Chapitre 28

Xena était debout aux faubourgs du territoire Amazone. Elle leva la main, interrompant l'armée derrière elle, et écouta. Inclinant la tête sur le côté, elle ferma les yeux, se concentrant sur les sons qu'elle entendait et n'entendait pas. Il aurait du y avoir les sons subtils des sentinelles dans les arbres au-dessus d'eux, surtout aussi près du territoire Amazone. Mais elle ne perçut que le silence. Le silence qui ne s'étendit pas jusqu'à son cœur, qui hurlait toujours son tourment face à la trahison de sa seule vraie amie.

"Majesté ?" Demanda Charis qui avait noté la douleur sur les traits du visage de la Conquérante.

Les yeux de Xena se rétrécirent comme elle se retournait vers son soldat. "Il semble que nous ayons été découverts. Toi et moi continuerons, mais, renvois les autres officiers. Je les veux en forme pour notre attaque de demain."

"Majesté, sûrement devrions-nous au moins garder un escadron avec nous ?" Dit prudemment Charis.

Des yeux pâles se braquèrent sur la jeune femme. "Je n'ai pas l'habitude que mes ordres sois discutés. Dois-je trouver un nouveau commandant ?" La main de Xena se posa nonchalamment sur le manche de son poignard, ne laissant aucun doute quant à ce qui arriverait si Charis devait fournir une mauvaise réponse.

"Non, Majesté." Charis se hâta de donner l'ordre aux troupes. Elle se demanda comment Palaemon avait réussi à survivre aussi longtemps sous la commande de la Conquérante. Elle essaya avec difficulté de ne pas penser qu'il était parmi les proies ce soir et aussi de ne pas penser que cela serait peut-être son propre destin un jour.

Xena s'appuya contre le tronc d'un arbre. Elle se sentait aussi à l'aise que chez elle à cette profondeur dans les bois, ayant passé pas mal de temps avec les Amazones dans de telles conditions, d'abord en tant qu'amie et puis en tant qu'adversaire. Elle concentra toute son attention sur les branches au-dessus d'elles, étant à l'affût de la façon dont ces femmes les employaient comme écran avant de se déplacer furtivement au-dessus de leur proie. Ce n'aurait pas été un grand effort pour elle, compte tenu de ses habiletés, de monter à ces arbres et les rejoindre, mais elle préférait attendre.

Ses hommes suivirent ses ordres et retournèrent en ville. Ils ne seraient pas utiles ce soir. Les Amazones s'étaient enfuies, ce qui étonna Xena. Ce fut seulement quand son annihilation de la nation Amazone fut presque complétée en Grèce que quelques-unes d'entre elles avaient traversé la mer Egée jusqu'à Éphèse. La plupart avaient préféré rester dans leurs patries, et mourir plutôt que de se rendre ou effectuer une retraite.

Xena avait besoin de se rendre au village pour découvrir pourquoi les Amazones avaient préféré ne pas affronter, leur Destructrice préférée, en combat. C'était vraiment très curieux et elle était ennuyée d'être privée du conflit qu'elle avait anticipé. Elle aurait grandement eut besoin de l'exultation d'une bonne bataille pour dissiper certaines choses qui hantaient frénétiquement son âme. Quoique tout le sang de la Nation Amazone ne serait pas suffisant pour éteindre le brasier qui brûlait à l'intérieur d'elle. Elle avait été stupide. Elle avait été vulnérable. Et elle avait été trahie, une fois de plus.

Charis revint à ses côtés et la Conquérante partit aux pas de course. Cette allure était idéale, et il lui était facile de déambuler dans ces bois sous la lumière de la pleine lune. Les petits totems dispersés ici et là, la guidèrent infailliblement vers le village des Amazones.

Aux abords du campement, elle s'arrêta, et Charis entra presque en collision avec elle. Pas tout à fait désert, pensa-t-elle comme elle vit deux silhouettes assises près du feu central, une d'elle se mit debout et tira son épée quand il la vit, mais garda sa lame abaissée.

"Eh bien ! Palaemon," débita Xena d'une voix traînante, la voix pleine de sarcasme, "quelle surprise de te trouver ici." Elle laissa dériver son regard vers la jeune femme qui était restée assise et dont les cheveux luisaient faiblement sous la lueur du feu, rappelant à Xena le temps où cela avait été leur feu de camp.

Arrête ça ! Elle est assise près d'un feu Amazone avec Palaemon. Ne te laisse pas duper par ses regards doucereux une deuxième fois. "Et, Gabrielle, comment as-tu aimé passer du temps à la bibliothèque ?" Xena essaya de pas penser à la façon dont elle avait projeté demander cette question ce soir dans un tout autre décor, plus amical, en partageant un repas et une bonne bouteille.

"Majesté," Répondit doucement Gabrielle, "je suis heureuse que vous soyez venus." En fait, tout ce que voulait faire Gabrielle était de retourner à la maison de Salmoneus avec elle et feindre que ce jour n'avait jamais eut lieu. Elle ne pouvait pas croire que l'étoile qui l'avait toujours guidée et qu'elle avait vu sur le bateau l'avait conduit à Éphèse et que tout ça allait ce terminer de cette façon. Et ça s'était sans parler de la lueur hostile qui brillait dans les yeux de la Conquérante quand elle la regardait. Ce supplice était encore plus affreux que celui de sa crucifixion.

Xena laissa un sourire glacial traverser ses lèvres, sa colère tarissant le soulagement d'entendre la voix de son oracle. "Je ne pense pas que tu le seras bien longtemps." Dégainant son épée, elle la fit tournoyer devant elle. "Palaemon, je ne pense pas que nous ayons eu la chance de nous entraîner récemment. Ça te dirait de jouer un peu ?"

Le Capitaine voulut s'avancer vers la Conquérante, mais Gabrielle se leva et plaça une main sur son avant-bras pour l'en empêcher. "Nous sommes restés pour vous parler. En réalité, je suis resté pour vous parler mais Palaemon a choisi de rester avec moi."

Un frisson de jalousie parcourut Xena quand elle vit ce contact fortuit. Elle se demanda combien d'autres contacts moins fortuits ces deux là avaient échangé tandis qu'ils étaient avec elle. Comment ai-je pu être aussi aveugle ? Elle secoua la tête pour chasser les images de Gabrielle et Palaemon de son esprit.

"C'était un choix stupide, parce que je ne veux rien entendre de ce que vous avez à me dire." Avec une rapidité de fauve, Xena plongea sur son ancien oracle. Peut-être serait-elle moins attrayante pour Palaemon quand elle serait étendue sur le sol à se vider de son sang.

Le Capitaine poussa rudement Gabrielle sur le sol et para la lame de la Conquérante. Échangeant de brefs coups rapides au-dessus de la petite la blonde, aucun ne put obtenir un avantage sur l'autre. Un coup de pied rapide au torse de Xena de la part de Palaemon fournit l'espace nécessaire dont avait besoin Gabrielle pour se précipiter à distance du combat. Une fois qu'elle fut en sécurité, quatre flèches vinrent pleuvoir sur Xena.

Des années de féroce bataille ainsi que les capacités innées de Xena lui permirent de faire dévier les deux premières avec son épée, d'esquiver la troisième et d'attraper la quatrième dans son poing. Elle l'a maintint sur son cœur et laissa dériver son regard, d'abord vers Gabrielle et ensuite jusqu'aux guerrières Amazones juchées dans les arbres. Par Arès, j'étais trop concentré sur elle pour penser à protéger mes arrières. Quelles autres surprises ma petite traîtresse a-t-elle en réserve pour moi ?

"Non !" Cria Gabrielle. "Non !" Elle se fraya un chemin autour de Palaemon, se jeta devant la Conquérante, et tourna le dos à la femme qui venait tout juste d'essayé de la tuer. "Arrêtez ça ! Ne lui faites pas de mal !" Gabrielle était furieuse, elle n'était pas consciente que certaines Amazones étaient restées en arrière, malgré son ordre d'évacuer les lieux. Son cœur battait follement dans sa poitrine, les flèches qui s'étaient dirigé vers la Conquérante l'avaient terrifiée plus encore que le combat qui avait eu lieu au-dessus d'elle.

Xena saisit la jeune femme et la tint serrée contre son corps, elle appuya rageusement son poignard sur la gorge de Gabrielle. Elle les fit reculer rapidement, et chercha une structure solide sur laquelle elle pourrait appuyer son dos. Avisant une hutte non loin de là, elle les y conduisit, puis s'appuya contre la surface du mur de boue et de pierre de l'édifice. "Charis, mets-toi à couvert !" Cria-t-elle.

Son commandant se plaça où elle pouvait s'assurer que personne ne pourrait fondre sur la Conquérante. Charis savait qu'elle était toujours légèrement exposée, mais sa vie était sensée être mise à l'amende pour la Conquérante.

Gabrielle ne lutta pas contre Xena, permettant ainsi à la grande femme d'avoir une bonne prise sur sa captive, et croyant aussi qu'elle n'oserait pas lui trancher la gorge. Et même si elle le faisait, Gabrielle savait déjà que sa vie ne vaudrait pas la peine d'être vécue si elle n'incluait pas la Conquérante. La mort immédiate était un substitut plus agréable que celui d'une mort lente dans la solitude ; la destruction du corps était toujours préférable à celle de l'âme.

Palaemon suivit pour se placer à quelques pieds devant elles, son épée parée. Son propre cœur était déchiré en deux à la vue de sa dirigeante prête à tuer son oracle. Il ne voulait pas blesser Xena pour sauver Gabrielle et il trouvait que le choix entre les deux était impossible à faire. Il les voulait toutes les deux, ensemble.

Deux Amazones se laissèrent tomber des arbres et s'approchèrent de l'otage et du preneur d'otage, flèches encochées. "Laissez-la partir, Destructrice," Ordonna Éponin. Je peux te venger maintenant, Terreis. Même si cette chienne grecque n'a aucun rapport avec ta mort, elle est celle qui nous a forcés à nous replier sur cette terre où tu as trouvé la mort.

Un rire méprisant fut sa seule réponse. La Conquérante resserra sa prise autour de la taille de Gabrielle et fut étonnée par son désir instinctif d'être douce avec elle. Par les Dieux, ça suffit, Xena. C'est une traîtresse, tu t'en souviens ?

Gabrielle se força à rester calme. Elle ne voulait pas fournir une raison à la grande femme de se mettre irréversiblement en colère. En regardant directement Éponin, elle ordonna d'une voix forte, "Baissez vos armes. Je ne veux pas que vous la blessiez. Peu importe le résultat."

"Ma Reine, je ne peux faire ça." Je ne le ferai pas.

La sensation du métal qui lui lacérait la gorge fit haleter Gabrielle. Elle sentit un mince filet de sang chaud descendre le long de son cou. "Tu es leur Reine ?" Une voix chaude et rauque s'insinua dans son oreille.

"Tu me fais mal."

La pointe du poignard s'inséra un peu plus profondément, "j'ai l'intention de te tuer."

Gabrielle ferma les yeux sous la douleur, pas celle de son cou, mais celle de son cœur. "Pourquoi, Conquérante ? Que vous ai-je fait ?"

Tu m'as fait ressentir quelque chose à nouveau. Xena dont les lèvres se trouvaient à moins d'un cheveu de l'oreille de Gabrielle, finit par répondre, "Tu as omis de me dire certaine vérité. C'était notre accord, n'est ce pas, Reine Gabrielle ? Ta vie contre la vérité."

"Je ne vous ai jamais menti, croyez-moi s'il vous plaît." La jeune oracle leva une main et l'a plaça sur la grande main de la Conquérante qui la maintenait contre son corps. Doucement elle serra celle-ci comme elle l'avait fait seulement une nuit auparavant au théâtre. Était ce seulement hier soir ? "Majesté, écoutez-moi s'il vous plaît, laissez-moi, vous expliquer. Laissez-moi vous dire la vérité."

Xena resta très calme et essaya de filtrer les voix qui rivalisaient toutes à la fois pour l'atteindre. Elle entendait les Amazones lui lancer des menaces de ce qu'elles lui feraient si elle ne libérait pas leur Reine. Il y avait aussi la voix de Palaemon, qui lui demandait d'écouter l'histoire saugrenue que lui et son oracle avaient du imaginer. La voix de Charis qui l'avertissait des mouvements dans les arbres. Son âme qui lui criait de se rappeler les trahisons du passé, celle de César qui l'avait amenée jusqu'ici sur cette terre. Et ensuite son cœur qui lui parla de la voix la plus douce d'entre toutes et lui chuchota de ne pas faire de mal à celle qu'elle tenait dans ses bras parce que cela la détruirait du même coup.

Gabrielle sentit la prise autour de sa gorge se desserrer et vit avec soulagement le poignard s'éloigner.

Gratifiant d'une prière silencieuse n'importe quel Dieu qui avait surveillé la scène, elle resta exactement où elle était malgré l'envie accablante de fuir. Elle fixa ses yeux sur Éponin. "Je t'ordonne d'abaisser ton arme." Cette réunion est désormais sous la bannière de la trêve. J'appelle Artémis pour qu'elle en soit témoin. Si une d'entre vous viole cette trêve, elle sera sévèrement réprimandée." Gabrielle avait utilisé chaque expression protocolaire dont elle pouvait se souvenir, espérant que cela paraîtrait raisonnable et logique. Son regard se fixa sur Palaemon, "Toi aussi, Capitaine." Elle attendit que les trois guerrières devant elles se soumettent à ses ordres. Il y avait quatre flèches, donc quatre guerrières. "Ordonnez aux autres de descendre des arbres et de se tenir là où je puisse les voir."

Éponin fronça les sourcils, mais obéit. Amenant ses mains à sa bouche, elle imita un cri d'oiseau. Deux guerrières Amazones se laissèrent tombées des branches et vinrent rejoindre leurs sœurs.

"Comme vous l'avez ordonné, ma Reine," Dit Éponin tandis qu'elle lui indiquait leur nombre. À voir la petite Reine sous l'emprise de la Destructrice la guerrière n'eut pas de difficulté à croire que bientôt la Nation passerait le masque de reine à une nouvelle femme. Éponin ne put pas se rappeler qu'une autre Reine ait tenu moins d'une journée. Elle se demanda si Gabrielle penserait au moins à transmettre son droit de caste.

Réalisant que c'était à son tour de se montrer de bonne foi, Xena s'adressa à Charis, "Charis, abaisse ton épée."

"Majesté, nous sommes encerclées et elles nous surpassent en nombre," Répondit Charis. Le jeune commandant était plus terrifié qu'elle ne voulait l'admettre. En jetant un coup d'œil à la lisière des arbres, elle jurait voir au moins une centaine d'Amazones qui attendaient.

"Obéis !" Cracha Xena, l'inexpérience de son commandant face à la chaîne de commandement était flagrante, ce qui força Xena à s'avancer d'un pas menaçant vers elle.

Ce changement de position fit que le poignard entailla de nouveau la gorge de Gabrielle. Elle émit un petit son et apporta une main jusqu'à sa blessure, essuyant une petite traînée de sang, en la répandant sur son cou.

Cette blessure malencontreuse obligea Xena à se tourner vers les guerrières Amazones pour voir si elles avaient changé de position. Elles n'avaient pas tressailli, prouvant qu'elles étaient disciplinées malgré les circonstances.

Gabrielle savait qu'elle devait s'emparer de l'occasion, pour détendre l'intense atmosphère qui régnait si elle espérait que la Conquérante l'écoute vraiment. "Voudriez-vous quelque chose à boire où manger ?" Dit-elle en tentant d'adopter un ton calme, malgré le fait qu'elle ne pouvait simplement rien entendre d'autre que les battements de son cœur dans sa poitrine.

En voyant que le danger était passé à un niveau inférieur, Xena relâcha sa prise sur Gabrielle, et la repoussa de son corps, regrettant aussitôt son contact. "Rien. Je veux seulement des réponses."

Avec un regard courroucé sur ses guerrières, qui avaient été déjà très désobéissantes en restant ici malgré ses ordres et qui allaient avoir de sérieux problèmes pour avoir attaqué Xena, Gabrielle se tourna pour faire face à la Conquérante. "Que voulez-vous savoir ?"

"Tu es la Reine des Amazones. Es-tu venue pour me tuer ?"

Gabrielle secoua la tête, "Comment le pourrais-je ?" Elle fit un geste vers le bas de son propre corps, attirant l'attention de la Conquérante vers ses jambes en voie de guérison. "N'ai-je pas voyagé pas avec vous pendant une lune entière ? J'ai mangé votre nourriture, apporté votre vin, dormi à vos côtés. Vous ai-je déjà fait croire que je pouvais seulement être une menace pour vous ? Regardez-moi, Majesté ?"

"J'ai détruit votre… Ta... Nation."

La petite femme secoua la tête, "Cela-" elle indiqua les guerrières Amazones et le village "-est un développement très récent. Je n'étais pas une Amazone en Grèce."

"Pas une Amazone en Grèce ?" Xena était confuse. Si elle n'était pas une Amazone en Grèce, où était-elle devenue une Amazone ? "Où, dans ce cas ?"

"Ici. Aujourd'hui." Par les Dieux, tout cela seulement aujourd'hui ?

Aujourd'hui ? La colère de Xena l'enflamma, on devait lui mentir une fois de plus. "La Nation Amazone ne recrute pas des oracles grecs pour les faire Reine sans bonnes raisons, Gabrielle."

"C'est vrai. J'étais au temple aujourd'hui quand quelqu'un a tiré une flèche qui a atteint Terreis, leur Reine. Quand c'est arrivé, je me suis simplement jetée sur elle, je n'ai pas vraiment réfléchi. Sur le point de mourir, elle m'a donné son droit de caste. Je n'avais encore aucune idée de ce que cela signifiait, avant que les Amazones ne viennent et ne m'emmènent jusqu'ici. J'ai voulu vous envoyer un mot, j'avais peur que vous pensiez que je vous avais quittée pour retourner à Corinthe. C'est alors que Palaemon est arrivé et m'a dit que vous vouliez me tuer, que vous pensiez que j'étais une espionne qui m'étais infiltré dans vos rangs."

"C'est ton amant ?" La question s'échappa des lèvres de Xena avant qu'elle ne puisse la retenir.

Gabrielle et Palaemon haletèrent à l'unisson, estomaqués par la question. Xena fut certaine d'avoir eut sa réponse.

"Sur mon honneur, Majesté, je jure que non," Répondit Palaemon, mettant un genou à terre. "Je ne vous ferais jamais un tel affront."

"Palaemon est mon ami, Majesté et le vôtre aussi." Répondit Gabrielle. Elle prit conscience de toutes les implications de cette question et la mit fermement dans un recoin de son esprit. Ce n'était pas le temps ni le moment de les prendre en considération. Bien qu'elle ait désespérément voulu savoir pourquoi la pensée qu'elle et Palaemon puissent être des amants renversait à ce point la Conquérante. Elle espérait que c'était pour les mêmes raisons pour lesquelles elle était ici en train de jouer sa vie.

Se retournant vers son ancien Capitaine, Xena fronça les sourcils, "Alors pourquoi es-tu ici ?"

Palaemon réfléchit à cette question et planta ses yeux dans les siens avant de lui offrir sa réponse, "vous protéger, Majesté." De vous, ajouta-t-il mentalement. Je n'aurais jamais pensé que la force qui pourrait un jour vous vaincre n'atteindrait même pas la hauteur de mon épaule et aurait de doux yeux verts.

La posture de Xena se ramollit voulant à tout prix croire un temps sois peu celui qui avait été son Capitaine pendant plusieurs années. Jetant un rapide regard de ses yeux bleu saphir vers Gabrielle, elle continua son interrogatoire. "Et toi ? Pourquoi as-tu demandé à Cefan de te conduire au temple ?"

"Je ne me suis pas rendue au temple avec Cefan, Majesté. Je l'ai laissée derrière, je sais que je n'aurais pas dû. Je lisais dans la Bibliothèque à propos d'une statue qu'abritait le temple et j'ai vraiment eus envie d'aller la voir. J'ai cru que Cefan était parti se restaurer. J'ai alors supposé que je serai seulement partit pendant quelques minutes, mais… les choses se sont drôlement compliquées."

"Cefan n'était pas avec toi ?" Demanda la Conquérante très lentement, les affirmations contenues dans la réponse de Gabrielle lui causaient déjà une angoisse mentale.

"Non, elle ne l'était pas." Gabrielle n'en dit pas plus, sachant qu'elle ne voulait pas incriminer Cefan d'aucune façon que se soit. La Conquérante aurait la tâche de choisir qui croire par elle-même.

Le regard de Xena se fixa sur Éponin. "Vos troupes ont-elles combattu un de mes soldats aujourd'hui au temple ?"

Éponin serra les dents comme si elle refusait de répondre, mais Gabrielle jeta un regard implacable sur la guerrière et lui commanda silencieusement de répondre. "Malheureusement, non, Destructrice."

"La seule personne avec qui Cefan s'est battue, Majesté, c'était moi," Ajouta Palaemon. "Elle m'a suivie au temple après que je vous ai fait faux bond cette après-midi. Là elle m'a attaquée. Après que je l'ai mise hors combat, elle m'a poignardée tandis que j'avais le dos tourné." Cefan est une lâche qui vous poignarde dans le dos. Comprenez cela, Majesté et croyez ce que dit Gabrielle.

"Où est-elle maintenant ?"

"Majesté, je ne sais pas. Elle a été blessée lors de notre échange et j'ai été fais prisonnier puis elles m'ont amené ici."

Anticipant la prochaine question que poserait la Conquérante, Gabrielle planta son regard dans celui d'Éponin, "Est-ce que n'importe laquelle d'entre vous n'a fait attention à Cefan après son combat avec Palaemon ?"

Éponin baissa les yeux, "Non, ma Reine."

"Quelqu'un me ment," elle leva une main pour couper la parole à Gabrielle "ce qui est une habitude on dirait. Si je constate que tu as dis la vérité, Gabrielle, je n'attaquerai pas tes Amazones et vous laisserez en paix. Mais si je découvre que ce n'est pas le cas, Artémis se retrouvera sans fidèles pour l'adorer. Me suis-je bien fais comprendre ?"

Pour la première fois, Gabrielle retrouva une vacillante étincelle d'espoir. Ses yeux vert clair rencontrèrent les yeux bleus de la Conquérante et sa voix se fit forte comme elle répondit. "Seulement si je me suis fait comprendre clairement moi aussi, je n'aurais jamais fait ce que vous m'accusez d'avoir fait. Je ne vous ai pas menti et je ne vous aurais jamais quittée." Je ne te quitterai jamais.

Il serait si facile de la croire, pensa Xena. La première personne depuis des années que je ne suis pas forcée d'impressionner. Quelqu'un qui me rappelle la maison, qui me rappel Lyceus et ma famille. Mais ta maison… elle a été détruite ainsi que les membres de ta famille et tu es seule. La seule personne sur qui tu n'as jamais pu compter c'est toi. César t'a très bien instruite sur ce qu'était le destin, Xena. Alors souviens-toi que le tien est de gouverner la Grèce… Seule.

S'adressant à Palaemon elle grogna plus que ne parla, "n'interfère pas dans mes plans, ou tu ne vivras pas assez longtemps pour le regretter." Sans lui donner une chance de répondre, Xena retourna son attention sur Gabrielle. "Ce n'est pas fini entre nous."

Par les Dieux, j'espère que non. Gabrielle inclina la tête, souhaitant dire quelque chose qui améliorerait les choses. Mais il n'y avait plus rien à ajouter. Maintenant il ne restait que les conséquences des décisions.