Pff…

La CIL…

Lexa…

Pourquoi est-ce que je n'arrive pas à me sortir Lexa de la tête, bordel ! C'est pourtant pas compliqué ! J'ai fait du bon travail et la CIL m'a récompensé en m'accordant une promotion. Je devrai faire preuve de bon sens.

Je suis perdue. Je dois être au stade de ma vie où je ne sais plus où est le bon chemin. J'ai tellement envie de foutre la raclée à Lexa… cette fille est immature, impolie, casse-pied. Surtout casse-pied !

J'aimerai tellement que la CIL vienne enfin me débarrasser de tout ce fardeau. Mais je ne sais même pas encore quand ils enverront les armées pour détruire la coalition. Sinclair est parti sans rien me dire. En fait je suis pas plus avancé.

Combien de temps encore je vais devoir la supporter, la reine vampire ? En même temps, quand j'en aurai fini, je ne la verrai vraiment plus jamais. Ils la captureront… ils la tueront ? Qu'est-ce qu'ils vont lui faire ?!

Je m'assois sur un banc et ferme les yeux. J'enfuis ma tête entre mes bras.

Qu'est-ce qu'ils vont lui faire, bordel ? Lexa est forte, si elle tente de résister, ils la tueront sûrement. Sinon, si elle se rend… Ce sera pire… Ils la livreront à ma mère pour qu'elle découvre les secrets de sa force ! C'est horrible… Ils devraient la tuer, ce serait moins douloureux !

Tuer Lexa ? Elle me haïrait si je lui faisais ça. Mais… en même temps, en quoi est-ce que ça me concerne ?

Bell… Tu ferai quoi à ma place ?..

« Aaaaah ! »

« Parle ! »

Hmm ?

C'est quoi ces voix ?

« Dis-nous ce qu'on veut savoir. »

« … »

« Tant pis. Tu souffres pour rien. La reine perdra un vaillant soldat aujourd'hui… »

La reine ? Il n'y a pas de reine en France…

« Majesté… »

Quoi ?! Mais je connais cette voix !

Je quitte mon banc et regarde derrière moi.

Un tuyau en acier… Il fait écho aux voix de l'intérieur du bâtiment.

Il y a un vampire dans ce bâtiment. Un vampire à moi !

Je me précipite dans l'immeuble et toque à la première porte.

Pourquoi je toque ? On parle d'un de mes hommes ! Je recule avant de courir avec autant d'élan que je peux défoncer la porte.

Je fais le tour de la pièce. Personne…

Je quitte la pièce et cours défoncer la porte suivante. Un toxico…

Porte suivante : un squatteur.

Porte suivante : vide. C'est pas possible J'ai quand même pas rêver !

J'arrive au troisième étage. Mon épaule est presqu'en charpie.

Je lève mon pied et l'écrase contre la poignet de la porte. La porte se brise en deux.

Je me rue à l'intérieur.

Six gars bien costauds se retournent d'un coup et me fixent, interloqués. Il y a un autre homme entre eux, assis sur une chaise. Il est nu mais couvert de sang. Presque dans les vapes.

Et puis je vois un des gars juste à côté. Il tient une massue en acier renforcé dans sa main. Recouverte de sang elle aussi.

Il l'a tabassé avec ça ?!

Je cours vers le vampire sur la chaise.

« Jasper ! »

Il ne réagit pas, il est complètement inconscient.

Je vais poser ma main sur Jasper pour défaire ses liens quand une force me soulève du sol. Un des gars m'a attrapé par le col et me maintient en l'air d'une seule main.

« T'es qui, toi ? » me demande-t-il.

« Ton futur pire cauchemar, si tu ne me lâche pas maintenant ! Lâche-moi ! »

« Mon cauchemar ? Ah bon ? Tu vas voir qui sera le cauchemar de qui quand je t'aurai rossé pour notre porte que tu viens de démolir. »

« Tu crois que tu m'impressionnes ? »

« Je vois que non. Ce qui me fait dire que tu as la cervelle d'un moineau. »

« Et toi, avec tous tes muscles ? Y a la place pour réfléchir ? »

Je lui crache à la figure.

Il recule d'un pas, sans me lâcher, et essuie mon crachat de l'autre main. Puis il me regarde les yeux grands ouverts.

« J'ai la cervelle d'un moineau mais toi t'as les yeux d'un merlan. »

Je lui crache une nouvelle fois à la figure.

Il hurle de rage avant de me jeter à pleine force contre sol.

Aargh !

Je me force à hurler pour lui faire comprendre que me démolir ne suffira pas à me faire taire.

« Je déteste le merlan ! »

« Je déteste les filles qui ne savent pas la fermer. » rétorque-t-il.

Il soulève sa jambe au-dessus de moi.

Merde ! Nan !

Je n'ai pas le temps d'esquiver. Son pied m'écrase les côtes.

« Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah ! »

Il se penche vers moi et m'attrape avec sa main. Sa main à elle toute seule fait l'espace de mon visage. Je manque d'air. Je n'arrive plus à respirer.

Je suffoque. Je place mes mains sur son bras et fait tout pour lui faire mal mais il ne réagit même pas.

« Sombre imbécile… » me fait-il, « Ta tête est déjà recouverte de bandes de sparadrap et tu viens nous chercher des noises ? C'est possible d'être aussi conne ? »

Il se tourne vers un de ses compagnons.

« On va en finir avec ta tête… Ensuite, on verra pour le reste du corps. La massue. » Il fait un signe de tête à celui qui tient l'arme.

Il me lâche au sol sur lequel je m'écroule.

Je me tiens la gorge. J'ai vraiment cru que j'allais mourir étouffer. Deux secondes de plu-…

Un coup monstrueux écrase mon crâne. La douleur est démentielle et ma tête vibre. Je n'arrive même pas à me relever tellement ça sonne, à l'intérieur. Et puis je finis par sentir le goût du sang dans ma bouche.

Ma langue est partiellement coupée. Il a cogné tellement fort que ma mâchoire a suivi le mouvement et coupé ma langue. Je suis clouée au sol, incapable de me relever.

Je vois le géant lever son arme à nouveau et s'apprête à l'écraser une nouvelle fois sur ma tête.

Nonnn !

Je parviens à esquiver la massue de justesse. Alors, un autre gars saute sur moi et se pose à califourchon sur mon dos. Il bloque ma tête avec une de ses mains et serre son poing avec l'autre. Puis il me martèle le crâne contre le sol.

Ses poings sont presque aussi violents que la massue elle-même !

Je viens de perdre une dent.

Aïe !

J'entends une deuxième dent, mais elle, elle est littéralement broyée. Ma dentition !

J'ai l'impression que mon crâne se fait compresser. Même son corps est lourd et écrase le mien. Je ne peux rien faire pour me débattre.

« Laisse. » entends-je.

Le gars qui me frappait se redresse.

« Hmm ? »

« Elle m'a traité de merlan. » lui répond l'autre.

Je peux pas m'empêcher de sourire. Ça doit être dégueulasse vu que j'ai plus de dent, mais il est trop con, j'y crois pas !

Comment on peut être aussi susceptible ?

« Ah ah ah ! » je commence à rire.

Bordel, ce géant est con !

« Qu'est-ce qui te fait rire ? »

« Toi ! T'es un crétin ! »

Il a l'air complétement choqué.

« Et t'es moche ! »

« Ça suffit ! » hurle-t-il.

Il serre encore plus sa massue et attrape ma jambe droite.

Et il abat l'arme dessus.

« Aahhhhhhhhhhhhhhh ! »

Il l'abat encore. Sur l'autre jambe.

« Je vais détruire tes genoux ! » me fait-il avec rage.

« Je te détruirai tout court! » lâche-je.

Honnêtement, j'ai tout à fait conscience que je ne pourrai jamais mettre ma promesse à l'œuvre, mais j'ai trop de fierté pour le laisser avoir le dernier mot.

« J'aimerai voir ça ! » me hurle-t-il.

« Vaut mieux pas ! »

Crack

Mon Dieu !

Mon genou ! Je l'ai entendu ! Il a pas cassé mon genou ! Il l'a arraché ! Il a détruit ma rotule ! Mon fémur et mon tibia sont décollés ! Je ne pourrai plus jamais marcher !

« Je te hais ! » je hurle.

Il prend alors ma jambe encore valide, enfin plus que l'autre, et soulève mon corps du sol avant de l'y précipiter tout de suite après. J'ai dû rester près d'un quart de seconde dans les airs et maintenant je vois déjà le sol se diriger vers moi à grande vitesse.

Non ! Pas ça !

Mon corps s'écrase au sol. Mon poignet s'y écrase et s'y casse. Puis c'est mon crâne. J'entends quelque chose péter à l'intérieur, et je sens du sang gicler depuis mon front.

J'entends ensuite le colosse sauter à pied joint sur mon dos.

Crack

Ma colooooooooonne !

Il n'existe aucun mot pour exprimer la douleur que je ressens. Et je sais qu'il a détruit ma colonne vertébrale. Je ne pourrai plus jamais bouger.

Il me retourne, sans me lever du sol. Presse sa massue contre mon ventre. De plus en plus. Mes intestins sont confinés, puis écrabouillés. Puis ce sont mes os qui commencent à être détruits.

Et là, une pensée me prend soudainement… Un truc auquel je n'avais même pas encore penser depuis tout à l'heure tellement c'était impossible pour moi.

Je vais mourir.

Je pâlis. Une larme commence à couler. Non, je ne peux pas mourir, pas maintenant…

Pas ça…

Le géant sourit quand il voit mon visage changer d'expression.

« Je vois que t'as compris. »

Il lève la massue aussi haut qu'il le peut. J'ai compris, oui. Qu'avec ce coup-là il veut en finir !

L'arme s'abaisse de plus en plus vite, je vis mes derniers instants. Je déglutis. J'aurais jamais cru mourir ici, dans ces circonstances. A Paris…