Je crois bien que ça fait neuf mois depuis le dernier post... Oserais-je ramper à vos genoux virtuels pour m'excuser de ce retard ? Je suis vraiment désolée. J'espère que quelques uns d'entre vous sont toujours là pour me lire et j'espère vraiment que ce chapitre 28 vous plaira ! Sinon j'espère que vous allez bien ? Que vous passez de bonnes vacances, que les exams se sont bien passés, que tout le monde a eu son bac :) ? Et ceux qui travaillent ben que vous continuez de bien travailler !
Il s'en est passé des choses en neuf mois... Dernière année d'étude, avec un stage aux urgences loin de chez moi (entre autre), un mémoire de fin d'étude (aïe aïe aïe), un gala de fin d'étude à préparer (hiips), déménagement, recherche de boulot, canicule, farniente, soirées, Breaking Bad (fini la saison 3 !), vacances à la plage, etc, la vie quoi. J'ai le grand bonheur de vous annoncer que je suis officiellement Infirmière Diplômée d'Etat depuis le 23 juillet 2015 ! Enfin ! Après trois ans, je suis soulagée quoi et, aussi très très flippée (responsabilités, risquer de tuer des patients, toussa toussa). En ce moment je bosse en psychiatrie adulte, c'est un choix, c'est ce que je voulais faire, j'espère y rester le plus longtemps possible... Oh, et ce qui m'a pas mal occupée aussi, c'est un projet d'écriture sérieux (du pro, rien à voir avec les fics) avec un ami, que je devais écrire rapidement, donc j'étais un peu obligée de ne pas écrire TGF pendant ce temps quoi :/. Allez, je sens que vous êtes curieux, j'ai écrit le scénario d'un court-métrage imaginé par mon ami, ce qui était une super expérience, on espère bien pouvoir le réaliser et dans les années à venir transformer ceci en long métrage !
Voilà pour les nouvelles personnelles... Concernant Les Liens, et bien je vous avoue que je me suis pas mal relue, et qu'entre autre mon chapitre 27 m'a pas mal déplu, je l'ai trouvé assez médiocre. Du coup, je voulais vous poster un chapitre 28 dont je serais vraiment fière, je voulais vraiment que vous l'aimiez. Donc j'ai écrit, réécrit pas mal de choses, j'ai feuilleté mes notes, mes autres chapitres, me suis relue et re-relue... J'ai vraiment bossé ce chapitre qui s'avère pas mal long et pas mal compliqué. Quitte à vous faire patienter quelques semaines de plus, au moins vous donner de la qualité (ou le maximum de qualité que je puisse écrire ;)).
Autre chose : je décide de passer cette histoire en rating M. D'une part parce que ce chapitre parle de sexe, pas de manière forcément très imagée, pas de lemon à proprement parler, mais je pense que le M est adapté du coup. Et puis j'ai parlé de sexe tout au long de cette fic aussi... Et je me tate même à passer toutes les fics des Liens en rating M, puisque depuis la 4e année Lily a une vie sexuelle que je détaille plutôt bien donc bon... Je sais pas, vous en pensez quoi ?
Sinon sachez que Miss Zod'a du duo Eve et Zod'a a gentiment et brillamment corrigé le tout premier opus des Liens Eternels à savoir Entre amis, et qu'elle vient aussi de terminer de corriger La vie n'est pas un jeu. Y'avait quand même pas mal de fautes, elle a vraiment fait du bon boulot, ça m'a permis de reprendre et de reformuler pas mal de choses et ne serait-ce que pour Entre amis j'adore la version corrigée du coup ! Donc merci beaucoup Zod'a !
Pour finir, un grand grand grand merci aux revieweurs : Stilandra Black, La couleur du ciel, perrine (ta RAR est à la fin de ce chapitre), Fraize00, Eve et Zod'a et Soanaa (merci de plus pour m'avoir donné envie de réécouter du U2 :)). Vos reviews me font immensément plaisir. Toutes les choses supers que vous me dites, y'a pas de mot pour dire à quel point elles me touchent :). Merci aux lecteurs silencieux et à ceux qui me mettent en alert et favoris.
Dans ce chapitre, Isée Moroz est très présente. Comme il m'a fallu relire presque toute la fic pour me rappeler tout ce qui s'était passé par rapport à elle, par rapport à ce que les Maraudeurs et les trois filles savaient d'elle, je me suis dit qu'un petit récapitulatif ne vous ferait pas de mal non plus ! Alors voici :
Moroz sait que trois Maraudeurs sont des Animagi (chap 8) et Lily, Lyra et Liana pensent qu'elle en sait plus sur leur magie (qui fait parfois des choses inexplicables) qu'elle ne le dit. Les deux groupes décident donc séparément de découvrir son secret, les Maraudeurs pour avoir un moyen de pression au cas où elle décide de révéler qu'ils sont des Animagi, et les trois filles pour tenter de faire chanter Moroz pour lui faire révéler ce qu'elle sait sur leur magie.
James, Sirius et Lyra interrogent Rosmerta (chap 10) et ils découvrent qu'Isée a raté les trois derniers mois de sa sixième année et qu'elle a dû redoublé, qu'elle a quitté l'école quelques semaines pendant sa septième année parce qu'il y a eu un "scandale", et qu'elle a souvent visité les pays de l'Europe de l'Est. Dans la Salle sur Demande, les trois filles (chap 13) découvrent un album photo "vierge" (sort de camouflage ?) avec à l'intérieur un poème d'amour dont les premières lettres de chaque ligne forment le prénom ISEE. Chapitre 14, les Maraudeurs et les trois filles se rentrent dedans dans un passage secret menant à Pré-Au-Lard et comprennent qu'ils enquêtent tous sur Moroz ; ils la suivent jusqu'à Pré-Au-Lard et la voit discuter avec un homme qui porte une cagoule et une cape, et ils se menacent tous deux de leur baguette. Les Maraudeurs (chap 16) trouvent une photo d'Isée avec un petit garçon de sept ans à la peau noire, et Lily (chap 21) trouve une autre photo du même petit garçon seul ; les deux groupes en déduisent qu'il s'agit de son fils. Les filles rencontrent le cousin de Moroz, Broderick, Langue-de-Plomb (chap 18-19). Lily découvre que Moroz et Chourave ont une liaison (chap 21), ce que les Maraudeurs sauront plus tard tout seuls (je n'ai pas raconté comment dans la fic). Lily et James surprennent une conversation entre Slughorn et McGonagall (chap 25) ; des protections ont été posées autour de Pré-Au-Lard par les professeurs, mais quelqu'un a trafiqué les sortilèges ce qui a permis aux Mangemorts d'y apparaître ; seul un professeur aurait pu trafiquer ces sortilèges et McGo soupçonne Moroz étant donnée qu'elle est portée disparue depuis la bataille. Fin du chap 25 et chap 26, Moroz est retrouvée gravement blessée, il est évident qu'elle a été kidnappée et torturée par Voldemort lui-même. Du coup, on ne la soupçonne plus d'avoir trafiqué les protections autour de Pré-Au-Lard.
Ce que tout le monde ignore mais qui a été raconté par moi-même :
Pendant sa septième année, Chourave et Moroz avaient déjà une liaison qui fut découverte par un Serpentard, Malcolm Baddock (chap 22) ; seuls les Serpentards étaient au courant et ils l'ont durement fait payer à Moroz (violence psychologique et parfois physique). Même si Moroz n'a jamais dénoncé qui que ce soit, Dumbledore lui a permis de rentrer chez elle quelques semaines pour se reposer de sa souffrance qui ne lui est pas passée inaperçue.
Chap 23 et 25 : Moroz est en réalité au service de Voldemort sous la contrainte. Juste avant la rentrée de septembre, il a pris son fils en otage, Léo, pour la faire chanter et l'obliger à espionner Dumbledore. Elle n'est en aucun cas une Mangemort. Lors de la sortie à Pré-Au-Lard, il a obligé Moroz à trafiquer les protections posées par les professeurs autour du village pour permettre à ses Mangemorts de transplaner, et elle a posé un sortilège puissant autour de Poudlard pour empêcher les profs de rejoindre Pré-Au-Lard pendant l'attaque. Baddock a convaincu Moroz de retirer ce dernier sortilège, ce qui a valu à Moroz d'être sévèrement punie par Voldemort. Il l'a torturée physiquement pendant plusieurs jours et a tué Léo. Les Mangemorts l'ont ensuite déposée sur les marches de Poudlard, Moroz a fini à Sainte Mangouste. Elle a alors piégé les Aurors venus l'interroger (par ordre de Voldemort) : (chap 26) le piège en question était d'amener des Aurors dans une plaine du Pays de Galle et ils se sont fait attaqués, c'est comme ça que Maugrey Fol Oeil a perdu sa jambe. Elle n'est pas soupçonnée de quoi que ce soit de la part des Aurors quant à son implication dans le piège, ils croient à son innocence. Chapitre 27, si les autres professeurs ne soupçonnent plus Moroz, Norbert Mercer, le prof de divination, n'a pas l'esprit tranquille ; il entre dans les appartements de Moroz, elle le découvre et le tue. Elle envoit ensuite une lettre à un Mangemort qui la surveille depuis Pré-Au-Lard. A eux d'eux, ils dissimulent le cadavre de Mercer et cachent des capes et des masques de Mangemorts, des objets compromettants, dans ses appartements. De ce fait, les professeurs pensent que Mercer s'est enfui, qu'il est en réalité un Mangemort et que c'est lui qui a trafiqué les sorts de protection autour de Pré-Au-Lard le jour de la bataille...
Petit rappel du chapitre 27 en lien direct avec celui-là aussi : Regulus est un Mangemort (ça on le sait depuis plusieurs chapitres), et juste avant la rentrée de Pâques, Voldemort (qui se soucie du niveau en duel de ses Mangemorts) a organisé un tournoi de duel pour les entraîner. Regulus s'est fait "laminer" et a quelques blessures. De retour à Poudlard, il se faufile dans l'infirmerie pour chopper des potions et de quoi se soigner. Il est surpris par Sirius, qui voit qu'il n'a pas bonne mine et s'interroge. Regulus l'envoie balader. Le soir-même, Sirius fait un rêve bizarre où Bellatrix lui sussurre qu'elle
a "Tu sais qui j'ai vu de loin toute à l'heure ? Regulus", à savoir qu'elle lui a dit exactement la même chose quand elle l'a confronté à la bataille de Pré-Au-Lard. Dans la suite de son rêve, on voit que l'épouvantard de Sirius est Regulus qui porte la Marque des Ténèbres sur son bras gauche. Sirius ignore que Regulus est un Mangemort, mais son rêve le fait réfléchir. Il se rappelle que ses parents projetaient de faire de Sirius un Mangemort alors qu'il allait avoir seize ans, et Regulus a seize ans. Il reste éveillé toute la nuit en pensant à ça, s'inquiétant vraiment, et au final pour se changer les idées, il couche avec Lyra.
Disclaimer : Le monde d'Harry Potter appartient bien sûr à JKR. La chanson de ce chapitre est "Sleep Together" des Porcupine Tree (une pure bombe, faut écouter la version Live d'Anesthetize sur youtube). Il y a une référence à la chanteuse Colette Renard et sa chanson "Les nuits d'une demoiselle" que j'explique dans ma note d'auteur de fin. Il y a également une réplique de la série The United States of Tara, saison 1 épisode 2 (18min30 pour être précise), dite par Brie Larson qui joue Kate dans la série.
Playlist : Porcupine Tree - Let's sleep together ; London Grammar - If You Wait (album) - Darling Are You Gonna Leave Me ; Allah-Las - Allah-Las (album) ; Parov Stelar - All Night ; Three Dog Night - One Is The Loneliest Number ; Major Lazer - Get Free ; Matt Corby - Resolution - Evangelist - Trick Of The Light ; Tears For Fears - Head Over Eels ; Communions - Forget It's A Dream ; Soja - Everything Changes ; Black Strobe - I'm A Man ; U2 - Songs For Innocence (album) - Song For Someone - Party Girl ; Django Django - First Light.
The Gentlest Feeling
28. Let's sleep together right now, Relieve the pressure somehow
J'étais venu à son enterrement sous ma forme Animagus. J'y ai assisté de loin, caché dans le petit bois qui entourait le minuscule cimetière sorcier en périphérie de Londres. La plupart de nos ancêtres y reposent en paix dans le mausolée familial. Il les avait rejoint le matin-même. Mon ouïe canine m'a permis de tout entendre. Ils étaient tous présents. Ma mère, Bella et son mari, Cissy et le sien, quelques uns de mes oncles et tantes... Même Kreattur qui sanglotait aux pieds de Mrs Walburga Black, veuve et ce jour orpheline d'un fils. Andromeda avait voulu venir, mais elle ne possédait pas de déguisement aussi efficace que le mien, alors elle avait préféré s'abstenir.
Je n'ai jamais compris pourquoi il était devenu Mangemort. Je le trouvais bien trop calme et pacifiste pour ça. Quand on était petit, il ne voulait jamais jouer aux mages guerriers, il disait qu'il n'aimait pas faire mal. Son rêve à lui, c'était d'être Guérisseur. Comment peut-on changer à ce point ? Même s'il haïssait les nés-moldus - les « sangs-de-bourbes » -, même s'il admirait Voldemort et Bellatrix, comment avait-il pu devenir un criminel, un meurtrier, un tueur d'enfants ? Comment avait-il pu torturer tous ces pauvres gens ?
J'étais en mission en Ecosse quand il est mort, je n'ai même pas pu identifier son corps. Je ne crois pas que je l'aurais fait, soit dit en passant. L'Ordre m'a dit que, d'après leurs espions, il avait pris peur et avait fui son rang de Mangemort. Il aurait aussi essayé de se dresser contre Voldemort, l'idiot. Inconscient. Stupide. Suicidaire. Pareil, je ne comprends pas. Que s'était-il passé pour qu'il retourne sa veste ainsi ?
Reg n'avait jamais su trouver sa place. Je l'avais compris trop tard. Tout ça, c'était ma faute. J'ai toujours pensé que Regulus était l'héritier parfait pour mes parents, qu'il leur était fidèle et qu'il en était heureux. J'étais persuadé qu'il avait trouvé sa place auprès de Voldemort, et que c'était pour ça que nous n'étions plus des frères, seulement des êtres reliés uniquement par le sang. Beaucoup trop différents.
Peut-être que si je ne l'avais pas lâchement abandonné si jeune, j'aurais pu l'aider. Peut-être que sans moi, il s'est senti perdu, et que c'est à cause de cela qu'il a fait les mauvais choix aussi tôt. Peut-être que j'aurais pu l'aider à trouver sa place. Parce que finalement, il s'est avéré que sa place ne se trouvait pas auprès de Voldemort. Et ça, je ne l'ai compris que trop tard. Beaucoup trop tard.
Ce jour-ci se déroulait le premier cours d'Approfondissement Magique depuis la rentrée des vacances de Pâques, deux semaines plus tôt. Exceptionnellement, le professeur Moroz avait demandé à ses élèves de la retrouver dans la Grande Salle. Lorsque Remus, Liana, Lyra et Lily entrèrent dans la Grande Salle en cette fin d'après-midi de vendredi, Moroz corrigeait ses copies installée à la table des professeurs. Elle leur indiqua de s'asseoir et d'attendre les septièmes années. Ils s'installèrent donc à la table habituelle des rouge et or. Les nouveaux arrivants s'assirent à la table de leurs maisons, aux places les plus proches de la table des professeurs.
Les douze étudiants attendirent patiemment et en silence - il n'y avait qu'en Approfondissement Magique qu'ils étaient si disciplinés, car cette matière n'était définitivement pas comme les autres - que Moroz range ses copies et lève les yeux vers eux. Elle se racla la gorge. « C'est un cours particulier que nous avons aujourd'hui. Premièrement, à cause des locaux » Elle désigna la Grande Salle d'un geste de la main « Car pour l'exercice d'aujourd'hui, j'avais besoin d'une salle beaucoup plus grande que celle que nous utilisons habituellement » Elle marqua un temps de pause où elle se mit à jouer nerveusement avec sa baguette, sous la table pour que ses étudiants ne le remarquent pas.
- D'autre part, seule la moitié d'entre vous allez faire de l'Ancienne Magie » Certains froncèrent des sourcils, se lancèrent des regards perplexes, ennuyés voire mécontents, d'autres chuchotèrent à leurs voisins pour exprimer leur déception « Laissez-moi vous expliquer pourquoi. Vous n'êtes pas sans connaître les derniers événements qui ont fait que je me suis retrouvée aux soins intensifs de l'Hôpital Sainte-Mangouste » Tout le monde se tut et plus personne ne montra sa contrariété.
Pour chacun d'eux, Isée Moroz signifiait quelque chose de plus qu'un simple professeur. « Je ne suis toujours pas au meilleur de ma forme et je dois m'économiser. Or, surveiller la magie de douze étudiants est beaucoup plus fatigant que la magie de six » En effet, à chaque cours, Isée utilisait une grande partie de ses pouvoirs et donc de son énergie pour surveiller et anticiper la survenue de problèmes. Car si l'Ancienne Magie - surtout exercée par des étudiants avec peu d'expérience - échappait à son contrôle, les conséquences pouvaient être dramatiques.
- Voici comment les choses vont se passer » Sa voix avait retrouvé de l'assurance, à présent qu'elle n'expliquait plus à quel point elle était devenue fragile « Vous allez être répartis en six binômes. Je vais désillusionner six d'entre vous, un par binôme, qui vont se disperser dans la Grande Salle. Votre partenaire devra vous retrouver et annuler le sort de Désillusion en utilisant uniquement l'Ancienne Magie »
Il y eut d'autres regards échangés, cette fois amusés, ainsi que des sourires. Liana chuchota à l'oreille de Lyra « On va s'amuser » Lyra acquiesça.
- C'est la récréation en fait » Et Liana rit.
- Des commentaires ?
- C'est juste que ça ressemble au jeu du cache-cache, répondit Lily à haute voix.
Isée haussa un sourcil imperturbable et le sourire de Lily se fana. Les douze visages redevinrent sérieux. « Bref » reprit Moroz « Vous allez reprendre les mêmes binômes que lors du Processus de Création de la Vie. Tout le monde se souvient de son partenaire ? »
Remus et Liana se sourirent amoureusement. Lyra chercha Andrew Featherstone à la table des Poufsouffles et celui-ci lui répondit d'un signe de la main enjoué. Lily s'était figée et se retenait de tourner la tête vers son ancien partenaire. Elle regardait fixement Moroz à la place, sans savoir comment réagir. « Pourquoi ? » demanda une voix sans émotion. Lily se résolut à regarder celui à qui appartenait la voix, alias son partenaire, Théophile Nott. Celui-ci ne quittait pas des yeux Moroz et, si elle n'avait pas été son professeur, il l'aurait fusillée du regard.
À voir l'air pincé de Moroz, il était clair qu'elle n'appréciait pas son intervention. « Seriez-vous en train de remettre en question mes consignes par hasard, Mr Nott ? » Nott aurait adoré répondre par l'affirmative s'il ne craignait pas les retombées, cela se lisait sur son visage. Moroz le comprit et choisit de lui répondre froidement.
- Parce que je vous dis de le faire, voilà pourquoi, Mr Nott. Et si vous réfléchissez une minuscule poignée de secondes, vous vous rendrez compte que la réponse est plus que logique. Pour retrouver votre camarade - qui, je vous le rappelle, est Miss Evans » Pas la peine de nous le rappeler, pensèrent Lily et Nott en chœur « Il faut que vous sentiez sa magie sachant que je lui demanderai de ne pas l'appeler du tout. C'est une magie au repos que vous allez devoir retrouver dans une immense salle. Pour vous faciliter les choses, j'ai choisi la magie avec laquelle vous êtes le plus compatible »
En effet, c'était logique. Mais en croisant le regard de Nott, Lily s'aperçut qu'il pensait comme elle, à savoir qu'ils s'en seraient bien passés, de sa logique. L'expérience du Processus de Création de la Vie restait gravée dans leurs mémoires. Cette expérience magique consistait à unir la magie de deux personnes, pour ensuite appeler les quatre éléments - terre, eau, feu, air - et créer une nouvelle forme de magie. Cette union, pour leurs magies, était similaire à un rapport sexuel. Et les magies de Nott et Evans étaient tellement compatibles qu'ils avaient vécu cette expérience avec un plaisir sexuel inouï, presque un orgasme, mais en étaient ressortis extrêmement frustrés, puisque seules leurs magies, et non leurs corps, s'étaient envoyés en l'air.
Depuis ce jour, ils ressentaient cette forte attirance sexuelle l'un pour l'autre qu'ils essayaient de refouler, avec un certain succès jusqu'à présent. L'un à Serpentard, l'autre à Gryffondor ; l'une née-moldue, l'autre qui n'affichait pas vraiment ses idéaux mais rien ne disait qu'il ne la méprisait pas pour son sang. Certes, il y avait eu le moment où Théophile lui avait sauvé la vie, à Pré-Au-Lard, et Lily s'était dit que, peut-être, il ne donnait pas de valeur au sang d'un sorcier. Mais elle avait reconsidéré la situation depuis et avait conclu qu'évidemment que Nott n'allait pas la laisser mourir, car cela reviendrait à afficher ouvertement qu'il se battait du côté des Mangemorts. Donc, lui sauver la vie ne signifiait pas forcément qu'il était de son côté à elle...
Dans tous les cas, Nott et Lily avaient passé un accord tacite ; hors de question de céder à leurs pulsions, et ils resteraient le plus loin possible l'un de l'autre. De ce fait, titiller la magie de l'autre pendant ce cours d'Approfondissement était la dernière chose à faire pour mener à bien cet accord. La première fois avait été très difficile à gérer - jouissive, mais éprouvante - alors qui savait ce qu'il pourrait se passer la deuxième fois ?
De l'autre côté, Moroz allait les incendier s'ils refusaient de faire équipe. Ni l'un ni l'autre ne voulaient manquer ce cours, car les cours d'Approfondissement, déjà peu fréquents, allaient se faire de plus en plus rare avec l'approche des ASPICs. Donc en réalité, ils n'avaient pas vraiment le choix.
Devant l'absence de réaction de Nott, Isée conclut que le problème était réglé et qu'ils pouvaient commencer. Elle demanda à Nott, Remus, Featherstone et trois autres septième années de sortir de la Grande Salle. Elle se tourna ensuite vers les six étudiants restants « Mettez-vous en file devant moi pour que je puisse vous lancer le sort de Désillusion » Lily, Lyra et Liana étaient déçues de ne pas pratiquer. Surprises, également, qu'aucune d'elles trois ne pratiquent. Coïncidence ou hasard ?
Les six élèves obéirent. L'un après l'autre, Moroz les désillusionna, leur montra où dans la Grande Salle ils devaient se placer et ne surtout pas en bouger. Lily s'assit donc en tailleur au milieu de la table des Serdaigles. Elle était passée avant ses meilleures amies et ignoraient leurs positions. Elle aurait bien aimé repérer leurs magies pour les trouver, pour passer le temps, mais elle n'en avait pas le droit... Sa magie devait rester au repos.
Moroz fit rentrer les autres dans la Grande Salle. « Une fois que vous avez trouvé vos partenaires, il vous faudra lever le sort de Désillusion. Il n'y a pas de processus particulier pour cela, je vous demande simplement de ne pas toucher la personne, de ne pas lui parler ou entrer en contact avec elle de quelque manière. Et je vous donne toujours le même conseil : le plus efficace, c'est d'utiliser votre imagination » Lily l'écoutait à moitié et s'occupa plutôt en observant les six étudiants, dont elle ne faisait pas partie, travailler.
C'était extrêmement divertissant, en réalité. Elle les voyait plisser les yeux en scrutant le vide, certains marchaient même avec précaution les bras tendus devant eux par peur de rentrer dans quelqu'un... Elle les voyait également se concentrer pour faire appel à leurs magies. Elle n'avait jamais eu l'occasion de voir les autres le faire, puisqu'elle-même devait se concentrer sur sa propre magie lors des précédents cours. C'était intéressant - parfois drôle - de voir leurs visages se crisper, leurs corps prendre différents tics, leurs lèvres former des paroles inaudibles...
Elle fit de son mieux pour ne pas trop s'intéresser à Nott. Ce fut compliqué lorsqu'il la localisa. Il fut le deuxième, après Remus, à trouver sa partenaire. Elle sut immédiatement qu'il l'avait trouvée car sa magie avait réagi. Elle avait sentit les fils arachnéens parcourir son corps - faiblement, car ce n'était pas elle qui appelait sa magie mais quelqu'un d'autre - et ces fils semblaient vouloir bouger, obliger son corps à tendre dans une direction précise : Théophile.
Elle ne put alors détacher ses yeux du Serpentard. L'expression de son visage avait changé à partir du moment où il l'avait repérée. Il avait souri, satisfait, puis s'était raidi, avait dégluti et fait un pas vers Lily lentement, avec précaution. Il craignait ses propres réactions. Il ressentait que sa magie était attirée vers Lily et ne pouvait se concentrer sur autre chose que sur la sixième année. C'était presque comme si sa magie voulait qu'il courre jusqu'à elle.
Il ne pouvait pas la voir, il savait simplement qu'elle était assise à un endroit précis sur la table de Serdaigle. Mais plus il s'approchait d'elle, plus il avait l'impression de la voir. Son esprit redessinait son visage, sa chevelure, sa silhouette, plus précisément à chaque pas qui rapprochaient leurs magies. Dans sa tête, il la voyait auréolée d'une sorte d'halo, plus belle et désirable qu'elle ne l'était vraiment.
Plus il s'avançait, plus son corps réagissait également. Son rythme cardiaque s'accélérait, sa respiration aussi, la chaleur lui montait aux joues. Des pensées passèrent à la vitesse de l'éclair dans son esprit, comme des flashs ; des scénarios où il l'embrassait, la déshabillait, parcourait son corps de ses doigts...
Lily n'était pas dans un meilleur état. Ses cuisses étaient serrées l'une contre l'autre, une boule d'hormones s'agitait dans son bas-ventre. Elle ne cessait de fixer Nott qui s'avançait vers elle.
Finalement, Nott était juste devant elle. Séparés d'à peine quelques centimètre, ses jambes frôlaient les siennes, car elle avait posé les pieds sur le banc où s'asseyaient les Serdaigles. Le Serpentard fixait avec gourmandise le vide où elle se trouvait comme il l'aurait dévorée du regard. Son désir pour elle grandissait, il ne souhaitait qu'une chose, la toucher, enfin, la prendre sauvagement et jouir en elle. Il réussit à se souvenir qu'il se trouvait en cours, ferma les yeux et reprit quelque peu ses esprits. Lever le sort de Désillusion, voilà ce qu'il était censé faire.
Il ne mit pas longtemps avant de savoir ce qu'il devait imaginer pour ce faire. Il rouvrit les yeux et visualisa un voile très fin posé sur elle, une sorte de cape d'invisibilité. Il allait soulever lentement le voile et elle allait apparaître. Ses hormones aussi voulaient jouer, et il ne tarda pas à imaginer qu'elle était nue sous le voile. Il aurait tout loisir de la reluquer s'il réussissait à le lever.
Lily, elle, avait complètement oublié où et dans quel contexte ils se trouvaient. Elle avait désespérément envie de lui, et comprit qu'il ne la toucherait pas tant qu'il n'annulerait pas le sort, ce sort qui les séparait. Alors, elle fit quelque chose qu'elle n'aurait jamais dû faire et qui allait rendre Moroz folle de rage. Elle annula elle-même le sort de Désillusion.
Théophile ne comprit pas comment Lily était subitement réapparue devant lui, mais il ne broncha pas. Il ne regrettait qu'une chose, qu'elle ne soit pas nue comme il l'avait imaginée. La voir en réalité lui fit encore plus d'effets, il se pencha en avant pour poser ses mains de chaque côté des cuisses de Lily, en les frôlant seulement. Ce simple contact fit frissonner Lily et obscurcit les iris de Nott. Si Isée n'avait pas sprinté jusqu'à eux pour les arrêter, ils se seraient déjà jetés l'un sur l'autre.
- Arrêtez » leur ordonna-t-elle à voix basse en arrivant près d'eux. Elle avait ensorcelé sa voix pour les mettre dans une sorte d'hypnose qui les obligerait à lui obéir. Les deux étudiants passèrent d'un état de transe à un autre avant de se réveiller totalement et de revenir à la réalité. Nott recula aussitôt et Lily battit des paupières à une vitesse folle. Il pressa ses mains contre ses yeux pour se défaire de son trouble et Lily se figea, horrifiée, en comprenant ce qu'il venait de se passer et ce qu'ils avaient failli faire, là, dans la Grande Salle, devant dix autres élèves et un professeur.
Elle évita honteusement le regard de son professeur. Elle voulut disparaître sous terre en se rendant compte que sa culotte était humide de cyprine. Pour la deuxième fois en cours d'Approfondissement Magique, Nott remercia Merlin et sa clique pour l'ampleur des robes sorcières qui cachait son état d'excitation. « Venez avec moi, vous deux » leur ordonna sèchement Moroz, sans modification magique de la voix cette fois.
La sorcière se dirigea rapidement vers la sortie de la Grande Salle, ses deux élèves derrière elle. Lily n'osa pas lever le regard vers les autres. Moroz avait arrêté l'exercice et levé tous les sorts de Désillusion lorsqu'elle les avait stoppés. Seuls Remus et Alice Gordon avaient eu le temps de réussir l'exercice. Une fois qu'ils furent seuls tous les trois dans le hall, Isée se tourna vers eux et les fixa avec une colère parfaitement contenue.
- Ce qui a failli se passer est totalement inadmissible. Il va falloir que vous y remédiez et très vite, jeunes gens. Les rapports sexuels ne sont pas franchement autorisés à Poudlard, mais il est hors de question qu'une chose pareille se reproduise dans l'un de mes cours parce que vous ne pouvez pas contenir vos hormones. Je vous conseille donc vivement de céder à vos pulsions. Si jamais vous me refaites un coup pareil, j'en parlerai au directeur et je plaiderai en faveur de votre exclusion immédiate. Est-ce que je me suis bien faite comprendre ?
Elle les regarda plus sévèrement que jamais et Lily baissa les yeux. Elle hocha piteusement la tête et murmura pitoyablement qu'elle était désolée. Nott, à côté, ne pipait mot. « Maintenant, déguerpissez. Je ne veux plus vous voir » Moroz claqua la porte de la Grande Salle derrière elle en rejoignant ses autres élèves, ce qui fit sursauter les deux jeunes gens. Trop honteux et horrifiés pour ne serait-ce qu'échanger un regard, Lily et Nott prirent chacun des chemins opposés pour se réfugier à grand pas dans leurs dortoirs respectifs.
- Il ne te reste qu'une chose à faire. Coucher avec lui » dit Lyra, un sourire amusé aux lèvres en regardant Lily enfouir son visage dans son oreiller. Liana et elles étaient seules dans leur dortoir, assises sur leurs lits respectifs.
- Je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée, intervint Liana en se mordillant la lèvre inférieure. Coucher avec un Serpentard ? Avec tout ce qu'il se passe ?
- Ils peuvent garder ça secret, contra la brune.
- Mais t'imagines si quelqu'un le découvre ? continua la blonde. Tout se sait à Poudlard, et les rumeurs se propagent à une vitesse folle. Lily, dis-toi qu'il ne te reste que deux mois avant la fin des cours, Nott va partir de Poudlard et tu n'entendras plus jamais parler de lui.
- Oui, mais imagine qu'on ait encore un cours d'Approfondissement et qu'il se passe la même chose ? T'imagines si on se fait exclure de Poudlard ?
- Arrête, Lil, tu sais que Moroz bluffait. Jamais elle ne te renverra de Poudlard pour ça, voyons, ce n'est même pas ta faute ! S'il y en a bien une qui sait que la magie nous fait parfois faire des choses bizarres, c'est bien elle !
- Moi j'aimerais bien savoir, fit Lyra en réfléchissant les yeux dans le vague, c'est pourquoi justement tu te retrouves attirée par lui de cette manière. Je veux dire, tu n'as jamais autant flashé sur un garçon de ta vie, non ?
Lily hocha la tête « Et ça a l'air d'être pareil pour lui, c'est ça ?
- Sauf que c'est purement sexuel, rectifia la rouquine. Ce n'est pas comme si j'étais intéressée par sa personnalité...
- Ce n'est pas la première fois que tu n'es intéressée que par le cul non plus, rappela Liana.
Lily lui lança un regard noir « Désolée » dit la blonde en levant les deux mains en signe de paix. Depuis l'horrible tour que lui avaient joué Helstroem et Inglebee, Lily détestait qu'on la voit comme une fille facile et elle ne voulait plus agir avec les garçons comme elle l'avait fait les deux années précédentes. Sauf peut-être...
- Sauf que là, je ne décide de rien. Ma magie meurt d'envie que je m'envoies en l'air avec lui, c'est tout.
Elle fronça les sourcils en voyant que Lyra la regardait pensivement. Un sourire grivois naquit sur les lèvres de cette dernière. « Quoi ?
- Non, rien » répondit Lyra sans se départir de son sourire. Elle reçut deux oreillers en pleine tête « Aïe ! Ok, ok » Elle ouvrit la bouche pour répondre mais fut prise d'un gloussement nerveux « Désolée, je vais vous le dire. Est-ce que tu imagines » Elle chercha ses mots « Le coup d'en-fer que ça risque d'être ? Ça va probablement être l'orgasme de ta vie »
Lily ne répondit rien. Elle savait en son for intérieur que Lyra avait raison. Cette simple idée fit ronronner ses hormones au niveau de son bas-ventre. En effet, ça promettait...
Quelques heures plus tard, après le repas, les cinq filles de Gryffondor de sixième année faisaient leurs devoirs dans leur dortoir. Un bruit venant de l'extérieur attira leur attention et Mary se leva pour ouvrir au hibou qui tapait de sa patte contre la fenêtre. Elle détacha le parchemin plié de sa patte et le hibou se posa sur le dossier de la chaise de Lily. Mary lut le nom inscrit d'une écriture penchée, fine et soignée sur le parchemin et le tendit à Evans.
- C'est pour toi.
Evans,
Ce qui est arrivé aujourd'hui est... Plutôt dérangeant. Je pense que Moroz a raison, qu'on doit faire quelque chose. Il faut au moins qu'on en discute ensemble. Rejoins-moi à 20h30 au cinquième étage devant le tableau de Marvin l'Hurluberlu. Renvoies-moi Erika pour confirmer.
Théophile Nott
Rien qu'en lisant « On doit faire quelque chose », Lily sentit ses joues chauffer. Non, bouillir. Sous-entendait-il réellement ce qu'elle pensait qu'il sous-entendait, ou bien avait-elle seulement l'esprit extrêmement mal tourné ? Ne décidant même pas de prendre quelques minutes de réflexion, elle retourna le parchemin et écrivit sur le côté vierge.
Ok.
Elle signa et renvoya le hibou de Nott. Puis elle jeta un coup d'œil à l'horloge et vit qu'il lui restait une demi-heure avant le rendez-vous. Elle décida qu'elle allait prendre une douche et... Ce ne fut qu'à ce moment qu'elle se rendit compte que quatre paires de yeux curieux et impatients n'avaient raté aucun de ses faits et gestes depuis l'arrivée du hibou. Elle leva les siens au ciel. « J'ai rendez-vous avec Nott ce soir. Expliquez ce qu'il se passe à Mei et Mary, moi, je vais prendre une douche » Lyra éclata de rire au point qu'elle se renversa sur son lit sous le coup de l'hilarité.
Liana se chargea de raconter les derniers événements à leurs deux amies - elles étaient au courant de ce qu'il s'était passé lors du Processus de Création de la Vie mais pas des péripéties du jour. Lily était en train de se savonner lorsqu'elle entendit la porte de la salle de bain s'ouvrir et Mei se charger de faire toutes sortes de commentaires sur la situation. Lily ne répondit que par monosyllabes, connaissant la capacité de son amie à tenir une conversation à elle toute seule.
Entre « Tu ne vas quand même pas faire ça avec un Serpentard ? » et « Tu te rends compte que ça peut être dangereux ? Et si c'était un piège ? », Lily se brossa les cheveux tout en prenant soin de s'examiner dans le miroir. Devait-elle se faire jolie ? Non, ce n'était pas non plus un rendez-vous galant... Elle se contenta d'enlever les traces de son maquillage du matin qui avait coulé durant la journée et de se remaquiller comme elle le faisait chaque jour - à savoir du mascara et une touche d'un gloss discret.
Elle murmura à l'oreille de Liana le lieu du rendez-vous - au cas où - et sortit du dortoir après un signe de la main aux trois autres. Elle monta jusqu'au cinquième étage en pensant à ce qu'il se trouvait derrière la porte à la droite du tableau de Marvin l'Hurluberlu. Une salle désaffectée, bien sûr. Avec qui avait-elle couché dans cette salle déjà ? Erwan ? Tyler aussi si elle se souvenait bien... Il y'en avait des dizaines à Poudlard, des salles comme celle-ci. À croire que les quatre fondateurs et toutes les générations de directeur qui avaient suivi donnaient l'autorisation à leurs étudiants de s'envoyer impunément en l'air...
Lily arriva plus vite qu'elle ne l'eût cru au cinquième étage et approcha du portrait de Marvin l'Hurluberlu. Elle aperçut Nott qui l'attendait, adossé contre le mur, fixant pensivement la lumière des chandelles sur le mur d'en face. Lily stoppa son avancée, ferma ses paupières, prit trois inspirations pour calmer ses nerfs, et rouvrit les yeux. Pendant ce temps, Nott avait remarqué sa présence, s'était tourné vers elle et la regardait à présent. Elle était trop loin pour lire quelque chose dans ses yeux, mais elle sentait son regard intense, perçant, qui voulait transpercer son corps et son âme. Son ventre se noua, son rythme cardiaque s'accéléra. L'anticipation la dévorait.
Il n'y avait rien qu'elle désirait plus, en cet instant, que de coucher avec lui.
Elle parcourut les quelques mètres qui les séparaient et Nott, après un hochement de tête pour la saluer, ouvrit la porte à la droite du tableau de Marvin l'Hurluberlu sans dire un mot. Laissant de côté la galanterie traditionnelle des sang-purs, il entra en premier dans la salle de classe désaffectée et Lily le suivit. D'un mouvement de baguette, il éclaira la pièce en enflammant les quelques chandelles présentes. La pièce était complètement vide à l'exception d'une petite table de bureau et quelques chaises. Lily entendit distinctement Nott déglutir avant qu'il ne se tourne vers elle. Il avait toujours ce regard qui la faisait frémir.
- Et bien... Voilà.
Sa voix était raque, son ton maladroit, sa posture embarrassée, son regard, gêné. Lily n'était pas dans un meilleur état. Elle avala sa salive à son tour et reprit « Oui » Et se sentit particulièrement idiote. Avait-elle complètement perdu l'usage de sa langue ou quoi ?
Elle s'assit sur la table et noua ses mains sur ses genoux. Sans véritablement le regarder, elle continua « Moroz a sacrément pété un câble ce matin, pas vrai ? » Nott hocha la tête et eut un mince sourire résigné.
- Elle avait ses raisons, en même temps. On aurait pu... » Baiser comme des lapins directement sur la table des Serdaigles, en plein milieu de son cours, face à dix autres étudiants. Lily grimaça.
- Pas très reluisant.
Il secoua la tête de gauche à droite cette fois. Lily soupira et claqua ses mains sur ses cuisses « Il faut qu'on fasse quelque chose à propos de ça » Il la transperça de son regard profond. Empli de promesses de luxure et de jouissance. Lily faillit s'étrangler avec sa salive sur ses propres pensées.
- Je crois qu'on sait tous les deux ce qu'il faut qu'on fasse pour arranger ça... Non ? » Il lui lança un regard interrogateur, presque effrayé de s'être trompé. D'être le seul à ressentir toutes ces choses. Mais en serrant ses cuisses l'une contre l'autre et en se mordant la lèvre inférieure, Lily répondit par un signe de tête que, non, il ne s'était pas trompé.
Lily fixait ses genoux mais vit du coin de l'œil qu'il avait fait un pas vers elle. Il se racla la gorge. « Par contre, si ça te dérange pas » Elle supposa qu'elle n'allait pas apprécier ce qui allait suivre « Je préfère qu'on en parle à personne » Elle leva la tête vers lui, toujours sans le regarder dans les yeux « Tu comprends, moi je me fous que tu sois née-moldue. Mais si ça se sait dans ma maison, avec le climat actuel... Tu comprends ? »
Lily voulut se mettre en colère, se défendre vivement, lui crier que s'il avait honte d'elle, il pouvait toujours aller se faire voir... Puis soupira et ferma les yeux. Elle décida de voir la vérité en face, d'être plus intelligente, plus mature que ça, et répondit « D'accord. C'est vrai que de toute façon, on m'adorera pas non plus chez moi si on apprend que j'ai couché avec un Serpentard » Ils étaient d'accord. Mais le simple fait d'avoir dit tout haut ce qu'ils s'apprêtaient à faire les rendit encore plus mal à l'aise.
Pour la première fois depuis qu'elle avait pris connaissance des plaisirs charnels, Lily était intimidée. Elle était plutôt précoce, il fallait le dire, et pas seulement parce qu'elle avait perdu sa virginité à quatorze ans. Depuis, Lily n'avait plus jamais ressenti de gêne ou de maladresse à chercher la présence physique d'un homme, à caresser un corps nu ou une verge tendue, à emboîter son corps à celui d'un autre, à ressentir du plaisir ou à en demander toujours plus. Elle n'avait jamais ressenti la découverte sexuelle du corps masculin avec honte ou timidité et bénissait Merlin de ne pas être passée par cette phase embarrassante de l'adolescence. Elle était, pour ainsi dire, tout de suite passée au niveau supérieur de sa construction en tant qu'adulte. Qui était de chercher l'éclate dans sa vie sexuelle.
Mais cette fois, c'était différent. Peut-être parce qu'elle savait que cela dépassait son entendement, que cela n'avait rien à voir avec ses autres expériences. Lily n'osait pas prendre l'initiative, ou détendre l'atmosphère, ou prendre une attitude câline et séductrice. Elle consentit à lever les yeux vers Nott qui la fixait toujours - ne savait-il faire que ça ? - et qui semblait attendre de croiser son regard pour oser l'approcher. Il se posta juste devant elle et posa ses mains sur ses cuisses nues, sa jupe s'étant relevée lorsqu'elle s'était assise sur la table. Elle écarta les jambes pour lui laisser la place de s'y nicher.
Puisque ce qu'ils s'apprêtaient à faire était évident pour tous deux, elle n'hésita plus à retirer la chemise de Nott de son pantalon pour placer ses mains sur la peau nue de son dos. Nott caressa sa joue et enfouit le bout de ses doigts dans ses cheveux, son autre main sur sa cuisse brûlante. Tous ces gestes, il les avaient effectué sans quitter le regard de l'autre. Comme s'ils étaient entrés dans une sorte de transe. Puis Théophile approcha lentement son visage du sien, ils fermèrent leurs yeux petit à petit, leurs lèvres se frôlèrent et... s'embrassèrent.
Et rien.
C'était agréable, sans plus. Il n'y avait plus l'excitation dévorante, l'anticipation, les scénarios qui se jouaient en flash dans leurs esprits, l'envie indépendante de leur volonté de parcourir le corps de l'autre... Théophile se recula.
- Attends, y'a un truc qui va pas » Il l'avait senti aussi.
- Tu veux que j'enlève ma chemise ? » proposa-t-elle. Sans attendre sa réponse, elle commença à déboutonner sa blouse.
- Non ! l'arrêta-t-il brusquement. C'est trop... bizarre.
Lily regarda pensivement le reste de la pièce - tout sauf lui - en réfléchissant. Une idée, l'évidence même, lui vint à l'esprit. Elle attrapa sa main et descendit d'un petit bond de la table. « Viens. J'ai une idée » Elle le mena au centre de la pièce. « Je sais ce qui le sera moins.
- Moins quoi ? » Même s'il se laissait guider par elle, il paraissait clairement perdu.
- Moins bizarre. Assieds-toi.
Ils se mirent en tailleur l'un en face de l'autre. Leurs genoux se touchèrent et elle y posa leurs mains liées.
- Appelle ta magie » Il acquiesça et ils fermèrent tous deux leurs yeux.
Elle mit moins d'une seconde à ressentir les fils arachnéens qui vibraient dans chaque recoin de son être. Lors de ses dernières expériences, il semblait qu'elle n'avait même plus besoin d'attendre cette sensation pour accomplir des gestes d'Ancienne Magie. D'un accord tacite, ils tentèrent ensuite de ressentir la magie de l'autre. Exactement comme lors du Processus de Création de la Vie, Lily ressentit les mains de Théophile s'alourdir dans les siennes. Elle sentit comme des décharges d'électricité statique entre leurs doigts, des décharges agréables et sans aucune violence. Ils ouvrirent simultanément les yeux, une autre décharge vint jusque dans leurs bas-ventres et noua leurs entrailles d'excitation. Ils détachèrent aussitôt leurs mains.
- T'as senti ? demanda Théo, surpris.
- Oui » Elle éclata de rire « Nos magies sont nymphomanes, plus de doute là-dessus » Une lueur amusée brilla dans le regard de Théo. Il sortit sa baguette et matérialisa un matelas et un plaid. Lily haussa un sourcil carnassier.
- Juste en prévision, répondit-il avec une expression mystérieuse qui ne la dupa pas le moins du monde.
Ils recommencèrent. Cette fois, ils laissèrent plusieurs décharges électriques passer entre eux, l'excitation monter, pour s'habituer à cette sensation nouvelle. Puis Lily entendit la voix rauque de Nott « Ouvre les yeux » Elle obéit.
Elle ne vit que deux yeux assombris par le désir avant qu'une paire de lèvres ne fonde sur les siennes. Il passa une main sur sa nuque avec autorité, pour la défendre de se dérober, et dévora ses lèvres avec brutalité. Sa langue pénétra dans sa bouche et une valse endiablée débuta entre leurs langues. Elle s'accrocha à ses épaules, passa ses mains dans ses cheveux, mordilla sa lèvre inférieure, ouvrit violemment la chemise du jeune homme en faisant sauter les boutons, parcourut son torse de ses mains. Il gémit et enfouit son visage dans son cou, parcourant sa gorge de baiser, tout en la tirant par les cuisses pour qu'elle se mette à califourchon sur lui. Leurs deux chemises d'uniforme rejoignirent le sol, rapidement suivies par le soutien-gorge de Lily.
Il l'allongea sans ménagement sur le matelas et s'appliqua à faire vivre à la poitrine de Lily une torture délicieuse qui la laissa pantelante de désir. Elle passait et repassait ses mains dans les cheveux noirs et désordonnés, soupirait de plaisir, et le força à remonter vers elle pour l'entraîner dans un baiser exigeant. Il se coucha sur elle et, l'instant d'après, se retrouva sur le dos, Lily sur lui. Elle l'embrassait toujours plus passionnément, ondulant des hanches contre lui, entrechoquant son bassin contre le sien.
Lily n'avait jamais vécu une telle chose. La bosse contenue dans le pantalon de Nott qu'elle frottait contre son entrejambe, rien que cela la mettait au bord de l'orgasme. Ils ne surent comment ils parvinrent à se débarrasser de leurs derniers vêtements. Une demi seconde plus tard, elle était assise nue sur Théophile, un cri de jouissance au bord des lèvres parce qu'il était en elle et qu'elle ne pensait jamais ressentir un tel plaisir.
Mais son monde se retourna complètement, tous ses sens furent en ébullition et elle crut mourir lorsque cette frénésie s'empara d'eux. Hors de leur contrôle, ils ignoraient si c'était leur soif de plaisir ou leurs magies qui les faisaient agir ainsi. Parce qu'en effet, ils ressentaient leurs magies picoter, trembler, vibrer, dans leurs corps, leurs âmes, leurs esprits, tout au long de l'acte. Elle jouissait autant qu'eux.
Et leur monde se retourna complètement, leurs sens furent en ébullition et ils crurent mourir lorsque, pris dans leurs ébats, ils firent durer le plaisir encore et encore et encore jusqu'à...
L'apothéose. Littéralement.
Remus lisait un livre. Peter et Sirius jouaient une partie de Bataille Explosive, que Peter perdait lamentablement. James s'ennuyait, mais pas tellement. C'était une de leurs soirées calmes au dortoir, où il pouvait se contenter d'observer ses amis et de laisser ses pensées vagabonder, sur tout et rien. Il attrapa la Carte du Maraudeur sur sa table de nuit et énonça « Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises » simplement pour occuper ses mains.
Ses yeux parcoururent la carte sans grand intérêt. Sans même s'en rendre compte, il chercha le point étiqueté « Lily Evans ». Depuis qu'il l'avait découverte inconsciente dans un couloir, sous l'emprise d'une drogue magique effroyable, il avait pris le réflexe inconscient de la surveiller. Juste au cas où.
Ses sens se mirent en alerte lorsqu'il vit qu'Evans se trouvait dans une salle du cinquième étage et qu'elle n'était pas seule. L'étiquette du point qui se trouvait en compagnie de celui d'Evans affichait le nom de Théophile Nott. Et le point Théophile Nott chevauchait le point Lily Evans. Pris de panique, son sang ne fit qu'un tour. James attrapa sa baguette magique et détala hors du dortoir, sous les regards ahuris de ses meilleurs amis.
Il courut dans les couloirs, faillit se rompre le cou en montant et descendant quatre à quatre les escaliers, se prit quelques murs en traversant un passage secret - le chemin jusqu'au cinquième étage lui prit moins de cinq minutes, un record. L'effroi lui donnait la nausée. Il avait peur - un Serpentard aux idées étroites et une née-moldue ! -, peur que Nott soit en train d'attaquer Lily, qu'il ait l'intention de la tuer, ou pire...
Pour Lily, l'orgasme était une sorte de vague qui commençait au niveau de son bas ventre et de son clitoris, qu'elle imaginait reliés ensemble par un fil invisible - elle reconnaissait qu'elle n'était pas forcément brillante en anatomie - puis qui s'emparait progressivement du reste de son corps, jusqu'à ses orteils, jusqu'au relâchement total de son être dans un râle de plaisir. Pas forcément facile à décrire, n'est-ce pas ?
Mais avec Nott, ce fut beaucoup plus. Ce ne fut pas une vague, mais un tsunami. Qui ne s'empara pas, mais terrassa tout son corps. Qui ne se ressentit pas jusqu'à ses orteils ou ses doigts, mais jusqu'au plus profond de son être. Au plus profond de sa magie. Exactement, sa magie en fut touchée. C'était ça le plus fort. Les fils arachnéens de magie en tremblaient encore. L'orgasme fut-il si foudroyant qu'il atteignit sa magie au point de faire vibrer chaque fil de cette gigantesque toile d'araignée dans tout son corps ? Ou bien sa magie était-elle si présente au moment de la jouissance que c'était cela qui lui avait donné tant de force ? Les deux hypothèses étaient possibles.
Nott n'était pas dans un meilleur état qu'elle. Allongée sur le dos, le poids du jeune homme sur elle la clouait sur place. Pas qu'elle aurait été capable de faire un seul mouvement autrement. Ils étaient trempés de sueur, le souffle haletant comme s'ils venaient de courir un marathon.
Dans un effort éprouvant, Nott s'appuya sur ses coudes et Lily sentit un poids disparaître de sa cage thoracique. Elle prit de grandes goulées d'air et Nott gloussa - à la grande surprise de Lily. Sans la regarder, il caressa les cheveux de la jeune fille et souffla doucement.
- C'était-
Mais Lily ne sut jamais ce que c'était - bien qu'elle s'imaginait parfaitement ce qu'il pouvait ressentir - car la porte s'ouvrit dans un long grincement. Ils tournèrent tous deux la tête vers l'inconnu qui les dérangeait, mais ne virent rien. Puis une des chaises fut violemment envoyée contre le mur d'en face. Lily cria de surprise et Nott se retira précipitamment d'elle, ce qui transforma son cri en une grimace de douleur. La chaise, dont déjà un pied s'était détaché, fut une fois de plus propulsée contre le sol et réduite en lambeaux. Comme si quelqu'un s'amusait à la piétiner pour la mettre en pièce.
Nott, habillé de son caleçon et de sa chemise ouverte aux boutons que Lily avait cassés, fit volte face vers la chaise en brandissant sa baguette. « Peeves ! » gronda-t-il d'une voix grave et forte. « Est-ce que c'est toi ? Montre-toi, sale esprit frappeur ! » Lily, en train de se rhabiller à la vitesse de l'éclair, haussa les sourcils. L'idée que le responsable de ce tapage soit Peeves ne lui était pas venue à l'esprit.
Un rire d'enfant surgit du vide, puis devint plus grave, plus adulte, dépourvu de naturel, jusqu'à glacer le sang. Lily s'inquiéta. Peeves n'avait pas l'habitude de rester invisible et d'effrayer les étudiants au point de hérisser chacun de leurs cheveux. Le rire s'éteignit et une autre chaise s'effondra contre un mur. Du coin de l'œil, la Gryffondor vit une forme grise traverser un mur et les rejoindre. Elle tourna la tête et cria de nouveau en reconnaissant le Baron Sanglant. Elle rabattit aussitôt les pans de sa chemise sur son soutien-gorge, puis se tourna dos au fantôme et termina de se rhabiller.
Elle devina plus qu'elle ne vit des mouvements sur sa gauche et brandit sa baguette magique. La table vola à toute vitesse en direction d'un autre mur.
- Impedimenta ! » s'écria la Gryffondor. La progression de la table suspendue dans les airs ralentit de beaucoup. Elle lança un Sort de Lévitation et reposa doucement la table sur le sol. Lily se tourna ensuite vers Nott, qui s'était totalement rhabillé et brandissait toujours sa baguette vers le vide.
Puis le Baron Sanglant consentit finalement à intervenir. « Tu sais que tu ne peux te cacher de moi, Peeves. Tu es invisible aux yeux des mortels, non aux miens » Sa voix était basse et glaciale. Un silence froid s'abattit sur la pièce, et les deux élèves se demandèrent si Peeves n'avait pas disparu. Mais le fantôme de Serpentard regardait fixement devant lui et Lily suivit son regard, sans rien voir cependant. Peeves était certainement à cet endroit. Elle tenta de se concentrer, d'appeler sa magie - seulement par simple curiosité, elle n'avait jamais tenté de voir des esprits ou des fantômes par les yeux sensibles que lui donnait l'Ancienne Magie - mais fut trop lente.
Elle sentit un rapide courant d'air froid dans sa nuque et une voix murmurer « Bouh » à son oreille. Elle cria de nouveau et s'accroupit aussitôt, les bras au-dessus de sa tête pour se protéger. Oh, qu'elle aurait honte chaque fois qu'elle repenserait à ce moment, la réaction la plus ridicule de toute sa courte vie... Peeves éclata d'un rire mauvais et Lily baissa ses bras, ce qui lui permit de constater qu'il avait daigné apparaître à leur vision de mortel. Sans effectuer le moindre mouvement, elle lui tint tête, ne flancha pas devant ses gros yeux noirs. Jusqu'à ce que Nott apparaisse devant elle et lui tende une main pour l'aider à se relever.
Il la regardait avec un air moqueur, et lâcha dans un murmure « Il est beau, le courage des Gryffondors ». Elle répondit par un regard noir et un « Ta gueule » marmonné, tout en acceptant sa main et se mettant sur pied. Peeves regagna ensuite son attention. Dans un caquètement, il se mit à chanter une horripilante petite comptine...
- Que c'est bon d'être demoiselle, Car le soir dans son petit lit, Petite Lily se fait sucer la Fizwizbiz, Se fait gâter le Niffleur, Elle se fait ramoner le chaudron, Elle se fait chauffer le dragon, Et le grand Théo a sa baguette bien tendue alors qu'il lui cajole la chocogrenouille, Et qu'il lui lèch- (1)
Lily ne savait pas si elle devait être surprise qu'il connaisse son prénom et celui de Nott - en vérité, Peeves retenait l'identité de tous les étudiants de Poudlard -, horrifiée que l'esprit frappeur les ait vu coucher ensemble - elle ne pouvait tirer nulle autre conclusion étant donné les paroles de sa comptine -, humiliée d'être la cible de tant de grossièreté... Ou encore si elle devait éclater de rire devant sa vulgarité, justement. Ah, là, il avait tapé fort, l'esprit frappeur.
- Peeves, suffit, l'interrompit le Baron Sanglant d'une voix cinglante.
L'esprit frappeur obéit. Très vite, il souffla un baiser à Lily, se tourna vers Nott en mimant l'acte sexuel d'un geste de hanche, fit le salut militaire et une révérence devant le Baron Sanglant, puis disparut dans un tour sur lui-même. Le corps de Lily se détendit et elle poussa un soupir de soulagement, rassurée que Peeves soit enfin parti. Elle échangea un regard avec Nott et s'intéressa au Baron Sanglant. Le fantôme des Serpentards, inflexible, traversa un mur en silence.
Soufflé par tant de rebondissement, Nott passa ses deux mains dans ses cheveux en regardant droit devant lui, tandis que Lily l'observa et pouffa de rire sans raison. Mais leurs ennuis étaient loin d'être terminés, car la porte s'ouvrit de nouveau, à la volée cette fois. Nott fit disparaître le matelas et le plaid d'un coup de baguette juste avant que le nouvel arrivant ait pu les apercevoir.
Le regard noir, le souffle court, Miss Teigne dans ses jambes, le concierge apparut devant eux avec une expression triomphante.
- Ahah ! Pris sur le fait ! Hors de votre dortoir après le couvre-feu !
Puis, Rusard examina rapidement l'état dérangé de la pièce, des chaises en morceaux, et plissa des yeux « Pris en flagrant délit de destruction du matériel scolaire ! Ça va chercher loin, tout ça, jeunes gens ! »
Lily se retint de lever les yeux au ciel. Elle s'avança vers lui et tenta de les justifier de sa voix la plus innocente « Mr Rusard, laissez-nous vous expliquer. Ce n'est pas nous, c'est Peeves qui-
- Qui aurait dégrader le patrimoine de l'école, vous voulez dire ? Ah, ce sale esprit frappeur est toujours utile, n'est-ce pas ? Pour éviter la punition ! asséna Rusard. Pourtant, je ne vois aucune trace de lui, n'est-ce pas étrange, Miss ?
Lily haussa les sourcils « Il a disparu il y a moins d'une minute ! Mais je vous promets que tout ça » Elle fit un geste vers le mobilier détruit « C'est sa faute ! » Elle se tourna vers Nott « Aide-moi, toi, au lieu de rien dire !
- Le Baron Sanglant pourra témoigner pour nous, Monsieur, dit poliment et calmement le Serpentard.
Il soutint le regard du concierge. Celui-ci pinça les lèvres. « J'en parlerai au Baron Sanglant. De toute manière, vous avez le droit à une retenue pour avoir violé le couvre-feu. Demain soir »
Lily et Nott se regardèrent, mais tous deux savaient que de toute façon, ils méritaient cette retenue. Rusard leur offrit un sourire mielleux.
- Bien, je vous invite donc à me rejoindre dans mon bureau demain à l'heure du déjeuner pour décider de votre retenue. Maintenant, filez dans votre dortoir, Miss Evans et Mr Nott.
Il appuya sur leurs noms de famille pour leur rappeler qu'il les connaissait et qu'il savait pertinemment où les trouver si jamais ils osaient désobéir à ses ordres. Puis il fit volte face, Miss Teigne miaulant sur ses talons. Lily tira puérilement la langue à son dos, Théophile leva les yeux au ciel, et tous deux prirent ensuite le chemin de leurs dortoirs respectifs sans un mot.
James serait arrivé beaucoup plus rapidement à destination s'il n'avait pas entendu Rusard sussurrer tendrement à Miss Teigne. Il se cacha dans un passage secret et attendit quelques minutes, pour être sûr. Il sortit du passage et continua son avancée à pas rapide, les oreilles en alerte. Il dut cependant prendre un détour qui rallongea sa progression, puisqu'il perçut de nouveau la voix du concierge qui se rapprochait de lui. Il dut retenir un cri d'effroi lorsque le Baron Sanglant traversa distraitement son corps.
Il tourna dans un couloir, puis un autre, et traversa les derniers mètres qui le séparaient du portrait de Marvin l'Hurluberlu en courant. Il ouvrit avec fracas la porte à la droite du portrait et tomba sur une salle vide. Pas une trace d'Evans ou de Nott. Les sourcils froncés, il détailla avec précaution la pièce, son regard s'arrêtant avec perplexité sur les débris de bois, qu'il devina être des vestiges de chaises. Il parcourut la pièce de long en large, puis ressortit la Carte du Maraudeur de sa poche.
Evans étaient à quelques mètres du portrait de la Grosse Dame. Nott se rapprochait des cachots des Serpentards. Le point étiqueté Lily Evans avançait à un rythme normal, signe qu'elle n'était probablement pas blessée. Soulagé, il décida de rentrer lui-même jusqu'à la Tour des Gryffondors en surveillant les points de Rusard et des autres professeurs et préfets qui faisaient leur ronde de la soirée. Lorsqu'il retourna à sa salle commune, sans s'être fait prendre, Lily était déjà montée dans son dortoir et il ne put lui parler pour s'assurer qu'elle allait bien.
Il ne la croisa que le lendemain matin, au petit-déjeuner.
Lily sirotait un bol de café, Liana continuait de l'interroger en chuchotant sur son expérience avec Nott entre deux toasts, Lyra mâchait son muesli en les écoutant religieusement. Mary terminait in extremis un devoir d'Astronomie dans leur salle commune et Mei petit-déjeunait avec son petit-ami Joseph à la table des Serdaigles. Lily avait déjà raconté toute l'histoire à ses amies la veille au soir, dans leur dortoir, mais ses deux meilleures amies avaient toujours plus de questions à lui poser.
Peter et Sirius occupaient encore la salle de bain, seuls Remus et James eurent le temps de descendre à la Grande Salle avant leur premier cours de la matinée, après que Potter ait volé un baiser à Mary en lui souhaitant bon courage pour son devoir. James suivit Remus qui se dirigea vers les filles de leur année et attendit que le lycanthrope s'asseye à côté de Liana pour prendre à son tour place près d'Evans.
- Salut les garçons, leur sourit Liana.
Lily prit une expression distante à leur arrivée mais leur adressa un sourire poli. Lyra les accueillit avec un « Bien dormi ? » amical. « Sirius n'est pas avec vous ? » demanda-t-elle ensuite.
- Peter et lui se sont réveillés en retard, expliqua Remus après avoir embrassé Liana. Prête pour l'interro de Flitwick ?
Liana ouvrit de grands yeux et Lyra entrouvrit la bouche de surprise. Par politesse, Remus retint une grimace dégoûtée en voyant des restes pré-mâchés de muesli dans la bouche de la copine de Sirius. Il fut secoué d'un rire quand Liana plaqua une main sur son épaule à lui.
- Par le calbute de Merlin, j'ai complètement zappé ce truc, lâcha-t-elle.
- Moi aussi, geignit Lyra. Je savais qu'on oubliait un truc, hier soir, mais impossible de me rappeler quoi ! s'exclama-t-elle à l'adresse de Liana.
- M'en parle pas... Tu crois que je peux au moins taper le A sans avoir révisé ?
Lily s'était finalement déridée et riait gentiment devant la détresse de ses amies. Elle-même avait révisé pour ce contrôle. « Te marre pas, Lil, tu crains carrément là. T'aurais dû être là hier soir pour nous rappeler de réviser !
- Pourquoi, t'étais pas dans ton dortoir hier soir, Evans ?
James avait fait son possible pour utiliser un ton décontracté. Il beurrait son toast sans la regarder, comme s'il se fichait éperdument de sa réponse. Alors qu'il l'avait observé avec intensité dès qu'il s'était assis à côté d'elle, et qu'elle l'avait sûrement remarqué. Elle lui jeta un simple coup d'œil, gardant une certaine distance avec lui, ce qui contrastait avec leurs rapports plus cordiaux - presque amicaux - de ces derniers temps.
- Non.
- Et tu faisais quoi ? continua-t-il sur un ton détaché, en soutenant son regard.
- Rien qui ne te concerne.
Leur échange jeta un silence légèrement froid et mal à l'aise sur leur petit groupe. Puis Remus prit son rôle de préfet à cœur et expliqua à Liana et Lyra sur quoi portait l'interrogation de Sortilège. James mangeait ses toasts pensivement, en jetant régulièrement des regards en coin à Lily. Celle-ci évitait son regard et se resservit du café. Elle rejeta ses cheveux sur son épaule d'un geste distrait, ce qui permit au Maraudeur de remarquer le pansement qu'elle avait dans le cou.
- Qu'est-ce que tu t'es fait ? » Il frôla son pansement du doigt. La Gryffondor fit un bond sur le côté pour l'éviter, une main plaquée sur son cou. Le rouge lui monta rapidement aux joues.
- Rien de grave, ne t'en fais pas, lui répondit-elle avec défi.
Ils s'affrontèrent du regard quelques secondes. James finit par se pencher vers elle et demanda à voix basse « Tout va bien, Lily ? Tu es sûre ? » Son ton empli de sympathie déstabilisa Evans. Elle lisait même un soupçon d'inquiétude dans son regard, mais en ignorait totalement la raison. Elle choisit de répondre avec civilité.
Elle lui sourit « Je vais parfaitement bien, James. Merci de t'en soucier. Finis de manger, faut pas qu'on tarde » Elle se détourna ensuite de lui pour participer aux révisions express des trois autres. James ne comptait pas lâcher le morceau de si tôt, cependant.
Quelque chose s'était passé entre Nott et elle. Elle semblait en parfait état, mais rien ne disait qu'ils ne s'étaient pas battus, en duel par exemple. Elle était blessée au cou, après tout, n'est-ce pas ? Il y avait assurément anguille sous le chaudron. Et, foi de James Potter, il découvrirait toute l'histoire, qu'importe qu'elle ne veuille rien lui dire. Quand le Maraudeur avait quelque chose en tête, impossible de l'en détourner.
Les sixième années, toute maison confondue, disposaient d'une exceptionnelle après-midi de libre. Remus avait traîné Peter et Sirius à la bibliothèque pour réviser leurs examens qui approchaient à grands pas. James restait introuvable - chanceux. Sirius n'en avait rien à faire, des examens, comme chaque année. Il les réussirait brillamment, comme chaque année. Et tout le monde se demanderait quel était son secret, comme chaque année. Et cette année-là, plus que toutes les précédentes, Sirius avait des soucis bien plus importants en tête.
Puisque le lycanthrope s'était bien rendu compte que Sirius n'étudierait pas aujourd'hui, il l'envoyait régulièrement chercher des grimoires pour lui dans les étagères de la bibliothèque. Sirius restait tellement plongé dans ses pensées qu'il s'exécutait sans broncher. Le silence et le calme du repère de Mrs Pince l'aidait à réfléchir, mine de rien. Mais Sirius était si occupé à réfléchir, justement, qu'il oublia complètement de trouver Incantations et Envoûtements expliqués par l'amendement d'Algozar. Il s'était posté à l'une des fenêtres tournées vers le parc de Poudlard.
Regulus discutait avec Mulciber et Wilkes dans un coin à l'abri des regards mais pas trop reculé non plus. Pour ne pas attirer les soupçons, pensa Sirius. Pourquoi un cinquième année conversait avec des sixièmes années ? Sirius oublia qu'il lui arrivait également de traîner avec des élèves d'années et de maisons différentes. Il ne cessait de penser à son rêve, à Bellatrix qui lui disait qu'elle avait croisé Regulus lors de la bataille de Pré-Au-Lard, alors que lui, son frère, ne l'avait aperçu nulle part. Pourtant, il l'avait cherché. C'était son petit frère après tout, bien sûr qu'il s'était inquiété pour lui.
Par contre, des sorciers vêtus de robe noire, encagoulés et masqués, il en avait croisé. Est-ce que sa mémoire lui jouait des tours, ou bien se souvenait-il réellement d'avoir vu des Mangemorts dont la silhouette ressemblait à celle de Regulus ?
Sirius était persuadé que si jamais, à l'heure d'aujourd'hui, il croisait un Epouvantard, il se matérialiserait en un Regulus qui arborerait la Marque des Ténèbres... Comme dans son rêve. Il avait peur, tellement peur que son frère devienne en effet un Mangemort, mais que pouvait-il faire ? Leur relation n'avait pas été au beau fixe depuis son entrée à Poudlard, ils ne communiquaient plus depuis qu'il était déshérité...
Une grimace de colère au visage, Sirius se retint de justesse de lancer son poing dans le mur et fit volte face. Pensant brusquement à Remus, il attrapa un livre au hasard et le jeta sans ménagement sur la table des deux Maraudeurs en passant devant eux. Puis il sortit de la bibliothèque. Il se dirigea à grands pas jusqu'au couloir qui menait à plusieurs chambres inoccupées y compris la « chambre secrète » que Lyra et lui partageaient très souvent. Il entra sans frapper. Sa petite-amie était là, comme souvent ces derniers temps, car elle pouvait réviser seule et au calme, sans aucune distraction.
Excepté, comme souvent ces derniers temps, lorsque Sirius l'interrompait. Et que, sans un mot, avec un air tendu, il l'attrapait, la soulevait, et l'embrassait avec passion.
Lyra ne comprenait pas ce qui prenait à son petit-ami depuis plusieurs jours. Ils faisaient l'amour plus fréquemment qu'avant. C'était lui qui amorçait leurs ébats, mais sans flirt auparavant. Il ne lui expliquait pas et elle avait beau gentiment lui demander si tout allait bien, une fois leurs ébats terminés, il ne répondait pas. Elle n'insistait jamais, de peur qu'il se braque. Il était tellement secret parfois...
Aujourd'hui, Sirius était plus fougueux que jamais. Et cette fois-ci, Lyra crut comprendre d'où venait cette soudaine fougue, ce comportement étrange. On aurait dit qu'il se jetait sur elle pour évacuer une tension dont elle ignorait l'origine. Sur le moment et jusqu'à ce qu'ils jouissent tous deux, il était avec elle, elle le ressentait. Mais dès que l'orgasme passait, ses yeux redevenaient troublés par un tourment qu'elle ne s'expliquait pas.
Il évita son regard et posa sa tête contre sa poitrine. Lyra reprit son souffle et lui caressa les cheveux. Elle lui demanda s'il y avait quelque chose dont il voulait lui parler. Il répondit qu'il était fatigué et qu'il voulait simplement dormir un peu. Elle le laissa s'endormir contre elle, se dégagea doucement de lui, se rhabilla et continua d'étudier. Difficile quand elle se posait des questions sur l'homme au corps d'éphèbe, si secret, qui reposait à quelques mètres d'elle.
Elle l'embrassait avec voracité en se serrant fort, si fort contre lui. Mais sa poitrine encore habillée de son soutien-gorge et plaquée contre son torse nu ne lui semblait plus si érotique. Son cœur ne battait plus à tout rompre et les poils de sa peau ne se hérissaient plus alors que sa main caressait son flanc. Son autre main attrapa sa jambe, coula sur l'intérieur de sa cuisse, ses doigts remontèrent jusqu'à son entrejambe, et-
Qui interrompit leurs préliminaires ? Théophile ou Lily ? Les deux, certainement. Ils se séparèrent et fixèrent leurs regards quelques instants. Il n'y avait plus l'étincelle, l'excitation de la première fois, ou de leurs cours d'Approfondissement Magique.
Nott refusa d'abandonner pour autant et il plaqua encore une fois ses lèvres contre les siennes. Il l'embrassait mais l'esprit de Lily n'y était pas. Elle se rappelait ce qu'elle avait raconté à ses amies après avoir couché avec Nott. « Alors, c'était comment ? » « Et bien, ton corps fait l'amour, puis ta magie fait l'amour à ton corps, et sa magie fait l'amour avec ta magie, et les deux s'entraînent, et du coup c'est complètement... Wouah. Pas de mots. Impossible à décrire. Juste... complètement incroyable »
Incroyable, ça ne l'était plus du tout à présent. Nott finit par s'en rendre pleinement compte et il se sépara de nouveau de Lily. Elle se recula la première et se rhabilla, rapidement imitée par le Serpentard.
- Il faut croire que l'expérience restera unique, dit-elle avec sagesse et pour briser le silence gêné entre eux.
Il hocha la tête « Tu as raison. Au moins cette fois-là c'était... » Il se tourna pour chercher ses mots sans les trouver, et Lily lui adressa un sourire, signe qu'elle comprenait.
- Tu penses que notre... Euh, problème... est réglé du coup ?
- Tu veux dire, est-ce qu'on va arrêter d'essayer de se jeter l'un sur l'autre en cours avec Moroz ? À mon avis, je pense que oui. L'avenir nous le dira.
Nott acquiesça de nouveau. Ils étaient tous les deux décents et prêts à partir. Théophile hésita, puis l'embrassa sur la joue et lui dit « À plus » Elle répondit du bout des lèvres et le laissa partir en premier. Elle soupira, s'étira, regarda sa montre et constata qu'il lui restait encore trois bonnes heures avant sa retenue. Rusard lui faisait nettoyer la salle des trophées après le dîner. Nott, le veinard, passerait la sienne avec Slughorn. Même si le professeur de Potions pouvait être très envahissant, au moins le Serpentard n'aurait pas de courbatures le lendemain à force de faire le ménage... Mine de rien, après ce qu'il s'était passé entre eux, elle était contente qu'ils ne fassent pas leur retenue ensemble. Elle n'était pas forcément pressée de le revoir en tête à tête à présent. Et puis, ils s'en étaient bien tirés. Rusard avait heureusement fait preuve de bonne foi ; il avait parlé au Baron Sanglant qui avait confirmé que le réel fautif quant à la destruction du mobilier était bien Peeves.
Lily sortit à son tour et déambula tranquillement dans les couloirs, sans réelle destination. Elle croisa deux septièmes années qui marchaient l'un à côté de l'autre, sans rien se dire, le nez dans leurs bouquins. Les ASPICs approchaient et Lily se félicitait de n'avoir aucun examen aussi important en sixième année, l'année de « repos » entre les BUSEs et la septième. Bien que la difficulté avait tout de même largement doublé depuis l'année précédente. Mais Lily avait toujours eu des facilités, surtout depuis qu'elle s'était réellement mise à travailler et à suivre en cours à la fin de sa quatrième année. Auparavant, elle se situait dans la moyenne haute de la classe, mais pas en tête de promo comme aujourd'hui. Avec les autres éléments brillants comme Remus, Black, Severus, Potter... Et feu Nicole.
Potter. Quelle mouche l'avait piqué, celui-là, au matin ? Il l'avait regardé bizarrement tout le reste de la matinée, jusqu'à ce que leurs cours se terminent. Elle avait l'impression qu'il savait quelque chose concernant Nott et elle... Sauf que c'était impossible. Il n'y avait aucun moyen qu'il puisse savoir.
Lily réalisa qu'elle se trouvait non loin de la salle de classe de Défenses Contre les Forces du Mal. Le bureau et les appartements de Moroz se trouvaient juste à côté. Prise d'une impulsion soudaine, elle redressa le menton et décida d'aller voir son professeur. Pour s'excuser correctement de ce qu'il s'était passé quelques jours plus tôt et lui expliquer que le problème était... réglé, semblait-il.
Elle tapa à la porte et n'attendit pas longtemps avant d'entendre son pas claudiquant - sa canne ne la quittait plus depuis sa semaine de torture en compagnie de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom - et que ladite porte ne s'ouvre. Si elle était surprise de la voir, le visage de son professeur resta impassible en voyant son élève. Elle haussa simplement un sourcil lorsque Lily lui adressa un sourire timide.
- Bonjour, Professeur.
Ses yeux noirs la détaillèrent de haut en bas, presque avec méfiance. Lily trouva son comportement étrange mais ne s'y attarda pas plus que cela. « Evans. Vous souhaitiez me parler ?
- Oui. Si je ne vous dérange pas, bien sûr.
Sans grand enthousiasme, Isée rejeta ses longs cheveux roux derrière ses épaules et ouvrit la porte pour laisser entrer son étudiante. Une fois la porte fermée, Isée semblait être un chouïa plus chaleureuse.
- Je venais de me servir une tasse de thé, alors vous tombez bien. Vous en prenez ?
Contrairement à la plupart des anglais, Lily préférait de loin le café, mais elle accepta avec un grand sourire sincère. Le bureau d'Isée était constitué en deux côtés ; sur la gauche, juste devant la porte, une table de bureau, une chaise derrière la table, celle de Moroz, et deux chaises face à la première sur lesquelles s'asseyaient les étudiants qu'elle convoquait. Sur la droite, un peu plus en retrait, trois fauteuils confortables étaient disposés autour d'une table basse. De grandes bibliothèques tapissaient les murs et quelques étagères contenaient de curieux objets magiques. Dans le fond, une discrète porte menait aux appartements du professeur. Celle-ci était ouverte et Moroz prit le temps d'aller la fermer.
Isée invita Lily à s'asseoir sur un des fauteuils en velours, le nécessaire à thé déjà servi sur la table basse. Elle s'assit à son tour et fit apparaître une deuxième tasse de sa baguette. Elle servit Lily puis lui demanda « Du sucre, Miss Evans ?
- Juste un peu de lait, merci.
Moroz y fit couler un nuage de lait et lui tendit la tasse que Lily prit en la remerciant de nouveau. Avant que Moroz ne lui demande la raison de sa venue, Lily posa sa tasse sur la table et la question qui lui brûlait les lèvres.
- Vous auriez pu vous servir de l'Ancienne Magie pour faire apparaître la tasse, n'est-ce pas ?
Moroz haussa un sourcil surpris et ne répondit pas avant plusieurs secondes.
- Oui, j'aurais pu. Je n'y ai pas pensé » Mais Lily était, d'une manière ou d'une autre, certaine qu'elle mentait. « Ce n'est pas parce qu'on sait plus ou moins se servir de l'Ancienne Magie - et encore, ma pratique et mon savoir restent très surperficiels - qu'il faut laisser sa baguette de côté, Miss Evans. Vous-même qui êtes d'origine moldue, je suppose que vous avez gardé certaines pratiques de votre enfance, je me trompe ?
- Vous avez raison » Mais Lily était persuadée que quelque chose clochait dans son charabia. D'habitude, quand Moroz expliquait quelque chose qui avait trait à l'Ancienne Magie, ses yeux brillaient. D'habitude, la passion qu'elle ressentait pour cette forme de magie, la soif de toujours plus de connaissance qu'elle lui inspirait et le plaisir de la pratiquer animaient le visage d'Isée Moroz.
Lors de leurs premiers cours d'Approfondissement Magique, Moroz restait Moroz, une ancienne Serpentarde. Elle gardait une grande distance. Mais au fur à et mesure des cours, alors qu'elle apprit à connaître ses élèves, elle accepta très vite qu'une sorte de lien se tisse entre eux, un lien motivé par cette soif d'apprendre et cet intérêt que tous partageaient. Son visage était moins froid, ses attitudes moins réservées, sa voix contenait plus d'émotions. Ce n'était pas la grande amitié, mais la Moroz du cours de Défense Contre les Forces du Mal et celle d'Approfondissement n'avaient rien à voir.
À présent, c'était comme si quelque chose s'était éteint en Isée Moroz. L'étincelle ne brillait plus dans ses yeux. Derrière sa tasse de thé, Lily détailla soigneusement son professeur. Outre son regard plus sombre, son visage était plus dur qu'auparavant. Ses cheveux étaient ternes, sa robe de sorcière était noire. Maintenant qu'elle y réfléchissait, Moroz portait le plus souvent des robes noires depuis son retour à Poudlard. Lily la voyait souvent perdue dans ses pensées, aux repas par exemple, et son regard perdu dans le vide était particulièrement lugubre.
Son visage n'était pas que dur, il lui paraissait presque marqué. Elle semblait... malheureuse, en vérité. Il n'y avait plus vraiment de signe physique de sa captivité au QG de Voldemort - excepté sa jambe qui boitait, mais on pouvait dire qu'elle s'était tout de même bien remise du reste de ses blessures physiques. Pour ce qui était du traumatisme psychique, c'était tout autre chose. Moroz ne dupait personne, pas même ses élèves. Elle devait avoir vu et vécu des horreurs que Lily ne pouvait imaginer, et ne s'en remettrait sûrement jamais.
Quoique... Même physiquement, ça ne semblait pas être la grande forme pour son professeur. Son teint était pâle, ses joues légèrement creusées. Des cernes se dessinaient sous ses yeux. Lily ne put mener plus loin son inspection car Moroz interrompit son flot de pensées.
- Dites-moi donc, Miss Evans, ce qui vous amène jusqu'ici, dit son professeur.
Elle discerna une sorte de bienveillance dans sa manière de s'adresser à elle. Isée appréciait Lily, de la même manière que n'importe quel autre de ses étudiants d'Approfondissement Magique. Peut-être même un peu plus que les autres. Isée ressentait une affection particulière pour elle, pour Liana et Lyra également, ce que les trois Gryffondors l'ignoraient.
- Je voulais m'excuser pour ce qu'il s'est passé pendant notre dernier cours d'Approfondissement » Elle rougissait déjà d'embarras « Avec... Nott » Elle retint une grimace de gêne. Isée ravala un sourire amusé pour sa part. « Je ne sais pas du tout ce qu'il s'est passé... C'était complètement inapproprié et inacceptable... Je suis désolée »
- C'est courageux de votre part de me présenter vos excuses » Pour ce que ça valait, Lily était soulagée de constater que Moroz semblait ne plus lui en vouloir.
- Je voulais vous dire aussi » Elle se racla la gorge et posa sa tasse vide sur la table basse « Que je pense... Je suis presque sûre que cela ne se reproduira plus. J'espère que vous nous accepterez de nouveau dans votre cours. Je pense qu'il n'y aura plus de problème »
Isée la fixa d'un regard perçant. Un sourire en coin se dessina sur ses lèvres « Depuis quand parlez-vous au nom de Théophile Nott, Lily ? » La Gryffondor rosit de nouveau mais ne détourna pas le regard. « Dois-je comprendre que vous avez enfin cédé à vos pulsions ? » Elle ne le montrait pas, mais elle se délectait du malaise de son étudiante.
En même temps, elle l'avait cherché. Après ce que Lily venait de dire, Moroz était obligée de deviner que Nott et elle avaient effectivement couché ensemble. « Je ne vous juge pas, Miss. C'est quelque chose de très intime que vous m'avez confiée à demi-mot et qui ne me regarde en aucune façon. Néanmoins... Même si cela dépasse ma position de professeur de vous dire ça, vous avez fait le bon choix, Mr Nott et vous, de ne plus combattre vos pulsions »
C'était étrange comme elle continuait d'utiliser le mot « pulsion ». Comme si elle comprenait parfaitement qu'il n'y avait rien de romantique entre Nott et elle et qu'elle ne devait pas parler de sentiments, mais bien d'instincts charnels purement basiques.
- Depuis que je vous ai mis en binôme pour le Processus de Création de la Vie, vous étiez tout simplement obligés de franchir ce pas. Vos magies ne vous auraient pas laissé l'éviter.
- Mais je n'arrive pas à comprendre pourquoi, Professeur. Je veux dire, Nott et moi n'avons aucun sentiment l'un pour l'autre. Je pensais qu'il ne s'agissait que d'attirance physique, mais maintenant que... Et bien, nous avons cédé comme vous dites, notre attirance a disparu. Et avant le Processus de Création de la Vie, nous ne faisions pas vraiment attention l'un à l'autre.
- Ce n'est pas une attirance banale et habituelle que vous avez vécu, Miss Evans, mais une attirance entre vos deux magies. Depuis ce cours-là, lorsqu'elles se sont unies pour la première fois, vos magies ont souhaité plus que tout réitérer l'expérience et la revivre à son maximum cette fois. Pour ce faire, il fallait unir vos corps, une union physique et sexuelle, pour que vos magies se retrouvent pleinement et atteignent leur summum. Leur osmose.
Lily cacha son visage dans ses mains pour étouffer un début de fou-rire. Son malaise se tournait en une hilarité embarrassée. Elle reprit rapidement le contrôle d'elle-même et se mordit l'intérieur des joues quand elle croisa de nouveau le regard de son professeur.
- Excusez-moi. C'est juste hyper gênant comme discussion avec un professeur.
- Je ne suis pas la plus à mon aise non plus, confia Isée avec amusement avant de reprendre son habituelle voix distante. Heureusement, c'est une discussion exceptionnelle.
- Mais je ne comprends pas, Professeur. Moi, cette expérience m'a presque fait peur. Je n'avais aucun contrôle, j'étais complètement en transe. On dirait que ma magie commence à prendre le contrôle de mon corps et de mon esprit.
- C'était un cas exceptionnel qui ne se reproduira peut-être pas. Puisque vous avez tardé à faire ce que votre magie voulait, elle a perdu patience et oui, elle a voulu prendre le contrôle lors de mon cours pour vivre l'union qu'elle attendait depuis le Processus de Création de la Vie.
Ma magie était sexuellement frustrée, quoi, pensa Lily, mais elle n'osa pas le dire à haute voix. « Plus l'Ancienne Magie vous est familière, puis elle sera présente, mais toujours en osmose avec votre corps, votre esprit et votre libre-arbitre. Sauf dans certains cas, comme ce que vous avez vécu avec Nott et comme lorsque vous faites de la magie spontanée par exemple, lorsque vous ne contrôlez plus vos émotions. Mais c'était déjà le cas avant que vous ne pratiquiez l'Ancienne Magie de toute manière. C'est le cas de beaucoup de jeunes sorciers. Même après la fin des études, il faut de longues années à un sorcier pour qu'il ait un contrôle total sur sa magie et qu'il ne fasse plus exploser un vase sous le coup de la colère par exemple »
Lily hocha la tête, buvant ses paroles comme chaque fois que Moroz parlait de magie. « Le reste du temps, vous êtes normalement sans cesse en accord avec votre magie.
- Je trouve que la magie prend de plus en plus de place dans ma vie. Ça n'a rien à voir avec l'époque où je découvrais totalement la magie, quand j'avais onze ans. J'avais un contrôle. Aujourd'hui, je trouve ça plutôt... Effrayant, confia Lily à mi-voix.
Moroz contempla son élève pendant un long moment, pensive, hésitant sur les mots à choisir pour la rassurer.
- Vous avez un potentiel magique très particulier, Miss Evans. Vous ne devez pas en avoir peur, au contraire. C'est une chance que vous avez. Vous avez le pouvoir de faire des choses absolument fascinantes et d'un niveau magique élevé. Ceci vous ouvrira beaucoup de portes. Je ne parle pas d'un poste haut placé au Ministère, mais vous aurez le loisir de comprendre ce qu'est réellement la magie, de découvrir des choses que peu connaissent. Il ne faut pas que vous rejetiez cette chance. Vous avez tout à fait les capacités de contrôler votre pouvoir, d'en tirer profit, et de vous épanouir grâce à cela.
Une lueur rouge les interrompit. Etait posé sur une étagère un chandelier d'argent à l'allure très ancienne, constitué de trois branches. La bougie de la branche du milieu était plus grande que les deux autres et des arabesques argentées étaient gravées dans sa cire. Ses arabesques étaient devenues rouges tout comme la flamme au sommet de la bougie. Moroz se leva, sa canne en main, et se dirigea vers le bougeoir. À ce moment, quelque chose s'échappa de la flamme qui redevint jaune, et les arabesques de la bougie reprirent leur teinte argentée. Ce qui avait jaillit de la flamme n'était autre qu'une petite boule de feu qui se transforma peu à peu en un morceau de parchemin jusqu'à ce qu'il atterrisse dans la paume ouverte de Moroz.
Lily n'avait jamais vu un tel objet magique. Moroz déplia le parchemin et son visage devint blême à mesure qu'elle lisait ce qui y était écrit. Inquiète pour son professeur, Lily se contenta de la regarder en silence. Lorsqu'elle releva le regard vers son élève, Moroz affichait un teint presque malade.
- Je suis désolée, Miss Evans, dit-elle d'une voix blanche. Bien que j'aimerais poursuivre cette conversation, je dois vous laisser.
- Tout va bien, professeur ?
- Merci de votre soutien, mais ne vous inquiétez pas. Une simple lettre à poster à la volière, puisque je n'ai pas de hibou personnel.
Encore une fois, Lily sut qu'elle lui mentait. Elle hocha la tête et se leva à son tour. « Merci beaucoup pour le thé et la discussion, professeur » Moroz acquiesça à son tour.
- Je vous en prie. Après vous, Miss.
Lily sortit du bureau et Isée la suivit. « Nous nous verrons demain en cours, Evans. Bonne fin de journée » Elle lui adressa un léger signe de tête et, après avoir fermé sa porte, marcha d'un pas rapide hors du couloir. Lily resta plantée devant la porte de son bureau. Personne ne l'attendait, elle n'était pas pressée. Elle regarda pensivement devant elle en analysant ce qui venait de se passer. Que pouvait bien dire ce petit morceau de parchemin apparu magiquement depuis une chandelle ?
Dans son dos, la porte se rouvrit. Lily sursauta et fit volte face. Ses yeux s'écarquillèrent de surprise en reconnaissant le sorcier qui venait d'apparaître devant elle. Elle l'observa se pencher en avant et regarder de chaque côté pour s'assurer que personne d'autre ne se trouvait dans ce couloir.
- Potter ! s'exclama-t-elle.
Son regard noisette se posa finalement sur elle. « Sois plus discrète, Evans. Allez viens, entre, qu'est-ce que t'attends ? »
Après le déjeuner, James s'était discrètement éclipsé lorsque Remus leur avait proposé de travailler tous les quatre à la bibliothèque. Prétextant aller aux toilettes, il leur assura qu'il les rejoindrait mais n'en avait en réalité aucune intention. Il préféra remonter dans son dortoir, bien qu'il n'avait aucune idée de comment il allait occuper son temps libre. Il trouva Mary dans la salle commune et, avec un sourire graveleux, lui proposa de monter dans son dortoir. Son sourire se fana lorsque sa petite-amie monta les escaliers avec son sac de cours sur l'épaule.
Ils s'embrassèrent durant quelques délicieuses minutes sur le lit de James, mais le Maraudeur n'eut pas le temps d'amorcer de véritables préliminaires que Mary sortait déjà son livre de Métamorphose. L'approche des examens n'étaient pas une bonne époque pour sortir avec une fille aussi studieuse que Mary. Enfin, il la laissa étaler ses cours sur son lit et s'installa sur celui de Sirius en face. Il l'interrogea sur leur dernier cours et la regarda ensuite étudier en silence.
Mary remettait régulièrement une mèche de cheveux rebelle derrière son oreille tout en étant plongée dans sa lecture. Elle se mordillait les lèvres en tournant les pages, mâchonnait le bout de sa plume en relisant plusieurs fois la même ligne, fronçait les sourcils lorsqu'elle ne comprenait pas. Généralement, elle levait tout de suite la tête vers James pour lui demander des explications. Au bout de quelques minutes, dès qu'il voyait ses fins sourcils parfaitement épilés se froncer de cette manière, il anticipait et lui proposait aussitôt son aide. Elle le remerciait toujours avec un sourire agréablement surpris et un baiser qui laissait James sur sa faim.
Il aimait bien Mary. Ils se connaissaient bien, à présent. Il savait ce qu'elle aimait, ce qu'elle n'aimait pas, et parvenait à anticiper plusieurs de ses réactions, ses envies ou ses besoins. Leurs conversations étaient de plus en plus personnelles et intéressantes, ou bien empreintes d'une légèreté et d'un humour qui n'appartenait qu'à leur couple. C'était la meilleure période de leur relation, où ils ne voyaient pas encore vraiment les défauts de l'autre mais où ils étaient enfin à l'aise tous les deux. Et puis, ils couchaient de temps en temps ensemble, et ça, forcément, ça rajoutait un plus. Bien sûr, Mary n'était pas du tout à l'aise encore avec cet aspect de leur relation, mais c'était tout à fait normal. James était son premier. Ça viendrait avec le temps et l'expérience.
Il ne savait pas combien de temps durerait leur relation, mais il n'était pas pressé de la terminer pour l'instant. Pourtant, il n'avait pas vraiment envie de quelque chose de sérieux... Il ne pensait pas que quoique ce soit de sérieux l'intéresserait un jour dans un futur proche, de toute manière. Et sûrement jamais avec Mary, malheureusement. C'était pour cela que James restait sur ses gardes. Il se félicitait d'être un bon observateur et de bien comprendre le langage corporel. Il était à l'affût du moindre signe montrant que Mary s'attacherait irrémédiablement à lui. Au moment où il soupçonnerait qu'elle était en train de tomber amoureuse de lui, il savait qu'il devrait rompre avec elle...
Il n'était pas comme Sirius, il ne se fichait pas de ce que pouvaient ressentir ses petites-amies. Avant Lyra, Sirius était un véritable goujat. James l'avait été également, surtout lorsque ses relations ne duraient qu'une semaine ou deux. Mary était sa première relation aussi longue. Il était sorti avec Nicole pendant presque aussi longtemps, mais tous deux savaient qu'il n'était question que d'une amitié améliorée. Son idylle avec Mei avait été beaucoup plus courte, et également un fiasco total. Etant donné qu'il était majoritairement sorti avec des filles de sa promotion et de sa maison cette année-là, il était essentiel qu'il se comporte correctement avec elles. Histoire de ne pas pourrir l'ambiance à Gryffondor.
Brusquement, James pensa au pari qu'il avait fait avec Remus. Celui d'embrasser toutes les filles de Gryffondor avant la fin de l'année scolaire. Puisque Remus était si bien avec Liana, James pensait que le pari n'était plus vraiment d'actualité. Remus avait embrassé Mary, Nicole, Evans et Liana sur les six filles de Gryffondor. James en avait embrassé cinq, il ne lui manquait qu'Evans. Mais embrasser Evans n'était sûrement pas une bonne idée, même si ça signifiait remporter le pari...
En parlant d'Evans... D'un coup d'œil, James s'assura que Mary était plongée dans ses révisions et sortit discrètement la Carte du Maraudeur. Il ne mit pas longtemps avant de trouver Evans sur la carte. Elle était dans une salle de classe vide près de la Bibliothèque... Pièce que Nott venait de quitter à l'instant. James fronça les sourcils, mécontent. Qu'est-ce qu'ils pouvaient bien trafiquer, ces deux-là ?
Ce n'était plus vraiment que cette situation l'inquiétait. Evans était en un seul morceau le matin même, et puis, elle savait se défendre. Par contre, cela l'intriguait méchamment, et sa curiosité insatiable de Maraudeur le titillait. Si James avait été honnête avec lui-même, il aurait même pu parler d'un semblant de jalousie...
Il rangea la carte dans sa poche, trouva sa cape d'invisibilité sur le sol qu'il fourra dans son autre poche avec sa baguette magique. Il ébouriffa ensuite les cheveux de sa petite-amie « J'ai rendez-vous avec les Maraudeurs. Tu peux rester réviser là si tu veux » Surprise, Mary cligna plusieurs fois des paupières avant de ranger précipitamment ses affaires.
- Mais non, je vais aller dans mon dortoir.
Les bras chargés, elle se hissa sur la pointe des pieds pour l'embrasser rapidement. Elle lui adressa ensuite un sourire éclatant et lança avant de sortir « On se voit au dîner ! » Il ne répondit pas et vérifia une dernière fois où se trouvait exactement Evans sur la carte. Il se couvrit ensuite de sa cape d'invisibilité et sortit de son dortoir puis de sa salle commune. James regarda régulièrement la carte et évita les couloirs les plus affluents à cette heure-ci. Il rattrapa Lily quelques mètres avant qu'elle ne s'immobilise devant le bureau du professeur Moroz.
Il marcha le plus silencieusement possible - grimaçant cocassement dès qu'il pensait être trop bruyant - et se posta à côté de Lily lorsque Moroz ouvrit la porte. Il fit attention à garder quelques centimètres de distance pour que la Gryffondor ne sente pas sa présence.
- Bonjour, Professeur, dit Evans.
Moroz scruta Evans avec une certaine réserve, presque avec hostilité. Cela étonna franchement James. Tout le monde savait que Moroz adorait ses élèves d'Approfondissement Magique, ils étaient ses chouchous, en quelque sorte.
- Evans. Vous souhaitiez me parler ?
- Oui. Si je ne vous dérange pas, bien sûr » James leva les yeux au ciel devant tant de manières. Moroz finit par la laisser entrer et James réussit in extremis à se faufiler à l'intérieur alors qu'elle tenait la porte ouverte pour Lily.
Il ne dut son salut qu'à la canne de Moroz. Celle-ci faisait de grands bruits en se posant sur le sol, ce qui étouffa les bruits de pas de James. Et Moroz n'était pas à l'aise avec sa jambe boitante, ce qui limitait sa rapidité d'action et faisait que James avait eu pile poil le temps de s'engouffrer à l'intérieur. Potter s'éloigna ensuite des deux sorcières et examina la pièce à toute vitesse. En silence, il se dirigea vers la porte ouverte au fond du bureau et la franchit juste avant que Moroz ne vienne la fermer.
Désormais dans une autre pièce qu'Evans et Moroz, il n'entendait plus rien de leur conversation. Dans l'obscurité la plus totale, James devina plus qu'il ne vit qu'il se trouvait dans les appartements personnels de Moroz.
Bien. Et maintenant, Potter, c'est quoi la suite du plan ? se demanda-t-il à lui-même. Il retira la cape d'invisibilité et la fourra dans sa poche de robe, tout comme la Carte des Maraudeurs. Il sortit sa baguette et murmura « Lumos ». Il agita sa baguette dont l'extrémité produisit une faible lumière et comprit qu'il se trouvait dans la chambre de Moroz. S'y trouvait un autre bureau recouvert de parchemins, dont des copies d'élève, une penderie, un lit, une bibliothèque remplie de livres et une autre porte qui devait mener vers sa salle de bain.
Silencieusement, il ouvrit cette porte et vit un cabinet de douche, des toilettes, un lavabo et un placard au-dessus. Il l'ouvrit et analysa les différents objets qu'il contenait. Beaucoup de flacons divers, quelques produits de beauté. Il passa un certain moment à lire les différentes étiquettes et fut surpris de voir que son professeur possédait un bon nombre de potions de guérisons, de potions calmantes, de sommeil sans rêve, anti-douleur... Son professeur avait vécu un sacré traumatisme, il n'aurait pas dû être étonné de voir tant de potions de ce genre dans sa pharmacie personnelle.
Il retourna dans la chambre de Moroz. James ne savait pas vraiment ce qu'il cherchait. Il s'était retrouvé ici par pur hasard, juste en suivant Evans. Les Maraudeurs et lui continuaient de s'interroger sur Moroz, afin de découvrir quel secret elle pouvait cacher, mais leur enquête stagnait ces derniers temps. La Bataille de Pré-Au-Lard et leurs propres traumatismes les avaient quelque peu occupés. Il continua de fouiller dans sa penderie sans rien déranger pour ne pas se faire prendre.
Il entendit un bruit inconnu venant de l'autre pièce, celle où étaient restées Moroz et Evans. Il se figea pour tenter de comprendre ce qu'il se passait, puis s'approcha de la porte et y colla son oreille.
- Je suis désolée, Miss Evans, entendit-il. Bien que j'aimerais poursuivre cette conversation, je dois vous laisser.
James se recula, lança un « Nox » informulé, rangea sa baguette dans sa poche et se recouvrit de sa cape d'invisibilité. Il posa de nouveau son oreille contre la porte.
- Ne vous inquiétez pas. Une simple lettre à poster à la volière, puisque je n'ai pas de hibou personnel.
Le cœur battant de curiosité, il entendit la porte s'ouvrir et les deux sorcières sortir. Il attendit un peu avant de se rendre dans le bureau de Moroz et se pressa de nouveau contre la porte qui le séparait d'Evans et de Moroz. Moroz salua Evans et les bruits de pas lui indiquèrent que son professeur s'éloignait. Il rangea une nouvelle fois sa cape d'invisibilité et sortit la Carte du Maraudeur. Evans n'avait pas bougé, toujours postée devant la porte. Il hésita quelques secondes puis décida d'aller la chercher.
Evans le regarda avec une expression abasourdie. James regarda à droite et à gauche pour vérifier qu'ils étaient seuls. Puis, contenant son amusement d'avoir entendu sa camarade, plantée devant lui avec cet air stupide, prononcer son nom de famille comme s'il était Merlin en personne, il lâcha avec nonchalance « Sois plus discrète, Evans. Allez viens, entre, qu'est-ce que t'attends ? ».
Il ouvrit la porte pour la laisser passer. Evans hésita deux secondes puis entra, lui permettant de refermer la porte derrière eux. Il eut la bonne idée d'insonoriser la pièce avant qu'elle ne se mette à crier.
- Merde, Potter, mais qu'est-ce que tu fous ici ?
- Je me promène.
- Dans le bureau d'un prof sans son autorisation, tu cherches l'exclusion, c'est ça ?
Il leva les yeux au ciel « Sois pas si rabat-joie, Evans.
- Mais comment t'as fait pour venir ici sans qu'elle ne te voie ? demanda-t-elle avec curiosité.
- Secret de Maraudeurs, répondit-il avec un clin d'œil.
Il jeta un regard circulaire au bureau. Il remarqua des tasses et une bouilloire sur la table basse. « J'étais en train de fouiller sa chambre pendant que tu prenais gentiment le thé avec elle » Elle écarquilla les yeux.
- T'es un grand malade !
- Bah quoi, on a déjà fouillé son bureau avec Sirius y'a un moment et on a rien trouvé de bien intéressant. À part la photo de son fils, mais bon, t'étais déjà au courant je crois ?
- Vous avez déjà fouillé son bureau ?
James claqua sa langue contre son palais avec impatience « Ecoute, Evans, pas la peine de faire ta mijaurée. On a déjà suivi Moroz jusqu'à Pré-Au-Lard, tu te souviens ? C'est pas parce qu'on fouille chez elle que tu vas dire que c'est la fin du monde, non ? On a toujours pas découvert son secret et je sais que vous non plus, alors tant qu'on est là, c'est l'occasion. Soit tu restes, soit tu t'en vas, c'est simple »
Il se détourna d'elle mais Lily le stoppa « Attends » Il lui fit face de nouveau « Quoi ? » Elle croisa les bras, exaspérée par la stupidité de son camarade.
- Enlève moi ton Silencio. Tu penses que c'est une bonne idée qu'on ne puisse pas l'entendre revenir ici alors qu'on est là illégalement ?
Elle avait raison. Il annula son sortilège, puis ils pénétrèrent dans la chambre de Moroz. Lily le suivit. Puisqu'ils étaient seuls, James se permit d'un coup de baguette d'éclairer la pièce grâce aux chandelles déjà présentes. Il sursauta en sentant la main d'Evans sur son poignet.
- Tu as déjà jeté beaucoup de sorts ici ?
- Juste un Lumos.
- Et bien, arrête tout de suite. Moroz est capable de sentir la magie des autres, t'es pas au courant ? C'est comme ça qu'elle a sut que certains d'entre nous avaient des prédispositions à l'Ancienne Magie et qu'on s'est retrouvés dans sa classe d'Approfondissement.
James haussa les épaules. Malgré les quelques explications de Remus, tout ce qui relevait de l'Ancienne Magie lui parlait peu.
- Bon, et qu'est-ce que tu as trouvé ?
James lui parla des potions médicinales dans la salle de bain. Evans ne trouva pas sa découverte suspicieuse, pour les mêmes raisons que James. Ils se séparèrent, Lily éplucha la bibliothèque et le Maraudeur reprit son inspection de la penderie.
- Fais attention à tout remettre à sa place.
- Merci Evans, je n'y aurais pas pensé tout seul, tiens, répondit-elle avec ironie.
- Je pense à un truc, dit-elle après quelques minutes silencieuses tout en regardant sous le lit de son professeur. Moroz t'a convoqué ens début d'année pour faire partie du cours d'Approfondissement, non ?
- Hmmhmm, répondit distraitement James.
Assise à même le sol, elle se tourna vers le Maraudeur « C'est parce que vous êtes des Animagi ? » James pivota face à elle.
- Comment tu le sais ?
- Tu savais pas que j'étais au courant ? s'étonna-t-elle.
- Tu l'as su en même temps que Liana et Lyra ?
- Oui. T'en fais pas, ton secret est bien gardé avec moi » Il s'inquiéta quand même légèrement de savoir qu'elle possédait deux informations cruciales à son sujet qui pouvaient l'envoyer à Azkaban... Mais il lui avait fait confiance pour le meurtre, donc il lui faisait tout autant confiance pour le plus grand secret des Maraudeurs. Après tout, Sirius n'avait eu aucun ennui, n'est-ce pas ? Si Evans n'avait pas décidé de tenir sa langue, elle aurait immédiatement sauté sur l'occasion de causer des problèmes à son pire ennemi.
James reprit son inspection - quelque chose clochait avec cette penderie, il ne savait quoi - mais Lily continuait de l'observer. « C'est pour ça que Moroz vous a convoqués au début de l'année ? Parce que Lupin est un loup-garou et vous...
- Oui.
- Donc elle est au courant ?
- Oui.
Elle garda le silence quelques secondes « C'est pour ça que vous cherchez son secret ? Pour que vous ayez un moyen de pression sur elle au cas où elle utilise votre secret contre vous ? »
James sortit la tête de la penderie et la regarda, surpris par sa perspicacité. Il sourit « Attention, Miss Evans, si vous continuez, je vais devoir vous réduire au silence » Son ton était faussement menaçant. Lily rit doucement, satisfaite d'avoir compris la situation toute seule. Elle s'approcha ensuite du bureau et se demanda comment elle allait pouvoir trouver quelque chose sans rien déranger.
- Et qu'est-ce que t'en penses que j'ai réussi à devenir un Animagus, hein ? Jalouse ? Admirative ?
Lily laissa échapper un autre petit rire, ce qui agrandit le sourire de James « Je ne l'avouerai que sous la torture » Il rit à son tour.
- Et vous trois alors, pourquoi vous cherchez son secret ? Et pourquoi elle vous a convoquées pour son cours particulier ?
- Parce qu'on est les meilleures, tout simplement, répondit-elle avec un amusement teinté d'une fausse arrogance.
Elle ne répondait sincèrement à aucune de ses questions, mais elle ne lui laissa pas le temps d'insister. Elle avait trouvé dans un des tiroirs un tas de petits parchemins, de forme carrée et de taille égale, dont les contours étaient légèrement brûlés par endroit. « Viens voir » dit-elle.
Curieux, il obéit. Ils examinèrent les parchemins ensemble. Lily retint juste à temps James de les tapoter de sa baguette magique. Exceptés leurs contours, les parchemins étaient vierges de toute écriture et de toute marque. Pourquoi les gardait-elle, pourquoi ne pas les avoir jetés ?
- À part si tu penses pouvoir annuler la magie apparemment si puissante de Moroz, tu ne découvriras sûrement pas ce qu'il se cache là-dessous, dit le Maraudeur en revenant à sa penderie.
Elle acquiesça distraitement, rangea les parchemins, ferma le tiroir, puis le rouvrit et prit le premier parchemin au-dessus de la pile. Elle l'enfouit dans sa poche sans un mot, puis se tourna vers le Maraudeur.
- Tu trouves quelque chose ? Ça fait une demi-heure que t'es là dedans, exagéra-t-elle.
- Ecoute.
Il était accroupi, son corps presque entièrement dans la penderie, le bas des robes de Moroz étalées sur ses épaules. James tapa doucement son poing contre la planche de bois qui constituait le fond de la penderie. « T'entends ? » Il se tourna vers elle mais elle fronça les sourcils. Il soupira et tapa de nouveau. « C'est creux ! Merlin, Evans, t'es pas capable de reconnaître le bruit d'un mur creux d'un mur plein ?
- J'y arrive mieux quand c'est ta tête creuse que je frappe, répondit-elle avec acidité.
James ne releva pas. Il passa ses mains sur toute la longueur de la planche et y découvrit une mince rainure horizontale à peu près au même niveau que sa poitrine. Il tapa au-dessus et en-dessous de la rainure. Le bruit creux ne persistait que sur la planche inférieure à la rainure. Il y avait un petit placard aménagé derrière la penderie, à peine assez haute pour que James puisse y tenir en position fœtale. Maintenant que ses yeux étaient plus habitués à l'obscurité de la penderie, il pouvait voir que la planche inférieure était d'un bois plus clair que le reste de la penderie. Il posa ses mains sur les extrémités gauche et droite de la planche et y appuya avec force jusqu'à entendre un petit 'clic'. La planche lui tomba alors dans les mains, révélant le petit placard sombre qu'il était sûr de trouver.
- Qu'est-ce que c'est ? » Lily s'était accroupie derrière lui pendant ses manipulations, mais elle ne voyait pas grand chose dans l'obscurité. James tâtonna à l'intérieur du placard et tomba sur une petite boîte.
- Recule, dit-il.
Ils se reculèrent tous deux. James fit glisser la boîte, à peine plus grande qu'une boîte à chaussure, sur le sol pour la plonger dans la lumière de la pièce. Sans couvercle, seule une couverture roulée en boule s'y trouvait. Lily se pencha sur ses talons et se leva « Je reviens » Elle sortit de la chambre et s'approcha de la porte qui séparait le bureau du couloir. Elle tendit l'oreille, mais n'entendit aucun bruit qui indiquait qu'ils allaient être surpris.
- Evans ! » entendit-elle. Lily rejoignit ensuite son camarade. Et crut faire une crise cardiaque alors qu'il pointait sur elle avec perplexité ce qu'il venait de trouver dans la boîte, enfoui sous la couverture. Un revolver moldu.
- Baisse ça ! T'es cinglé ou quoi ?!
Il haussa les sourcils mais baissa lentement l'objet vers le sol. Il ne comprit pas en quoi ce truc en ferraille à la forme étrange pouvait déclencher une telle panique. « Qu'est-ce que c'est ? » Elle ouvrit de grands yeux, puis se souvint quelles étaient les origines de James.
- Ces sangs-purs... » Elle s'assit en tailleur devant lui et examina l'objet sans y toucher « C'est un revolver. Ou un flingue en langage courant. C'est une arme à feu. Ça tire des balles et c'est capable de blesser très gravement, voire de tuer » Elle chercha une meilleure manière d'imager ces propos « T'as jamais entendu un enfant de moldu dire qu'il allait se « tirer une balle ? » C'est une expression courante quand on veut blaguer parce qu'on est désespéré, qu'on a trop de devoir par exemple »
James hocha la tête parce qu'il avait en effet déjà entendu ce genre d'expression. Lily mima un revolver avec ses doigts qu'elle pointa sur sa propre tempe « Et crois-moi, tu peux mourir d'une vraie balle dans la tête. C'est hyper dangereux, et leur utilisation est très réglementée chez les moldus.
- Pourquoi elle a ça, tu penses ?
- Je ne sais pas. Pour se protéger, peut-être ?
- Ou alors, elle projette d'attaquer quelqu'un ?
- Peut-être qu'elle a des ennemis... Comme le mec qu'elle a vu quand on l'a suivie à Pré-Au-Lard, se souvint Lily.
- Ou peut-être, réfléchit James, qu'elle a peur qu'on l'attaque encore une fois. Elle a peur que Voldemort la capture encore et elle cherche à se protéger par tous les moyens, moldus et sorciers.
- Ça me paraît logique. Allez, range ça, tu veux ? S'il te plaît.
James rangea le revolver dans la boîte et la boîte dans le placard, puis remit en place la planche. Il réarrangea ensuite la penderie pour que Moroz ne soupçonne pas que ses affaires aient été bougées. Lily ne pensait plus du tout au petit parchemin dans sa poche, le revolver occupait toute sa réflexion. Moroz était-elle d'origine moldue pour connaître ce genre d'arme ? Etant une ancienne Serpentard, ils avaient tous supposés qu'elle était sûrement de sang-pur, ou de sang-mêlé, tout sauf une née-moldue...
Lily jeta un coup d'œil à sa montre.
- On devrait y aller. En plus, j'ai une retenue ce soir et j'aimerais bien manger avant.
- Une retenue ? Toi ? s'étonna James.
Lily fit le tour de la chambre afin d'être sûre qu'ils ne laissent aucune trace de leur passage. Rassurée, elle vit ensuite Potter sortir un parchemin vierge de sa poche et y poser dessus sa baguette magique. Il se rendit dans le bureau - prétendant se rapprocher de la sortie des appartements de Moroz, mais Lily savait qu'il s'éloignait d'elle pour que sa manipulation reste inaperçue à ses yeux. Elle tendit l'oreille et l'entendit murmurer « Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises ». Elle éteignit ensuite la lumière d'un coup de baguette, rejoignit le Maraudeur en fermant la porte de la chambre derrière elle. Avant que James ne se détourne pour lui montrer son dos, elle put jeter un œil lointain sur le parchemin qu'il tenait. Il n'était plus vierge mais affichait tout un tas de lignes qu'elle ne comprenait pas.
Grâce à la Carte, James s'assura que personne ne se trouvait dans les parages et qu'ils pouvaient partir sans être vus. Une fois cela fait, il murmura « Méfaits accomplis » et remit le parchemin dans sa poche. Lily remarqua qu'il était redevenu vierge après la deuxième formule.
Il croisa son regard et Lily ne cacha pas le fait qu'elle l'observait. « Sort de confidentialité ? Avec mot de passe intégré ? » Il haussa les sourcils, étonné qu'elle ne pose pas de questions plus intrusives, puis finit par lui répondre par l'affirmative.
- Secret de Maraudeur, je présume ?
- Tout à fait. Allez, viens.
Ils sortirent du bureau et marchèrent en direction de la Grande Salle, avec nonchalance, comme s'ils n'avaient pas enfreint une bonne dizaine d'articles du règlement intérieur cette après-midi. James, qui détestait le silence, fit calmement la conversation.
- Alors, c'est quoi cette retenue ? C'est étonnant venant de toi.
- Les Maraudeurs n'ont pas le monopole des retenues, tu sais. Je me suis juste connement faite surprendre par Rusard dans les couloirs après le couvre-feu hier soir.
Cette révélation fit 'tilt' dans l'esprit de James. « Toute seule ?
- Oui, mentit-elle. Je prenais juste un peu l'air, mais bon...
- T'as eu de la chance de pas tomber sur des Serpentards alors... Toute seule, ça aurait pu mal tourner pour toi.
Lily lui jeta un coup d'œil bizarre. James savait qu'elle n'était pas seule, mais il ne pouvait décemment pas le lui dire. Il fit alors quelque chose de complètement stupide, mais sa curiosité n'était plus contrôlable. Il plaqua doucement Lily contre un mur et arracha son pansement d'un geste rapide. Elle poussa un cri de surprise et de colère et le repoussa de toute sa force. Elle plaqua ensuite sa main sur son cou et le fusilla du regard.
- Bordel, mais c'est quoi ton problème ? Tu te crois vraiment tout permis, c'est pas croyable !
Mais la colère de Lily n'était rien comparée à celle de James, au sentiment de trahison et de dégoût qu'il ressentait. Il fit rapidement deux plus deux et comprit tout de suite. Il avait suffisamment vu de suçon dans sa courte vie pour en reconnaître un, et se sentit particulièrement idiot de ne pas avoir compris dès le début ce qui se cachait derrière ce pansement moldu.
- Tu couches avec Nott ?! » Son ton était furieux et interrogatif, alors qu'il en connaissait parfaitement la réponse. Lily se raidit et le regarda avec hostilité.
- Où est-ce que t'es encore allé chercher une bêtise pareille, hein ?
- Oh, je t'en prie, Evans, pas la peine de protéger tes petites affaires avec un Serpentard. Ce suçon, tu l'avais pas hier matin. Et j'ai entendu dire que Nott avait une retenue ce soir parce que, comme toi, Rusard l'a trouvé hier soir dans les couloirs après le couvre-feu. Je ne crois pas aux coïncidences, cracha-t-il.
En vérité, James n'avait entendu aucune rumeur de ce genre. Mais ils savaient qu'ils étaient ensemble, alors il ne risquait rien à supposer que Rusard les avait trouvés tous les deux. Et, avec ces arguments, il pensait qu'Evans ne pourrait plus lui nier l'évidence.
- Pour la dernière fois, mêle-toi de ce qui te regarde, Potter !
- Tu es complètement folle ? continua-t-il sans l'écouter, sa voix montant crescendo avec sa frustration et sa colère. Sortir avec un Serpentard, de septième année en plus, qui pourrait tout aussi bien être un futur Mangemort !
- Je ne sors pas avec Nott, grinça-t-elle entre ses dents en faisant bien attention à détacher chaque syllabe pour qu'il comprenne.
- Pardon, j'oubliais à qui je parlais. Tu fais ce que tu veux de ton cul, de toute manière, comme toujours.
Il regretta aussitôt ses paroles. Sa colère s'évanouit quand il comprit qu'il avait dépassé les bornes. Il sut qu'il avait complètement mérité la - très - violente gifle qu'elle lui administra. Ses yeux verts brillaient de larmes de déception, la colère rougissait ses joues et faisait trembler sa voix.
- Je suis une salope, c'est ça que tu veux dire ? C'est comme ça que tu me vois ?
A slut, you mean ? A girl who likes boys ? Who lets boys know she likes them ? A girl who orgasms ? Who moans and moans and screams in extasy ? A girl who sucks and fucks ? (2)
Tout son corps tremblait. Elle s'approcha de lui, le poussa violemment contre le mur et s'approcha encore pour pouvoir chuchoter et qu'il l'entende parfaitement « Je suis une fille qui aime s'envoyer en l'air, et alors ? En quoi ça te regarde, en quoi ça vous regarde tous, merde ! J'ai jamais rien demandé à personne, juste qu'on me laisse tranquille, tu comprends ça ? T'as vraiment pas le droit de me juger, James, t'as pas le droit, et surtout pas toi » Sur le point de s'étrangler avec sa propre salive, elle déglutit avant de continuer d'une voix plus basse encore « Moi, je ne t'ai pas jugé pour ce que tu as fait »
Qu'elle compare son attitude volage et le meurtre de James souffla le Maraudeur. Il n'y vit aucune logique, avant de comprendre soudainement. Elle avait été là pour lui, et lui, il la jugeait. Elle voulut partir mais il la retint par le poignet.
- Lâche-moi, connard.
Sa voix était à peine plus forte qu'un murmure. Elle aurait voulu qu'il sente la menace dans sa voix, mais James n'entendit que déception et rancœur et il ne s'en sentit que plus mal.
- Je suis désolé. Je n'aurais vraiment pas dû dire ça, Lily. Excuse-moi, je te jure, je ne pense pas du tout ce que j'ai dit.
La main qui tenait son poignet se mit à le brûler avec force. Il cria de douleur et la lâcha en secouant sa main et en soufflant dessus. Mais il n'avait aucune séquelle, et aucune trace de brûlure ne résidait sur le poignet de Lily non plus. Sous le coup de la colère, elle avait utilisé l'Ancienne Magie pour se libérer de son emprise.
Elle courut ensuite, des larmes coulant sur ses joues, le plus loin possible de lui.
Sirius fuma une dernière bouffée de cigarette et la jeta par terre. Il l'écrasa de son pied et la fit disparaître d'un Sortilège de Disparition informulé. Tout en continuant nonchalamment sa route vers l'infirmerie, Sirius se repassa dans son esprit pour la énième fois le discours de Dumbledore dans son esprit. C'était à l'heure du déjeuner qu'il s'était exprimé et Sirius y avait pensé en cours tout l'après-midi.
« Vous avez certainement entendu des rumeurs » « Votre camarade a été victime d'une agression » « Ce qu'elle a vécu est tout à fait intolérable » « De tels comportements entre élèves sont inacceptables et seront indéniablement punis », et bla, et bla, et bla... Sirius avait beau avoir beaucoup de respect pour le directeur, il avait l'impression que le plus grand mage de tous les temps faisait beaucoup la causette, ces derniers temps. Et les actions, au final ? On en entendait pas beaucoup parler.
Non mais, sérieusement. Il y avait eu une brèche dans les protections autour de Pré-Au-Lard ce jour-là ? On avait aucun coupable. Peter avait reçu l'Imperium ? Et personne n'avait songé à interroger les futurs Mangemorts de l'école, au cas où ? Parce qu'il en connaissait, des Serpentards, qui en voudraient suffisamment à Peter pour lui faire subir ce genre de choses. Suivez son regard vers un sixième année au nez crochu et aux cheveux huileux... Rien que ça, ça voulait bien dire que les choses n'allaient jamais loin, pas vrai ?
Le mot punition semblait être plutôt vague pour le directeur. Mary MacDonald était agressée par Mulciber en cinquième année, et Mulciber n'était même pas exclu ? Evans se faisait droguer, manquait de se faire utilisée et violée, et les deux zigotos avaient quoi, trois retenues ? Lui-même manquait de tuer Rogue et d'envoyer Remus à Azkaban, et pas de renvoi, même temporaire ? Bon, après, il n'en avait rien à faire d'Evans-la-Harpie et il était bien content d'être toujours à Poudlard, mais le principe restait le même. Selon lui, le directeur était plutôt laxiste. Alors lui, Sirius Black, il l'attendait, l'exclusion de ceux qui avaient fait ça à cette pauvre fille...
En parlant d'elle, Sirius arriva à l'infirmerie. Il n'y avait qu'un lit d'occupé dont les rideaux étaient tirés. Ne voyant pas de traces de Mrs Pomfresh, il s'approcha et, sans crier gare, ouvrit les rideaux. À demi-allongée dans son lit, une adolescente de seize ans sursauta lorsqu'il apparut et lui jeta un regard noir à travers ses larmes. Isée Moroz, qui murmurait avec douceur à son oreille avant qu'il ne les interrompe, se leva aussitôt et pinça les lèvres.
- Mr Black, je ne pense pas que vous soyez autorisé à venir ici. Si vous êtes là pour importuner Miss Aldrin, elle a besoin de repos, et-
- Laissez, professeur. Merci, répondit la concernée.
Sirius ne témoigna aucune attention particulière à son professeur et préféra fixer Jocaste Aldrin, Serpentard de cinquième année. Vêtue de sa chemise d'écolière et d'un short de pyjama, ses jambes nues étalées sur les draps étaient recouvertes d'une pâte transparente au travers de laquelle on pouvait voir qu'elles restaient couvertes de cicatrices. Ses yeux étaient rouges, ses traits tirés, son teint pâle. Jocaste ne voulait voir personne, mais elle reconnaissait qu'elle était curieuse de savoir pourquoi un Maraudeur s'était tout spécialement déplacé lui-même pour la voir, elle.
Moroz amorça un pas pour partir, puis attrapa le bras de Black et le serra jusqu'à ce qu'il lève les yeux vers elle. « Cinq points en moins pour Gryffondor pour votre intrusion et votre manque de tact. Vous lui faites le moindre mal, vous l'ennuyez en quoi que ce soit, je le saurais aussitôt, Mr Black » Sa voix n'était pas plus haute qu'un murmure, alors Sirius ignorait si Jocaste l'avait entendue ou non. Moroz partit ensuite sans un mot ni un regard.
Sirius et Jocaste n'avaient jamais été rien de plus que de simples connaissances. Tous deux de sang-pur, ils s'étaient croisés à des réceptions mondaines. Sirius avait même été très brièvement fiancé à Jocaste, alors qu'il devait avoir quatorze ans et elle treize. Les fiançailles avaient vite été rompues cependant, pour diverses raisons. Aujourd'hui, elle l'accueillait avec dignité et un regard franc et direct, malgré ce qui lui était arrivé. Blonde comme les blés, un beau visage noble, une silhouette fine, on pouvait dire que Jocaste Aldrin, du haut de ses seize ans, était séduisante. Pourtant, Sirius n'aurait accepté ce mariage arrangé pour rien au monde.
Elle le défiait toujours du regard, mais des larmes recommencèrent à couler sur ses joues, sans sanglot ni tristesse. Comme si, après avoir tant pleuré, c'était un mécanisme physiologique qu'elle ne pouvait plus stopper.
- Qu'est-ce que tu fais là, Black ?
Le Maraudeur, resté muet tout ce temps, prit cela comme une invitation à s'asseoir. Il prit la chaise qu'occupait Moroz quelques instants plus tôt, en retourna le dossier et s'assit. Il s'accouda au dossier et posa son menton sur ses coudes en la regardant avec impassibilité.
- Je voulais juste prendre de tes nouvelles.
- Ça ou satisfaire ta curiosité malsaine ?
Sirius fit l'impasse sur sa réplique cinglante, agressive tout en incarnant un moyen de se protéger, de montrer ses défenses. « Qu'est-ce qu'il s'est passé ? » demanda-t-il le plus doucement possible en plongeant dans son regard.
- Ça ne te regarde pas. Dégage de là.
Elle voulut cacher ses jambes avec ses draps, malgré l'ordre de l'infirmière de laisser ses jambes à l'air libre pour qu'elles cicatrisent plus vite. Ses mouvements firent que sa chemise, trop courte, se souleva légèrement. Suffisamment pour que Sirius aperçoive d'autres cicatrices sur le ventre de la jeune fille. Rapidement, il souleva la chemise et vit ce qu'il y avait à voir avant que Jocaste ne la baisse brutalement et le repousse. En lettres capitales, le mot « TRAINEE » était gravé dans la peau de son ventre. Plus particulièrement, au niveau de son utérus.
Un souvenir qui datait de l'été précédent revint subitement à Sirius. Il passait quelques jours de vacances chez Andromeda et Ted, peu avant la naissance de Nymphadora. Andromeda avait raconté à son cousin un horrible événement qui l'avait beaucoup marqué, qui s'était produit lors de sa troisième année, presque dix ans plus tôt. Alors qu'il se remémorait leur discussion, Sirius se redressa sur sa chaise, ses yeux fixés sur son ventre à présent recouvert par les draps.
- Andromeda m'en avait parlé, laissa-t-il échapper dans un souffle.
- Qu'est-ce que tu marmonnes dans ta barbe de traître à ton sang ? » cracha-t-elle avec méchanceté, mais sa voix tremblait. L'énième larme qu'elle essuya sur sa joue gauche gâchait un peu l'image de la Serpentarde fière et inébranlable.
Dumbledore n'avait donné aucun détail sur l'agression d'Aldrin, personne ne savait ce qu'il s'était produit. Mais Sirius avait compris « Ma cousine Andromeda, tu te souviens d'elle ? Celle qui s'est faite reniée ? Elle était à Serpentard aussi et elle avait une amie un peu plus âgée à qui il est arrivé la même chose. Cette amie était tombée enceinte, les autres de sa maison l'ont appris et ça a été le « grand déshonneur » pour tout le monde » continua-t-il en prenant une voix pompeuse mais moqueuse.
- Oh non, pas encore le même refrain, s'exclama-t-elle en regardant le plafond, exaspérée. Tout le monde a une amie à qui c'est arrivé, mais ça n'arrive qu'aux autres, n'est-ce pas ? Ni toi, ni Moroz, vous ne pouvez savoir comment je me sens, et-
Sirius se redressa de nouveau « Moroz ? C'est quoi le rapport ? » Jocaste soupira et enfouit son visage penché vers l'arrière entre ses mains. Sirius dut rapprocher son visage pour comprendre ses paroles étouffées dans ses mains.
- Elle m'a dit qu'il s'était passé la même chose à Poudlard à son époque, qu'elle comprenait ce que je ressentais, elle voulait me rassurer en me disant que tout irait mieux, bla bla bla.
- Elle t'a dit que c'était arrivé à une amie à elle ?
Elle hocha la tête. « Qui ? » Elle le fusilla du regard.
- Mais comment tu veux que je le sache !
Jocaste plia ses genoux sous le drap et posa ses mains dessus. Perdue dans ses pensées, elle regarda ses mains, tritura ses doigts, rentra ses ongles dans ses paumes. Elle repensa à ce qui lui était arrivée ses dernières vingt-quatre heures. Premièrement, elle avait appris qu'elle était enceinte. Surprise, choc, épouvante, panique. Une tonne de questions, de décisions prises et changées pour au final n'avoir aucune idée de ce qu'elle devait faire.
Deuxièmement, à son plus grand malheur, ses compagnes de dortoir l'avaient découvert. Tout en enfermant Jocaste dans son propre dortoir et en confisquant sa baguette, elles en avaient référé à Carla Selwyn. Carla était en septième année, issue d'une famille de sang-pur, aristocratique, riche et puissante. Elle était belle, intelligente, rusée, sournoise, et fiancée à un des fils Flint, une alliance très prometteuse. Elle avait un certain ascendant sur la maison Serpentard, en particulier sur la gent féminine.
Selwyn prit donc les choses en main. Jocaste n'était promise à personne, l'enfant qu'elle portait était un bâtard, ce qui faisait que la jeune mère jetait le déshonneur sur leur maison. Et Serpentard avait un moyen tout particulier de traiter ce genre de déshonneur. D'abord, le secret ne sortait pas des cachots. Ensuite, le fautif endurait en silence les sanctions perpétuées par ses propres camarades. Enfin, le fautif, désormais paria, ne dénonçait personne et devait tout faire pour garder le secret sur ces sanctions. C'était ainsi que cela fonctionnait depuis la nuit des temps. Ce qui se passait à Serpentard restait à Serpentard.
Selwyn et d'autres septièmes années punirent ainsi Jocaste. Le « TRAINEE » gravé sur son ventre était un classique pour ce genre de situation - situation qui s'était souvent produite au cours des siècles, cela allait sans dire. Le secret fut pourtant difficile à garder pour Jocaste. Dès le lendemain matin, en cours de Métamorphose, elle s'était évanouie - le contre-coup de la torture physique et psychologique qu'elle avait subi, sa grossesse qui la fragilisait, et le petit-déjeuner dont ses aînés l'avaient privée.
On l'avait conduite à l'infirmerie. Dans un état de semi-conscience, Jocaste avait avoué sa grossesse très récente à Mrs Pomfresh. L'infirmière s'était assurée que le bébé était en parfaite santé, lui avait donné potions calmante et régénérante à faible dose, l'avait obligée à se nourrir et lui avait indiqué qu'elle était en repos forcé dans son infirmerie pour les trois prochains jours minimums. Elle s'était ensuite occupée de ses blessures à présent en cours de guérison. Dumbledore l'avait également interrogée. Heureusement, il connaissait un moyen pour contrecarrer le maléfice et faire disparaître l'immonde cicatrice sur son ventre ; le professeur Slughorn s'en chargerait grâce à une potion.
Jocaste n'avait rien dit de plus. Elle n'avait dénoncé personne. Etrangement, après ce qu'elle avait vécu, elle refusait de trahir sa maison. Elle savait qu'elle avait fait une erreur, qu'elle avait fait honte à Serpentard. Elle réparerait son erreur elle-même. Elle aurait voulu se venger de la torture qu'elle avait subi, mais ne savait pas si elle le ferait un jour. En tout cas, cela ne se ferait pas à cause d'une sanction du directeur. La maison Serpentard serait sûrement punie par Dumbledore, parce qu'il se doutait des responsables, mais il ne saurait jamais qui exactement l'avait blessée.
Elle repensait à tout cela, tout en regardant son ventre caché par sa chemise. Si Black n'avait pas été là, elle aurait posé ses mains dessus. Ce n'était pas la cicatrice qui la dérangeait le plus, c'était l'indésirable qui logeait dans ses entrailles. Un être vivant. Sa chaire et son sang.
Les pensées de Sirius, elles, étaient tournées vers ses souvenirs. Une discussion avec Mrs Rosmerta, aux Trois Balais, qui datait des vacances de Noël. James, Lyra et lui l'interrogeaient sur Moroz. Il s'avéra que Rosmerta connaissait Moroz car elles étaient toutes deux à Serpentard, bien que Rosmerta fut bien plus jeune. Et malgré elle, Rosmerta avait laissé filtré une information à laquelle Sirius donnait aujourd'hui son importance.
« Elle a aussi quitté l'école pendant plusieurs semaines pendant sa dernière année. Parce que... Il y a eu un scandale. J'aurais pas dû dire ça » Telles étaient les paroles de Rosmerta. Et si le scandale en question était... Et si Moroz n'avait pas d'amie qui aurait vécu cela, mais que c'était elle qui... Sirius ferma aussitôt les yeux, une expression intense sur ses traits.
- Merlin, faut que je me souvienne de ça, faut pas que je l'oublie, faut pas que je l'oublie » Il ouvrit les yeux et eut un rire bref « Je suis vraiment trop fort » se félicita-t-il. Il posa son regard sur Jocaste, qui le regardait avec surprise. Son regard devint vite noir et froid.
- Tu dis quoi que ce soit à qui que ce soit, je te démembre, c'est bien clair ?
- Je ne dirai rien » promit Sirius avec sincérité, une main sur le cœur et l'autre main levée devant lui - colporter ce genre de rumeurs reviendrait à provoquer de sérieuses conséquences pour Aldrin, ce qui reviendrait à se conduire comme un véritable Serpentard ou un Black « Mais qu'est-ce que tu comptes faire de l'enfant ? » demanda-t-il ensuite par simple curiosité morbide, comme elle l'avait appelée.
- Je vais m'en débarrasser, évidemment » Cela ne semblait lui faire ni chaud ni froid.
Sirius hocha la tête quelques secondes, sans savoir quoi dire pour paraître sympathique, avant qu'une idée ne germe dans son esprit. Il se pencha vers elle, l'air calculateur « Passons aux choses sérieuses. Tu sais que mes potes et moi, on est plutôt bon pour casser du Serpentard. D'autant plus quand on a une bonne raison, comme dans ton cas. Nous, on aime bien se la jouer défenseur de la veuve et de l'orphelin, tu vois. D'après ce que ma cousine m'a racontée, j'ai plutôt une bonne idée des coupables. Je viserai les filles de cinquième, sixième et septième années, pour viser large »
Il étudiait soigneusement les expressions de Jocaste tout en continuant son discours, mais cette gamine était plutôt douée pour cacher ses émotions « On leur fera payer, je te le promets, tout en gardant ton secret. Je ne dirai rien à mes amis, t'inquiète pas, ils n'auront pas besoin de savoir pour me suivre. En échange, j'aimerais que tu me rendes un petit service. Une fois que tu iras mieux bien sûr, et que ton problème sera » Faute d'une meilleure appellation, il grimaça en prononçant le mot suivant « réglé »
Il savait qu'elle allait objecter, alors il continua de parler à toute vitesse « Je sais que tu es sortie avec Regulus en cachette en début d'année. En cachette, parce que tu as été ma promise pendant quelques mois et que ça la foutait mal. Bref. Il faut que tu me renseignes pour un truc sur lui. Vous avez déjà couché ensemble ou pas ? »
Déjà que Jocaste avait eu du mal à cacher sa surprise quant au fait qu'il était au courant de sa relation - brève mais intense - avec son frère - alors que c'était tout particulièrement de Sirius dont ils avaient voulu se cacher -, elle ne put dissimuler une grimace outrée devant une question si intime. Et cela alla de mal en pis. « C'est quand même pas lui le père ? » demanda-t-il, cette fois clairement choqué, comme s'il ne pensait que maintenant à cette éventualité.
- Mais NON ! s'exclama-t-elle, un peu trop fort, avant de reprendre sur un ton normal. Bien sûr que non. Et je ne te dirais pas qui c'est.
Sirius se pencha en arrière et soupira longuement de soulagement. C'était déjà ça de moins pour lui à se soucier. Il attendit quelques secondes, avant de lâcher ce qu'il considérait être comme une sacrée demande « Je veux que tu me dises si... Oui ou non... Regulus est un Mangemort »
Un long silence suivit sa requête. Sirius et Jocaste ne détachèrent pas leurs regards durant tout ce temps. Jocaste oublia ses propres problèmes quelque secondes. Depuis leur rupture, elle avait toujours gardé un œil observateur sur Regulus, encore plus ces derniers mois. Elle savait que quelque chose clochait. Elle se doutait qu'il comptait s' « engager » après Poudlard. En revanche, qu'il soit devenu Mangemort si tôt, à leur âge...
- Il ne me l'avouera jamais. Tu le sais.
Sirius hocha la tête « Il y'a d'autres moyens de le savoir. C'est pour ça que je t'ai demandé si vous aviez déjà couché ensemble. Si vous étiez intime sur un plan physique. Tu le sais peut-être déjà, mais les Mangemorts ont la Marque des Ténèbres tatouée sur leur bras gauche. Tu peux essayer de le découvrir de cette façon »
Aldrin laissa son regard se perdre dans le vague. En pleine réflexion, ses mains se posèrent sur son ventre, geste que Sirius ne releva pas. Il la regardait tout aussi pensivement. Depuis qu'il avait su que quelque chose se passait, ou s'était produit, entre son frère et son ex-fiancée, ils les avaient beaucoup observé, tous les deux. Même si, d'après ses sources, ils avaient rompu depuis un certain temps déjà, il avait compris qu'il y avait toujours anguille sous le chaudron. Regards jetés à la dérobée, épaules tendues, regards fixes ou mâchoires crispées quand l'un passait derrière l'autre, regards et sourires complices de temps à autre...
Tout laissait deviner que Jocaste avait toujours des sentiments pour Regulus, et que c'était réciproque. Sirius comptait sur ce point. Et il n'avait pas tout à fait tort. Elle-même n'aurait pas appelé cela « des sentiments », mais elle gardait une certaine affection pour le Serpentard de cinquième année. À présent qu'elle connaissait les soupçons de Sirius, elle s'inquiétait pour Regulus. Peut-être ferait-elle ce qu'il fallait pour découvrir la vérité, pas pour Sirius, mais pour elle-même. Ou peut-être pas. Mais si elle la découvrait, Sirius parviendrait peut-être à lui faire cracher le morceau. Ou peut-être pas.
Sirius se leva « On en reparlera. Repose-toi bien » Il lui adressa un bref signe de tête en guise de salut auquel elle ne répondit pas, puis regarda sa montre. Il avait rendez-vous avec Lyra.
Lyra, Liana et Lily étaient assises autour d'une des tables de leur salle commune. Des livres étaient ouverts et des parchemins étaient étalés devant elles, mais seule Liana révisait réellement. Lyra tenait sa plume de la main droite, son coude gauche était posé sur la table et son menton était appuyé dans sa main gauche. Elle regardait d'un œil vitreux son dernier cours de Métamorphose. Ses pensées étaient tournées vers Sirius.
Elle ne lui avait pas parlé depuis deux jours. Paradoxalement, elle avait couché avec lui trois fois pendant ces deux derniers jours. Mais il ne lui adressait presque pas un mot. Il ne lui demandait pas comment elle allait, ce qu'elle avait fait de sa journée. Il ne la regardait pas en cours, ne mangeait pas avec elle, était introuvable le reste du temps.
Au début, Lyra avait pensé qu'il ne lui parlait plus parce qu'elle avait fait quelque chose de mal. Alors, lorsqu'il était venu la trouver dans leur chambre secrète et qu'il l'avait embrassé, elle s'était jetée corps et âme dans leur étreinte, rassurée de le retrouver. Mais une fois leur relation physiquement consommée, il s'était rhabillé et avait disparu. Elle n'avait pas eu le temps d'essayer de le retenir, il était simplement parti. La même chose s'était produite le soir-même. Elle était restée dormir dans cette chambre, avec l'espoir qu'il revienne, en vain.
Le lendemain matin, ce matin même, il était venu la réveiller dans leur chambre. Il avait l'air exténué, comme s'il n'avait pas dormi de la nuit. Tandis qu'elle dormait encore, il s'était déshabillé, glissé sous les draps et l'avait serrée dans ses bras. Puis Lyra s'était réveillée, il lui avait tendrement et passionnément fait l'amour, et était parti sans l'attendre. Alors qu'ils auraient pu descendre ensemble jusque dans la Grande Salle pour le petit-déjeuner.
Lyra l'avait beaucoup observé ces deux derniers jours. Elle avait compris qu'elle n'était pas en tort. Sirius ne parlait plus à personne, il n'y avait pas qu'elle. Il restait renfermé sur lui-même, le visage sombre, perdu dans ses pensées. Son regard vagabondait très souvent du côté des Serpentards. Une fois, elle surprit Sirius et Regulus échanger un regard et se détourner aussitôt l'un de l'autre. Sirius avait fermé les poings avec tant de force que ses mains en tremblèrent, puis avait laissé son déjeuner et avait disparu. Lyra avait beau demandé aux trois autres Maraudeurs où Sirius s'échappait, ils n'en savaient rien. Elle ne savait plus quoi faire.
Lily, quant à elle, était adossée contre sa chaise, sa main posée sur la table jouant distraitement avec sa plume, le regard fixé devant elle. Pettigrew, McKinnon, Mary et Potter étaient confortablement installés près de la cheminée, papotaient tranquillement et riaient de temps en temps.
La main de Potter était posée sur la cuisse de Mary. Elle murmurait parfois à son oreille, il lui répondait par un baiser ou un sourire. Il entrelaçait leurs doigts, puis s'affalait dans le canapé et caressait les cheveux de Mary, son dos... Un vrai couple. Ils étaient mignons ensemble. Et pourtant, la veille, Potter lui hurlait dessus parce qu'elle avait couché avec Nott. Il lui avait dit des choses horribles. Elle n'en avait parlé à personne, pas même à ses meilleures amies.
« Tu fais ce que tu veux de ton cul, de toute manière, comme toujours »
Il s'était permis de la pousser contre un mur, de lui arracher son pansement, de lui crier dessus, de la juger, de sous-entendre qu'elle était une fille facile. Et vu comme il l'avait interrogé la veille au matin, à propos de son pansement et de ce qu'elle faisait hors de son dortoir - un Maraudeur, par Merlin -, il devait se douter de quelque chose entre elle et Nott. Comment avait-il pu savoir quoi que ce soit ? Lily l'ignorait, mais Potter était un Maraudeur après tout.
L'avait-elle jugé, elle, quand il lui avait confessé son meurtre ? Non, et mieux, elle l'avait aidé, écouté, rassuré, calmé... Et lui, il lui faisait une crise parce qu'elle avait couché avec un Serpentard. Qu'est-ce qu'il pouvait bien en avoir à faire, avec qui elle couchait ? Etait-il jaloux ? Alors qu'aujourd'hui, il flirtait tendrement avec Mary, l'amie de Lily, comme si rien ne s'était passé ?
- Monsieur se la joue Petit-Ami-Parfait-Tout-Va-Bien-Dans-Le-Meilleur-Des-Mondes, alors que... » Elle renifla avec dédain. Elle s'aperçut qu'elle avait parlé à voix haute lorsque Liana lui répondit.
- Tu parles de qui ? demanda la blonde, curieuse, laissant de côté ses révisions.
- Personne » Mais Lily détestait mentir à Liana et cette dernière haussa les sourcils, pas dupe pour une Noise « Potter »
Au son de sa meilleure amie qui prononça avec tant de mépris le nom de James, Lyra revint au moment présent et fixa Lily. Elle semblait hors d'elle mais essayait de le contenir, ses yeux fusillaient le dos de James.
- Mais » Liana échangea un regard perplexe avec Lyra « Vous avez l'air de super bien vous entendre depuis quelques temps. Il s'est passé quelque chose ?
- Il est redevenu le Potter insupportable que je ne peux pas voir en peinture, claqua Lily, sa voix emplie de rancœur.
- Lily, raconte-nous » Liana se pencha vers elle et baissa la voix « Il s'est forcément passé quelque chose pour que tu parles de lui comme ça.
- Il n'a rien fait de particulier » Elle ne voulait vraiment pas tout leur raconter « J'ai réussi à le supporter ces dernières semaines mais la trêve est finie, c'est tout »
- Qu'est-ce qu'il a fait ? insista Liana.
- C'est le plus gros connard de la Terre, laissa échapper Lily du bout des lèvres, les poings fermés.
Lyra, qui jusque là était prête à écouter Lily, sursauta en entendant l'insulte. Insulte qui ne lui plut pas du tout « Franchement Lily, y'en a marre de ton yo-yo avec James. Un coup t'es amie avec lui, un coup tu le détestes, puis tu l'ignores, puis tu le détestes encore parce qu'il a fait un truc innommable mais au final c'est qu'un malentendu... C'est hyper chiant. Tu sais que moi je l'adore, et que je supporte pas quand tu l'insultes comme ça, mais t'en as franchement rien à foutre et ça commence franchement à me les briser »
Elle avait parlé à voix basse pour que personne d'autre que ses deux amies n'entende la frustration dans sa voix « Toi et Sirius, vous êtes vraiment les mêmes. J'en ai vraiment marre que vous vous permettiez tous les deux d'insulter les gens que j'aime devant moi alors qu'au final c'est juste parce que vous ne les connaissez pas, que vous ne leur avez jamais donné leur chance. Alors continue à insulter James tant que tu veux, mais compte pas sur moi pour écouter tes conneries dans ce cas »
Lyra se leva et sortit de la salle commune, laissant ses affaires en plan. Elle avait rendez-vous avec Sirius.
Sirius entra dans leur chambre secrète. Lyra l'attendait déjà. Elle était assise autour de la table où elle révisait habituellement ses cours. Elle avait posé ses pieds sur la deuxième chaise et triturait ses mains posées sur ses genoux repliés en angle droit devant elle. Ses cheveux noirs formaient un rideau autour de son visage, ce qui empêcha Sirius de remarquer son visage encore agité. Agité à cause des propos qu'elle avait tenu à sa meilleure amie...
- Salut » lui dit-il, une pointe d'excitation dans la voix, impatient de raconter à quelqu'un ce qu'il avait deviné au sujet de Moroz. Lyra leva les yeux et fut surprise de le voir sourire. Il ne lui avait pas sourit depuis deux jours. Sirius souleva les jambes de Lyra, s'assit sur la deuxième chaise et fit reposer ses jambes sur ses propres genoux. Il caressa tendrement la cheville de la jeune fille et ouvrit la bouche mais elle ne le laissa pas parler.
- J'étais surprise de voir ce parchemin dans ma poche disant que tu voulais me voir cet après-midi » Elle se demanda même comment ce papier avait pu atterrir dans sa poche de robe. Il ne l'approchait plus depuis deux jours, après tout, sauf pour lui sauter dessus dans cette même pièce...
- Pourquoi ? s'étonna-t-il.
Elle haussa les épaules, ne voulant pas particulièrement entrer dans les détails. « Tu voulais me parler d'un truc ou tu veux juste... » Coucher avec moi sans rien me dire de ce qui te tracasse ?
- J'ai découvert un truc de fou, s'anima-t-il aussitôt.
Il ne s'interrogea pas sur l'air étrange qu'affichait sa petite-amie. Bien qu'il avait promis à Jocaste de ne rien révéler à personne, il raconta à Lyra la plus grande partie de leur discussion à l'infirmerie. La brune laissa de côté ses soucis - Lily, James, Sirius - et s'intéressa réellement à son récit. Pendant que Sirius parlait, sa main remonta le long des cuisses de la jeune fille et trouva sa main. Lyra serra ses doigts entre les siens et ce simple contact la détendit.
Sirius ne parla pas du service qu'il avait demandé à Jocaste. « Tu te souviens quand Rosmerta nous a dit que Moroz avait quitté Poudlard pendant plusieurs semaines à la fin de sa septième année ? Comme quoi il y avait eu un scandale ? Et elle a raconté à Aldrin qu'une amie à elle a vécu la même chose. Je suis sûr que le scandale en question, c'est que Moroz est tombée enceinte » dit-il avec une expression triomphante. Lyra écarquilla les yeux de surprise.
- Je t'assure, tout concorde ! Il n'y a pas d'amie, c'est Moroz qui a vécu tout ça ! Elle a voulu parler à Aldrin parce que c'est elle qui a vécu la même chose. Elle est tombée enceinte en septième, les autres Serpentards l'ont appris, lui ont fait regretter tout comme ils l'ont fait à Jocaste aujourd'hui - Andromeda dit que les Serpentards règlent les choses entre eux de cette manière - et Moroz a quitté l'école ! Elle est tombée enceinte alors qu'elle était encore élève ici ! répéta-t-il.
Lyra resta silencieuse et avala la nouvelle. « Mais Moroz est lesbienne. Elle sort avec Chourave, tu te souviens ? » dit-elle finalement.
- Peut-être qu'elle est bi ! expliqua Sirius. L'adolescence, c'est l'âge où tout le monde teste sa sexualité !
- C'est ta manière de me dire que tu as déjà couché avec un des Maraudeurs ? dit-elle malicieusement.
Ils éclatèrent de rire. Lyra souriait à s'en faire mal aux mâchoires. Elle était tellement contente de discuter avec Sirius comme s'il ne l'avait pas ignorée ces derniers jours. Elle pensa soudainement à Lily, se redressa et son regard plongea dans celui de son petit-ami.
- Ecoute. Y'a deux ans, il y avait cette amie à moi qui a cru qu'elle était enceinte. Elle a fait un test de grossesse dans les toilettes de Mimi Geignarde, tu sais, parce que personne n'y va jamais dans ces toilettes. Au final, le test était négatif. Mais Mimi lui a dit qu'il y avait minimum une élève par an qui faisait un test dans ses toilettes. Peut-être que Mimi a vu Moroz en faire un elle aussi ! Après tout, elle était déjà morte à l'époque où Moroz était à Poudlard !
- Moroz a sûrement fait son test dans son dortoir...
Lyra secoua la tête et ses cheveux voletèrent autour de son visage « Pas si elle avait peur que les filles de son dortoir ne la surprenne ! Non, elle avait plus de chance que personne ne la voye dans les toilettes de Mimi, j'en suis sûre ! On devrait aller la voir »
Sirius médita sur ces paroles pendant quelques secondes. Puis une lueur s'alluma dans son regard et il se pencha vers Lyra « Tu parlais d'Evans, c'est ça ? C'est elle qui a fait ce test dans les toilettes de Mimi ? » Lyra détourna les yeux. Sirius prit cela comme une réponse affirmative et rit d'un air mauvais.
- Je le savais. Y'a deux ans tu dis ? Tu veux dire qu'Evans avait déjà une vie sexuelle débridée à l'époque ? Non mais je te jure, quelle salope celle-là...
Il ne vit pas venir la gifle que Lyra lui asséna violemment. Sirius passa une main sur sa joue douloureuse et haussa les sourcils en voyant Lyra, debout devant lui, la respiration rapide, ses yeux lançant des éclairs. Jamais elle ne l'avait fixé avec un tel dégoût.
- Ne dis jamais plus ça devant moi, dit-elle entre ses dents, avec fureur.
Le souffle toujours court, sa colère contre Sirius ne s'amenuisait pas « Ne l'insulte plus jamais. Je n'en peux plus que tu la traites de cette manière. Je ne supporte plus ça, Sirius. Ne le fais plus jamais » Sirius fronça les sourcils.
- Tu as pourtant bien compris que tu ne pouvais rien y faire ? Tu ne pourras jamais changer le fait que je déteste Evans et qu'elle me déteste tout autant, tu le sais.
Elle hocha la tête « Oui, mais je ne supporte plus cette situation aujourd'hui. Que ma meilleure amie et mon petit-ami se détestent, c'est déjà suffisamment dur à avaler. Qu'ils se permettent de se traiter des pires noms devant moi, non, j'en peux plus.
- C'était un peu con de ta part de me raconter un truc pareil sur Evans alors-
Elle ne le laissa pas finir et le menaça de sa baguette « Répète ça ? » Il sentit le bout de sa baguette appuyer sur sa gorge. Pour la première fois de sa vie, Sirius eut peur de Lyra. Son regard était noir, ses narines frémissaient, sa poitrine se soulevait à un rythme rapide. Elle semblait tellement hors d'elle que l'air était électrique autour d'eux et il crut voir une sorte d'aura de magie furieuse flotter autour d'elle.
Un vase à quelques mètres d'eux explosa sous le coup de sa colère. Lyra finit par baisser sa baguette. Sirius la regarda, ébahi, n'ayant aucune idée de comment se conduire avec elle lorsqu'elle était dans cet état. Lyra ferma les yeux, pinça l'arrête de son nez de ses doigts et se mit à réfléchir à haute voix.
- Lily t'insulte et insulte James. Toi, tu insultes Lily. Vous faites tous les deux ça devant moi » Elle le vrilla de son regard blessé et furieux « Elle et toi, vous n'avez aucune considération pour mes sentiments. Vous insultez ceux que j'aime sans faire attention à ce que moi je peux ressentir. Sans compter qu'au lieu de te confier à moi, au lieu de me parler de tes inquiétudes, au lieu de me dire que tu as peur que ton frère soit devenu un Mangemort ou le devienne dans un futur proche, tu gardes tout ça pour toi et tu couches avec moi pour échapper à ta frustration par rapport à tout ça »
Elle avait finalement compris que son comportement fermé, son repli sur lui-même, supposait qu'un problème de taille le tracassait. Que le seul moyen pour lui d'externaliser la tension que cela provoquait chez lui était de coucher avec elle - c'était sa manière de se sentir mieux. Et Regulus qui projetait de rejoindre les rangs de Voldemort, c'était un problème qui concordait.
Sirius la fixa avec des yeux ronds, mais ne démentit pas, signe qu'elle avait touché juste « Oui, j'ai fini par deviner. Tu ne me dis plus rien depuis des jours, alors je me suis posée des questions et j'ai réfléchi. Au cas où tu l'aurais oublié, je ne suis pas que ta pute personnelle » Sirius ouvrit la bouche pour protester mais Lyra l'intima au silence en levant sèchement son index entre eux « Je suis aussi ta petite-amie, une fille capable de réfléchir et qui se fait du souci pour toi. Mais comme, selon toi, je ne suis bonne qu'à coucher, il a bien fallu que je trouve la solution toute seule »
Elle respira profondément. Elle avait déjà envie de pleurer à cause de ce qu'elle s'apprêtait à dire. Pleurer et en même temps lui crier dessus et tout casser tellement elle était furieuse contre lui.
- Lyra...
- Alors, l'interrompit-elle tout en essayant de cacher les tremblements de sa voix, vu que tu n'as visiblement absolument aucune once de respect pour moi et que j'ai de plus en plus de mal à supporter ton comportement, à te supporter toi, je pense que c'est fini. Entre toi et moi, Sirius, c'est fini.
Let's sleep together right now
Relieve the pressure somehow
Switch off the future right now
Let's leave forever
(1) "Que c'est bon d'être demoiselle, Car le soir dans son petit lit, Petite Lily se fait sucer la Fizwizbiz, Se fait gâter le Niffleur, Elle se fait ramoner le chaudron, Elle se fait chauffer le dragon, Et le grand Théo a sa baguette bien tendue alors qu'il lui cajole la chocogrenouille, Et qu'il lui lèch-" :J'étais absolument morte de rire en écrivant ça. Vous connaissez la chanson "Les nuits d'une demoiselle" de Colette Renard ? Franchement allez l'écouter. En voici un extrait : "Que c'est bon d'être demoiselle, car le soir, dans mon petit lit, Je me fais sucer la friandise, Je me fais caresser le gardon, Je me fais empeser la chemise, Je me fais picorer le bonbon, Je me fais frotter la péninsule, Je me fais béliner le joyau, Je me fais remplir le vestibule, Je me fais ramoner l'abricot..." Que des métaphores sexuelles hilarantes. Je me suis bien éclatée à trouver une équivalence avec des mots sorciers XD. JKR parle pas beaucoup de Peeves dans les livres, peut-être qu'il n'aurait jamais chanté une chose pareille, mais franchement j'ai adoré écrire ce passage ^^.
(2) : La réplique originale de la série The United States of Tara est : "You mean a slut ? A girl who likes boys ? Who lets boys know she likes them ? A girl who orgasms ? Who moans and moans and screams in extasy ? A girl who sucks and fucks ? A girl with absoluterly no backdoor shiness ?" Ce que je traduis par : "Une salope, tu veux dire ? Une fille qui aime les garçons ? Qui fait savoir aux garçons qu'elle les aime ? Une fille qui a des orgasmes ? Une fille qui gémit, gémit, et crie d'extase ? Une fille qui suce et qui baise ? Une fille qui aime se faire prendre par derrière ?". Dans la série, c'est une fille de quinze ans libertine qui dit ça à sa mère. Quand j'ai entendu cette réplique, j'ai tout de suite pensé à Lily. J'ai voulu la placer, mais c'est qu'en sous-entendus, en pensée... En gros, Lily veut provoquer James en lui disant "Tu me prends pour une salope c'est ça ?" et elle développe le concept de salope en pensée avec ces mots en italique... J'ai juste zapper le passage sur la sodomie parce que je sais pas trop si Lily pratique ça ou si elle aime, j'ai pas trop voulu tant m'aventurer que ça... Mais voilà je trouvais cette réplique hyper classe. La manière dont l'actrice la dit dans la série est vraiment vraiment hyper cool, j'étais presque bluffée.
Bon voilà, j'espère que ça vous a plu. Ca faisait longtemps que j'avais plus parlé autant de sexe, hein :D ? Ca vous avait manqué ^^ ? Et le titre est parfait, n'est-ce pas, "Let's Sleep Together" haha j'adore. Au final je suis vraiment fière de ce chapitre, je l'ai beaucoup travaillé, et j'ai parlé de choses que je voulais écrire depuis trèèèèèès longtemps. Nott et Lily qui couchent ensemble, Lily et James qui enquêtent sur Moroz, Jocaste et Sirius et Regulus et Lyra... alors je sais, la manière dont ça se termine doit probablement vous laisser sur votre faim :P. D'ailleurs, vous savez qu'au départ j'avais prévu que James surprenne Nott et Lily en train de coucher ensemble ? Et c'est ma soeur, en lisant ce que j'avais écris, qui m'a fait réaliser que c'était trop "comme de par hasard", sachant que James a déjà surpris Lily en train de se faire bécoter par Tyler Hilton en début de cinquième année, et qu'il l'a aussi surprise (5e année toujours) descendre du dortoir de Hilton, et elle était en train de se rhabiller (il l'a vue en soutif, il a vite fait vue sa culotte)... Donc voilà j'ai réalisé que ça faisait trop. Du coup j'ai changé, j'espère que vous trouvez ça bien...
Sachez qu'il reste DEUX CHAPITRES à TGF.
Dans le prochain chapitre, on en saura plus sur la rupture entre Lyra et Sirius, et où tous les protagonistes vont réagir par rapport à ça et seront un peu impliqués. On reverra Liana et Remus, et aussi Mei et Heather la copine de Nicole. Et surtout, du Moroz, beaucoup de Moroz. Et c'est dans le dernier chapitre qu'on saura tout sur elle. Honnêtement, si je pouvais écrire que sur elle pour les deux chapitres restants ça serait que du bonheur, ce qui lui arrive est assez exceptionnel :).
J'essaye d'écrire le plus vite possible. Nouveau challenge : finir TGF pour fin 2015. Je fais plus d'études donc plus de temps libre, mais en même temps mon boulot est pas mal prenant et fatiguant donc j'ai pas forcément le temps ou la motiv d'écrire... Mais promis je vais faire de mon mieux :).
perrine : Merci pour tous tes compliments ! ça me fait super plaisir que tu aimes mon histoire. "Un baisodrome empli de clopes" haha oui c'est un peu ça, à mon avis laisser tout un tas d'ado ensemble avec rien d'autre comme restriction qu'un réglement intérieur que tout le monde veut enfreindre et une équipe enseignante pas si nombreuse que ça, c'est normal qu'il y ait du laisser-aller ^^ et puis c'est les années soixante-dix... Et ouais Kay était pas censée mourir quand j'ai créé ce personnage, et puis bon... Quant à ta réflexion sur les trois meilleurs amis en couple avec les trois meilleures amies, je t'avoue que quand j'ai commencé à imaginer la fic, j'étais pas mal influencées par toutes les fics de l'époque qui avait ce même schéma, si je réinventais la fic aujourd'hui peut-être que ça serait différent... Mais tu comprendras par la suite pourquoi ce schéma-là justement, il y a une raison :) peut-être un peu tirée par les cheveux, mais toute l'histoire est tirée par les cheveux haha. Enfin bref merci beaucoup pour ta review, désolée d'avoir mis tant de temps à updater, j'espère que la suite te plaira :).
