Ou ce que ça donne quand les Seigaku jouent au ballon prisonnier...


Chapitre 28 : Finale reportée et ballon prisonnier

- Salut, Kikumaru-kun ! lança Aiko en voyant débarquer le roux sur les terrains en compagnie de l'équipe de Seigaku.

- Hey, Aiko-san. Déjà là ? sautilla Eiji.

- Bah, tu sais, mon frère et le reste de l'équipe avaient hâte de vous affronter, du coup, ils ont débarqué très tôt. Tellement tôt que les courts n'étaient pas encore ouverts !

- Wah, ils sont passionnés ! On va aller s'échauffer aussi, sourit Fuji.

- Pour ce beau dimanche, pas de manche en dix manches, lâcha soudain celui qu'on surnommait David, un géant roux à grande raquette, en débarquant près des Seigaku.

- Ah ! Il m'a fait peur ! sursauta Kawamura. Mais c'était quoi ce jeu de mots pourri ?

- Vous inquiétez pas, c'est habituel chez lui, lâcha Bane en soupirant et en balançant un bon coup de pied à son partenaire de double.

- BURNIIIIING ! FAUT T'AMELIORER, MON GRAND ! hurla Kawamura en attrapant sa raquette.

Tout le monde soupira, puis ils partirent sur le terrain. Au moment de saluer, Itsuki continuait de demander « pourquoi, pourquoi », ce qui agaçait passablement Kikumaru. Dans le public, Hibari l'observait discrètement. Hm. Aelita, en sortant du terrain, alla se placer à côté de Sakuno et Tomo, et appela les deux supporters de Rokkaku pour qu'elles les rejoignent. La jeune fille fit rapidement les présentations tandis que le premier double débutait. Pour une fois, Aelita ne suivit pas vraiment le match, trop absorbée qu'elle était par les affaires de cœur de ces demoiselles.

- Ah, Ryoma ! Appela la Française. Sakuno a besoin d'éclaircissement sur un coup, mais je sais pas trop comment le lui expliquer. Ca ne te gêne pas de t'en charger ? C'est pour améliorer la précision de ses services.

Sans un mot, Ryoma se désintéressa du match pour s'approcher de Saku avec sa raquette.

- Allons par là-bas, trop de bruit ici.

Waouh, sans rechigner, ni rien ! Aelita sourit, voyant son amie rougir à mort. Evidemment, la petite Française avait légèrement menti pour permettre à Sakuno de se rapprocher de Ryoma. Et ça réussissait plutôt bien, puisqu'il avait accepté sans rechigner… et en rougissant légèrement. Eiji, Tomo et Aelita échangèrent un regard entendu, tandis que les autres, oubliant momentanément que sur le terrain Momo et Taka étaient menés 5 à 0, pouffèrent légèrement.

Ca, c'était donc fait. Si ces deux là ne finissaient pas ensemble… non, cette option n'était tout simplement pas envisageable. Ils finiront ensemble sans aucun doute.

Aelita reporta alors son attention sur Hibari, et lui demanda à mi-mot de baisser le ton pour ne pas alerter les autres.

- Et toi, avec Eiji-senpai, tu avances ?

- Hm, eh bien… Aiko est toujours en train de voir si… hm, eh bien s'il est intéressé par elle.

- Si vous voulez mon avis, et ce n'est jamais que mon avis, je pense qu'Aiko devrait te laisser sa place. Sinon, mon senpai risque vraiment de tomber amoureux d'elle.

- C'est vrai que… En plus, tout bien réfléchi, il est très gentil et tout, mais ce n'est pas vraiment mon genre, approuva Aiko.

- Mais alors… Je… je… je vais devoir aller le voir seule ?!

- Seule, non ! T'inquiète, je me suis reconvertie en conseillère en amour, depuis que je connais Sakuno. Elle est presque aussi timide que toi !

- C'est vrai ? D'ailleurs, ça me fait penser que j'en connais une aussi, de Sakuno… Timide tout comme moi, soupira Hibari. Alors… Vous allez m'aider, toi et Aiko ?

- Bien sûr ! Sommes-nous amies ?

- Bien sûr qu'on est amies !

- Huhu… Au tour d'Eiji, maintenant ? chuchota Fuji, faisant hurler de peur les trois filles.

- Fuji-senpai ! Chut ! Ne parle pas trop fort ! Et puis c'est quoi cette manie de s'incruster dans les affaires des autres ? grogna Aelita.

- Je pourrais te dire la même chose, jeune kohai, répliqua son senpai, un air amusé sur le visage.

- Mouais… Enfin bref, maintenant que tu es dans la confidence, pas un mot à… EEEEEH ?!

Elle n'avait même pas eu le temps de terminer sa phrase que déjà, Fuji était aux côtés d'Oishi et du reste de l'équipe – sauf Eiji, bien sûr – et dévoilait à tout le monde qu'Hibari voulait sortir avec Kikumaru. Cette dernière, d'ailleurs, s'était éclipsée elle aussi et bougeait dans tous les sens pour démentir les paroles de Fuji. Bien sûr, ça ne prit pas, principalement à cause du rouge qui lui montait aux joues au fur et à mesure qu'elle s'agitait.

- Qu'est-ce qui se passe ? Demanda Oishi.

- En fait, c'est la petite Hibari qui veut te piquer ton partenaire, lança Fuji, souriant.

- 90% de chances qu'Oishi ne laisse pas faire, prédit Inui.

- Ah, ne le fais pas souffrir, hein ! Cria Mama Oishi. Et laisse m'en un peu, je ne peux pas être la Golden Pair tout seul.

- Fshhhh… Fuji-senpai, c'est moi où tu aimes bien mettre le désordre ? Siffla Kaidoh.

- Tu as dit quelque chose, Kaidoh ? demanda aimablement Fuji en le fixant, sourire flippant aux lèvres.

- Fsshh… siffla de nouveau la vipère en abandonnant. Non, rien.

D'ailleurs, toute cette agitation attira l'attention de Kikumaru, qui était auparavant totalement concentré sur le match. Il allait falloir qu'ils se calment, sinon le principal intéressé risquait d'être rapidement au courant de toute l'affaire !

Heureusement, la coach interrompit tout le monde en leur hurlant de regarder et d'encourager le match. Ce qui fit que tout le monde tourna la tête à temps pour voir Momo marquer le dernier point du Tie-Break, et donner ainsi à Seigaku sa première victoire contre Rokkaku. Tout le monde se mit à hurler, tandis que les petits futurs joueurs de Rokkaku se lamentaient.

- On se rattrapera sur le prochain double ! Hurlaient-ils.

- Aucune chance, répliqua Tomo.

- Oui, parce que le prochain match… commença Horio.

- C'est la Golden… Euh. Kikumaru-senpai… et Fuji-senpai ?! Cria Kachiro.

- C'est vrai qu'Oishi-senpai n'est toujours pas remis totalement de sa blessure au poignet, approuva Katsuo.

- Bah, contre le prodige et l'acrobate, ils n'ont aucune chance, frima Horio.

Aelita, elle, vit Fuji regarder un peu partout d'un air légèrement paniqué… et comprit immédiatement ce qu'il cherchait. A son tour, elle se mit à tourner frénétiquement la tête pour vérifier qu'Elle n'était pas là.

- Juste comme ça, vous cherchez quoi, tous les deux ? Soupira la Coach.

- T'inquiète, Fuji-senpai, je crois qu'Elle n'est pas là.

- Tu es sûre ? Je n'ai pas envie qu'Elle débarque en plein match !

- Mais bon sang, de qui parlez-vous ?! Cria Ryuzaki-sensei, légèrement agacée.

- HIBIKI SHISHIDO ! Hurla Aelita d'une voix oscillant entre panique, agacement et angoisse, tandis que Fuji hochait la tête et souriait pour dissimuler son léger malaise.

La Coach soupira. En effet, cette fillette avait beau être mignonne et tout ce qu'on veut, elle était parfois – souvent – un peu – beaucoup, en fait – chiante. Le pauvre Fuji n'avait vraiment pas de chance. Même si le plus souvent, il n'en laissait rien paraître grâce à cette capacité qu'il avait de garder toujours son éternel sourire sur le visage.

Heureusement, le match débuta rapidement et sans que personne n'ait gueulé « FUJIIIIII, KYYYYYYAAAAAH ! ».

Les quatre joueurs se serrèrent la main, et Inui surprit un regard d'Hibari vers Kikumaru. Voyant que le géant à lunettes l'avait vue, la jeune fille rougit de plus belle et détourna les yeux. Inui, lui, sortit son habituel cahier et commença à noter pleins de trucs dedans, sous le regard effrayé des joueurs. De son côté, Aelita alla attraper Sakuno, la tira vers Hibari, et soupira en faisant mine de les prendre en photo.

- Vous êtes sûres de ne pas avoir un lien de parenté, toutes les deux ?

Cette réflexion attira l'attention de la Coach, qui se tourna, et son regard sembla s'éclairer.

- Ah… mais ! Hibari-chan ! Je ne t'avais pas vue ! Pourquoi ne pas être venue me dire bonjour ?

- Grand… Grand-mère ?! Oh mon Dieu ! J'avais complètement oublié que tu entrainais Seigaku, et je ne t'avais même pas vue ! Lâcha Hibari devant une Aelita ébahie.

- Euh… tenta d'intervenir Aelita.

- J-je, je me disais bien que je connaissais ce visage, moi aussi ! Hibari-chan, ça fait si longtemps ! Intervint Sakuno.

- C'est donc bien toi ! C'est quand Aelita a mentionné une Sakuno timide que j'ai commencé à me douter de quelque chose… On ne s'est pas revues depuis 6 ans, je me trompe ? Vu que ma famille est souvent en voyage d'affaires, et qu'il y a des tensions entre nos parents…

- Dites… marmonna de nouveau la Française.

- Alors comme ça, l'une de mes petites-filles a des vues sur Ryoma, et l'autre sur Eiji ? C'est très intéressant tout ça ! Lança la Coach avec un air amusé sur le visage.

- Grand-mère ! Hurlèrent les deux jeunes filles en rougissant de plus belle.

- C'EST FINI DE M'IGNORER, OUI ?! Grogna Aelita. J'ai loupé un épisode ?

- Oh, désolée Aeli-chan, dit Sakuno. En fait, Hibari-chan et moi avons bien un lien de parenté, c'est ma cousine ! Mais cela fait vraiment longtemps que nous ne nous sommes pas vues, à cause de mauvaises relations entre nos parents. Nous conversions uniquement par mails. Je suis super heureuse de la revoir !

- Ah bah ouais, tant mieux. Entre timides, vous allez pouvoir vous soutenir, railla Aelita.

- Aelita ! crièrent de nouveau les deux filles en chœur et en soupirant.

- Allez toutes les trois, arrêtez et regardez plutôt le match !

Sur le terrain, Kikumaru et Fuji semblaient mener. A un moment, Eiji avait eut du mal à cause de Saeki qui parvenait à prévoir dans quelle direction il allait partir grâce au mouvement de ses muscles, mais ça semblait aller mieux. Cependant, Aelita pouvait remarquer que son senpai avait l'air totalement fatigué : il faisait des fautes qu'il n'aurait jamais faites en temps normal, et était obligé de courir dans tous les sens parce que Sae et Itsuki l'inondaient de balles.

- C'est le moment d'y aller à fond, marmonna l'un des mini-supporters de Rokkaku avec un sourire supérieur. Il est totalement crevé ! Quel nul !

Aelita surgit derrière l'impudent, un air maléfique sur le visage. Puis soudain, elle lui attrapa les oreilles et les tira en faisant tout de même attention à ne pas lui faire trop mal.

- T'as dit quoi à propos d'Eiji-senpai, hein ? Hein ?

- Ah ! Mais elle est folle ! Lâche-moi ! Lâche-moi ! Ok ! OK ! Désolé !

Aelita lâcha le pauvre garçon, qui se massa les oreilles en grognant contre cette folle. Puis elle les toisa en souriant, comme pour les mettre au défi de critiquer encore ses senpai. A côté d'elle, Hibari fit un premier pas et cria à Kikumaru de tenir bon, sous le regard amusé d'Aiko, Sakuno et Aelita. Mais Eiji ne bougeait plus. Désormais, seul Fuji bougeait et rattrapait les balles. Les gamins envisagèrent de critiquer de nouveau Kikumaru, mais un regard vers la mini-folle aux cheveux noirs les en découragea, et ils se contentèrent de soutenir leur équipe.

De plus, Fuji avait été contré. Aelita regardait, impuissante, les fameux trois contres de son senpai… et bien, se faire contrer. En envoyant une balle dénuée de tout effet, Itsuki empêchait Fuji de renvoyer ses balles incroyables. Et même si le prodige faisait rouler la balle sur la raquette avant de la relancer pour obtenir de l'effet, il lui en manquait toujours un peu pour que son Tsubame Gaeshi, l'Hirondelle, rase le sol au plus près possible.

Le score était désormais de quatre jeux partout.

La paire Kikumaru-Fuji était en mauvaise posture. Du moins, c'était ce que pensait Aelita avant de voir Fuji réussir enfin son Tsubame Gaeshi. Une fois, puis deux, sous les yeux ébahis d'Itsuki et Sae qui pensaient avoir scellé ses Contres. Aelita tourna la tête vers Inui, qui marmonnait quelque chose dans sa barbe.

- Inui-senpai, aurais-tu remarqué quelque chose que le commun des mortels a zappé ?

- En effet, jeune fille. Regarde bien : à chaque fois que Fuji réussit son Tsubame Gaeshi, le filet vibre. Il force Itsuki à toucher le filet avec la balle pour lui donner l'effet qui manque à son contre.

- E… Effectivement ! approuva une Aeli ébahie. Bravo, Fuji-senpai !

L'adolescent se tourna et adressa un sourire un peu plus étendu que d'habitude à sa Kouhai, puis se reconcentra sur le match. La fillette était admirative : ce n'était pas pour rien que Fuji était qualifié de « génie » et « prodige » ! Il avait tellement la classe quand il jouait.

- Ohoh… Murmura Momo, un sourire légèrement sadique sur le visage. Aurait-on trouvé notre prochain couple ? Fuji-senpai et Aelita…

- Mais nan ! Intervint Tomo en se forçant pour ne pas hurler. Ce doit être Atobe et Aelita, pas Fuji-senpai et Aelita ! Tu ne te rappelles pas ce qui s'est passé au parc aquatique, Momo-senpai ?!

- Si, Osakada-chan, je m'en souviens, mais ça ne voulait rien dire ! N'importe lequel d'entre nous aurait fait ça, parce que sinon elle crevait !

- Momo-senpai a raison, intervint Horio. Après tout…

- Toi, on t'a pas sonné ! grogna Tomoka en lui assenant un coup sur la tête, ce qui le fit taire.

- C'est moi, ou on me met encore à l'écart ? grogna Aelita en les fixant tous d'un regard noir. Pourquoi vous parlez d'Atobe-san ? Et il s'est passé quoi « cette fameuse journée », hein ?

- Euh…

Tous se regardèrent, un air gêné sur le visage. C'était si flagrant que ça, qu'on complotait dans son dos ?

- Bah en fait, pour te réveiller quand tu t'es noyée, Atobe-san t'as fait du bouche-à-bouche, lâcha tout-à-coup Sakuno.

- Oui, et alors ? répliqua Aelita, qui trouvait pas ça extraordinaire du tout.

- Ben… ben voilà, quoi.

- Et du coup, on pensait que tu serais bien en couple avec Atobe ! T'en penses quoi ?! Lança Momo, un air visiblement très satisfait de lui-même sur le visage.

- Ce que tu viens de me sortir là, Momo-senpai, c'est une fausse bonne idée, annonça Aelita le plus calmement possible.

- Mais pourquoiiiii ?

- Parce que. Une autre question ? grogna la jeune fille en soupirant légèrement. Et puis c'est quoi cette manie de proposer des couples foireux ?!

- Oui, une autre question ! Pourquoi ? insista Momo. T'en pinces déjà pour quelqu'un ?

- Oh, regardez, Eiji-senpai et Fuji-senpai ont gagné ! lâcha soudain la Française, détournant complètement la conversation.

Heureusement, tout le monde se mit à crier de joie et Momoshiro n'eut pas l'occasion de continuer à embêter sa Kouhai. Mais il était bien décidé à recommencer dès que possible !

- Allez Sakuno-chan, ricana Momo, lâche donc ton Ryoma adoré pour le laisser jouer contre Rokkaku !

La fillette à tresses, qui avait réussi à tirer quelques mots à Ryoma, tourna la tête vers son senpai en rougissant.

Echizen soupira, baissa sa casquette sur ses yeux et rentra sur le court. Eiji ricana, suivi par Momo. Kaidoh donna un coup sur la tête de ce dernier en grognant de « foutre la paix aux premières années », ce qui provoqua bien sûr un hurlement de consternation de la part de Momoshiro. S'ensuivit bien sûr un duel de regards, comme on s'en doute, ainsi qu'un léger affrontement entre les deux rivaux. Exceptionnellement, Oishi et Kawamura renoncèrent à séparer les belligérants pour se concentrer sur le match de Ryoma. Hibari, qui visiblement essayait de prendre sa cousine Sakuno comme exemple, s'approcha de Kikumaru… avant de reculer tout aussi vite en voyant Fuji lui demander quelque chose. Ce garçon au physique androgyne et à l'éternel sourire collé sur le visage l'intimidait un peu. Notre petite conseillère en amour s'approcha d'Hibari en soupirant.

- Tu veux que je l'expédie chercher des boissons ? Et toi, prétextant de vouloir l'aider à porter, tu l'accompagnes.

- Q-quoi ? Oh non, je n'oserai jamais !

- Bah va falloir oser ! Kikumaru-senpaiiiii ! Tu peux aller chercher des boissons pour tout le monde avec Hibari-chan ? le questionna la jeune fille.

- Fsshh… soit poli avec tes aînés et va chercher à boire toute seule ! siffla Kaidoh et la fusillant du regard, la faisant frissonner.

- Désoléééééée, Kaidoh-senpai ! … Et donc, Kikumaru-senpai, tu peux y aller ? reprit la fillette en lui faisant des yeux de biches, et en ignorant royalement la vipère, ce qui fit ricaner Momo.

- Kaidoh, sois pas si strict ! Et puis regarde comme elle est chou, rigola l'acrobate en tirant la joue d'Aelita, avant d'attraper Hibari par la manche. Oï, oï ! Allez Hibari-chan, on y va !

Aelita et Aiko étouffèrent un ricanement en voyant la brunette entraînée par Eiji, ricanement qui s'étrangla dans la gorge de la française quand elle vit que la vipère la fixait avec des mitraillettes à la place des yeux. Fuji contempla la jeune fille, sourire toujours plaqué sur le visage.

- En fait, t'as pas l'air, mais t'es sacrément manipulatrice comme gamine, sourit son aîné.

- C'est comme toi, Fuji-senpai. En fait, t'as pas l'air, mais t'es sacrément sadique ! répliqua du tac-au-tac la fillette.

- C'est vrai qu'il faut être sacrément sadique pour prendre du plaisir à voir les membres de l'équipe boire l'Inui Juice, approuva Kawamura.

- Bah, c'est Fuji, il est comme ça, et on ne le changera pas ! soupira Oishi.

Aelita approuva fortement de la tête en faisant mine de s'éloigner de Fuji, terrorisée, avant d'exploser de rire en compagnie du reste de l'équipe.

- Bref. Où en sont nos deux supers rookies dans leur super match ? Demanda Bane.

- Tie-Break.

- Qui mène ?

- Ryoma-kun, balbutia Sakuno, qui ne lâchait pas son prince du regard. 6-4. Il a la classe…

Aelita étouffa un ricanement. Puis Ryoma gagna le match, et Sakuno se précipita vers lui pour lui donner une serviette et de l'eau. Le garçon accepta sans commentaires la gentillesse de la fillette et s'hydrata sans attendre. Les Rokkaku étaient visiblement déprimés. Normal, ils avaient perdu la demi-finale du tournoi du Kanto. Mais s'il y en avait un que ça ne semblait pas déranger, c'était bien leur capitaine ! Il était toujours enjoué, et ne cessait de sautiller sur place en criant de joie.

- Ah, Echizen-kun ! C'était vraiment un match fantastique ! Je suis tellement triste que cela soit fini !

Et même pendant le salut, il continuait de bavasser.

- Ah ! Ne veux-tu pas refaire un match contre moi, Echizen-kun ? Ca pourrait être amusant !

- Non, merci.

- Tu es sûr ? Oh, tu n'es pas amusant, Echizen-kun ! Il faut être motivé dans le tennis !

Cela agaçait beaucoup le prodige, qui parvint à s'esquiver une fois sortit du court. Ah, cet Echizen ! En soupirant, la coach envoya Kawamura récupérer le déserteur, et tous rentrèrent en car à Seigaku avant de se séparer pour que chacun retourne chez lui se préparer pour la finale du lendemain.

Cependant, le lendemain… la pluie était au rendez-vous. Et malheureusement, il fut rapidement décidé que la finale serait reportée d'une semaine. Youpi. Tout le monde quitta les courts de tennis sans apercevoir Rikkaidai, et partirent manger un hamburger. Momo croquait dans son dixième sandwich, quand la sonnerie du portable d'Oishi se fit soudain entendre.

- Tiens… C'est la coach… Allô ? Oui, ils sont tous là. …Quoi, demain matin à la première heure ?! Oui, bien sûr, nous y serons. ...Envoyer quelqu'un prévenir Atobe ? Bien sûr, on s'en occupe ! Au revoir, sensei.

- C'était la coach-nyah ? Elle voulait quoi ? Demanda Kikumaru, curieux.

- Demain, rendez-vous devant Seigaku à 7 heures du matin pile ! On part dans un chalet à Karuizawa pour un camp d'entraînement spécial d'une semaine en prévision de la finale !

- Et quel est le rapport avec Atobe ? Lança Aelita qui le sentait mal.

- 100% de chances que Hyotei nous accompagne, prédit Inui.

- Eh bien, leur entraîneur s'est entendu avec le nôtre, et Hyotei vient avec nous ! Annonça Oishi sans avoir entendu Inui.

- Et 100% de chances qu'Oishi charge Aelita de se rendre à Hyotei pour les prévenir, dit de nouveau l'homme aux données.

- Aelita, tu peux aller voir Atobe histoire de l'en aviser ? Dit Oishi, approuvant de nouveau son camarade, et ce encore une fois sans s'en rendre compte.

- Hein ? Pourquoi moi ?!

- Ben, tu es la seule à avoir presque fini de manger…

- J'ai compris, j'ai compris…

La jeune fille soupira. Ben tiens, fallait bien sûr que ça tombe sur sa pomme ! Il était aux alentours de 13 heures, et les Hyotei ne tarderaient sans doute pas à retourner en cours. Parce que oui, si la journée avait été banalisée pour les Seigaku en raison du tournoi, ce n'était pas le cas de tout le monde. Sous le regard moqueur d'Echizen qui était plutôt content de ne pas avoir été désigné pour cette tâche, la jeune fille finit d'engloutir son Big Mac et attrapa son sac.

- Bon, j'y vais.

- C'est gentil, merci, dit Fuji en souriant.

- Comme si j'avais le choix, tiens !

- Rejoins-nous sur la place Kurokawa une fois que tu as fini, la coach nous propose en plus une petite distraction pour cette fin d'après-midi, lui annonça son vice-capitaine. Et fais attention à toi, surtout !

- Oui, oui !

Aelita s'esquiva non sans leur faire un signe de la main. Le collège de Hyotei n'était pas dans ce quartier, et la française jugea plus prudent de prendre le train pour ne pas risquer de se perdre. Ce qui, connaissant son sens de l'orientation complètement nul, arriverait sans aucun doute si elle se risquait à partir à l'aventure sans plan.

En vingt petites minutes, elle se retrouva face au collège. C'était un imposant bâtiment, et elle pouvait repérer dans son architecture divers éléments empruntés au XVI et XVIIème siècles, ainsi qu'à la renaissance. Gosses de riches, tiens ! En soupirant de nouveau, elle rentra dans l'immense cour, admirant au passage le magnifique portail en fer forgé accueillant habituellement les élèves. Les cours n'avaient pas encore repris, et de nombreux étudiants se trouvaient donc autour d'elle quand elle commença à s'avancer dans l'allée. Parmi eux, elle entendait beaucoup de filles jacasser.

- T'as vu cette fille ? Elle sort d'où ?

- Cet uniforme, c'est Seishun Gakuen, non ?

- Il me semble, oui… De toute façon, un truc si moche, ça ne peut être qu'eux !

Aelita tourna la tête et les fusilla du regard, profondément agacée. Les filles, visiblement plus âgées, détournèrent les yeux en pouffant. Tentant de les ignorer, Aeli pénétra dans le bâtiment principal. Bon, maintenant, il fallait qu'elle demande où se trouvait Atobe. Sûrement pas sur les courts de tennis, elle les avait aperçus de loin en arrivant, et ils étaient vides. En soupirant encore une fois, elle entreprit de s'approcher d'un groupe de jeunes gens pour leur demander la direction, mais ils s'éloignèrent en la considérant avec dégoût.

Quoi, elle était de trop basse condition pour eux, c'est ça ? Si elle le pouvait, elle leur aurait déjà balancé son poing dans la tête. Rah, ces jeunes !

Le même évènement se reproduit à chaque fois qu'elle s'avançait vers quelqu'un, jusqu'à ce qu'au bout de dix minutes, un groupe de trois filles vint la voir, un sourire pas trop arrogant sur le visage.

- T'es perdue ? Demanda l'une d'entre elles, une grande rousse.

- Hm… Oui. Enfin non. Je cherche Atobe Keigo, pourriez-vous m'indiquer où se trouve sa classe ? demanda Aelita d'un air un poil soupçonneux.

- Oui, bien sûr ! accepta la plus petite, une blondinette. Suis-nous.

Ah, tous les élèves de ce collège de riches n'étaient peut-être pas pourris jusqu'à la moelle ! Un sourire reconnaissant sur le visage, la naine emboîta le pas aux trois filles. Elles parcoururent quelques mètres, arrivèrent dans un grand hall et montèrent un escalier de marbre menant au premier étage. Puis elles prirent un second escalier tout aussi bien ouvragé, qui les mena à la plus grande surprise de la jeune fille… au toit.

- Euh… Atobe n'est pas en cours ?

- Si.

- … Et donc, pourquoi on est sur le toit ? grogna la fillette d'un air qui laissait supposer que ces filles n'avaient rien pigé à ce qu'elle voulait tellement elles étaient idiotes.

- Franchement, tu penserais vraiment qu'on allait mener une pouilleuse comme toi jusqu'à Atobe-sama ?! explosa celle qui n'avait pas parlé, une jolie fille aux longs cheveux noirs et ondulés.

- Pouilleuse ?! Nan mais j'vous…

Aelita n'eut pas le temps de terminer sa phrase que déjà, la grande rousse l'attrapait par le col et la soulevait du sol avec une force herculéenne. Aelita se mit à battre vainement des pieds, ne touchant plus le sol.

- Eh, la géante ! Tu vas me lâcher, oui ?!

- Pas avant que tu acceptes de ne plus t'approcher d'Atobe-sama. Pigé ?

- Franchement, si je le pouvais, j'éviterais au maximum cet arrogant roi des singes !

Aelita retomba durement au sol et se remit debout tout aussi vite… juste à temps, en fait, pour se recevoir la magnifique gifle de la rousse. Sous la douleur du choc, la jeune fille en eut les larmes aux yeux. Allons bon… Elle savait qu'Oishi aurait dû envoyer quelqu'un d'autre pour cette mission à la noix. La jeune fille recula instinctivement, attendant un autre coup… Qui ne vint pas. La cause ? Une petite voix endormie qui venait d'arrêter les trois attaquantes.

- Bwaaaaaaah… bailla Jiro en lorgnant Aelita, qui s'était accroupie au sol. J'peux me joindre à toi pour la sieste ?

Aelita laissa échapper un grognement tandis que les autres filles tombèrent presque en pamoison en voyant l'une de leurs idoles face à elles. Bon, même si l'idole en question était à moitié en train de ronfler debout, et qu'il n'avait même pas saisi ce qu'il se passait.

- Fais gaffe, la pouilleuse.

- Oui, la prochaine fois, Jiro-sama ne sera pas là pour nous interrompre.

- Reste à distance d'Atobe-sama… Ou couic.

Là, y avait pas plus explicite comme menace. Franchement, qui aurait cru que les filles de Hyotei seraient si violentes ?! Certainement pas Aelita, tiens !

- Ah, Jiro-senpai ! Tu sais où se trouve Atobe ? demanda la jeune fille, saisissant l'occasion au vol.

- Ouais… Viens, j't'emmène.

Tirant bien gaminement la langue aux trois pestes, Aelita emboîta le pas à Jiro, en qui elle savait qu'elle pouvait avoir confiance. Et elle avait eu raison, puisque quelques minutes après tous deux se retrouvèrent dans une salle de classe – elle aussi magnifiquement meublée, évidemment – où elle put apercevoir Atobe… entouré d'un fanclub, bien sûr. Aelita soupira, et remercia Jiro qui s'éclipsa sans attendre.

- Eh, Atobe… AH MAIS ATTENDS ! Hurla la fillette. J'viens juste d'y penser… votre coach ne pouvait-il pas vous mettre au courant ?!

Tout le monde la regarda bizarrement, et Aelita rougit légèrement de honte. Bah quoi, c'est vrai, non ?! Ce fameux Sakaki, il ne pouvait pas les prévenir ?! Bon, peut-être qu'il était malade ou… qu'il avait juste la flemme. Ouais, sans aucun doute, c'était la flemme. Sales riches !

- Et au courant de quoi ? grommela Atobe d'un air agacé.

- Demain, rendez-vous à la première heure devant Seigaku. On part en camp d'entraînement. D'ailleurs, je me demande bien pourquoi vous vous incrustez.

- Ne vous a-t-on pas mis au courant pour le tournoi international ? Nous avons été invités, mon équipe et moi-même ! Nous devons donc nous entraîner de la façon la plus glorieuse qui soit !

- Ah si, c'est vrai… D'ailleurs, pourquoi les boulets ayant perdu au premier tour viennent, hein ?!

Atobe glissa sur l'insulte, pour pouvoir exposer calmement à cette impertinente les raisons de leur venue.

- Ne sais-tu pas, jeune insolente, quelle influence a la famille Atobe ? Ma propre famille, au cas où ton petit cerveau n'aurait pas saisi.

OK, un point partout.

- Si, bien sûr que je le sais. … Attends, ne me dis pas que…

- Et si ! Mon père fait partie du comité finançant cette petite escapade. Il est donc tout naturel que son génie de fils et son équipe soient conviés !

- Génie de fils ? Dois-je te rappeler que nous vous avons battus au premier tour, toi et ton équipe de babouins ? le nargua Aelita.

- C'est fini, oui ?! Cria Shishido qui venait de surgir derrière la jeune fille. Qui sont les babouins ?!

- Nom de Dieu, le vieux schnock est là ! cria la française.

- Qui tu traites de vieux schnock, la naine ?!

- Je ne suis pas une naine !

- Dites, vous deux… vous n'allez pas recommencer, tout de même ? soupira Choutaro. Et en plus, les cours vont commencer. Aelita-san, tu devrais t'esquiver, les profs n'apprécient pas trop que des élèves d'autres écoles viennent enguirlander ceux de Hyotei !

- Ahah, très drôle. Je n'avais pas l'intention de rester plus longtemps, de toute façon, sourit Aeli. N'oubliez pas surtout, rendez-vous demain à sept heures !

- Ouais, ouais, on n'oubliera pas, grogna Shishido.

Aeli soupira, puis s'esquiva non sans hausser les épaules. Sur le chemin de sortie, elle fusilla tout le monde du regard, sans exception, et fila en vitesse retrouver la coach et le reste de l'équipe. Le trajet du retour lui prit environ autant de temps que l'aller, et elle arriva au rendez-vous environ une heure et quart après son départ. Dès son arrivée, son vice-capitaine lui sauta presque dessus :

- Aelita ! J'étais très inquiet ! Qu'est-ce qui t'a pris tant de temps ? la questionna Mama Oishi.

- Euh… Pas grand-chose. J'ai juste croisé le fan-club de... euh, non rien, finalement ! Répondit la jeune fille.

Pas question de donner à son senpai un motif supplémentaire pour s'inquiéter !

- Bref, on va faire quoi ? demanda-t-elle, détournant rapidement la conversation.

Elle regretta bien vite d'avoir posé cette question.

- Tout le monde a déjà joué à la balle aux prisonniers ? questionna Oishi, un air presque sournois sur le visage.

- Euh… oui, pourquoi ? demanda Eiji, soudainement intéressé.

- Parfait ! Alors aujourd'hui… Partie de ballon prisonnier !

- … Je rentre, lâcha Echizen en s'apprêtant à déguerpir.

Eh bah non ! C'était bien sûr sans compter sur Inui et sa nouvelle boisson, le Jus d'eau – jeu de mot pourri, j'en conviens – à l'étrange couleur bleu scintillante. On s'en doutait, non ?

- Tous les déserteurs boiront ceci.

- … Je reste.

- Parfait, ricana Ryuzaki-sensei, qui pouvait franchement être sadique quand elle le voulait. Vous ne croyiez tout de même pas rentrer chez vous pépère et vous la couler douce, hein ?

- Bien sûr que non, grogna Echizen en prenant un air offensé… du moins en essayant.

- Mais à quoi ça va servir ? questionna Momo. C'est pas un entraînement, si ?

- T'es con, porc-épic ! Le ballon prisonnier, c'est sans doute pour nous faire travailler notre vitesse, notre endurance, et notre capacité à rattraper la balle, siffla Kaidoh.

- Bien, tu es étonnamment perspicace aujourd'hui ! approuva Inui. Ce sont de bonnes données que voilà.

- En effet, ce ballon prisonnier est là pour vous entraîner. Mais les règles vont être un peu modifiées. La partie se jouera avec une balle qui rebondit très bien, dans un terrain typique de ballon prisonnier, c'est-à-dire avec deux camps et deux prisons. Le but du jeu est toujours de faire prisonnier tous les membres de l'équipe adverse. Or, vous savez qu'un prisonnier peut revenir dans le jeu après avoir touché depuis la prison l'un de ses adversaires. Sauf que cette fois-ci, toutes les personnes ayant été touchées trois fois… devront boire un verre de Jus d'Eau. De même que toutes les personnes composant l'équipe perdante.

- Je sens qu'il va y avoir beaucoup de morts… lâcha Eiji en se planquant derrière son partenaire, son enthousiasme soudainement retombé.

- J'ai déjà formé les équipes, en séparant un peu les paires pour vous entraîner à collaborer avec d'autres personnes ! annonça la coach. Ah, et comme nous sommes un nombre impair, j'ai gentiment prié le frère de Fuji de se joindre à nous. N'est-ce pas, Yuuta ?

- Gentiment, c'est pas vraiment le mot… grogna le joueur de St Rudolph.

- Alors. Equipe 1, poursuivit la coach en l'ignorant. Oishi, Fuji, Aelita, Momo et Inui. Equipe 2, Eiji, Kawamura, Yuuta, Echizen et Kaidoh.

Diverses réactions se firent entendre.

- Hein ?! Oh non, je veux jouer avec Oishi ! cria Eiji en serrant Echizen dans ses bras. Et même Momo est dans l'équipe adverse ! Bon, heureusement, Ochibi est avec moi…

- Eiji-senpai, j'étouffe… marmonna ledit Ochibi.

- Ne puis-je pas jouer avec Yuuta ? Demanda Fuji, un peu déçu.

- Non ! Je sépare les paires.

- Cela avait 99,9% de chances d'arriver, commenta le dataman.

- BURNING ! ON VA LES EXPLOSER !

- Très bien, maintenant, choisissez un nom d'équipe et un capitaine, lâcha la coach en les ignorant tous.

Les joueurs se regardèrent, puis deux cercles furent formés.

- Qui devrait-on prendre comme capitaine ? Demanda Yuuta.

- Ochibi, Ochibi ! Criait Eiji.

- …

- Adjugé vendu, lâcha Yuuta. Echizen, on compte sur toi.

- …

- Et nous, on prend qui ? Questionna Momo.

Tous les regards se tournèrent vers Oishi.

- Quoi, moi ?!

- Vice-capitaine, acceptes-tu de devenir le capitaine de notre équipe ?! demanda Aelita, enthousiaste.

- 100% de chances qu'il n'arrive pas à refuser, lâcha de nouveau Inui.

- Très bien, j'ai compris… soupira Mama Poule.

- Bien, vous avez fini ? demanda la coach.

- Oui. Equipe des Sushis, capitaine : Echizen Ryoma, grogna ce dernier, désespéré par leur nom d'équipe.

- Nous aussi. Equipe des hamburgers – nom choisit par Momo, on s'en doute, capitaine : Oishi Shuichiroh, annonça le vice-capitaine des Seigaku.

- Très bien ! Allez vous placer dans votre camp. Je vais lancer la balle au milieu, à vous de la rattraper. Et surtout n'oubliez pas ! Trois fautes, et c'est le Jus d'Eau.

- Beuuuuuuh… pleura presque Eiji en allant s'installer.

Aelita, Fuji, Momo, Oishi et Inui se placèrent d'un côté du terrain, tandis qu'Echizen, Kawamura, Kaidoh, Eiji et Yuuta rejoignaient l'autre côté. Le ballon se mit rapidement à rebondir sur le terrain, et ce fut Momo et sa détente incroyable qui le rattrapèrent au vol. Puis il fit une passe tout en puissance vers Aelita… qui trouva le moyen de se la prendre dans la tronche avant qu'Oishi ne la récupère.

- Momo-senpai ! Cria la fillette en massant le nez. J'suis pas Kawamura-senpai, hein ! Le lance pas avec une force pareille !

- Désolé, hein, désolé ! rigola le bourrin.

- Aelita, ça va ?! Tu ne t'es pas fait mal ?! Tu es sûre ?! demanda à toute vitesse Mama Oishi, tenant toujours la balle entre les mains.

- Oishi, joue ! Cria Eiji en sautillant.

- Ah, oui, désolé.

Oishi renvoya la balle, avec la précision du Moon Volley, c'est-à-dire doucement et sur la tête de Yuuta. Heureusement, Kaidoh rattrapa la balle avant qu'elle ne touche le sol, empêchant son coéquipier de devenir prisonnier. Puis il la renvoya en un magnifique boomerang Snake sur Momo, qui fut touché. Aelita récupéra cependant la balle avant qu'elle ne touche le sol, et la renvoya en direction de Kawamura qui l'arrêta sans aucune difficulté.

- Wow, c'est possible de faire un boomerang Snake au ballon prisonnier ?! S'exclama Yuuta.

- Eh, Mamushi ?! On peut savoir pourquoi tu m'as visé ?! Hurla Momo.

- Devine, abruti ! Parce que t'es le plus stupide et que tu bouges pas assez rapidement pour l'éviter !

- Tu cherches la guerre, hein ?! Tu cherches la guerre ?!

- BURNING ! hurla Kawamura qui venait de récupérer le ballon. ARRETEZ DE VOUS BATTRE ET JOUEZ, LES MECS !

- Quoi, il rentre en mode burning aussi avec un ballon dans les mains ?! Demanda Yuuta, terrifié.

Et monsieur le bourrin numéro 2 renvoya le ballon de toutes ses forces… de nouveau vers Aelita. Mais elle avait prévu le coup et l'évita souplement, avant de tirer la langue à son senpai. La balle fila, et ce fut Momo qui la rattrapa de nouveau, reculant sous la force de la balle. Puis il la renvoya en faisant attention à ne pas tirer trop fort vers Echizen.

- 95% de chances qu'Echizen la renvoie. Probabilité d'un Drive B : 86,9% ! Esquive, Momo !

Effectivement, Echizen profita du rebond pour rattraper la balle, et la renvoyer assez haute. La balle piqua soudain du nez pour taper la tête de Momo qui ne s'y attendait pas, rebondir et taper le sol. Tandis que Kaidoh sifflait pour exprimer son plaisir, Momo rejoignit la prison du camp adverse. La partie reprit, et ce fut cette fois-ci Yuuta qui récupéra la balle.

- Yuuta, fais-moi la passe ! lança Fuji tout en souriant… et en entrouvrant ses yeux d'un bleu profond.

Le jeune garçon trembla devant son frère. Fuji pouvait franchement être terrifiant quand il le voulait. Et même s'il ne faisait pour l'instant rien de particulier, le cadet sentait que s'il ne lui passait pas la balle… son frère le lui ferait regretter. Et le collerait peut-être encore plus pour le convaincre de revenir à la maison plus souvent. Il fit donc le choix de se plier à sa demande – son ordre – et lui lança la balle.

- Bah Yuuta, cria Eiji en sautillant. Tu fais quoi ?!

- Si je ne lui passe pas la balle… c'est moi qui vais y passer !

- Voyons, Fuji-chan n'est pas si effrayant que ça, rigola Kikumaru. Puis, apercevant les yeux de Fuji fixés sur lui : Quoi que…

- Tu vois !

Fuji fit un lob à Momo, qui lui, effectua un magnifique Dunk Smash qui percuta Kawamura avant de retomber au sol.

- Kawamura, prisonnier ! annonça la coach.

- OH NOOOOOOOOOO ! Hurla le cuisinier en attrapant le ballon avant de le renvoyer à Inui.

- Très bien. 97,6% de chances qu'Eiji et Yuuta soient faits prisonniers si je tire… de cette façon-là ! annonça Inui en tirant sur Yuuta.

La balle toucha son épaule droite, rebondit aléatoirement – ou pas – et tapa Kikumaru… qui venait de sauter pour l'esquiver, sans succès.

- Yeah, bravo Inui-senpai ! cria Aelita, sans voir qu'Echizen avait récupéré la balle et la visait.

- Aelita, out ! cria la coach quand la balle la frappa dans le dos.

- Mince, grommela la fillette.

La balle rebondit, et Momo la renvoya pour tenter de toucher Kaidoh, qui esquiva. Un nouveau rebond procura à Echizen la possibilité de smasher, ce qu'il ne se priva pas de faire en visant Fuji. Cependant, ce dernier s'y attendait, et rattrapant la balle, il tournoya étrangement sur lui-même… et effectua la chute de l'Ours. Kaidoh se prit la balle sur la tête avant qu'elle ne rebondisse au sol et fut fait prisonnier.

- Bravo Fuji-senpai ! Plus que Ryoma !

Mais c'était sans compter Kawamura qui avait attrapé la balle et brûlait de nouveau d'ardeur.

- BURNING ! DESOLE OISHI ! LES SUSHIS VAINCRONT !

Oishi fut frappé par la balle, et se vit contraint d'aller dans la prison tandis que Kawamura en sortait. Ce fut Inui qui renvoya la balle tout au fond, dans le camp des prisonniers. Aelita et Momo se regardèrent d'un même air, venant d'avoir une idée – plus ou moins bonne.

- Coach, si deux prisonniers tirent en même temps et touchent un adversaire, sont-ils libérés tous les deux ?

- Eh bien, je dirais que non, mais nous pouvons procéder comme cela si vous préférez… Je peux bien faire ça pour vous.

- Merci, coach ! Cria Momo. Bon, Aelita, tu lances la balle, moi je tire !

- … ok.

Tandis que la jeune fille lançait la balle très haut, Momo se préparait à sauter. Sa détente exceptionnelle le propulsa à une hauteur tout aussi exceptionnelle, et il smasha la balle, qui frappa Kawamura. Echizen sauta bien pour tenter de la récupérer, mais la balle avait rebondi trop haut, et ce fut Inui, dans le camp des Hamburgers, qui la récupéra.

- 99% de chances que… dit Inui en lançant la balle.

- Que tu sois fait prisonnier, Inui-senpai ? le coupa Echizen en rattrapant la balle et en la renvoyant à toute vitesse vers lui, un sourire sur les lèvres.

La balle cogna Inui sans qu'il n'ait pu l'éviter et il dut à son tour se rendre dans le camp des prisonniers.

- Ca alors… Echizen a surpassé mes données ! Je vois, je vois… Je vais devoir en collecter de nouvelles…

- … Bref, soupira Aelita.

Echizen fit une passe haute dans le camp des prisonniers. Eiji, Kaidoh, Kawamura et Yuuta, appliquant ce qu'avait accepté la prof… relancèrent la balle à quatre ! En lui donnant un effet, ils lui avaient permis d'effectuer une légère rotation sur la droite. Aelita sauta, mais elle ne fut pas assez rapide et fut touchée à la jambe gauche.

- Argh ! grogna la fillette. Plus qu'un coup, et je suis morte…

- Huhuhu, ricana Inui d'un air flippant.

- …

Désormais, l'équipe des sushis était entièrement revenue sur le terrain. Cependant, Kawamura fut rapidement retouché – l'esquive, c'est pas son fort – et devint la première victime du Jus d'Eau. En voyant le fort et robuste Kawamura s'effondrer au sol sans plus de cérémonie, les survivants se regardèrent d'un air qui en disait long sur leur détermination. Pas question de boire ce truc ! Aelita était quant à elle en danger, mais pour l'instant, bien à l'abri dans la prison. Si elle parvenait à filer un coup de main à son équipe sans pour autant être de nouveau touchée, et que ses coéquipiers remportaient la partie… elle serait sauvée ! Un grand sourire passa sur son visage, et quand la balle lui revint, la jeune fille la renvoya à Fuji. Le prodige parviendrait sans doute à éliminer un autre adversaire ! Et effectivement, il ne se gêna pas pour effectuer…le Hakugei ! La balle fila, tapa le sol à côté d'Echizen, partit loin… et soudain, elle revint en arrière et le toucha à la tête, avant de rebondir de nouveau et de revenir dans la main du prodige.

- Eh, Fuji-senpai ! Comment tu fais pour exécuter le Hakugei sans vent contraire ?! Interrogea un Momo surpris.

- J'ai donné un effet à la balle. En rebondissant une première fois, elle a commencé à tournoyer dans le sens inverse de celui qu'elle avait avant, c'est pour ça qu'elle est repartie en arrière.

- … Incroyable, Fuji-senpai, incroyable ! cria le porc-épic, enthousiaste.

Le prodige esquissa son habituel sourire, et Echizen rentra pour la première fois dans la prison. Yuuta le rejoignit quelques secondes plus tard, après qu'Oishi se soit libéré grâce à un Moon Volley d'une extrême précision. Fuji considéra son frère d'un air un peu inquiet : pas question que Yuuta boive l'Inui Juice ! Aelita le rassura en riant.

- M'enfin, Yuuta doit être comme toi, non, senpai ?

- Il n'a jamais testé. Ne prenons pas de risques inutiles.

- Et puis, je te rappelle que l'équipe perdante devra toute de même boire le jus, senpai, fit remarquer Aelita, un léger sourire aux lèvres. Et comme tu ne donnes pas l'impression de vouloir perdre la partie, Yuuta le boira de toute façon.

- Eh bien, testons immédiatement ! annonça Inui d'un air intéressé en coupant Aelita.. Ainsi, je pourrais avoir des données sur les deux frères Fuji !

Sans attendre, le dataman sortit de la prison, s'approcha de Yuuta qui n'eut pas l'intelligence de reculer de peur… et versa du Jus D'eau dans sa bouche grande ouverte. On entendit juste un gargouillement, puis un gros « boum » résonna dans toute la pièce quand le jeune Fuji s'écrasa au sol.

- Yuuta ! Cria presque Fuji.

Inui s'apprêta à sortir son carnet pour prendre des notes quand la voix de la coach résonna dans la salle.

- Inui, tu es sorti de la prison. C'est une faute, tu vas pouvoir tester ta boisson sur toi-même !

L'homme aux données regarda autour de lui, vit la coach et son sourire un peu sadique, Aelita, Momo et Eiji morts de rire, Echizen qui ricanait sous cape, Oishi qui résistait à l'envie de défendre son ami, Fuji qui arborait un sourire plus que cruel à l'idée de voir celui responsable de l'évanouissement de son frère-adoré-chéri-d'amour payer pour son crime, et Kaidoh qui priait déjà pour le salut de son âme. Sans un commentaire de plus, il attrapa donc un verre et le descendit en quelques millisecondes. Un autre « boum » résonna dans la salle, et la coach tira les deux nouveaux cadavres à côté de celui de Kawamura.

- Bien, bien. Maintenant, occupons-nous du reste des Sushis, sourit Fuji d'un air terrifiant.

Même Momo, Aelita et Oishi, qui étaient dans l'équipe du prodige, en frissonnèrent de terreur. Fuji pouvait VRAIMENT être flippant, quand il le voulait. C'était un pur bonheur de ne pas être ennemi avec lui. L'un après l'autre, il descendit Kaidoh et Eiji. Oishi, désespéré par la perte de son compagnon, s'élança vers lui. Cependant, il avait été précédemment emprisonné, et en sortant, il s'exposait au Jus D'Eau. Il n'en fit cependant pas cas, et rejoignit bien vite son compagnon pour tenter de le réveiller… Avant de s'évanouir à son tour, après avoir bu l'ignoble boisson. Momo, devenu bien vite la cible d'Echizen, dut goûter lui aussi au Jus. Aelita n'y échappa pas beaucoup plus : à cause d'un rebond, elle s'évanouit elle aussi. Il ne restait plus en lice que Fuji et Echizen. Les deux se considèrent comme deux cow-boys sur le point de tirer. Finalement, la coach les arrêta tous les deux annonçant que la partie avait duré trop longtemps, et qu'il était désormais temps d'y aller. Pour la peine, elle força les deux joueurs à boire la mixture d'Inui, arguant que finir sur une égalité, c'est comme si les deux équipes abandonnaient. Echizen alla rejoindre ses camarades au sol tandis que Fuji…

…. Fuji…

Bah…

- Fuji-senpai ! Cria Aelita qui avait un peu repris ses esprits en voyant son senpai s'écraser au sol, raide. Eh ! … Non, mais, c'est pas logique ça, si ?!

- Non, c'est pas logique ! cria Mama Oishi en se relevant d'un coup. Hey, Fuji, ça va ?!

- Fuji-chan ! Lança Kikumaru, qui se releva en vacillant. Waaah, excellent, c'est la première fois que je vois Fuji s'évanouir après l'Inui Juice !

- J'ai atteint le jus parfait… marmonnai Inui, à moitié endormi.

- … pfu, ricana Echizen.

Kaidoh siffla, tandis que Momo tentait de réveiller son senpai à l'aide des autres.

- Eh ! Aniki ! Aniki ! répétait Yuuta en baffant son frère à intervalle régulier.

- Yuuuuutaaaaaaaaaa… A quoiiii joues-tuuuuuuuuu…. ? demanda soudain l'aîné des Fuji d'une voix d'outre-tombe.

- Aaaaaaah ! Aniki !

Tout le monde s'écarta d'un bond en voyant l'aura noir qui se dégageait de Fuji. La position dans laquelle venaient juste de se mettre les joueurs de Seigaku était en réalité… une haie d'honneur pour permettre au prodige d'atteindre rapidement Inui. Ce dernier sursauta quand son ami devenu flippant posa ses deux mains frêles sur ses épaules.

- Euh, Fuji… Je comprends que tu sois en colère mais…

- D'abord Yuuta, puis moi… Inui… Tu vas le regretter…

Ce fut la coach qui réagit en premier… en donnant un bon coup sur la tête de Fuji.

- Interdiction de s'étriper tant qu'on n'est pas champions du Kanto ! Et une fois qu'on le sera, interdiction de s'étriper tant qu'on ne sera pas devenus champions Nationaux !

- … Désolée, coach, murmura Fuji, qui venait de reprendre ses esprits. Mais il s'en est pris à Yuuta…

- Pas de mais !

- Ok, coach, sourit le prodige enfin calmé. Inui, nous nous reverrons.

- Bien, maintenant que ceci est réglé… je propose qu'on raccompagne Echizen et Aelita chez eux. Ils ont moins l'habitude de l'Inui Juice que vous, et visiblement, ils ne sont pas bien…

« Ils sont pas bien », c'est un petit mot pour dire que les compères étaient devenus verts. Verts, verts, verts. En soupirant, Momo et Kaidoh attrapèrent chacun un bras de Ryoma, tandis que Kawamura et Oishi s'occupaient d'Aeli. Quelle bande de faiblards ! Demain, ils risquaient de ne pas être en forme pour le départ…