Bonjour,
Voici le chapitre 28 (déjà !) et Dean ouvre enfin les yeux (oui enfin !).
Merci mille fois de continuer à me lire et à m'écrire.
Bonne lecture et à jeudi
Sydney8201
Musique du chapitre :
Is this love de Whitesnake
Chapitre 28 : Incertitude
« A quoi il sert cet amour qui est en nous si c'est pour une personne à qui on ne l'avoue »
Michel Berger
Dean avait toujours été fier de Sam. Il l'était depuis sa naissance. L'avait été lorsque son petit frère avait fait ses premiers pas. Quand il avait ramené son premier A noté en rouge sur un devoir qu'il avait rendu quelques jours plus tôt. Quand il avait eu sa première petite amie. Quand il avait eu son diplôme avec les honneurs. A chaque course qu'il remportait. A chaque trophée qu'il gagnait.
Il avait été fier également le jour où Sam lui avait annoncé qu'il avait été accepté à Stanford et qu'il avait obtenu une bourse pour couvrir une partie de ses dépenses. Bien sûr, à l'époque, sa fierté avait été effacée par sa colère et sa peur de voir Sam l'abandonner pour la Californie. Mais Dean n'en était pas moins fier. Même s'il lui avait fallu quelques années avant de le reconnaître.
Dean admirait son frère. Il le trouvait incroyable. Ne pensait pas exagérer quand il disait à qui voulaient l'entendre – et même aux autres – que son frère était sans nul doute la personne la plus extraordinaire qui soit au monde. Quand il relatait ses exploits. Annonçait sans le moindre doute que Sam accomplirait de grandes choses. Deviendrait le meilleur avocat au monde. Choisirait les causes justes.
Il était enfin fier de son frère parce qu'il n'avait pas peur d'assumer ses sentiments. Qu'il ne se sentait pas idiot de montrer à quel point il aimait sa petite amie. Qu'il allait l'épouser et faire sa vie avec elle. Dean savait d'ors et déjà que sa fierté serait plus forte encore quand il se tiendrait à la droite de son frère le jour de son mariage. Quand il ferait son discours de témoin en tentant de l'embarrasser parce que c'était son rôle après tout. Quand il tiendrait dans ses bras le premier de leurs enfants – ils en auraient deux ou trois selon Dean – et quand il serait choisi comme parrain.
Dean fondait de grands espoirs en son frère. Il avait sacrifié une partie de son enfance pour s'assurer que Sam serait à même de les remplir. Qu'il ne rencontrerait aucun obstacle insupportable sur la route de son succès.
Dean voyait en Sam l'homme qu'il ne pourrait jamais être de son côté. Celui qu'on regardait avec admiration et envie. Celui qui remportait toutes les batailles. Dean n'était toutefois pas jaloux. Non. Il avait toujours su que son frère était destiné à cette vie et lui non.
Mais il avait ressenti plus de fierté encore en visitant pour la première fois le campus où son frère se rendait chaque jour. En entendant ses amis parler de lui comme de l'étudiant le plus brillant de l'université. En constatant par lui même combien chacun d'entre eux l'appréciait pour ce qu'il était vraiment. Parce qu'il voyait aussi bien que Dean que Sam était meilleur qu'eux tous réunis.
Bien sûr, parce que Dean était Dean, il fit ce qu'il avait promis et s'empressa de raconter aux autres des histoires – certaines vraies, d'autres exagérées pour être plus drôles encore – sur l'enfance de son frère. Il s'amusa beaucoup de voir Sam protester vainement et rougir. Il rit avec ses amis. Il les écouta parler de lui. Il fut touché quand son petit frère insista pour préciser à ses amis que c'était en partie grâce à Dean qu'il en était là où il en était. Tous avaient déjà entendu parler de lui. De toute évidence, Sam leur avait vanté longuement ses mérites. Et si Dean n'avait jamais douté de l'amour que son frère avait pour lui, il n'avait jamais imaginé que son petit frère le mettait ainsi sur un piédestal. Il n'avait jamais cru vivre le jour où des inconnus lui confieraient qu'ils auraient aimé avoir un frère comme lui. Peu importait qu'il ait pris de longues minutes pour leur raconter des horreurs sur Sam. De toute évidence, les amis de son frère le voyaient comme un modèle. Comme un exemple. Comme un frère idéal.
Ce fut au tour de Dean de rougir et quand ils quittèrent finalement le campus, il avait toujours du mal à croire qu'il ne rêvait pas. Il allait devoir remercier Castiel d'avoir insisté pour lui faire prendre l'avion. Car cette visite lui avait non seulement offert l'opportunité de voir enfin son frère évoluer dans son quotidien mais également celle de booster son ego. Ce dont il avait cruellement besoin après avoir passé des années à penser que Sam n'avait plus besoin de lui. Qu'il ne valait rien. Que sa mort ne serait un fardeau pour personne.
Sam l'invita ensuite à boire un café à l'endroit où il travaillait quelques matinées par semaine. Les gens le connaissaient et tout le personnel semblait l'adorer. Sam avait toujours été doué pour se faire des amis. Là où Dean avait tendance à repousser les gens, son frère les accueillait à bras ouverts. Ils étaient différents. Et pourtant, ils se ressemblaient également.
Ils prirent place à une table à côté de la fenêtre. Sam leur commanda deux cafés puis posa son regard sur Dean.
Le jeune homme savait parfaitement ce que son frère avait en tête à cet instant précis. Il n'avait pas abordé le sujet pendant leur visite. Parce qu'il savait combien le moment était important pour Dean. Il refusait de le gâcher en prenant le risque de déclencher une dispute stupide. Mais il allait le faire maintenant. Il ne pouvait pas s'en empêcher. Dean n'était pas en colère contre lui. Il savait qu'il n'avait pas de mauvaises intentions. Qu'il était seulement inquiet pour lui avec tout ce qu'il avait appris. Il avait juste besoin d'être rassuré. Dean n'était toutefois pas sûr d'avoir la force de le faire. Il était encore un peu chamboulé par tout ce qui c'était passé depuis son arrivée. Et il savait d'ors et déjà qu'il n'avait pas les réponses aux questions que Sam allait poser. Mais il était disposé à les entendre.
- Amis alors hein ?
Dean ne fut pas surpris de voir que son frère allait droit au but. Il n'avait jamais été du genre à tourner autour du pot quand il s'agissait de quelque chose d'aussi important. Il savait combien cela énervait Dean.
- Sammy, combien de fois dois je te le dire ? Oui, on est amis et c'est tout. Je ne couche pas avec lui … je ne coucherais pas avec lui. Point final.
Sam ne semblait pas convaincu et Dean le comprenait parfaitement. Il savait que le fait que Castiel ait réussi à le convaincre de prendre l'avion – quand son propre frère en était incapable – et le fait qu'il soit venu avec lui allait à l'encontre de ce qu'il venait de dire. Il savait également qu'il ne se comportait pas avec Castiel comme avec un ami. Ils étaient plus proches. Leurs gestes étaient plus tendres. Leurs regards complices. Mais il ne mentait pas non plus. Il n'avait pas couché avec Castiel et il refusait de le faire. Il tenait bien trop à leur relation pour tout gâcher en tentant quelque chose qui ne pouvait pas bien se finir.
- Je ne te parle pas de sexe Dean. Je te parle de sentiments. Et d'ailleurs, le simple fait que tu n'aies pas couché avec lui vient renforcer mon hypothèse qu'il y a quelque chose entre vous.
- C'est donc comme ça que tu me vois ? Comme un garçon qui écarte les cuisses pour le premier venu ? Tu crois que je suis incapable d'avoir des amis sans tenter de coucher avec eux. Je te rappelle que je fréquente de façon totalement platonique Benny, Jesse et Charlie.
Sam ne dit rien quand la serveuse vint leur apporter leurs cafés. Il la remercia d'un sourire puis prit quelques secondes pour discuter avec elle d'un cours qu'ils avaient en commun. Quand elle s'éloigna, il reporta son attention sur Dean.
- Tu sais que ce n'est pas ce que je pense de toi mais je sais aussi que tu as recours au sexe régulièrement parce que tu crois que ça poussera les gens à t'apprécier. Et si je me souviens bien de tout ce que tu m'as dit, tu as tenté de séduire Jesse et Benny les premiers temps. Ce n'est que parce qu'ils sont tous les deux hétéros que tu as renoncé. Et ce n'est pas une critique. Je sais que le sexe est pour toi une manière de tenir les gens à distance. Qu'il est plus facile ensuite de ne pas tisser de liens avec ces coups d'un soir parce que tu ne les rappelles jamais. Tu t'en sers pour ne jamais t'impliquer et sans doute … sans doute parce que tu as peur ensuite d'être déçu si toutefois tu laisses les gens devenir trop proches.
- Sammy, je me sers surtout du sexe pour prendre du plaisir, protesta Dean.
Mais c'était inutile. Car son frère avait raison. Il avait longtemps vu le sexe comme le moyen de se sentir désiré mais de ne surtout pas prendre le risque de développer des sentiments pour quelqu'un. Le sexe n'était jamais décevant. Ou du moins il l'était rarement. Mais les relations, en revanche, l'étaient très souvent. Il ne voulait pas prendre ce risque. Il pensait avoir la seule relation essentielle. Celle avec son frère. Il avait donc tenté de tenir Jesse et Benny à distance en essayant de les séduire. S'il couchait avec eux, ils ne chercheraient pas à devenir amis avec lui. Il savait qu'il avait eu tort. Mais il continuait toutefois de penser de la même manière. Il n'était simplement pas encore prêt à l'admettre.
- Et puis il y a Charlie … je n'ai pas tenté de coucher avec elle, rappela t-il un peu bêtement.
Son frère soupira alors longuement, visiblement agacé par ses tentatives désespérées de lui prouver qu'il avait tort quand ils savaient tous les deux qu'il avait raison.
- Charlie est une fille et tu es gay. Oh et le fait qu'elle soit également lesbienne n'aide pas non plus. Si Charlie avait été un homme, tu aurais tenté ta chance et tu le sais.
Dean détourna alors les yeux. Il était idiot de continuer à nier l'évidence. Comme souvent, Sam avait lu clair dans son jeu. Il savait toujours ce qui se passait dans la tête de son frère. Quant il était question de sentiments, Sam était bien plus capable que lui de savoir ce qu'il ressentait.
- Ok d'accord, disons que … disons que tu as raison.
- J'ai raison, affirma Sam d'une voix forte.
- Disons que tu as raison, reprit Dean en reportant son attention sur son frère. Je ne vois pas ce que Castiel vient faire là dedans. Je te l'ai dit. Je n'ai jamais couché avec lui.
Sam hocha alors la tête comme si ce que Dean venait de dire confirmait tout ce qu'il avait avancé jusque là. Il paraissait tellement sûr de lui que le jeune homme eut la sensation qu'il était sur le point d'apprendre quelque chose d'essentiel sur lui même. Quelque chose qu'il avait ignoré jusque là. Il était curieux. Mais il était également terrifié. Car ce qu'il allait entendre, ce dont il allait prendre conscience risquait de tout changer.
- Tu as des sentiments pour lui, c'est évident. Je pense que tu en as depuis le début … peut être depuis votre première rencontre. Et c'est pour ça que tu n'as rien tenté avec lui. Tu ne veux pas te débarrasser de Castiel. Tu ne veux pas le tenir à distance. Et tu sais que le sexe … tu sais que coucher avec lui sans le rappeler ensuite le pousserait à ne plus vouloir te voir. Tu as peur de le perdre. C'est pour ça que tu n'as rien tenté.
Dean fronça alors les sourcils. La logique de son frère l'étonnait. Mais il devait reconnaître que ça avait du sens. Il n'avait pas voulu coucher avec Castiel parce qu'il avait développé des sentiments forts pour lui. Il refusait de le perdre pour si peu. Pour quelqu'un d'aussi tordu que lui, c'était finalement totalement logique.
- Tu n'as pas envisagé une seule seconde que j'ai pu renoncer à coucher avec lui parce que je sais que je lui ferais du mal en le faisant … que je suis incapable de lui donner quoi que ce soit de plus et qu'il est trop fragile pour que je l'utilise de la sorte.
- C'est justement là la preuve de ce que je te dis Dean. Tu prends en considération ses sentiments … tu veux faire ce qui est le mieux pour lui et c'est quelque chose que tu n'as jamais fait pour personne d'autre que pour moi.
- Mais je ne suis pas amoureux de toi, intervint Dean en pointant son doigt en direction de son frère.
- Non mais tu m'aimes. Comme tu aimes Cas je pense … sauf qu'avec lui, ce n'est pas un amour fraternel et platonique.
Dean se passa une main sur le visage. Il ne savait pas quoi dire à son frère en retour. Tout était vrai. Sam avait raison une fois de plus. Le comportement qu'il avait avec Castiel ressemblait en tout point à celui qu'il avait avec Sam. Il voulait le protéger. Il voulait le garder proche de lui pour veiller à ce que rien ne vienne lui faire de mal. Il voulait le sauver. Le voir heureux. Le voir vivre. Et c'était la preuve qu'il avait des sentiments forts pour lui. Des sentiments qu'il ne pouvait pas nier plus longtemps. Mais il était encore incapable de les définir clairement. Parce qu'il n'avait jamais rien vécu de tel avant. Il était un peu perdu et il avait besoin de son frère pour l'aider à y voir plus clair.
- Sammy, j'aimerais te dire que je l'aime … ou te dire que je ne l'aime pas. J'aimerais savoir ce que je ressens mais j'en suis incapable. Je ne sais même pas ce qu'on … ce qu'on ressent quand on est amoureux. Comment pourrais je savoir que je le suis sans en connaître les symptômes ?
Sam secoua la tête une seconde avant de prendre son café et d'en boire une longue gorgée.
- Tomber amoureux n'est pas une maladie Dean. Il n'y a pas de symptômes mais … c'est quelque chose que l'on sait. Quand j'ai rencontré Jess, je n'étais jamais tombé amoureux et pourtant j'ai su dans la seconde que je l'aimais. Je n'ai pas eu le moindre doute.
Dean avait toujours vu l'amour comme quelque chose de dangereux. Comme quelque chose qu'on attrapait et dont on ne pouvait plus guérir ensuite. Il le comparait souvent à une maladie qui se répandait irrémédiablement dans le monde entier sans que personne ne sache quoi en faire. Il acceptait l'amour fraternel. Il acceptait également qu'on puisse aimer ses parents – même si aimer John Winchester était probablement tout aussi dangereux – mais il refusait de voir l'amour qu'on portait à un autre comme quelque chose de positif. C'était risqué parce que c'était remettre sa vie entre les mains d'une personne dont on ne pouvait pas prédire les agissements. C'était s'exposer à des déceptions énormes dont on ne se remettait jamais vraiment. Qui finissaient par détruire ceux qui les vivaient. Il n'avait pas confiance en les gens. Ne les pensait pas capable d'être fidèles, honnêtes et vrais. Il pensait que l'humanité courrait à sa perte et il refusait de participer à cette mascarade en se joignant à la danse. Il y avait des exceptions bien sûr. Il savait que Sam aimait Jess et que c'était réciproque. Il savait qu'ils seraient heureux ensemble. Il voyait également que le couple de Benny et Andrea était fort et vrai. Leurs sentiments sincères. Mais il avait également vu l'amour détruire des gens. Son père avait été totalement dévasté par la mort de leur mère parce qu'il l'aimait trop pour survivre sans elle. Jesse avait perdu la femme qu'il aimait parce que leur relation était un levier pour ceux qui le détenaient à l'époque. L'amour rendait vulnérable. L'amour rendait idiot.
- Alors peut être que le fait que je sois incapable de dire si oui ou non je suis amoureux de Castiel prouve que je ne le suis pas. Si on suit ta logique, cela aurait du s'imposer à moi automatiquement non ? Suggéra t-il avec espoir.
Sam secoua alors la tête et Dean jura entre ses dents. Ça aurait été trop facile.
- Dean, il est facile pour quiconque ne réprime pas ses sentiments et les assume pleinement de savoir s'il est amoureux ou non. Il l'accepte parce qu'il a les yeux ouverts. Comme moi … comme Jess ou Papa et Maman mais … pour quelqu'un qui est totalement incapable d'accepter qu'il est humain et que les sentiments ne sont pas une faiblesse, ne pas admettre qu'on est amoureux ne signifie pas qu'on ne l'est pas.
Dean aurait voulu pouvoir contester ce que son frère venait de lui dire. Il aurait aimé pouvoir lui dire qu'il n'était pas incapable d'assumer ses sentiments. Mais ce serait un mensonge. Il avait passé toute sa vie à ignorer ce que son cœur lui disait. Il avait refusé de ressentir quoi que ce soit parce qu'il avait vu son père se détruire à cause de ses sentiments. Il ne voulait pas finir comme lui. Et sans doute cela expliquait il en partie qu'il se soit senti aussi vide durant tant d'années. Peut être le fait que Castiel ait été capable de remplir ce trou béant signifiait qu'il était plus qu'un ami pour lui.
- Alors quoi ? Comment je suis sensé savoir ? Est ce qu'il y a des … des signes ?
Il avait vraiment envie de savoir. Il était terrifié à l'idée de devoir admettre qu'il était amoureux de son ami. Mais il ne pouvait pas continuer à rester dans l'incertitude. Elle finirait par tout gâcher entre Castiel et lui. Elle finirait par se mettre en eux et par créer de la distance. Il perdrait le jeune homme et il ne pourrait rien faire pour le récupérer ensuite. Il se connaissait. Il savait qu'à force de nier la réalité, il finirait par prendre peur et par choisir de repousser Castiel aussi loin que possible. Il avait commencé d'ailleurs. Le soir où il avait accepté de partir avec son ami, ils avaient failli s'embrasser. Il avait reculé pour ne pas céder à la tentation. Il l'avait fait parce qu'il avait peur de ce que cela révélerait sur lui. Il refusait que cela recommence.
- Je suppose oui … mais … ils sont différents pour chaque personne. Ce n'est pas comme dans les livres Dean. Ce n'est pas un film … c'est … j'en sais rien. Pour moi, c'était … quand j'étais avec elle au début, j'avais le cœur qui battait toujours trop fort ou trop vite. Je ne me sentais bien qu'en sa compagnie. Je pensais à elle tout le temps. J'avais envie de l'embrasser … envie de la serrer dans mes bras. Je voulais savoir à quoi elle pouvait ressembler le matin au réveil, sans maquillage et sans artifice. Je … je ne me sentais pas entier sans elle et … c'est difficile à expliquer. C'est comme si j'avais toujours eu ce vide en moi et qu'elle avait réussi à le combler simplement en se tenant à côté de moi.
Dean sentit alors son cœur s'accélérer dans sa poitrine. Il était incapable de parler. Incapable de faire quoi que ce soit de plus que de serrer sa tasse dans sa main et refermer l'autre jusqu'à ce que ses ongles s'enfoncent dans sa paume. Un vide à combler. Un néant que rien ne peut apaiser jusqu'à ce qu'on rencontre la personne qui le remplit parfaitement. Dont la simple présence suffit à faire oublier qu'il a existé. C'était exactement ce que Castiel lui avait fait ressentir. Ce qu'il avait accompli sans même le vouloir.
- Dean ? Est ce que … Dean ?
La voix de Sam lui parvenait déformée. Comme si ses oreilles étaient entièrement remplies de coton. Il ouvrit la bouche parce qu'il était important qu'il rassure son frère mais il en était incapable. Il comprenait à présent. Il avait eu tort. Totalement tort sur toute la ligne. Il avait pensé que Castiel avait réussi à combler le vide qu'il ressentait parce qu'il avait besoin de lui. Parce qu'il le faisait se sentir utile. Qu'il donnait un sens à sa vie. Mais c'était plus que ça. Bien plus. Le miracle que son ami avait accompli portait un nom qu'il n'avait jamais associé à qui que ce soit d'autre qu'à son frère et ses parents. Et c'était une évidence à présent. C'était irréfutable. Dean était en train de paniquer.
- Dean, parle moi, l'encouragea Sam en attrapant sa main pour établir un contact.
Cela permit aussitôt au jeune homme de reprendre quelque peu le contrôle sur son corps et sur ses émotions. Son frère avait besoin de lui. Il ne devait surtout pas l'oublier. Sam avait toujours été sa priorité et ce qu'il venait de comprendre ne devait surtout pas le lui faire oublier.
- Je … ok je suis … tout va bien Sammy. Je … je suis amoureux de Castiel.
Il n'avait pas voulu dire ces derniers mots. Il n'avait jamais pensé qu'il serait capable de les prononcer même après avoir réalisé combien c'était vrai. Mais de toute évidence, sa bouche semblait décider à agir sans son consentement. Et c'était probablement mieux ainsi. Il ne servait à rien de nier. Sam ne se moquerait jamais de lui. Il ne le jugerait pas.
- Tu … comment ça tu … je croyais que tu ne savais pas ce qu'on … ok reprenons depuis le début … euh … comment peux tu en être sûr ?
Dean prit quelques secondes de plus pour retrouver une respiration normale avant de reprendre la parole.
- C'est ce que tu as dit … pas tout … pas juste … en fait … tu m'as dit que Jess avait réussi à … combler un vide en toi que tu n'avais jamais ressenti jusque là et … c'est …
- C'est ce que Castiel a fait pour toi ? Compléta Sam en fronçant les sourcils.
Dean hocha alors la tête. Il transpirait et il avait la sensation de perdre la tête. Il ne comprenait pas comment quelque chose que des milliers de gens vivaient tous les jours sans problème lui semblait aussi insurmontable. Il était pathétique. Il était finalement bien plus faible que ceux dont il s'était moqué jusque là. Admettre sereinement qu'on était amoureux était en définitive une preuve de courage. Bien plus que de nier ce qu'on ressentait parce qu'on était terrifié de ce que cela pourrait entraîner comme conséquences.
- C'est … oui. Sammy, je te l'ai dit … toute ma vie j'ai eu la sensation qu'il me manquait quelque chose. J'avais un but … m'occuper de toi et être le meilleur grand frère au monde mais … ensuite tu es parti et ce vide … ce néant ne faisait que grandir. J'ai tenté de le remplir avec de l'alcool, du sexe et de la drogue. Mais il était toujours là … prêt à m'engloutir entièrement. Je pensais bêtement que c'était ton absence qui l'avait créé et … peu importait qu'il ait toujours été là même quand tu étais encore à la maison. C'était une explication logique … sans risque et parfaite en fin de compte pour quelqu'un qui refusait de se poser des questions. Mais ensuite ...j'ai rencontré Castiel et sans le vouloir, il a réussi à combler ce vide. Je me suis dit que c'était parce qu'il avait besoin de moi et cela allait dans le sens du mensonge que j'avais construit dans ma tête depuis toujours. Mais il est évident que … Sam, quand je suis avec lui, c'est comme si toutes les pièces du puzzle avaient enfin retrouvé leur place. Je me sens complet pour la première fois de ma vie et j'ai peur … je suis terrifié à l'idée que … je suis terrifié parce que je l'aime.
Sam lui sourit alors gentiment en serrant un peu plus fortement sa main dans la sienne. Il semblait avoir compris que son frère avait besoin de ce contact pour ne pas céder totalement à la panique qui le gagnait. C'était une preuve de plus que Sam le connaissait par cœur.
- Aimer n'est pas une mauvaise chose Dean. Bien au contraire … c'est une chance … quelque chose de merveilleux que certains passent leur vie à chercher sans pouvoir le trouver, assura alors son frère.
Et pour quiconque, c'était probablement vrai. Mais pas pour Dean. Pas pour Castiel. Ils étaient trop fragiles pour se lancer dans une telle histoire. L'un comme l'autre seraient incapables de s'en remettre si toutefois les choses tournaient mal. Dean refusait de prendre ce risque. Plus encore, il refusait de pousser Castiel à le prendre.
- C'est sans doute vrai pour les gens comme toi et Jess mais pour moi c'est … honnêtement Sammy, c'est une catastrophe. Et c'est pire encore pour Cas … bien sûr rien ne nous dit qu'il partage mes sentiments mais … si c'est le cas … alors on est foutus tous les deux. Soyons réalistes … j'ai encore des problèmes que je n'ai pas résolu et je suis toujours en convalescence. Cas est suicidaire … et si on se lançait dans cette histoire … si on prenait ce risque et qu'on échouait, il ne pourrait pas … Sammy, je ne peux pas lui faire courir ce risque.
Dean savait parfaitement que son frère n'accepterait pas ses excuses. Peu importait qu'elles soient vraies. Peu importait qu'elles coulent de source. Il restait un incurable romantique. Il pensait que l'amour pouvait guérir toutes les blessures. Beaucoup pensait comme lui. Mais seuls ceux qui n'avaient pas connu la vraie souffrance avaient le luxe de croire à ces bêtises. Dean en savait trop pour être aussi naïf.
- Dean, je comprends ce que tu me dis et je comprends ce que tu ressens mais … peut être que … tu me disais que Castiel allait mieux n'est ce pas ?
Dean hocha la tête. Son ami avait enfin sorti la tête de l'eau. Tout n'était pas encore parfait mais il avançait depuis leur rencontre.
- Alors peut être que c'est uniquement ses sentiments pour toi qui lui ont permis d'aller mieux. Est ce que c'est si inconcevable que ça pour toi ?
Non. Dean pouvait imaginer que les sentiments que Castiel avait développés pour lui expliquaient en partie sa guérison partielle. Mais cela ne réglait en rien le problème. Bien au contraire, c'était une partie du problème.
- Et qu'est-ce qui se passera si je les lui retirais ? Si son amour pour moi est ce qui le maintient en vie, qu'est ce qui l'empêchera d'en finir quand on ne sera plus ensemble ? C'est dangereux de ne se construire qu'autour d'une chose aussi fragile et éphémère que l'amour Sammy. Tu as vu Papa … tu as vu ce que la mort de Maman lui a fait. Tu ne peux pas nier que son amour pour elle l'a totalement détruit.
Il aurait pu avoir honte d'admettre ainsi sa faiblesse. De décrire à son frère les peurs qui le tiraillaient depuis la mort de Mary. Mais il n'avait jamais honte devant son frère. Du moins, plus depuis qu'il s'était montré honnête avec lui sur son passé et n'avait reçu que du soutien de sa part. Pas depuis qu'il avait réalisé que cela ne changeait en rien ce que Sam pensait de lui ou la façon qu'il avait de le regarder avec admiration. Il en avait eu la preuve en discutant avec ses amis.
- Pourquoi est ce que les choses se passeraient mal ? Certains amours sont fait pour durer Dean.
- Ceux entre des frères et sœurs sans doute … ceux qu'on a pour nos parents également. Et peut être qu'il existe de rares occasions, comme pour Jess et toi, où les deux personnes le partageant sont effectivement faites l'une pour l'autre. Deux âmes sœurs en quelque sorte. Alors oui dans ce cas, l'amour peut durer. Mais c'est un cas sur des millions. Il y a plus de gens que l'amour a brisé que de gens qui sont heureux. Quelles sont les probabilités que cela fonctionne pour Cas et moi ?
Il n'avait jamais été d'un naturel optimiste et Sam le savait. Il continuait toutefois à tenter de le convaincre qu'il se trompait. C'était aussi pour ça que Dean l'aimait autant et avait tant besoin de lui. Son frère était le seul à réussir à lui montrer le monde sous un meilleur jour. Le seul mis à part Castiel.
- Je suppose que tu ne le sauras pas si tu ne tentes pas ta chance. C'est un saut dans l'inconnu … c'est un pari et oui, c'est un risque. Mais la récompense peut être tellement belle qu'on saute tous le pas un jour ou l'autre.
Dean secoua alors la tête. Sam avait raison. Mais une nouvelle fois, sa logique s'appliquait uniquement à ceux que la vie n'avait pas brisé au préalable. A ceux qui étaient suffisamment forts pour surmonter un échec. Certainement pas à ceux qui étaient prêt à en finir avant même de tenter leur chance. Certainement pas à Castiel. Et certainement pas à lui.
- Sam, je te l'ai dit … ce risque est trop grand pour que je le fasse courir à Castiel. Peut être que les choses finiront réellement par s'arranger pour lui et peut être qu'il sera un jour capable d'envisager une relation avec quelqu'un. Mais pour le moment, il est clairement trop fragile. Je le suis aussi. Et je refuse d'agir égoïstement.
Sam baissa alors les yeux sur leurs mains jointes et poussa un long soupire. Il semblait à court d'arguments et c'était une grande première pour lui. Dean ne put s'empêcher d'être déçu. Dans un coin de son esprit, il avait l'espoir fou que son frère réussirait à le convaincre qu'il avait tort. Mais de toute évidence, ce n'était pas le cas.
- Alors quoi ? Tu vas continuer à l'aimer en secret et souffrir parce que tu refuses de prendre un risque ? Tu vas renoncer à vivre quelque chose de fantastique juste parce que tu as peur ? Demanda finalement Sam, visiblement triste et résigné.
- Exactement, répondit Dean sans hésiter.
Et c'était l'entière vérité. Il allait sacrifier ce qu'il ressentait pour le bien être de son ami. Peut être également un peu pour le sien. C'était un réflexe pour lui. Il avait toujours agi ainsi. Pour Sam. Pour John. Il était prêt à tout sacrifier pour les gens qu'il aimait. Castiel ne ferait pas exception.
- C'est triste tu sais … je veux dire … vous n'avez même pas … j'aimerais tellement avoir une solution à te proposer, avança ensuite Sam sans relever les yeux de la table.
Dean savait combien son frère était frustré. Il l'aurait été tout autant et même sans doute plus à sa place. Mais il n'y avait rien de plus à faire. Rien de plus à dire. La situation était ainsi et ils ne pouvaient pas en réchapper. Pendant une seconde, il regretta presque d'avoir rencontré Castiel. Il aurait pu vivre sans vie sans tomber amoureux. Il aurait pu continuer à nier qu'il avait un cœur et continuer à vivre un jour après l'autre. Il s'en voulut presque aussitôt de le penser. S'il n'avait pas rencontré Castiel, son ami serait probablement mort. Et lui n'en serait peut être pas loin. Non. Il ne regrettait pas d'avoir rencontré Castiel. Il regrettait juste de ne pas avoir pu s'empêcher de tomber amoureux de lui.
- Je passe tout de même le plus clair de mon temps avec lui … alors oui, notre relation n'est pas celle que j'aimerais avoir avec lui. On ne forme pas un couple à proprement parlé mais on est quand même très proches l'un de l'autre. On partage tout. On parle et on rit ensemble. C'est plus que ce que certains couples ont en fin de compte … c'est une relation amoureuse sans le sexe. Je devrais pouvoir m'en contenter.
Sam ne semblait pas partager son avis. Mais ce n'était pas vraiment une surprise. Sur ce point, ils ne seraient probablement jamais d'accord.
- Je ne dis pas que le sexe est essentiel mais c'est une partie importante d'une relation amoureuse … c'est l'aboutissement … la connexion ultime et … je veux dire … tu devrais pouvoir embrasser l'homme que tu aimes sans avoir à redouter à tout moment que votre histoire ne tourne mal.
Malgré lui, Dean sentit ses joues rougir quand son frère évoqua la possibilité qu'il puisse embrasser Castiel. Il aurait aimé que Sam ne puisse pas le voir ou attribue sa réaction au fait qu'il parle ainsi ouvertement de sexe. Mais Dean n'avait jamais été quelqu'un de prude. Bien au contraire. Il adorait parler de sexe et c'était généralement Sam qui rougissait en l'entendant. Il savait que son frère comprendrait dans la seconde que sa gêne n'était pas du au sujet abordé mais bel et bien à ce qu'il avait laissé sous entendre.
- Oh Dean, ne me dis pas … tu l'as embrassé ?
Dean déglutit avec peine. Il pouvait mentir. Mais il s'était juré de ne plus le faire. Il hocha donc la tête. Une nouvelle fois, il n'avait pas peur que son frère lui fasse des reproches ou se moque de lui. Il avait juste un peu honte d'avoir ainsi cédé à ses pulsions. Oui il avait été faible. Il avait embrassé Castiel et avait eu envie de recommencer depuis. A plusieurs reprises. Il avait tenté de se convaincre qu'il était juste attiré physiquement par son ami. Il avait été idiot. Il le savait à présent.
- Et alors ? Comment c'était ?
La question de Sam le surprit. Il fronça les sourcils sans trop savoir comment répondre. Il ne se voyait pas donner tous les détails à son frère. Et c'était surprenant pour lui. D'ordinaire, il adorait décrire avec précision toutes les choses qu'il faisait avec ses partenaires. Il savait combien cela mettait Sam mal l'aise. Et cela l'amusait beaucoup. Mais il ressentait le besoin de protéger Castiel. De garder pour lui ce moment qu'ils avaient partagé ensemble. Comment avait il pu ne pas comprendre plutôt qu'il était amoureux de son ami ? Tout lui semblait tellement évident à présent qu'il avait encore du mal à y croire.
- Je ne vais pas te dire comment c'était parce que … ça ne te regarde pas. Mais je peux te dire que ça a sans nul doute été le meilleur baiser de toute ma vie. Et crois moi j'ai beaucoup d'expérience dans ce domaine.
Sam grimaça puis sembla ensuite perdu dans ses réflexions durant de longues minutes. Il reprit ensuite la parole après s'être longuement raclé la gorge.
- Tu crois que c'est ce qu'il a pensé lui aussi ? Demanda t-il alors.
Dean n'avait pas la réponse à cette question. Ils avaient plaisanté sur ce point en se donnant des notes sur leur performance. Mais il n'avait aucune idée de ce que Castiel en avait réellement pensé. Il se doutait qu'il avait apprécié puisqu'ils avaient manqué de recommencer à plusieurs reprises. Mais il n'avait pas la prétention de dire qu'il avait été le meilleur baiser de sa vie pour son ami.
- J'en sais rien Sammy. Honnêtement, je n'en sais rien du tout. Et je suppose que c'est mieux ainsi. Je ne devrais pas repenser à ce moment et je dois faire en sorte de ne plus jamais céder à mes pulsions. Je veux faire les choses bien. Pour la première fois de ma vie, je veux vraiment faire les choses bien.
- Je suppose que je dois être reconnaissant envers Castiel alors …
Dean fronça les sourcils sans rien dire. Il estimait effectivement qu'il devait beaucoup à son ami mais il n'était pas sûr de savoir ce que son frère entendait par là. Il lui fit signe de s'expliquer de la main.
- Il t'a changé et … Dean, ne prends surtout pas mal ce que je vais te dire mais … tu étais tellement différent du grand frère avec qui j'ai grandi avant de le rencontrer. Je veux dire … tu jouais ton rôle à la perfection mais il y avait quelque chose qui clochait et ce depuis mon départ en Californie. J'ai été aveugle ou sans doute aie je préféré l'ignorer jusqu'à ce que tu me dises tout mais … il est évident que tu n'étais plus le même depuis mon départ. Et avec Castiel, tu … tu es redevenu le Dean d'avant. Tu es redevenu mon grand frère et je sais que je le lui dois. Alors … même si je comprends ta position … même si je comprends que tu as peur … n'oublie surtout pas tout ce que Castiel t'a apporté depuis votre rencontre. Et ne le laisse pas filer d'accord ?
- D'accord, accepta alors Dean.
Il n'avait pas l'intention de laisser Castiel lui échapper. Il était prêt à tout sacrifier pour le garder auprès de lui. Même à ignorer ses sentiments pour lui. Même à renoncer à une histoire qui aurait pu le rendre extrêmement heureux. Il avait besoin de son ami pour se sentir bien. Et il savait que Castiel avait également besoin de lui.
- Et tu sais Dean, ça ne va pas être simple pour toi … maintenant que tu as pris conscience de tes sentiments pour lui, ça va être probablement très compliqué de les ignorer … de faire comme si de rien n'était. Mais n'oublie surtout pas que je suis là pour toi. Si tu as besoin de quelqu'un à qui te confier ou juste … quelqu'un avec qui parler, tu sais où me trouver hein ?
- Je sais Sammy.
Sam sourit alors en hochant la tête. Dean lui était reconnaissant d'avoir ainsi accepté sa décision sans protester … surtout quand il était évident qu'il en avait envie. Dean était soulagé de savoir qu'il pouvait compter sur lui même si Sam semblait penser qu'il avait tort de ne pas tenter sa chance. Son frère avait soulevé un point important. Maintenant qu'il avait conscience de ce qu'il ressentait pour Castiel, il allait devoir faire plus attention encore quand il serait avec lui. Il allait devoir ignorer ses désirs. Taire ses sentiments. Jouer un rôle. Il était presque sûr d'en être capable. Mais il savait que ce ne serait pas simple. Il allait devoir trouver un moyen de ranger ses sentiments dans un coin de son esprit jusqu'à pouvoir ne plus y penser constamment. Ou jusqu'à pouvoir les oublier. Même s'il doutait que cela soit possible.
Il était toutefois trop tôt pour y penser. Il était avec son frère et il voulait profiter de ce moment. Il se pencherait sur la question quand il serait de nouveau seul avec Castiel.
- Bien, maintenant que ce point est éclairci, j'aimerais assez qu'on reparle de ce que tu m'as dit lors de notre dernière conversation. Quand comptes tu faire ta demande ?
Sam rougit aussitôt et Dean sourit. Il savait combien son frère angoissait à l'idée de demander sa petite amie en mariage. Il était toutefois convaincu que Jess allait accepter. Cela restait cependant un moment important dans la vie de son frère. Un moment stressant. Il voulait que tout soit parfait. Dean avait bien l'intention de l'aider à faire en sorte que son rêve se réalise.
- Tu as la bague déjà ? Demanda t-il alors.
Sam secoua aussitôt la tête et Dean ne put s'empêcher d'en être satisfait. Il vivait trop loin de son frère pour faire activement partie de sa vie. Mais il était là maintenant. Et il avait bien l'intention de l'aider à préparer le moment le plus important de son existence.
- D'accord, alors voilà ce que je te propose. On va finir nos cafés et ensuite, on fera le tour des bijouteries pour trouver la bague parfaite pour Jess. Ça te va ?
Sam hocha la tête, visiblement enthousiaste. Il semblait heureux de voir qu'il aurait l'aide de son grand frère pour choisir la bague. Et pour commencer les préparatifs de sa demande en mariage. Dean estimait que c'était son rôle en tant qu'aîné de soutenir son frère. Il en avait également envie. Être physiquement présent pour Sam lui avait cruellement manqué ces derniers mois. Il voulait en profiter pour partager un maximum de choses avec lui.
- Merci Dean. Tu n'as pas idée à quel point c'est important pour moi que tu sois là pour … enfin, il n'y a personne au monde avec qui je préférerais partager ce moment. J'espère que tu le sais.
Dean hocha la tête, touché par l'affection évidente de son frère. Comment avait il pu être stupide au point de penser que Sam n'avait plus besoin de lui ?
- Je le sais Sammy mais il est temps pour toi d'arrêter de parler comme une fillette de douze ans … même si tu en as l'apparence avec ces cheveux ? Tu fais des tresses parfois ? Des couettes sans doute ?
Sam éclata alors de rire. Dean faisait cette blague souvent et il obtenait toujours la même réaction de la part de son frère. C'était un autre des aspects de son rôle de grand frère. Il avait pour but de le faire rire quand il était stressé. De le faire sourire même quand il était triste. Et il était important qu'il le fasse même quand lui n'était pas forcément dans son assiette. Car entendre rire Sam était le meilleur moyen pour lui d'oublier également ses problèmes. A cet instant précis, il n'avait plus que le bonheur de son frère en tête. Son objectif de trouver la bague parfaite pour sa future belle sœur. Et d'aider Sam à préparer cette soirée pour que tout se déroule sans accroc. Il mit de côté tout le reste. Ses sentiments. Castiel. Sa peur de perdre le jeune homme en agissant comme un idiot. Il aurait tout le temps d'y repenser plus tard. Mais pour le moment, il estimait avoir bien mérité un peu de répit.
