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Réponses aux reviews !
Merci Falbala03 pour ton commentaire qui fait chaud au coeur xD Le début des Rôdeurs est déjà disponible, avec la fameuse rencontre Albus/Scorpius, et leur Répartition. Quant aux bonus... Ben, après celui-là j'en ait plus qu'un d'écrit, et désolé, il n'est pas sur Draco x) Dommage !
Alors, Don-jul... A la base Moira (la Néfertiti xD) ne savait pas pour Anaïs, Ryan ne lui a avoué ça que quand leur fille est née et qu'il a fallu lui donner un nom. Ils se sont engueulé, se sont réconcilié, et tout va bien dans leur couple. Tout va bien aussi dans le couple de Blaise et Carmen. Ils font parfois des plans à trois, quand ils trompent l'autre c'est une décision mûrement réfléchie et l'autre est généralement au courant (du coup il se tape aussi un canon, pour compenser xD), bref, c'est assez torride chez eux.
Ouais, moi aussi j'ai reniflé discrètement quand j'ai relu mon bonus sur Alva. Les passages avec son père, surtout. Alva l'aimait vraiment, elle l'adorait même. Et puis les passages avec Draco aussi sont émouvants, surtout le dernier... x)
Miss Petrovska, ton pseudo est génial, il sonne vachement Russe x) Eh oui, Harry est un peu faiblard, mais bon, ça va lui passer... Et encore oui, je me suis éclatée à inventer des trucs (Montespan la Sang-de-Bourbe, etc.), pour m'approprier un peu l'univers d'Harry Potter xD Quant à Sang-Froid, cette fic m'a effectivement inspirée la scène du psychomage, mais de toute façon, le passage par une thérapie était obligatoire.
J'ai effectivement envisagé d'écrire une fic Drarry, mais, euh... Vu comment j'ai planté Alva dans le décor, je n'arrive plus à la faire bouger xD
Merci Marjorie27 x) Il y a encore un bonus sur Nathan et ensuite cette fic sera définitivement terminée...
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"C'est quoi le mot gentil pour égoïste ?" "Indépendant." "Ouais c'est ça, je suis indépendant."
Because je suis irrécupérable xD
Bref voilà un bonus sur la fac des sorciers, ou ce qui se passe après Poudlard. Eh oui, où sont les fac, les universités, les écoles que suivent les jeunes sorciers après Poudlard ? Où est-ce qu'on passe pour devenir Auror ou étudier le droit ? Autant de question auxquelles je me suis fait un devoir de répondre.
Oh, et puis, comme je suis en fac moi aussi (comme Alva à cette époque) et que j'adore ma fac, mon amphi, mes cours, mes dissert, mes profs et surtout ma voisine d'amphi avec qui je déconne joyeusement (ouh ouh Raiu-chan je parle de toi !), j'ai créé le personnage d'Alyssa Mocking à l'image de ladite voisine de fac. Ouais, même son prénom et son nom ressemble à ceux d'Alyssa xD
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Ch'tite question en passant... Je l'ai déjà posée dans "les Rôdeurs" mais je la pose ici aussi x)
Si je créait une page facebook, vous la rejoindriez ? Je pourrais y proposer mes fics en PDF, poster des extraits de chapitres, vous demander vos avis, poster des images, discuter de trucs aussi dingues qu'Astrid (et c'est pas peu dire). J'aime bien rester en contact via Internet avec des gens aussi dingues que moi et la plupart d'entre vous le sont xD J'ai créé un forum mais fb a quand même plus de succès, et plus de facilité d'accès...
Enfin, bon, je pose la question. Perso, je connais (c'est un bien grand mot) une auteur qui a fait ça, et une vraie petite communauté s'est formée et délire sur des thèmes aussi divers que le mariage gay ou les articles lus sur Internet par les uns ou par les autres.
Voilà, that is my question, le reste est à vous.
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Bonus 2
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Pendragon
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– Alors, pas trop stressée ? sourit Blaise.
Alva lui retourna un regard noir, puis éclata de rire. Elle était percée à jour : elle s'angoissait terriblement. Et oui, on a beau avoir affronté des Inferi, des Epouvantards, des loups-garous (enfin un loup-garou), des Détraqueurs, des statues ensorcelées, des Mangemorts… On s'inquiète toujours avant la rentrée.
– Oh, la ferme, bâilla Kim. Comme si toi, tu ne balisais pas…
– Je ne balise pas, se défendit le métis.
– Mon œil, se moqua Carmen. Hier soir tu relisais compulsivement ton bouquin d'Histoire du Droit.
Kim, Blaise, Draco, Alva, Zacharias, Ryan et Carmen étaient rassemblés autour de la table d'un petit restaurant universitaire où ils venaient de dîner, et se charriaient mutuellement à propos de la rentrée qui aurait lieu demain. Dans leurs écoles respectives, comme dans toutes les Universités Moldues, il y avait des examens tous les semestres, des exposés à présenter, des thèses à défendre… Un système bien différent de Poudlard.
Heureusement que toutes les facs, universités et autres écoles avancées de sorcelleries étaient toutes rassemblées dans le même quartier de Pendragon (une ville exclusivement sorcière située au milieu du Pays de Galles et blindée de sorts Repousses-Moldus) : ainsi, ils pouvaient se voir souvent.
Kim, Blaise et Draco allaient entrer à l'UDUS, l'Université de Droit Universel Sorcier. Trois années étaient nécessaires pour avoir leur Licence, et ensuite ils auraient des classes différentes durant deux ans. Kim passerait son Master d'avocate, tandis que Blaise aurait le Master de Politique, et Draco celui d'Economie.
Zacharias, Ryan et Carmen, eux, entraient en Faculté de Médicomagie. Le système était comparable aux facs de médecine Moldues, avec la même compétition et la même quantité de travail acharné. Zack et Ryan avaient déjà commencé à réviser comme des malades, et ce dès le mois de juillet.
Carmen travaillait moins : elle allait s'aiguiller vers la psychologie, qui était une branche secondaire et où la compétition était moindre.
– Mais Alva a plus de raisons de s'inquiéter, objecta Ryan.
– Ah bon ? fit innocemment la rousse. Je me disais pourtant que comme j'étais la meilleure, je devrais stresser moins que vous.
L'orgueil de la Russe leur fit lever les yeux au ciel, puis Ryan poursuivit très sérieusement :
– Zack, Carmen et moi, nous serons ensemble. Tout comme Kim, Blaise et Draco. Toi, Alva, tu seras toute seule.
– Je suis une grande fille, se moqua Alva. Je me débrouillerai.
Alva était la seule d'entre eux à être inscrite au célèbre CEFAMO.
Le CEFAMO, Centre Elémentaire de Formation à l'Apprentissage de la Magie Offensive, était le point de départ de tous ceux qui se destinaient à un métier plutôt agressif. Auror, tireur d'élite, Langue-De-Plomb, Briseurs de sorts…
Les jeunes élèves, fraîchement sortis de Poudlard, passaient toujours obligatoirement trois ans au CEFAMO. Ils avaient le même cursus de base mais des matières optionnelles différentes selon leur futur métier. Magie noire, une matière extrêmement surveillée. Magie sans baguette, magie élémentaire, magie non-humaine et toutes ses spécialisations (plus de vingt !), magie de l'esprit, magie fantôme. Runes, Langues Anciennes, Alchimie. Sortilèges avancées, Métamorphose avancée, Potions avancées. Cours d'économie, de droit, d'Histoire, d'étude des institutions sorcières et Moldues. Apprentissage des premiers soins. Duel, combat, défense, stages de survie…
Le CEFAMO était la fac préférée des jeunes sorciers, car c'était celle qui permettait d'accéder à la plus grande diversité de métiers, mais c'était aussi la plus difficile. Les jeunes sorciers devaient s'accrocher pour réussir, quelle que soit la filière qu'ils envisageaient ensuite.
Et, au bout de trois ans, leurs chemins se séparaient.
Les futurs Auror devaient passer un examen d'entrée pour devenir Aspirant Auror. Un échec les ramenait directement en première année au CEFAMO, une terrible humiliation. Mais s'ils réussissaient, l'Aspirant devenait l'élève d'un Auror qualifié, qui le guidait sur le terrain, le conseillait, l'entraînait au combat… Et ne lui épargnait rien. Et ce, durant trois ans. Au terme de ces trois années, l'Aspirant devenait Auror à son tour. Et un an plus tard, il pouvait devenir le mentor d'un autre Aspirant.
Les tireurs d'élites de baguettes magiques passaient deux ans à l'ESFI, ou Ecole Sorcière des Forces d'Intervention. L'ESFI secondait souvent les tireurs d'élite ou les Auror dans les interventions peu dangereuses : c'était les travaux pratiques des élèves. Et à la fin de leur formation à l'ESFI, les jeunes sorciers passaient un examen qui leur permettait d'entrer au Ministère. En cas d'échec à cet examen, ils revenaient en première année à l'ESFI.
Les Langues-De-Plomb restaient au CEFAMO, mais allaient dans une classe beaucoup plus avancée qui étudiait les rouages les plus complexes de la Magie. Cette classe ne faisait pas ses études au CEFAMO proprement dit : ils avaient leur propre bâtiment, sur une île près de l'Ecosse. Les élèves y restaient un, deux, trois ou quatre ans, selon leur désir d'approfondir leurs connaissances, puis étaient automatiquement engagés par le Ministère.
Les Briseurs de sorts restaient trois ans au CEFAMO. Au bout de trois ans, cependant, ils devaient se débrouiller pour trouver un Briseur de sort qui les prendrait comme élève. L'apprenti suivrait et assisterait ce Briseur de sorts durant deux ans, avant de passer devant le Conseil des Briseurs de Sorts. Le Conseil lui faisait alors passer un test qui déterminerait si oui ou non l'élève pouvait devenir Briseur de sorts à son tour. Si le Conseil refusait de lui remettre son diplôme, l'élève retournait au CEFAMO.
Alva voulait devenir Briseuse de sorts.
– Tu sais que tu risques de croiser Potter ? sourit Ryan.
Les quelques combats qui avaient opposés Alva à Harry étaient devenus célèbres à Poudlard. La Russe releva le menton avec mépris :
– Il ne me fait pas peur.
– Et Weasley, ajouta Zacharias d'un ton sournois.
– Il ne me fait pas peur non plus. C'est lequel ?
– Ronald, ricana Draco. Il a réussit à avoir ses examens, finalement.
Puis le blond se mit à siffloter l'air de Weasley est notre roi, et toute la tablée ricana. Maintenant que Justin, le seul Gryffondor du groupe, avait quitté la Grande-Bretagne pour aller étudier en France, personne ne défendait les rouges et or…
Enfin, sauf Blaise, qui était devenu très ami avec le rouquin.
– Theo m'a écrit, dit flegmatiquement le métis pour changer de sujet.
Tout le groupe se tourna vers lui, et Blaise esquissa un rictus narquois, satisfait de son petit effet. Theodore Nott, qui espérait devenir Maître des Potions, était parti étudier à Salem. Là-bas, l'année avait déjà commencée, et Theo écrivait peu.
– Et c'est maintenant que tu le dis ?! s'indigna Alva.
– Qu'est-ce qu'il raconte ?
– Il étudie avec Luna, non ?
– Une question à la fois ! se moqua Blaise. Il va bien, il est dans la même classe que Luna, et il adore ce qu'il fait. Dans sa prochaine lettre, il enverra des photos.
Alva sourit, puis retrouva un air grave, se tourna vers Draco et demanda à voix basse :
– Est-ce qu'il a assez de… Tu-Sais-Quoi ?
– Oui. Il a assez stock pour tenir six mois.
Theo était un loup-garou, et il dépendait totalement de la potion Tue-Loup que Draco et Slughorn lui préparaient. Alva sourit, rassurée, et Carmen changea de sujet :
– Au fait, Alva, qu'est-ce que tu as comme matières ?
– Eh bien, les Runes et les Langues Anciennes…
– Évidemment, marmonna Blaise avec un sourire entendu.
– La magie noire…
– On s'y attendait, sourit Ryan.
– La magie non-humaine et la magie élémentaire, la Métamorphose et les Sortilèges avancés qui sont obligatoires. Et j'ai aussi pris l'option combat, bien sûr.
– Ils vont te donner des cours de combat ? A toi ? Oh misère, comme si tu n'étais pas assez dangereuse comme ça…
– Je t'emmerde, Smith ! rétorqua Alva en lui donna un coup de pied sous la table.
– Ne molestes pas mon petit-ami s'il-te-plaît, fit Kim d'un ton tranquille. Il ne t'a rien fait.
– Mis à part t'agresser occulairement avec sa sale gueule, glissa Draco mine de rien.
Du coup, ce fut à lui que Kim envoya un coup de pied sous la table. Carmen pouffa, amusée, et le regard d'Alva se posa sur la belle jeune fille noire.
Alva ne la connaissait que depuis deux semaines, depuis son retour de Russie en fait, mais apparemment Carmen s'était déjà bien intégrée au groupe durant l'été. C'était la colocataire de Draco, et vu comment Blaise flirtait avec elle, ils sortiraient ensemble avant la fin de l'année.
– Bon, ça suffit les mecs ! s'interposa Kim. Rangez votre testostérone, vous êtes intenables en ce moment. C'est la rentrée prochaine qui vous fait cet effet ? Ou bien est-ce que vous avez vos règles ?
Avec un bel ensemble, tous les mâles de la table rougirent jusqu'aux oreilles, tandis que Carmen s'étranglait et qu'Alva se mettait à rire. Voilà, c'était ça qu'elle aimait tant chez Kim : elle était totalement décomplexée, bien dans sa peau et à l'aise quelle que soit la situation.
– Au fait, Alva, c'est vrai que tu as un appartement immense ? demanda Ryan dans une tentative cousue de fil blanc pour faire diversion.
Alva haussa un sourcil moqueur, et Draco sourit intérieurement en réalisant que c'était une mimique qu'elle lui avait empruntée. Puis la Russe haussa les épaules :
– Plus ou moins. Troisième étage, cinq pièces, très lumineux, et très cher. Heureusement les Koenig ne savent pas quoi faire de leur argent, alors ils me l'ont acheté.
– Tu ne t'ennuies pas ? lança Carmen. C'est déprimant de vivre seule.
– Pas vraiment, fit Alva en haussant les épaules. J'ai la radio, et puis il y a mon chat.
– Ah oui, le fameux chaton ! s'exclama Kim. Fruit des amours de Nosferatu le monstre noir et de Pattenrond la brosse à chiottes rousse.
Blaise se mit à rire, tandis que Ryan levait les yeux au ciel et que Draco tournait un regard interrogatif vers Alva :
– Comment tu l'as appelé, ta bestiole ?
– Pitch.
Tout le monde marqua un temps d'arrêt, puis Blaise répéta d'un ton incrédule :
– Pitch ? C'est horriblement…
– Mignon ? proposa Carmen.
– Exactement, on dirait un nom de peluche !
Alva croisa les bras d'un air offensé, et donna un coup de pied sous la table à Blaise.
– N'importe quoi. Le Général Kozmotis Pitchener est un personnage de conte russe. C'est une légende très connue ! Il avait enfermé les ténèbres du monde entier dans une prison afin de protéger l'humanité. Malheureusement, le Général avait une fille qu'il aimait plus que tout et qu'il ne pouvait plus voir, puisqu'il devait surveiller les ténèbres. Alors les prisonniers imitèrent la voix de sa fille et le supplièrent de les délivrer… Et le Général, vaincu par son amour pour sa fille, libéra les ténèbres et faillit à sa mission. Ainsi se termine l'histoire du Général Kozmotis Pitchener.
Il y eut un bref silence.
– Et tu as appelé ton chat Pitch, résuma Blaise.
– Je l'ai appelé Général Kozomotis Pitchener, mais c'était trop long. Donc c'est devenu Pitch. Oh, et puis, vous me saoulez !
Les autres pouffèrent, amusés. Alva poursuivit :
– Et j'ai Naouka, mon elfe, pour faire les tâches domestiques.
– Si tu ne l'avais pas, tu te serais débrouillée pour acheter un elfe, se moqua Blaise.
– Exactement, renchérit Draco d'un ton moqueur. Ce n'est pas comme si la très snob rouquine de Sibérie allait s'abaisser à faire le ménage, hein ?
– Snob ?! Moi, snob ?! C'est l'hôpital qui se fout de la charité, là !
– Tu oses nier ?
– Je ne suis pas snob, j'ai conscience de ma supériorité sur le reste de l'humanité.
– Pas sur moi, en tout cas.
– A d'autres, espèce de blond. Tu es inclus dans l'humanité.
– N'importe quoi. Je suis supérieur.
– Non, je suis supérieure.
– Non, moi.
– Non, moi !
Ryan se racla la gorge, tandis que leurs autres amis semblaient au bord du fou-rire, et le Serdaigle blond déclara posément :
– Quand vous aurez fini de vous comporter comme des gamins de cinq ans, on pourra peut-être y aller ? Il commence à se faire tard.
– C'est lui qui a commencé, marmonna Alva.
Blaise ricana, et Carmen plissa les yeux d'un air amusé avant de lancer, taquine :
– Ne sont-ils pas mignons tous les deux ?
Alva sentit ses joues la chauffer. Quand elle était revenue en Grande Bretagne, elle s'était plongée à corps perdu dans les dossiers administratifs et les révisions avant son entrée au CFAMO. Elle avait dû parler à Draco à peine six ou sept fois en quinze jours, et en comptant cette soirée.
Ni l'un ni l'autre n'avait évoqué le baiser du Poudlard Express.
Demain, se promit-elle, demain je lui en parlerai.
– On y va ? insista Ryan. Je veux me coucher tôt, moi.
– Idem, lâcha Zack en se levant. Allez, bougez-vous bande de feignasses.
Ils quittèrent le restaurant sans cesser de se taquiner. Une fois à la sortie, ils se dirent au revoir, se promettant de se revoir le lendemain soir au même restaurant. Avant de partir, Zack se pencha et embrassa Kim chastement sur les lèvres. Draco et Blaise (farouchement anti-Poufsouffle comme tous les Serpentards) firent semblant de vomir.
Alors qu'elle transplanait jusqu'à chez elle, Alva songea avec léger sourire qu'elle aurait bien aimé que Draco l'embrasse.
oOoOoOo
Alva s'assit à une table du self en soupirant. La matinée de la rentrée était passée incroyablement vite. Une brève présentation du CEFAMO et hop ! Ils avaient eu droit à leur premier cours. Métamorphose avancée puis Etudes des Runes pour Alva. Elle avait évidemment cartonné en Runes, mais en Métamorphose, eh bien… Elle réalisait que même si elle était une excellente élève par rapport aux critères de Poudlard, ici les professeurs exigeaient beaucoup plus que Laughlin.
– Excuse-moi, je peux m'installer ici ?
Alva releva la tête, et vit une jeune fille de son âge, debout de l'autre côté de la table, son plateau dans les mains et l'air interrogatif. La Russe la reconnue comme étant dans sa classe de Runes, et hocha la tête :
– Bien sûr. Tu es dans ma classe, n'est-ce pas ? Désolée, je ne me souviens pas de ton nom.
– Alyssa, répondit l'autre en s'installant. Alyssa Mocking.
– Salvakya Netaniev, mais on m'appelle Alva. Tu ne viens pas de Poudlard.
C'était une constatation, pas une question, et Alyssa sourit. C'était une fille assez petite, aux cheveux châtains mi-longs et au visage souriant. Sa veste avait une poche cousue au niveau de la poitrine, et Alva sursauta quand une souris sortit de la tête de la poche en question. Alyssa gloussa :
– C'est Vincent, mon loir.
– Ok, enchantée de te rencontrer, Vincent.
Alyssa rit franchement, cette fois, et Vincent retourna au fond de sa poche. Sa maîtresse se mit à entamer son sandwich tout en expliquant :
– Pour répondre à ta question, je viens de l'école Perséphone, en Grèce.
– Ton nom est anglais, fit remarquer Alva.
– Oui, mon père est anglais, mais ma mère est grecque et ils se sont tous les deux installés là-bas. J'ai eu mon diplôme à dix-sept ans, j'ai passé un an à voyager –comme c'était la coutume il y a quelques années–, puis je suis venue m'inscrire ici.
– Pourquoi pas en Grèce ? C'est ton pays, tu dois y être attachée.
– C'est à Pendragon qu'on trouve la meilleure classe d'Etude des Runes. Après tout, la Grande-Bretagne est le pays de Merlin, l'inventeur des Runes.
– Moi aussi, je suis venue ici pour les Runes, sourit Alva. Je veux être Briseuse de sorts. Et toi ?
– Moi ? Oh, un truc beaucoup moins palpitant : historienne. Mais l'histoire passe par les Runes, alors ceux qui se destinent à l'Histoire peuvent suivre les cours de Runes et de Langues Anciennes donnés au CEFAMO.
– J'ai pris Langues Anciennes, moi aussi.
– Cool ! On pourra se mettre ensemble pendant ces cours-là. Tu es vraiment douée en Runes.
Les deux filles continuèrent à discuter tout en mangeant. Elles quittèrent ensemble le self, et se dirigèrent vers le hall principal tout en continuant à parler.
– J'ai deux heures de libre avant les Langues Anciennes. Tu as quelque chose pendant ce temps ?
Alva consulta son emploi du temps et grimaça.
– Magie non-humaine.
– Je ne pense pas que tu auras droit à énormément de travaux pratiques cette année en magie non-humaine, lâcha Alyssa. Ça sera surtout de la théorie, pour mieux comprendre comment fonctionnent les autres espèces.
– Zut, pas de rencontre avec un vampire au programme. Quelle déception !
Les deux filles ricanèrent, puis se séparèrent. Alva se dirigea vers l'amphithéâtre où se déroulerait son cours, tandis qu'Alyssa se dirigeait vers la Bibliothèque pour patienter.
Alva n'eut pas trop de problème pour trouver son chemin : le CEFAMO était bâti sur le modèle des grandes universités anglaises classiques, et ce n'était pas vraiment un labyrinthe. Cependant, le couloir où se trouvait son amphi était bouché par un attroupement d'élèves. Alva soupira, et se fraya un passage à coups de coudes et de pieds, soulevant sur son passage de cris de douleurs et des protestations.
Elle était quasiment sortie de l'attroupement, et voyait avec soulagement la porte de son amphithéâtre se profiler à trois mètres à peine, quand soudain…
– Hawking ! Eh, Hawking !
Elle ne s'appelait plus Hawking, mais ça ne l'empêcha pas de s'arrêter et de se retourner, surprise. Ses yeux s'agrandirent sous le choc en voyant Harry Potter et Ron Weasley, au centre de l'attroupement. Potter se dégagea de l'emprise d'une fille (qui devait au moins avoir dix ans de plus que lui), esquiva une autre personne qui voulait lui parler, et se dirigea droit vers Alva.
Finalement, il s'arrêta devant elle, un peu gauche, et sourit timidement. Alva haussa un sourcil sans pouvoir s'empêcher de sourire en retour.
– Oui, Potter ?
Harry hésita un instant, puis lui tendit la main avec un sourire franc :
– Ça me fait plaisir de te revoir, Hawking.
Alva serra automatiquement la main tendue, un peu incrédule, mais étrangement contente. Harry avait changé, grandi, et finalement, peut-être que ça ne serait pas un calvaire de faire ses classes avec lui.
Et au moins elle n'était pas toute seule.
– Je ne savais pas que tu étais inscrite ici, lança le Gryffondor avec embarras.
– Tu es mal renseigné, Potter.
– Harry, corrigea aussitôt le jeune homme.
– Pourquoi je t'appellerai Harry alors que tu t'obstines à m'appeler Hawking ? C'est Netaniev ou Alva. Enfonce-toi ça dans le crâne.
– Si tu le dis, Hawking.
– Merlin, je te déteste, marmonna la jeune fille.
Plusieurs personnes formaient un cercle autour d'eux, des murmures intrigués parcourant leurs rangs, et Harry fronça les sourcils d'un air contrarié. Alva esquissa un sourire narquois.
– En revanche, moi, je savais que tu serais là. Saint Potter, destiné à devenir un grand Auror…
– Et toi, qu'est-ce que tu fais là, rouquine malfaisante ?
– Ne me confond pas avec ta ventouse de compagnie s'il-te-plaît.
Harry leva les yeux au ciel, et Alva continua avec un sourire en coin :
– Trois ans au CEFAMO sont obligatoires pour devenir Briseuse de sorts. Satisfait, Potter ?
– Très. Tu as magie non-humaine ?
– Euh, oui…
– Nous aussi ! s'exclama Ron en surgissant à la hauteur d'Alva et Harry. Tu t'installeras avec nous ? On a besoin d'un puits de science, maintenant qu'Hermione n'est plus là.
Alva haussa un sourcil incrédule, puis haussa les épaules :
– J'espère que vous ne me ralentirez pas trop.
Et ils entrèrent tous les trois dans l'amphi. Ron voulut se diriger vers le fond de la salle, mais Alva lui marcha sur le pied et le força à s'installer plutôt dans le premier tiers de l'amphithéâtre, assez près pour bien entendre le prof, et assez loin pour ne pas être sous ses yeux.
Ils s'installèrent en bout de rangée, d'abord Ron puis Harry puis Alva. La Russe avait un siège vide à côté d'elle, et s'empressa d'y jeter un sortilège Répulsif pour éviter qu'une des groupies de Survivant ne s'y installe. En revanche, les rangs devant et derrière eux furent immédiatement remplis de gens qui leur jetaient des coups d'œil à la dérobée.
– Ça va être un long cours, soupira Harry. J'ai l'impression d'être un bout de viande au milieu d'une meute d'hyènes.
Alva gloussa, puis émit soudain un gémissement catastrophé.
– Oh, misère ! Montre-moi ton emploi du temps !
– Pour quoi faire ? demanda le Gryffondor en le lui tendant.
– Vérifier quelque chose, fit Alva en sortant son propre emploi du temps.
Elle n'eut qu'à les comparer un bref instant avent de se rendre à l'évidence : ils avaient énormément de cours en commun. Ils avaient en commun la magie élémentaire, la magie non-humaine, le combat, ainsi que la Métamorphose et les Sortilèges avancés.
– Il n'y a que les cours de combat, Runes et Langues Anciennes qu'on n'aura pas en commun, finit-elle par dire.
– Les apprentis Aurors auront des cours de combat au second semestre.
– On sera ensemble à ce moment-là, je garde ce cours toute l'année. Je te mettrai la pâtée !
Le Gryffondor à lunette grimaça, puis jeta un regard à l'emploi du temps d'Alva. Il constata en fronçant les sourcils :
– Tu n'as pas les Potions avancées. Ni les cours de vie politique.
– Vous avez un cours de vie politique ?
– Oui, ça serai bête que les Aurors provoquent un incident diplomatique, non ? On ira à l'UDUS pour ce cours-là. Hermione l'aura en commun avec nous.
Alva pouffa de rire :
– Vous l'aurez aussi en commun avec Draco, Blaise et Kim, je crois…
– Par les poils frisés de Merlin, grogna Ron. Il ne manquait plus que ça.
Alva pouffa à nouveau. Néanmoins, quand le prof –qui semblait avoir l'énergie d'une moule cuite– entra dans l'amphithéâtre, le trio fit silence et se prépara à prendre des notes.
Ce cours était intéressant. Les différentes espèces avaient des mentalités complexes et très riches. Ils avaient commencé par l'étude des Gobelins, de leurs lois, de leurs coutumes. La naissance de ce peuple, qui avait toujours été très unis, se définissant comme une espèce avant d'être une nation ou une tribu quelconque. Leur fierté, née de l'orgueil qu'ils tiraient du fait d'être les plus avancés au niveau du travail du métal –et cette habileté leur avait permit de s'imposer comme il le voulait depuis l'Antiquité jusqu'à la fin du Moyen-âge. Leur philosophie, basée sur le principe de la famille avant tout, qui avait mué en le profit de l'espèce avant tout au fils des siècles…
En relisant son cours, Alva se disait qu'il devait vraiment être passionnant. Dommage que Professeur-Moule-Cuite ait l'air si anémique. On aurait dit qu'il avait deux de tension, ce type.
Alors qu'ils rassemblaient leurs affaires avant de quitter leurs places, Harry se tourna vers Alva :
– Qu'est-ce que tu as, comme cours ?
– Langues Anciennes, puis Sortilèges.
– On se retrouve en Sortilèges ?
Alva hésita une fraction de secondes, puis hocha la tête. Harry lui adressa un sourire désarmant, puis quitta l'amphi avec Ron :
– A plus tard, Hawking !
– A plus tard, Potty, sourit la Russe.
Elle aussi, elle quitta l'amphithéâtre, et se dirigea vers son cours de Langues Anciennes. Son pas était soudainement devenu plus léger.
Alyssa l'attendait devant l'amphithéâtre où elles avaient cours, et haussa légèrement les sourcils –ce qui lui faisait de grands yeux surpris– en voyant l'air réjoui de la jeune fille rousse.
– Tu t'es jeté un Charme d'Allégresse ?
– Non, j'ai revu une vieille connaissance.
– Un ami ?
– Non, un emmerdeur. On y va ?
Alyssa cligna des yeux, puis acquiesça. Apparemment, elle s'était vite habituée à la bizarrerie de sa nouvelle camarade.
Elles s'installèrent au cinquième rang –et elles l'ignoraient mais ça resterait leur place durant toute cette année–, et Alva sourit rêveusement en imaginant la tête de Draco quand il croiserait Harry et Ron à l'UDUS.
Elle revint brutalement sur terre quand son regard tomba sur Alyssa. En attendant le prof, la jeune fille aux cheveux châtains avait sortit de son sac un crayon gris et une feuille de papier, et s'était mis à dessiner. A dessiner deux mecs en train de s'embrasser.
Alva ouvrit des yeux ronds comme des Gallions.
– Tu es assez étrange comme fille.
– Je pourrais dire la même chose de toi, sourit Alyssa sans lever la tête de son dessin.
– Moi, je ne dessine pas de mecs en train de… de…
– Eh, ça reste quand même assez léger. Je ne donne pas dans le porno non plus ! C'est mignon, un couple de garçons.
Alva avait toujours les yeux ronds. Alyssa émit un gloussement, et rangea son papier en voyant que leur prof venait d'entrer.
– Alva, tu te réjouis de revoir des emmerdeurs et tu parles avec les loirs… Je suis même prête à parier que tu as un animal de compagnie avec un nom invraisemblable. Chacun sa bizarrerie, d'accord ?
– Général Kozomotis Pitchener n'est pas un nom invraisemblable, maugréa Alva en souriant néanmoins.
Le cours avait commencé depuis dix minutes quand Alva, sans raison apparente, cessa d'écrire comme si elle avait eu une inspiration divine. Elle se tourna vers Alyssa, les yeux brillants et un grand sourire aux lèvres, et sa voisine se demanda si elle réprimait un fou-rire.
– Si je te donne les photos de deux garçons, tu pourrais les dessiner dans une position compromettante ?
– Euh, ça dépend, qui c'est ? demanda Alyssa avec méfiance.
– Le premier s'appelle Zacharias Smith. Et c'est pour lui faire une blague.
– Et le deuxième ?
Cette fois Alva dut se plaquer une main sur la bouche et attendre quelques secondes, que son hoquet de rire passe, puis elle répondit à voix passe, d'une voix hilare :
– Elias Stensenn. C'était un prof de Poudlard.
Alyssa cligna des yeux, puis haussa les épaules. Oh, pourquoi pas après tout, ça pourrait être drôle. Et puis elle manquait d'entraînement pour le dessin du physique des hommes mûrs…
Ce fut le début de l'amitié entre Alva et Alyssa.
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Alva adorait le CEFAMO.
Bien sûr, certains cours étaient barbants. La magie non-humaine aurait pu être palpitante si leur prof n'était pas si mou. Et les cours de magie noire étaient entièrement théoriques : ils ne commenceraient la pratique qu'en troisième année. Mais Alva découvrait enfin un cours de Runes à son niveau, qui la poussait à réfléchir et la stimulait vraiment.
Alva passait beaucoup de temps avec Alyssa Mocking, à parler de loirs, de Runes et de dessins. Zack poussa un véritable hurlement quand il trouva le croquis d'Alyssa le représentant dans les bras de Stensenn : Alva l'avait glissé dans un de ses livres, et le bond qu'il fit en pleine salle de classe quand il tomba dessus fut absolument mémorable, de l'avis de Ryan. La mésaventure de Zack alimenta les potins durant des semaines.
A partir de là, Alyssa fut adoptée par Alva. La Grecque s'entendit très bien avec Blaise et Ryan, qu'elle trouvait charmants. En revanche, elle trouvait Draco snob, Ron stupide et Kim bavarde, et elle ne s'intégra jamais dans leur groupe.
Tant pis.
Alva passait également pas mal de temps avec Harry et Ron. Ils avaient le même cours préféré : celui de la magie élémentaire, l'une des rares magies qui pouvaient se pratiquer aussi bien avec que sans baguette. Il s'agissait d'optimiser et d'utiliser son affinité naturelle avec l'un des quatre éléments. La première moitié du cours était théorique, et la deuxième était consacrée à la pratique.
Et comme ces cours étaient en audition libre et qu'Alva les vantait presque quotidiennement à ses amis, il n'était pas rare que Zack, Blaise, Kim ou Draco s'invitent pour grappiller un peu de savoir.
– Maîtriser un élément, c'est pouvoir le manipuler de sorte à en retirer tous les avantages ! disait leur professeur en passant dans les rangs.
C'était une petite cinquantenaire blonde aux cheveux frisés, qui semblait déborder d'énergie comme si elle se dopait aux potions énergisantes. Comme Ron était incapable de se souvenir de son nom, Harry et lui l'avaient surnommée Pimentine et le surnom s'était vite imposé à toutes la bande, amis d'Alva inclus.
Pimentine continua :
– Comme la magie élémentaire est une sous-catégorie de la magie sans baguette, l'élément que vous manipulez a pour rôle de remplacer votre baguette : ce n'est pas une source de magie, mais bien un instrument de canalisation magique. Ainsi, votre élément doit s'accorder avec votre magie, et par extension, s'accorder avec votre personne toute entière.
– Elle en a de bonnes, elle ! maugréa Ron.
Trouver l'élément adapté à sa personne était le centre du programme des trois premiers mois. Ça tenait pas mal de la psychologie et de l'exploration de soi. En effet, les gens étaient toujours un peu reliés au quatre éléments, et il fallait établir une hiérarchie entre eux. C'était d'autant plus délicat que l'affinité avec un élément n'était ni innée, ni figée, et se définissait avec le temps et l'expérience : ça pouvait changer, ce n'était pas stable. Et personne n'appartenait à cent pour cent à une catégorie. Très souvent, même, les gens étaient tiraillés entre deux éléments principaux.
Ils arrivaient au terme des trois mois –ils étaient fin novembre– et la plupart d'entre eux avaient trouvé leur élément. La plupart seulement…
– Bon, ça commence à me souler toutes ces nuances, grommela Harry. Tempérament passionné : le feu ! Tempérament patient, la terre ! Claustrophobe, pas de vertige : l'air ! Calme et sang-froid : l'eau !
– C'est un peu réducteur, non ? demanda Alva d'un ton neutre.
– Tu dis ça parce que tu es le feu, ô belle rouquine passionnée ! se moqua Blaise. Tu savais que Godric Gryffondor avait la même affinité ?
Ce jour-là, Blaise et Draco avaient décidé de squatter le cours. Tout comme Hermione, exceptionnellement. Ron était très content de pouvoir discuter avec le métis, tandis qu'Harry et Draco se contentaient d'être polis l'un envers l'autre. Mais à la remarque de Zabini, ils échangèrent un coup d'œil amusé, tandis qu'Alva grinçait des dents.
– Ta gueule.
Alva s'était découvert l'affinité feu et passait son temps à pester qu'elle aurait préféré l'eau. Car qui dit eau, dit glace et donc neige…
– J'ai toujours dit que tu étais une Gryffondor refoulée, sourit Blaise.
– Toi, tu es élément terre, marmonna Alva. Tu es un Poufsouffle, Zabini.
– D'accord, Helga Poufsouffle maîtrisait la terre, mais ça ne fait pas de moi un blaireau ! protesta Blaise d'un ton indigné.
– Bon, alors lâche-moi avec ton feu-qui-est-le-signe-d'une-Gryffondor !
Ils se fusillèrent du regard tandis que les autres levaient les yeux au ciel. Hermione, plongée dans un livre, releva la tête et referma son bouquin dans un claquement feutré.
– Il semblerait que je sois l'eau.
– C'est l'élément de Salazar Serpentard, fit remarquer Ron avec un reniflement.
– Et alors ?
Ron ouvrit la bouche pour argumenter, mais face au triple regard meurtrier d'Hermione, Draco et Blaise, il referma prudemment la bouche et se replongea dans son livre.
– Apparemment, je suis air ou eau, fit Draco d'un ton pensif. Probablement air…
– Air pour moi, soupira Harry.
– C'est nul, les approximations ! affirma Alva qui était très fière d'avoir trouvé tout de suite son élément. Et toi, Weasley, tu as trouvé ?
– Euh… Feu, visiblement, ou air…
– Ah non, le feu est à moi, trouve-toi un autre élément.
– Tu crois que c'est facile, espèce de rousse maléfique ?
– Parce que je suis la rousse maléfique ici ?!
– Tu es une rousse maléfique, fit Draco sans lever le nez de son livre.
– Traître.
– A ton service.
Draco lui lança un regard narquois, tandis qu'Alva le fusillait du regard. Blaise se racla la gorge : ils arrivaient à la deuxième moitié du cours, et il était temps de passer à l'expérimentation.
– Quand vous aurez fini de vous draguer sous notre nez, vous pourrez peut-être ranger vos livres, qu'on passe à la pratique ?
Alva rosit légèrement, mais Draco resta impassible –même si son bras fit un geste un peu brusque pouvant s'apparenter à un sursaut. Ils rangèrent leurs livres respectifs en silence, et firent apparaitre de quoi pratiquer la magie élémentaire : une bougie pour Alva et Ron, un bol rempli d'eau pour Hermione, une plante en pot pour Blaise, une plume légère pour Harry et Draco.
Ron posa ses coudes sur la table et le menton dans ses mains, fixant la flamme d'un air hypnotisé. Alva lui trouva l'air idiot, mais ne dit rien : tous les autres faisaient pareil –mis à part Draco qui essayait de souffler discrètement sur sa plume pour la faire voler–, même Hermione.
Alva, Harry et Blaise avaient trouvé leurs éléments très rapidement, ce n'était donc pas la première fois qu'ils faisaient cet exercice, contrairement aux autres. Ils s'attendaient donc à être les premiers à maîtriser l'exercice. Mais contre toute attente, ce fut Draco qui lança le premier, incrédule :
– Ma plume a bougé !
– N'importe quoi, tu as soufflé dessus, fit Ron avec mauvaise fois.
– Si, elle a bougé !
Draco fixa sa plume comme s'il voulait creuser un trou dedans par la force de son regard. Tout d'abord, il ne se passa rien. Puis, comme si quelqu'un avait soupiré, un souffle d'air balaya la table et la plume fila jusqu'à la bougie de Ron.
La mâchoire de Blaise se décrocha de stupéfaction. Alva applaudit doucement avec un petit rire :
– Félicitations.
– Pourquoi ça marche avec toi et pas avec moi ? grinça Harry.
– L'aptitude à la magie élémentaire vient du degré de concentration, et la concentration est un élément très important de la magie de l'esprit, dit Hermione d'un ton docte. Je suppose que Malefoy a des facilités en magie de l'esprit, Occlumancie, Legilimancie, etc.
– Occlumancie, acquiesça Draco.
– Attends, le coupa Blaise. Quel est le lien entre l'Occlumancie et ça ?
Toute la table se tourna vers Draco, attendant son explication. Le Serpentard haussa un sourcil, fier de son effet, et glissa d'un ton sournois :
– Et dire que je suis à l'UDUS, même pas au CEFAMO…
– Allez, dis ! insista Alva.
Comme toujours quand la Russe s'y mettait, le blond craqua, et expliqua avec patience :
– En Occlumancie, tu focalises ton esprit sur des pensées futiles pour égarer celui qui cherche à pénétrer ton mental. Tu forces ta conscience à se barricader. Vois ton esprit comme un muscle : en pratiquant la magie de l'esprit, tu le renforces et tu rends ta concentration plus robuste. Du coup, c'est plus facile de se concentrer pour jeter des informulés. Ou pour maîtriser la magie élémentaire.
– Concentration, hein ? murmura Alva en fixant la flamme de sa bougie.
Le reste du cours se déroula en silence. Mais, au cours des cinq dernières minutes, la flamme de la bougie d'Alva grandit d'un coup de six centimètres au moins, faisant bondir tout leur groupe.
Et Alva esquissa un grand sourire satisfait.
oOoOoOo
Ils arrivèrent en janvier, temps des examens du premier semestre. On se serait cru à la veille des ASPICS : l'atmosphère studieuse était la même. Alva révisa avec Harry et Ron, et se rendit compte avec une certaine surprise qu'ils étaient vraiment loin d'être bêtes.
Ils passèrent leurs examens. Le second semestre débuta. Et les élèves, fébriles, attendaient avec angoisse leurs notes.
Ils furent tous reçus. Et la vie continua son cours, paisible.
Draco et Alva n'avaient toujours pas parlé. Ils se tournaient autour à la façon des Serpentards, sans jamais tenter d'approche directe. Discrètement, Kim et Blaise lancèrent des paris pour savoir combien de temps ils tiendraient avant de finir ensemble.
Blaise et Carmen se mirent à sortir ensemble vers la mi-janvier. Kim et Zack étaient toujours ensemble. Ryan, lui, ne fréquentait aucune fille.
Blaise, Carmen, Ron et Hermione se retrouvaient de plus en plus souvent dans les autres, pour sortir en ville, réviser ou discuter ensemble. Quand on demandait à Harry s'il ne voulait pas les accompagner avec Ginny, il se contentait de hausser les épaules. Ginny faisait partie des Harpies de Holyhead, et quand elle n'était pas à l'entraînement et venait le voir, elle refusait la compagnie des Serpentards.
– Sois un homme, Potter, lui dit un jour Draco d'un ton narquois. Ta rousse fait ce qu'elle veut de toi.
– Ta rousse fait aussi ce qu'elle veut de toi, rétorqua Harry.
Ils étaient tous les deux assis sur un banc devant l'UDUS, regardant Zack et Ron faire un bras de fer sous les encouragements des autres membres du groupe.
C'était la fin de janvier. Ils avaient pris le rythme de leurs universités respectives et la division entre les Maisons leur semblait déjà bien lointaine. Comme au temps du manoir Koenig, ils s'étaient remis à discuter Quidditch et à jouer aux échecs. Mais ils niaient toujours farouchement être amis.
– Oui, concéda Draco. Mais la mienne est belle, intelligente et pas raciste. Je parie que tu ne peux dire la même chose de ta ventouse de compagnie.
Harry sourit d'un air moqueur en constatant que Draco n'avait même pas nié à propos de sa rousse, puis les paroles du Serpentard atteignirent son cerveau et le jeune homme se renfrogna :
– Ginny est jolie et maligne.
– Si par jolie tu veux dire qu'elle ressemble à un moineau tombé dans une flaque, d'accord. Et si maligne signifie qu'elle sait compter ses doigts, je ne peux qu'approuver.
– Tu es vraiment un mec odieux, tu le sais ?
– Ça fait partie de mon charme.
– Quel charme ?
Draco essaya de lui marcher sur le pied, et Potter esquiva en ricanant. Un peu plus loin, Alva leur jeta un regard amusé. Elle ne pouvait pas entendre leur conversation, mais elle devinait sans peine qu'ils se chamaillaient…
Ils étaient incapables de faire autre chose que de se chamailler de toute façon.
– Au fait Potter, finit par lâcher Draco. Tu as des nouvelles de Poudlard ?
– Pas vraiment. Pourquoi ?
– Nathan Aristide, le Serdaigle de première année. Tu te souviens de lui ?
Harry fronça les sourcils, cherchant dans sa mémoire, puis il mit un visage sur ce nom. Nathan. Blond, le visage rieur, les yeux noisettes, attentif. Jamais un point enlevé, et pourtant Ron avait essayé d'enlever des points à tous les membres du Club…
– Je vois, oui.
– Il va sauter la deuxième année et passer directement en troisième année, paraît-il.
– Sérieusement ?! C'est possible, ça ?
– C'est un génie, fit Draco avec une certaine fierté. Il est capable du meilleur. En plus, il parait qu'il est encore meilleur que toi sur un balai. Personne ne lui arrive à la cheville !
Harry ricana :
– Où est passé le théorème comme quoi les Nés-Moldus sont bêtes et stupides ?
Le blond agita la main comme pour chasser une mouche :
– La plupart des Nés-Moldus sont bêtes et stupides. Lui, non.
– Hermione non plus.
A la grande surprise du Gryffondor, Draco eut l'air de considérer très sérieusement la question, avant de finalement hausser les épaules.
– Impossible à dire. Elle a une intelligence encyclopédique. Même si elle peut te réciter les formules les plus compliquées du monde, ça ne prouve pas qu'elle sache réfléchir par elle-même. Elle ne fait qu'emmagasiner la pensée des gens qui ont réfléchi avant elle.
Harry ouvrit la bouche pour protester, mais Draco le coupa en se tournant vers lui avec agacement :
– Mais ce n'est pas le sujet. Nathan est un génie et je… Non, tout le monde l'apprécie.
– Quoi, tu veux l'épouser ? le taquina le brun.
Draco leva les yeux au ciel, exaspéré.
– Non, crétin. Mais je vais demander à ma mère ce qu'elle pense de l'adoption.
La mâchoire d'Harry se décrocha. Malefoy lui jeta un bref coup d'œil, et pesa soigneusement ses mots en ajoutant :
– Ça prendra peut-être des années. Mais si tu approuvais cette démarche auprès du Ministère, ça m'arrangerai beaucoup.
Harry en était tellement sur le cul qu'il ne réagit même pas quand Draco se leva et alla rejoindre les autres, le laissant digérer la nouvelle.
oOoOoOo
Et les mois continuèrent à passer. Narcissa approuva finalement l'idée de son fils. Même si elle aimait beaucoup le jeune garçon, elle répugnait à ce qu'une branche des Malefoy soit de sang souillé. Draco finit par la convaincre en arguant que lui, il épouserait une Sang-Pur.
Narcissa emprunta les voies Moldues, afin de commencer par arracher Nathan à l'orphelinat. Début mai, ce fut chose faite. Les Malefoy décidèrent d'attendre un an, histoire de voir comment les choses se passaient, avant de tenter l'adoption sorcière.
Et puis, à la mi-mai, les apprentis Briseurs de sorts du CEFAMO firent leur premier stage, Alva se fit remarquer, et…
Ça dégénéra.
– Bordel, Draco, aux dernières nouvelles c'est encore MA vie !
– Et tu en fais n'importe quoi !
– Et alors, ça te regarde ?!
Alva avait été envoyée à Gringotts étudier un coffret scellé. Et elle avait réussi à l'ouvrir… Après s'être gravement disputée avec un Gobelin et en avoir insulté deux autres qui avaient essayé d'intervenir. Elle avait même failli en venir aux mains avec ceux-là : ils étaient prêts à faire usage de la magie, et Alva avait fait tripler de volume les flammes des torches accrochées au mur, quand son professeur était intervenu pour les séparer.
– Tout avenir que tu pouvais espérer avec les Gobelins est foutu !
– J'en ai rien à faire des Gobelins !
– Ils gèrent la banque des sorciers, abrutie !
– Je m'en carre ! Parce que, au cas où tu l'aurais oublié, JE SUIS RICHE !
– Mais quelle… Ils emploient LES DEUX TIERS des Briseurs de sorts DU PAYS !
Le professeur d'Alva lui avait donné un sévère avertissement, plusieurs heures de travaux supplémentaires, et sa note avait été annulée. Mais les Gobelins n'étaient pas si indulgents, et Draco savait qu'ils feraient en sorte qu'Alva ne soit jamais engagée à Gringotts.
– Eh bien je ne bosserais pas pour eux, et c'est tout !
– Ah ouais ?! Avec la réputation d'une brute sans aucun respect des règles, je te souhaite bien du courage !
– Mais… ! Et comment tu le sais, d'abord ?!
Et ils en étaient là. Draco et Alva, campés l'un en face de l'autre dans l'entrée de l'appartement d'Alva, en train de se hurler dessus depuis cinq bonnes minutes déjà. Pitch, le chaton, s'était caché depuis longtemps sous le lit.
Comment Draco le savait ? Potter le lui avait dit. Indirectement, bien sûr. Il l'avait dit à Ron le jour même, qui l'avait dit à Blaise le soir quand ils étaient allés voir un match de Quidditch amateur, qui l'avait dit à Draco le lendemain au déjeuner. Et du coup, Draco avait passé l'après-midi à ruminer sa rage à propos de la stupidité de la Russe, jusqu'à ce qu'il craque et qu'il transplane devant chez elle en fin d'après-midi.
– On s'en moque ! L'important c'est que tu es une crétine bornée et brutale QUI NE SAIT PAS SE SERVIR DE SES TROIS NEURONES !
– Ce PUTAIN de Gobelin infoutu de faire son boulot m'a ÉNERVÉE !
– Oh, et bien sûr c'était une excuse pour lui sauter à la gorge… Tu n'as pas pensé une seconde aux conséquences de tes actes !
– Je maîtrisais la situation !
– N'importe quoi !
– VA TE FAIRE FOUTRE MALEFOY !
– VAS-Y TOI-MÊME, HAWKING ! Tu es STUPIDE !
– Et toi tu es un sale con snob et méprisant qui croit tout savoir mieux que tout le monde !
– Mieux que TOI, en tout cas, et C'EST PAS DUR !
Ils criaient tous les deux, le visage rouge de colère. Alva avec les yeux qui jetaient des éclairs, et ses cheveux roux étaient en bataille. Poings serrés, les bras le long du corps, tendus à l'extrême, elle avait l'air sur le point de lui sauter à la gorge comme un loup.
Et Draco, furieux, sa veste ultra-chère toute froissée, les cheveux en pétard et tout sang-froid envolé, hurlait comme un Gryffondor attardé. Il ne savait même plus ce qu'il lui lançait tellement il était fou de rage. Elle ne se rendait pas compte… Elle foutait sa vie en l'air !
– Tu es ÉGOÏSTE ET IRRESPONSABLE !
– JE SAIS CE QUE JE FAIS !
– NON !
– SI !
– Tu ne sais pas GÉRER TA COLÈRE ! Tu ne sais pas te gérer TOI-MÊME !
– Je sais PARFAITEMENT me débrouiller et je N'AI PAS BESOIN DE TOI !
– NON ! Tu es une abrutie ÉGOÏSTE, BORNÉE ET VIOLENTE, sans aucun sens des priorités, ET JE SUIS AMOUREUX DE TOI !
Et puis il y eu un grand, grand silence. Draco ne comprit tout d'abord pas pourquoi, puis il réalisa ce qu'il avait dit. Alva le fixait, le visage indéchiffrable, figée. Draco se mit à paniquer avec la grâce silencieuse qui le caractérisait.
Merde, mais pourquoi c'était sorti comme ça ?
– De moi ? dit finalement Alva.
– Tu vois quelqu'un d'autre dans cet appartement ?
– … Oh.
Et elle continuait à le regarder, sans un mot, les yeux écarquillés et les bras ballants. Draco sentit ses joues chauffer et balaya hargneusement la honte qui le gagnait. Il était un Malefoy, merde. Alva cligna des yeux, et elle, elle rougit violemment.
– Mais… Tu ne me l'as jamais dit.
– Probablement pour éviter d'avoir cette discussion stupide.
Draco se détourna, les épaules raidies –il ne s'était jamais aussi senti en danger qu'à cet instant– et se dirigea vers la porte d'entrée d'un pas rapide. Il eut à peine le temps de faire trois enjambées avant qu'Alva ne le rattrape et ne l'arrête en l'agrippant par l'épaule, débitant à toute allure :
– Ok, je suis désolée d'avoir crié sur ce Gobelin, d'accord ? C'était un abruti, il m'a énervée et je déteste qu'on remette mes compétences en questions, et de toute façon je trouverai un moyen d'arranger les choses. Je suis en colère parce que tu n'as pas le droit de me crier dessus, j'ai fais de mon mieux, et tu n'es pas censé être au courant en plus…. Et je suis aussi amoureuse de toi.
Draco sentit son cœur se mettre à galoper comme s'il cherchait à s'enfuir de sa poitrine. Il ne bougea pas, tétanisé, incertain de la conduite à tenir.
Et puis il envoya se faire foutre la maîtrise de soi des Sang-Purs et tout le protocole, se retourna, fit face à Alva…
Et cette fois, ce fut lui qui l'embrassa.
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(Dieu que c'est niais.)
