Chapitre 28 : Into Darkness

Lentement Kaori revint à elle, s'étirant sur un tapis de feuilles moelleuses. Sans trop prendre son temps, elle se redressa en se remémorant ce qui lui était arrivée. Elle scruta l'endroit dans lequel elle venait de se réveiller, une sorte de caverne faite par les racines des arbres. Elle stoppa en voyant la grande créature sur laquelle elle s'était endormie. « L'esprit de la forêt » pensa-t-elle en le scrutant car il correspondait assez à la description qu'en avait fait Konohamaru.

La grosse bête s'approcha en la fixant avec un large sourire aux dents énormes. Il la saisit avec ses grosses pattes et la posa sur l'une de ses épaules. Puis il se mit à courir rapidement le long du tronc de l'imposant camphrier dans lequel la caverne de racine se trouvait. Ils montèrent rapidement pour se retrouver à son sommet, surplombant l'ensemble de la grande forêt. Kaori fut surprise de voir qu'il faisait désormais nuit.

S'accrochant à la fourrure de l'esprit de la forêt, elle put enfin prendre conscience de l'étendue de la forêt. Elle remarqua loin au nord ouest de leur position, une légère fumée s'élevant des arbres. Que pouvait bien lui vouloir cette étrange créature ? Elle n'en savait rien, seule son intuition lui murmurait qu'il n'y avait pas d'hostilité en elle. Cette dernière fit apparaître dans une petite explosion de fumée, une toupie en bois dans sa patte droite. Il la lança sur la branche où il se trouvait et monta d'un bond dessus. La toupie se mit à tourner plus rapidement puis lévita dans les airs et finalement se mit à voler avec l'esprit de la forêt et Kaori.

-Où m'emmènes-tu ? demanda Kaori en s'agrippant encore plus fortement.

-Oooooohhhhhoooooohhh, répondit l'esprit en ouvrant sa large bouche.

Ils filèrent à vive allure en descendant au niveau du sol. Se faufilant tel le vent entre les arbres, Kaori aperçut Kenshiro et passa à côté sans qu'il la remarque.

-Mais nous sommes invisible ou quoi ? se demanda-t-elle à haute voix.

-Oooohhhh, répondit la créature d'un ton d'approbation.

Après ce rapide trajet, la toupie stoppa et fit un léger atterrissage sur le sol et disparut de nouveau dans un nuage de fumée.

-Pourquoi m'avoir amener ici ? demanda Kaori en descendant précautionneusement de l'épaule de son nouvel ami.

La créature ne repondit pas mais pointa de sa patte une masse sombre sur le sol. Kaori se tourna et s'approcha lentement ne voyant pas de quoi il s'agissait à cause de l'obscurité. Elle comprit qu'il s'agissait d'un corps replié sur lui-même. Prudemment, elle s'approcha suivie de l'esprit derrière elle. La lune sortit un instant de derrière les nuages et illumina le corps d'un pâle rayon. Kaori se précipita en criant :

-JIRAYA, oh non pas toi...

Elle tourna le corps de son camarade pour voir son visage. Elle vit alors la mâchoire démise et les stigmates de sa chute.

-Jiraya, réveille-toi ! cria-t-elle au bord des larmes...Ça suffit ! Lee-San et toi maintenant.

Le jeune garçon entrouvrit péniblement ses paupières et fixa le visage de Kaori. Trop épuisé, il ne put faire plus et les referma presque immédiatement en murmurant :

-Maman...tu es venue.

-Mon dieu il délire...il me prends pour sa mère.

Kaori se rappela les paroles de sa propre mère qui lui disait fréquemment qu'un ninja médecin devait garder son sang froid en toute circonstance. Elle prit une profonde inspiration et posa délicatement le corps de son ami et commença à passer ses mains entourées de chakra sur lui. L'expression sur le visage de Jiraya se détendit. Après une dizaine de minutes de traitement, Kaori se redressa et se tourna vers l'esprit de la forêt.

-Je ne peux pas le soigner comme ça, il me faut des plantes médicinales, des bandages...du matériel médical. Je dois le ramener en urgence à Konoha. Aide-moi s'il te plaît.

La grande créature la prit et la posa de nouveau sur son épaule, puis souleva délicatement le corps de Jiraya pour le prendre dans ses bras. Il se mit à marcher rapidement dans la forêt.

-Attends, je crois que tu te trompes, Konoha est de l'autre côté protesta Kaori sans résultat.

Shikamaru venait de passer une nuit blanche dans son bureau. Chiffonnant du papier ou regardant passer les nuages devant la pleine lune, il n'avait jamais été aussi stressé. Alors que le matin montrait ses premières lueurs, on frappa à la porte de son bureau.

-ENTREZ ! cria-t-il avec colère.

-Hokage-sama ? s'étonna le Tsuchikage. Vous semblez bien énervé ? Je pense savoir ce qui vous mets dans un tel état.

-Tsuchikage, excusez mon impolitesse, j'ai des soucis en effet.

-Oui, je sais, l'évasion de Sasuke Uchiha de votre prison. Mais ne vous en faites pas, je ne vous en tiendrai pas rigueur. Vous ne pouvez contenir un tel pouvoir et une telle masse de haine. Par contre, maintenant que je ne peux plus rencontrer cet homme, je n'ai plus de raison de rester à Konoha.

-Je comprends parfaitement. Vous avez ma gratitude pour votre compréhension.

-Je venais prendre congé et vous remercier de l'accueil. Le jeune homme s'approcha pour serrer la main de Shikamaru. Par contre, les événements récents m'obligent à demander la tenue au plus vite d'un conseil des Cinq Kages, vous le comprendrez je n'en doute pas.

-C'est bien évident, il nous faut rapidement mettre en place une stratégie commune contre cette nouvelle menace si diffuse.

-Exactement, je suis heureux de voir que nous sommes sur la même longueur d'onde. Cher Hokage, je vous dis donc à très bientôt et reposez-vous, vous faites peine à voir.

-A bientôt et merci de votre sollicitude.

Dans la forêt du grand esprit, Hanabi et les deux genins Akira et Momo poursuivaient leur recherche du groupe de Konohamaru. Pour le moment, le peu de résultat obtenue commençait à saper leur moral.

-Y a rien à faire, même avec mon byakugan utilisé au maximum de ses capacités, je n'arrive toujours pas à trouver la moindre de leurs traces. Momo, dis-moi si de ton côté, tu perçois quelque chose.

-Non Hanabi-San, la seule chose que je capte c'est une vaste zone au nord d'ici, elle est totalement opaque à ma perception des chakras. C'est comme si elle était dans un brouillard où je ne peux rien ressentir.

-Hanabi-San, mes souries d'encre n'ont rien trouver non plus ajouta Akira en dissipant une dizaine de petits rongeurs dessinés à l'encre.

-Le temps joue contre nous, plus nous tardons et plus ils risquent de rencontrer les membres de l'Akatsuki. Allons les enfants ne nous décourageons pas, la nuit est toujours plus sombre avant l'aube...

Le petit groupe se remit en route en direction du nord-ouest. Hanabi avait pris la décision de se rapprocher d'un torrent pour faire un camp, afin de faire une halte de quelques heures pour récupérer. Elle voyait bien que les deux jeunes s'épuisaient rapidement depuis la tombée de la nuit. A l'approche du torrent, Momo s'arrêta d'un coup.

-Momo qu'est-ce qui se passe ?

-Hanabi-San, je perçois un très faible chakra quelques centaines de mètres plus bas. Il est vacillant.

-Dépêchons-nous, guide-nous, Momo !

-Oui Hanabi-San, suivez-moi c'est par ici.

Hanabi était très inquiète de la dernière précision sur l'état vacillant de ce chakra. Elle activa son byakugan avec une telle intensité qu'elle ressentait une brûlure dans le fond de sa pupille. Ils s'approchèrent du lit du torrent.

-C'est juste là ! hurla Momo en pointant un gros rocher au milieu du torrent.

-Restez derrière moi les enfants.

Hanabi passa devant Momo et courut rapidement sur l'eau en voyant une silhouette se tenant d'un bras au rocher. Prenant appui sur le rocher au dessus du corps, elle reconnut immédiatement le profil droit de Konohamaru. Il tenait le rocher de son bras droit et laissait son visage et le côté gauche de son corps dans l'eau.

-Konohamaru, tu m'entends ? s'écria-t-elle en se penchant vers son visage.

-Hunnnn, gémit-il en ouvrant la paupière de son œil droit.

-Rikkudo soit loué tu es en vie. Qu'est-ce que tu as ? Que s'est-il passé ?

-Ha...naaa...bredouilla Konohamaru dans un effort terrible.

-Économise-toi, je vais te sortir de là.

Hanabi souleva son ancien fiancé en le prenant sous l'épaule droite pour le sortir de l'eau. Avec un violent effort, elle parvint à l'extraire des eaux du torrent pour le porter.

-Haaaaaannnnn, non, laisse-moi dans l'eau, cria-t-il douloureusement.

-Pourquoi ? lui demanda-t-elle en se tournant vers lui.

Elle resta figée en découvrant l'état du côté gauche de son corps. Une violente nausée monta en elle devant le spectacle du corps calciné de son ami. Ses mains tremblèrent et ses jambes manquèrent de se dérober. Les sentiments refoulés depuis des années pour tenter d'oublier son amour envers lui, refirent surface avec une intensité incroyable. Elle sentit les larmes montées rapidement. Reniflant un coup et se rappelant les leçons de son père sur le contrôle de soi, elle s'efforça de garder son calme en ramenant Konohamaru sur la rive et en l'allongeant délicatement sur le dos.

-Momo, dépêche-toi, j'ai besoin de tes capacités.

Mais voyant le corps de Konohamaru, la jeune fille recula visiblement effrayée.

-MOMO, c'est un ordre, dépêche-toi !

-Ouuuu... ouiiii Hanabi-San.

La jeune fille s'approcha de Konohamaru et lui tendit son avant-bras au niveau de la bouche.

-Kon-Chan, dépêche-toi de mordre le bras de Momo, cela va te faire du bien.

-Hanabi...cela fait bien longtemps que tu ne m'as pas appelé comme ça, bredouilla-t-il. Suis-je dans un état si dramatique ?

-Arrête, c'est pas le moment de plaisanter, répliqua-t-elle au bord des larmes.

-Pardonne-moi Hanabi...j'ai perdu et je n'ai pas pu protéger les enfants.

-Chut...murmura Hanabi en poussant la tête de Konohamaru sur le bras de Momo.

Il mordit dans le bras et la grimace sur son visage s'estompa. Momo grimaçait un peu et au fur et à mesure que Konohamaru reprenait des couleurs et un visage serein, elle s'affinait.

-Momo, ses blessures ne se régénèrent pas. Que se passe-t-il ?

-Hanabi-San, je n'ai pas encore les mêmes capacités que ma mère, tout ce que je peux faire, c'est empêcher les brûlures de s'étendre et calmer la douleur.

-Je vois, maugréa Hanabi en posant la tête de Konohamaru sur ses cuisses. Akira, envoie rapidement un message à Konoha leur demandant de nous envoyer le plus rapidement possible une équipe médicale.

Le jeune garçon s'exécuta en écrivant le message sur un parchemin, puis l'encre se matérialisa sous la forme d'un pigeon qui s'envola en direction de Konoha.

-Hanabi...murmura Konohamaru avec la faible voix qu'il avait. Katsuya a été enlevé par un ennemi qui se dirigeait en direction du nord-ouest. Je ne sais pas où Enma a emmené Jiraya...tu dois vite partir à leur recherche.

-Oui nous allons y aller...prend cette pilule déjà, lui répondit-elle avec un sourire doux en lui faisant avaler une gélule ronde.

-Pardonne moi Hanabi...marmonna-t-il en s'endormant rapidement le visage sur les cuisses de la jeune femme.

-Les enfants, montez le camp ici !

Sans attendre, les deux adolescents installèrent rapidement les sacs de couchage et placèrent quelques pièges de sécurité autour du campement. Momo s'approcha d'Akira et lui murmura à l'oreille.

-Akira, je vais partir chercher Katsuya.

-Quoi ! Mais tu es folle, toute seule, c'est de l'inconscience.

-Parle moins fort, Hanabi-San va nous entendre.

-Pourquoi ne veux-tu pas rester avec elle...

-Je vois bien qu'elle aime ce type, elle ne le laissera pas seul ici. Je reconnais son regard et son attitude. Moi je ne veux pas qu'on attende ici pendant que Katsuya est aux mains de l'ennemi. Alors je vais partir, tu viens avec moi.

-Je sais pas, c'est du suicide ton truc.

-Je te demande pas ton avis ! Tu viens avec moi, lui répéta-t-elle avec des yeux de furie, le poing serré à quelques centimètres du visage du blondinet.

-Ok t'énerve pas comme ça, on dirait ta mère quand elle est en colère. Dis-moi juste pourquoi tu tiens tant à prendre de tels risques pour Katsuya.

-Crétin ! Parce que je l'aime. Qu'est-ce qu'un type comme toi qui passe son temps dans ses dessins peut comprendre à l'amour ?

-Momo, arrête s'il te plait. Tu n'es pas la seule à aimer une personne, répondit-il en rougissant.

Les deux jeunes s'éloignèrent lentement du campement puis filèrent à toute vitesse dans les bois en direction du nord-ouest comme l'avait indiqué Konohamaru.

Plus loin dans la forêt, Kenshiro continuait de chercher Kaori. En vain pour le moment, il fouilla chaque recoins de chaque bosquet. Soudain il se figea et activa son jutsu de camouflage. Devant lui un homme arrivait en marchant lentement.

-Qui c'est ce type ? se demanda-t-il. Encore un renfort de Konoha, il semble moins furieux que l'autre de tout à l'heure. Je vais le laisser passer et le frapper par surprise, pas de risque inutile.

Malheureusement pour lui, l'individu s'avançait droit vers sa position, lentement sans hésitation.

-Toi, là-bas contre l'arbre ! Qu'est-ce que tu fais dans le coin ?

Désactivant son jutsu, Kenshiro sauta sur une branche pour le surplomber.

-Pourquoi je te répondrais étranger ?

-Si tu tiens à vivre, je te conseille de me répondre rapidement, répliqua Sasuke en s'entourant de son Susanoo.

Kenshiro en voyant les pupilles rougeoyantes du Uchiha le fixer dans l'obscurité, sentit une peur insidieuse le gagner lentement.

-Tu as le même regard que lui...murmura-t-il dans sa barbe, la même folie.

Lentement Katsuya émergea de l'inconscience, ses paupières lourdes s'ouvrirent sur une pièce sans fenêtre. Il comprit rapidement qu'il était menotté les mains derrière le dossier d'une chaise. Il tenta de se détacher, mais comprit rapidement que c'était vain.

Après un long moment d'attente, la porte en face de lui s'ouvrit, laissant entrer une silhouette vêtue d'un long manteau noir ponctué de nuages rouges. L'homme qui entra portait un masque au sourire démesuré, il fixa Katsuya de ses deux Sharingans à travers le masque.

-Bonsoir Jeune Nara...Que dirais-tu d'un peu de divertissement ?

La porte de la cellule se referma sur le rire de l'homme masqué.