Merci à tous ceux qui laissent des reviews, ça me fait vraiment plaisir =)
Sachez que vous pouvez retrouver la fic entière [ ou presque XD ] grâce au lien qui se trouve dans mon profil, mais je ne vous en dis pas plus ^__^
Bonne lecture =)
Son poignet était rouge. La nervosité l'avait forcée à trouver un passe-temps, et celui-ci n'était autre que de se défouler sur son avant-bras. Tant pis s'il virait dangereusement au rouge écarlate, elle en avait plus que besoin.
Sara avait demandé à un gardien d'aller chercher Scofield dans sa cellule. Il avait l'air surpris mais peu lui importait. Elle voulait simplement lui annoncer la bonne nouvelle. Depuis combien de temps était-elle là, à se gratter nerveusement et appuyée contre son bureau ? Ses jambes refusaient de se calmer et elle les sentait trembler sous elle. Ses mains étaient froides et blanches alors que des lumières claires papillonnaient devant ses yeux. Elle avait failli mourir ... Rien que la pensée de cette mort qui l'avait quelques heures plus tôt effleurée la fit frissonner.
Le petit local était frais la nuit et elle avait revêtu sa blouse de médecin pour se réchauffer. On aurait pu croire que le vent soufflait à travers les murs dans l'infirmerie. C'était en tout cas l'impression qu'elle avait.
- Sara ?
L'homme se tenait fixement devant elle, les poignets enchaînés. Son regard était soucieux et elle hésita à s'approcher de lui. Elle demanda au gardien qui l'accompagnait de lui enlever les menottes et de les laisser seuls. Elle avait à lui parler. Bien sûr, il ne devait être au courant de rien pour son frère.
- Michael, je ... hum ...
Une, deux, trois enjambées et il la serrait dans ses bras, une main dans ses cheveux et l'autre entourant sa taille. Il ressentait un bien-être indéfinissable de pouvoir enfin la toucher. Toute la journée elle lui avait manqué, alors maintenant qu'il avait l'occasion de l'approcher, il ne s'en priverait certainement pas.
Son cou lui faisait mal, mais sa position actuelle était loin d'être désagréable. Le torse chaud de Michael la réchauffait et curieusement, son esprit se calmait peu à peu, comme si les bras de l'homme créaient une barrière invisible entre eux et le monde au dehors.
- Où étais-tu ? murmura-t-il sans pour autant la lâcher.
- Chez Veronica. On a travaillé un peu sur le dossier de Lincoln, elle et Nick m'ont tout expliqué.
- Tout ? Vraiment tout ?
Il s'était détaché de son corps, les deux mains posées sur ses épaules. Ses yeux cristallins brillaient à la lumière de la lune, une lueur d'espoir au fond d'eux.
- Vraiment tout. Ecoute, je, euh ... j'ai quelque chose à te dire.
Voilà, elle ne veut plus de moi, j'en suis sûr ! pensa Michael.
- C'est Lincoln. Michael, il ...
La formulation était impossible, les mots faisaient une bouillie dans son cerveau. Il fallait se lancer et ce, sans réfléchir.
- La date d'exécution a été repoussée, le juge a revu sa décision.
Elle retint son souffle, attendant qu'il manifeste une réaction qui ne se fit pas attendre.
- Sara ! Mais c'est merveilleux !
- Oui, ça m'a surprise moi aussi, mais tout n'est peut-être pas perdu tout compte fait, sourit-elle.
Il ne savait pas ce qu'il ressentait. Il aurait voulu la prendre dans ses bras, l'embrasser, mais elle semblait distante. C'était à peine si elle n'était pas froide. Son sourire fut communicatif et il aperçut ses dents blanches quand elle releva la tête.
- C'est génial, je sais. Mais Pope m'en veut de m'en mêler et il m'a demandé de ... Michael ?
Mais Michael ne l'écoutait plus. Son regard était figé sur son cou, sa blessure à moitié cachée par ses cheveux aux reflets roux. Il avança une main tremblante vers elle mais Sara recula pour se heurter à son bureau en comprenant qu'il avait vu.
- Qu'est-ce que ... ?
- Ne touche pas.
Sa voix avait vibré d'émotion malgré elle. Si elle restait face à lui, elle ne pourrait pas se retenir de pleurer. Elle le planta là et ne réfléchit pas avant de fuir dans les couloirs de la prison. En passant, elle l'avait bousculé et il n'avait pas réagi. Le gardien était sans doute retourné à la salle de pause. Elle courait sans regarder derrière elle et ouvrit la première porte qui n'était pas verrouillée au fond du couloir.
La réserve. Cartons de fournitures étaient entassés et les étagères envahissaient la pièce. Peu d'espace restait pour se cacher et elle se faufila derrière l'une des structures métalliques. Assise au sol, les yeux clos, la respiration chaotique, elle faisait pression sur ses tempes de plus en plus douloureuses. Elle n'aurait su dire combien de temps s'était écoulé depuis qu'elle était là, mais elle sursauta en sentant deux bras puissants la happer vers le haut.
- Allez, debout ! J'ai une petite idée de ce qui s'est passé et crois-moi, ça ne me plaît pas du tout ...
- Mais lâche-moi ! Laisse-moi tranquille Michael, j'ai envie d'être seule.
- Et moi je ne te laisserai pas seule, pas dans cet état ! Maintenant arrête de pleurer et explique-moi. Sara !
Mais son regard, voilé par les larmes, exprimait une démence que Michael ne lui connaissait pas. Elle faisait presque peur, à hoqueter et à donner des coups pour qu'il la lâche.
Tout à coup, elle se mit à le frapper violemment, elle lui faisait réellement mal.
- Tout ça c'est de ta faute ! De ta faute si j'ai été blessée, de ta faute si Pope me force à quitter mon travail, de ta faute si j'ai ... Si j'ai des sentiments pour toi ! Tout est de ta faute, Michael ... Tout ...
A force de crier et de frapper contre son torse, Sara s'était physiquement et mentalement épuisée. Elle finit par se laisser choir dans les bras de Michael qui ne savait pas comment réagir à la détresse de la jeune femme. Il lui murmurait des mots rassurants à l'oreille qui semblaient la calmer, mais elle pleurait toujours. Son tee-shirt gris était trempé des larmes de Sara mais ça n'avait aucune importance. Même le fait qu'ils soient tous deux enfermés dans la réserve le laissait indifférent.
De sa main libre, l'autre enserrant toujours la taille de la jeune femme, il lui releva le menton et croisa ses pupilles folles dans leurs orbites. La solution n'était pas là, il en avait bien conscience mais que pouvait-il faire d'autre ? Alors, résolu, il l'embrassa avant qu'elle ne se dérobe comme elle avait pris l'habitude de le faire. Sara résista quelques secondes, ne le laissant pas pénétrer dans sa bouche, et accepta finalement son baiser. Elle finit par, sans vraiment s'en rendre compte, s'appuyer de tout son poids contre Michael. Le fait de le sentir tout contre elle fit réagir son corps et elle s'accrocha presque désespérément à sa nuque. Michael faisait pression sur ses reins pour coller encore plus leurs corps, si c'était possible. Il avait l'impression qu'elle ne cesserait pas de l'embrasser, même pour respirer. Sa blouse de médecin tomba au sol dans un bruit de froissement et, à bout de souffle, il cassa le baiser.
- Hey, doucement.
C'est sans prévenir qu'elle s'écarta de son corps, le propulsant presque contre le mur. La tête lui tournait à nouveau, sa colère avait disparu. Il tenta une main vers son visage et elle ne recula pas quand celle-ci descendit dans son cou. Il faisait attention de ne pas appuyer sur la plaie tout en l'examinant minutieusement comme lui seul savait le faire.
- Michael ...
- Qui t'a fait ça ? interrogea-t-il d'une voix douce.
- Je ne sais pas. Il y avait un sniper ... Michael, je suis fatiguée. Je reviens du bureau de Pope et il est au courant de toute l'affaire. Mon père l'a apparemment menacé et je dois rester chez moi le temps que l'enquête soit terminée. J'étais venue dans le but de te dire pour ton frère.
Pope lui avait demandé de quitter la prison ? Mais comment allait-il faire pour la clef ?! Etait-il seulement capable de la lui voler ?
Il se rapprocha encore d'elle jusqu'à ce que leurs genoux se touchent et lui caressa tendrement le bras.
- Je me doute que ça doit être dur, et je suis désolé de ce qui t'es arrivée. Tout ceci est une histoire horrible et je ne veux pas qu'ils t'atteignent. Rentre chez toi, je veux que tu te reposes et que tu reprennes des forces.
Sara n'eut pas le temps de protester qu'il la poussait déjà dans le couloir après avoir déposé un rapide baiser sur ses lèvres. Elle gloussait faiblement quand il lui imposa le silence d'un geste de la main. Un gardien. Michael était rentré si vite dans la réserve qu'elle n'avait eu le temps que d'entendre la porte claquer.
- Bonsoir Louis, sourit-il à l'homme noir.
- Bonsoir Docteur Tancredi. Que faites-vous ici à une heure si tardive ?
- Hum, j'étais revenue chercher un dossier mais je ne l'ai pas trouvé. Il doit être chez moi.
- Ah, ça arrive d'être distrait ! plaisanta Louis. Venez, je préfère vous raccompagner à votre voiture.
C'est sans discuter qu'elle suivit le gardien dans l'allée sombre du couloir de la prison. Il ne faisait pas vraiment attention à elle et marchait d'un pas rapide qu'elle avait du mal à suivre. Au coin du couloir, elle lança un dernier regard à la porte de la réserve toujours fermée, et sourit en se disant qu'il en avait dans la tête, le Scofield.
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