Hello! :)

Voici la suite et en prime vous avez droit à une partie de l'arbre généalogique décrit dans le chapitre (cf lien sur mon profil), enjoy!


Chapitre 28 : Histoires de famille

- Laisse-moi voir, insista Alice en riant, tenant une grande plume bleue dans les mains.

- Elle est à Hermione, je n'ai pas le droit de la prêter, rétorqua Harry.

- C'est seulement pour essayer, s'il-te-plait.

- Bon, juste une phrase alors, accepta le Gryffondor.

La petite fille appuya la pointe de la plume sur son parchemin et y inscrivit une dizaine de mots, faisant exprès de faire des fautes d'orthographe. De son propre accord, la plume effaça ce qu'elle avait écrit et corrigea les lettres erronées.

- Elle fonctionne vraiment, s'étonna-t-elle impressionnée alors que Christmas tentait d'attraper le bout de la plume entre ses pattes.

- Evidemment, c'est une plume autocorrectrice.

- Oui, mais…

- Silence là-bas, leur lança Severus. Je vous rappelle que c'est votre heure d'étude.

Alice roula les yeux, faisant sourire Harry, et lui rendit la plume, au grand désespoir du chaton qui la suivit des yeux, avant d'aller se blottir sur les genoux de sa maîtresse.

- Fais attention quand même, murmura la Serpentard. Elles sont interdites aux examens.

- Oui, je sais, répondit le garçon sur le même ton.

- Tu ne vas pas l'utiliser pour faire tes lignes ?

- J'hésite, tu crois que je ne devrais pas ?

Snape les observa chuchoter avec agacement, mais décida de les laisser faire. En réalité, il était plutôt content que sa fille n'ait pas protesté quant à la tutelle d'Harry. Elle avait simplement demandé, tout à fait légitimement, des explications et n'en avait pas fait de cas. S'il était honnête avec lui-même, il devait avouer qu'il ne s'était pas attendu à cette réaction de sa part. Pour une fois, elle avait fait preuve de maturité et il s'était senti fier d'elle. Alice était mature pour certaines choses seulement, pour le reste elle se comportait comme une petite fille plus jeune que son âge. Comme l'avait souligné à juste titre l'infernale assistante bibliothécaire, il était probable qu'elle compense ainsi les années qu'elle n'avait pas passée avec lui. Cette vieille fouineuse devinait bien des choses, trop pour qu'un secret ne se cache pas là-dessous, et Severus savait à quel point les secrets pouvaient être dangereux.

- Il neige ! s'écria Alice en portant son chaton dans ses bras.

De gros flocons tombaient en effet en rafale dans leur rue, rendant les toits des maisons blancs et scintillants.

- Peut-on aller dehors père ? S'il-vous-plaît, supplia-t-elle.

Il allait refuser mais songea qu'il avait peut-être été un peu trop rigide ces derniers temps. Avoir failli perdre sa fille avait remis certains de ses principes en question, et il n'y avait pas de mal à être permissif de temps à autres.

- Très bien, mais restez devant la maison, ne vous éloignez pas.

Alice le regarda d'un air surpris, ne s'étant visiblement pas attendue à cette réponse et afficha une expression ravie.

- Monsieur ? demanda Harry timidement alors qu'ils s'habillaient pour sortir.

- Oui, Potter ?

- Est-ce que l'on pourrait inviter David et Sarah ? Ils ont des luges et…

Le maître des potions haussa un sourcil tandis qu'Alice donna un coup de coude au Gryffondor significativement.

- S'il-vous-plaît, ajouta celui-ci.

C'était la première fois que le garçon demandait quelque chose, et Severus sentit qu'il guettait sa réaction avec beaucoup d'appréhension. Il n'était son tuteur que depuis la veille et l'adolescent restait méfiant vis-à-vis de lui.

- Entendu, mais pas d'imprudence.

Harry sourit et les deux étudiants se précipitèrent dehors, se poussant l'un l'autre pour être le premier à sortir. Christmas voulut les suivre mais la porte se referma avant qu'il ne puisse sortir à son tour et il se mit à miauler plaintivement.

- As-tu fini de faire autant de bruit, petite nuisance ? railla Severus en attrapant le chaton et le déposant à côté de lui près de la table. Celui-ci se frotta contre sa jambe, ronronnant tranquillement.


- Tiens, vous n'avez pas mis vos capes aujourd'hui ? sourit Sarah alors qu'Alice et Harry venaient de frapper à sa porte.

- C'était des déguisements, on ne les met pas tous les jours, déclara la Serpentard, à qui son père avait suggéré cette idée.

- Je trouvais ça plutôt cool.

- Est-ce que David et toi vous seriez d'accord pour venir faire de la luge ?

- Pourquoi pas. David ! appela-t-elle en se tournant vers le couloir de l'entrée.

Un bruit de fond lui répondit et elle invita les deux sorciers à entrer, avant d'aller chercher son frère, les laissant dans un petit salon tout à fait semblable à celui de la maison Snape.

Alice détailla avec curiosité les objets moldus, dont elle connaissait l'existence mais n'avait jamais expérimenté aucun d'entre eux. La télévision était allumée et ses yeux ne pouvaient se détacher de l'écran, qu'elle regardait avec intérêt.

- Tu n'as jamais vu de télé ? demanda Harry en riant.

La petite fille tourna les yeux vers lui et rougit légèrement avant de hausser les épaules.

- Ils ont la même console que Dudley, constata-t-il avec envie. J'ai toujours voulu l'essayer.

- Vous n'avez jamais joué à la Super Nintendo ? s'étonna David qui entra à ce moment dans la pièce, les dévisageant avec autant d'incrédulité que s'ils débarquaient de la planète Mars.

Le Gryffondor hocha la tête tandis que la Serpentard regardait l'objet avec perplexité.

- Il faut absolument que tu viennes un après-midi jouer à Super Mario All Stars ! s'exclama-t-il. Je viens juste de l'avoir pour Noël, il est génial !

- Bon, vous venez dehors ou pas ? s'enquit Sarah d'un air ennuyé, visiblement peu intéressée par les jeux de son frère.

Alice acquiesça vivement et tous sortirent sous la neige, qui tombait un peu moins abondamment qu'auparavant.

Les anciennes luges ayant été vendues au magasin de leurs parents, ce fut sur des luges très modernes en plastique fluo qu'ils s'amusèrent pendant une bonne heure.

- Au fait, il est toujours comme ça ton père ? questionna Sarah à Alice tandis qu'elles se relevaient d'une glissade.

- Comment ?

- Hum, grognon ?

Devant la tentative de l'adolescente de ne pas la vexer, la petite fille éclata de rire.

- Tout le temps, répondit-elle d'un ton dramatique.

- Ça doit être gai chez vous, sourit Sarah.

- Quand on parle du loup…, lança Harry qui arrivait à leur hauteur.

Toutes deux relevèrent la tête et virent l'intéressé à une trentaine de mètres, portant un grand pardessus noir qui le rendait bien visible au milieu de la neige.

- Alice ! Harry ! appela-t-il en s'approchant d'eux. Vous rentrez maintenant.

Reconnaissant le ton, les deux concernés rendirent avec regret les luges à leurs amis. Ils n'eurent pas le temps de se dire au revoir que Severus était déjà parvenu à leur hauteur. Celui-ci lança un regard noir aux deux adolescents moldus et allait s'en aller quant il fut stoppé dans son élan.

- Monsieur, est-ce qu'Harry pourra venir à la maison jouer à la Super Nintendo ? demanda David, qui ne se laissa pas impressionner par le maître des potions.

Severus le toisa froidement avant de poser son regard sur le Gryffondor, qui n'osait pas bouger un muscle. S'il ignorait ce qu'était une super nintendo, il n'en laissa rien paraître.

- Nous verrons, déclara-t-il finalement d'un ton polaire, avant de faire signe à Alice et Harry de se dépêcher de rentrer.

Le trajet jusqu'à la maison fut court, puisqu'étant à quelques mètres seulement, et personne ne prononça une parole. Quand ils furent débarrassés de leurs manteaux et écharpes, Snape leur désigna le canapé du salon, avant de prendre place dans son fauteuil habituel.

- Nous devons parler, annonça-t-il.

Les deux intéressés lui accordèrent toute leur attention, un peu inquiets.

- Il est important que vous ne parliez à personne des arrangements qui ont été fait récemment. Potter, vous serez censé avoir passé les vacances chez votre famille à Privet Drive. Vous ne devrez parler à personne, je dis bien personne, du fait que je suis à présent votre tuteur légal.

- Pas même à Ron et Hermione, monsieur ?

- Connaissez-vous la signification du mot personne, Potter ?

- Oui, mais…

- Dans ce cas vous connaissez la réponse, cessez de poser des questions inutiles.

- Mais ce sont mes meilleurs amis !

- Seuls le professeur Dumbledore et les directeurs de maisons sont au courant de la situation et pour la sécurité de tous, cela doit rester ainsi.

- Je ne veux pas leur mentir, se renfrogna Harry.

- Oh je vous en prie Potter, cessez d'être aussi dramatique.

- Ce n'est pas parce que le mensonge est votre seconde nature à vous les Serpentards, que je dois être pareil.

Il y eut un silence glacial, pendant lequel le maître des potions lança un regard si noir envers le Gryffondor que celui-ci regretta instantanément sa réplique. Alice quant à elle, était à la fois interloquée par son audace, et vexée.

- J'ignore si vous cherchez à prouver quelque chose en insultant ainsi ma maison, mais sachez que cela vient d'ajouter un nouveau rouleau de parchemin à vos lignes. Et si je vous entends encore porter ainsi atteinte à l'intégrité de ma maison, croyez bien que je vous ferai passer l'envie de le faire par des moyens bien plus douloureux. Ceci c'est votre seul et dernier avertissement.

Harry soutint le regard du maitre des potions un instant avant de capituler.

- Oui, monsieur.

- Quant à divulguer des informations à vos amis, c'est définitivement non. Et vous ferez ce que l'on vous demande de faire.

Le Gryffondor se renfrogna mais n'ajouta rien.

- Le deuxième point que je voulais aborder est qu'Alice et moi serons absents une journée ou deux à partir de mercredi.

- Grand-mère à écrit ? demanda sa fille avec intérêt.

- En effet, et je ne veux pas retarder la date davantage.

- Vous allez me laisser ici ? s'étonna Harry.

- Certainement pas. Le professeur Lupin vous gardera pendant mon absence à Poudlard.

- Je peux très bien me garder tout seul, merci.

Le maitre des potions haussa un sourcil interrogateur en direction du Gryffondor, et celui-ci ravala sa réplique.

- Comme je l'ai signalé précédemment, vous ferez ce que l'on vous dit de faire.

L'adolescent demeura silencieux, mais afficha un air des plus contrariés. Cela ne lui déplaisait pas de passer du temps avec Remus, mais c'était la façon qu'avait Snape d'annoncer les choses.

- A présent, retournez à vos devoirs.

Sans grand enthousiasme, les deux étudiants reprirent leurs livres et parchemins qui étaient toujours sur la table basse, comme attendant sagement leur retour.

- Avez-vous terminé la lecture du livre que je vous ai conseillé, Potter ?

- J'en suis à la moitié, monsieur.

- Je vous suggère d'accélérer la cadence, car je vous rappelle que j'attends toujours votre essai.

- C'est long et ennuyeux.

- Peut-être, mais cela vous aidera à vaincre votre dépendance.

- Mouais, marmonna Harry.

Severus se retint de rouler les yeux devant cette réponse éloquente et porta son attention sur sa fille qui travaillait sur son devoir de potions.

- Montre-moi les devoirs que tu as déjà fini, exigea-t-il.

Alice fouilla dans son sac et en sortit plusieurs rouleaux de parchemin soigneusement pliés qu'elle lui remit. S'asseyant dans son fauteuil, son père se mit à les lire attentivement et un silence studieux s'installa pendant une bonne heure.

Peu habitué à étudier autant, Harry se lassa bien vite de son essai de botanique et rêvassa quelques temps en contemplant le sapin de Noël qui trônait toujours dans le salon. Même s'il était majoritairement vert et argent, il le trouvait très beau et pour une raison inconnue, il l'apaisait.

- J'ai fini, père, annonça soudainement Alice, sa voix fluette le faisant sursauter.

La petite fille se leva et posa son devoir de potion à côté de Severus, qui lui tendit l'un de ses autres devoirs en échange.

- Tu n'as pas assez développé ta conclusion.

- Vous m'aviez déjà dit ça la dernière fois et le professeur McGonagall m'avait tout de même mis un Optimal.

- Je te demande pardon ? fit-il en haussant un sourcil.

Alice soutint son regard une seconde avant de baisser les yeux.

- Oui, père. Je vais la réécrire.

Elle savait par expérience qu'il était inutile de protester dans ces cas-là, son père était vraiment trop perfectionniste.

Observant la scène, Harry n'était pas particulièrement à l'aise. D'une part, la deuxième année avait fini un essai en une heure alors que lui en était toujours à l'introduction, et d'autre part les exigences de Snape en matière de notes lui semblèrent tout-à-coup inaccessibles.

Il déglutit en reportant son attention sur son parchemin et se demanda si son nouveau tuteur allait exiger la même chose de lui.

- Et vous Potter, où en êtes-vous ? demanda justement le maitre des potions en le faisant sursauter.

- Je… j'avance, répondit-il incertain.

Snape le considéra un instant sans rien dire, puis déclara qu'il se rendait dans son laboratoire avant de quitter la pièce.

Le regardant partir, Harry fut certain que celui-ci pensait qu'il était stupide. Après tout, c'était ce qu'il lui avait toujours dit, n'est-ce pas ? Il était nul en potions, toutes ses préparations étaient, sinon passables, un véritable désastre et pour cette raison, il savait que jamais son tuteur ne le tiendrait en haute estime. Il était une cause perdue et Snape venait de le réaliser. D'ailleurs, c'était bien pour cette raison qu'il voulait garder le secret sur leur nouveau statut, il avait honte de lui. Mais il ne pouvait pas lui en vouloir, son oncle le lui avait toujours dit, qu'il était un incapable, il le savait.

- Il a pourtant promit qu'il s'occuperait de moi maintenant, murmura-t-il, pour lui-même.

Alice tourna vers lui un regard interrogateur avant de comprendre de quoi il parlait.

- C'est le cas, dit-elle, surprise.

- Tu parles, à la première occasion, il me refourgue à quelqu'un d'autre.

- C'est différent.

- Je ne vois pas en quoi.

- Tu ne vas tout de même pas venir chez ma famille.

Harry la considéra un instant, avant de demander :

- Et pourquoi pas ?

- Tu as déjà oublié la règle qui dit qu'on ne doit parler à personne de ta situation ?

- C'est une règle stupide.

- Je ne trouve pas non.

- Tu dis ça parce qu'elle ne te concerne pas. Pourquoi est-ce que je n'aurais pas le droit de connaître la famille de mon nouveau tuteur ?

- Oh, comprit Alice. Non, tu te trompes, c'est ma famille maternelle.

Le Gryffondor arbora un air un peu déçu et hocha la tête en compréhension.

- Est-ce que tu aimerais voir l'arbre généalogique ? suggéra-t-elle.

- D'accord, fit-il en haussant les épaules.

La petite fille prit sa main et l'emmena à l'étage, dans sa chambre, et ouvrit sa malle d'où elle sortit un vieux grimoire aux pages jaunies et écornées par endroits.

- Tiens, regarde, montra-t-elle en l'ouvrant.

Déchiffrant les nombreuses lignes et écritures, Harry se trouva fasciné malgré lui par cet arbre magique qui remplissait des pages et des pages, ses branches se déplaçant pour laisser apparaître des visages de centaines de sorciers. Certains lui souriaient ou le dévisageaient gravement, d'autres semblaient s'ennuyer à mourir dans leur cadre. Il y avait des jeunes adultes, des personnes d'âge mûr voire très âgées et même des enfants.

- Ce sont tes ancêtres ?

- Oui, mais pas uniquement. Toutes les familles de sang-pur d'Angleterre y sont référencées ainsi que les sang-mêlés qui leur sont apparentés. Au fil des naissances, de nouveaux cadres apparaissent.

- C'est incroyable…

- Oui, n'est-ce pas ? Regarde, voilà ma famille.

Le Gryffondor reconnut le visage malicieux d'Alice qui lui souriait ainsi que celui de Snape qui l'observait froidement, exactement comme l'aurait fait le véritable maitre des potions.

- Le portrait évolue en même temps que la personne puis se fige au moment de sa mort.

Harry détailla les visages de la famille Selwyn et les trouva sincèrement austères voire effrayants. La mère d'Alice particulièrement n'était pas quelqu'un qu'il aimerait rencontrer, son expression était dure et peu avenante, mais il reconnut les traits que la petite fille avait héritée, comme son menton ou encore son nez légèrement retroussé.

- Eux, ce sont mes cousins, sourit-elle en désignant Emmy et Zachary.

- Ils ont la même coupe de cheveux que toi, remarqua-t-il, amusé.

- Oui, c'est typique des Selwyn, on est obligés jusqu'à nos treize ans.

L'adolescent la regarda avec stupéfaction, ce qui la fit un peu grimacer.

- Oui je sais, ça craint…

Harry lui sourit d'un air affecté et reporta son attention sur le livre, quand un détail lui sauta soudainement aux yeux.

- Mais attends, ton oncle et ta tante sont cousins !

- Petits cousins pour être exact.

- Ecœurant, fit le Gryffondor avec dégoût.

- C'est loin d'être rare chez les familles de sang pur.

- Ça ne te choque pas ?

- Non, répondit la Serpentard en haussant les épaules.

- Imagine si tu te mariais avec ton cousin Zachary.

- Je ne pourrais pas…

- Ah, tu vois.

- La famille Potter était de sang pur, je suis sûr qu'il y a eut des mariages entre cousins aussi, railla Alice.

- Tu… tu veux dire que tu as ma famille dans ce livre aussi ? s'enthousiasma Harry en réalisant la portée de ses paroles.

- Bien sûr, affirma-t-elle en feuilletant le volume. Voilà !

Le garçon fixa la page qu'elle lui montra avec émerveillement, ne pouvant détacher son regard de tous ces visages qui étaient sa famille. Sa famille. Il observa longuement ses parents, puis ses grands-parents et un flot d'émotions enserra sa poitrine.

- Merci, murmura-t-il avec reconnaissance.

- Je t'en prie, répondit Alice, un peu étonnée de sa réaction.

- Est-ce que… je pourrais le regarder de temps en temps ?

- Je ne pense pas car ma famille me l'a prêté et je vais leur rendre mercredi.

- Oh, fit-il avec déception.

- Désolée.

- Tu vas souvent les voir ?

- Pas vraiment non.

- Pourquoi cela ?

- Père ne veut pas trop que je les fréquente.

- Mais tu y vas mercredi, fit-il remarquer.

- Je n'ai pas dit qu'il m'interdisait de les voir, il n'aime pas trop que je les vois c'est tout.

- Et si je prenais du polynectar pour vous accompagner demain ? proposa-t-il soudain.

- Impossible, réfuta Alice. Le manoir Selwyn détecte les intrus, ta couverture serait découverte immédiatement.

- Et bien, je pourrais mettre ma cape d'invisibilité ou…

Il se stoppa immédiatement l'air horrifié, conscient d'avoir fait une bourde.

- Une cape d'invisibilité ? répéta la Serpentard, intéressée.

- Oublie ce que je viens de dire.

- Trop tard ! fit-elle railleusement. Si père la découvre, il te la confisquera à coup sûr.

- Tu ne vas pas lui dire ?

- A une condition.

- Laquelle ? demanda Harry qui pressentait déjà la réponse.

- Que tu me la prêtes de temps en temps.

- Pas trop souvent alors, soupira-t-il.

- Hum, hum, répondit Alice pensivement. Est-ce que je peux l'essayer ?

- Ici ?

- Oui, pourquoi pas ?

- T'es folle, et si Snape la voit ?

- Il est occupé dans son laboratoire.

- Et s'il en sort ?

- Oh allez, laisse-moi l'essayer ! insista la petite fille.

- Plus tard, murmura le garçon d'un ton inquiet.

- Harry, supplia-t-elle.

- Ne me regarde pas comme ça. Je te la montrerai, promis, mais plus tard.

- Non, maintenant.

L'adolescent poussa un long soupir devant l'obstination de la Serpentard mais était réellement angoissé à l'idée que Snape découvre sa cape.

- Sinon je hurle, fit-elle en croisant les bras sur sa poitrine.

Harry l'observa d'un air incertain, ne sachant pas si elle était sérieuse ou non. Il y avait de ces moments où Alice lui rappelait singulièrement Dudley et cela le perturbait au plus haut point.

Néanmoins il ne fut pas démenti dans sa comparaison quant la petite fille mit sa menace à exécution et se mit à crier, le son résonnant jusque dans le couloir.

A peine quelques secondes plus tard, des bruits de pas se firent entendre et Alice poussa soudainement Harry, un peu violemment, le faisant presque tomber. Irrité, celui-ci ne voulut pas se laisser faire et allait imiter son geste quand un maitre des potions agacé entra en trombe dans la chambre et leur lança à tous deux un regard glacial. Malheureusement pour le Gryffondor, la situation n'était pas à son avantage et pouvait être mal interprétée.

- Que se passe-t-il ici ? Potter !

Alice se précipita vers son père et fourra sa tête dans ses robes en faisant mine de sangloter.

- Puis-je savoir où vous vous croyez ? Que vous apprêtiez-vous encore à faire à ma fille ? questionna-t-il froidement en la prenant dans ses bras.

- Mais…, tenta Harry.

- Je croyais avoir été clair avec vous, Potter.

- Mais, je…

- Et ne tentez pas de justifier votre attitude par votre problème de dépendance.

- Mais non, je…

- Taisez-vous ! Suivez-moi dans mon laboratoire, vous allez me ranger des ingrédients et laver à la main des fioles en verre, nous verrons si vous êtes toujours enclin à faire le malin après cela.

Harry avait envie de hurler et d'étrangler Snape pour cette punition injuste, mais surtout il en voulait à cette petite peste manipulatrice qui avait visiblement décidé de lui faire ce genre de coup à intervalles réguliers. Et dire qu'ils étaient devenus soi-disant amis. Elle était son amie quand cela l'arrangeait et il commençait seulement à s'en rendre compte. Il ne s'y laisserait plus prendre.

- Père, Harry est méchant avec moi, se plaignit Alice, lançant au passage un coup d'œil moqueur à celui-ci.

Severus faillit lever les yeux au ciel devant l'attitude de sa fille et lui prit la main, l'entraînant avec lui jusqu'au grenier. Le Gryffondor les suivit, bouillonnant de rage.

- Je ne veux plus qu'il dorme dans ma chambre, continua la Serpentard sur le même ton.

Le maitre des potions inspira calmement et montra son étagère d'ingrédients à l'adolescent dont les yeux lançaient des éclairs en direction d'Alice.

- Papa…, fit celle-ci d'un ton boudeur, clairement peu enchantée d'être ignorée ainsi.

- Bien, Potter. Certains de mes ingrédients ont besoins d'être ré-étiquetés, vous allez donc soigneusement retirer les étiquettes abîmées ou effacées et mettre celles-ci à la place. Ne les mélangez pas, chacune d'elles est placée devant le récipient correspondant.

Il sortit sa baguette dans le but de montrer à Harry le sortilège permettant de décoller les étiquettes, mais se trouva bloqué par sa fille qui s'accrochait à présent à sa robe en faisant mine de pleurer. Patiemment, bien que sentant son exaspération monter en flèche, il la repoussa légèrement puis démontra le sortilège.

- Crusto, articula-t-il ensuite en pointant sa baguette sur un bocal.

Une nouvelle étiquette prit place sur le devant du récipient, qu'il posa sur l'étagère.

- Cela vous semble-t-il assez clair ? demanda-t-il au Gryffondor en haussant les sourcils.

- Oui monsieur, grinça Harry entre ses dents.

Il ne parvenait pas à comprendre comment Snape pouvait tolérer une telle attitude. Alice était réellement insupportable en cet instant et tout ce qu'il trouvait à dire c'était lui expliquer comment changer des étiquettes qui n'avaient honnêtement même pas besoin de l'être !

- Papa…, pleurnicha-t-elle, toujours collée à lui.

- Parfait, dans ce cas vous allez rester ici jusqu'à ce que vous ailliez fini. Vous en avez très certainement pour plusieurs heures, je viendrai vous chercher pour diner. Avez-vous des questions ?

- Non, monsieur.

- Très bien, tâchez de ne rien casser ou abîmer.

Traînant sa fille, qui était à présent à moitié par terre telle une enfant de trois ans, il referma le rideau séparant son laboratoire du reste du grenier et y lança plusieurs sortilèges afin qu'Harry ne les dérange pas dans ce qu'il prévoyait de faire.

Une fois cela fait, il remit Alice debout un peu brusquement et lui releva la tête.

- C'est bientôt fini ce cirque ? demanda-t-il, agacé.

Sa fille le regarda de son air de bébé, ce qui avait le don de l'exaspérer au plus haut point. Elle ouvrit la bouche, à n'en pas douter dans le but de continuer sur sa lancée, mais il la stoppa net dans son élan.

- Tu arrêtes ça immédiatement ou c'est moi qui te calme, déclara-t-il sérieusement.

Cette fois-ci, Alice changea totalement d'attitude et s'écarta de lui.

- Bien, fit-il lentement en lui lançant un regard d'avertissement. J'avais prévu de te faire pratiquer la danse rituelle cet après-midi et je pense que cela te fera le plus grand bien.

- Oui, père.

- Va te changer.

- Oui, père.

Alice se dirigea prestement vers la malle où elle rangeait ses affaires de danse et enfila sa tenue, à savoir sa jupe, son tee-shirt et ses chaussures. Severus attendit qu'elle ait terminé et sans un mot, attacha les deux rubans noirs dans ses cheveux. Il fit ensuite léviter son précieux bâton servant d'accessoire pour la danse qu'ils pratiquaient en ce moment et l'arrêta juste devant sa fille.

- Aujourd'hui, je ne veux pas que tu le fasses tomber. Tu m'as bien compris ?

Alice acquiesça gravement, prenant conscience que son père n'allait rien lui laisser passer pour cette séance. Elle le prit entre ses mains et observa Severus tracer l'habituel pentacle et les runes au sol, puis faire apparaître le livre d'enseignement.

- Place-toi, ordonna-t-il.

L'intéressée obéit immédiatement et l'entraînement débuta très vite. Ils reprirent chaque mouvement depuis le début, ce qui fut tout d'abord facile, puis la difficulté augmenta quand elle dut tout enchainer en une seule fois. Le maitre des potions pouvait voir que sa fille était très concentrée ce qu'il approuva intérieurement. Il était réellement impressionné par sa capacité à passer d'un état à un autre aussi rapidement, mais cela valait mieux pour elle si elle ne voulait pas avoir à subir son mauvais caractère. Suivant attentivement ses gestes, il souriait intérieurement devant son étonnante grâce naturelle. Il s'était toujours demandé d'où elle la tenait car ni Samantha ni lui n'en étaient dotés particulièrement.

La musique émanant du livre familial s'interrompit juste avant la fin de la danse, le faisant froncer les sourcils.

- Puis-je savoir pourquoi tu t'arrêtes ? demanda-t-il sèchement.

- J'ai oublié la suite, avoua Alice à voix basse.

- Tu te fiches de moi ? On l'a fait trois fois tout à l'heure.

- Pardon, fit-elle en baissant la tête.

- Viens ici.

La petite fille marcha lentement en dehors du cercle et alla se placer devant son père, tenant fermement son bâton entre ses doigts. Celui-ci passa sa main sous son menton pour la regarder dans les yeux.

- Tu me sembles bien inattentive aujourd'hui. J'accepte que tu revoies la chorégraphie une dernière fois pour cette séance, mais ce sera la seule alors tâche de bien mémoriser.

- Oui, père.

- Car je n'aimerais pas être obligé de te corriger, ajouta-t-il en lui faisant signe de retourner au centre du pentacle.

- Vous n'aurez pas à le faire, père, assura Alice.

- Cela ne tient qu'à toi.

Alors qu'elle posait ses pieds sur les anciennes runes, une forme blanchâtre se matérialisa devant elle et l'étrange musique reprit, grinçante de notes métalliques.

Severus adorait admirer sa fille danser, bien que cela n'avait pas toujours été le cas. Quand il avait appris l'existence des danses rituelles, à la naissance d'Alice, il y avait vu des rites de magie noire et en avait été, même s'il ne l'avouerait jamais, effrayé. En vérité, c'était l'une des plus anciennes et des plus pures formes de magie, à condition d'être utilisée à bon escient. C'était un moyen de protection particulièrement fiable et puissant, et il songea qu'il serait bon qu'Alice apprenne l'anti-ensorcellement, mais elle était encore trop inexpérimentée. D'ici la fin de l'été peut-être pourraient-ils commencer, si ses progrès se poursuivaient.


Harry, pour sa part, fulminait dans la pièce d'à côté. Il n'arrivait pas à croire que Snape l'avait enfermé ! Car après avoir étiqueté plusieurs dizaines de récipients, il avait décidé de faire une pause et avait voulu jeter un coup d'œil au reste du grenier. Néanmoins, il avait été incapable d'ouvrir le rideau séparant le laboratoire et s'était trouvé bloqué à l'intérieur. Perplexe, il avait collé son oreille contre le tissu mais n'avait perçu aucun bruit lui indiquant où était les deux autres occupants de la maison et encore moins ce qu'ils faisaient. Après réflexion, il était certain qu'il se passait des choses dans cette maison et que l'on voulait absolument le lui cacher. Il était frustré de ne pas savoir mais il n'y avait malheureusement pas grand-chose à faire pour changer cet état de fait. Et après avoir longuement soupiré, il reprit son étiquetage, songeant qu'il n'avait de toute façon rien d'autre à faire.


- Bien, ça suffira pour aujourd'hui, annonça Severus, voyant que sa fille allait s'écrouler.

Il effaça d'un coup de baguette les symboles dessinés au sol et rangea le livre avant de faire apparaître un gobelet d'eau.

- Alice, appela-t-il, remarquant qu'elle retirait déjà ses chaussures.

Celle-ci se retourna et accepta le verre avec gratitude, qui se remplissait au fur et à mesure qu'elle le finissait.

- Doucement, fit-il en écartant une mèche de cheveux qui lui tombait devant les yeux.

Il défit ses rubans avec dextérité, ressentant sa propre magie affluer à l'intérieur du tissu. Les accessoires utilisés pour les danses rituelles jouaient exactement le même rôle qu'une baguette magique, mais étaient bien plus anciens et symboliques.

- Merci, père.

- Prépare-toi pour le dîner, pria-t-il en l'embrassant sur le front.


Harry avait fini sa besogne depuis cinq minutes et se demandait si on ne l'avait pas oublié, quand le rideau noir se tira brusquement, le faisant sursauter.

- Avez-vous terminé, Potter ? demanda le maitre des potions d'une voix neutre.

- Oui, monsieur.

Snape examina les bocaux alignés soigneusement le long des étagères et hocha la tête pour exprimer son approbation.

- Vous avez fait de l'excellent travail, je vous félicite.

Harry, qui ne s'attendait pas du tout à cette réplique, le regarda d'un air estomaqué.

- Vous êtes sérieux ? articula-t-il après un instant.

- Absolument. Descendez maintenant, c'est l'heure de dîner.

Le maitre des potions allait sortir du laboratoire quand Harry l'interpella.

- Monsieur ?

- Oui, Potter ?

- Est-ce que…, hésita-t-il avant de secouer la tête. Non, rien.

Snape le dévisagea un instant mais ne le pressa pas et tous deux se rendirent à la cuisine.

Une fois qu'ils furent tous à table, il servit généreusement sa fille en légumes, sachant qu'elle avait besoin de vitamines pour récupérer après son entraînement, et pour faire bonne mesure fit la même chose pour Harry. Aucun des deux ne protesta, ce qui le surprit agréablement.

- Je n'ai pas reçu de courrier ? demanda Alice en plantant sa fourchette dans une pomme de terre.

- Non, aucun hibou n'est arrivé. De qui attends-tu une lettre ?

- Savannah, elle ne m'a pas encore répondue.

- Ne t'a-t-elle pas écrit il y a deux jours ? questionna Severus.

- Si, mais elle aurait déjà dû répondre.

- Je vois, fit-il en masquant un léger sourire.

Attiré par les odeurs de nourriture, particulièrement celle du saumon qui était au menu, Christmas vint se frotter contre les jambes de sa jeune propriétaire. Celle-ci sourit en le voyant et le prit immédiatement sur ses genoux.

- Pas de chat à table, gronda le maitre des potions. Fais-le descendre.

- Mais il ne fait rien de mal, protesta la petite fille.

- Alice, fit-il sèchement.

- Oui père, se résigna-t-elle en soupirant.

Le chaton miaula faiblement sa désapprobation mais fut reposé par terre et se contenta donc d'aller piocher dans sa gamelle.

Harry l'observa avec amusement un petit moment tout en mangeant avec appétit, quand son attention fut attirée par un mouvement à l'extérieur de la maison. Il posa son regard sur la fenêtre qui donnait sur la rue et eut la surprise d'apercevoir un gros chien noir au poil hirsute qui le fixait droit dans les yeux. Sursautant de frayeur, il lâcha brusquement sa fourchette qui tomba au sol et détourna précipitamment le regard vers son assiette.

Les deux Serpentards l'observèrent curieusement et le Gryffondor pointa son doigt vers l'endroit où se trouvait le chien.

- Là dehors…, murmura-t-il d'un ton apeuré.

Mais quand ils regardèrent par la fenêtre, il n'y avait plus rien.