Salut les filles!

Je sais que les publications sont longues (celle-ci en tout cas), je suis désolée je fais de mon mieux...

Merci Moi! Oui Bella et Edward se retrouvent oui.
Pour l'incendie il faudra encore patienter pour savoir...
Merci Phanie! Très contente que tu sois toujours dans le coin ;)
Merci Adeline! ça fait plaisir de te retrouver :) Oui il fallait ça pour la suite... j'y vais fort mais c'est nécessaire je crois :)
Merci Une inconnue pour ton gentil commentaire!

Et merci à Lotirelle qui se farcit toutes les corrections et elles sont nombreuses!

A bientôt!

¤o¤o¤o¤

Turn me on - Norah Jones

¤ Edward ¤

La nuit n'est pas de tout repos.
Des infirmières passent constamment vérifier les constantes de Bella, surtout son taux d'oxygène.

Elle semble ne jamais se réveiller vraiment. Même lors des examens pour prendre sa tension, vérifier son pouls, prendre sa température ou lorsqu'ils lui changent le masque à oxygène pour une sonde nasale.
J'ai vécu tout ça très souvent pourtant je ne m'y habitue pas. Je trépigne dans cette chambre, je ne pense qu'à une chose, ramener Bella à la maison et retrouver un tant soit peu de normalité.

Elle râle un peu chaque fois qu'elle perd mon contact. Je m'applique à tenir toujours sa main ou caresser ses cheveux même pendant les soins sauf évidemment quand je suis contraint de quitter la chambre.
Elle a besoin de moi et j'ai un besoin indéniable d'elle.

Au petit matin, Bella est toujours bien endormie. Comme si elle n'avait pas dormi depuis des siècles. Ce qui est peut-être le cas. Si elle était aussi malheureuse que moi durant notre séparation, elle n'a pas dû se reposer beaucoup.

Moi je suis agité. L'ambiance de cette chambre d'hôpital m'oppresse, tout comme la quantité de questions qui trottent dans ma tête.
Je ne tiens plus, Bella dort profondément, j'en profite pour m'échapper quelques minutes et aller chercher un petit déjeuner digne de ce nom au coin de la rue.
Je n'ai pas non plus oublié la nourriture infecte servie dans les hôpitaux.
Je vais aussi passer par ma voiture, puisque j'y ai mon sac de voyage et essayer de lui trouver au moins un teeshirt propre et un boxer, voire un pantalon. L'odeur de l'incendie imprègne toujours la chambre et Bella, il faut trouver un moyen de la dissiper.

En passant les portes, je prends d'abord un grand bol d'air et je consulte mon téléphone. Jasper et Alice ont essayé de m'appeler plusieurs fois. Je ne suis pas étonné, je suppose qu'ils savent à présent pour l'incendie. Je leur envoie juste un sms pour les rassurer sur l'état de santé de Bella car pour l'heure, c'est la condition d'Emmett qui m'angoisse par-dessus tout. Et pour en avoir le cœur net, la première personne que je pense à joindre est Rose bien entendu.

- Edward ? Que me vaut cet honneur ? demande-t-elle cinglante.

Malgré l'inquiétude, sa répartie familière m'arrache un sourire.

- Je suis de retour Rose.

Je suis pressé, je pense à Bella que j'ai laissé seule et je tiens à revenir avant son réveil.

- J'ai un tas de choses à te raconter mais d'abord dis-moi comment va Emmett ?

- Comment ça comment va Emmett ? Tu ne me demandes pas comment je vais moi d'abord ?

Merde…Je suis un peu perdu là…

- Eh bien comme Emmett est à l'hôpital… je te demande d'abord comment il va lui…

Rose ne répond pas et son silence est étrange.
Quand j'y réfléchis, nous avons discuté tous les deux il n'y a pas si longtemps et elle ne m'a rien dit à ce sujet.
L'idée qu'elle ne soit pas au courant m'effleure mais c'est absurde.

- Qu'est-ce que tu racontes ? Emmett n'est pas à l'hôpital je lui ai encore parlé avant-hier.

Elle est troublée.

Bordel ! Emmett ne lui a donc pas dit ? Mais pourquoi ?

- Bella m'en a parlé vaguement…j'avoue penaud. Mais elle était en état de choc alors peut-être que tout s'est mélangé dans sa tête…

Je ne suis vraiment pas fort sur ce coup, je m'en rends compte au moment où les mots sortent de ma bouche. Tous ces non-dits sont insupportables.

- Mais pourquoi Bella était en état de choc ?

Sa voix grimpe dans les aigus, elle commence à paniquer ou à s'énerver je ne sais pas bien dire au téléphone.

Au point où j'en suis, autant être sincère. De toute façon, cacher la vérité n'amène que des ennuis et elle le saura tôt ou tard.

- Il y a eu un incendie hier soir. Le salon de tatouage et l'appartement d'Emmett ont brulé. J'ai retrouvé Bella au milieu des blessés mais Emmett n'était pas chez lui, il était à l'hôpital. J'espérais que tu pourrais m'en dire plus.

- Putain Edward mais c'est quoi ce bordel ?

Non elle n'est pas énervée elle est juste sonnée et je suis vraiment désolé qu'elle l'apprenne de cette façon.

- Et toi tu es où là ? Tu dis que Bella était blessée ? Elle va bien ?

Mais elle retrouve vite ses esprits. Rose est de ces femmes qui ne se laissent pas aller, qui prennent les choses en main et les affrontent.

- Non elle n'est pas blessée. Elle dormait chez Emmett hier soir et elle a respiré pas mal de fumée. Les infirmières m'ont dit qu'elle avait eu beaucoup de chance.

- Et Emmett ? C'est quoi cette histoire d'hôpital ?

- J'en sais rien. Je sais qu'il n'était pas chez lui, qu'il était à l'hôpital. En tous cas c'est ce que j'ai compris.

Nouveau silence.

- Excuse-moi Rose, je pensais que tu serais au courant pour Emmett.

- Ne t'excuse pas Edward, tu n'as rien à voir là-dedans. Pourquoi ce grand débile ne m'a rien dit ?!

Je ne crois pas devoir répondre à ça. Elle pense à voix haute. Elle est déçue et certainement un peu vexée aussi.

- Je vais tirer tout ça au clair. Je te rappelle.

Sur ce elle raccroche et je me sens comme un con, comme si je venais de faire une belle connerie.

Je passe chercher les viennoiseries et aussitôt sorti, je reçois un coup de fil de Jasper.

Je n'ai pas envie de répondre, j'ai déjà assez trainé, je veux remonter rejoindre Bella, je suis en manque d'elle. Mais j'imagine Jasper inquiet alors je prends l'appel.

- Salut mon pote.

- Salut Edward. Merci pour le message mais j'avais besoin de te parler.

- J'allais retrouver Bella je n'ai pas trop de temps.

En même temps, je pose les paquets sur le toit de ma voiture et je commence à chercher d'une main des affaires propres et susceptibles d'aller un tant soit peu à Bella.

- J'en ai pas pour longtemps.

- Je t'écoute.

- Je suis au salon là… enfin ce qu'il en reste…

Il est ému, il se contient mais je sens tout de même son trouble.

- Les pompiers pensent que l'incendie est dû à l'électricité qui serait défectueuse mais c'est pas possible. Quand Emmett avait pris le salon, il avait employé un artisan pour qu'il refasse l'électricité à neuf.

- Ok et tu leur as dit ?

- Oui bien sûr… du coup il va y avoir des experts qui vont venir faire un tour pour examiner les décombres et trouver la cause de l'incendie. C'est un bordel monstre j'y comprends rien.

- Demande à ma sœur elle doit savoir, elle pourra t'aider.

- Oui c'est ce que je fais et Alice est super. Mais je voulais te dire de ne pas en parler à Emmett pour l'instant.

J'aime pas ça. Je déteste faire des cachoteries surtout avec des personnes aussi proches. Je ne connais pas l'état de santé d'Emmett mais je sais qu'il ne sera pas ravi de savoir que nous lui avons menti.

- Emmett passe un moment compliqué j'ai pas envie qu'il s'inquiète pour rien.

- Qu'est-ce qu'il a ?

- Tu n'es pas au courant ? Bella ne t'a rien dit ?

- Elle n'est pas encore réveillée on n'a pas eu l'occasion de beaucoup parlé.

Il m'explique tout ce qu'il sait. Le fait qu'Emmett les a prévenus au dernier moment, le fait qu'il n'a pas voulu en parler à Rose et bien sûr le fait que l'opération qu'il a à subir soit lourde.
Je m'assois sur le trottoir, la tête dans la main pour écouter son récit. Je comprends mieux les messages d'Emmett, il voulait que je sois là pour veiller sur Bella parce qu'elle allait avoir une nouvelle très dure à supporter. Je n'ai pas su lire entre les lignes. En même temps, comment j'aurais pu imaginer qu'Emmett, la force de la nature, serait malade ?

- Je voulais passer le voir mais je vais pas pouvoir tout de suite. Je dois rester au salon pour régler tout ça.

- J'irai moi. Je suis sur place t'inquiète j'irai le voir et je suis sûr que Bella a envie d'y aller elle aussi.

- Ça va lui faire du bien de vous voir.

- Et Jasper… je voulais te dire… j'ai merdé…

Jasper soupire profondément. Il doit être abattu et entendre que j'ai merdé même s'il ne sait pas encore en quoi l'agace passablement.

- Je l'ai dit à Rosalie. Je l'ai appelée pour lui demander comment il allait je savais pas qu'il ne voulait pas le lui dire et puis franchement qu'est-ce qui lui ai passé par la tête de rien dire comme ça ?

Mes nerfs lâchent un peu. J'en ai marre d'être sur ce trottoir avec ma poche de viennoiseries et mes deux cafés en train de refroidir, de fouiller ce coffre à la recherche de vêtements décents que je ne trouve pas et marre de leurs secrets à deux balles. Je ne me suis pas reposé de la nuit, j'ai conduit toute la journée dernière… Je commence grave à saturer.

- C'est bon Edward tout va bien mon pote. Elle l'aurait su tôt ou tard et je crois vraiment que c'était une connerie de pas lui dire. Emmett a flippé c'est tout, il n'était pas dans son état normal.

Je souffle, largement soulagé. Evidemment qu'il était terrifié et je suppose que tout responsable qu'il est, aussi sûr de lui qu'il puisse l'être, son jugement en a été altéré.

- Tiens-moi au courant pour Bella et pour Emmett.

- Bien sûr. Embrasse Alice et si tu as besoin de quoi que ce soit appelle-moi.

Je raccroche, sonné par la foule d'informations que Jasper vient de me donner. Je me concentre et je trouve un jean potable, un teeshirt propre et dans le doute, je prends quand même un boxer.
Je reprends mes esprits comme je peux avant de rejoindre Bella.

Dès que je rentre dans le bâtiment, cette même sensation d'étouffement fait son apparition dans mes tripes. Je baisse la tête et j'accélère le pas, j'élude le brouhaha de mon esprit et ne garde qu'une seule idée en tête, Bella.

J'ouvre la porte doucement. J'espère la trouver en train de dormir et m'offrir un petit répit près d'elle avant son réveil et le tumulte qu'il va provoquer.
Parce que même si je mets de côté les dernières 24 heures et leur flot de conséquences, je ne suis pas assez fou pour les oublier. Je sais qu'il va falloir régler pas mal de choses, éclaircir pas mal de zones d'ombre. Je n'oublie pas non plus qu'Emmett, le maitre de ce genre de situations est hors-jeu, quant à Bella, je vais bientôt découvrir comment elle se porte mais elle va avoir besoin de soutien.

La chambre baigne dans la lumière opaque du lever du jour. Bella est assise sur son lit, le dossier relevé. Elle n'a plus la sonde nasale à oxygène, juste un capteur accroché au doigt.
Elle est immobile telle une statue, les bras dénudés sur les draps, ses cheveux tombant en désordre sur ses épaules. Elle contemple le paysage du dehors, calme.
Le plateau du petit-déjeuner lui a été servi il y a peu, le café fume encore. Elle semble ne pas y avoir porté le moindre intérêt.

Je fais un pas dans la pièce et le papier des viennoiseries se froisse. Elle tourne la tête vers moi. Alors, comme au ralenti, ses traits sérieux et inquiets se détendent, ses yeux s'éclairent et ses lèvres s'étirent. Tout son visage resplendit de la joie qu'elle a de me voir et je suis comme un gosse intimidé, heureux et rempli de dévotion.

Mes pieds me portent jusqu'à elle parce que ma tête ne répond plus. Elle tend sa main dans ma direction et un hoquet la secoue. Je ne saurais pas dire si c'est un sanglot ou un rire étouffé et je ne me pose pas plus la question, je fonds dans ses bras et je la serre le plus fort que possible.

Elle prend mon visage en coupe et me regarde plus sérieusement que jamais.

- Tu vas rester maintenant ? Peu importe à quel point je suis folle ?

Elle ne sourit pas, elle pèse bien ses mots et ma réponse se doit d'être aussi bien pensée que sa question.

Mes yeux s'ancrent aux siens avec détermination.

- Il est hors de question que je te laisse Bella.

Avec une lenteur excessive, elle avance son visage vers moi. Son regard s'attarde sur ma bouche et putain, je sens vraiment mon ventre pétiller.
Doucement, ses lèvres se posent sur les miennes, sans bouger, comme si elle me laissait encore le choix, comme si j'avais encore la possibilité de me défiler et de refuser ses avances. Ce ne sera pas le cas, ce ne sera jamais le cas.
Je prends mon temps pour amorcer le mouvement de mes lèvres contre les siennes.
Notre baiser est tendre et en même temps plein de ferveur. Il est comme une déclaration et comme une promesse, celle de nous accepter l'un l'autre quoi qu'il arrive.
Ma langue vient délicatement à la rencontre de la sienne et lorsqu'elle la trouve, mon corps entier ressent comme une onde électrique.
Mes doigts accrochent plus fort sa nuque pour la rapprocher encore.

Je la désire avec une force puissante, quasi incontrôlable.

Elle aussi me désire. Son corps vient se mouler contre le mien, un léger gémissement s'échappe quand sa poitrine touche mon torse.
Je la connais et je comprends les signes infimes qu'elle dégage, elle me veut et je suis son putain d'esclave.
Instinctivement je me lève et elle s'agenouille sur le lit pour me suivre et ne pas briser le contact de nos bouches. Une petite partie de mon cerveau sait que nous ne pouvons pas nous laisser aller, que nous sommes dans une chambre d'hôpital et que ce n'est vraiment pas le lieu pour s'aimer mais une partie plus grande et plus sauvage se fout complètement de tout ça et n'a qu'une envie, la posséder là tout de suite.

Malgré moi, mes mains se perdent dans son dos jusqu'à la cambrure de ses hanches. Elle commence à passer ses doigts sous mon teeshirt.

Quand soudain, nous entendons quelqu'un toquer à la porte et entrer sans attendre.

Je ne sais pas si Bella est sourde ou si elle ne veut pas entendre mais le fait est que c'est moi qui la repousse, surpris et assez gêné.
Bella râle, rechigne et finit par regagner son lit.

- Oh les amoureux ! Je vous dérange ?

Bella lève les yeux au ciel. J'avoue, l'infirmière n'est pas des plus discrètes et si elle essaie de faire de l'humour, ça sonne vraiment ridicule.

- Je n'en ai pas pour longtemps.

Bella se plie de mauvaise grâce aux examens de l'infirmière.

- Vous ne mangez pas ?

- Vous plaisantez ? Manger ça ? Je crois que je préfère retourner au milieu des flammes.

Le moins qu'on puisse dire c'est que Bella est de mauvaise humeur. Je suis assez content de me dire que c'est de la frustration, mais c'est peut-être aussi parce qu'elle a faim justement et que ces biscottes ne l'inspirent pas. Peu importe, je retrouve ma Bella et son caractère singulier et malgré moi je souris.

- Mais je vois que votre petit ami vous a amené de quoi faire un bon petit déjeuner.

L'infirmière est adorable, elle ne se focalise pas sur les mots de Bella et reste enjouée.

- Oui… Mon petit-ami… sourit-elle avec douceur. C'est le meilleur.

Putain j'ai même droit au compliment ! Je suis sur mon petit nuage.

- Bien, sourit l'infirmière. Le médecin va passer dans peu de temps. Je pense que vous avez le temps de prendre votre petit déjeuner et votre douche.

Bella grimace, sans doute à l'idée de prendre une douche ici. Mais franchement, même si je l'aime plus que tout, cette odeur de cramé commence à me donner la nausée.

- Quand pourra-t-elle sortir ? je demande.

- Le médecin vous le dira mais les constantes sont bonnes, le taux d'oxygène aussi, vous allez être fatiguée quelques jours mais je pense que vous sortirez en fin de matinée.

Nous sommes tous les deux soulagés.

L'infirmière sort et le regard de Bella est sans équivoque, elle veut reprendre nos préliminaires où nous les avons arrêtés.
Je saisis les cafés et les viennoiseries, je rapproche le plateau et m'installe sur la chaise près d'elle. D'abord, elle doit prendre des forces et se remettre, ensuite, j'ai trop envie d'elle pour être interrompu encore. Je ne pense pas être capable de m'arrêter si l'infirmière revient cette fois.

- Tu n'es pas drôle Edward, boude-t-elle.

- Non je ne suis pas drôle, je suis affamé et toi aussi.

- Est-ce qu'au moins c'est bio ?

- Hein ?!

Elle sourit malicieuse en croquant un morceau d'un cookie. Elle se fout de moi et ça la fait rire.

Je suis heureux de la retrouver joyeuse et taquine. Je sais qu'elle n'oublie pas Emmett, je sais qu'elle n'oublie pas que le salon est en cendres, elle s'offre un moment de répit, avec moi.

Elle engouffre les pâtisseries et son café comme si elle n'avait pas mangé depuis des siècles. Vu le poids qu'elle a perdu, c'est peut-être bien le cas. Je m'en veux, je sais que mon départ en est la cause. Mais je refuse de culpabiliser, j'ai fait ce qui me semblait juste et je n'ai pas à regretter.

Elle me raconte ce qu'elle se souvient de la nuit dernière. Son récit est assez brouillon, ce n'est pas étonnant, elle est encore choquée et ses mains tremblent.

Je l'aide à se lever et à s'équilibrer sur ses jambes.

- Je n'ai pas d'affaire propre à me mettre, râle-t-elle en se dirigeant vers la salle de bains.

- J'ai ramené des miennes, elles étaient dans ma voiture.

Je n'en mène pas large, je ne suis pas certain qu'elle daigne seulement essayer ce que je lui ai apporté.

Elle inspecte les vêtements et me regarde avec une grimace qui en dit long sur ses pensées.

- Ok, ils sont un peu grands… je n'avais rien de plus petit.

Elle délaisse mes habits sur la chaise et se dirige vers la cabine de douche.

- Si tu veux je peux passer chez toi chercher des affaires.

- Non !

Je suis surpris par la force de sa réponse.

Elle revient sur ses pas et m'enlace.

- Non tu restes.

Je l'enveloppe dans mes bras et nous restons quelques secondes confortablement l'un contre l'autre.

Mais Bella étant qui elle est, têtue et pugnace, elle commence à remuer sensuellement contre moi.
Je la prends par les épaules et la dégage de mon étreinte.
Elle me regarde avec une moue irrésistible.

- Tu ne veux pas venir te doucher avec moi ? minaude-t-elle.

J'en appelle à toute ma volonté pour refuser ses avances et je serre les poings en la regardant s'éloigner en ondulant des hanches, récupérant tout de même le jean et le teeshirt au passage.
Putain de déesse trop belle pour être vraie.

J'attends l'eau couler et je me tape la tête contre le mur derrière lequel elle se trouve… nue… ruisselante… consentante…

Je dois la voir. Juste un petit coup d'œil ne peut pas me faire de mal.

J'entrouvre la porte le plus discrètement possible. Mais Bella se tourne directement vers moi.

- Si tu passes cette porte Edward, je ne réponds plus de rien, dit-elle très sérieusement.

Je claque le battant et je vais m'assoir sur le lit.
Je l'aurais bientôt mais pas ici, pas à la va vite.
Je dois me focaliser sur la suite des événements, Emmett, le salon, Rosalie…

Lorsqu'elle sort de la salle de bains, Bella a un air plus sombre. Elle sait tout comme moi que le moment de répit est passé et que nous avons à affronter le monde extérieur.

Le jean est bien trop grand, elle choisit de ne porter que le teeshirt qu'elle noue à la taille. L'odeur est bien moins persistante mais toujours présente.

Le médecin passe et comme l'avait prédit l'infirmière, il constate que Bella va bien et qu'elle peut sortir.
Elle doit se reposer pendant quelques jours. Le choc l'a tout de même secouée donc pas de sensations fortes.

Nous obtempérons tous les deux sachant pertinemment que nous allons de ce pas trouver Emmett et enfin savoir comment son opération s'est passée. Du point de vue de Bella c'est comme sauter en parachute. Ce n'est pas une bonne idée après l'épreuve qu'elle vient de subir d'être aussi tendue mais je ne vois aucun moyen de l'en dissuader.
Je suis moi aussi très inquiet, je le cache du mieux que je peux.
Je sens Bella nerveuse et son cœur doit battre des records de vitesse. Je passe mon bras sur ses épaules, je la serre contre moi, je suis près d'elle et je vais veiller à ce qu'elle tienne bon.

Nous mettons un certain temps à trouver la chambre parce que nous trainons. La peur n'évite pas le danger mais il nous semble qu'y aller en douceur est nécessaire.

Devant la porte, Bella aspire une grande bouffée d'air par le nez et souffle par la bouche lentement. Elle se calme. Je la serre un peu plus et mes yeux trouvent les siens.
Mon regard est déterminé, quoiqu'il arrive, nous ferons face aux événements ensemble. Elle semble le comprendre et se détendre quelque peu.

Elle frappe et nous arrêtons de respirer.

« Entrez » dit une voix féminine.

Sans que j'aie le temps de déterminer à qui appartient cette voix, Bella pousse la porte.

Une femme vient à notre rencontre, il s'agit sans nul doute de la mère d'Emmett. Elle s'arrête juste devant Bella. Pas de baiser, pas d'embrassade, un simple bonjour poli.
Je suis un peu surpris. Elle a vécu chez elle quelques années et je pensais qu'elles seraient plus proches.

- Comment va-t-il ? demande directement Bella.

- Demande le lui, dit-elle en souriant et en se détournant pour que nous puissions enfin voir Emmett.

Il est allongé dans le lit, un peu pâle, avec quelques tuyaux reliés à son poignet, son doigt et ailleurs sur son corps mais il sourit. Et ce sourire aussi léger soit-il me rassure dans la seconde.

- Hey Emmett ! dit doucement Bella en s'approchant de lui.

Aussitôt elle prend sa main et s'assoit sur le rebord du lit. Elle est très délicate. Emmett est tout de même l'ombre de lui-même. Il semble très fatigué et marqué.

Je la rejoins.

- Salut mon pote ! je souris.

- Ah Edward ! Tu ne peux pas savoir à quel point je suis content de te voir !

Sa voix manque d'entrain, il doit être sous calmant, mais son ton est sans équivoque joyeux.

- C'est partagé mon frère.

- Alors, comment tu vas ? Comment ça s'est passé ? demande Bella.

- Comme tu vois je suis en vie.

Oui, Emmett et son humour caractéristique sont bien là.

- Bien sûr que tu es en vie il en faudrait plus pour t'abattre, se moque Bella.

Elle donne le change mais je sens son inquiétude. Nous pouvons blaguer mais tant qu'il ne nous aura pas dit réellement quel est son état nous resterons tendus.

- Alors ? s'agace légèrement Bella. Qu'est-ce qui va se passer maintenant ?

- Ils ont tout enlevé.

Il est ému, profondément ému et rassuré.

Bella serre plus fort sa main et j'avoue qu'à cet instant, Bella et Emmett sont si touchants que j'en suis bouleversé.

- Je vais devoir faire quelques séances de chimio, entre quatre et six, mais plutôt légères. Les médecins sont optimistes, ça va être difficile bien sûr mais je vais m'en…

A ce moment-là, la porte de la chambre s'ouvre avec fracas. Toutes les têtes se tournent dans la même direction pour apercevoir une furie blonde entrer sans prévenir.

- Bordel de merde Emmett ! Je devrais te couper les couilles pour…

Sa voix forte s'assourdit petit à petit alors que Rosalie réalise l'état d'Emmett. Elle perd aussi son élan et s'arrête en plein milieu de la pièce.

- Oh mon dieu Emmett… elle porte la main à sa bouche. Qu'est-ce… qui t'est… arrivé… mon amour ? bégaie-t-elle.

Emmett tend son bras dans sa direction.

- Viens là ma Rosie.

Elle retrouve difficilement l'usage de ses pieds. Elle avance vers lui avec précaution et prend enfin sa main. Elle fond dans ses bras et étouffe un sanglot dans son épaule. Emmett a lui aussi les larmes aux yeux.

Enfin, elle se détache de son étreinte pour mieux le regarder.

- Je m'excuse Rosie, j'aurais dû tout te dire mais…

- Mais tu es un nigaud et je le savais avant de tomber amoureuse de toi, sourit-elle.

Elle caresse ses cheveux avec amour et Emmett semble retrouver quelques couleurs.

Ils s'embrassent doucement. C'est mignon tant que c'est court, mais leur baiser dure et au moment où Rose échappe un léger gémissement, tout ça devient très embarrassant, d'autant plus devant les parents d'Emmett qui bien que discrets n'en sont pas moins là.

Je me racle la gorge pour les faire redescendre sur terre.

Rose tourne son visage vers moi.

- Oh ça va ! Tu vas pas nous la jouer sainte Nitouche !

Emmett et Bella ricanent. Ils ont compris que Rose dans sa précipitation et son émoi ne s'est pas aperçue que les parents d'Emmett étaient présents.

- Au fait ma Rosie, je te présente mes parents, sourit Emmett taquin.

Rose, toujours avachie sur son fiancé se redresse derechef, aussi droite que la justice et aussi rouge qu'une pivoine. Le moment est trop beau et surtout très exceptionnel. J'éclate de rire, suivi de près par Bella. Nos nerfs lâchent et ce fou rire nous permet de nous soulager. Emmett rit un peu mais il se calme vite, il a l'air de souffrir.

Rose honteuse, se dirige vers ses beaux-parents qu'elle salue en s'excusant comme elle le peut.

Ils sont sympathiques et chaleureux et n'ont pas l'air de lui en vouloir pour son entrée plutôt fracassante.

Son père s'approche de moi et demande : « Vous avez l'air d'être un bon ami d'Emmett mais on ne s'est jamais rencontré… »

Je suis un peu confus, d'habitude je suis très poli mais je n'ai même pas pris le temps de me présenter. Bien entendu je ne peux pas compter sur Bella pour le faire.

- Je te présente mon petit ami, Edward, sourit Bella.

Et moi je lui tends la main sans vraiment comprendre ce qui vient d'arriver.
Elle l'a fait, elle m'a présenté comme étant son mec. Elle a pris les devants. Je suis surpris et en même temps empli de fierté et d'enthousiasme.

- Houlala, c'est ton petit ami hein ? relève Emmett moqueur.

- Le seul, sourit Bella entrant dans son jeu.

Moi je ne touche plus Terre, trop heureux et même flatté.

- C'est quoi cette odeur ? demande Emmett. C'est mes antalgiques qui me défoncent au point que je sente la fumée dans cette pièce ?

Putain, Bella a gardé son jean qui pue le cramé ! En y pensant, c'est dingue que dans la panique elle ait pensé à mettre son jean avant de passer par la fenêtre. Mais quand on est en situation de survie, c'est l'instinct qui gère et Bella a plus que nul autre l'esprit pratique.

- Je ne sens rien moi, réagit Bella dans la seconde.

- Moi non plus, j'ajoute.

Les parents et Rose sont en train de discuter et ne relèvent pas. Tant mieux !
Je sens que Bella est mal à l'aise de mentir, je le suis moi-même. Quant à Emmett, s'il est suspicieux il ne le montre pas, il parait surtout très fatigué et commence à piquer du nez.

C'est le moment de le laisser. Peut-être aussi avant qu'il ne pose d'autres questions embarrassantes. Je déteste lui mentir même si effectivement c'est surement mieux pour l'instant.

Je pose ma main sur son épaule et serre un peu comme pour lui donner du courage.

Bella l'enlace.

- Et Jasper n'est pas venu avec vous ? demande Emmett.

Bella a comme un blanc, de nouveau gênée d'avoir à mentir.

- Non il est avec Alice, il passera plus tard dans la journée.

Elle sourit pour le réconforter. Son mensonge sonne un peu faux mais Emmett, drogué par les calmants n'y voit que du feu.

Nous attendons Rosalie.

Elle s'installe près de lui, l'embrasse chastement sur les lèvres et le prend dans ses bras.

- Tu peux compter sur moi Emmett, souffle-t-elle.

- Je sais ma Rosie.

- Si tu as besoin de quoi que ce soit, ici à l'hôpital ou au sujet de l'incendie du salon, tu dois me faire confiance, je…

- Le quoi ?!

Emmett se réveille de sa torpeur en entendant les mots « incendie du salon ».

Bordel de merde !

Bella me surprend en prenant les devants. Dans un geste fluide mais avec aplomb, elle décale Rosalie et prend sa place. Elle pose ses mains en coupe sur le visage d'Emmett et le regarde bien en face.

- Ecoute Emmett, ce n'est pas ton problème pour l'instant. Oui il y a eu un problème au salon mais Jasper, moi et les autres, nous le gérons. Toi, tu n'as à te préoccuper que de toi et de ta santé. Tu m'entends ? Tu es ta seule priorité et la nôtre aussi ! Alors prends des forces ! Repose-toi et reviens-nous en forme c'est bien compris ?

Elle est ferme, comme elle seule sait l'être, mais elle est surtout très convaincante.

Emmett ne la quitte pas de ses yeux ronds. Il essaie de digérer l'information mais surtout il prend en pleine gueule le fait que Bella a besoin de lui et qu'effectivement, il n'y a rien qu'il puisse faire que de se remettre. Le reste n'est pas de son ressort.

Il cligne des yeux plusieurs fois et avance son visage vers la joue de Bella pour un baiser bien appuyé et lourd de sens.

- Je te fais confiance petite sœur.

Bella est certainement émue et échappe un petit rire.

- Je n'en attendais pas moins de toi grand frère.

L'émotion nous gagne tous. Les parents d'Emmett sont attendris, Rosalie se retient depuis un moment déjà de pleurer et moi je suis fier de ma nana.

Après d'autres embrassades, nous raccompagnons Rose à sa voiture.

- Est-ce que tout va bien Rose ? je demande.

- Non… tout ne va pas bien non… mais ça va aller mieux, je le sens.

Elle cherche une lueur d'espoir dans mes yeux et dans ceux de Bella.

- Bien sûr que tout va bien se passer. Le pire est derrière nous. répond Bella sans hésitation.

Elle est très forte. Elle n'en sait rien et Rosalie n'en sait rien, ni moi non plus, mais elle y croit jusqu'à réussir à nous en persuader tous.

Enfin je passe mon bras sur les épaules de Bella, elle se blottit contre moi et nous regagnons ma voiture.
Enfin nous nous apaisons.
Enfin nous allons pouvoir penser à nous, nous retrouver, au moins quelques heures.