Bien le bonjour à vous petit.e.s lecteurs et lectrices de notre histoire !

Chose promise, chose due, voici un nouveau chapitre pour ravir vos pupilles et trêves de blabla, on se retrouve en bas ou en review pour savoir ce que vous en avez pensé parce qu'on a hâte d'entendre vos retours !

Des bisous !


Erell

La victoire de Gryffondor au Quidditch a eu le mérite de détendre les esprits et de faire oublier le climat de tensions dû à la pétrification du chat de Rusard. Même le Cognard ensorcelé – je reste convaincue qu'il l'était ! - et le bras caoutchouc de Harry n'ont pas réussi à entacher la bonne humeur des élèves.

Hélas ! Pourtant, la joie est de courte durée quand le lendemain c'est une Helen Collney qui débarque en furie à la table des Serdaigles. Jusque là rien de bien exceptionnel, elle fait cela à chaque fois qu'elle revient de l'infirmerie et qu'elle y a entendu quelque chose de croustillant à raconter aux autres. Cependant, cette fois, je note que son expression est blanche, ses yeux effrayés et c'est la voix tremblotante qu'elle nous annonce la nouvelle fatidique.

- Il… il y en a eu une… une autre !

- Une autre quoi Helen ? demande Emma qui est occupée à relire ses notes de potions.

- Une… une autre attaque !

Subitement c'est comme si toute la table de Serdaigle avait arrêté de manger pour écouter ce qu'elle avait à nous dire.

- Je… je venais pour la potion contre le rhume, sanglote Hellen. Et.. et sur le lit, il… il y avait… il y avait…

- Il y avait qui Helen ? je la presse avec autant de délicatesse que possible tandis que mon regard parcourt les tables pour vérifier que tous mes amis s'y trouvent.

Susan et Jude sont à la table des Poufsouffles, je repère la tête de Granger à celle des Gryffondors et Rose est à côté de moi.

Helen parvient à reprendre son calme pour nous annoncer enfin l'identité de le victime.

- C'est ce petit Gryffondor de pre...première année… celui qui n'arrête… n'arrête pas de pr… prendre des photos. Il a été attaqué !

Le dimanche s'annonce soudain bien morose.

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- Colin Crivey a été pétrifié ?!

Je me retourne vers l'origine du bruit qui se trouve être un attroupement de troisièmes années de Serpentards.

- On dirait que la nouvelle a vite voyagé, fait Susan circonspecte.

- Flitwick et McGonagall en parlaient ce matin, nous apprend Emma. Et si Helen a décidé d'avertir tout le monde, il n'y a plus grand-chose que l'on puisse faire pour l'en empêcher désormais.

Presque malgré moi mes pensées vont vers les paroles de Malefoy prononcées le soir d'Halloween suite à la découverte du corps de Miss Teigne.

Bientôt ça sera le tour des Sang-de-Bourbes.

Colin est Né-Moldu. Je le sais parce qu'il était un des seuls amis de Ginny. Cette dernière d'ailleurs semble avoir accueilli la nouvelle de son agression assez mal, ce qui est plus que normal. Fred et George sont, en ce moment même, en train d'essayer de lui remonter le moral.

Il faut dire que cette attaque a été une véritable claque pour l'ensemble des élèves et du corps enseignant. Un chat passe encore, mais que quelqu'un puisse agresser un élève, encore plus un première année dont le seul défaut était de prendre des photos des autres sans permission reste un événement rare. Surtout au sein même de l'enceinte de l'école. L'ambiance du château allait fortement s'en ressentir.

Le lundi matin, la nouvelle a achevé de faire le tour des élèves et il suffit de voir les premières années se déplacer en bandes pour saisir que les pauvres sont morts de peur.

Quant à Fred et George, voyant que rien ne semblait redonner le sourire à leur petite sœur adorée, ils ont eu la bonne idée de se couvrir de peaux de bêtes et de se dissimuler derrière des statues pour la surprendre. Malheureusement pour eux, c'est sur Percy qu'ils sont tombés, un Percy irrité et fou de rage qui a d'ailleurs menacé d'écrire à leur mère, en avançant qu'entre les jumeaux qui donnaient des cauchemars à Ginny et Ron qui passait son temps dans les toilettes des filles – je ne sais pas trop comment Percy peut être aussi bien renseigné sur les agissements de ce dernier mais passons… – il était de loin le seul dans cette famille à savoir se comporter convenablement.

Quelques jours plus tard, surfant sur la vague de panique qui secoue Poudlard, c'est un trafic d'amulettes, de talismans et autres gris-gris en tous genres qui se met en place dans le dos des professeurs qui ont bien du mal à enrayer la peur qui se répand dans l'école.

Seuls les Serpendtards semblent sereins si l'on en croit Flint ou Malefoy qui se promènent le torse bombé, vantant à qui veut l'entendre qu'ils ne craignent rien, rapport à leur sang. Cela dit, certains élèves ont beau être issus de familles Sang-Purs, cela ne les empêche pas pour autant d'avoir peur. Ainsi, Neville Londubat a dévalisé les vendeurs de talismans et se promène désormais partout accompagné d'un gros oignon vert malodorant, d'une pointe de cristal violet et d'une queue de salamandre en décomposition.

Et ce n'est pas le seul car en me rendant à la bibliothèque je surprends Rathbones avec Carmichael, un élève de cinquième année à Serdaigle. D'abord, surprise, je m'aperçois bien vite que les deux sont en train d'effectuer une transaction, si j'en crois les Gallions que vient de glisser dans sa poche mon compatriote de maison.

Je préfère cependant ne pas trop traîner, ne tenant pas à me faire remarquer, et me dépêche de rejoindre les filles qui sont déjà au travail.

Alors que je me mets à rédiger ma dissertation sur les antidotes je m'aperçois que Susan est entourée de livres qui n'ont absolument rien à voir avec nos devoirs à rendre, ou même notre programme scolaire.

- « Les monstres de nos régions » ? « Les monstres les plus dangereux et comment leur échapper » ? « Stupéfiant : 100 monstres qui vont vous pétrifier en un seul regard » ? « Monstres rares et anciens : 3000 ans d'une monstrueuse histoire » ?

Susan relève la tête d'un épais volume qui sent la poussière et m'adresse un regard sérieux.

- J'essaie d'identifier notre agresseur. Je pensais à une sorte de Méduse…

- Une gorgone, tu veux dire ?

- Oui ! Ça existe ou pas ?

- Bien sûr, je fais. Sauf que les gorgones changent leurs victimes en statue par leur regard en plus de les pétrifier. Qui plus est, c'est un être à part entière avec une conscience propre, une gorgone ne se laisserait jamais contrôler par un sorcier, c'est bien trop fier pour ça !

Susan referme violemment son livre d'un air boudeur. Il faut être aveugle pour ne pas remarquer que mon amie est inquiète, et que c'est là sa manière à elle de se rassurer.

- Tu sais, tu peux toujours venir avec moi au club de duels si tu veux, je propose. Jude a accepté, Rose y va déjà. Tu verras, ce sera marrant…

Susan me fixe d'un œil interdit avant de hocher des épaules.

- Mouais, j'y réfléchirai…

Et elle se replonge dans sa lecture sur les monstres.

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C'est dans la morosité et l'inquiétude que se profilent enfin les vacances de Noël et je dois dire que pour une fois, je suis contente de pouvoir quitter l'atmosphère pesante de l'école. Susan a été une des premières élèves à s'inscrire sur la liste que faisait passer le professeur McGonagall arguant qu'au vu des derniers événements, elle préférait passer les fêtes avec sa famille. Rose et Jude en ont fait de même à mon grand soulagement. À vrai dire, mis à part Fred et George qui restent, ainsi que toute la famille Weasley, plus Hermione et Harry, nous rentrons tous chez nous.

Je suis même plutôt emballée par l'idée car c'est l'occasion de revoir mes cousins qui reviennent d'un tour du monde.

- Ils étudient les pratiques culturelles et locales de la magie, j'explique à Susan pendant un cours de Défense contre les forces du Mal.

- Super cool, me fait cette dernière qui a retrouvé le sourire le temps du cours de Lockhart. Tu ne m'avais jamais parlé d'eux !

J'ouvre la bouche pour lui répondre mais je suis coupée par Lockhart qui, en plein dans sa mise en scène de Promenades avec les loups garous, reprend Tyler qui apparemment n'y met pas du sien.

- Non, non et non ! Voyons, Mr. Azelos, avez-vous déjà vu un loup-garou se tenir aussi avachi, enfin ! C'est absolument ridicule, allons… Vous gâchez l'héroïsme de la scène ! Voilà, redressez-vous…Hmmm, oui, prenez un air féroce et montrez les dents !

À chacune de ses directives, Tyler, devenu le partenaire préféré de Lockhart, tente tant bien que mal de garder le peu dignité qu'il lui reste tout en obéissant.

- Et grognez Mr. Azelos, vous êtes un loup pas un caniche ! Je ne vous entends pas Mr. Azelos, grognez plus fort !

- Grrraou ! Fait Tyler qui n'est pas vraiment convaincant dans son rôle.

- Excellent, excellent ! s'enthousiasme pourtant notre professeur. J'en tremble, aha ! Et c'est alors, que moi, pauvre voyageur, perdu mais pas désespéré pour autant…

Voyant que le récit a repris, je me tourne de nouveau vers Susan pour reprendre notre discussion là où nous l'avons arrêtée.

- Ce ne sont pas vraiment mes cousins, je chuchote. Agustin et Ciaràn sont les fils de ma grande-tante, Shiobhàn. On a grandi ensemble cela dit mais j'imagine que comme ils avaient dix ans de plus que moi, ils devaient surtout me voir comme une sorte de sangsue assez enquiquinante…

- Et ta grand-mère, elle sera là ? me demande subitement Susan.

- Oh bah oui, je lui réponds. Papa veut qu'elle vienne habiter au manoir à cause de son âge plutôt que de rester toute seule dans son cottage !

Je m'interromps brutalement en voyant son air satisfait.

- Pourquoi cet intérêt soudain pour ma grand-mère ? je l'interroge en fronçant les sourcils.

Susan prend un air gêné avant de vérifier que Lockhart, qui est en train de se jeter sur Tyler dans ce qui se veut être le climax de la scène, ne nous prête aucune attention.

- Je me demandais si tu pouvais lui poser deux ou trois questions au sujet de la Chambre des Secrets et du monstre qui y habite, me fait Susan. Tous les livres sur le sujet ont été empruntés et comme c'est elle qui t'en a parlé la première…

- Oh ! je fais en comprenant immédiatement. Je.. oui, bien sûr mais tu sais ma grand-mère, avec tout le respect que je lui dois, a une fâcheuse tendance à divaguer… Un jour elle m'a même confondue avec un farfadet, alors je serais toi, je prendrais ses dires avec la plus grande prudence !

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Le coup du sifflet de Benson résonne dans mes oreilles, alors que j'amorce ma descente vers le gazon pour atterrir. On est en décembre et je suis en sueur mais tout va bien, notre capitaine ne nous a pas du tout achevés.

- Davies, je te le répète encore mais fais plus de passes ! À part ça, on se débrouille pas mal, on est mobiles et les Poufsouffles risquent d'en baver ! Je suis fier de vous, nous annonce notre capitaine. Ce sera tout pour ce soir, on se revoit après les vacances !

Il jette un coup d'œil dans ma direction et me désigne du doigt la malle contenant les balles.

- Donnovan, tu es de corvée !

Je pousse un soupir de dépit mais malheureusement pas de surprise. Benson a la désagréable habitude de déléguer aux autres les tâches qui ne lui plaisent guère. Je regarde un moment mes coéquipiers remonter vers le château, envieuse car cela signifie pour eux qu'ils vont pouvoir se réchauffer. Mais la neige et une bourrasque de vent glacial me rappelle que plus vite je m'exécuterai et plus vite je pourrai les rejoindre.

La malle pèse lourd et c'est donc sans surprise que je me mets à la traîner à même le sol plutôt que de la soulever – ce qui n'est de toute manière pas possible au vu de mon gabarit.

La vérité c'est que cette mission est très ardue et peu plaisante alors qu'à deux elle est tout de suite plus rapide.

- Attends, je vais t'aider !

Je gémis en reconnaissant la voix dans mon dos et ferme les yeux en espérant très fort qu'il s'agisse d'une hallucination auditive.

Seulement quand Dubois arrive à ma hauteur, je suis bien obligée d'admettre la vérité. Ce dernier se saisit d'une des poignées de la malle que j'ai lâchée momentanément pour faire une pause.

- Merci mais je m'en sortais très bien, je lance en tirant brutalement sur la malle et en me remettant au travail.

Je ne lui ai toujours pas pardonné ses dures paroles et même si l'entraînement de Serdaigle a pu reprendre grâce à l'intervention des professeur McGonagall, Flitwick et Chourave qui ont rappelé au professeur Rogue que le terrain devait être partagé le plus équitablement possible entre toutes les équipes, et non monopolisé par l'équipe de Serpentard, ce n'est en rien grâce à l'aide de Dubois.

Ce dernier m'observe galérer pendant quelques secondes avant de saisir la malle qu'il cale, tranquillou pilou, sous son bras comme si elle ne mesurait absolument pas la moité de son poids. Remarque qu'elle ne pèse pas la moitié de son poids, elle pèse la moitié du mien !

Il se met à marcher vers la château et à contrecœur je le suis. Nous marchons ainsi quelques minutes, dans un silence pesant.

- Tu ne comptes pas m'adresser la parole pas vrai ? me demande Dubois en se tournant vers moi.

- Tant que je n'y suis pas contrainte et forcée, non, je me contente en continuant d'avancer.

Il pousse un soupir qui, je ne sais pourquoi, sonne légèrement amusé à mes oreilles, ce qui a le don de m'irriter même si je mets un point d'honneur à ne rien laisser paraître.

- Très bien, dans ce cas je vais faire la conversation tout seul, continue Dubois, qui épie chacune de mes réactions du coin de l'œil. Il se peut, fait-il en prenant une grande inspiration, que tu aies eu raison pour les Serpentards et le terrain de Quidditch et il se peut également que j'aie eu tord et que je me sois comporté comme un sombre abruti à ton égard, Donnovan.

Je sens son regard sur moi qui me brûle littéralement la peau mais je décide de l'ignorer et reste le regard fixé droit devant moi. Je continuer d'avancer quand Dubois décide de se planter devant moi, me coupant le passage.

- Je suis en train de m'excuser Donnovan, un coup de main serait le bienvenu !

Je le fixe un instant et voyant qu'il n'a nullement l'intention de bouger, je hausse les épaules.

- Très bien, je suis tout ouïe !

Dubois m'adresse un sourire satisfait avant de reprendre.

- Je te prie de bien vouloir m'excuser pour mon comportement odieux, et je te remercie d'avoir été voir McGonagall pour arranger le problème de la réservation du terrain de Quidditch pour toutes les équipes.

J'avoue ne pas trop savoir comment réagir à ces excuses. Dans ma tête Dubois n'est pas le genre d'hommes à s'excuser. Cela dit, je mentirais si je disais ne pas apprécier le moment et me sentir flattée. Et j'ai beau être têtue, je ne suis pas spécialement rancunière. C'est déjà un exploit que je me sois rappelé pendant plus d'un mois la raison pour laquelle j'étais en colère contre lui…

Le capitaine de Gryffondor secoue la tête, amusé devant mon expression triomphante.

- Tu devrais te voir Donnovan, tu as cet énorme sourire sur ton visage comme à chaque fois que tu attrapes le Vif-d'Or ou que Fred t'offres une boîte de Fizwibiz !

- J'aime beaucoup les Fizwibiz, je note alors que nous reprenons notre marche vers le château.

- Est-ce que cela veut dire que j'aurais du venir avec une boîte pour augmenter mes chances ? plaisante Dubois.

Bien que ce ne soit qu'une blague innocente, cette dernière a le don de soulever un silence gênant aggravé par nos regards qui se croisent. Je m'empresse de baisser les yeux, souhaitant soudainement que le bureau de Mrs Bibine soit bien plus proche de nous qu'il ne l'est en vérité.

- Des plans pour Noël ? me demande Dubois.

Je hoche la tête en appréciant la tentative de conversation sur un sujet quelconque.

- Je le fête en famille, je marmonne.

Ma déclaration est suivie d'un autre silence entrecoupé seulement par une bourrasque de vent glacial qui vient me rappeler que je ne suis pas du tout équipée pour affronter le froid de décembre.

- Je me demandais si tu faisais quelque chose de particulier samedi prochain ? reprend Dubois subitement et j'ai comme l'impression que lui-même est surpris par les mots qui viennent de sortir de sa bouche.

- Samedi prochain ?! je répète sans vraiment comprendre. Rien de particulier, il me semble…

- C'est la dernière sortie à Pré-au-Lard de l'année, alors on pourrait…

- Oh mais oui ! je le coupe en me rappelant. Je dois y aller avec les filles et Cédric et Tyler. On a prévu de faire nos achats de Noël tous ensemble puis d'aller boire un chocolat chaud !

En voyant l'expression de Dubois, légèrement contrariée, je fronce les sourcils.

- Je suis désolée, je t'ai interrompu, tu disais ?

Ce dernier secoue la tête avant de me répondre.

- Peu importe… Je vais ramener les balles au bureau de Mrs Bibine. Tu devrais en profiter pour aller prendre une douche et te réchauffer Donnovan.

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Les jours suivants se passent dans le calme le plus complet. C'est en descendant un matin dans le Hall d'entrée pour se rendre dans la Grande Salle que Rose me désigne un attroupement près du tableau d'affichage.

Notre curiosité éveillée, nous nous dépêchons de rejoindre la masse d'élève qui y est déjà agglutinée.

- Qu'est-ce qu'il se passe ? fait Rose en notant la présence d'un Serdaigle de deuxième année, un certain Goldenstein.

- Ils organisent une séance pour apprendre à se battre en duel ! nous annonce ce dernier d'un ton surexcité. Ouverte à tous !

Rose et moi échangeons un regard.

- Vu l'inquiétude des élèves, cela va forcément avoir du succès, me fait mon amie.

- Je me demande qui va être le professeur encadrant, je marmonne. Si c'est Flitwick, cela ne peut qu'être génial, il a remporté les championnats de combats par duel du Royaume-Uni !

- Je doute que ce soit suffisant à vaincre un monstre cependant, renchérit Rose en reprenant son expression grave de ces derniers jours.

- On en a déjà parlé Rose ! je soupire. La Chambre des Secrets n'est qu'une légende inventée par des sorciers pour faire peur à d'autres sorciers ! Et quelqu'un est justement en train de l'utiliser pour créer la terreur dans cette école, alors ne lui donnons pas cette satisfaction.

Je marque une pause avant de continuer.

- Et puis, si jamais cette personne a la mauvaise idée de vouloir s'en prendre à toi, paf ! Un bon coup de Stupéfix dans les dents !

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Le soir même, nous sommes tous rassemblés dans la Grande Salle qui, pour l'occasion, s'est vue retirer ses tables, remplacées par une estrade dorée. Tous les élèves semblent anticiper avec excitation et certains on même déjà sorti leur baguette. Je me faufile dans la foule pour aller rejoindre Susan et son groupe de Poufsouffles parmi lesquels Cédric, Jude et Djem'.

- Alors pressés d'en découdre avec des Serpentards ? je plaisante en prenant place à leur côté.

Ils n'ont pas le temps de me répondre qu'un juron se fait entendre à ma gauche. Fred et George, qui viennent de nous rejoindre, fixent désespérés la personne qui vient d'entrer dans la Grande Salle et qui n'est autre que notre enseignant de la soirée, j'ai nommé… Gilderoy Lockhart !

- Approchez-vous, approchez-vous ! Tout le monde me voit ? Tout le monde m'entend ? Parfait ! Le professeur Dumbledore m'a donné l'autorisation d'ouvrir ce petit club de duel pour vous enseigner des méthodes de défense au cas où vous auriez besoin de faire face à une agression quelconque, comme cela m'est arrivé d'innombrables fois. Pour plus amples détails, je vous renvoie à la collection complète de mes livres. Je vais maintenant vous présenter mon assistant, le professeur Rogue, poursuit Lockhart avec un sourire éclatant en désignant ce dernier qui se tient dans son ombre. Il m'a dit qu'il avait lui-même quelques notions en matière de duel et il a très sportivement accepté de me servir de partenaire pour vous faire une petite démonstration en guise de préambule. Mais ne vous inquiétez pas, votre maître des potions sera toujours en état de vous faire cours quand j'en aurai fini avec lui. Aucun danger !

Rogue adresse un rictus à Lockhart qui n'a rien de plaisant et que je qualifierais même de menaçant. Je serais Lockhart, je n'aurais pas confiance.

- S'il pouvait y avoir des dommages collatéraux entre les deux, ça m'arrangerait, me souffle Fred et je ne peux que rigoler à sa blague.

Nos deux professeurs se positionnent face à face et s'inclinent comme le veut la tradition en duel. Mais là où le salut de Rogue est sobre et classique, celui de Lockhart est compliqué et agrémenté de nombreux moulinets aussi inutiles que ridicules. Puis, les deux adversaires lèvent leurs baguettes en l'air comme s'ils allaient s'en servir pour frapper l'autre.

- Comme vous le voyez, nous tenons nos baguettes dans la position de combat réglementaire, explique Lockhart à la foule des spectateurs silencieux. Lorsque nous aurons compté trois, nous jetterons le premier sort. Bien entendu, ni l'un ni l'autre ne cherchera à tuer l'adversaire.

Un grincement de dents un peu sceptique semble animer le public d'élèves qui est bien au courant de la haine que peut porter Rogue à notre cher professeur de Défense contre les Forces du Mal.

- Un... Deux... Trois...

- Expelliarmus ! s'écrie Rogue.

Un éclair de couleur rouge aveugle la salle et projette Lockhart à son extrémité dans un vol plané assez violent. Ce dernier se réceptionne tant bien que mal, mais tombe de l'estrade, ce qui a le malheur de le décoiffer. Malefoy et quelques autres élèves de Serpentard applaudissent bruyamment la scène et Rogue ne boude pas son plaisir vu son air goguenard.

Lockhart se relève tant bien que mal et en profite pour épousseter sa cape bleu ciel et son costume.

- Et voilà, excellente démonstration ! dit-il en remontant sur l'estrade d'un pas mal assuré. Il s'agit là d'un Sortilège de Désarmement. Comme vous le voyez, j'ai perdu ma baguette—ah, merci beaucoup, Miss Brown. C'était une excellente idée de leur montrer ça, professeur Rogue, mais sans vouloir vous offenser, j'avais tout de suite deviné ce que vous aviez en tête, c'était évident. Et si j'avais voulu vous en empêcher, je n'aurais eu aucun mal à le faire. Mais j'ai pensé que cette petite démonstration serait très instructive.

Cette déclaration teintée de mauvaise foi semble énerver le professeur Rogue qui foudroie Lockhart de son regard noir. Ce dernier, sentant qu'il serait très probablement dangereux pour sa vie de prolonger la démonstration, décide donc de passer aux choses sérieuses.

- Le spectacle est terminé ! A vous de jouer, maintenant ! Je vais passer parmi vous pour vous mettre deux par deux. Professeur Rogue, si vous voulez bien m'aider...

Les deux professeurs descendent de l'estrade pour passer dans les rangs et les répartir en binôme. C'est Rogue qui est chargé de notre petit groupe. Susan se retrouve avec Jude, Fred avec Cédric, George avec Lee. Djem' et Emma sont ensemble, quant à moi je suis avec Davies et Rose avec… Rathbones.

Mon amie m'adresse un regard de panique auquel je tente de répondre en demandant au professeur Rogue s'il est possible d'échanger mais ce dernier est aussi incorruptible que la pierre et balaye ma proposition d'un coup de main.

- Mettez-vous face à face ! dit Lockhart qui est remonté sur l'estrade. Et n'oubliez pas de saluer !

Dans la salle, tous les élèves s'exécutent. Je note un peu plus loin que Harry est en équipe avec Malefoy. Connaissant la haine que les deux se portent, cela peut vite dégénérer.

- Attention, levez vos baguettes ! crie Lockhart.

Je reporte immédiatement mon attention sur mon adversaire. Davies est très bon en Sortilèges et j'ai une réputation à honorer alors je ne voudrais pas me laisser surprendre.

-A trois, jetez un sort pour désarmer votre adversaire, je dis bien pour désarmer. Nous ne voulons pas d'accident. Un... Deux... Trois…

Lockhart a à peine terminé de compter que les sortilèges fusent. Mon Expilliarmus manque de quelques centimètres Davies, qui en bon joueur de Quidditch est habitué à esquiver. Il me répond en envoyant dans ma direction un sortilège de Jambencoton que j'arrive à éviter grâce à un Protego.

La consigne était pourtant claire : désarmer l'adversaire ! Mais il faut croire que pendant un combat il n'y a plus aucune règle qui vaille.

- J'ai dit « désarmer », rien d'autre ! nous parvient la voix de Lockhart.

De mon côté Davies prépare sa riposte car je vois ses lèvres se mouvoir au rythme du sort qu'il énonce. Je parviens cependant à le prendre de vitesse avec le sortilège du Saucisson ce qui le fait tomber au sol. Je pousse un petit cri de victoire et me permets de jeter un coup d'œil pour voir comment mes amis s'en sortent.

Susan a les cheveux complètement ébouriffés, et Emma est penchée sur une Djem' qui saigne du nez et qui n'arrête pas de s'excuser. Quant à Rose et Rathbones, ce dernier se contente de parer les attaques de la première.

Un peu plus loin, Dubois et Flint ont carrément abandonné leurs baguettes pour en venir aux mains, ce qui, je remarque, n'est pas un cas isolé.

- Stop ! Ça suffit ! hurle Lockhart.

Il n'y a pas besoin d'être un devin pour deviner que le résultat obtenu n'est absolument pas celui qui était escompté en organisant ce club de duel.

- Hou, là, là ! s'exclame Lockhart en observant le résultat des affrontements. Je crois que je ferais mieux de vous apprendre à neutraliser les mauvais sorts. Prenons deux volontaires, Londubat et Finch-Fletchley, par exemple...

- Très mauvaise idée, professeur Lockhart, intervient Rogue. Londubat sème la désolation chaque fois qu'il essaye de jeter le moindre sort. Il ne resterait plus grand-chose de Finch-Fletchley après ça ! Pourquoi pas Malefoy et Potter ? propose Rogue avec un sourire perfide.

- Excellente idée ! approuve Lockhart. Venez là, tous les deux.

Les deux intéressés montent sur l'estrade. Malefoy vint se placer immédiatement auprès de Rogue, quand Harry, lui, avance à reculons vers Lockhart qui lui adresse un sourire radieux.

- Harry, quand Drago pointera sa baguette sur toi, tu feras ça.

Lockhart lève sa baguette en l'air et commence à réaliser un long enchaînement complexe et alambiqué de gestes et arabesques. Devant l'expression perplexe de Harry, il est aisé de comprendre que ce dernier n'a pas saisi la totalité des gesticulations de Lockhart. L'enchaînement se termine quand Lockhart jette sa baguette au sol sans que je sache s'il l'a fait exprès ou non. J'ai quand même l'impression que cette « parade » est plus jolie que véritablement efficace.

- Holà ! Ma baguette est un peu énervée, ce soir ! tente de plaisanter Lockhart sans tenir compte du sourire narquois de Rogue.

- Il faut que je laisse tomber ma baguette ? lui demande Harry, incertain.

Pour toute réponse, Lockhart lui adresse un clin d'œil, ce qui ne rassure que très moyennement le pauvre Gryffondor. Du côté de Rogue, c'est en revanche beaucoup plus serein. Ce dernier s'approche de Malefoy pour lui chuchoter quelques mots à l'oreille qui ont le mérite de le faire sourire.

Autour de l'estrade tous les élèves se sont réunis pour mieux assister à l'affrontement qui se prépare. Il est de notoriété publique que Potter et Malefoy se détestent. Voilà qui promet !

- Trois... Deux... Un... Allez-y ! lance Lockhart.

- Serpensortia !

Un immense serpent noir sort de la baguette de Malefoy pour venir se dresser devant Potter, prêt à mordre. Aussitôt, dans la foule, une vague de peur vient faire reculer même les plus téméraires. Susan attrape la main de George qui essaye d'abord de la repousser avant de s'apercevoir que c'est elle et de bomber le torse fièrement pour lui chuchoter d'un air sûr de lui : « Ne t'en fais, j'en ai tué plein ! ».

- Ne bougez pas, Potter, dit tranquillement Rogue, visiblement ravi de voir Harry immobile face au serpent furieux. Je vais vous en débarrasser...

- Je m'en occupe, s'interpose Lockhart.

Ce dernier vient se placer entre le serpent et Harry et pointe sa baguette sur le reptile. Une énorme explosion retentit alors. Mais au lieu de faire disparaître le serpent, elle le projette dans les airs avant que l'animal ne retombe un peu plus loin.

Le reptile se tortille un moment tout en émettant un sifflement qui paraît furieux. Lorsqu'il se redresse c'est pour ouvrir grand la gueule, tous crocs dehors dans la direction d'un groupe de Pousouffles et plus précisément d'un première année et qui d'après le murmure de Jude, répond au nom de Justin Finch-Fletchley.

C'est ce moment que choisit Harry pour avancer dans leur direction et parler. Sauf que lorsque sa bouche s'ouvre et que ses lèvres se mettent à bouger le seul son qui en sort est une espèce de sifflement semblable à celui du serpent un peu plus tôt.

- Oh Merlin dites-moi que ce n'est pas vrai, je ne peux m'empêcher de jurer, en comprenant ce qui est en train de se passer.

Potter est un Fourchelang ! Un Fourchelang ! Et le serpent le regarde comme s'il attendait qu'on lui donne un ordre pour obéir.

Susan tourne rapidement la tête dans ma direction, attendant elle aussi des explications. Mais je suis trop préoccupée par la tournure des événements pour lui expliquer ce qu'est un Fourchelang.

Finch-Fletchley fixe Harry, l'air complètement abasourdi. Ce dernier lui adresse alors un sourire qui se veut sans doute rassurant, mais qui vient juste faire exploser le jeune Poufsouffle.

- A quoi tu joues ? lui lance-t-il.

Et sans attendre de réponse, il tourne les talons et s'enfuit de la Grande Salle, laissant une atmosphère pesante.

Rogue en profite pour s'avancer et agiter sa baguette, faisant définitivement disparaître le serpent dans une bouffée de fumée noire.

Ron finit par entraîner Harry et tous les deux se dirigent vers la sortie, Hermione à leurs côtés. Je remarque que sur leur passage, les élèves s'écartent et de nouveau je sens sur moi le regard interrogateur de Susan.

Comprenant que c'est le moment, et la soirée étant terminée de toute manière, je lui fais signe de sortir. Elle me suit, ainsi que Rose, Emma, Djem' et Jude. Très vite des élèves commencent à nous imiter pour regagner les dortoirs. Susan a l'idée de nous entraîner dans les cuisines où nous ne serons pas dérangées.

En nous voyant arriver, les elfes de maison se précipitent pour nous préparer des chocolats chauds et vu les émotions que nous avons eues, je dois bien avouer que je ne dis pas non à une bonne boisson chaude et réconfortante.

- Qu'est-ce qu'il vient de se passer ? demande Jude en croisant les bras sur sa poitrine.

- Je...je n'en suis pas certaine, fait Emma en se tournant dans ma direction dans l'attente d'une confirmation.

Je m'approche du feu et prend une profonde inspiration.

- Harry est un Fourchelang : il parle aux serpents, je tente d'expliquer.

Susan ouvre de grand yeux avant de souffler.

- Mais c'est grave stylé ! Sauf qu'on aurait un peu dit qu'il demandait au serpent d'attaquer le pauvre Justin, mais sinon c'est super cool comme habilité ! Un peu effrayant mais impressionnant ! Je savais même pas que certains sorciers pouvaient faire ça !

Mon regard grave semble doucher son enthousiasme.

- Pas tous les sorciers, je corrige. À vrai dire, les Fourchelangs sont assez rares et… si ce n'est pas quelque chose de très répandu c'est en partie parce que ce n'est pas forcément bien vu d'en être un.

- Mais pourquoi ?! fait Susan sans comprendre.

- Beaucoup d'entre eux ont pratiqué des branches de la magie reconnues pour appartenir à la magie noire. Et le plus connu d'entre eux n'est autre que Salazar Serpentard lui-même. D'où le serpent pour symboliser la maison Serpentard.

Un silence lourd suit mes paroles. Je peux presque entendre les cerveaux des filles fonctionner.

- La Chambre des Secrets a été ouverte, ennemis de l'héritier prenez garde, récite subitement Rose. L'héritier c'est Potter !

Jude qui sirotait son chocolat pousse un petit gémissement et Djem' plaque une main sur sa bouche. Seule Susan semble douter de cette déclaration.

- Ben on n'en sait rien non ?! Ça se transmet génétiquement ou pas ce don ? Aptitude ?

- Généti-quoi ?!

- Par le sang, m'explique Jude.

- Oh… je n'en sais rien mais cela doit sûrement augmenter les probabilités, oui. C'est comme les Métamorphomages…

- M'enfin, me coupe Susan, si Potter était l'héritier de Serpentard, ça se saurait non ?!

Je secoue les épaules.

- Pas forcément. S'il est vrai que beaucoup trop de sorciers accordent beaucoup trop d'importance à leur lignage, nombreux sont ceux qui revendiquent aussi un héritage qui n'est pas le leur. Cela a contribué à brouiller les pistes. Pour ce que j'en sais, les descendants de Godric Gryffondor, Helga Poufsouffle et Salazar Serpentard se sont soit évanouis dans la nature, soit ils sont morts depuis belle lurette…

Ma déclaration est accueillie par un silence froid et pesant. Et c'est dans cette ambiance morose et glaciale que les filles et moi nous séparons, chacune remontant vers son dortoir en espérant que la nuit emporte avec elle nos questions et nos doutes.

Malheureusement, le lendemain c'est une tempête de neige qui se déclare et cette dernière est d'une telle violence que tous les cours en extérieur sont annulés. Susan et moi, qui avons cours de Soins aux Créatures Magiques, décidons de mettre à profit ce temps pour réviser dans la Bibliothèque. Pas très loin de nous, un groupe de Poufsouffles de deuxième année a choisi d'en faire de même.

- Ils ont cours de Botanique, normalement, m'explique Susan. Mais j'ai croisé le Professeur Chourave et elle doit protéger les mandragores du froid en leur mettant des chaussettes et des écharpes, et c'est une tâche beaucoup trop délicate pour qu'elle la délègue.

- En tout cas, vu l'attention et le temps qu'elle donne aux mandragores, j'espère que ces dernières permettront de ramener Crivey ! je fais.

- Tu oublies Miss Teigne ! plaisante Susan dans un clin d'œil.

Je reporte mon attention sur le groupe de Poufsouffle, cherchant des yeux Finch-Fletchley. D'après les rumeurs, le pauvre est assez secoué et perturbé par ce qui est arrivé hier soir au club de duel. Cependant ce dernier n'est nullement là. Je remarque que les élèves sont en pleine discussion et tout en faisant semblant d'écrire, je ne peux m'empêcher de tendre l'oreille.

- J'ai conseillé à Justin de se cacher dans le dortoir, explique un des élèves, un gros garçon costaud. Si Potter l'a choisi comme prochaine victime, il vaut mieux qu'il se fasse remarquer le moins possible. Justin s'y attendait depuis qu'il a raconté à Potter qu'il était né dans une famille de Moldus. Justin lui a dit que normalement, il aurait dû aller à Eton, ce n'est pas le genre de chose dont il faut se vanter devant un héritier de Serpentard, non ?

- Alors, d'après toi, Ernie, ce serait vraiment Potter ? demande d'un air anxieux une fille aux nattes blondes.

- Réfléchis, Hannah, répond le gros garçon, il parle Fourchelang, il n'y a que les adeptes de la magie noire qui en sont capables, tout le monde sait ça. Tu connais d'honnêtes sorciers qui parlent aux serpents, toi ? Serpentard était lui-même surnommé Langue-de-serpent.

Un murmure général s'élève autour de la table à l'entente de cette annonce. Je vois que Susan a elle aussi relevé la tête et qu'elle fixe le groupe, les sourcils froncés, ce qui traduit chez elle une intense réflexion.

- Souviens-toi de ce qui était écrit sur le mur : Ennemis de l'héritier, prenez garde. Potter a eu des ennuis avec Rusard et comme par hasard, c'est le chat de Rusard qui a été attaqué en premier. Crivey a énervé Potter en prenant des photos pendant le match de Quidditch, surtout quand il était allongé dans la boue avec son bras cassé. Et tout de suite après, Crivey devient la deuxième victime !

- Il a l'air tellement gentil, pourtant, dit Hannah qui ne parait pas encore tout à fait convaincue. Et puis c'est quand même lui qui a fait disparaître Tu-Sais-Qui. Il ne peut pas être si mauvais que ça...

Susan claque brutalement son livre et se dirige vers la sortie de la bibliothèque m'obligeant presque à courir pour la rattraper.

- Et si c'était lui ? Potter ?! me fait-elle alors que j'arrive à sa hauteur dans le couloir. Après tout, on ne sait jamais vraiment ce qui s'est passé ce soir là avec Tu-Sais-Qui ?!

Je marque une pause en réfléchissant prudemment aux mots que je vais prononcer.

- Tu crois vraiment que ça puisse être Harry, Susan ? Il est ami avec Granger ! Ça ne colle même pas en plus ! Potter était en retenue avec Lockhart le soir de l'agression de Miss Teigne ! Et à l'infirmerie la nuit ou Colin a été retrouvé ! Celui qui s'attaque aux élèves se sert de la peur pour faire diversion et ce n'est pas Potter ! Il se fait prendre à chaque fois qu'il brise le règlement, Susan !

Mon amie semble peser le pour et le contre avant de pousser un profond soupir et de se laisser tomber au sol en glissant contre le mur.

- J'ai tellement peur, Erell, me souffle-t-elle tout doucement. Pas que pour moi, même si je ne suis pas Née-Moldue, mais aussi pour Jude, Rose, Hermione, Justin… et tous les autres ! En quatre ans à Poudlard, je me suis toujours sentie en sécurité ici, comme à la maison et maintenant c'est… Et je cherche un coupable sauf que comme je ne le trouve pas et bien, je soupçonne Harry !

Elle se met à rigoler doucement comme si elle venait de s'apercevoir de l'absurdité de ce qu'elle a énoncé un peu plus tôt.

- En même temps, cela à beau être du grand Ernie McMillan de raconter ce genre d'histoire, mais s'il avait raison... tu crois que ses arguments tiennent la route ?

Elle pousse un soupir. Je viens m'asseoir à ses côtés et pose une main sur son épaule sans trop savoir quoi lui dire. J'ai beau être quelqu'un d'assez rationnel, j'ai peur pour mes amis tout autant que Susan. Je m'efforce juste de ne pas le montrer.

Je ne sais pas trop combien de temps nous restons ainsi, assises à ne pas parler. Mais subitement le calme est rompu quand un cri s'élève dans les couloirs.

- ATTAQUE ! ATTAQUE ! NOUVELLE ATTAQUE ! AUCUN VIVANT, AUCUN FANTÔME N'EST À L'ABRI ! SAUVE QUI PEUT ! ATTAAAAAQUE !

Susan et moi échangeons un regard avant de nous précipiter vers l'origine du bruit. Quand nous arrivons un petit attroupement d'élèves est déjà concentré autour de la forme flottante de Sir Nick Quasi-Sans-Tête. Contrairement à d'habitude, il n'est pas gris perlé mais complètement noir, comme un nuage de fumée. Sa tête est à moitié décollée de son cou et une expression de stupeur à moins que ce ne soit de terreur est peinte sur ses traits.

À cette vue, je reste pantoise, sans comprendre vraiment comment quelqu'un, ou quelque chose, a pu s'en prendre à un fantôme !

Ce n'est qu'un entendant le petit cri étouffé de Susan que je détache mes yeux du spectre. Cette dernière pointe du doigt ce qui se trouve au pied de Sir Nick Quasi-Sans-Tête et que je n'avais pas remarqué jusque là. En voyant Justin Finch-Fletchley, allongé au sol, le corps raide et froid, je sens mon ventre se retourner et une expression de malaise s'emparer de mes entrailles.

À côté de lui, Harry semble complètement sonné, une envie criante de s'enfuir se lisant dans ses prunelles vertes.

Voilà qui risque fort de compromettre son innocence.

.

La double agression de Nick Quasi-Sans-Tête et de Justin a accru si possible la méfiance et le malaise qui régnaient déjà à Poudlard. Les réservations pour rentrer chez soi à Noël ont doublé en l'espace de quelques jours et tous les élèves se demandent désormais quelle est la chose qui a bien pu s'en prendre à un fantôme – et le vaincre.

Le comportement des gens envers Harry change, lui aussi. Si avant, il s'était trouvé quelques élèves qui voulaient bien lui parler, ces derniers peuvent maintenant se compter sur les doigts d'une main atrophiée.

Même la sortie à Pré-au-Lard ne parviennt pas à adoucir les esprits. Tout le monde a le réflexe de se précipiter vers Scribenpenne et Derviche et Bang, et alors que je refais mes stocks d'encre, j'y croise même George au beau milieu du rayon des talismans et autres amulettes. Il se dépêche même de mettre quelque chose dans sa poche pour le dissimuler à ma vue.

- Ah Erell ?! Tu es là… aha, belle journée pas vrai ? me lance-t-il l'air de rien.

Je jette un coup d'œil au dehors et à la tempête de neige qui s'abat sur ceux qui ont le malheur d'être dans la rue. Définitivement pas une belle journée. Je désigne sa poche droite.

- C'est pour Susan ?

Immédiatement George a les oreilles qui rougissent, ce qui vient confirmer ce que je savais déjà. Il hésite un moment avant de plonger sa main dans sa poche pour en sortir une pierre gravée d'une rune.

- Je savais pas trop quoi prendre, m'avoue-t-il piteusement. Je voulais la graver moi-même mais je ne m'y connais pas trop en runes alors c'est pas évident, rigole-t-il un peu gêné.

Je me tourne vers l'étagère et parcours le rayon avant de m'arrêter sur un petit collier avec des perles de bois. Un pendentif en œil de tigre y est accroché. Puis je prends un bout de papier sur lequel je gribouille une rune avant de le lui tendre.

- Algiz, c'est la rune de protection par excellence, j'explique à George en déposant le bracelet dans sa main. Bien souvent, les runes ont plus de propriétés quand elles sont gravées par un sorcier qui a des raisons de le faire.

Mon ami m'adresse un sourire de reconnaissance avant de filer vers les caisses. Je m'empresse de rejoindre Susan qui m'attendait dehors.

- T'en a mis du temps, me fait-elle remarquer. C'est qu'il fait froid... Qu'est-ce qui a pris autant de temps ?

- Oh, une affaire de runes, je fais mystérieusement.

.

Le vent souffle bruyamment sur la lande irlandaise, envoyant valser les flocons de neiges. De là où je suis, devant la cheminée, emmitouflée dans une grosse couverture de laine, à boire du chocolat chaud, je ne peux que m'estimer heureuse d'être au chaud.

Mon père qui lit le journal pousse un profond soupir à mes côtés.

- C'est une sale affaire ce qui arrive à Poudlard, là ! Ces élèves pétrifiés… !

- Je n'ose imaginer les pauvres parents, fait ma mère en arrivant et en commençant à se remplir une tasse de thé. Passer Noël sans leur enfant ! Cela doit être horrible !

Mon père prend une expression dégoûtée.

- Ce qui est horrible c'est la réaction de certains. Malefoy pavane au Ministère de la Magie, c'est vraiment inadéquat. Non mais ! Il y a des gens qui souffrent et lui raconte à qui veut l'entendre que c'est de la faute de Dumbledore et qu'il va le faire suspendre !

Je me redresse sur le canapé brusquement, scandalisée !

- Quoi ?! Mais… mais il a pas le droit si ?!

Mon père semble désolé et ma mère se contente de baisser les yeux.

- Malheureusement si le Magenmagot vote à la majorité pour, il peut. C'est une mesure exceptionnelle mais Malefoy a beaucoup de soutiens et qui plus est, il joue sur le climat pour accroître son pouvoir ! Et Skeeter qui s'est emparée de l'affaire ! Cela ne va faire qu'aggraver les choses !

- Promets-moi que tu feras tout ton possible pour empêcher le renvoi de Dumbledore, Luke ! intervient ma mère. S'il s'en va, ce sera la panique complète ! Les parents risquent de retirer leurs enfants de Poudlard !

Je me tourne vers mon père, attendant avec impatience sa réponse. Il me sourit doucement avant de venir m'ébouriffer les cheveux, défaisant mes tresses au passage. C'est dingue de voir que même à quatorze ans passés, mon père se comporte toujours avec moi comme si j'avais huit ans.

- Comme s'il y avait besoin de demander ! Ce n'est pas demain que l'héritier de Serpentard pourra régner comme il l'entend sur Poudlard ! Après tout, les aigles mangent les serpents !

Sa tentative de plaisanterie m'arrache un petit sourire mais me rappelle surtout la promesse faite à Susan dans le train. Je me lève aussitôt devant mes parents circonspects.

- Où vas-tu ? me demande ma mère.

- Voir grand-maman ! je leur indique en prenant la direction des jardins de verre.

Comme je l'espérais, ma grand-mère s'y trouve. C'est son endroit préféré dans le château et je peux comprendre pourquoi. Partout des plantes, exotiques ou pas, magiques ou non ont été disposées. Il y a surtout des roses bleues. Ce sont les préférées de grand-maman et elle raconte à qui veut l'entendre que grand-papa les lui auraient offertes le jour où il l'aurait demandée en mariage et que depuis, les Donnovan les cultivent avec la plus grande vénération.

En entendant mes pas, Typhon, son aigle, pousse un petit cri aigu. Il la suit partout, se perchant sur le dossier de sa chaise roulante. Il faut dire que ma grand-mère l'a élevé depuis qu'il n'était qu'un oisillon à peine sorti de l'œuf.

Ma grand-mère se retourne, me faisant face de ses yeux blancs et aveugles, une main tendue vers mon visage. Je l'approche alors de sa main, pendant qu'elle fait parcourir ses doigts parcheminés sur ma peau.

Malgré son âge, elle conserve des cheveux très noirs ondulés et brillants, naturellement et sans aucune intervention magique, qui font honneur à notre nom de famille. Après tout Donnovan signifie en irlandais la tête noire. La seule exception à sa tignasse d'un noir corbeau est une unique mèche de cheveux blancs.

Et bien qu'elle ne soit plus trop en forme physiquement et qu'elle ait une fâcheuse tendance à radoter, je l'ai vue une fois, quand je devais avoir six ans, faire fuir un des merrows mâles qui habite dans notre lac et qui tentait de m'attirer vers les profondeurs sous-marine. Depuis ce jour je la respecte énormément en plus de l'aimer profondément, ne serait-ce que pour les histoires dont elle nous berce, mon père et moi.

- Tu as l'air soucieuse, me fait ma grand-mère. Est-ce à cause de ce qui se passe à Poudlard ?

- Je ne savais pas que tu étais au courant, je remarque surprise en prenant un siège et en venant m'asseoir à ses côtés.

Presque aussitôt Typhon déploie ses grandes ailes pour venir se poser sur l'accoudoir, attendant que je lui accorde quelques caresses. Je m'exécute de bonne grâce.

- Ton père croit qu'il est inutile de m'importuner avec de telles histoires, pff ! Comme s'il savait ! J'étais là, moi, la première fois que c'est arrivé !

J'immobilise mon geste à ce brusque aveu.

- Tu étais là ?!

Ma grand-mère part dans un petit rire qui n'a rien de joyeux.

- Je me souviens, mmph, j'étais jeune à l'époque. Je venais d'être nommée préfète en chef… et je pensais un peu naïvement alors que mon nouveau poste me permettrait de faire changer les choses, d'aider les élèves…

Ma grand-mère marque une pause, pensive et sûrement perdue dans ses pensées.

- La pauvre enfant… Poudlard est censé être une deuxième maison pour les enfants qui y vont, et la maison à laquelle vous appartenez une seconde famille… C'est ainsi que les fondateurs l'ont pensé et pourtant… jamais je n'ai vu une élève plus triste qu'elle…

Je fronce les sourcils ne comprenant pas vraiment le flot de paroles qui se déverse des lèvres de ma grand-mère, ni même l'enchaînement logique de son raisonnement.

- Qui ? je demande.

- Pauvre Myrtille, continue ma grand-mère en ignorant ma question. Son temps à Poudlard et son expérience se sont révélées fatales pour elle… pas d'amis, harcelée par les autres élèves… La vérité c'est que Poudlard peut se révéler être un lieu aussi accueillant et chaleureux qu'il peut être inquiétant et cruel. Tout dépend des gens qui y habitent…

- Je ne comprends pas, grand-maman…

- Il était si gentil pourtant, soupire ma grand-mère. Il venait toujours me rassurer quand un élève se faisait agresser… et il me faisait rire… et me sentir spéciale… pas pour ce que je représentais en tant que descendante de Rowena Serdaigle mais pour ce que j'étais… parce qu'il ne pouvait pas savoir ce que je représentais réellement, n'est-ce pas, puisqu'il était d'origine Moldue ?

La voix de ma grand-mère m'apparaît comme vague, comme noyée par les souvenirs et l'émotion. Je dois presque tendre l'oreille pour continuer à écouter ce qu'elle me raconte. À mes côtés, Typhon se met à pousser des petits cris qui me font penser à une complainte.

- J'étais si naïve, si naïve… je l'ai cru quand il m'a dit que tout irait bien, que personne ne serait blessé… et puis elle est morte ! Et il n'arrêtait pas de me poser toutes ces questions sur Rowena et le diadème… et je ne savais pas, je ne savais pas !

Soudain ma grand-mère relève la tête et plonge ses prunelles laiteuses dans les miennes. Je reste immobile, terrifiée par la peine que j'y lis, cette douleur qui me donne l'impression qu'elle est folle. Brusquement, ma grand-mère esquisse un mouvement pour s'emparer de mon poignet et se met à le serrer si fort malgré sa frêle corpulence, que mes os me font mal.

- Je ne savais pas, tu comprends ? me fait-elle. Tu comprends?!

- Tu me fais mal, grand-mère, j'articule en essayant de me dégager.

Rien n'y fait. La poigne de ma grand-mère est faite d'acier, et subitement je commence à avoir vraiment peur. Typhon se met à chanter de plus en plus fort, et ses cris, couplés à ceux de ma grand-mère, m'abrutissent.

- Je ne savais pas ! Tu comprends, n'est-ce pas ?! Dis-moi que tu comprends, me martèle-t-elle. Dis-le moi ! Dis-le moi ! DIS-LE MOI !

Son cri me fait sursauter et prise dans mes gesticulations pour me dégager de son emprise, ma chaise bascule et je m'étale sur le sol de la verrerie avec fracas. Presque aussitôt, j'entends la voix de mon père qui arrive, inquiet et légèrement énervé.

- Que se passe-t-il ? Maman ?! Erell ?! Bon sang, Shiobhàn aide-moi, s'il te plaît !

Encore étourdie, je sens deux mains fortes m'attraper par les épaules et me remettre sur pieds. J'ai à peine le temps de reprendre mes esprits que je croise le regard noir de mon père qui me secoue par les épaules.

- Erell, que s'est-il passé ?! De quoi parliez-vous ?!

- Je…

Ma voix meurt dans ma gorge quand je croise du regard ma grand-mère qui se balance sur sa chaise en répétant toujours les même mots. Et les larmes me montent brusquement aux yeux.

- Erell, intervient une fois de plus mon père. Erell ?! Dis-moi ce qu'il s'est passé ! Dis-le moi !

- Luke ! le réprimande ma grande-tante Shiobhàn. Tu es en train d'effrayer ta fille ! Occupe-toi donc de ta mère et je me charge d'Erell !

Mon père finit par me lâcher et je passe dans les bras de ma tante qui me tire hors de la verrerie. Je ne prends conscience du fait que nous bougeons que lorsque nous arrivons dans la bibliothèque. Kyra, mon elfe de maison est occupé à allumer la grosse cheminée. D'un signe, Shiobhàn lui intime de se retirer et cette dernière disparaît dans un « crac » sonore.

Ma tante me force presque à m'asseoir sur un canapé, le même sur lequel je m'endormais quand j'étais toute petite en regardant mon père travailler. Puis, elle s'agenouille devant moi et m'ausculte sous tous les angles, le regard inquiet. Je m'aperçois alors qu'en tombant de mon siège, je me suis légèrement ouvert le haut du front.

- Tu veux en parler ? me demande ma grande-tante.

Je secoue doucement la tête sans savoir vraiment ce que je veux ou non.

Bien que Shiobhàn soit la sœur de grand-maman, les deux femmes ne se ressemblent absolument pas. Ma grand-mère a le teint halé alors que Shiobhàn a la peau diaphane. Elle est rousse et grand-maman est brune. Elle a des yeux bleu perçant alors que ceux de ma grand-mère jadis noirs, sont devenus blancs. Elles ont surtout plus de quinze années d'écart en âge, ce qui fait que Shiobhàn est plus proche en âge de mon père que de sa propre sœur…

Ma grande-tante pousse un soupir et doucement commence à parler.

- Tu lui as posé des questions sur la Chambre des Secrets et les agressions pas vrai ? me demande-t-elle.

Aucun son ne sort de ma bouche mais je sais que Shiobhàn a compris qu'elle a raison. C'est une femme perspicace à l'intelligence redoutable. Elle pousse un profond soupir avant de poursuivre.

- J'imagine que tu as compris que ce n'était pas la première fois que cela arrivait.

Je hoche timidement la tête.

- Quand elle était à Poudlard, Aileen, ta grand-mère, a été témoin de ces attaques, comme tu t'en doutes… Et cela l'a marquée, profondément, m'explique ma grande-tante. C'est allé suffisamment loin pour que l'école envisage de fermer, Erell, tu comprends ? Il y a même eu un mort…

- Myrtille, je souffle.

Shiobhàn acquiesce.

- Oui, Myrtille Warren. Ces circonstances difficiles ont fait que ta grand-mère, très affectée, s'est rapprochée de certaines personnes qui n'avaient de convenable que les apparences. Et les apparences sont bien souvent trompeuses… encore aujourd'hui, ce sujet est tabou…

- Qui ? je demande perplexe.

- Un homme, répond simplement ma grande-tante. Un homme qui donnait l'impression d'être sincère alors qu'en vérité il n'en avait qu'après le nom de famille d'Aileen, qu'après son argent et son héritage. Il lui promettait tant de choses qu'elle a fini par y croire. Il lui disait qu'il la comprenait, qu'il était comme elle. Après Poudlard, ils se sont enfuis ensemble pour faire le tour du monde. Aileen ne m'a jamais dit ce qui s'était passé mais un jour elle est revenue, sans le sou, blessée, éteinte, et elle n'a plus jamais reparlé de cet homme. Elle a épousé ton grand-père et tu connais la suite…

- Comment s'appelait-il ? je demande, intriguée et aussi calmée.

Ma grande-tante secoue la tête.

- Je n'en ai aucune idée et je n'ai pas cherché à le savoir pour être honnête. Mais hélas, c'est quelque chose de courant. Nous descendons d'une grande famille, Erell, et beaucoup vont chercher à se rapprocher de toi dans les années à venir, et ceci pour les mauvaises raisons. Nous entretenons une amitié avec Albus Dumbledore, nous finançons chaque année une partie du budget de Poudlard, nous siégeons au Magenmagot depuis plus de trois siècles et ton père possède un poste de haute importance au sein du Ministère, et qui plus est, il a l'oreille de Fudge… Ce qui est arrivé à ta grand-mère est malheureusement logique. Logique mais triste…

Devant mon expression déçue, Shiobhàn prend un instant pour réfléchir, comprenant sans doute que j'aurais aimé en savoir plus sur ce mystérieux inconnu dont est tombée amoureuse ma grand-mère.

- Tout ce que je sais c'est qu'il était préfet-en-chef en même temps qu'elle… et… oui ! Qu'il se prétendait l'héritier de Serpentard ! Le pauvre ne devait pas savoir que les derniers descendants connus de Salazar, les Gaunt, n'avaient plus grand-chose à offrir à cette époque !

.

Le matin de Noël c'est en sursaut que je suis réveillée par un poids sautant sur mon lit. J'ai à peine le temps de me saisir de ma baguette et d'ouvrir les yeux que je sens deux mains m'enrouler dans ma couette, me porter et m'emmener vers ce que je ressens déjà être une blague à mes dépends. Je comprends assez vite que la blague en question consiste à me jeter dans la neige qui est tombée à gros flocons toute la nuit.

Le doute quant à mes assaillants est bien vite effacé quand j'entends deux rires masculins. Je me dépêche de m'extirper de ma couette - et de la neige dans laquelle j'ai donc effectivement été lancée – pour me jeter dans les bras de mes cousins.

- Ciaràn ! Agustìn !

Ces derniers m'enserrent dans leurs bras dans un câlin à trois têtes. Bien que dans la famille nous ne soyons pas particulièrement démonstratifs ni tactiles, quatre ans sans se voir peuvent rendre assez émotif.

- Oh ! Je suis tellement contente, je piaille comme une enfant. Quand êtes-vous arrivés ? Maman avait dit que vous ne rentreriez du Pérou que pour le Nouvel An !

- Considère nous comme ton cadeau de Noël en avance, me lance Ciaràn avec un clin d'œil. Nous voulions te faire la surprise.

- Nous voulions profiter de notre petite cousine préférée, renchérit Agustìn en affichant un grand sourire. D'ailleurs, tu n'aurais pas encore rapetissé depuis la dernière fois que l'on s'est vus… hé !

La fin de sa phrase est coupée par ma boule de neige qui vient s'étaler sur son visage accompagnée par mes éclats de rire.

- Si je suis si petite c'est en partie de ta faute, je lui signale. On n'a pas idée de s'entraîner au sortilège de Ratatinage sur une enfant de quatre ans !

- Tu ferais mieux de courir, m'avertit mon cousin. Car ma vengeance va être terrible !

Et c'est dans la joie que nous commençons une gigantesque bataille de boules de neige dans le parc du château, sous la neige qui se remet à tomber doucement et les exhortations de ma mère qui veut que je me couvre. Le moment a le mérite de me vider complètement l'esprit. Je ne pense plus aux agressions à Poudlard, plus à l'incident avec ma grand-mère, ni même au froid.

Je profite juste de l'instant et de ma famille.


Alors ?! Qu'en avez-vous pensé ?! On attend vos impressions avec impatience !

Pleins de bisous et à très vite !

S.S & E.D