A/N: j'espère que cette suite vous plaira :)


Chapitre 28 : Naomi.- Rouge vif.

J'avais réussi à persuader Emily de rester dormir, et ma mère de dormir dans la chambre d'amis au rez-de-chaussée. Il y avait certes l'ancienne chambre de ma mère à l'étage, mais elle était bien trop proche de ma chambre actuelle et je savais qu'Emily et moi n'arriverions pas à simplement dormir ce soir. D'abord parce que j'avais bu les trois-quarts de la bouteille de vin à moi-seule, mais aussi parce que j'avais remarqué les mains baladeuses de ma petite amie toute la soirée.

Ma mère appréciait beaucoup Emily et l'affection semblait réciproque. Peut-être parce qu'elle voyait qu'Emily me rendait heureuse, ou peut-être tout simplement parce qu'elle était le première personne que je lui avais présentée depuis Josh. Un mélange des deux sûrement. Quoi qu'il en soit, j'étais très heureuse qu'elles s'entendent bien et que le dîner se soit bien passé. Je ne l'avais pas imaginé autrement, mais avec Gina Campbell, tout est possible… (Je devrais penser à faire de cette phrase un slogan publicitaire si ma mère vient à se lancer dans l'humanitaire.)

Ma mère me serra dans ses bras pour me souhaiter la bonne nuit, et pour la première fois depuis bien longtemps, je la serrai à mon tour de toutes mes forces. Elle fit de même avec Emily et ce geste ne m'étonna pas du tout. Ce qui m'étonna surtout, c'était l'aisance avec laquelle ma petite amie se comportait avec ma mère. Elle ne prétendait pas être la petite amie parfaite, elle l'était tout simplement.

La montée des escaliers se fit au pas de course et je remarquai qu'Emily était tout aussi excitée que moi. L'entrée dans ma chambre était brutale (mais sensuelle); Emily donna un violent coup dans la porte pour l'ouvrir tout en soulevant rapidement mon haut au-dessus de ma tête. Je fis de même avec son débardeur brun et fermai la porte derrière moi d'un coup de pied.

Elle me rapprocha d'elle et commença à déboutonner mon pantalon tandis que je l'embrassai tendrement dans le cou. Je l'entendis rire lorsqu'elle rencontra des problèmes pour ouvrir ce "putain de bouton à la con" (phrase que venait d'employer Emily). Je l'aidais à défaire mon pantalon et je fis de même avec le sien.

Je défis ensuite son soutien-gorge et embrassai instantanément son sein droit, puis le gauche, avec attention. Je continuai à embrasser sa poitrine en l'amenant sur le lit et ses mains s'agrippèrent dans mes cheveux, ramenant mes lèvres au plus près de son corps.

"Tu es magnifique." dis-je en décollant mes lèvres de ses seins.

Elle me sourit et m'embrassa tendrement sur les lèvres et murmura :

"Toi aussi."

Je l'aimais tellement. Et j'avais besoin de lui prouver dès à présent. Je saisis ses hanches entre mes mains et les ramena vers mon bassin, puis caressa gentiment l'arrière de son dos. Emily agrippa ses mains au rebord mon lit et ferma les yeux, sachant pertinemment qu'elle allait tomber en extase dans les minutes à venir.

Nos deux corps en sueur se rapprochaient et s'éloignaient l'un de l'autre avec une force extraordinaire, ma main entrant et sortant de son entre-jambe du plus vite qu'elle le put. Nos baisers étaient urgents et rapides, et je gémis en même temps qu'elle lorsque son genoux se faufila entre mes jambes trempées.

"Em-"

"Oh putain Naoms…" hurla-t-elle en embrassant mon menton.

Ses mains, d'abord accrochées aux parois du lit, vinrent se poser fermement dans mon dos, ses ongles caressant ma chair.


Tard dans la nuit, lorsque nous avions toutes les deux conclu qu'il commençait à se faire tard (et surtout que nous étions certainement en train de maintenir ma mère réveillée), Emily posa sa tête sur mon torse, comme à son habitude, et embrassait encore ma poitrine.

Je caressais son dos d'une main en gardant mon autre main sur sa taille, la rapprochant de moi.

"Je t'aime, Naoms."

"Je t'aime aussi, Ems." dis-je en embrassant le sommet de sa tête.


La sonnerie de mon portable me réveilla en sursaut. Il ne s'agissait probablement que d'un sms, dû à la courte durée de la sonnerie, mais cela suffit à me faire bondir. Emily, quant à elle, grommela et fourra sa tête en-dessous du coussin.

Je me levai et soupirai en allant chercher l'engin. Avant d'ouvrir le message, je regardai l'heure : 4h03. Qui pouvait bien envoyer un message à cette heure-ci ? Il y avait plutôt intérêt à ce qu'il ne s'agisse pas d'une pub. C'était un numéro inconnu.

Cette putain dans ton lit qui te fait crier,

Qui te fait oublier la dure réalité.

Cette couleur rouge vif qui rappelle le sang,

Ne gardera pas son éclat bien longtemps.

Je relus ce message une fois encore avant de laisser tomber mon téléphone par-terre. Je m'écroulai presque aussitôt sur le sol et entendis la voix d'Emily crier mon nom. Emily…


Je me réveillai, la gorge sèche et un mal de crâne abominable. Il ne me fallut que quelques secondes avant de m'inquiéter à nouveau, reprenant conscience du sms que j'avais lu il y a quelques instants.

Ma mère me tenait la main, le regard inquiet. Mais je ne vis pas Emily. Où était-elle ?

"Emily ?" m'exclamai-je en essayant de me lever.

Ma mère me repoussa calmement contre l'oreiller et dit :

"Elle est descendue te faire du thé, mon coeur."

Je fus rassurée pendant un court instant, puis je repensai à nouveau à ce message, qui décrivait clairement Emily. La personne qui avait envoyé ce message semblait bien au courant de ma vie personnelle. Et s'il s'agissait effectivement de Josh, mes peurs étaient encore plus grandes.

"Naomi…" commença a mère. "Qu'est-ce qui s'est passé ?"

Je n'arrivai pas à répondre; j'avais l'impression d'avoir avaler du sable et qu'on était en train de m'étouffer avec un coussin. Ma respiration était irrégulière et j'étais certainement en train de faire une crise de panique, car ma mère essayait de me canaliser en posant ses mains sur mes épaules en me réconfortant.

"Emily… Emily, Emily… Emily !" m'exclamai-je.

"Je suis là." dit une voix qui venait de l'entrée de ma chambre.

Elle accourut vers moi et posa la tasse de thé sur la table de nuit. Elle s'assit sur le rebord du lit en joignant ses mains avec les miennes. Elle embrassa longuement mon front pour me calmer et je sentis des larmes se former au coin de mes yeux.

"Ça va aller…" me dit-elle en caressant le revers de ma main.

Mes yeux fixaient le vide et ma bouche était encore plus sèche que tout à l'heure.

"Naoms, parle-moi, je t'en prie." ajouta-t-elle.

Je relevai la tête et la regardai avec attention, les yeux remplis de larmes.

"Mon téléphone." répondis-je simplement.

Emily regarda ma mère, qui se leva pour le chercher. Elle me le tendit et j'ouvris à nouveau le message, sans regarder l'écran, incapable de relire une fois encore ces mots.

Emily lut attentivement le message en fronçant les sourcils. Sa mâchoire se crispa et elle ferma à son tour les yeux. Ce fut ensuite au tour de ma mère de lire le message, mais elle n'y comprit pas grand chose.

"Naomi-chérie, qu'est-ce que ça veut dire ?"

Je ne répondis pas.

"Elle en a reçu un similaire sur son ancien téléphone." répondit Emily. "Ce sont des menaces, Gina. Il faut avertir la police."

Avertir la police…

Ma mère ne se fit pas prier et contacta un agent quelques minutes plus tard. Le soleil venait tout juste de se lever quand l'inspecteur arriva, mais je n'avais toujours pas réussi à me lever. Emily était restée assise à côté de moi, sans que ses mains ne quittent les miennes ne serait-ce qu'une seconde. Des fois, quand elle voyait que j'allais à nouveau pleurer, elle embrassa mes phalanges tendrement en me souriant. Et par ce simple geste, je me sentis à chaque fois bien mieux la seconde suivante.

L'inspecteur entra dans ma chambre et Emily serra ma main un peu plus fort, comme pour me rassurer. Il me salua avec un sourire que j'essayai de lui rendre. Sans succès.

"Naomi Campbell ?" dit-il. "Ma fille a des posters de vous partout dans sa chambre !"

Je me forçai à sourire.

"Je peux vous signer un autographe après, si vous voulez." dis-je.

"Oh oui, ce serait très aimable de votre part !"

Je hochai la tête et baissai les yeux.

Il me demanda de lui résumer ce qui s'était passé; et très vite, mon histoire qui ne devait être qu'un résumé se transforma en une histoire assez longue pleine de détails.

"Je vois…" répondit-il. "Et vous êtes certaine qu'il s'agit du même homme qui vous a envoyé ce message ?"

"Absolument."

"Et ces autres messages que vous avez reçu, puis-je les voir ?"

"J'ai perdu mon téléphone récemment…"

"Oh." dit-il simplement.

"Mais… Je me souviens du message… Par coeur."

Il sortit un bloc-notes de son sac, ainsi qu'un stylo et s'apprêta à écrire ce que j'allais lui dicter.

"Tu prétends te cacher, mais tout le monde le voit. Derrière les murs que tu as forgés, tout est là. Tu te crois en sécurité, mais il n'en est rien. Petite fille, ne tremble pas devant l'assassin."

Les derniers mots étaient à peine audibles, car ma gorge se noua. Emily serrait ma main encore plus et caressait ma chevelure.

"Vous pensez pouvoir le retrouver ?" demanda-t-elle.

"Rien n'est sûr. Nous allons devoir faire des recherches plus approfondies pour nous assurer qu'il s'agit bien de Josh McKenna, mais il va me falloir l'accord de mes supérieurs pour que je puisse continuer toute recherche."

Ma mère se tenait encore dans le couloir et nous regardait discuter avec l'inspecteur, inquiète. Je lui souris timidement comme pour lui faire comprendre que j'allais bien et que tout allait bien se passer.

Il se leva enfin, (après que je lui ai signé une multitude papiers) et quitta la pièce avec un sourire compatissant. Je le vis discuter avec ma mère un moment et elle semblait encore plus inquiète.

Emily caressait gentiment ma chevelure, puis décida de s'allonger à côté de moi sur le lit, en gardant un contact tactile avec mon corps.

"Comment tu te sens ?" demanda-t-elle en caressant mon ventre.

"J'ai peur, Em." avouai-je.

"Je suis là."

"J'ai peur qu'il te fasse du mal."

Elle embrassa ma tempe, se blottit contre moi, puis murmura :

"Il ne me fera aucun mal. Et je ne le laisserai pas t'en faire. Je te le promets."

Les larmes coulaient à nouveau, mais pas à cause de Josh. C'était parce que ses paroles étaient émouvantes. Ce n'était pas grand chose, mais ça voulait dire tellement.

Elle m'embrassa tendrement sur les lèvres, ses mèches de cheveux rouges se mêlant à mes boucles blondes.

J'aimais cette fille plus que tout au monde.


A/N: alors ? :)