Disclaimer : tout l'univers de Harry Potter appartient à J.K' Rowlings.

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Chapitre 28 : Alliances

Harry caressait légèrement la joue de Draco pour le réveiller. Celui-ci grogna un peu avant d'enfoncer sa tête dans l'oreiller. Le Survivant appuya un peu plus sa caresse jusqu'à ce que deux yeux gris embrumés de sommeil daignent s'ouvrir. La lueur de frustration due au réveil laissa vite la place à une étincelle de désir. Le Serpentard s'approcha de son amant pour s'approprier ses lèvres, obtenant un gémissement des plus explicites.

- Draco, murmura le brun, tandis que le blond sortait la main des couvertures pour glisser les doigts le long d'une oreille effilée.

Depuis qu'il avait compris que ces appendices étaient des zones érogènes, il ne pouvait s'empêcher de les toucher, s'émerveillant de leur réceptivité.

Harry s'éloigna néanmoins, se redressant sur un coude.

- Je dois y aller. Il faut que je rejoigne Lupin pour mon cours …

- Non, reste avec moi, susurra le blondinet.

- Je ne peux pas, tu le sais bien. Même si Poudlard nous protège, il reste toujours Dumbledore, les cours et les autres élèves…

- Fichues belettes, grommela Draco en plongeant sa tête dans son oreiller.

- Allez, on se revoit en botanique et après on a une heure de libre.

- Que tu vas vouloir passer dans la Salle sur Demande transformée en bibliothèque. Je me demande …

- Oui ?

- Pourquoi tu étudies encore autant ? Je croyais que les dragons t'avaient formé de manière intensive ?

- Oui, en quelque sorte. Caerulis et les autres m'ont appris toutes les bases de la magie, mais avec le temps, les sorciers l'ont compartimentée, structurée. De ce fait, ils appréhendent les choses différemment. En plus, il y a eu une certaine évolution depuis le départ des Dragons. Et à côté de ça, tu peux aussi apprendre la magie des autres cultures ou créatures. C'est pour ça entre autre que Senthor est venu ici.

- Oui, bon, ronchonna le blond un peu boudeur. Mais je préférerais faire autre chose qu'étudier avec toi, murmura-t-il tentateur.

- Eh bien on verra ça tantôt, sourit Harry en se glissant hors du lit pour récupérer ses vêtements.

- Mais, je voulais ...

- Tu voulais quoi ?

- Eh bien, je ...

- Draco, qu'est-ce qu'il y a ?

- En fait, mes amis voudraient te parler ?

- Me parler ? Mais de quoi ? Et ... Quels amis ?

- Théo, Blaise et Pansy.

- Mais pourquoi ? Et de quoi veulent-ils me parler ? On a déjà travaillé en équipe pour évincer Powers. Pourquoi ont-ils besoin que tu joues les intermédiaires ?

- Ils voudraient que tu les aides.

- Les aider à quoi ?

- A quitter les rangs de V… Vol…demort. Ne pas les laisser devenir des Mangemorts.

Le visage de Draco laissait transparaître un tel espoir que Harry ne put s'empêcher de le serrer très fort contre lui.

- Organise une rencontre dans ce cas… Je demanderai à Hermione et Neville de venir aussi.

- Tu es sûr d'eux ?

- Oui, j'ai enfin pu décrypter les auras et ils sont loyaux… comme tes amis.

- Et moi ?

Après un clin d'œil espiègle et un dernier baiser, il s'échappa des bras de son ange et regagna le dortoir des Gryffondors, laissant Draco l'invectiver pour obtenir une réponse.

* HPDM *

Harry était installé dans une salle de cours et attendait Remus. Il ne pouvait empêcher ses pensées de tourner dans sa tête. Il était impatient de voir arriver son presque-parrain. Maintenant qu'il pouvait lire les auras, il voulait savoir s'il pouvait faire confiance au loup-garou. Mais il avait surtout peur. Et si Remus était comme Dumbledore ?

La porte s'ouvrit violemment et claqua contre le mur, le sortant de sa méditation. Il vit débouler un Remus échevelé, les joues rouges.

Harry se releva d'un bond du bureau sur lequel il était assis et observa son professeur particulier. De violentes vagues rouge cramoisi pulsaient autour de son corps, il tremblait de tous ses membres. Pour un peu, on aurait pu croire que le loup-garou allait émerger, même en l'absence de la pleine lune.

- Professeur, appela doucement Harry.

Lupin se tourna brusquement vers le jeune homme qui sursauta en voyant les yeux jaunes de l'ami de son père. Il arborait également une grimace cruelle qui dévoilait ses dents.

Le mouvement de recul de Harry trahit sa peur et exacerba la réaction de l'adulte qui se rapprocha en grognant.

- Rem… Remus ?

- Grrrr

- Lunard ! souffla Harry qui était bloqué par le bureau derrière lui.

Le loup-garou se colla en grondant contre le corps de l'adolescent. Il plongea la tête dans son cou et respira profondément. Après un temps, les grognements et tremblements s'estompèrent.

- Professeur, interrogea doucement Harry.

Remus releva la tête et plongea les yeux dans ceux de l'adolescent.

- Excuse-moi, Harry. Je …

- Que se passe-t-il ?

- J'ai eu … Je suis …

- Lunard ! C'est moi Harry ! Tu peux me parler.

- J'étais très énervé. Je viens de rencontrer …

- Dumbledore, n'est-ce-pas ?

A ce nom, Lupin redressa brusquement la tête pour scruter son interlocuteur.

- Mais, … Comment ?

- …

- Attends, je vais d'abord t'expliquer ce qui vient de se passer.

Flash Back

- Ah Remus, content de vous voir ! Je voulais vous rencontrer pour les cours particuliers de Harry.

- Oui, mais attendez, comment va-t-il ? Et le poison ?

- Mais oui, tout va bien, répondit le vieux Sorcier avec un geste évasif de la main. Séverus a fait ce qu'il fallait. Bon, revenons au sujet de cette entrevue.

- Je peux vous dire qu'il est extrêmement appliqué, Albus, insista Remus, énervé que son inquiétude soit si facilement évacuée. Il s'entraîne énormément et étudie encore plus.

- Je l'espère. Cependant, il faut qu'il travaille encore plus.

- Albus, commença Lupin, il ne faut pas trop …

- Non, Lupin. Harry se montre bien trop nonchalant. Rappelez-vous qu'il a disparu pendant plus d'un mois, et il n'a jamais donné de raisons plausibles. L'issue de la guerre dépend de lui. Nous ne pouvons pas nous permettre d'être laxiste.

- Mais, ce n'est qu'un enfant !

- Ce n'est pas une excuse ! S'il avait fait ce qu'il fallait, nous n'aurions jamais perdu Sirius lors de cette débâcle au Ministère.

- Mais … balbutia le loup-garou, choqué par l'accusation.

- Il faut qu'il s'entraîne encore plus dur. J'ai déjà demandé à Severus d'intensifier ses cours en occlumencie et d'y ajouter des cours de potions ainsi que des notions de magie noire.

- Magie noire ? Severus ?

- Oui ! Et je compte sur vous pour élever le niveau de votre propre cours de DCFM, qui sera désormais planifié tous les mardi et jeudi, de 6h à 8h30.

- Mais, vous allez l'épuiser ! Et ses devoirs, ses cours ?

- Il lui reste du temps le samedi matin et le dimanche, sans compter les périodes libres entre ses cours.

- Mais enfin, Albus …

- Ca suffit, Remus. Nous n'avons pas le choix je vous le répète, il faut qu'il soit prêt. Si vous ne pouvez pas le faire, je trouverai un autre volontaire.

Fin de Flash Back

- Pour être franc, Remus, cela ne m'étonne pas. Il m'a annoncé cela hier soir avant le cours avec le professeur Rogue.

- Mais pourquoi ? Tu as toujours été très volontaire. Il n'y a pas de raison pour qu'il devienne aussi …

- Autoritaire ? Vindicatif ?

- Il y a autre chose, n'est-ce pas ? Il veut absolument savoir ce qui s'est passé pendant les vacances ? J'avoue que j'aimerais bien le savoir aussi, termina doucement le loup-garou, triste de ne pas avoir la confiance de son filleul.

- Je vais t'expliquer, mais, laisse-moi juste un instant s'il te plait.

Et Harry s'éloigna de quelques pas, mettant quelques mètres entre eux. Il scruta ensuite le Maraudeur avec beaucoup d'attention. Les vagues rouges s'étaient beaucoup estompées, même si quelques points éclataient encore çà et là, mais pour le reste, le jeune homme retrouva les couleurs bleues et blanches réconfortantes, parsemées de nuages orange.

- Harry ?

- Pardon Remus, mais il fallait que je vérifie quelque chose.

- Que voulais-tu voir et … comment ?

- Je peux voir les auras, Remus. Et je devais voir la tienne pour être sûr …

- Sûr de pouvoir me faire confiance ?

- Je … je …, commença Harry.

- Ne t'inquiète pas louveteau. Je comprends. J'imagine que tout cela a à voir avec ce qui s'est passé cet été, avec ta disparition ? Et toutes ces histoires d'enquêtes à propos de tes biens ou de tes moldus ?

Harry hocha la tête. Il invita Remus à s'asseoir et pris place en face de lui. Hésitant, il entama le récit de son été chez ses moldus, de sa visite astrale dans la dimension des dragons et leur enseignement, de son héritage et ses nouveaux pouvoirs, de l'aide de Séverus, de la trahison des Malefoy et les liens qui en avaient résulté, de l'arrivée du nouveau professeur de Défense, un Elfe envoyé pour le former.

Il parla également des soupçons qu'il avait développé à l'égard du Directeur de Poudlard et les agissements plus qu'étranges de Ginny et de Ron.

Les deux hommes restèrent un moment silencieux après les révélations du Survivant. Remus ne savait contre qui il était le plus en colère : les moldus pour le traitement infâme qu'il avait infligé au fils de son ami ou la traîtrise de Dumbledore qui avait clairement minimisé les faits découverts par Maugrey, Shackelbott et Tonks. Il restait également sans voix en apprenant les actions de Séverus et des Malfoy.

- La roue tourne, et une fois encore, ceux que l'on croyait sûrs se révèlent dangereux, tout comme ceux que l'on croyait être des ennemis deviennent des alliés inattendus, soupira le professeur. Si j'avais su, je …

- Je sais, Remus. Je sais que tu ne m'aurais pas laissé tomber. Je suis désolé d'avoir douté de toi.

- Tu ne dois pas, louveteau. Comme je l'ai dit, il t'était difficile de savoir à qui faire confiance. Et comme tu l'as bien souligné, la magie elle-même t'a conduit à Séverus. Maintenant, tu sais que je suis moi aussi de ton côté. Je ferai tout pour t'aider dans ce sens.

Il serra fortement Harry dans ses bras avant de le repousser légèrement.

- Mais dis-moi, cette histoire d'empoisonnement et de maladie, est-ce que tout est réglé ? J'ai juste reçu un mot disant de ne pas me présenter pendant quelques jours parce que tu n'étais pas disponible. Dumbledore ne m'a rien dit sur ce qui s'était produit. Il a écarté ma question d'un vague geste de la main, grogna-t-il au souvenir de la désinvolture du Directeur.

- Ginny m'a fait prendre un philtre d'amour à plusieurs reprises. Apparemment, mélangé à du jus d'orange, celui-ci est devenu un poison qui accumule les métaux lourds dans l'organisme très rapidement. Heureusement, Séverus a pu trouver un antidote au poison et un traitement pour le reste.

- Ce n'est pas pour rien qu'il est le meilleur potionniste du pays.

- Si tu es d'accord, je demanderai à Séverus et Senthor de nous rejoindre ici pour ton prochain cours.

- C'est une excellente idée. Cela nous permettra d'échanger nos informations et de mettre une stratégie efficace au point.

Après une dernière étreinte, Remus renvoya Harry à ses cours et quitta le château le cœur lourd.

* HPDM *

Harry eut le plus grand mal à se débarrasser de Ron après le cours de Botanique. Malgré son dernier coup d'éclat et le fait qu'il ne décolérait pas suite à la rupture « publique » que le Survivant avait infligé à sa sœur, il tentait à tout prix de rester près de lui.

Une aide providentielle, ou plutôt calculée, lui fut apportée par Théo et Blaise qui bousculèrent le rouquin, en trébuchant sur le seuil de la serre. Déjà énervé, Ron rugit de fureur, sortit sa baguette et s'apprêta à jeter un sort lorsqu'il fut interpellé par le Professeur Chourave.

Tandis que le cadet des Weasley tentait de se dépêtrer de la situation, tous les élèves s'en furent vers leur prochaine activité. Harry attrapa le bras de Hermione et fit signe à Neville de les suivre. Rapidement, ils atteignirent le couloir de la Salle sur Demande. Draco et ses amis les attendaient déjà.

Sans un mot, Harry fit trois allers-retours et invita les autres à entrer. Un salon confortable attendait les adolescents qui s'installèrent rapidement. Draco profita du fait qu'il pénètre en dernier lieu, juste avant le Gryffondor pour se retourner et l'enlacer. Etonné de voir son amant faire preuve de sentimentalisme en présence de tiers, Harry se laissa embrasser sous les sifflements et les rires de leurs camarades, avant de s'affaler sur un sofa, les joues rouges d'embarras tandis que Draco arborait un sourire victorieux.

- Bien, Draco m'a dit que vous vouliez me parler, dit-il en regardant les Serpentard.

- Oui, déclara succinctement Théo.

- Mais nous ne nous attendions pas à rencontrer d'autres personnes que toi, continua Blaise.

- Je sais. Mais si ce que vous voulez me demander est bien ce que je crois, j'aimerais que Neville et Hermione soient présents également. Vous avez coopérer lorsque j'étais à l'infirmerie, et vous nous avez aidé pour le cas de Powers. J'ai confiance en mes amis… et j'ai également confiance en vous.

- Si facilement, s'étonna Pansy. Sans aucune preuve ?

- Pas vraiment sans preuve, mais c'est une longue histoire.

- Et pourrait-on en savoir plus ? interrogea Théo.

- Si vous acceptez un Serment Sorcier ! déclara Draco nonchalamment, s'attirant un regard stupéfait de Harry.

- Ca me semble normal, répondit Blaise, provoquant des réactions de surprise chez les Gryffondor.

- Mais, commença Hermione.

- Oh non, ma jolie. Nous voulons demander de l'aide à Harry et il est normal qu'il puisse demander une assurance. Si je peux échapper à Face de Serpent en contractant un Serment Sorcier, je n'hésiterai pas.

- Et nous non plus, s'exclama Pansy après avoir échanger un regard avec Théo.

- Alors, je le ferai aussi, prononça distinctement Neville.

- Mais …, intervint Harry.

- Il a raison Harry, attaqua la jeune brune. Tu nous as déjà rapporté pas mal de choses, mais tu sais comme moi que c'est dangereux. En faisant un Serment, nous nous protégeons tous de l'influence extérieure, quelle qu'elle soit, sourit-elle.

Les cinq protagonistes se levèrent et prononcèrent les mots qui lieraient leur loyauté. Aussitôt, un fort courant de magie les encercla avant que l'étreinte ne se dissolve, laissant une profonde sensation de bien-être les baigner.

Harry les observait, sans un mot, choqué de la confiance qu'ils lui accordaient. A côté de lui, Draco arborait un sourire soulagé. Il n'était pas tout à fait sûr de la loyauté de ses amis, ils n'étaient pas à Serpentard pour rien et il ne voulait en aucun cas mettre son amour en danger. Maintenant, il avait la preuve évidente qu'il avait eu tort et il en était heureux. Lui-même était déjà lié par le Serment formulé par son propre père en tant que chef de famille, sinon, il l'aurait fait également. La réaction des Gryffondor lui avait également fait extrêmement plaisir. Le comportement des belettes lui avait fait craindre que d'autres étudiants ne soient pas fiables. Ces deux-là incarnaient parfaitement les qualités de leur Maison.

Remis de ses émotions, Harry se lança dans les explications nécessaires à leur interaction. Il déroula le récit de ses « vacances », le complétant pour Hermione et Neville, confirma les manipulations de Dumbledore avancées par les Gobelins et les Aurors, expliqua les auras et présenta les rôles de Séverus, des Malefoy et de Senthor EagleKnight.

Dire qu'ils furent stupéfaits à l'entente des informations serait un euphémisme. Tous étaient intrigués par la prophétie des Dragons et les héritages de Harry. Ils le supplièrent de leur montrer sa véritable apparence. L'étendue de ses nouvelles connaissances déclencha une rafale de question de la part d'Hermione, mais aussi de Blaise. Les formes animagi des deux amants suscitèrent une admiration sans borne et ils obtinrent la promesse que Harry les aiderait eux aussi dans cet apprentissage.

Le Professeur Dumbledore n'était pas apprécié des Serpentard, tant il avait l'habitude d'envenimer les relations entre les maisons ennemies, mais ses exactions écœuraient tout le monde au plus haut point. Apprendre que Harry était son propre tuteur et ce grâce à Sirius les avait fait sourire, sans compter le soutien qu'il avait obtenu auprès des Gobelins. Les interdictions qu'il avait imposées les avaient fait grimacer, mais ensuite, ils avaient entraperçu le comique de la situation. Toutes les retenues devenaient le paravent idéal pour un jour pouvoir le défaire, lui et son plus grand bien, en même temps que Voldemort. Plus le vieux citronné faisait pression, plus les rets se resserreraient autour de lui.

Une question restait cependant en suspens : qu'en était-il de Ron et de Ginny ? Et les autres Weasley ? Le fait que sa famille d'adoption puisse jouer un rôle dans la mascarade de Dumbledore serrait le cœur de Harry.

L'heure de liberté arrivant à son terme, ils durent se quitter pour rejoindre leur prochain cours. Harry leur promit de parler à ses mentors le plus tôt possible et de les tenir au courant des événements. Hermione proposa de remettre en place une messagerie sur le principe des gallions de l'AD.

- Mais il faudra trouver un autre objet, sinon Ron et Ginny pourraient avoir des soupçons…

Juste avant de quitter la salle, Harry attira Draco dans ses bras. Il lui donna un doux baiser avant de caresser sa joue :

- Merci, mon dragon !

* HPDM *

Lorsqu'ils arrivèrent devant la classe d'Histoire de la Magie, Harry, Neville et Hermione furent violemment pris à partie par Ron qui fulminait.

- Ou étiez-vous passé ? Vous auriez pu m'attendre après Botanique, non ? A cause de vous, je suis en retenue pour toute la semaine avec Rusard ?

- A cause de nous ? demanda Neville avec une assurance affirmée. Et en quoi est-ce notre faute ?

- Vous auriez pu m'aider non ? Expliquer que c'était à cause de ces foutus Serpentard ?

- Ils ont trébuché et t'ont bousculé par accident, Ron, commença Hermione, ils ne l'ont pas fait exprès. C'est toi qui a mal réagi en les attaquant.

- Pas exprès ! Mais t'es folle ou quoi ? C'est des Serpentard !

- Ça arrive à tout le monde de trébucher Ron, intervint Harry.

- Mais oui, c'est ça ! A mon avis, ton soi-disant accident t'a transformé en véritable lavette ! Depuis la rentrée, tu te conduis comme un lâche ! Y a qu'à voir comment tu réagis avec Malefoy ! Et ma sœur ! Tu te comportes comme un scroutt en rut et quand tu réalises ta conduite, tu te transformes en botruc effarouché et tu la largues comme une malpropre.

- Monsieur Weasley, siffla une voix, il me semble que si vous ne hurliez pas comme un goret, vous auriez entendu que la cloche annonçait le prochain cours et que de ce fait vous seriez déjà installé en classe. Vu que, de votre propre aveu, vous êtes déjà en retenue toute cette semaine, j'imagine que j'aurai le profond déplaisir de vous recevoir dans mes cachots la semaine prochaine, pour un bon récurage de chaudron. Au fait, vingt points en moins pour Gryffondor, pour manque de tenue dans les couloirs, susurra Rogue avant de s'éloigner sans bruit.

Les quatre étudiants s'installèrent rapidement sous les regards courroucés, goguenards ou consternés des autres élèves. Harry restait encore stupéfait de la crise de colère de celui qu'il avait toujours considéré comme un frère. Depuis la rentrée, il ne le reconnaissait plus. Bien sûr, Ron avait déjà fait la preuve de sa jalousie à son encontre, mais ne s'agissait-il vraiment que de cela ?

Neville s'étonnait de sa propre attitude tandis que Hermione cogitait à toute force, analysant et cataloguant le comportement de Ron depuis le début de l'année. Du côté des Serpentard, Blaise avait posé la main sur l'avant-bras de Draco pour l'empêcher de sauter à la gorge du rouquin, tout en étudiant avec la plus grande attention les traits de la sorcière brune. Théo et Pansy, après avoir échangé un regard entendu, toisèrent la belette qui en rougit encore un peu plus.

Les deux heures de cours avec le Professeur Bins leur sembla une véritable torture. Tandis que le fantôme dévidait des listes de Gobelins ayant pris part aux diverses guerres et rebellions, les élèves tentaient vaillamment de résister à l'ennui, se laissant entrainer dans des pensées plus ou moins heureuses. Plutôt moins dans le cas de Harry qui continuait à s'interroger à propos de la famille Weasley. Il n'avait aucun doute quant au fait que la jalousie et l'envie (quelle qu'en soient les formes réelles) guidaient les deux cadets, mais il se demandait si quelqu'un les avait incité sur cette voie ou s'ils ne faisaient que suivre leur nature profonde. Et si quelqu'un les guidait, qui était-il ? Les parents, l'un des frères ou pire Dumbledore ? Et si c'était le directeur, avait-il également la mainmise sur le reste de la famille ? Il était cependant certain que les jumeaux étaient loyaux.

Une partie de la réponse lui parvint cependant au moment du repas.

* HPDM *

La Grande Salle bruissait des habituelles conversations. A la table des Rouge et Or, les commentaires allaient bon train sur le coup d'éclat de Ron qui avait fait perdre par deux fois des points durant la matinée. Bien que Harry ait tenté de s'asseoir un peu à l'écart, Ron était parvenu à s'installer juste en face de lui. Il ne lui adressait pas la parole mais foudroyait du regard le Survivant, Hermione et Neville. A côté de lui, Ginny n'était pas en reste, bien que chaque fois que Harry levait les yeux vers elle, elle papillonnait des cils en arborant un sourire étrange.

Un hibou s'étala soudain en travers de la table, envoyant voler autour de lui les plats, verres et carafes, sous les cris indignés des adolescents. Avec une grimace de dégoût, Dean retira un paquet de plumes ébouriffées de la soupière et le laissa tomber devant une Ginny mortifiée. Eroll, puisque c'était lui, tandis à la jeune fille une patte gracile à laquelle était attachée une petite enveloppe bleue. Ginny devint blême, de même que son frère qui la regarda avec horreur.

Un murmure parcourut la tablée avant de s'étendre aux autres tables. Les sorciers de souche laissèrent échapper des hoquets de stupeur tandis que les sang-mêlés et les nés-moldus les interrogeaient fébrilement. Même les professeurs semblaient estomaqués.

- Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda Hermione à voix couverte.

- C'est une Glaçante ! répondit Neville tandis qu'un frisson le parcourait, à l'instar de nombreux autres élèves.

- Et c'est quoi ? interrogea Harry.

- Une lettre de réprimande extrêmement rare et surtout très grave. Tu peux recevoir autant de Beuglante que tu veux, mais tu ne recevras jamais qu'une seule Glaçante. Seul le chef de famille peut rédiger une Glaçante et c'est une sévère mise en garde, expliqua Blaise Zabini dans le silence pesant qui s'était instauré.

- Mise en garde ? Mais pourquoi ? requit Dean Thomas.

- Cela signifie que tu as jeté le discrédit sur ton nom. Tes actions ont provoqué le déshonneur de ta famille. Cela veut dire que le chef de famille estime que l'offensé est en droit de réclamer un dédommagement à la hauteur du crime que tu as commis. Ta famille est dans l'obligation de réparer les torts.

- C'est une dette d'honneur alors ? demanda Hermione.

- Oui, mais pas seulement ! continua Blaise. Si tu reçois une Glaçante, ton nom, ta place dans la famille est remise en question.

- Comment ça ? reprit Harry.

- Au moindre faux-pas, à la moindre incartade, la gravité des actes étant laissé à l'entière estimation du chef de famille, celui ou celle qui a reçu une Glaçante sera reniée devant la magie.

L'horreur de la situation frappa tous les étudiants qui pâlirent devant les effets d'une si petite enveloppe. Comme si elle avait attendu ce silence, la missive s'éleva lentement à hauteur du visage de la plus jeune des Weasley et la voix doucereuse, mais effectivement glaçante, d'Arthur Weasley, se fit entendre

« Miss Ginevra Molly Weasley,

Le Conseil de Famille a été informé par le Département de la Justice Magique de l'usage répréhensible d'un philtre d'amour à l'encontre de Monsieur Harry James Potter. Cet acte se révèle indigne d'une jeune femme bien élevée et correctement éduquée et porte un immense préjudice à notre nom et à notre honneur.

Nous nous devons de vous rappeler que la famille Weasley est débitrice de deux dettes de vie envers Monsieur Harry James Potter, dont l'une est à votre entière charge. Votre forfait est d'autant plus aggravé que Monsieur Potter est considéré comme un membre de la famille, ce dont vous êtes parfaitement consciente.

La plus stricte surveillance sera désormais appliquée à l'ensemble de vos actes. Votre comportement décidera de votre appartenance à la Famille Weasley, qui est dès à présent remise en cause.

L'honneur de votre nom et votre filiation reposent donc désormais entre vos mains.

Arthur Septimus Weasley, chef de famille »

Ginny s'enfuit à toutes jambes de la Grande Salle, rapidement suivie par son frère qui lança cependant un regard noir à ses camarades. Le brouhaha reprit de plus belle, commentant à qui mieux mieux cet évènement extraordinaire.

Harry soupira, profondément triste d'apprendre que la famille Weasley se retrouvait en difficulté à cause de lui. D'une part, il était soulagé d'apprendre que Arthur et Molly le considéraient comme leur fils, mais il regrettait intensément la douleur qu'ils devaient ressentir face à la conduite de leur fille. Harry aurait voulu pouvoir leur parler avant que Arthur ne prenne une décision aussi lourde de conséquence, pour Ginny et pour eux.