Felicity

Nous voilà installer au bureau du gynécologue. J'ai vraiment les nerfs, les nouvelles ne sont pas très bonnes et je dois me rendre d'urgence à la maternité. J'ai le col d'ouvert de 2 cm et une légère fissure de la poche des eaux. Le gynécologue ne veut pas que se soit Oliver qui m'emmène, il vient de contacter le service des ambulances. Je suis vraiment inquiète pour moi, ma fille, mais aussi pour Oliver parce qu'il s'en veut de ce qu'il m'arrive. Pourtant le docteur lui a bien dit que ça arrivé fréquemment mais rien à faire, il est têtu il pense être le seul responsable. Un coup est porté à la porte, ce sont les ambulanciers, ils rentrent dans la pièce avec un brancard. Oliver m'aide a m'installer dessus, il ne me lâche pas la main jusqu'à ce que nous soyons devant l'ambulance qui est stationné sur une place réservé pour les urgences.

Oliver

Je m'en veux parce que j'ai l'impression que tout est de ma faute, si je m'étais un peu plus occupé d'elle ces derniers temps et si je lui avais épargné tout ces angoisses nous n'en serions peut être pas la aujourd'hui, quel galère, je me maudis, je suis vraiment un crétin... Si j'avais fais ce qu'il fallait de suite avec mon fils, Felicity ne serait pas la allongé sur cette civière. Elle ne serait pas angoissé et terrorisé. Je lui lâche la main et je lui dépose un baiser sur le front.

- Je file te prendre des affaires et je te rejoins, d'accord.

Je descends de l'ambulance et me dirige vers ma voiture. Je grimpe à l'intérieur et tape un grand coup sur le volant... Mais quel idiot je fais... C'était pourtant pas difficile de mettre les choses au point de suite, si je l'avais fait Felicity n'aurait pas été aussi stressé, elle aurait été détendue... Quel poisse, si il arrive la moindre chose à ma fille et ma femme je crois que je m'en voudrais toute ma vie... Seigneur faites qu'il ne leur arrive rien... Je pousse un soupir et démarre la voiture tout en appelant chez moi. Gavin est resté à la maison avec Maria, je veux juste m'assurer que lui aussi tient le coup. Punaise j'ai un tas de chose à gérer et je dois avouer que je ne sais pas du tout comment je vais m'y prendre. Je ne veux pas que mon fils se sente délaissé mais c'est la même chose pour ma femme.

Je n'ai pas le temps d'ouvrir la porte que déjà mon fils se jette dans mes bras, je le soulève et l'embrasse sur la joue, il a les yeux tout rouges, il a pleuré une bonne partie de la matinée. Maria m'a dit qu'elle avait eut des difficultés pour le calmer et trouver les mots.

- Papa, tu as eut des nouvelles de maman ?

- Oui mon bonhomme, rien n'a changé depuis hier soir. Je suis désolé.

Je le serre un peu plus contre moi lorsque je sens son corps pris de tremblement, il se remet à pleurer. Je le laisse se vider de son chagrin, il est inconsolable, il me rappelle Tommy au même âge, il a pleuré pendant des jours la perte de sa mère. A l'époque je n'étais moi aussi qu'un enfant et je ne faisais que le regarder pleurer, j'étais spectateur. La situation d'aujourd'hui est la même, je me retrouve à nouveau spectateur, je ne sais même pas quoi faire ni quoi dire à mon fils parce que je ne le connais que depuis deux mois. Tout ce qu'il a connu durant ces dix années est en train de s'effondrer.

- Gavin, il faut que je retourne à la maternité, Felicity n'est pas en forme, elle doit resté là-bas un moment.

- Ma petite soeur va bien papa, elle ne va pas mourir ?

- Non mon bonhomme, non elle ne va pas mourir, mais Felicity doit se reposer un maximum pour que ta petite soeur reste encore au chaud quelque temps... Je vais préparer quelque affaires et ensuite je repartirai. Est ce que tu veux venir avec moi ou tu préfèrerais passer la journée avec Théa, en sachant que Théa t'emmènerai faire un tour à la fête foraine et au cinéma.

- Je ne sais pas papa, la journée avec Théa à l'air sympas, mais si maman se réveilel, je ne veux pas qu'elle pense que je l'ai abandonné.

- Hey mon bonhomme, si elle se réveille je te promets que j'appellerai Théa et qu'elle te ramènera rapidement auprès d'elle.

- Promis !

- Bien sur.

- Alors je veux bien passer un peu de temps avec Théa.

- Très bien dans ce cas je l'appelle.

Felicity

Je me retrouve dans une chambre seule, heureusement qu'elle est peinte avec des couleurs chaudes parce que franchement si elle n'avait été recouverte que de peinture blanche, je pense que je serai encore plus déprimé. Oliver n'est pas encore revenu et j'ai vraiment hâte qu'il soit la. Je pose une main sur mon ventre et je sens l'angoisse faire face à nouveau. Aria bouge bien sous ma paume mais je ne peux m'empêcher de penser au fait qu'il y a un risque pour qu'elle naisse maintenant et je ne veux pas parce qu'il est beaucoup trop tôt. Une sage femme est venue avec un appareil pour mesurer la fréquence des contractions. Je regarde le diagramme et je me rends compte qu'elles sont bien régulières. Heureusement elles ne sont pas toutes douloureuses.

La porte s'ouvre et je vois apparaître mon mari tenant un énorme bouquet de fleurs composés de roses rouges, de fleurs vertes et orangés ainsi que de fleurs roses le tout entouré de feuillage. Il me le tend, je le porte à mon nez et hume le parfum.

- Merci, il est très beau... Par contre il faudrait le mettre dans l'eau !

- Je viens de croiser une infirmière, elle apporte ce qu'il faut. Et tient avant que j'oublie.

- Des chocolats, sérieusement...

- C'est bon pour le morale.

Je souris, je lui attrape le bras, tire légèrement dessus pour qu'il s'approche. Je l'embrasse délicatement en le remerciant.

- Ou est Gavin ?

- Avec Théa.

Je me fais du soucis pour le petit, je sais que je ne devrai pas, la gynécologue à été formel il faut à tout pris éviter le stress mais pour le moment rien ne va autour de nous alors je ne sais pas comment y réchapper.

L'infirmière suivie de la sage femme de tout à l'heure entre dans ma chambre. L'infirmière s'occupe des fleurs comme promis tandis que la sage femme regarde la diagramme qui s'est affichait sur le monitoring. Elle éteint l'appareil et me retire tout les capteurs. Elle va ensuite parler à l'infirmière qui sort de ma chambre pour revenir quelque minutes plus tard avec un chariot rempli de produit, de gant en latex et d'aiguille. Je déteste les aiguilles.

- On va devoir vous administrer un médicament pour stopper les contractions et un autre pour que les poumons du bébé mûrissent plus vite. Donnez moi votre bras, on va devoir vous poser une intra veineuse.

Oliver qui sait que je déteste les aiguilles, s'assoit au bord de mon lit et pose une main rassurante sur ma joue. Il me regarde droit dans les yeux et me dit de respirer calmement. Je fais tout ce qu'il me dit, j'évite de regarder ce qui se passe sur ma gauche et je me concentre sur le visage d'Oliver. Il semble fatigué et épuisé moralement.

- Voilà tout est en place. Je repasserai en début d'après-midi voir si vous allez mieux. Oh il n'est pas impossible que vous vous endormez, ne vous en faites pas ce sont les effets secondaire du médicaments.

Oliver

Après le déjeuner, Felicity s'endort. Je lui pose un baiser sur le front avant de sortir de la chambre. Je vais profiter qu'elle dorme pour aller rendre visite à Sandra. Je parcours les couloirs de l'hôpital et après dix minutes de marche je trouve enfin l'accès aux soins intensif. J'entre dans le service et tombe nez à nez avec le médecin de la veille.

- Monsieur Queen, je peux vous parler un instant ?

Je le suis dans son bureau, je m'attends au pire. Je prends place face à lui.

- Nous avons contacté les parents de mademoiselle Moonday, ils sont à son chevet. Ils aimeraient vous rencontrer.

Les parents de Sandra sont ici, elle m'a dit qu'ils l'avaient mise à la porte de chez elle des qu'ils ont appris sa grossesse et ils n'ont jamais cherché à la retrouver. Je ne comprends pas ce qu'ils font ici.

- Excusez-moi mais que font-ils ici. Ils ne se sont jamais intéressé à elle, ni à notre fils !

- Etant donné qu'elle n'est pas marié et que son fils et encore jeune c'est à eux de prendre la décision concernant le sort de Sandra. Je suis désolé de vous le dire monsieur Queen mais ils ont décidé de ne pas s'acharner sur le corps de leur fille. Nous prévoyons d'ôter les machines ce soir.

Quoi ! Comment ! C'est quoi cette histoire pourquoi leur font ils ça, pourquoi !

- Mais enfin docteur et si elle avait une chance de se réveiller dans la semaine...

- Je suis désolé mais il n'y a plus d'espoir. Ce matin nous avons dû la ranimer deux fois et l'oedème comprime tellement son cerveau que nous n'avons plus rien à faire pour la sauver. C'est terminé.

Je sors du bureau anéanti, je pense à Gavin à mon fils. C'est horrible, atroce, terrible... La situation ne pouvait pas être pire. Je cale mon dos contre le mur du couloir et j'attends... J'attends que les parents de Sandra que je ne connais pas viennent à ma rencontre.

Une dame frêle les cheveux châtain foncé et les épaules voûtés sort de la chambre et vient me serrer la main en se présentant comme étant la maman de Sandra. Puis vient ensuite le tour de son père, au premier regard je peux déjà dire que je ne l'aime pas. Il n'a pas l'air sympathique, il semble dédaigneux. Il ne me serre pas la main, il me montre simplement les portes de sorties d'un geste de la main.

Nous arrivons tout les trois dans la petite salle d'attente déserte. Je regarde le père de Sandra et j'attends qu'il prenne la parole.

- Vous êtes le salop qui a mis ma fille enceinte et qui l'a quitté ensuite... Enfin non pas quitté, celui qui a joué avec elle... Quel genre d'homme peut faire subir ça à une jeune femme et quel homme abandonne son enfant

Je ne sais pas quoi dire je sens beaucoup de colère en lui... Je n'ai pas l'impression qu'il soit vraiment au courant de la situation.

- Je ne savais pas que j'avais un fils, à l'époque Sandra m'a dit qu'elle l'avait perdu. Si elle ne m'avait pas mentie, j'aurai assumé mon rôle de père.

- Ah oui et comment tu t'y serai pris hein, parce que juste après qu'elle t'ai annoncé sa grossesse tu t'es enfoui sur un bateau. Et tu as disparu...

- Oh, vous baissez d'un ton... Peut être que je suis parti mais je ne savais pas qu'elle était enceinte alors que vous, vous l'avez mise dehors et vous ne vous êtes jamais soucié d'elle... Alors s'il vous plait épargné moi vos remontrances.

Le père de Sandra semble se calmer, il pensait que je me serai laissé faire, que je n'aurai rien dit, et bien il s'est trompé. Quand à sa femme, elle n'a absolument rien dit jusqu'a maintenant, elle semble perdue dans ses pensées.

- On veut récupérer l'enfant ! Des que Sandra sera enterré, il viendra vivre chez nous.

Qu'est ce qu'il me raconte, il veut mon fils... Il est cinglé ou quoi, jamais je ne leur laisserai mon fils. Il ne les connaît même pas. Et comment peut il parler d'enterrement alors que sa fille est encore en vie pour le moment.

- Mon fils n'ira nulle part ! Il est hors de question que je le laisse partir avec vous, il ne vous connaît même pas, il ne vous à jamais vu.

- Eh bien c'est ce qu'on verra, nous avons déjà engagé un avocat et je peux vous dire que vous n'êtes pas en si bonne posture que vous le pensez après tout vous n'êtes de retour dans sa vie que depuis quelque mois... Et nous avons les preuves que votre mère a offert de l'argent à notre fille pour acheter son silence sur cette grossesse.

Ils ont des preuves et alors, si il croit que je vais lui laisser mon fils sans broncher, c'est vraiment mal me connaître. Je quitte la pièce sans leur adresser un regard. Le père de Sandra me dit simplement qu'on se reverra au tribunal. Je souris gentiment.

Avant de retourner auprès de ma femme, j'appelle Laurel et Théa.