Bonjour !

Merci à : Lumi55, Siargha, puky, Ccilia, moi, Wildyheart, pottpott63, siria black et gabiie-lover pour vos reviews !

Disclaimer : Tout appartient à JKR, sauf certains personnages et la majeure partie de l'histoire :) !

Info sur le chapitre : Un chapitre que j'ai aimé écrire… Certes assez saccadé, vous le verrez, mais les personnages évoluent plutôt beaucoup… Ah et je le dis d'avance ! Pour ce chapitre, je me suis basé UNIQUEMENT sur les 6 premiers tomes. Il était prévu ainsi. Donc tout élément concordant avec le tome 7 est fortuit.

Autres infos :Je pensais être suivi par plus de monde que ça mais bon, en petit comité, c'est plus sympa !

Sinon, j'ai tenu mes délais ! Vous avez vus ? Et pour être sûr de terminer ma fan fiction, avant mes partiels en mai, j'ai programmé la parution des chapitres qui se fera tous les 9 ou 12 jours (soit les mercredi et vendredi). Donc théoriquement, si aucun retard ne vient perturber mes plans, le prochain chapitre sera publié le 1° février.

Ah, dernière chose… Regulus, en latin, signifie Petit Roi ! J'ai voulu mettre l'explication à la fin du chapitre, mais j'ai oublié !

Comme d'habitude, vous pouvez me contacter pour vous tenir au courrant de l'avancement des chapitres, qui est également affiché sur mon profil et que je mets à jour dès que j'écris un bout de chapitre en cours. Vous pouvez donc voir où j'en suis !

Gros bisous et bonne lecture à tout le monde,

.: Abelforth


Chapitre XXVIII : La Prophétie et le Prince

Le jour de la mort de Regulus, Lily alla directement voir Dumbledore, effondrée. Elle lui raconta qu'elle avait vu la marque des Ténèbres en venant le prévenir. Dans la clairière, elle avait désarmé Rogue et avait découvert son identité lorsque celui-ci avait récupéré sa baguette, avant de disparaître. Elle précisa qu'elle n'avait retrouvé que la gourmette du jeune homme, avant de revenir au château. Dumbledore la congédia, en lui demandant d'aller chercher Sirius, pendant que lui irait sur les lieux avant de prévenir les aurors.

Lily expliqua la même chose à Sirius, toujours en pleur. Celui-ci resta de marbre, en assurant que cette lettre avait dû être un coup monté et que s'il était mort ce n'était pas par bravoure, mais par couardise. Malgré tout, il accepta d'aller sur les lieux du crime avec Lily. Lorsqu'ils arrivèrent, Sirius aperçut sa mère, seule. Elle poussa un cri horrible en découvrant la gourmette d'argent de son fils cadet. Mais elle ne pleura pas et poussa les aurors qui s'approchaient d'elle. Elle aperçut Sirius et lui lança un regard hautain avant de transplaner. Sirius apprit par sa cousine Andromeda que son père était mort quelques mois plus tôt. A dater de ce jour, il ordonna à ses amis de ne plus jamais parler de sa famille en sa présence.

Quant à Lily, sa culpabilité restait intacte, et jamais personne ne découvrit qu'elle avait vécu les dernières heures de la vie de Regulus avec lui.

Décembre arriva avec ses premiers flocons de neige. Le chemin de Traverse avait revêtu son manteau blanc, rendant les toits, d'ordinaires sombres, éclatants.

Au numéro 94 du Chemin de Traverse, une jeune femme s'éveillait en douceur dans son lit. Son époux dormait encore. Elle se leva, enfila sa robe de chambre en satin et descendit au premier étage.
Alors qu'elle atteignait les dernières marches des escaliers, elle entendit quelqu'un sonner à leur porte. Elle vit Fionna aller ouvrir et aperçut son amie Alice entrer. Les deux se dirigèrent vers la cuisine, alors que Lily, qui arrivait, sentit une odeur étrange. En fait c'était le parfum de Sirius et à vrai dire, elle ne le supportait plus, elle le sentait vraiment partout. Pour ne pas être écoeurée plus longtemps, elle s'empressa de rejoindre la cuisine. Fionna et Alice venait de s'asseoir et lorsqu'elles la virent arriver, elles se relevèrent et se dirigèrent vers la rousse. Mais cette dernière ne put se retenir. L'odeur du café l'insupportait, mais mélangé avec celle du parfum de Sirius, cela représentait un mélange immonde. Elle posa une main sur sa poitrine et serra les mâchoires

- Désolé, je reviens. Je ne me sens pas très bien.

Et avant qu'elles pussent parler, Lily avait disparut de la cuisine. Elles se regardèrent étonnées et retournèrent autour de la table. Fionna servit un jus d'orange à son ami ainsi que des toasts. Puis elles débutèrent une conversation.

- Pourquoi es-tu venue de si bonne heure Alice ? Rien de grave, rassure moi !

- Non, non, je voulais vous parler à toi et à Lily, mais je vais attendre qu'elle revienne. Tes cours se passent bien ?

- Très bien ! Ollivander nous laisse un peu plus de liberté et je ne m'en plains pas ! Et tu verrais Jules… Son accent est très amusant, quoiqu'il a fait des efforts depuis l'année passée. Je pense qu'il plaît à Églantine, mais il ne l'a toujours pas remarqué.

- Ah ! Les hommes sont parfois aveugles ! Plaisanta Alice.

Les deux jeunes femmes ricanèrent et s'arrêtèrent lorsqu'un nouvel arrivant franchit la porte de la cuisine. James avait dû se doucher à en juger l'état de ses cheveux. Il parut surpris en voyant Alice assise aux côtés de Fionna. Il alla la saluer et se joignit à elles.

- Content de te voir de si bonne heure, Alice ! Franck travaille encore ?

- Oui, il était de permanence cette nuit, avec Fol-Œil !

- Fol-Œil ? Qui c'est ?

- Maugrey ! S'exclamèrent d'une même vois les deux apprentis aurors. A cause de son œil magique

- Oh ! Bien trouvé ! S'exclama Fionna amusée.

Lily entra de nouveau dans la cuisine à cet instant là. Elle alla déposer un baiser sur les cheveux humide de son mari et s'assit à côté de lui.

- Je suis désolée, les filles, mais je suis un peu nauséeuse ce matin ! Pourquoi es-tu là de si bonne heure ?

- Maintenant, que tu es là je vais pouvoir te le dire ! Je reviens de chez le médecin en fait.

- Quoi ? S'exclamèrent-ils tous.

- Oui, je suis allé consulter un médecin moldu.

- Je devrais également y aller ! Lança Lily.

- Pourquoi ? S'étonna James.

- Disons que je ne supporte plus l'odeur du café et le parfum de Sirius, ça me déclenche des vomissements chaque matin.

- Oui, j'avais ça moi aussi ! Et je n'avais pas toujours le moral…

- Oui ça m'arrive de temps à autres… On a sûrement la même chose. Rien de grave dis-moi ?

- Non, et j'avais quelques problèmes… personnels. Et j'ai eu des doutes…

- Alors ? S'impatienta Fionna.

Alice Londubat sembla hésiter quelques secondes avant de parler, mais son excitation était palpable. Elle ne tint plus et d'une petite voix elle annonça à ses amis :

- Je suis enceinte.

Un instant de silence suivit, le temps que le choc passât. Puis Fionna poussa un hurlement de joie et se jeta sur Alice. James et Lily se levèrent, et le jeune homme s'avança pour aller congratuler la future maman. Lily, quant à elle, eut l'impression que le temps s'arrêtait. Elle n'entendait plus ses amies ni même son mari. Instinctivement elle porta ses mains sur son ventre. Puis elle baissa la tête pour le regarder avant de revenir à la réalité.

Lorsqu'elle regarda de nouveau ses amies, elle ricana quelques secondes.

- Quelque chose ne va pas, mon lys ? Demanda James inquiet.

Lily secoua la tête, un sourire aux lèvres. Elle regarda son ami Alice. Ses deux yeux bleus brillaient étrangement au milieu de son visage en lune, lorsqu'ils croisèrent les iris émeraudes de la magnifique sorcière.

- Félicitations, ma Lily ! S'exclama Alice.

Un court silence s'installa, puis Fionna poussa un autre cri, avant de se jeter sur la rousse pour l'embrasser. De son côté James resta pétrifié. Que devait-il comprendre ? Il se tourna vers Alice, son regard l'interrogeant silencieusement. Et il comprit alors. Il combla l'espace qui le séparait de sa femme, la souleva de terre pour la faire tourner dans les airs, tout en poussant des cris de joie, puis il la reposa à terre, les larmes aux yeux, avant de l'embrasser passionnément.

Alice et Fionna s'éclipsèrent discrètement, tandis que James et Lily s'enlaçaient tendrement.
La joie venait enfin de renaître dans cet appartement, qu'elle avait déserté depuis quelques semaines.

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Peu après le jour de Noël, au Nord de l'Écosse, un vieil homme préparait quelques affaires, dans son bureau, avant de sortir dans le froid de cette soirée d'hiver. Derrière ses lunettes en demi-lunes, il regarda l'oiseau rouge vif qui dormait sur son perchoir, avant de passer une cape sur son dos. Alors qu'il la nouait autour de son cou, une lueur argentée se refléta sur les murs de pierre de son office.

Albus Dumbledore se retourna et découvrit une magnifique bicha argentée. Elle ouvrit alors sa bouche et une voix douce et cristalline s'éleva aussitôt :

- Professeur, je suis désolée. Je ne pourrai plus remplir la mission. Je dois éviter tous risques. Je suis enceinte.

Dumbledore regarda la biche s'évanouir, un sourire aux lèvres, alors qu'il quittait son bureau.

Il traversa le parc en pensant à cet heureux évènement qui attendait maintenant le jeune couple Potter. Une nouvelle génération arrivait…

Arrivé aux portes de l'école, il transplana jusque devant l'établissement miteux de Pré-au-Lard, la Tête de Sanglier. Ce soir, il devait rencontrer une postulante pour le poste de Divination.

Une nouvelle voyante… La septième qu'il rencontrerait depuis le début de l'année scolaire.

Il aperçut son frère cadet qu'il lui fit signe de monter à l'étage, et lui indiqua le chiffre trois à l'aide de ses doigts.

Albus monta les marches, se frottant les mains pour se les réchauffer un peu. Devant la porte portant le chiffre trois, il s'arrêta et frappa à la porte.

Il entendit un bruit mat à l'intérieur de la chambre puis le bruit de porcelaine qui casse. Quelques secondes plus tard la porte s'ouvrait sur une jeune femme. Elle portait une robe vert glauque et étaient enveloppée de longs châles colorés. Ses yeux énormes derrière ses lunettes se posèrent sur l'homme qui se dressait face à elle. Un nombre impressionnant d'amulettes pendait à son cou et ses longs doigts fins étincelaient grâce aux bagues qu'elle portait. Elle parla alors d'une voix éthérée.

- Professeur Dumbledore… Je suis Sibylle Patricia Trelawney. Arrière-arrière-petite-fille de la très célèbre et très douée voyante, Cassandra Trelawney.

Dumbledore fut très surpris d'apprendre cela, mais n'en laissa rien paraître. Il ne voulait pas se fier à ses ancêtres mais plutôt à ses capacités. Pourtant l'espoir commençait à germer au fond de lui. Trouverait-il une voyante compétente ce soir ? Il remarqua, alors qu'il terminait ses suppositions, que dans la pièce flottait une odeur plutôt marquée de xérès.

- Je vous en prie asseyez-vous là ! Dit-elle en présentant une des deux chaises, dont le paillage était abîmé.

Dumbledore scruta la pièce avant de s'asseoir. Les murs aux peintures défraîchies s'écaillaient à certains endroits. A part les deux chaises en mauvais états, il y avait également une table et un lit.

Une malle se trouvait dans un coin de la pièce, non loin du lit. Ce dernier était recouvert d'un édredon rouge miteux.

Au sol, sous le lit, il vit le goulot d'une bouteille de verre dépasser et des morceaux de porcelaine…

Dumbledore prit place devant la petite table, tandis que la descendante de Cassandra se dirigeait vers sa malle pour en sortir plusieurs secondes après une boule de cristal et une tasse de thé, ainsi qu'une théière.

Elle s'installa et fit chauffer son eau. Elle fit voler une boîte métallique, qu'elle ouvrit pour prendre du thé et le déposa au fond de sa tasse.

Dumbledore regardait patiemment, mais après quelques minutes de silence, il prit la parole :

- Chère madame, puis-je vous poser quelques questions ?

- Oui… Hum, bien sûr.

- Pourquoi désirez-vous ce poste ?

- Pour enseigner l'art raffiné et si compliqué de la divination ! Permettre à ces chers enfants d'ouvrir leur troisième œil.

- Bien entendu, répliqua Dumbledore, un sourire en coin, tout en inclinant la tête.

Sibylle Trelawney versa l'eau chaude sur son thé et le remua. Puis elle regarda intensément Dumbledore.

- Depuis quand avez-vous ce don pour la divination ?

- Depuis toute petite. Ma mère m'a initiée très tôt et j'ai rapidement appris à voir avec mon troisième œil. Ce qui ne semble pas être votre cas, laissa échapper Mrs Trelawney.

Dumbledore se moquait éperdument de ce qu'elle pensait de son troisième œil, mais il devait se soucier d'abord des futurs étudiants. Il regarda la jeune femme qui continuait de remuer son thé.

- Pourriez-vous lire dans le thé ce qu'il va m'arriver après cet entretien ?

- Il faut que vous buviez ce thé et que vous tourniez trois fois la tasse avec les feuilles. Puis retournez…

- Je sais comment faire, merci, la coupa-t-il le plus poliment possible.

Dumbledore s'exécuta et donna sa tasse à son interlocutrice. Celle-ci observa aussitôt les feuilles de thé, un air grave se dessinant sur son visage. Après une bonne minute d'attente, elle releva la tête et fixa Albus Dumbledore.

- Qu'avez-vous vu alors ? Demanda gaiement le directeur.

- Eh bien… Je dois dire que c'est vraiment compliqué…

- Qu'est-ce donc ?

- Rien, justement, lâcha du tac au tac la femme. Ce qui représente un trouble. Vous allez être dérangé, ou importuné, ou bien troublé par un quelconque évènement…

- Merci pour ces précisions, répliqua ironiquement le vieil homme, de moins en moins convaincu par la postulante au poste de professeur.

Dumbledore recula sa chaise, prêt à se lever. Mais Sibylle Trelawney se racla la gorge et demanda précipitamment :

- Me laisseriez-vous… lire dans ma boule de cristal. Pour l'interroger sur votre journée…

- Je ne pense pas que ce sera… commença-t-il

- Je n'en aurai pas pour très longtemps, attendez !

Elle se concentra brièvement et Dumbledore comprit à son comportement qu'elle était apeurée. Ses doigts tremblaient et sa voix n'était plus éthéré mais plutôt chevrotante, lorsqu'elle annonça hésitante :

- Vous avez reçu du courrier aujourd'hui et vous étiez à Poudlard. Je vois aussi du rouge et une plume… Je dirai un phénix. Vous avez un phénix et…

- C'est bon, merci, ça me suffira, Madame.

Dumbledore était plutôt affligé par cet entretien. N'importe qui aurait pu lui dire ça. Il était l'un des plus grands sorciers de son temps et directeur de Poudlard. Il recevait chaque jour au moins une lettre. Quant à sa localisation, durant les vacances d'hiver, il restait toujours à Poudlard pour régler les affaires de l'école. Et enfin son phénix, qui n'en avait jamais entendu parler ! Un tel oiseau n'est que rarement présent aux côtés d'un sorcier.

Il se leva, malgré les soudains bégaiements de la femme aux grosses lunettes.

- Chère madame, je vous remercie pour tout, et je vous contacterai pour vous donner ma réponse, quelle qu'elle soit ! Annonça Dumbledore, en s'inclinant, un large sourire aux lèvres. Mais il est vrai que d'autres personnes m'ont déjà rencontré pour le même poste et je pense qu'une d'entre elle m'intéresse déjà. Si vraiment elle n'est plus disponible, je me tournerai vers vous. En attendant, je pense que vous devriez chercher ailleurs.

- Mais je…

Dumbledore ne se retourna pas et commença à avancer quand il l'entendit tousser à n'en plus pouvoir respirer. Légèrement inquiet, il se retourna et la vit se lever lentement, elle fit quelques pas et s'arrêta au milieu de la pièce, en levant une main. Le vieux directeur remarqua que ses yeux noirs ne brillaient plus. Il semblait vide et soudain, elle se mit à parler. Ce n'était plus sa voix éthérée et mystique mais une voix rauque et dure.

- Celui qui a le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres approche... Il naîtra de ceux qui l'ont par trois fois défié, il sera né lorsque mourra le septième mois...

Alors qu'elle parlait, Dumbledore distingua un bruit de dispute dans le couloir de l'autre côté de la porte. Mais il préféra rester concentrer sur les paroles de la femme et continua de l'écouter.

- Et le Seigneur des Ténèbres le marquera comme son égal mais il aura un pouvoir que le Seigneur des Ténèbres ignore... Et l'un devra mourir de la main de l'autre car aucun d'eux ne peut vivre tant que l'autre survit...

Dumbledore était pétrifié par ce qu'il était en train d'écouter. Qu'était-ce au juste ? Elle semblait ne pas avoir terminé.

- Celui qui détient le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres sera né lorsque mourra le septième mois...

La voyante toussa et s'effondra sur le sol, en boule, au moment où la porte de la chambre s'ouvrait à la volée sur le gérant du bar.

- Albus, c'est important !

Dumbledore s'était baissé pour relever la voyante évanouie. Son frère vint l'aider et tous deux la déposèrent sur sa chaise. Abelforth semblait très préoccupé.

- Quelqu'un vous écoutait…

- Pardon ? S'exclama Albus.

- Lorsque tu étais en train de… t'entretenir avec elle, dit-il en montrant le corps inconscient de la femme, un jeune homme était collé contre la porte et vous écoutait.

- Alors c'était ça le bruit que j'ai perçu. Tu l'as congédié ?

- Bien sûr ! S'offusqua le barman. Qu'aurais-je dû faire d'autre ?

- Qui était-ce et que voulait-il ?

- Hum, il m'a dit qu'il te cherchait pour un entretien.

- Je n'avais qu'un rendez-vous ! S'étonna Dumbledore.

- Oui, je le sais, mais c'est ce qu'il m'a dit… Il cherchait du travail. Je l'ai vu monter tout à l'heure. Il regardait de gauche à droite. Il me semblait bizarre. Je l'ai suivi et je l'ai vu écouter aux portes.

- Comment était-il ?

- Mince, teinte cireux, cheveux noirs longs et gras. Des yeux noirs, une vingtaine d'année environ.

- Severus Rogue… lâcha lentement Albus.

- Tu le connais ? S'étonna l'homme à la barbe grise et emmêlée.

- Oui, c'était un excellent élève à Poudlard, un peu trop attiré par la magie noire semble-t-il, puisqu'il fait partie des hommes de mains de Voldemort.

- C'est un…

- Que s'est-il passé ? Demanda une voix de femme, derrière eux.

Ils se retournèrent vers la femme qui avait enfin reprit ses esprits. Elle semblait étonnée par la présence du deuxième homme.

- Chère Sibylle, comment allez-vous ?

- Bien, bien… Mais je… enfin, je veux dire que s'est-il passé ?

- Vous êtes tombée, lorsque…

- De ma chaise, mais je lisais ma boule !

Albus Dumbledore fut stupéfait… Elle ne se souvenait de rien, alors qu'elle semblait en transe, en train de lui communiquer un message. Une prophétie, lui sembla-t-il. Si elle ne s'en souvenait pas, mieux valait ne pas la prévenir pour l'instant. Mais si un mangemort l'avait entendu prophétiser au sujet de Lord Voldemort, elle risquait sa vie… Dumbledore pensa alors qu'une demi vérité serait préférable à une vérité pleine.

- En fait, vous avez vu ma journée avec succès, et alors que je m'apprêtais à vous féliciter, vous êtes tombé inconsciente, au moment où Severus Rogue, un postulant au poste de professeur arrivait. Mais j'avais déjà pris ma décision. Bienvenue à Poudlard Professeur Trelawney ! Annonça gaiement le vieil homme en s'inclinant devant elle.

La voyante écarquilla les yeux et poussa un léger gloussement.

- Quand pourrais-je…

- Vous pourrez emménager quand bon vous semble et vous débuterez en septembre prochain. Vous serez nourrie et logée. Venez le plus tôt possible afin d'organiser votre salle à votre guise et de décorer vos appartements.

Abelforth regarda son frère de façon étrange. Que s'était-il passé au juste pour que l'apparition d'un mangemort le fasse embaucher aussi rapidement cette femme ?

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Une nouvelle année commençait et le froid était plus présent que jamais. La neige ne quittait plus les toits des immeubles, gelant et brillant sous les faibles rayons du soleil.

La nuit était déjà tombée sur le Chemin de Traverse en ce début janvier.

Alors qu'un petit homme aux yeux larmoyants finissait de donner à manger aux hiboux de la ménagerie magique, une voix s'éleva.

Peter aurait pu la reconnaître entre mille. Il la haïssait. Cette voix qui avait prononcé ce sort mortel, cinq mois auparavant, lui volant son amour, une partie de lui. Il se retourna et là, dans la rue, il les vit.

Rosier et Wilkes.

Sans réfléchir, il attrapa ses affaires et partit du magasin, sans le fermer. Les deux Mangemorts, s'enfuirent immédiatement dans le dédale des rues, essayant de semer Peter.

Il voulait se venger. Combien de fois avait-il rêvé de ce moment ! Il les aurait. Seul. C'était son problème, pas celui de l'Ordre.

L'ex-gryffondor jubila lorsqu'il réussit à les coincer dans une impasse. Mais sa bravoure étouffa sa raison et il les attaqua.

Deux sorts le percutèrent alors et il s'effondra au sol, en gémissant de douleur. Les deux hommes, à présent encapuchonnés et masqués se rapprochèrent de Pettigrow et le soulevèrent. Ils le posèrent dans le coin de l'impasse. Ils commencèrent par le torturer, riant aux éclats face au petit homme qui se tordait de douleur en poussant de longs cris de détresse.

Mais personne ne l'entendait.

- Ta mort approche, tu rejoindras bientôt Burnett !

- Non… Je vous en supplie, ne me tuez pas… Je…

- Il nous supplie ? Railla Wilkes, en ne s'adressant qu'à son acolyte.

- Il me semble. Rogue avait raison finalement. Le plan du Seigneur des Ténèbres a fonctionné.

Peter se redressa comme il pouvait. Il les vit alors pointer leurs baguettes sur lui. Il crut que sa fin était là. Il vit deux éclairs noirs s'approcher de lui, et lorsqu'il fut touché, il poussa un hurlement de peur, mais il ne ressentit rien. Seuls les rires de ses tortionnaires étaient audibles.

- Regarde moi ce sale rat ! Il est pitoyable. Pourquoi devons-nous faire ça ? Il serait plus simple de l'éliminer !

- Non, le Lord Noir l'a décidé ainsi, on lui obéit ! Le réprimanda Ewan Rosier. Pettigrow, on te propose un marché… Tu n'as pas le choix, en fait. Prends ça.

Il sortit de nulle part une petite fiole en cristal taillé, contenant un liquide opalescent. Il s'approcha et la tendit au jeune homme. Mais Peter, ne la prit pas, il les regardait, dégoûté.

- Prends cette fiole. Tu devras la garder précieusement et surtout ne pas la casser. Dans le cas contraire nous le saurions, et on te tuerait. Si tu venais à parler de tout ça ou si tu échoues à la mission que nous allons te confier, le sortilège que nous t'avons lancé se chargera de te tuer.

- Vous n'êtes que des sal…

- Oh, non, ne sois pas vulgaire ! Ricana Rosier, avant de continuer. Ta mission sera de verser cette fiole dans le verre de Dumbledore. Si ce n'est pas le sien, tu mourras également, car ta mission sera tombée à l'eau… Tu n'as guère de possibilité, alors réfléchis bien.

Alors qu'ils se retournaient pour partir, Peter les interpella.

- Qu'est-ce que c'est ?

- Un cadeau du Seigneur des Ténèbres à son ami Dumby…

- Du poison ?

Les deux Mangemorts éclatèrent d'un rire froid et disparurent dans l'obscurité de la rue.

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Rogue restait cloîtré chez lui, dans la maison de ses parents… Le quartier était désert et personne n'avait jamais fait le lien avec sa mère. Oh, certains devaient savoir comment elle s'appelait, mais personne n'avait jamais su où il logeait. Toutes les maisons du quartier étaient désormais désertes.

Rogue ne risquait rien.

Il sortit de sa vieille maison, pour prendre un peu l'air. Il avait besoin de réfléchir. Cela faisait deux mois que son ami Regulus était mort. Deux mois, qu'il devait éviter de se montrer pour ne pas être capturé par les Aurors.

Et depuis un mois maintenant, il ne savait plus quoi faire. Devait-il lui en parler ? Devait-il le garder pour lui et réfléchir encore un peu ?

Comment le prendrait-il ?

Avait-il bien entendu ? Ne se trompait-il pas ?

« Celui qui a le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres approche... Il naîtra de ceux qui l'ont par trois fois défié, il sera né lorsque mourra le septième mois... »

Non, c'était bien cela, mais il avait été interrompu par ce stupide barman, il ne connaissait pas toute la prophétie. Oui car vu les bribes de paroles et la façon dont-elles avaient été dites, il ne pouvait se tromper sur la nature des faits.

Que devait-il comprendre ? Il essaya de nouveau d'analyser les faits, pour la énième fois en à peine un mois.

S'il comprenait bien tout, un bébé naîtrait cette année avec un pouvoir qui pourrait mettre fin au Seigneur des Ténèbres. Un enfant qui naîtrait quand mourrait le septième mois, c'est-à-dire fin juillet, de parents ayant échappé par trois fois à son Maître. Mais si cette prophétie s'avérait juste, alors le Seigneur des Ténèbres risquait un énorme danger.

Il devait l'avertir. Il sortit sa baguette et la pointa droit sur son avant-bras gauche. Il appuya la pointe de la baguette contre la marque, qui devint aussitôt très contrastée sur sa peau pâle.

Voldemort était désormais au courrant que Rogue avait quelque chose d'important à lui dire, c'est pourquoi il arriva aussitôt auprès de son serviteur.

- J'espère que tu as quelque chose d'important à me dire, Severus. Je n'aime pas me déplacer pour rien, tu le sais.

- Oui, Maître, il me semble que ça l'est.

- Il te semble ? Reprit Voldemort de sa voix claire et aiguë. Je t'écoute.

Rogue voyait le Lord Noir s'impatienter, aussi n'attendit-il pas trop longtemps avant de parler.

- Je dois vous parler d'une prophétie. Vous concernant, rajouta précipitamment le Prince de Sang-Mêlé.

Le jeune homme vit les yeux écarlates de son Maître s'agrandir et briller sous l'effet de la surprise. Rogue se sentait maintenant plus léger : Voldemort semblait intrigué par ses propos.

- Continue, Severus.

- Bien. Sur vos ordres, Maître, je me suis rendu à Poudlard, pour parler à Dumbledore et lui proposer de devenir professeur de défense contre les forces du mal, une nouvelle fois, en me faisant passer pour un espion à sa solde, lui fournissant des informations sur notre camp. Mais arrivé aux portes du domaine de Poudlard, c'est ce stupide garde-chasse qui est venu m'ouvrir et m'informer que Dumbledore se trouvait à Pré-au-Lard pour un entretien. Je l'ai cherché et je l'ai trouvé dans un bar miteux avec la descendante d'une célèbre voyante, Cassandra Trelawney.

- J'en ai entendu parler, mais je ne crois pas aux actes de divination. Ce ne sont que des fabulations. Malgré tout, j'aimerais entendre la fin de ton récit…

- Oui, Maître. J'ai écouté à la porte et, apparemment, la postulante ne satisfaisait pas le vieux fou. Alors qu'il se préparait à partir, elle a changé de voix et a énoncé sa prophétie…

- Quelle était-elle ? Demanda Voldemort, d'une voix qui ne trahissait aucune émotion.

- Mots pour mots elle disait : Celui qui a le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres approche... Il naîtra de ceux qui l'ont par trois fois défié, il sera né lorsque mourra le septième mois...

Un long silence s'ensuivit et l'angoisse de Rogue revint au galop. Qu'allait dire son Maître ? Il avait tellement peur de sa réaction maintenant qu'il savait. Mais il ne devait pas le laisser paraître ou il le croirait faible.

- Retrouve la ! Siffla Voldemort.

- C'est impossible, Maître ! Je veux dire, elle a été embauchée et elle se trouve désormais à Poudlard. Dumbledore a dû vouloir la protéger de vous.

Rogue vit le visage de son Maître se contracter un court instant, avant qu'un rictus mauvais apparaisse sur sa bouche dépourvue de lèvres.

- Eh bien, puisque nous n'avons pas la voyante, éradiquons la menace. Recherche toute femme enceinte m'ayant affrontée par trois fois et dont l'enfant est à naître pour la fin du septième mois.

- Si je la trouve, que dois-je faire, mon Maître ? L'éliminer ?

- Non, apporte la moi… Je m'en occuperai personnellement. Mais je doute fort que tu doives chercher longtemps. Peu de personnes ont affronté Lord Voldemort trois fois de suite en s'en sortant vivantes. De plus, si l'enfant doit naître en juillet, alors la femme qui le porte n'est enceinte que d'à plus de deux mois à peine.

Le Mage Noir tourna le dos à son serviteur et, de ses longs doigts blafards, attrapa son ample capuche, pour la rabattre sur son crâne chauve. Il poussa un long soupir avant de reprendre, sans se retourner pour autant vers Rogue.

- Tu es un serviteur dévoué, Severus, et j'apprécie les gens comme toi. Reste concentré sur ta nouvelle mission. Je dois me retirer pour réfléchir, veille à ne pas me déranger.

Ce fut dans une volute de fumée noire que Lord Voldemort disparut de l'Impasse du Tisseur.

Rogue était heureux. Tant de sentiments se mélangeaient dans son être. Il se sentait si serein d'être débarrassé de ce poids que représentait cette prophétie et à la fois tellement heureux que son Maître lui porte autant d'estime grâce à cela. Ce vent de sentiment venait effacer, temporairement, il ne se leurrait pas, l'amertume qui régnait depuis longtemps dans son âme. Celle d'aimer une personne en silence, en sachant que jamais cet amour ne lui serait rendu.

Car son aimée n'aimait que son ennemi, l'homme envers qui il avait une dette de vie depuis bientôt deux ans. Et il savait que jamais il n'aurait le cran de faire ce que son ami Regulus avait su faire avant de disparaître : dire à Lily Potter qu'il l'aimait depuis toujours.

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Janvier touchait déjà à sa fin et le froid restait présent sur tout le pays. Au 94, Chemin de Traverse, Une jeune femme était assise avec son amie dans le salon du deuxième étage. Elles parlaient ensemble depuis près de deux heures de sujets plus ou moins importants, et leur dernier sujet de discussion portait sur leur leçon sur les poisons. En fait, elles ne faisaient rien de spécial, car James Potter allait bientôt rentrer maintenant, et que Lily et lui allaient partir faire des courses pour la future maman dont le ventre commençait à peine à grossir.

- Je ne comprends pas Lily, on nous a toujours dit que le Bézoard soignait tous les poisons… Mais alors pourquoi l'Élixir de l'Érèbe et le Breuvage de Libitina ne peuvent pas être soignés par cette pierre ?

- Si, le bézoard peut annuler ces poisons, mais pour cela, il faut savoir que tu l'as ingéré, ce qui est en pratique très dur, et donc quasi impossible à réaliser. Mais bon, ces poisons étant des potions très compliquées à effectuer, à cause des ingrédients rares interdits à la vente par le ministère, Ollivander a dit qu'il ne fallait pas les retenir.

- Oui, je sais, mais je trouve quand même ça bizarre… Enfin bref. Ton ventre est encore bien plat !

Lily éclata de rire immédiatement. Son amie Fionna avait un don pour enchaîner les sujets qui n'avaient aucun lien commun. La jeune femme aux cheveux châtains regarda la jeune Potter, perplexe. Qu'avait-elle dit ?

En voyant son air étonné, Lily expliqua aussitôt sa réaction.

- Tu sais, Fifi, tu es la seule personne que je connais qui change aussi rapidement de sujet, alors qu'il n'y a aucun lien entre eux.

- Bien, oui, on avait fini de parler des poisons, donc je parle de ta grossesse.

- Tu es vraiment toujours la même ! Fit remarquer la rousse.

- Je ne comprends pas pourquoi Alice a un petit ventre qui commence à s'arrondir et déjà un peu visible, alors que toi, ton ventre commence seulement à prendre une forme arrondie très peu marquée… Pourtant vous devez toutes les deux donner naissance à votre bébé en juillet, non ?

- Oui à peu près à la même date. Amusant, non ? Il y a plusieurs explications… La morphologie du bébé n'est pas la même d'une personne à l'autre et chaque grossesse est unique. C'est pourquoi le ventre grossit à des allures différentes, suivant la mère. C'est normal.

- Je ne sais pas si je dois aller en parler ou non à Remus…

- Encore un changement de sujet… s'exaspéra Lily, un faible rictus sur ses lèvres.

- Oh Lily ! Se plaignit l'autre sorcière.

- Ne t'inquiète pas ! Je ne vois pas ce que tu craints. Remus ne va rien te dire !

- Tu crois ça ! Je ne pense pas qu'il sera très heureux de l'apprendre… En plus s'il sait que c'est avec Ollivander…

- Je ne vois pas ce que ça change ! Rétorqua Lily, en coupant son ami.

- Moi si : Il le hait. Il en est jaloux ! Geignit Fionna.

- Oui, mais que ce soit lui ou un autre, ça reste pareil. Après son comportement, eh bien, tu verras en le lui disant.

- Je ne veux pas… gémit la jeune épouse Lupin.

- Il le faut. Il doit savoir. Il en a le droit. Vous êtes mariés. Si tu ne lui dis pas, il risque de l'apprendre un jour, et là je redouterais sa réaction vu que tu le lui aurais caché… Maintenant.

- Quand James arrivera, j'irai le voir.

- Alors vas-y ! Lança une voix masculine derrière elles.

Les deux sursautèrent en entendant cette voix. Et Fionna poussa un long soupir en découvrant que le nouvel arrivant était le mari de son amie. Lily, elle, éclata de rire face à la mine défaite de l'autre sorcière, qui se leva et se mit en route en direction des escaliers.

Fionna hésitait. Elle avait peur de voir la réaction de son mari. Son cœur accéléra alors que ses pas la rapprochaient inexorablement de sa destination. Elle avait si peur de voir ses yeux s'assombrir et de l'entendre dire des choses qu'elle redoutait. Mais peut-être se trompait-elle ?

Elle en doutait : elle ne le connaissait que trop bien maintenant. C'était sa moitié.

Quand elle sortit de ses pensées, elle remarqua qu'elle était déjà arrivée dans l'arrière boutique du magasin. Elle franchit les quelques pas qui la séparaient de la porte qui la mènerait à Remus. Alors qu'elle n'était plus qu'à un mètre, Sirius pénétra dans la pièce, surpris de la trouver ici. Il n'eut pourtant pas le temps de parler car Fionna s'empressa de répondre à la question muette que posaient ses deux iris glacées.

- Je dois parler à Remus… S'il te plaît c'est important…

- Il y a quelque chose qui ne va pas ?

- Oui et non, je dois lui parler, s'il te plaît Sirius !

- Mais j'ai fini de travailler, je dois aller rejoindre Isa…

- Sirius ! Le supplia-t-elle, gravement.

Le brun ne résistait jamais à son amie lorsqu'elle le suppliait ainsi. Il se résigna et retourna au magasin pour aller remplacer Remus pendant quelques minutes, laissant Fionna de nouveau seule dans l'arrière boutique. Enfin le tant attendu lycanthrope fit son apparition dans la pièce, étonnée de trouver sa femme là.

- C'est toi qui m'attendais ?

- Oui, Sirius ne te l'a pas dit ?

- En fait il m'a prévenu que j'étais attendu mais a refusé de me dire par qui. Que se passe-t-il pour que tu aies réussi à faire retourner Sirius au magasin ? S'inquiéta le jeune homme.

- C'est important, on doit parler. Enfin, moi… Je dois te parler, hésita Fionna, sentant son estomac se nouer.

- Je n'aime pas quand tu commences comme ça… bougonna Remus.

- Cet après-midi, avant la fin des cours, je parlais avec Lily et Églantine quand Dereck Ollivander est venu me voir. Il a trouvé pourquoi je me sentais mal ces jours-ci… Il a attendu que je me trouve seul avec lui pour me… Il ne voulait pas que les autres soient au courant,… mais je l'ai déjà dit à Lily et comme tu es le premier concerné, je me suis dit que… Je devais te le dire. J'ai tellement peur que tu le prennes mal. Je sais déjà ce que tu vas dire. Mais pourtant je suis tellement heureuse depuis tout à l'heure… Je sais que ça ne se voit pas mais…

- Ne dis rien de plus ! Ordonna Remus, blême.

- Remus…

- Tu m'avais juré qu'il ne se passerait rien avec lui ! Cracha le lycanthrope, furieux.

- Mais il ne s'est rien passé ! Argua sa femme.

- Pardon ? Mais… tu… Enfin… Je ne comprends plus rien !

- J'avais dit à Lily que tu étais jaloux de lui… soupira Fionna. Non en fait, il a voulu faire une analyse de sang pour voir ce qui pouvait clocher. Et en fait, Remus, je suis enceinte.

Remus s'apprêtait à dire quelque chose quand il entendit la phrase de sa femme. Soudain il se tut et la regarda étrangement, plongeant ses yeux dans les océans dorés de la jolie sorcière. Il voulait voir si elle ne lui faisait pas une blague et alors qu'il voyait son fin visage se tendre sous l'angoisse, il comprit qu'elle était très sérieuse.

Remus Lupin eut un petit sourire triste, avant de reprendre la parole :

- Je… c'est…

- Tu as peur et je le redoutais. Je savais que tu aurais peur et je sais pourquoi : la lycanthropie.

- Je… Oui, j'y ai pensé, mais, je… Commença-t-il les larmes aux yeux.

Il ne termina pas sa phrase et s'approcha doucement de sa femme, arrivé devant elle, il la prit dans ses bras et la serra fort contre lui. Laissant couler ses larmes de joie, un grand sourire aux lèvres cette fois-ci. Fionna se blottit contre lui, soulagée de voir qu'il ne l'avait finalement pas si mal pris.

- Je suis si content ma Fionna, comment as-tu pu croire une seule seconde que je… pourrais être en colère ou déçu. Bien sûr que je sais qu'il court des risques à cause de moi… mais nous les surmonterons. Ensemble.

- Tu penses vraiment ce que tu dis ? Demanda Fionna, penaude.

- Bien sûr ! Lui murmura-t-il à l'oreille. Je t'aime, mon papillon.

- Moi aussi, Remus. Moi aussi, répondit-elle joyeuse.

- Je vais être papa, on va être parents ! Ricana-t-il, encore surpris.

Ils restèrent quelques minutes, enlacés, ne sachant pas que depuis le début, Sirius les regardait, un petit sourire sur le visage.

Il ne voulut pas se faire remarquer et referma lentement la porte. Il était heureux pour ses amis, malgré un petit pincement au cœur. Connaîtrait-il un jour, le bonheur de devenir père ?

Il ne le savait pas et se demandait même s'il serait capable, si ce jour arrivait, d'être à la hauteur de la tâche.


Ça vous a plu ?

Le prochain chapitre s'intitulera « La Troisième confrontation». Je n'en dis donc pas plus !

Gros bisous à tout le monde !

Abelforth

Publié le 23 janvier 2008