! ordonna vivement Hunt tout en tâchant de maintenir le patient.

Celui-ci était en pleine crise de folie. Il était assoupi en arrivant, lorsque soudainement, il s'était réveillé en hurlant, se débattant vivement, criant des phrases incohérente sur un tigre qui voulait manger sa fille, ou quelque chose comme ça. Owen et Arthur, ainsi que Callie et Mark (qui étaient arrivés en renfort) tentaient de le maintenir pour l'empêcher de se faire du mal, mais Torres s'était pris un poing dans le nez, et était tombée par terre, gravement sonnée.

Le jeune homme laissa sa place à George, qui venait d'arriver, et se pencha sur Callie, et l'aida à se relever. Elle chancelait, déboussolée, et s'accrocha à lui pendant qu'il la soutenait. Son nez était tuméfié, saignant assez abondamment. Il attrapa une gaze sur la tablettes à outils, et sortit de la pièce. Sloan lui lança :

-Occupe toi du saignement et de la douleur, je viens regarder ce nez dès que je peux !

Arthur conduisit son amie un peu plus loin, la fit s'assoir sur un des brancards et lui laissa maintenir la compresse pendant qu'il allait récupérer un peu de matériel pour la soigner. Il revint, et commença à déballer.

-Ca va aller ? s'enquit-il en reprenant le contrôle de la situation, grimaçant légèrement en regardant la blessure.

-A ton avis, gémit la jeune orthopédiste en un sanglot qui lui arracha des larmes et un « aïe » de douleur. J'ai le nez en compote !

-En effet, c'est le moins qu'on puisse dire, fit l'autre, ne souhaitant pas la ménager (elle n'aurait pas apprécié, surtout en cet instant). Il est bien cassé.

Il rinça avec une solution saline, puis tata légèrement la fente, dont le cartilage avait été aplati et s'était légèrement décalé vers la droite.

-Aïe, aïe, AÏE ! fit Callie en posant sa main sur celle du résidant pour lui faire lâcher son nez.

-Ok, je vais te faire une piqure d'analgésique, ce sera plus confortable pour toi.

Il prépara rapidement la seringue, tout en écoutant d'une oreille attentive les plaintes nasillardes de son amie.

-C'est bien ma chance [snif], je me fais défigurer juste le jour ou enfin j'arrive à oublier Erica…

Arthur se tourna vers elle, l'interrogeant du regard, et demanda tout en glissant le guide nasal dans sa narine gauche :

-Comment ça ? Je ne vois pas en quoi ton nez peux te rappeler Hahn ?

-Mais, gémit-elle encore. Parce que, pour une fois, j'ai réussi à l'oublier pendant un moment !

-A bon ? Et comment y es-tu parvenue ? interrogea Arthur.

En réalité, la réponse ne l'intéressait qu'à moitié, mais il avait besoin qu'elle se calme un peu et qu'elle arrête de gesticuler pour pouvoir lui faire l'injection dans le nez, sinon il risquait de la blesser au passage. Elle s'immobilisa et regarda droit devant elle, visiblement perdue dans ses souvenir.

-Parce qu'une très belle femme m'a accordé un sourire ce matin… (en disant cela, elle eut elle-même un léger sourire, qui ne dura pas car Arthur profita de cette seconde de calme pour glisser l'aiguille dans le guide)… mais elle ne le fera plus si mon nez et hideux… AÏE !

-Voilà, c'est fait, fit-il en prenant un petit pansement dans son plateau, le lui collant en travers du nez pour le maintenir en place en attendant Sloan, retirant ensuite ses gants.

-Méchant !

-Tu m'adore, répondit Arthur avec un petit sourire. Alors, parles-moi de cette femme.

Callie repassant en mode « regard dans le vague », et lui expliqua en détail sa rencontre avec Arizona Robins. Il était content que Torres ait eu un moment de joie dans sa journée. Il était inquiet pour elle ces dernier temps, car depuis le départ du Dragon, elle semblait toujours triste et déprimées, à quelques rares occasions près. Bien sûr, il avait envie de lui dire qu'il ne fallait pas trop attendre ou espéré juste pour un beau sourire. Après tout, ce n'était pas pour autant que cette nouvelle titulaire était lesbienne. Mais bon, il préférait la laisser profiter encore un peu de ce souvenir, au moins jusqu'à ce que son nez soit refait. Elle méritait bien un peu de répit dans toutes ses mésaventures.

Sloan arriva enfin alors que les autres emmenait le patient aux terreurs nocturnes passé un scan avec Shepherd. Le plasticien s'approcha, palpa légèrement le nez à son tour, l'observant attentivement de son œil expert, puis déclara :

-Bien, ça va, ça ne va pas être trop difficile à réparé.

Il se redressa et regarda Newton.

-Réserve un bloc, on va s'en occuper tout de suite.

-J'en ai vraiment marre, Mark, se plaignit Torres à son amant et meilleur-ami.

-Je sais.

Il lui caressa la tête avec douceur. Arthur, tout en prenant le téléphone, se fit la remarque que le Dr Sloan s'était grandement adouci par rapport à l'année précédente. Bien sûr, c'était encore par moment un vrai connard (surtout avec les internes de première année), mais il c'était vraiment radouci, et ce n'était pas trop désagréable.

-Je suis épuisée, lui précisa Torres, se laissant un peu aller, les yeux humides.

-Ne t'en fais pas, je m'occupe de tout. Je vais t'opérer sous anesthésie complète, comme ça, quand tu te réveilleras, tu auras un tout nouveau nez, mieux que l'ancien, et un nouveau jour pourras commencer, avec ses promesse.

-Mon nez est superbe ! protesta Callie.

-C'est vrai, admit Sloan avec un sourire malicieux.

-Heureusement que je t'ai, Mark, fit Callie, étourdie par l'effet du sédatif qu'Artur lui avait administré. Je pourrais toujours compter sur toi pour être mon ami, et coucher avec moi.

-C'est clair ! fit le plasticien avec un grand sourire. En tout cas, dès que tu seras rétablie.

Callie fit une grimace et lui lâcha d'une voix étouffée :

-J'te déteste…

-Tu m'adore, répondit Sloan en retirant ses gants, se levant du tabouret où il s'était assis.

-On a le bloc 4, fit Arthur en raccrochant le réléphone.

-Bien, prépare-la, ordonna-t-il, juste avant de lui demander. Tu viens au bloc avec moi ?

-Je dois couvrir la mine, soupira Arthur, l'air dépité.

Sloan eut une moue qui signifiait que cette réponse ne lui plaisait pas vraiment, regarda autour de lui, et vit un autre résident qui passait par là.

-Gabsby, occupe-toi de la mine ! lui lança d'un ton autoritaire Mark, juste avant de s'en aller.

Le jeune homme, résidant de troisième année, fut vivement surpris, car il ne s'attendait pas à ça, et semblait d'ailleurs sur le départ, mais il soupira et s'installa derrière le comptoir des urgences, dépité.

oOoOoOo

Les internes s'étaient installé dans une des salles de chirurgie ambulatoire, à l'étage en dessous des blocs. Ils s'étaient tous préparés avec beaucoup de minutie, une boule dans l'estomac, excités par ce qu'ils allaient faire. Saddie se trouvait sur la table d'opération, sous péridurale. Lexie était en train de lui picoter la jambe avec une aiguille pour vérifier que l'anesthésie avait bien fonctionnée, puis elle regarda ses amis. Elle n'était pas très sûr de savoir comment elle en était arrivé là. Entendre dire que Meredith la trouvait trouillarde lui avait donner envie de prouver qu'elle en avait un max, mais maintenant, elle se trouvait stupide. Pourtant, elle ne pouvait pas se débiner maintenant, non ? Si elle le faisait, elle ne ferait que prouver qu'elle était une petite fille apeurée par la moindre chose. Elle prit donc une grande respiration tout en traçant au marqueur la longueur et l'emplacement de l'incision qu'elle devait pratiquer (se fiant au livre que Gracella tenait en face d'elle, expliquant une appendicectomie pas-à-pas), puis décida de paraphraser Shepherd pour ce donner du courage :

-C'est une belle journée pour sauver des vie ! Sauf qu'évidemment, ta vie n'est pas réellement en danger, fit-elle ensuite remarquer en regardant la blonde.

-Et qu'on est la nuit, fit remarquer le Dr Warren, le plus mauvais interne de Newton, qui les avait rejoint.

-Mais le Dr Shepherd dit toujours ça et… voulut se justifier la jeune femme, ce faisant couper la parole par Saddie.

-Bon, tu vas y aller, oui !?

-On y va ! sursauta Lexie. Scalpel !

On lui passa la lame de 10, et elle prit une autre grande inspiration, avant de l'approcher du trait de marqueur. Elle hésita un instant, puis se redressa, paniquée, le cœur battant trop fort.

-NON ! On peux pas faire ça, c'est une très mauvaise idée !

Mais Saddie poussa un soupire d'exaspération alors que Mini-Grey expliquait qu'ils pouvaient se servir de cette stupide poussée d'adrénaline pour plutôt aller demander plus de travaux pratiques à leurs résidants. Paniquant légèrement, se disant que si jamais ils l'écoutait, ils allaient finir par être de son avis, et que donc, son plan tomberait à l'eau. Elle ne pouvait pas ce le permettre. Après ce qu'elle avait entendu dans la salle de garde plus tôt dans l'après-midi, elle savait que si elle n'agissait pas maintenant, elle perdrait Arthur définitivement. Et elle détestait perdre !

Réfléchissant rapidement, elle décida donc de prendre les choses en main, et de forcer un peu le tout. Elle attrapa donc le scalpel que Lexie tenait encore à la main, et s'incisa elle-même le long du trait. Elle se fit la réflexion qu'elle était complètement tarée, et remercia le ciel que la péridurale soit vraiment efficace, car elle n'y serait pas parvenue si ça n'avait pas été le cas. Les autres la regardèrent faire d'un air abasourdi, les bouches grandes ouvertes de stupeur, en dehors de Lexie, qui était non pas admirative, mais vraisemblablement terrifiée. Saddie reposa la lame sur la tablette de travail, et lança avec un sourire décontracté (il fallait toujours sembler maitriser la situation, c'était ce que son père lui avait toujours répété) :

-Vous pouvez y aller. Enlevez-moi l'appendice.

Elle ne le savait pas encore, mais la suite allait totalement échapper à son contrôle.


Voilà

J'espère que ce chapitre vous à plu

A bientôt pour la suite !