Disclamer : Tout l'univers et les personnages principaux appartiennent à J.K Rowling.

Note de l'auteur : Salut salut ! Je sais, ça fait longtemps, presque un mois. Mais le principal, c'est qu'un nouveau chapitre arrive ! Non ? ^^' Alors un petit chapitre autour de Ron.

Je remets dans le contexte le flashback qui se passe en début de chapitre : il se passe environ une semaine après le chapitre de Harry pendant lequel Ron a reçu le gage de parler à Hermione. Ce flashback se situe un mois avant le reste des événements du chapitre. Voilà voilà !

A part ça j'ai une grande nouvelle ! Calypso a dorénavant une beta-readeuse ! Alors un grand hip hip hip hourra à tipapoute ! :) Je lui dis un grand merci pour ce chapitre ! :)

Sur ce, bonne lecture.


Chapitre 28 : La nouvelle Plume de Ron Weasley.

Un mois plus tôt.

Ron Weasley était allongé, immobile, sur son lit et détaillait le plafond au dessus de lui. Les lourds rideaux de son lit à baldaquin décrivaient de jolies courbes au dessus de lui. Distraitement, il se demanda comment les elfes de maison pouvaient les atteindre pour les nettoyer. Ils étaient très petits, et les rideaux pendaient autour de très hauts pieds.

Le dortoir était silencieux. C'était le matin, et tout le monde devait être en train de prendre son petit-déjeuner. Mais pas Ron. Non, lui était retourné sur son lit juste après s'être habillé. Il savait qu'il devrait bouger, aller prendre son petit-déjeuner et aller en cours toute la journée. Mais son cœur l'empêchait de faire ça. Parce que s'il bougeait, s'il se décidait à descendre, il verrait Hermione. Et son cœur partirait encore une fois en miettes. Cette impression de s'étouffer à chaque fois qu'il la voyait lui était devenue insupportable. Il aurait voulu enfermer ses sentiments dans une boite et jeter la clé au loin. Mais ce n'était qu'un souhait naïf qui était impossible à réaliser.

Ron posa ses mains sur son visage et pressa ses paupières avec ses mains jusqu'à en avoir mal. Il devrait vivre avec ça toute sa vie. Il espérait juste que ses sentiments s'estomperaient avec le temps.

Le pari qu'il avait fait avec Ginny lui revint en mémoire. Il avait perdu, il devait donc accomplir son gage. Il allait devoir parler à Hermione. Il soupira en relâchant la pression (faite) sur ses yeux. La conversation qu'ils avaient eue tous les deux, un mois auparavant, avait déjà été assez compliquée. Il y avait eu beaucoup de pleurs et de cris. Alors, là, devoir lui parler encore et de Malefoy en plus. Ron s'attendait au pire.

A chaque fois qu'il pensait à la façon dont Hermione lui avait menti, il ne pouvait empêcher une bouffée de colère de monter en lui. Dès qu'il avait découvert sa traîtrise, il avait eu l'impression de ne plus être en présence de son Hermione. Comme si une autre personne avait pris sa place, lui ressemblant, certes, mais ce n'était plus Elle. C'était une femme qui mentait et qui manipulait pour avoir ce qui l'arrangeait. Peut-être qu'elle ne s'en rendait pas compte, ou qu'elle ne trouvait pas ça important, mais pour Ron, ses actes avaient complètement fait disparaître la Hermione qu'il connaissait depuis ses 11 ans.

Alors, oui, à chaque fois qu'il voyait Hermione, il sentait son cœur partir en miettes. Car à chaque fois qu'il la voyait, il se rendait compte qu'il ne reverrait plus jamais cette Hermione qui l'avait rendu si heureux.

Ron fit un bond dans son lit quand la porte du dortoir s'ouvrit à la volée. Il se redressa tant bien que mal pour voir celui qui perturbait ses pensées.

"Ron ! On a cours dans 5 minutes à l'autre bout du château !" S'écria Harry sans le regarder.

Le brun fonça vers son lit, retourna ses couvertures avant d'attraper son Manuel de Métamorphose Avancée. Il afficha un œil satisfait avant de se tourner vers Ron.

"Tu viens ?"

Ron ne bougea pas. Il n'avait pas envie d'y aller. Il aurait voulu rester là, sur son lit, toute la journée. Voyant son manque de motivation, Harry ajouta :

"Ginny m'a chargé de te dire que tu avais jusqu'à ce soir pour parler à Hermione."

Cela donnait à Ron encore plus envie de rester enfermé dans son dortoir. Mais, il savait qu'il n'avait pas le choix.

"C'est bon, je viens, je viens, dit Ron d'un air maussade. Je n'allais pas sécher un cours de métamorphose de toutes façons."

Il se traîna hors de son lit, attrapa son sac et suivit Harry hors de la salle commune.

Le cours de métamorphose passa à une lenteur effroyable pour Ron. Les coups d'œil insistants de Harry, les réprimandes du professeur Pond pour son manque d'attention, les efforts de Ron pour ne surtout pas regarder en direction d'Hermione avaient été épuisants. Mais le jeune homme aurait préféré que ce cours dure une éternité plutôt que de voir les aiguilles de l'horloge le rapprocher de l'heure fatidique où il devrait parler à Hermione. Malheureusement pour lui, après 55 minutes de sortilèges ratés par manque de concentration, la sonnerie de fin de cours retentit dans tout le château. Ron rangea ses affaires en sentant le regard d'Harry sur sa nuque. Il devait se demander s'il allait y aller s'il allait parler à Hermione.

Ron se leva en lui lançant un regard plein d'appréhension, avant de poser ses yeux sur Hermione, pour la première fois de la journée. Elle s'apprêtait à quitter la classe, alors Ron ne réfléchit pas et partit à sa suite. Il la rattrapa quelques pas plus loin. En le voyant s'arrêter devant elle, Hermione stoppa sa marche et lui décocha un regard interrogateur.

"Salut. On peut parler ?" Dit-il en ignorant son cœur qui tambourinait dans sa poitrine.

Elle l'observa un moment avant d'acquiescer et Ils reprirent leur marche en silence jusqu'à arriver dans le Hall. La grande porte était ouverte sur le parc, baigné d'un soleil radieux. Ils sortirent et s'installèrent sur un banc, le long d'une allée qui menait aux serres botaniques. Hermione regardait droit devant elle, et Ron lui lança quelques coups d'œil incertains.

"Alors, voilà, je... je voulais m'excuser pour la dernière fois. Je me suis un peu emporté, et j'ai dit des choses que je ne pensais pas."

Hermione tourna enfin la tête vers lui, mais son expression ne changea pas.

"Je comprends maintenant pourquoi tu fréquentais Malefoy, et je regrette tout ce que j'ai pu te dire."

Pendant plusieurs minutes, seul le silence lui répondit. Hermione avait détourné sa tête et semblait admirer le lac. Ron commençait à désespérer quand elle parla enfin :

"Tu le penses vraiment ?"

Ron resta décontenancé une seconde avant de répondre.

"Oui. Oui, bien sûr ! Affirma-t-il en sautant presque sur le banc. Je suis désolé, je me suis comporté comme un crétin.

- Ça ne te dérange pas que je parle à Malefoy ?"

Ron serra les poings pendant que son cœur s'emballait encore une fois. Mentir, il n'avait pas le choix.

"Non, j'ai compris ton point de vue. J'en ai parlé avec Harry et tout est clair maintenant..."

Le regard d'Hermione s'arracha à la vision du Lac Noir pour contempler le bout de ses chaussures. Malgré la fraîcheur de la matinée, Ron était en nage dans son uniforme. Voyant qu'Hermione ne disait rien, il reprit :

"Je voudrais reprendre l'enquête avec toi, Harry et Ginny.

-... Et Malefoy ?"

Ron déglutit difficilement.

"... Et avec Malefoy aussi," affirma-t-il à contre cœur.

Hermione ne sourit pas, et Ron en fut soulagé, sans vraiment comprendre pourquoi. Il savait juste qu'il était soulagé qu'Hermione accepte ses excuses, et que cette conversation soit enfin passée. Il avait l'impression qu'après ces dix minutes, un boulet l'avait enfin lâché : Il se sentait beaucoup plus léger.

Ron se tourna alors vers le lac en ayant l'impression qu'il venait d'effectuer la tâche la plus difficile au monde. Pourtant, quand il y pensait, objectivement, il n'avait fait que parler à une amie.

Mais était-ce seulement cela pour lui ? Il avait envie de répondre non. Bien sûr que non. Ce n'était pas une amie, une simple amie. Ils avaient vécu tellement de choses ensemble, qu'il avait le sentiment d'avoir passé une vie entière avec Hermione.

Hermione se leva maladroitement. Elle se tourna vers Ron.

"Heu... Il faut que j'aille à la bibliothèque, alors..., dit-elle en regardant ailleurs.

-OK. Oui, vas-y. Bien sûr..."

Hermione lui adressa un sourire timide avant de s'éloigner vers la porte du château, laissant Ron, seul avec ses pensées.

O0O0O0O0O

Le mois de juin signifiait ASPIC pour les septième année. Bien que le ciel était au beau fixe dehors, on ne voyait pas beaucoup de dernières années se prélasser au soleil. La plupart étaient enfermés dans la bibliothèque ou leur salle commune, effectuant des révisions intensives.

Si on allait au fin fond de la bibliothèque, vers le rayon des plantes magiques aquatiques, on pouvait trouver une table où étaient installés Harry Potter, Hermione Granger et Ron Weasley.

Ron déplia difficilement son corps au-dessus de la table remplie de parchemins et s'étira douloureusement en regardant par la fenêtre. Il vit un groupe de quatrième année affalé sur la pelouse du parc. Une envie irrépressible de les imiter le prit. Cela faisait plus de trois heures qu'il était devant ses cours de botanique, mais pour lui, c'était comme une semaine entière bloqué derrière ce bureau.

Bien qu'il soit resté au même endroit tout ce temps, il ne pouvait pas dire qu'il avait travaillé très efficacement. Cela avait commencé par une bataille de boulettes de papier avec Harry, sous les nombreux regards noirs d'Hermione. Après une observation méticuleuse de l'architecture de la bibliothèque, il s'était enfin décidé à sortir ses notes de cours. Trente minutes plus tard, il commençait enfin à lire la première page du premier chapitre. Mais après une heure de concentration intensive, il avait besoin d'une pause.

Le silence dans la bibliothèque était impressionnant. On entendait juste les parchemins tourner, les plumes gratter et les ouvrages sortir de leurs étagères. Ron avait besoin de sortir de cet environnement confiné. Au moment où il allait proposer à Harry de sortir prendre l'air, la sonnerie stridente de fin de cours retentit. Pour Ron, cela voulait dire cours de Divination avec Trelawney.

Hermione releva la tête pour la première fois depuis deux bonnes heures. Ses yeux étaient entourés de gros cernes. En la regardant, Ron ne put s'empêcher de s'inquiéter pour elle. Depuis un mois, il essayait de rester le plus courtois et le plus détaché possible, mais à certains moments, c'était difficile de garder ses distances. Les ASPICs étaient dans moins d'une semaine, et Hermione ne dormait que quelques heures par nuit depuis plusieurs semaines. Elle passait ses jours et ses nuits plongées dans ses livres et finalement, la seule chose qui pouvait la détourner de ses révisions, c'était les disparitions de magie.

Depuis leur conversation, Ron avait rejoint le groupe désormais composé d(e)'Hermione, Harry, Ginny, et Malefoy. Hermione avait ensorcelé trois autres Plumes qu'elle avait connectées à une sorte de réseau privé, avec les deux Plumes déjà créées. Elle avait décrit ça en l'appelant « un réseau de conversation instantanée privé comme sur internet» et Ron n'avait pas vraiment compris ce qu'était « internet » mais il avait préféré ne pas demander.

"On y va. Tu viens, Ron ?" Fit Harry en sortant Ron de ses pensées.

Le rouquin acquiesça et rangea ses affaires. A la sortie de la bibliothèque, Hermione dit au revoir aux garçons avant de se diriger vers la classe de Runes Anciennes. Ron et Harry allèrent vers la tour Nord. Arrivés dans la salle de Divination, les garçons s'installèrent autour d'une table basse. Les effluves typiques de la pièce envahirent rapidement leurs têtes. Bientôt, tous les élèves s'étaient installés et le professeur Trelawney émergea de ses appartements. Elle n'avait pas changé depuis la première fois que Ron l'avait vu, en troisième année.

-Bonjour. Aujourd'hui, je vais vous faire un récapitulatif des sujets qui vont probablement tomber aux ASPICs…

Ron avait déjà décroché à la fin de la première phrase. La poche de sa cape avait chauffé d'un seul coup. Il devina qu'un nouveau message était en attente sur sa Plume. Il jeta un coup d'œil à Harry et il le vit tout aussi alerte que lui.

"Ma Plume a chauffé, chuchota Ron en sortant sa Plume pour la glisser sous la table basse.

-La mienne aussi," répondit Harry en faisant de même.

Les deux garçons s'échangèrent un regard plein de curiosité. Sans attendre et d'un même mouvement, ils passèrent l'un de leur parchemin sous la table basse pour que la Plume libère son message. Après quelques secondes, Ron sentit sa Plume devenir inerte, il regarda le parchemin et lut :

«Drago Malefoy : Réunion urgente. J'ai du nouveau.

Malefoy. »

Ron releva la tête vers Harry qui lui montra son parchemin. Le même message y était inscrit. Le rouquin n'eut pas le temps d'ouvrir la bouche que sa Plume s'animait de nouveau. Il baissa la tête et vit qu'un nouveau message avait été transcrit en dessous du premier. En revanche, l'écriture était différente. Il lut :

« Hermione Granger : Tout le monde est bien connecté ? Malefoy, que s'est-il passé ?

PS : tu n'as pas besoin d'écrire ton nom, la Plume reconnaît ton écriture et transmet ton identité au début du message. »

Ron releva une nouvelle fois la tête, les yeux ébahis. En face de lui, Harry semblait tout excité. Ce dernier se pencha vers lui et chuchota :

"Je ne savais pas qu'Hermione avait rendu les conversations à plusieurs possibles ! Elle m'étonnera toujours."

Ron réfléchit quelques secondes à la phrase d'Harry avant de dire :

"Tu veux dire qu'on peut tous se parler ? En même temps ?"

Harry hocha frénétiquement la tête avant de glisser sa baguette sous la table et de marmonner ses instructions à sa Plume. Quelques secondes plus tard, Ron vit sa propre Plume prendre une nouvelle fois vie pour délivrer le message d'Harry sur son propre parchemin, à la suite du message d'Hermione.

« Harry Potter : Ron et moi sommes là. Hermione, tu es un génie ! »

Puis presque aussitôt après :

« Ginny Weasley : Je suis en cours d'Histoire de la Magie, mais je suis là aussi ! »

Ron imagina bien Ginny soulagée de voir une distraction se présenter pendant son cours le plus ennuyeux de la semaine. Il releva furtivement la tête pour voir que Trelawney était toujours dans un long discours passionné sur « l'art de l'interprétation des feuilles de thé ». Ron revint à la conversation beaucoup plus intéressante qui se déroulait sur son parchemin. Voyant que rien n'avait été rajouté, il écrit :

« Ron Weasley : Alors, que s'est-il passé ? »

Il y eut plusieurs dizaines de secondes sans réponse avant que l'écriture de Malefoy n'apparaisse.

« Drago Malefoy : On se détend Weasley. Je suis en cours aussi et Pond est un peu plus à cheval sur l'attention qu'on porte à son cours. »

Ron sentit ses oreilles chauffer. Il allait répliquer quand il vit qu'Hermione avait été plus rapide.

« Hermione Granger : On se calme, les garçons. Je pense qu'on est tous en cours en ce moment, alors ça ne sert à rien de s'énerver s'il y a un temps d'attente pour les réponses. La priorité reste de ne pas se faire prendre. Si un professeur découvre l'un de nos parchemins, on est fichus! »

Ron grogna imperceptiblement en levant les yeux vers Harry. Ce dernier leva les épaules avec un air de nonchalance qui ne lui allait pas du tout. Le rouquin répondit à contre cœur :

« Ron Weasley : OK. »

« Drago Malefoy : OK. »

« Hermione Granger : Bon, Malefoy, dis-nous pourquoi tu voulais cette réunion d'urgence. »

« Drago Malefoy : Il y a eu une nouvelle agression. »

Les réactions ne se firent pas attendre. Les réponses apparurent presque simultanément.

« Ginny Weasley : Quoi ? Qui ça ? »

« Hermione Granger : Tu veux dire une nouvelle agression dans le château ? »

« Ron Weasley : De quoi tu parles ? Il n'y avait rien dans le journal ce matin ! »

« Harry Potter : Qui c'est ? On le connait ? »

Aucune réponse ne vint immédiatement. Ron imagina la jubilation de Malefoy de tous les voir pendus à ses lèvres. Après une ou deux minutes où Ron écouta distraitement Trelawney parler des différentes interprétations possibles des feuilles de thé suivant le sens dans lequel on tenait la tasse, une réponse s'afficha.

« Drago Malefoy : On se calme. Alors, ce n'est pas paru dans l'édition du matin, parce que c'est arrivé i heures environ. Ensuite, non, ce n'est pas dans le château, ce n'est pas un élève. Et enfin, je suis au courant bien avant vous puisque c'est quelqu'un que je connais.

C'est le père de Pansy Parkinson, Wallerus Parkinson. »

Ron ne sut pas quoi répondre à tout ça. D'ailleurs, il vit bien vite que personne ne savait trop quoi répondre. Il échangea un regard avec Harry. Après plusieurs secondes, un message apparut enfin.

« Hermione Granger : Il a été emmené à Ste Mangouste ? Comment va-t-il ? »

« Drago Malefoy : Oui, il y est en ce moment. Je ne connais pas encore son état physique. Pansy m'a seulement dit que sa mère lui avait envoyé un hibou et que son père était à l'hôpital. Les guérisseurs n'ont pas encore diagnostiqué la disparition totale de sa magie. Elle doit m'envoyer un hibou ce soir, pour me tenir au courant. »

« Ginny Weasley : Tu ne sais rien sur son agression alors ? Tu ne sais pas s'il a vu quelque chose qui pourrait nous aider ? »

« Drago Malefoy : C'est ce que je viens d'écrire... Tu sais pas lire ?

« Harry Potter : Hé, tu ne parles pas comme ça à Ginny, Malefoy ! »

« Drago Malefoy : Techniquement, je ne lui parle pas, alors... »

« Harry Potter : Tu sais très bien ce que je veux dire ! Ne joue pas au Serpentard à deux noises. »

« Drago Malefoy : Fais gaffe à ce que tu dis, Potter ! »

« Harry Potter : Je croyais qu'on ne parlait pas, justement ! »

« Hermione Granger : Bon, ça suffit les garçons ! Revenons au sujet principal. Vous pourrez vous chamailler plus tard. »

Ron releva les yeux vers Harry et le vit froncer les sourcils, mécontent. Le rouquin avait remarqué qu'Hermione avait la légère tendance à jouer les arbitres à chaque fois qu'Harry ou lui-même se disputait avec Malefoy. Apparemment, il n'était pas le seul que ça échauffait.

« Hermione Granger : Donc Malefoy, tu ne sais rien d'autre ? »

« Drago Malefoy : Non, ça a été un grand coup pour Pansy. Je n'ai pas lu la lettre, peut-être qu'il y avait d'autres choses écrites dessus. Mais Pansy est partie presque aussitôt. Elle m'a juste dit qu'elle me tiendrait au courant. »

Le fait que Malefoy réponde poliment à Hermione énerva encore plus Ron. Il s'emballait quand Ginny lui posait une question, mais quand c'était Hermione, il ne disait rien ? C'était quoi son problème ?

« Hermione Granger : OK. Bon, tu nous tiens au courant pour la suite des événements. »

« Drago Malefoy : Oui, j'en saurai plus ce soir. »

Ron était écœuré. Il ne répondit rien. A la place, il fourra sa Plume et son parchemin rempli d'écritures diverses dans la poche de sa cape.

"Je rêve, ou Malefoy est courtois envers Hermione ? Grogna Ron en ouvrant son livre de Divination alors que plus de la moitié du cours était passée.

-Tu ne rêves pas, chuchota Harry.

-... malheureusement," ajouta Ron.

Harry leva les sourcils si haut qu'ils disparurent derrière ses cheveux.

"Quoi ? fit Ron. Tu préférerais que je mente ? Que je dise que je m'en foute qu'ils ont l'air de bien s'entendre ? Désolé, mais ça ne va pas être possible, là."

Harry le dévisagea un moment, mais ne répondit rien. Depuis quelques temps, Ron avait l'étrange impression qu'Harry lui cachait quelque chose, et il pressentait que c'était en rapport avec Hermione. Le garçon se pencha distraitement sur son livre. Toute cette situation avec Hermione le rendait paranoïaque. Harry était son ami, il lui dirait s'il savait quelque chose.

Ron ne put pas débattre plus longtemps avec lui-même : la cloche sonna la fin du cours sans qu'il n'en aie écouté le moindre mot. Il rangea son livre qu'il venai à peine d'ouvrir dans son sac, enfila sa cape et se leva. En sortant avec les autres élèves, il entendit le professeur Trelawney leur souhaiter de réussir leurs ASPICs. Ron se dit que c'était la dernière fois qu'il descendait l'échelle qui menait à la salle de cours et il en était bien content.

O0O0O0O0O

La Plume de Ron ne chauffa pas de l'après midi. Les cours de révision de Sortilèges et de DCFM s'enchaînèrent lentement et les deux professeurs respectifs leur souhaitèrent eux aussi de réussir leurs ASPICs. Le professeur Flitwick leur offrit même des plumes en sucre et des chocogrenouilles.

Malefoy donna enfin de ses nouvelles après le dîner. Les quatre Gryffondors étaient installés dans la salle commune, Hermione travaillait, Ron, Harry et Ginny discutaient tranquillement.

Ils sursautèrent presque tous simultanément. Ron regarda Harry qui semblait aussi excité qu'un enfant le matin de Noël. A côté de lui, Ginny avait les yeux écarquillés. De l'autre côté de la table basse, Hermione avait relevé la tête pour la première fois depuis qu'ils étaient tous installés. Ils plongèrent tous une main dans leur cape pour attraper leur Plume respective.

Quelques secondes plus tard, la Plume de Ron délivrait son message sur un bout de parchemin emprunté à Hermione.

« Drago Malefoy : J'ai du nouveau. »

Ron attendit, mais rien d'autre ne fut écrit. Il releva la tête, furieux.

"Ça lui foulerait un doigt de développer un peu ?" Grogna-t-il.

Ginny pouffa. Hermione lui lança un regard insondable. Visiblement, elle se retenait de dire quoi que ce soit. Elle se repencha sur son parchemin, sa baguette en main. Quelques secondes plus tard, la Plume de Ron s'anima une nouvelle fois.

« Hermione Granger : On est tous ensemble. Parkinson t'a écrit ? »

Ron se renfrogna. Il prit sa Plume et son parchemin et s'enfonça dans le canapé. Ça ne servait à rien qu'il participe s'il écrivait, il s'énerverait encore plus.

« Drago Malefoy : Oui, elle a pu voir son père et lui parler. »

« Hermione Granger : Et ? »

« Drago Malefoy : Et c'est fini, son père n'a pas pu faire voler la moindre plume d'oiseau avec sa baguette. Pansy m'a dit qu'il n'avait pas d'autre blessure, mais qu'il était obligé de rester à l'hôpital avec toutes les autres victimes des disparitions de magie pour le moment. »

« Ginny Weasley : Est-ce qu'il a vu quelque chose pendant son agression ? »

La réponse mit plus de temps à venir, mais Malefoy finit par écrire.

« Drago Malefoy : Pansy ne m'a rien dit sur ce sujet. Je vais lui envoyer ma réponse, avec quelques questions. »

« Hermione Granger : Oui, mais fais attention, elle ne doit pas se douter qu'on cherche les coupables. On est déjà sur la corde raide avec McGonagall qui nous surveille, il ne vaut mieux pas que qui que ce soit découvre ce que l'on fait. »

« Drago Malefoy : OK. »

« Harry Potter : Elle revient quand à Poudlard ? »

« Drago Malefoy : Je ne sais pas. Mais je pense qu'elle sera là pour les ASPICs, elle n'a pas vraiment le choix de toutes façons. »

« Hermione Granger : Peut-être qu'elle sera plus apte à répondre à tes questions à ce moment-là. Et puis, ça sera plus facile de cacher tes intentions comme ça... »

« Drago Malefoy : Je vous tiens au courant. »

Ron lança sa Plume qui atterrit pile sur la table basse.

"J'espère que Parkinson sera assez ouverte pour parler à Malefoy, dit Ginny en s'enfonçant dans le canapé.

-Oui, il n'y a plus qu'à attendre," répondit Hermione en se replongeant déjà dans ses bouquins.

Ron se retint de grogner. Cette entente avec Malefoy, il trouvait ça contre nature. Il ne voyait vraiment pas comment ils arriveraient à tous s'entendre. C'était tout simplement impossible. Ron releva les yeux vers Harry pour lui faire comprendre ce qu'il pensait, mais le brun fit comme s'il ne comprenait pas et détourna le regard.

Ron en était sûr, tout n'avait pas été dit.

O0O0O0O0O

Le grattement des plumes. Les toussotements étouffés. Le tic-tac régulier de la pendule sur l'estrade. Au milieu de ce silence assourdissant, Ron avait l'impression d'être pris au piège. Le temps passait, et il n'avançait pas dans son devoir de Sortilèges Théoriques. C'était sa dernière épreuve d'ASPIC. Dans une heure et quarante-deux minutes, il serait en vacances. Alors, logiquement, il devrait être plus que motivé pour finir son devoir et pouvoir peut-être sortir plus tôt. Mais tout ce qu'il voyait, c'était le balancier géant qui bougeait devant lui, comme un métronome. Une question l'avait bloqué, et ça avait été fini.

«En quelle année l'utilisation du sortilège « lanceflèche » fut-elle interdite ?»

Il n'en savait strictement rien, et il était incapable de dire pourquoi, mais son cerveau était devenu hors service à partir de ce moment-là. Il sentait bien le stress et la pression des secondes qui passaient. Voir les autres étudiants écrire frénétiquement le paniquait encore plus. Mais il restait bloqué comme au milieu d'un match de Quidditch particulièrement important. Sauf que personne ne le regardait cette fois-ci.

Il regarda une nouvelle fois l'heure. Il restait une heure et trente-six minutes. Le regard de Ron dévia légèrement et son cœur prit de la vitesse quand il vit Hermione penchée sur sa table, écrivant sans une hésitation. Ses cheveux détachés recouvraient presque complètement son dos. Le seul mouvement distinct qu'elle faisait à temps régulier était de tremper sa plume dans l'encrier posé devant elle. D'une pensée distraite, Ron se dit que s'il avait un minimum de pratique en Légilimencie, il aurait pu trouver la réponse à cette satanée question dans la tête de la jeune fille.

Il sourit à sa propre idée et détourna la tête... pour laisser tomber ses yeux sur Malefoy. Le jeune homme était à quelques rangées de table en diagonal entre Ron et Hermione. Le Gryffondor fronça les sourcils en voyant les yeux du blond fixés sur le profil de Hermione.

Pourquoi Malefoy regardait-il Hermione avec autant d'insistance ? Ron fit plusieurs allers-retours entre la jeune fille et le blond, mais Malefoy restait figé devant Hermione. L'incompréhension de Ron grandit. Il allait partir dans des hypothèses les plus improbables les unes que les autres quand un bruit sourd de chute retentit derrière lui dans le silence de la Grande Salle, suivi de quelques cris paniqués.

Le Gryffondor se retourna aussitôt, comme la plupart des élèves déconcentrés de leur copie. Le garçon vit des élèves se lever et se regrouper autour d'une des tables d'examen. Des filles mirent leurs mains devant leur bouche en signe d'incompréhension et de catastrophe. Ron allait se lever et se rapprocher quand le professeur Flitwick le dépassa en courant. Le rouquin suivit le pas et fut rejoint par Harry quelques secondes après. Il allait parler quand la voix aiguë du professeur Flitwick couvrit le brouhaha paniqué.

"Ecartez-vous ! Laissez lui de l'espace, par Merlin !"

Les élèves s'écartèrent au moment où les deux amis arrivaient devant l'attroupement. Leurs yeux se posèrent aussitôt sur la jeune fille étalée de tout son long sur les grandes pierres de la Grande Salle. Après quelques secondes de réflexion, Ron réussit à mettre un nom sur le visage immobile. Hannah Abbot avait les yeux fermés et semblait inconsciente malgré ses lèvres blanches qui tremblaient. Susan Bones, la préfète en chef de Poufsouffle était prés d'elle et sanglotait. Le professeur Flitwick était accroupi de l'autre côté de Hannah et baragouinait quelques sorts à l'aide de sa baguette magique. Hannah qui était restée immobile jusqu'à maintenant fut soudainement prise de spasmes violents. Flitwick stoppa ses sorts, croyant être à l'origine de ce changement d'état. Les yeux de Hannah s'écarquillèrent, inondés par les larmes. Susan poussa un cri aigu, mêlé de surprise et de frayeur. Ron entendit plusieurs autres cris dans le regroupement d'élèves. Il vit plusieurs filles se mettre à pleurer avec leurs mains devant leur bouche. Les yeux de Ron revinrent sur la jeune fille et il eut l'envie inattendue de s'avancer et de l'aider par n'importe quel moyen, mais au même moment, le professeur releva la tête vers Susan Bones.

"Miss, allez chercher Mrs Pomfresh. Maintenant !" s'exclama-t-il fermement, les sourcils froncés, avant de reprendre des sorts complexes au-dessus du corps toujours agité de Hannah.

La jeune fille s'exécuta. A peine le professeur Flitwick avait repris ses enchantements que Hannah retomba lourdement sur le sol, inconsciente. Un filet de sang mêlé à un liquide bleuté coulait de sa bouche. Au même moment, Hermione rejoignait les deux garçons.

"Mais, qu'est-ce que... " Chuchota-t-elle avec de l'inquiétude dans la voix.

Ron la regarda un instant, elle semblait prise d'une peur nouvelle. Il allait lui parler quand quelqu'un le fit trébucher vers l'avant. Il allait se retourner, plus inquiet pour Hannah, qu'en colère contre la personne inconvenante quand il reconnut Neville qui le dépassait bien vite. Il rejoignit la jeune fille inconsciente ainsi que le professeur Flitwick en deux enjambées. Le garçon s'accroupit et prit la main de Hannah dans les siennes comme s'il s'agissait de la porcelaine la plus fragile au monde.

"Hannah... Ô par Merlin. Hannah, réveille-toi, Hannah..." gémit Neville en passant une main sur son visage immobile.

Une vague de murmures envahit rapidement les rangs des spectateurs. Même dans les moments tragiques et incertains comme celui-ci, les commérages étaient de mise. Ron fronça les sourcils devant le manque de tact évident de la plupart des élèves. Le professeur Flitwick semblait être du même avis, puisqu'il se leva un instant après. Ron eut un doute cependant, puisque le gain de taille de son professeur fut très léger.

"Que tout le monde retourne dans sa salle commune. Il n'y a rien à voir ici ! Circulez !" Fit-il d'une voix forte qui ne lui allait pas du tout.

Après un temps de trouble, les élèves s'exécutèrent. Ron, Harry et Hermione suivirent le mouvement.

"Vous croyez qu'elle a quoi ? Demanda Ron. Elle était blanche comme un linge, et ces spasmes...

-Je ne sais pas. Mais j'espère qu'elle va mieux aller, fit Harry.

-Oui, moi aussi, dit Hermione. Et j'espère que Neville va tenir le coup... Hannah était l'une des seules choses qui le faisait tenir droit."

Les trois amis rejoignirent leur dortoir, croisant une Mrs Pomfresh courant presque, sur leur chemin.


Et voilà ! Que pensez-vous de la nouvelle équipe d'enquêteurs en herbe ? Et surtout, savez-vous en quelle année l'utilisation du sortilège « lanceflèche » fut-elle interdite ? Haha

Le prochain chapitre sera publié dans quelques semaines (je vais essayer de faire un délai plus court que pour ce chapitre). Il concernera ... Ginny Weasley, mais ne vous inquiétez pas, on y verra tout de même Drago ! ;)

A la prochaine, -Lippen.