* renvoie à Porcelaine, ** renvoie à Jusqu'ici tout va bien, *** renvoie aux deux
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Chapitre 28
Le gars qui les avait accompagnés avait mystérieusement disparu. Skrin avait sorti des verres et de la limonade tiède et il était maintenant assis en face de Marron avec un air complètement abruti. Il tenait à la main une pochette pleine de documents qu'il ne se décidait pas à ouvrir. Goten claqua des doigts au niveau de ses yeux.
- Tu me montres ou on se tire ? menaça-t-il.
Skrin sursauta et sa mine se renfrogna un peu.
- Ouais, d'abord, merci pour l'appart, grâce à toi, j'aurais pu me transformer en torche vivante, maugréa-t-il pour entrer en matière.
- Comment tu t'en es sorti au fait ? s'inquiéta Goten.
- J'ai mon système de sécurité à moi mais il était moins une et mon ordi est perdu. On t'a donné mon enveloppe ?
- Je l'ai eue. Parle-moi de ce que t'as trouvé.
Le geek sourit malicieusement.
- J'ai trouvé plein de choses. D'abord, je connais tout ton petit monde dans les détails, maintenant, tu sais ?
Goten déglutit sous l'œil entendu que lui lança Skrin. Il semblait s'amuser beaucoup.
- Il n'y avait pas que des photos à ton sujet sur le serveur qui récoltait les infos de Dragan.
- Quoi d'autres ? siffla Goten.
- Toute ta vie. Toute ta vie, et celle de ta famille. C'est très intéressant quand on y pense, hein ?
Goten et Marron échangèrent un regard furtif et inquiet. Skrin sortit une liasse de photos et de documents divers de sa chemise et les balança sur les genoux de Goten. Le jeune home les prit lentement en fronçant les sourcils. En dehors de clichés photographiques pris au cours des deux ou trois dernières années, il retrouva sa fiche scolaire du lycée, des rapports de police de quelques-unes de ses arrestations, quelques coupures de presse concernant des championnats auxquels son père, Gohan ou lui avaient participé. Il scruta les papiers un par un, les yeux écarquillés, la boule au ventre.
- J'en ai autant sur la famille Briefs, ajouta Skrin en regardant Marron.
- Qui est derrière tout ça ? coupa Goten qui se demandait ce qu'il y avait de précis sur ses origines saïyennes.
- Tu sais qui. Ce Pixie Club, bien sûr, répondit Skrin sur le ton de l'évidence.
- Je sais ça… D'ailleurs, tu en as fait partie, pas vrai ?
- C'est ce qui s'est dit, ricana Skrin, ce n'est pas tout à fait la vérité.
Il s'interrompit pour finir son verre d'une traite. Goten remarqua qu'il tremblait légèrement. Ses traits s'était durcis et la bonne humeur, qui l'avait gagné en rencontrant Marron, paraissait s'évaporer inexorablement à la mention du Pixie Club. Il avait l'air de prendre son élan pour expliquer quelque chose de compliqué ou de pénible et Goten lui laissa le temps.
- A l'époque où le monde m'intéressait un peu plus, j'ai travaillé pour les plus grandes boîtes. Tu sais, j'avais crédit illimité mais je crois qu'ils ont eu largement retour sur investissements, ces enfoirés…
Il fit une nouvelle pause et sembla se perdre dans le ressassement de ses souvenirs. Marron, qui parcourait les documents de Goten avec stupeur, releva la tête.
- Que s'est-il passé avec le Pixie Club ? demanda-t-elle doucement.
Sa voix le ramena à la réalité. Il se passa la main dans les cheveux nerveusement.
- Ouais, le Pixie Club… Bah, ils ont commencé à m'inviter à tout un tas de sauterie loufoques, c'était vraiment cool. Y 'avait plein de gens super connus ou super puissants et puis y avait toujours des super nanas… Ouah, je me suis toujours demandé où ils les trouvaient…C'est comme si ils savaient exactement ce que tu veux et qu'ils te le trouvent…Je sais pas comment ils faisaient, si t'étais du genre à rêver d'un mec en cuir, comme par hasard, y'en avait dans leurs soirée. C'était super bizarre.
- Mais toi, tu rêves pas d'un mec en cuir, n'est-ce pas ? releva Marron malicieusement.
Skrin devint cramoisi et se décida à changer de sujet.
- Bref, c'est là que j'ai rencontré un autre informaticien super en vogue. Un vrai petit génie, comme moi mais au-delà, parce que, lui, il ne se contentait pas des ordinateurs, il touchait à pleins de trucs que je connais pas. On a bien accroché et on a commencé à bosser ensemble, en « off », je veux dire. On bossait pour personne, on avait du fric tous les deux, on a acheté du matos et on a commencé à développer des logiciels, comme ça nous venait. C'est là que j'ai arrêté le Pixie Club. J'ai commencé à me prendre au jeu et je travaillais quasiment 24 heures par jour… Petit enfoiré…
Il se leva tout d'un coup et commença à marcher de long en large en tapotant ses doigts sur ses lèvres. Goten le suivait des yeux avec inquiétude. Il sentait que Skrin, à mesure qu'il évoquait ces souvenirs, devenait anxieux et perdait contact avec la réalité de leur discussion. Il chuchotait des paroles inaudibles qu'il n'adressait qu'à lui-même.
Marron se leva à son tour. Elle s'approcha de lui et lui saisit doucement le poignet pour le forcer à cesser ses mouvements automatiques. Skrin eut un mouvement de recul à son contact mais n'essaya pas de se dégager. Il cilla en s'apercevant qu'elle était si proche de lui.
- Que s'est-il passé, après ? demanda-t-elle avec un sourire rassurant.
Son agitation retomba et il s'immobilisa enfin.
- Il a commencé à me ramener tout un tas de produits…Tu sais, le genre de trucs qui vous fait tenir sans dormir. C'était marrant, au début. Et puis notre projet a abouti à un truc vraiment super génial. On avait mis au point quelque chose de révolutionnaire. Mais j'arrivais pas à m'arrêter. J'avais démissionné de la société pour laquelle je bossais et je restais enfermé dans le hangar où on avait l'habitude de travailler. Sauf que j'arrivais plus à rien. Je voyais plus personne sauf lui. Comme je tournais en rond, il a voulu me ramener dans une de ces soirées du Pixie, je me souviens plus de tout après. J'étais resté cloitré tellement longtemps à bouffer des cachetons bizarres, j'ai perdu les pédales, et quand j'ai repris mes esprits, j'étais chez les fous… Chez les tarés… Tu vois, même pas des mecs avec un entonnoir sur la tête, nan… des vrais tarés qui hurlent sans raison dès qu'on passe près d'eux.
Skrin soupira. Il serrait les dents et son visage exprimait une colère sourde, une rage terrible, un peu effrayante.
- Quoiqu'il en soit, ce connard a tout organisé, il a repris tout notre boulot à son nom et en a tiré un max, conclut-il en reprenant subitement place dans son fauteuil, et vous savez quoi ? Le serveur, sa configuration, son système de mouchard, tout porte sa signature. C'est lui qui a tout monté. Néro Shark, ça vous dit quelque chose ?
Goten sursauta. Son ki s'éleva légèrement et Marron se tourna vers lui avec un regard interrogateur. Skrin n'avait rien perçu évidemment. Il se laissa retomber dans le dossier du fauteuil miteux.
- Néro, mon frère…Méfiez-vous de ce type il vous a dans sa ligne de mire et ça date pas d'hier. Il est méthodique comme une araignée.
- Tu crois qu'il est à la tête du Club ? demanda Marron.
- Ça ne m'étonnerait pas. Certainement pas depuis l'origine, mais je suis convaincu qu'il en fait partie et qu'il y est très bien placé.
- On va aller lui rendre une petite visite, annonça Goten en ramassant subitement la paperasse que Skrin lui avait remise.
Il était maintenant pressé de partir. Il savait ce qu'il y avait à savoir, il se sentait dévoré d'impatience à l'idée de retourner voir Néro Shark.
- Tu devrais pas foncer comme ça, Son, ça va te jouer des tours, observa Skrin, t'as beau être Monsieur Muscle...
Goten s'était déjà levé avec hâte et se dirigeait vers la porte. Il eut un temps d'hésitation entendant les dernières paroles de Skrin mais poursuivit son mouvement et sortit sans un mot. Le nom de Néro Shark l'avait littéralement électrocuté.
Marron ramassa quelques papiers qu'il avait laissés tomber dans sa précipitation et s'apprêtait à le suivre. Instinctivement, avant de quitter le pièce, elle se tourna vers Skrin pour le saluer.
- J'espère bien que tu reviendras me voir, Marron Juu, marmonna-t-il.
Son air étrange mit Marron mal à l'aise. Elle se contenta de se dépêcher de rejoindre Goten qui ne l'avait pas attendue et s'était engouffré dans les escaliers.
- Goten ! appela-t-elle.
Il marchait vite et était déjà quasiment au coin de la rue. Il paraissait l'avoir oubliée. Le son de sa voix le tira de son trouble et il attendit enfin qu'elle le rejoigne.
- Qu'est-ce qui te prends ? siffla-telle en arrivant à sa hauteur, tu connais ce type, Néro Shark ?
- C'est le copain de Bra.
- Oh. Tu en fais une affaire personnelle, alors ?
- Marron, commence pas ! hurla-t-il, avec plus de colère qu'il ne l'aurait voulu, bien sûr que c'est une affaire personnelle ! Toi-même, tu as été espionnée je suis sûr !
Marron se renfrogna devant cet accès d'humeur. Goten se fâchait rarement et jamais contre elle.
- Tu comptes pas y aller tout seul, au moins ? répliqua-t-elle.
Il serra les poings mais ne répondit pas et tourna les talons pour essayer de retrouver sa voiture dans le dédale de passages tortueux. Il bouillonnait intérieurement et ne parvenait pas à analyser la situation.
Quand il fut installé devant son volant, Marron à ses côtés, il hésitait encore. Son impulsion, là tout-de-suite, était de foncer chez Shark et de lui mettre une droite dont il se souviendrait. Marron attendait patiemment qu'il se décide, bien résolue, quoiqu'il arrive à ne pas le laisser seul. Le portable de Goten vibra dans sa poche, le rappelant à la réalité. Il le sortit d'un geste agacé. C'était un texto d'Evana. « Appelle-moi »
Il balança le téléphone sur le tableau de bord sans ménagement.
- Allez, on rentre, annonça Marron calmement.
Il mit le contact sans un mot et prit la direction de la maison de Trunks.
Trunks et Bra venaient d'arriver de l'hôpital. Goten et Marron comprirent aussitôt qu'ils avaient dû se disputer à la façon qu'ils avaient d'éviter de se regarder ou de se parler.
- Tu vas mieux ? demanda Marron à Bra
- On ne peut mieux, comme un charme, grogna la jeune femme.
- Que disent les médecins ? insista Marron.
- Il semblerait que j'ai absorbé une molécule psychotrope.
- Psychotrope ? s'étonna Marron
- Un truc qui fait perdre la boule, précisa Trunks, une molécule qu'on trouve dans tout un tas de saletés interdites…Tu vois le genre ?
- Arrête avec ça ! cracha Bra. J'ai rien pris, je te dis !
- Evidemment, c'est pas du tout le genre de conneries que t'es capable de faire…conclut Trunks sombrement.
La tension entre eux était palpable.
- J'ai une meilleure version de l'histoire, intervint Goten.
Trunks et Bra croisèrent les bras de concert et se tournèrent vers lui d'un seul mouvement avec des regards suspicieux. La symétrie de leurs réactions aurait pu être drôle en d'autres circonstances.
- Néro Shark est le chef du Pixie. Par hasard, il découvre notre nature de saïyen et décide de l'étudier. D'un côté, il embauche Dragan pour se rapprocher de Trunks et mener des recherches à sa guise et, de l'autre, il séduit Bra pour en faire son cobaye et, l'ayant sous la main pendant plusieurs jours, lui administre des produits sans qu'elle s'en rende compte.
Bra ouvrit la bouche avec incrédulité, incapable de sortir un son dans un premier temps. Trunks ne lui avait rien expliqué au sujet du Pixie Club mais elle savait pour Dragan.
- Néro Shark ? C'est ce que vous a dit Skrin ? s'étonna Trunks, ça pourrait coller…
- N'importe quoi ! finit par décréter Bra.
Les trois autres posèrent leurs regards surpris sur elle, attendant qu'elle leur révèle les failles de la théorie de Goten.
- Néro Shark, n'importe quoi ! Il…Je le connais, enfin !
- T'es sûre ? Et qu'est-ce qui te pose problème dans mon histoire ? Qu'il se soit servi de toi comme cobaye ou qu'il t'ait séduite ? siffla Goten.
Bra le fusilla du regard.
- D'accord, allons le voir, conclut-elle avec défi.
Elle se dirigea d'un pas décidé vers la porte en bousculant ostensiblement Goten. Trunks essaya de la rappeler mais elle était déjà sortie, et même, contre toute attente, elle prit son envol en direction de la villa de Shark. Trunks et Goten n'eurent pas d'autre choix que de la suivre malgré les protestations de Marron qui ne pouvait les imiter.
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