Bonsoir !
Devinez ce que je vous apporte...La suite et fin youhou :p
Alors même si on est (ou bientôt) en pleines vacances d'hiver, je vous emmène en été avec ce dernier chapitre. Bonne lecture !
CHAPITRE 28
Plus de quatre mois s'étaient écoulés depuis leur dernière entrevue dans le bureau de Rogue à Poudlard. L'hiver glacial avait fait place au printemps, et dans quelques jours, l'été arriverait.
Tout comme les saisons, Hermione était passée par plusieurs stades émotionnels. Il lui avait fallu quelques semaines pour réaliser l'erreur qu'elle avait faite : s'enticher de cet homme. Lorsqu'elle avait quitté le château après qu'il lui ait arraché son pauvre petit cœur pour le réduire en miettes, la sorcière n'avait été que l'ombre d'elle-même. Une vraie loque, complètement déboussolée. Elle ne s'était certainement pas attendue à ce que leur conversation finisse de la sorte. La Gryffondor avait bel et bien imaginé plusieurs issues, mais pas celle dans laquelle l'ancien Mangemort se braquerait, lui révélant une certitude qu'elle préférait nier. Il n'y avait rien et n'aurait jamais rien de plus entre eux. Ces mots qu'il avait prononcés avec tant de détachement et de désinvolture lui avaient fait l'effet d'une gifle, la ramenant brutalement à la réalité.
Hermione n'avait su quoi dire, abasourdie, troublée, perdue. Elle se souvenait juste de cet air impassible qu'il avait affiché, alors qu'il attendait patiemment qu'elle quitte son bureau pour poursuivre les choses qu'il était en train de faire avant qu'elle ne le dérange. Son regard noir qui l'avait tant émoustillée n'était plus qu'un gouffre, vide de toute émotion.
Elle s'était trompée.
Cette constatation lui était apparue bien plus tard, lorsqu'elle avait décidé d'arrêter de ce morfondre pour lui. C'était également à ce moment que l'avocate comprit à quel point cette relation qu'elle avait eu avec Rogue avait été néfaste pour elle. Il suffisait que cet homme pose son regard sur elle pour qu'elle rapplique en courant, les fesses en feu. Ce maudit Serpentard avait même été jusqu'à démolir son salon pour la faire venir dans ses appartements à Poudlard, afin d'assouvir ses envies d'un soir. Et il ne s'était pas privé de lui avouer qu'il voyait plusieurs femmes, en même temps qu'elle. Rogue avait réussi à la réduire à l'état pur et simple d'objet sexuel. Elle n'avait été qu'une chose dont il se servait quand l'envie lui prenait, avant de s'en débarrasser sans cérémonie. Hermione avait été furieuse contre elle-même lorsqu'elle s'en était rendue compte. Elle avait bafoué sa fierté pour laisser un homme lui procurer quelques minutes de plaisir. Cela ne lui ressemblait pas, elle n'avait jamais été ce genre de filles. À vrai dire, elle aurait été prête à tout pour qu'il repose son attention sur elle, qu'il éveille ses sens et apaise ses désirs les plus fous.
La jeune femme se maudit pendant plusieurs jours d'avoir été aussi stupide et naïve. Une vraie cruche écervelée, voilà ce qu'elle avait été. D'ailleurs, avec le recul, elle s'en voulut également d'être restée si passive lorsqu'il avait mis fin à leur relation avec tant de facilité. Elle aurait peut-être dû s'insurger contre son comportement odieux, ses paroles infectes et ce regard inapproprié qu'il lui avait adressé. Ce goujat aurait mérité une bonne gifle ! Voire même un ou deux sortilèges, histoire de lui faire payer la manière avec laquelle il s'était conduit. La colère avait animé la Lionne durant les premiers mois du printemps, sa fougue et son tempérament hargneux sortant de leur hibernation. Elle aurait voulu retourner en arrière, ou même le confronter une seconde fois, mais ses amis l'avaient convaincue que cela ne servirait à rien. À quoi bon ? Hermione aurait eu droit à la même chose : Rogue serait resté aussi impénétrable que la première fois. Ils lui avaient tous répété qu'elle n'avait rien fait de mal, que le fautif dans cette histoire c'était bel et bien leur ancien professeur.
Un sourire amusé apparut sur ses lèvres en se souvenant de la vive colère qui avait envahi Harry et Ron, lorsqu'elle avait fini par leur expliquer l'origine de sa morosité. Les deux Aurors auraient été prêt à le cueillir dans son bureau sur le champ, si Ginny et elle n'étaient pas parvenues à les calmer. Elle pouvait compter sur eux, comme toujours. Ils représentaient un réel pilier contre lequel elle n'hésita pas à s'appuyer pour se retrouver. C'était grâce à leur sollicitude qu'elle avait décidé d'oublier cet homme. Et quoi de mieux que le travail pour y parvenir ?
Finalement, elle en arrivait presque à penser que c'était une bonne chose qu'ils ne se voient plus. Hermione avait pu se consacrer uniquement à son jeune cabinet, déterminée à faire prospérer sa petite affaire. Et sur ce coup, elle put compter sur les Malefoy. La réussite du procès de Narcissa lui avait fait une petite place dans ce monde de sang-purs, son nom commençant à s'échanger pour tous les problèmes juridiques que ces sorciers pouvaient rencontrer. Son professionnalisme et son efficacité charmaient cette catégorie exigeante de la population, faisant oublier son malheureux « rang » de née-moldue. Les affaires fleurissaient tellement que l'avocate embaucha plusieurs salariés au mois d'avril : une secrétaire, deux juristes de droit civil, un en droit des affaires, un autre spécialiste du droit immobilier et un dernier affecté à la gestion des patrimoines. Hermione avait même dû embaucher une assistante personnelle, l'épaulant dans la gérance de son entreprise. Son étage n'était plus désertique, mais animé, plein de vie et de clients qui défilaient chaque jour avec de nouveaux cas à résoudre. Elle n'avait certes pas dû compter les heures de travail qu'elle avait passées dans son bureau. Mais cela avait porté ses fruits : son nom se faisait une place aux côtés de ceux des autres avocats. À ce rythme, elle pourrait assumer le loyer fixé par Drago en janvier prochain.
La Rouge & Or était assez fière de son progrès et de l'évolution de ses affaires. Cela lui permit indirectement de retrouver cette confiance et cette assurance infaillibles qui la caractérisaient. D'ailleurs, il y eut un homme qui pâtit de cette énergie retrouvée. McFaimor. Aidée de Drago et Blaise, les trois sorciers avaient réussi à monter un gros dossier sur cet incapable et ses sbires corrompus. L'article paru dans Le Sorcier Indépendant, leur journal, avait soulevé de nombreux points obscurs concernant la relation de certains bureaux du Ministère qui étaient bien trop proches du Département de la Justice Sorcière. Quelques noms avaient été inscrits, dont celui de son ancien patron. Ils s'étaient appliqués pour rédiger cette petite bombe, prenant des gants afin que l'histoire paraisse le plus plausible possible. Ils voulaient être pris au sérieux, pour éviter de finir cataloguer comme un journal fantaisiste à l'image du Chicaneur. Hermione s'était donc assurée de ne violer aucune disposition quant à leur liberté d'expression. Et puis son témoignage et celui d'autres employés du Ministère avaient également contribué à donner une bonne image à ce nouveau journal sorcier. Ils appuyaient leurs déclarations sur des preuves solides.
Mais forcément, ces révélations avaient chamboulé le Département en plein procès équitables. Ceux-ci avaient été momentanément stoppés, ainsi que les autres affaires en cours le temps qu'une enquête interne soit menée par une équipe d'Aurors. Et très vite, McFaimor avait été démis de ses fonctions. Cette crapule avait avoué avoir reçu, à de multiples occasions, des pots de vins qui déterminaient le sort de certains prisonniers que le Ministère voulait voir morts ou enfermés à perpétuité. Cette justice truquée avait soulevé l'indignation des sorciers anglais. Le Sorcier Indépendant avait même dû réimprimer une seconde édition, ses journaux s'écoulant comme du jus de citrouille, à la grande joie de Malefoy et Zabini. Ils avaient réussi à dépasser les ventes de la Gazette du Sorcier cette semaine-là. L'affaire avait aussi fait indirectement une certaine publicité au cabinet d'Hermione, son nom apparaissant à la fin de son témoignage. Toutefois, le détail le plus ironique de l'histoire restait ce moment où la jeune femme vit entrer dans son bureau McFaimor en personne, désireux de l'engager pour défendre ses intérêts dans le procès qui l'attendait. Elle se souviendrait toute sa vie de cet instant. D'ailleurs, elle s'était empressée de le mettre sous fiole, ne voulant pas le perdre.
Cet horrible petit bonhomme avait eu le culot de croire qu'elle serait prête à le représenter, après l'avoir dénoncé. Ne voyait-il pas le conflit d'intérêt qu'il y avait ? Quel incapable. La Gryffondor n'avait pu s'empêcher de rire devant tant de stupidité. Elle lui rit au nez, le laissant incrédule devant une pareille réaction. Lorsqu'elle avait réussi à reprendre son sérieux, Hermione ne se priva pas pour lui révéler enfin ce qu'elle pensait de lui. Elle lui cracha à la figure toute cette haine et cette rancœur qui l'avait habitée depuis qu'il l'avait mutée aux archives du Département. La Lionne s'appliqua à lui faire comprendre une par une les raisons qui la poussaient à le refuser comme client. Elle préférait défendre n'importe quel autre Scroutt plutôt que cet infâme sorcier. Forcément, McFaimor s'énerva, ne supportant toujours pas qu'elle lui manque de respect. Seulement cette fois, Hermione lui fit remarquer que la situation avait changé : elle n'était plus son employée mais son propre patron. Elle était libre de choisir ses cas et elle lui indiqua qu'elle refusait de le défendre ou de l'aider d'une quelconque manière, tout en précisant qu'elle espérait personnellement qu'il soit définitivement radié du Magenmagot et enfermé à Azkaban.
Fou furieux, le gros rouquin s'en alla en claquant la porte, criant dans les couloirs toutes sortes de menaces incohérentes avant de quitter son étage. Quel idiot !
- Savez-vous qui va être nommé à sa place à la tête de ce Département ?
Hermione sursauta légèrement, sortant de ses pensées. Elle tourna la tête, posant son attention sur cette vieille sorcière qui était assise à côté d'elle. Ah oui, voilà pourquoi elle en était arrivée à réfléchir au sujet de McFaimor. Sa voisine avait lancé une conversation sur cette affaire de corruption autour de la table, ravie de l'avoir sous la main pour révéler d'autres détails croustillants. La jeune femme leva les yeux, balayant sa table du regard. Toutes les têtes étaient tournées vers elle, tous impatients qu'elle leur en apprenne plus sur cette histoire qui tenait l'Angleterre en haleine.
- Non, je suis désolée mais je n'en sais absolument rien, finit-elle par avouer avec un sourire contrit.
La déception fut facile à identifier sur leurs visages, mais très vite ils trouvèrent un autre sujet de conversation. Cette année, la Rouge & Or n'avait plus à se cacher derrière des verres d'alcool, noyant son désarroi dans la boisson. Elle assistait pour la deuxième fois au gala de charité destiné à récolter des fonds pour les enfants nés-moldus ou de sang-mêlés qui étaient abandonnés par leurs parents.
Lorsqu'elle avait reçu l'invitation, son estomac s'était indéniablement noué en une fraction de seconde. C'était précisément durant ce gala que tout avait commencé entre Rogue et elle, un an auparavant. Seulement, ce n'était pas le souvenir de cette histoire qui l'ennuyait, mais l'hypothèse selon laquelle il pourrait être à nouveau présent à cette soirée. Étant de sang-mêlé et dirigeant Poudlard, ce sorcier serait forcément invité. Mais elle n'avait aucune envie de le revoir, de l'apercevoir ou même d'entendre son nom être prononcé. Parce que oui : elle était venue. Hermione s'était refusée à changer quoique ce soit à cause de ce Serpentard. Elle avait suffisamment sacrifié de sa personnalité pour lui. Toutefois, quand elle transplana dans l'immeuble moldu qui accueillait l'évènement, la jeune femme ne put s'empêcher de jeter des regards un peu partout autour d'elle. Elle ne le trouva pas, pour son plus grand bonheur. Même lorsqu'elle traversa la salle pour rejoindre sa place, elle s'assura de ne croiser aucune silhouette dans les alentours. Et quand elle atteignit sa table, la jeune femme fut ravie de ne le voir nulle part. Il n'était pas là ce soir.
Soulagée, elle profitait donc de la soirée, en compagnie de trois couples de sorciers qui pourraient avoir l'âge de ses parents à peu près, et d'une vieille femme veuve qui était sa chère voisine à la langue bien pendue. Elle ne les connaissait pas, mais s'amusa de suivre distraitement leurs échanges, intervenant quelques fois. Ils étaient très divertissants, agréables et le repas était toujours aussi merveilleux pour ses papilles. C'était un festival de saveurs.
- Dites-moi ma chère, vous vous occupez aussi des histoires de succession ? Lui demanda soudainement sa voisine.
- Oui, bien sûr, s'empressa-t-elle de confirmer avec un grand sourire. Que voudriez-vous faire ?
- J'aimerais déshériter mes deux affreuses sœurs, enchaîna-t-elle avec une grimace. Ces deux vieilles pies n'ont pas voulu que je vienne jouer aux échecs sorciers avec elles la semaine dernière. Je les soupçonne d'essayer de me mettre à l'écart, pour mieux comploter dans mon dos.
Hermione fronça les sourcils en reposant sa serviette sur la table.
- Vous jouez aux échecs sorciers ? S'étonna-t-elle tout en se rappelant ces éternelles parties que faisaient Harry et Ron dans leur salle commune.
- Oui, pas vous ?
- Non. C'est que…je trouve ça affreusement barbare, répondit la Gryffondor.
La vieille sorcière se mit à rire de manière éraillée, avant de reposer son attention sur elle.
- C'est vrai, concéda-t-elle doucement. Mais vous savez, une fois que vous avez plus de cent-quatre-vingt ans, il faut bien trouver quelque chose qui vous maintienne en vie. L'adrénaline que je ressens en voyant les cavaliers détruire mes pions me fait toujours autant frissonner…
Elle pouvait comprendre, se demandant comment elle occuperait ses propres jours à cet âge. Hermione attrapa donc sa pochette, sortit une petite carte rectangulaire, avant de la tendre à la femme avec un sourire chaleureux.
- Envoyez-nous un hibou ou un patronus pour prendre rendez-vous, on s'occupera avec plaisir de vos petits tracas juridiques, annonça-t-elle d'un air enjoué.
Apparemment séduite, son ainée lui prit la carte des mains pour la ranger dans l'une des poches avant de son chemisier. La femme attrapa ensuite sa flûte de champagne, la levant tout en se retournant vers elle. Par réflexe, Hermione l'imita, levant à son tour sa flûte.
- Très bien, voici une affaire quasiment conclue…, lança-t-elle tout en baissant la tête pour l'observer par-dessus ses gros verres de lunettes.
- En effet, renchérit la Lionne en gardant son sourire tout en effleurant son verre contre le sien, faisant tinter leurs flûtes.
Toutes deux burent une gorgée de ce délicieux vin pétillant, appréciant la sensation que ces bulles provoquèrent sur leurs palets. L'ambiance de cette fin de soirée était légère, festive. D'autant plus qu'elle venait peut-être de gagner une nouvelle cliente. Toutefois, lorsqu'elle reposa son verre sur la table, sa main se crispa sur le pied de la flûte. En réalité, tous ses muscles se contractèrent simultanément, provoquant une grimace sur son visage. Son cœur manqua de rater un battement, avant de s'affoler dans sa poitrine. Son pouls s'accélérait dangereusement, pourtant elle avait l'étrange impression de se vider de son sang. La Rouge & Or pouvait sentir sa peau devenir livide, presque maladive, tandis qu'un froid glacial s'empara de l'extrémité de ses doigts aux mains et aux pieds. Tout son être était paralysé, tout comme son esprit. Elle avait arrêté de bouger et de penser à la seconde où elle perçut cette silhouette devant elle, tout au fond de la salle. Pile dans son champ de vision, elle ne pouvait pas le rater. Ses voisins d'en face s'étaient momentanément levés, lui dégageant ainsi la vue.
C'était lui, Severus Rogue.
Malgré la distance, Hermione en était certaine. Et comme si Merlin se jouait d'eux, au même instant, il avait levé la tête dans sa direction. Leurs regards étaient braqués l'un sur l'autre, ne pouvant pas se détacher. Elle qui pensait qu'il était absent ce soir, elle avait eu tord. Il avait dû être en retard, ou peut-être qu'elle l'avait simplement manqué lorsqu'elle avait balayé la salle de ses noisettes aiguisées. Diantre. Pourquoi n'était-elle pas aussi hermétique qu'elle le voudrait ? Le simple fait de le revoir lui rappela brutalement tout ce qu'ils avaient partagé. Absolument tout. Son regard envoûtant, sa voix sensuelle, son parfum enivrant, ses mains brûlantes, sa peau délicieuse et sa bouche habile. Toutes ces sensations refirent surface, envahissant son esprit qu'elle croyait guéri, vacciné, contre ces souvenirs. Encore une erreur. Hermione commença même à culpabiliser lorsqu'elle ressentit cette chose familière se propager progressivement en elle : cette envie de combler la distance qui les séparait pour retrouver leur exquise proximité.
Une alarme finit par se déclencher dans un coin de son cerveau, lui rappelant amèrement qu'elle en avait fini avec ces frivolités. D'ailleurs, cette alarme se mit soudainement à clignoter dangereusement lorsqu'une seconde tête apparut dans son champ de vision. Une chevelure magnifique, d'un blond éblouissant, s'approcha de l'oreille de Rogue, lui chuchotant des mots qui parvinrent à lui décrocher visiblement un fin sourire.
Civélinia Skeeter.
Il était venu à cette soirée, accompagné de cette pimbêche. Hermione crut être en plein cauchemar. Sa mâchoire faillit se décrocher, tandis qu'elle s'obstinait à cligner des yeux dans l'espoir de faire disparaitre cette silhouette féminine qui se tenait si proche de lui. Mais elle ne rêvait pas. Ils étaient bien là, tous les deux devant elle au fond de la salle.
- Vous allez bien ma chère ? On dirait que vous venez de voir le Diable en personne…, s'inquiéta sa voisine qui posa une main sur son épaule.
Brusquement arrachée à sa contemplation, Hermione tourna la tête vers la vieille femme. La douceur qu'elle perçut dans son regard lui fendit le cœur, lui donnant presque envie de fondre en larmes dans ses bras, tout en lui avouant qu'elle venait de revoir cet homme qui l'avait faite souffrir quelques mois plus tôt.
Mais non, pas question. Elle s'était interdit de reverser ne serait-ce qu'une larme pour lui. C'était fini, elle avait surmonté cette phase d'auto-apitoiement. Hermione préféra plutôt quitter ce gala, avant qu'ils finissent par se recroiser.
- Oui, oui merci. Je crois que j'ai avalé trop vite ce champagne, tenta-t-elle d'expliquer tout en attrapant sa pochette en main. Je pense que je vais rentrer chez moi…
Se faisant compréhensive, la vieille dame se contenta de la saluer tout en lui promettant qu'elles se reverraient très rapidement. Hermione s'excusa également auprès des autres sorciers de sa table, avant de quitter la salle. Tandis que ses talons frappaient rythmiquement le parquet, tout son corps eut parfaitement conscience qu'une paire d'yeux était fixée sur elle. La jeune femme se contenta de serrer les dents, faisant de plus grandes enjambées pour sortir d'ici. Elle emprunta le couloir de gauche, passant aux toilettes avant de rejoindre la zone de transplanage. Il fallait qu'elle se rafraichisse, et rapidement. Quand elle entra, elle fut soulagée de voir qu'il n'y avait personne d'autre. Hermione s'approcha des lavabos, observant son reflet dans le miroir. La vieille dame avait raison. À voir sa tête, on pourrait croire qu'elle venait d'assister au retour du Lord. Son teint était affreusement pâle, contrastant avec le rouge vif qui colorait ses lèvres et l'ambre de ses yeux. Ceux-ci demeuraient exorbités, toujours aussi choqués de la vue dont ils avaient été témoin.
Skeeter qui s'abaissait gracieusement, ses mèches blondes se confondant avec celles d'un noir profond de Rogue. Hermione pouvait revoir au ralenti cette scène, sa bouche pulpeuse remuant en effleurant l'oreille du sorcier, pendant que ce dernier affichait progressivement un sourire. Et le tout, sans la quitter des yeux. Non mais quel salaud.
Pestant contre eux, la Gryffondor ouvrit le robinet, attrapa un morceau de serviette en papier avant de le tremper. Elle coupa l'eau, puis passa cette lingette improvisée sur son front, fermant un instant les yeux. Elle s'efforça de faire le vide dans sa tête, désireuse de retrouver un semblant de calme. La fraicheur du papier apaisa ses nerfs, faisant dériver ses pensées sur autre chose que Civélinia ou Severus. Hermione finit par rouvrir les paupières quelques secondes plus tard, tamponnant le papier humide sur ses joues, ainsi que sous ses yeux avant de le jeter dans la corbeille. Elle en attrapa un autre, sec, pour effacer les quelques gouttelettes d'eau qui perlaient sur sa peau. Bien. Elle avait déjà meilleure mine que tout à l'heure. Satisfaite, la jeune femme reprit contenance et sortit des toilettes pour rejoindre l'autre couloir qui menait à la zone de transplanage.
Oui, mais voilà. Quand elle referma la porte derrière elle, son regard fut une nouvelle fois attiré par une masse sombre. Sauf que cette fois-ci, cette silhouette n'était plus qu'à trois mètre d'elle, adossée contre le mur d'en face, dans ce couloir désert.
Rogue, forcément.
Ne pouvant se retenir de sursauter, Hermione porta une main à son cœur qui reprit une cadence diabolique. Ses noisettes se perdirent dans cette noirceur magnétique, avant qu'elle ne se rappelle à qui elle avait à faire. Rogue ! Celui qui l'avait jetée comme une pauvre bouse de dragon, sans l'ombre d'un regret. Il ne fallait pas qu'elle se laisse aller, pas après tout ce qu'il lui avait fait endurer. Déterminée, la Lionne s'apprêta à tourner les talons. Après tout, peut-être était-il juste venu ici pour aller aux toilettes, lui aussi. Mais cette hypothèse fut rapidement écartée quand elle l'aperçut du coin de l'œil, prêt à lui emboîter le pas. Il l'avait donc suivie. Dans quel but ? Elle ne préférait pas y penser.
Hermione se retourna, avant de lui adresser un regard menaçant tout en levant la main.
- Ne t'avise même pas d'y penser…, commença-t-elle froidement, …je t'interdis de me suivre.
Elle-même fut troublée par ce ton si corrosif qu'elle ne se connaissait pas. Qu'importe, du moment qu'il restait où il était, sans tenter quoique ce soit d'idiot, comme la suivre par exemple. Elle n'avait aucune envie de lui parler, de supporter son regard ou d'entendre ce qu'il avait à dire. Sans plus attendre, la Lionne tourna les talons, voulant quitter ce couloir qui lui paraissait soudainement plus étroit.
- On doit se parler ! Entendit-elle derrière elle.
Se parler ? La bonne blague. Ne s'arrêtant pas, l'avocate poussa un soupir moqueur.
- Déjà fait. C'était suffisamment clair pour moi la dernière fois, merci.
Le ton rêche de sa voix ne le découragea apparemment en aucun cas, puisqu'elle entendit un bruit de pas derrière elle. Agacée, la Gryffondor s'arrêta soudainement, faisant volte-face. Severus dût également s'arrêter, son regard ne quittant pas ce visage dur qu'elle s'efforçait de garder.
- Je t'interdis de me suivre, répéta-t-elle d'une voix ferme.
- Her-
- Je te l'interdis ! Le coupa-t-elle vivement, l'empêchant de finir de prononcer ce qu'elle devina comme étant son prénom.
Severus poussa un long soupir. Ça avait été effectivement trop facile la dernière fois, dans son bureau. Là, il avait la vraie Hermione Granger en face de lui. Celle qui était probablement prête à dégainer sa baguette si cela était nécessaire. Les choses risquaient donc d'être plus compliquées, mais il fallait absolument qu'il lui parle. C'était inespéré qu'ils se croisent ce soir, à ce gala. Le même où un an plus tôt, elle s'était rapprochée pour lui avouer qu'elle avait un faible pour lui. En refermant les paupières, il pourrait presque ressentir la chaleur de sa main posée sur sa cuisse et ce souffle irrégulier chatouiller son oreille. Mais lorsqu'il rouvrit les yeux, la réalité était tout autre.
- C'est ridicule, il n'y a qu'une seule issue à ce couloir, tenta-t-il de la tempérer en la ramenant à des faits plus pragmatiques.
- Je m'en moque, tu n'as qu'à transplaner ici et maintenant s'il le faut, répliqua-t-elle d'un geste de la main avant de lui tourner le dos pour reprendre sa marche. Tu m'as déjà prouvé que cela ne te gênait pas de transplaner en-dehors des zones. Mais forcément, tu partirais sans ta Civélinia…
Severus grimaça. Skeeter allait lui porter préjudice. Il l'avait su au moment même où elle était apparue alors qu'il avait capté le regard d'Hermione. Il avait fallu que cela soit pile à cet instant qu'elle vienne le trouver. Mais la sorcière n'avait fait que lui murmurer une idiotie sur l'un des crétins qui étaient installés à côté de lui. D'ailleurs, ils n'étaient pas venus ensemble et n'étaient pas assis à la même table. Ils s'étaient croisés, comme Granger et lui. Ces quatre mois lui avaient suffi pour comprendre l'erreur qu'il avait commise avec elle. La Gryffondor était partie une fois, il ne la laisserait pas lui échapper une seconde fois. Severus finit donc par lui emboîter le pas, la rattrapant presque.
- Je me contrefiche de Skeeter, lui indiqua-t-il tandis qu'il arrivait à sa hauteur. Il n'y a jamais rien eu avec cette Serdaigle, ou avec une autre femme.
Malgré elle, cette révélation l'atteignit de plein fouet. Comment ça il n'y avait jamais eu personne d'autre ? Fronçant les sourcils, elle se retourna pour lui faire face.
- Pourquoi m'avoir affirmé le contraire ? Demanda-t-elle, sa curiosité dépassant son agacement. Tu t'es moqué de moi dès le début en fait…Ça t'a amusé ?! Tu es encore plus horrible que ce que je pensais.
Son ton se fit aussi piquant que du venin, tandis que son regard trahissait la colère qui la rongeait. Mais cela n'intimida en rien Severus. Ce dernier fit un pas vers elle, sauf que la Gryffondor parvint à l'éviter, lui tournant déjà le dos pour avancer dans ce couloir sans fin. Ils n'arriveraient pas à parler si elle s'évertuait à partir à tout bout de champ. Il fallait qu'il parvienne à capter son attention plus de deux minutes. Commençant à perdre patience, le Directeur de Poudlard s'élança une nouvelle fois à sa poursuite, la rattrapant en deux enjambées. Il lui saisit le coude, l'arrêtant dans son élan.
Hermione lui adressa un regard menaçant, passant de sa main qui était sur son bras, à son visage qui demeurait impassible.
- Lâche-moi, le prévint-elle.
Au contraire, il raffermit sa prise, pressentant qu'elle allait se débattre. Chose qu'elle s'empressa de faire, la seconde qui suivit.
- Je ne voulais pas m'attacher, lui révéla-t-il en attrapant son second coude avec son autre main pour la maintenir tranquille. Alors j'ai profité de la présence de Civélinia dans mes appartements, pour prétexter qu'il y avait quelque chose avec elle, voire même avec d'autres.
Hermione releva la tête, constatant avec effroi qu'ils étaient maintenant très proches. Ses doigts emprisonnaient fermement sa chair, comprimant sa peau jusqu'à y laisser presque des marques. Il lui faisait mal. Mais la jeune femme ne saurait dire si ce mal être était causé par la prise qu'il avait sur ses bras ou cet aveu de fidélité qu'il était en train de lui faire. Pourquoi venir lui parler de ça ? C'était trop tard, il venait avec plus de quatre mois de retard.
- Mais ça n'a servi strictement à rien, poursuivit-il de cette même voix claire, posée. Je n'arrive pas à t'oublier Hermione.
- Et ? Demanda-t-elle brusquement. Que veux-tu que cela me fasse ? Il fallait peut-être venir me dire tout ça plus tôt, ça n'a plus aucune valeur aujourd'hui.
- Tu m'aurais ouvert la porte peut-être ? S'emporta-t-il plus prestement. Tu m'aurais laissé m'expliquer ? Il n'y a qu'à voir ton comportement actuel pour connaitre la réponse.
Effectivement, elle l'aurait probablement ignoré. Mais à quoi s'attendait-il d'autre ? Il l'avait traitée comme une moins que rien, une chose. Hermione se contenta de l'observer, ses yeux n'appréciant pas cet air sincère et vulnérable qui commençait à apparaître dans cette noirceur abyssale. Elle savait parfaitement que si elle restait trop longtemps devant lui, avec cette proximité, et ce regard toujours aussi profond, elle ne s'en sortirait pas intacte. Il fallait qu'elle s'en aille avant que cela ne soit trop dur pour elle. La Gryffondor tenta donc de se défaire de ces deux grandes mains qui la maintenaient encore, mais sans succès.
- Laisse-moi partir, lui demanda-t-elle en gigotant entre ses bras.
- Non, se contenta-t-il de souffler dans un murmure.
- Laisse-moi ! Reprit-elle en bougeant avec plus de vigueur.
Mais Severus ne la relâcha nullement. Hermione avait beau se débattre, il était beaucoup trop fort. Désespérée, la Lionne commença à donner des petits coups contre son torse, remuant de plus belle. Ses cheveux valsaient dans sa fougue, ses poings s'abattant sans relâche contre sa chemise noire, tandis qu'elle prononçait tout un flot de paroles qu'il ne parvenait pas entièrement à décrypter. Il ne saisissait que quelques bribes, certains mots, ou fin de phrases. Les termes « crétin », « pauvre con », « mal », « ordure », « horrible », revenaient assez fréquemment. L'homme sentit son cœur se serrer dans sa poitrine en comprenant qu'elle extériorisait toute la rage, la colère et la rancœur qu'elle éprouvait pour lui depuis qu'il l'avait jetée l'autre fois, dans son bureau à Poudlard. Il s'en voulait. Merlin ce qu'il s'en voulait ! Il méritait chaque insulte qu'elle lui proférait, sachant pertinemment qu'il s'était comporté comme le pire des idiots. Il lui avait fallu un certain temps pour s'en rendre compte, et le double de ce temps pour accepter ses erreurs. Mais désormais, il était prêt à le reconnaitre. N'était-ce pas le plus important ? Le comportement de la Lionne le laissait douter. Severus n'était plus certain de pouvoir réparer le mal qu'il avait causé.
Ce n'était sûrement pas en la laissant se défouler sur son torse que les choses s'arrangeraient entre eux. Poussant un soupir de résignation, le sorcier décida qu'il était temps d'agir. Ne sachant trop comment ramener cette jeune femme à la raison, il tenta tout d'abord de la calmer.
- Hermione, arrête, lui intima-t-il d'une voix basse.
Mais sans effet. La tornade brune gigotant toujours, se débattant contre lui.
- Hermione ! Répéta-t-il d'une voix plus forte.
Rien. Elle paraissait ne pas l'entendre.
- Arrête ça par Salazar ! Poursuivit-il plus durement, sentant son impatience le saisir.
Excédé, il finit par lâcher ses coudes, avant de passer ses deux bras sur ses épaules, comprimant fortement le corps de la Lionne contre son torse, l'obligeant à cesser ses attaques vaines. Severus la serra contre lui, sentant à nouveau ce délicieux corps féminin épouser le sien, le parfum de ses cheveux commençant déjà à lui chatouiller les narines. Sous ses mains, il devinait la raideur de ses muscles, la plongeant dans un profond conflit intérieur. D'une main, le sorcier caressa légèrement son dos, tandis que l'autre ne fit que raffermir cette étreinte. Au bout de quelques secondes à peine, il la sentit se laisser aller, tout son corps se détendant au contact du sien. Ses deux mains partirent encercler son dos large, profitant à leur tour de cette situation. C'était la première fois qu'ils étaient ainsi enlacés. Simplement serrés l'un contre l'autre, profitant de cet élan d'affection durant lequel une onctueuse chaleur les engloba. Un moment pendant lequel un sentiment de calme, de plénitude, apaisa leurs troubles. C'était comme une trêve en pleine guerre, flotter sur un nuage au milieu des étoiles, tellement loin des soucis insignifiants et futiles qui les habitaient quelques instants auparavant.
Hermione pressa sa joue contre sa chemise qu'elle trouva incroyablement douce, sentant son torse ferme à travers le tissu. Mais ce qu'elle préféra, ce fut cette mélodie rassurante, qui la berça tout en tranquillisant sa colère. Le battement de son cœur qui résonnait dans sa poitrine. Il était tout aussi rapide et irrégulier que le sien, démontrant cette même agitation qui l'animait malgré cette façade impassible qu'il affichait. Et puis, cette senteur familière revint éveiller son odorat, l'emportant à des kilomètres de ce couloir dans lequel ils étaient toujours. Son parfum ambré, musqué, qui avait le même pouvoir de persuasion que son regard électrique. Malgré elle, Hermione ne pouvait se mentir. Après tous ces mois, tous ses efforts pour reprendre une vie sans lui, ce n'était qu'entre ces deux bras qu'elle se sentait réellement à sa place. Elle en avait même oublié à quel point il était grand, s'amusa-t-elle à constater. Cette étreinte était exactement ce qu'il lui fallait et ce qu'il lui avait cruellement manqué lorsqu'ils s'étaient vus à Poudlard. Elle aurait eu besoin de ce réconfort de sa part bien plus tôt.
- C'est trop facile…, laissa-t-elle échapper dans un murmure tandis que ses yeux étaient fermés, profitant de l'instant présent.
- Cela n'a pas été suffisamment compliqué jusqu'à présent pour toi ? Répliqua-t-il avec l'ombre d'une certaine légèreté dans la voix.
- Tu as été infect avec moi…Je ne devrais pas te laisser t'en sortir aussi facilement, précisa-t-elle doucement.
Severus sentit sa mâchoire se contracter, tandis que ses bras la serrèrent davantage, si cela était encore possible.
- Je sais, se contenta-t-il d'avouer.
Hermione se recula, rouvrant les yeux. Ses mains glissèrent sur sa taille, tandis qu'elle sentit les siennes s'arrêter sur ses hanches, alors que son regard trouva le sien. Il était soudainement si expressif qu'elle crut rêver. Il y brillait une faible lueur pleine de regrets, de doutes et d'appréhension. Se pourrait-il qu'il soit sincère plus qu'une demi-heure cette fois-ci ? Elle avait envie d'y croire. Même après tous ces mois passés à traîner son nom dans la boue, à le considérer comme la pire des vermines, la jeune femme y croyait encore. Il tenait à elle, non ? Il l'avait suivie dans ce couloir, lui révélant qu'il n'avait jamais vu d'autres femmes, qu'il ne pouvait pas l'oublier ni la laisser partir et le tout, avant de la serrer dans ses bras avec tant d'affection qu'il fit fondre toute animosité chez elle. Severus perçut l'hésitation qui paraissait perturber la Gryffondor. Réaction compréhensible. Il n'en attendait pas moins de sa part. Très lentement, il approcha son visage du sien, ne voulant pas la braquer. Avec précaution, et constatant qu'elle ne fit aucun geste pour s'éloigner, l'ancien Vert & Argent approcha ses lèvres de son oreille gauche. Sa bouche embrassa sa peau délicate sous son lobe, aussi légèrement qu'une plume.
- Laisse-moi te montrer Hermione…, chuchota-t-il.
- Quoi ?
- Laisse-moi te montrer…, reprit-il avant d'embrasser sa joue, …à quel point je regrette…
Ses lèvres s'arrêtèrent sur le contour de sa mâchoire.
- …À quel point tu m'as manqué…
Il embrassa son menton, tout aussi délicatement et adroitement qu'avant, effleurant à peine sa peau.
- …À quel point je tiens à toi…
Sa bouche vint à hauteur de la sienne, sans pour autant partir à sa rencontre. Hermione comprit qu'il ne l'embrasserait pas, lui laissant le choix. Le repousser et quitter ce couloir, ou l'embrasser et lui accorder une seconde chance. En croisant son regard, elle perçut sa sincérité, ainsi que son incertitude. Il craignait réellement qu'elle le plante, lui tournant le dos une dernière fois. Elle pourrait effectivement partir, ses mains étaient certes posées sur ses hanches, mais il ne la maintenait plus. Il lui serait facile de s'éloigner. Mais elle n'en avait plus envie. La seule chose qu'elle voulait à cet instant, c'était retrouver la passion de son amant, mélangée à cette douceur à laquelle il semblait s'abandonner enfin. Alors sans plus tarder, l'avocate franchit ces millimètres qui les séparaient. Ses lèvres retrouvèrent sa bouche, ainsi que cette chaleur qu'elle dégageait. C'était aussi grisant que dans ses souvenirs. Elle remonta ses mains jusqu'au col de sa chemise, tandis que sa tête s'éloigna de la sienne, rompant leur baiser.
Leurs regards se croisèrent, tous deux brillants d'un plaisir incontestable.
- Vas-y, montre-moi…, murmura-t-elle d'un air malicieux.
Severus esquissa un rictus satisfait, avant de capturer à nouveau cette bouche. Elles se soudèrent plus durement, désireuses de rattraper le temps qu'elles avaient bêtement perdu. Le sorcier passa une main contre sa nuque, ployant cette dernière pour lui permettre d'attraper l'une de ses lèvres entre ses dents. Il perçut le frémissement qui la submergea, alors que sa langue finit par s'immiscer dans cet antre chaud. Elle partit titiller la sienne, la caressant, redécouvrant leurs habituelles danses infernales. Aussitôt, les deux amants sentirent leur échine s'électriser sous cette sensation langoureuse, leurs corps répondant à l'appel de l'autre de manière assez anarchique. Ils se pressèrent brutalement jusqu'à être collés, leurs mains parcourant leurs courbes, tandis que leurs lèvres ne se quittaient plus. Après ces mois passés en étant privé de la présence de l'autre, ils ne pouvaient qu'être gagnés par cet empressement dévorant. Chaque sensation paraissait plus forte, plus intense qu'auparavant. Peut-être parce qu'ils avaient compris que tout n'avait tenu qu'à un fil entre eux, les poussant davantage à savourer chaque seconde qu'ils passaient ensemble.
L'ancien Mangemort relâcha sa bouche, sans pour autant s'éloigner d'elle. Ils étaient tous les deux aussi essoufflés qu'après un marathon. Hermione releva les yeux, alors qu'un impétueux désir commençait à se répandre lentement en elle. Et à en croire ce que son regard laissait paraitre, il partageait cet état d'excitation. Il l'observait comme la chose la plus merveilleuse, désirable et magnifique que le monde sorcier avait créé jusqu'à présent. Cette intensité lui déclencha une chair de poule, son corps anticipant déjà ce que cela laissait présager. Mais ils ne pouvaient pas décemment rester dans le couloir de cet immeuble. C'était une chance que personne n'ait eu envie de passer par ici. Partageant apparemment cette même idée, la Gryffondor vit cet homme fondre une nouvelle fois sur ses lèvres, capturant sa bouche sans ménagement.
Et avant qu'elle puisse se délecter de l'union de leurs lèvres, un tournoiement renversa son estomac. Elle eut subitement l'impression de se faire aspirer dans les ténèbres, tombant dans un gouffre sans fin. Seul le contact brûlant de sa bouche l'assurait qu'elle ne rêvait pas. Cette sensation ne dura qu'une poignée de secondes. Quand elle rouvrit courageusement les paupières, elle comprit ce qu'il venait de se passer. Ils n'étaient plus dans le couloir, au gala de charité, mais sur un perron éclairé par les flammes d'une torche. La jeune femme n'eut guère de difficulté à deviner où ils venaient de transplaner, puisqu'elle était déjà venue à de nombreuses reprises ici. Ils étaient sur sa propriété, devant la porte d'entrée de son charmant manoir. Amusée, Hermione reposa son attention sur cet homme qui la maintenait toujours étroitement contre lui.
- Encore un abus de transplanage ? Après on ose prétendre que ce sont les Gryffondors qui s'obstinent à enfreindre les règles…, lança-t-elle doucement.
La Lionne le vit plisser des yeux, arborant un air rieur.
- Je connais une bonne avocate, se contenta-t-il de mentionner d'une voix qu'elle remarqua comme étant bien plus rauque que d'ordinaire.
La seconde suivante, Hermione eut à nouveau le loisir de sentir sa bouche recouvrir la sienne, alors qu'elle s'empressa de provoquer sa langue conquérante. Ses mains s'engouffrèrent dans sa douce masse de cheveux, se plaisant à tirer sur quelques mèches pour approfondir encore plus leurs échanges. Le Serpentard grogna en devinant la fougue tempétueuse qui guidait désormais les gestes de la jeune femme. Elle était tout aussi pressée que lui. À tâtons, le sorcier tenta de trouver sa baguette magique dans la poche de sa veste, voulant ouvrir cette maudite porte d'entrée. L'air frais de cette soirée d'été était certes agréable, mais il ne désirait pas perdre plus de temps et être obligé de prendre la sorcière ici, sur son perron, parce qu'il ne pourrait plus à se maitriser.
Lorsqu'il parvint donc à ouvrir la porte, ils rentrèrent avec hâte. Ils marchèrent maladroitement dans le hall d'entrée, ne rompant ni leur baiser, ni leurs caresses. Hermione réussit à le débarrasser de sa veste, tandis que Severus trouva la fermeture de sa robe qui finit sur le sol, avant même qu'ils aient rejoint les escaliers. La Rouge & Or grimaça quand son dos percuta lourdement un mur, avant que le reste de son corps ne soit comprimé entre cette surface plane et la silhouette masculine de Rogue. Il était littéralement collé à elle, ne laissant plus aucun millimètre d'écart entre eux. Les boutons de sa chemise imprimèrent leurs contours sur la peau de son buste, alors qu'une rigidité écrasa son ventre. Hermione aurait voulu gémir en sentant le désir indéniable qu'il éprouvait pour elle, mais ses plaintes se perdirent dans sa bouche qui dévorait toujours la sienne. Voulant le libérer de ses vêtements, elle laissa glisser ses mains le long de son corps, pour les arrêter au niveau de sa ceinture. Adroitement, ses doigts parvinrent à attraper les pans de sa chemise, la dégageant de son pantalon, avant de se glisser en-dessous pour profiter du contact de sa peau nue sous ses paumes aventureuses.
Ses mains caressèrent son dos imposant, se plaisant à griffer par endroit sa chair, ce qui le fit gémir d'impatience. Son bassin s'arqua davantage contre son ventre, cherchant à calmer son membre douloureusement emprisonné dans ses couches de vêtements. Elle l'excitait beaucoup trop par Merlin. Severus dut alors mettre fin à leur fiévreux baiser, s'écartant légèrement de cette diablesse. Ses longs doigts fins ouvrirent les premiers boutons de sa chemise, avant qu'il ne la passe négligemment au-dessus de sa tête pour s'en défaire. Le regard qu'elle lui offrit eut le don de lui échauffer le sang. Il put y apercevoir cette flamme brûlante qui animait ses ambres, les rendant pleines de luxure. Son envie était aussi urgente que la sienne. N'attendant guère plus longtemps, le sorcier se pencha rapidement vers elle pour lui attraper les cuisses. Hermione laissa échapper un couinement de surprise, tandis qu'elle passait déjà ses jambes autour de sa taille, et que deux bras fermes la maintenaient contre son torse désormais nu. Il la porta dans l'escalier avec une grande facilité, comme si cela ne lui demandait aucun effort particulier. Arrivés en haut des marches, Hermione s'attendit à ce qu'il la repose, mais il n'en fit rien. Severus ne perdit pas une seule seconde, la menant directement à sa chambre.
S'ils avaient le malheur de s'arrêter en cours de route, il n'était pas sûr de pouvoir repartir. Il ne la reposa qu'une fois qu'ils atteignirent son lit, sur lequel ils s'écroulèrent tous les deux. Hermione attira sa tête vers la sienne, embrassant une nouvelle fois cette bouche gourmande. Les jambes toujours nouées autour de ses hanches, elle s'entendit gémir lorsqu'il pesa sur elle afin que leurs bassins soient enfin en contact. Elle percevait carrément la chaleur que dégageait son membre, malgré les barrières qui les séparaient encore. N'y résistant pas, la Lionne ondula sournoisement ses hanches tout en appuyant ses pieds sur ses fesses pour presser encore plus l'objet de son excitation sur son entrejambe. Cela ne fit qu'attiser le brasier qui les consumait, leur arrachant des soupirs de volupté. Leur désir conquit tous leurs sens, les mettant à vif. Ils ne pourraient plus s'arrêter, ils le savaient tous les deux. L'atmosphère s'était faite plus sensuelle, chaude. Beaucoup trop chaude. Severus dut stopper les ardeurs de la Lionne, ses vêtements devenant insupportables. Il se redressa sur ses coudes, cherchant sa baguette dans son pantalon.
Lorsque le sorcier l'eut en main, il lança un sortilège pour finir de les déshabiller, avant de pointer le bout de bois sur le ventre d'Hermione tout en prononçant le sort de contraception.
L'instant d'après, sa baguette vola dans la chambre, pendant que son corps nu recouvrit avec délice le sien. Ils étaient brûlants, frémissant en sentant leurs peaux s'unirent. Son regard noir s'attarda quelques secondes sur ce délicieux visage qu'il avait sous lui. Elle avait les joues rosies, les yeux luisants sous les flammes des torches qui éclairaient la chambre et un sourire timide sur les lèvres.
- Tu es si belle…, murmura-t-il dans un souffle qui se perdit contre sa bouche.
Hermione devina la rougeur qui devait teindre son visage, sous cet aveu auquel elle ne s'était pas attendue. Une réaction qui le ravit d'autant plus si elle en crut le rictus amusé qui se logea sur ses lèvres. Il vint d'ailleurs embrasser sa bouche, avant de glisser sur elle. Ses lèvres descendirent dans son cou, suçotant sa peau sensible le long de sa carotide. Elles passèrent sur sa clavicule, avant de poursuivre leur chemin entre ses deux monts. La sorcière gigota légèrement, sentant son échine s'embraser à chaque nouveau baiser. L'une de ses mains habiles emprisonna son sein gauche, ses doigts se resserrant autour de lui. Ils le pétrirent avec vigueur, avant de remonter sur cette partie beaucoup plus sensible où son téton était déjà bien dur. Son index le titilla, suivant le contour de son aréole avant que son pouce ne vienne le rejoindre pour le presser subitement. Hermione poussa un gémissement de surprise, ses yeux sortant de leurs orbites. Rapidement, Severus réitéra l'opération, ajoutant à cela la chaleur de sa bouche qui se referma sur son autre téton. Il le travailla du bout de sa langue, avant de l'aspirer entre ses lèvres humides. Lorsqu'il le mordilla durement tout en pinçant son jumeau, la Gryffondor s'arqua brusquement pour accentuer ces attentions. Elle poussa de profonds soupirs, son esprit s'abandonnant à ce plaisir qui gonflait inexorablement entre ses cuisses. C'était comme si ses seins étaient directement connectés à sa féminité, balançant des décharges électriques succulentes à chaque nouvelle caresse que lui prodiguait Severus.
Ses mains, impuissantes, s'accrochèrent à sa chevelure de jais tandis que ses yeux se fermèrent pour décupler les sensations qu'il lui provoquait. Son corps subissait fébrilement ses attaques, s'enfonçant un peu plus dans cette lasciveté. Elle pourrait toucher la voie lactée rien qu'avec ces doigts, cette bouche et cette langue qui s'évertuaient à la faire gémir de contentement. Il savait exactement comment exacerber son désir déjà bien envahissant. Remarquant sans doute qu'elle y prenait trop de plaisir, Severus délaissa sa poitrine. Il fit retomber la pression en venant embrasser la peau souple de son ventre, s'amusant à venir croquer dans la chair de sa taille. Ses dents mordillèrent cette zone sensible, tandis que sa langue la chatouillait. Se mordant la lèvre, Hermione tenta de contenir ses éclats de rire en se convaincant intérieurement qu'il cesserait bientôt cette douce torture. Chose qu'il fit quelques secondes plus tard, s'en allant enfin vers cet endroit qui réclamait sa présence. Ses hanches s'agitèrent d'impatience.
Elle sentit son souffle chaud effleurer sa peau, s'approchant lentement de ses petites boucles brunes. Merlin elle était si pressée que ses cuisses s'écartèrent d'elles-mêmes, le laissant se loger entre elles. Tout son être frissonna quand Severus vint embrasser l'intérieur de sa cuisse droite, déposant une grappe de baisers enflammés qui remontèrent jusqu'à son entrejambe, sans pour autant qu'il ne s'y attarde. Il préféra la tourmenter, prenant le temps de reproduire le même schéma sur son autre jambe, savourant cette odeur familière qui enveloppa ses narines. Son délicieux parfum intime agissait comme un aphrodisiaque sur lui, bousculant tous ses sens pour ne laisser que son envie primaire, sauvage, l'emporter sur le reste. Son petit manège était à double tranchant : c'était aussi bien un supplice pour la Lionne que pour lui. Néanmoins, il parvint à se maîtriser suffisamment pour laisser sa langue trouver le centre de son univers. Il lui provoqua des tremblements frénétiques lorsqu'il referma ses lèvres dessus, suçant ce bourgeon de chair.
Hermione crispa ses mains sur ses cheveux, ses hanches se mouvant sous le rythme de sa langue et de sa bouche. Elle voulait accentuer ces sensations merveilleuses, sentant la félicité lui tendre la main pour l'inviter à la rejoindre. Son dos se cambra, ajustant l'angle pour intensifier le contact qui les unissait.
Mais alors qu'elle envisageait de se lâcher totalement dans cette exquise tourmente, Severus retira brusquement sa bouche de son clitoris. La Rouge & Or rouvrit rapidement les yeux, cherchant ce bougre du regard. Pourquoi s'arrêtait-il sapristi ?! Elle tomba sur une paire d'yeux d'un noir fascinant, vibrant d'une lueur dévastatrice. Tout en la fixant avec cet air de prédateur, le Serpentard lapa une lichette de son excitation le long de ses lèvres gonflées de ce plaisir inassouvi. À cette vue, son vagin se contracta douloureusement, requérant la présence immédiate de cet homme. Diable, l'effet qu'il lui faisait. Il n'y avait que lui qui réussissait à la mettre dans un état pareil : la coincer entre son désir grandissant, sa frustration et son plaisir mélangés. Un cocktail étourdissant. Le Vert & Argent finit par remonter le long de son corps, son visage revenant à hauteur du sien. Sans plus de cérémonie, ses lèvres se posèrent sur sa bouche, avant qu'elle ne l'entrouvre pour goûter à sa propre excitation. Cela avait un côté déstabilisant et capiteux à la fois.
Leurs langues s'affolèrent hâtivement, bataillant sensuellement l'une contre l'autre. Hermione ne tenait plus. Son envie de le sentir en elle s'était mutée en un besoin presque vital en ce moment même. Son bassin s'éleva, cherchant cette dureté qui était la clé pour apaiser son incroyable désir. Étant tout aussi échauffé qu'elle, Severus se plaça correctement sur elle, son membre se tendant enfin contre ses lèvres écartées. D'un coup de reins, il parvint à les unir, glissant à l'intérieur de ce gouffre étroit et caniculaire. Sa mâchoire se serra, alors qu'il poussa un profond soupir de plénitude lorsqu'il la prit jusqu'à la garde. C'était si bon, unique. Il n'y avait rien de comparable à cette sensation. Se laissant guider par ses sens, le sorcier commença donc à remuer en elle, leurs deux corps mouvant ensemble dans une délectable harmonie. Hermione cala ses mouvements sur les siens, venant à la rencontre de ses hanches à chaque poussée qu'il lui insufflait. Leurs bouches s'effleuraient, pendant que leurs souffles se confondaient, alors que leurs yeux restaient encrés l'un dans l'autre. Cette connexion les unissait de manière beaucoup plus profonde, créant ce lien qui dépassait l'aspect physique de leurs ébats. Ce fameux lien auquel il s'était refusé de s'abandonner avec elle jusqu'à présent.
Ils ne prenaient pas uniquement possession du corps de l'autre, mais également de son âme. C'était un tout, une universalité magique qui apportait un plaisir supplémentaire à leur échange. Ils étaient réellement en symbiose, ne faisant plus qu'un. Malgré la brume qui embrouillait leurs esprits, ils prirent pleinement conscience de cette nouveauté, ce qui les poussa à redoubler d'effort. Hermione avait passé ses jambes autour de ses hanches, tandis que ses mains se calèrent sur ses omoplates pour rapprocher un peu plus ce corps masculin contre le sien. Severus abattait ses reins avec vigueur contre son bassin, s'enfonçant en elle à vive allure.
- Plus fort…S'il te plait Severus…, réclama-t-elle d'une voix haletante.
Une requête qui le fit sourire de manière démoniaque.
- Tourne-toi dans ce cas, lui ordonna-t-il avant de se retirer d'elle.
Hermione frémit en entendant sa voix éraillée par le plaisir. Obéissant avec hâte, elle dénoua ses jambes puis bascula sur le ventre, avant de se redresser sur ses genoux et ses mains. Ses cuisses s'écartèrent naturellement, tandis que son dos se cambra. Elle sentit le matelas remuer en devinant l'homme derrière elle s'avancer dans sa direction, son pénis en main. Une vue qu'elle aurait aimé voir. Cette insatisfaction se dissipa la seconde suivante, lorsque son membre rigide la prit sauvagement, ses mains retenant ses hanches pour ne pas qu'elle parte en avant. Hermione poussa un cri de plaisir : c'était exactement ce qu'elle voulait. Il se reculait jusqu'à l'extrême, avant de la pilonner jusqu'à la garde. Elle pouvait entendre ses deux bijoux claquer contre ses lèvres, manquant de peu de stimuler son clitoris engorgé. Ses yeux se fermèrent, ses doigts s'agrippèrent aux draps, pendant que sa bouche ne pouvait retenir ses gémissements qui firent écho aux siens. Leur rythme s'était clairement accéléré, mettant à rude épreuve leurs corps qui seraient probablement endoloris après tous ces efforts fournis. Mais qu'importe. Seuls leurs plaisirs comptaient, approchant dangereusement de ce point de non-retour. Ils y étaient presque, elle le percevait. Du moins, Hermione était certaine de se sentir perdre pieds dans quelques poussées supplémentaires.
Son amant dût s'en rendre compte, étant donné qu'une de ses mains passa sur son ventre pour soutenir sa taille, pendant que la seconde partit taquiner son bourgeon extrêmement réceptif. La Gryffondor serra les dents, s'empêchant de s'égosiller à cette nouvelle dose de plaisir. À la place, elle s'évertua à stimuler ce membre tendu qui l'emplissait, venant à sa rencontre pour intensifier leurs mouvements qui n'en finissaient plus. Les doigts délicats de Severus n'eurent qu'à presser son clitoris alors qu'il lui prodigua une dernière poussée virulente, pour qu'elle sente la jouissance l'emporter vers des cieux merveilleux. Elle perçut au loin sa propre voix crier son prénom, alors que tous ses muscles se contractèrent violemment, la libérant de cette tension infernale. Un immense choc électrique traversa chacune de ses cellules, avant qu'elle ne finisse par se détendre pour flotter sur un petit nuage. Elle eut vaguement conscience du cri guttural que lâcha Severus en venant à son tour, avant de s'écrouler lamentablement contre le matelas lorsque ses bras l'abandonnèrent.
Ce dernier parvint à trouver sa baguette pour les recurviter tous les deux, avant d'éteindre ses torches d'un geste de la main. Il roula sur le flanc, observant cette masse sombre échouée à ses côtés, complètement submergée par son orgasme. Un léger sourire victorieux étira ses lèvres, tandis qu'il s'approcha pour passer l'un de ses bras sur le dos de la Lionne. Ils restèrent silencieux durant un long moment, ne ressentant pas le besoin de parler. C'était inutile. Ils savaient très bien qu'ils venaient de vivre un instant qui surpassait de loin tous ceux qu'ils avaient partagés jusqu'à présent. Leurs souffles finirent par s'apaiser, leurs corps récupérant de leurs efforts. Hermione se coucha à son tour sur le flanc, calant son dos contre le torse de Severus. Elle apprécia de suite la présence de cette main possessive qu'il glissa sur son ventre, l'obligeant à resserrer leur étreinte. Et avant qu'elle succombe à un sommeil bien mérité, elle savoura ce sentiment de plénitude qui se propagea en elle.
Cette soirée avait été riche en rebondissements. Mais la nuit n'était pas terminée pour autant.
Réveillé par un frisson, Severus ouvrit paresseusement les paupières. Il avait froid. Ce qui était étrange, puisqu'il s'était endormi dans la chaleur que dégageait le corps de sa délicieuse sorcière, étroitement serrée contre lui. En étendant rapidement son bras, il constata qu'il n'y avait personne devant lui. En étirant sa jambe, il comprit qu'elle n'était pas non plus derrière lui. Sortant brusquement de sa torpeur, le Directeur attrapa sa baguette magique qu'il alluma d'un Lumos. Ses yeux se plissèrent, mécontents de devoir faire face à une lumière aussi vive en plein milieu de la nuit. Mais ces derniers s'écarquillèrent la seconde suivante, lorsqu'ils aperçurent Hermione. Cette Gryffondor était devant le lit, ses sous-vêtements en mains. Elle sursauta d'au moins dix centimètres lorsque la pièce s'illumina soudainement. Que faisait-elle par Merlin ?
Son estomac se contracta lorsqu'une hypothèse fit lentement son chemin jusqu'à son cerveau encore endormi. Elle partait. Ils restèrent plusieurs secondes interdits, n'osant formuler quoique ce soit de peur d'être confrontés à cette terrible vérité. Mais désireux d'obtenir des réponses à ses inquiétantes interrogations, Severus se releva dans son lit pour mieux la voir. Elle avait au moins la décence de paraitre aussi surprise que lui.
- Que fais-tu ? Finit-il par demander d'une voix mal assurée.
- Je m'en vais Severus…Tu n'étais pas censé te réveiller…, avoua-t-elle d'une voix mal à l'aise.
Ses sourcils se froncèrent, ne comprenant absolument rien à cette situation surnaturelle.
- Pardon ? Demanda-t-il à nouveau, espérant avoir mal entendu.
- Je pars, précisa-t-elle d'une voix plus forte.
- Non ! S'empressa-t-il de répliquer durement. Pourquoi ?!
- Mais parce que rien n'a changé ! Je me retrouve une nouvelle fois dans ton lit, sans qu'on ait eu le temps de parler.
Severus soupira, manquant cruellement de sommeil pour rester patient.
- Parler de quoi ? Ce n'est sûrement pas en disparaissant en douce qu'on aurait pu parler d'ailleurs.
Oui, bon. Il marquait un point, elle le reconnaissait. Néanmoins, la Gryffondor ne se démonta pas.
- De tes sentiments.
Le Serpentard pesta intérieurement à l'écoute de sa réponse. Il détestait parler ouvertement de ce genre de choses. Ses gestes n'avaient pas suffi à la convaincre ? Apparemment pas.
- Tu sais très bien ce que j'éprouve pour toi…, commença-t-elle avec plus de difficulté, …Je t'aime Severus.
Cet aveu, même en plein milieu de la nuit, le remua au plus profond de lui-même. Elle l'aimait. Il l'avait bel et bien deviné, au vu de son comportement, mais l'entendre prononcer ces mots provoqua une ivresse nouvelle en lui. C'était euphorisant de savoir que cette femme, sa merveilleuse amante, l'aimait.
- Mais toi, qu'en est-il de tes sentiments ? Je te rappelle que la dernière fois, tu m'as jetée en prétextant ne pas en avoir…Alors j'aimerais être clairement prévenue cette fois-ci.
Le sorcier se laissa retomber contre le matelas en comprenant qu'il allait bel et bien devoir parler de ça, maintenant. Elle avait le don pour réclamer des explications à des moments improbables. Il se glissa sous le drap, avant de tirer sur l'un des pans pour l'inviter à le rejoindre.
- Reviens ici Hermione, lui commanda-t-il faiblement.
- Dis-moi d'abord.
Ses yeux se plissèrent, n'appréciant pas qu'elle soit aussi obstinée. Il ne voulait pas avoir cette conversation, sans avoir la certitude qu'elle ne fuirait pas au premier mot qu'elle n'apprécierait pas.
- Reviens dans le lit…, relança-t-il en la guettant du regard, …s'il te plait ?
L'ajout de ces trois mots eut raison d'elle. Lâchant les vêtements qu'elle tenait en mains, Hermione avança vers le lit, avant d'y grimper et de rabattre le drap sur son corps nu. Sa tête reposa sur l'un des oreilles, son regard fixant irrémédiablement celui de Severus qui lui faisait à présent face. Le Lumos les éclairant toujours, elle se rendit compte de son état faiblement agacé. Il préférait sans doute dormir paisiblement, plutôt que de devoir tenir cette conversation qu'ils avaient toujours ignorée jusqu'à présent. Patientant calmement, l'avocate resta silencieuse. C'était à lui de parler après tout, non ?
- Je veux que tu restes ici cette nuit, annonça-t-il brusquement.
- Tu sais bien que ce n'est pas ça que je veux entendre…, se plaignit-elle en affichant une moue légèrement déçue.
Sa main se posa sur son avant-bras qui maintenait toujours sa baguette levée.
- J'ai besoin de l'entendre Severus, renchérit-elle d'une voix presque suppliante.
Les yeux de biche qu'elle lui adressa lui fendirent le cœur. Ils exprimaient cet espoir qu'il avait déjà perçu chez elle, le jour où il était allé lui rendre une petite visite dans son bureau. L'espoir qu'il ait une réciprocité de ses sentiments, qu'il lui avoue que lui aussi, il l'aimait. Par la barbe de Merlin, il détestait ce genre de situation. Ce n'était pas une chose qu'il évoquait librement, ou même fréquemment. Il avait d'ailleurs toujours évité de se retrouver ainsi acculé. Severus poussa donc un second soupir, n'appréciant pas d'être obligé de parler de ça. Il éteignit ensuite son Lumos, ne pouvant plus supporter le regard que Granger lui adressait. C'était trop dérangeant, limite intimidant. La chambre replongea aussitôt dans une noirceur totale, rendant l'atmosphère bien plus supportable à ses yeux. Interprétant cela comme un nouveau repli sur lui-même, Hermione resta interdite. Était-il en train de lui refaire le même coup qu'à Poudlard ?! Non, non, non…Il ne pouvait pas. Il n'oserait pas.
- Je pensais que mes gestes étaient suffisamment explicites.
Non, pensa-t-elle amèrement. La jeune femme se retint toutefois de faire le moindre commentaire, espérant qu'il n'allait tout de même pas s'arrêter en si bon chemin. Elle cligna plusieurs fois des yeux, s'accommodant petit à petit de la nuit qui les enveloppait. Il avait apparemment toujours la tête tournée vers elle, comme s'il parvenait à distinguer ses traits malgré l'absence du moindre filet de lumière dans la pièce.
- Mais puisque tu as besoin qu'on te dise clairement les choses pour que tu t'en persuades…, poursuivit-il avec une pointe de sarcasme dans la voix.
Il lui attrapa la main. Que faisait-il ? Et voilà. Ils y étaient, il allait une nouvelle fois la jeter ?! Hermione sentit son cœur s'accélérer, tandis qu'elle tentait de se rassurer intérieurement. Il ne pouvait pas…Elle sentit ses doigts chauds porter sa main jusqu'à sa bouche, avant qu'il ne dépose un baiser au creux de sa paume. Ses lèvres embrassèrent sa peau, tandis que sa langue sortit à peine pour la titiller malicieusement.
Elle s'arrêta de respirer, n'étant pas encore sûre de ce qu'elle devait en déduire. Il avait raison, elle avait cruellement besoin de mots pour prendre pleinement conscience des situations qu'elle vivait.
- Évidemment que je t'aime Hermione, murmura-t-il d'une voix onctueusement suave. Même si j'ai mis plus de temps que toi à le comprendre.
Finalement, une fois qu'il l'eut avoué, Severus dut reconnaitre qu'il se sentait plus léger. Un certain poids venait de le quitter, trouvant même un certain réconfort à partager cet instant avec elle. Ne l'entendant pas réagir, Severus tira sur sa main qu'il tenait toujours. S'allongeant sur le dos, il la rapprocha, afin de pouvoir l'avoir contre lui. Ses bras l'enlacèrent lorsqu'il la sentit s'agripper fermement à lui. Il l'aimait ! Il lui fallut quelques secondes supplémentaires pour que cette information finisse par s'imprimer dans son esprit. Hermione avait presque du mal à le croire. Pourtant, il était bien là, la maintenant étroitement contre lui. Son corps chaud enveloppait le sien, aussi naturellement que possible. N'était-ce pas tout ce dont elle avait rêvé ? Si, précisément. Décidant d'en profiter, Hermione embrassa son torse avant d'y poser sa tête. Elle écouta paisiblement les battements de son cœur qui résonnaient contre son oreille.
- Cela dit…, reprit-il d'une voix plus dure, …C'est la dernière fois que tu me réveilles en pleine nuit pour que je te le dise.
Devinant son air bougon, Hermione se mit à rire. C'était un son si mélodieux, plaisant à écouter, qu'à l'instant même où il l'entendit, Severus se promit de le provoquer le plus de fois possible. Elle était tout bonnement délicieuse, charmante. Et elle l'aimait. Un fait qui parvint à lui décrocher une mine béate, qu'heureusement elle ne vit pas. Il consentait à lui avouer ses sentiments, mais le Vert & Argent désirait toutefois conserver une partie de son éternelle image. Elle aura largement le temps de détruire une à une ses convictions de célibataire endurci, inutile de lui faciliter la tâche. Cela risquait d'ailleurs d'être sacrément animé entre eux, leurs caractères étant très volcaniques tous les deux. Mais bon. Après tout, le calme et la tranquillité n'avaient jamais faits partis de sa vie. Avec elle, il était assuré de ne jamais s'ennuyer. Ce fut sur cette pensée qu'il embrassa tendrement le sommet de son crâne, avant de succomber à son tour à ce sommeil tant espéré.
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Note de Nekozuni : Ohhhhhhhhhhhhh c'est la fiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiin :'( ! Aaah j'ai eu peur à la fin quand même, pfiou :') ! J'suis tellement amoureuse de ta fiction, et mille fois merci, c'était vraiment top d'être ta bêta !
Petite phrase qui peut avoir un double sens qui m'a fait rire : '' Il se redressa sur ses coudes, cherchant sa baguette dans son pantalon. Lorsque le sorcier l'eut en main […] ''
Voilà, je me suis mise à rire toute seule dans ma chambre avec mon esprit pervers :D
Garfieldown : Hin et après on ose dire que ce sont les hommes qui ont toujours l'esprit pervers. Ne t'en fais pas, je sais très bien que tu n'es pas la seule ahahah...Merci à toi, chère Nekozuni. Je ne pouvais pas avoir de meilleure bêta :p La MEILLEURE ! Dévouée, rapide comme l'éclair, gentille, sacrée fêtarde apparemment, et puis tu m'as appris le mot "Tschüss", ce qui n'est pas rien. Une équipe de choc, je te dis ahahaa
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Après les avoir malmenés, torturés et avoir joué aussi bien avec votre patience que vos nerfs...Voilà un peu de douceur, de tendresse et d'amour pour clore cette histoire. Cette fin vous a-t-elle plu ?
En tout cas, j'espère que vous avez aimé la lire autant que moi, j'ai pris plaisir à l'écrire. Merci à tous pour l'avoir suivie jusqu'au bout et pour toutes vos reviews. Je vous souhaite une bonne continuation, à la prochaine ! Bonne soirée :D
