Hello !

Toujours merci à tous mes chers revieweurs (euses) !

Merci à Ariessa de m'avoir signalé que je m'emmêlais joyeusement les pinceaux entre hindou et indien - je ne le ferai plus, promis !

Vous allez découvrir les brillantes explications de Milo pour sauver son Camus - prêts ?

L'auteur est toujours en mode triplement sadique.

Bonne lecture !


Titre: Interrogatoire façon Milo

Couple: Milo x Camus

Disclaimer: Tout à M.Kurumada, Shueisha, Toei. Une référence cinématographique par ci par là...


Interrogatoire façon Milo

Athéna bailla, puis sourit devant le spectacle pourtant fort peu réjouissant de la geôle nue et de la bouche ouverte de l'endormi nommé Seiya.

La divinité ne se tracassait pas le moins du monde, persuadée que le nom de la Fondation Graad et de Mitsumasa Kido pouvait la sortir magiquement de la situation la plus compromettante.

- Après ce sera notre tour, murmura-t-elle à Milo.

- On va terminer en prison ! gémit son huitième protecteur doré.

- Mais non, mon cher Milo, tu verras, l'argent achète tout.

- Qui allons-nous appeler pour nous aider ? reprit la parole le Scorpion. Vous êtes mineure, Déesse Athéna, et ils sont tous mineurs aussi, ces petits bronzes…

- Ah, mais non, s'avisa Saori. Ikki est majeur, lui !

Les deux prisonniers se regardèrent un instant en silence, puis secouèrent négativement la tête de concert.

- Pas question, dit Milo. Il se moquerait trop de nous ! Des Chevaliers d'Or, ses supérieurs, dans une situation si lamentable…

- Tout le Sanctuaire serait au courant par son chant perfide ! renchérit la divinité, qui trouvait le Phénix beaucoup trop indocile et mal élevé.

Seiya s'agita dans son lourd sommeil, marmonnant des mots sans suite.

- Mmmm, Seika, grande sœur ! Mmmm, Saori, ma déesse !

- Dors Seiya, souffla Athéna en lui caressant maternellement ses cheveux hérissés.

Un bruit se fit dans le corridor, et un gendarme ouvrit la cellule des deux adolescents.

- Allons, à vous jeunes gens. Réveillez votre petit ami, Mademoiselle.

Ce fut rude et long, jusqu'à ce que Milo eut l'idée de siffler à l'oreille de Pégase qu'Athéna était en danger. Le bourricot se redressa et rua aussitôt des quatre fers, entraîné par Saori vers leur destin et leur interrogatoire.

- J'ai droit à un coup de fil ! assena froidement la déesse, avec un clin d'œil malicieux à l'égard de Milo.

Celui-ci comprit le message, mais cela ne l'avançait pas des masses.

Qui appeler ? D'ailleurs, il ne retenait jamais les numéros de téléphone.

Hyoga se serait laissé hacher menu pour sauver son précieux mentor, mais il était mineur, cet inutile disciple.

Athéna était elle-même entre les mains de la Maréchaussée française.

Camus, son cher Camus, était dans le même bateau que lui, par sa faute.

Shion… Shion n'avait pas le téléphone, d'ailleurs le Chevalier du Scorpion n'avait aucune envie de se récolter une sanction disciplinaire.

Mü ? L'ennuyeux Bélier lui ferait encore la morale.

- Mmmm… geignit le Verseau endormi en changeant de position. J'ai été gentil Père… Promis…

Milo jeta un regard étonné sur son amant dont la figure sérieuse avait pris une expression presque enfantine. Il devait rêver.

- Maman, maman, vous m'emmenez voir les fleurs ? marmonna-t-il ensuite, se redressant dans un faux mouvement qui le fit dégringoler sur le sol.

- Chouchou ! s'inquiéta le Grec.

- Aie ! s'écria le Verseau en se massant le crâne. C'est déjà le matin ?

- Hé, chouchou, on est au poste, rappelle-toi…

- Oh, là, là ma tête… grogna le Français en se rasseyant péniblement. Je me souviens de tes bêtises, oui… Où est Athéna ?

- Elle est en train de s'expliquer avec les gendarmes.

- Ça promet, tiens…

- En tout cas chéri, j'ai découvert que saoul, tu parles en dormant…

- Hein ? s'alarma le Chevalier du froid qui n'appréciait pas du tout l'idée d'avoir perdu le contrôle de ses actes, même plongé dans les bras de Morphée.

- Rien de bien méchant, rassure-toi, gouailla le Scorpion qui aurait sans aucun doute sorti des propos moins innocents en pareille situation. Tu parlais à tes parents. Pourquoi tu les vouvoyais ? interrogea ensuite le Chevalier, qui avait toujours été curieux comme une belette, et avide de tout savoir de son compagnon.

Camus du Verseau n'aimait pas les questions indiscrètes, et passa une main négligente dans ses longues mèches abîmées par le sel marin.

- N'élude pas mes questions, s'agaça Milo devant le regard saphir devenu vague. Moi je t'ai toujours tout raconté, bien qu'il n'y ait rien de marrant ni de glorieux…

- Je sais que tu as souffert, Milo, soupira Camus en se blottissant contre son ami. Mais certaines questions n'ont pas de réponses.

- Ne joue pas ton philosophe !

- C'était comme ça dans ma famille, c'est tout… Tu ferais mieux de réfléchir à comment se sortir de ce piège !

Le Grec sourit méchamment, ce qui ne promettait rien de bon.

- J'ai un plan pour te sauver mon amour, mais il faudra que tu me laisses parler. Tu ressortiras libre de cette gendarmerie, je te jure !

- Milo, je n'aime pas quand tu prends cet air de psychopathe en maraude.

- Pour une fois dans ta vie, fais-moi confiance !

- Je te fais confiance, Milo, mais…

Leur dialogue fut interrompu par la troisième arrivée du gendarme, qui leur adressa un signe les invitant à le suivre.

Dans le hall d'attente, ils croisèrent une Saori visiblement de très mauvaise humeur, un petit brun hagard attaché à ses talons hauts, talons qui rayaient le linoléum.

- Ils ont osé me déclarer positive à l'alcootest ! s'indigna la déesse à l'adresse des deux golds.

Milo et Camus jugèrent à part eux que cela n'avait rien d'étonnant, Athéna semblant aussi éméchée que les poivrots du bar du coin.

- Enfin, j'ai appelé ce fidèle Tatsumi au Japon, et il a envoyé un fax se portant garant pour moi… J'ai payé une amende ridicule – ridicule pour une milliardaire comme elle, cela s'entend - et me voilà libre ! Je n'aurai même pas de jugement, se rengorgea une Saori Kido fière du pouvoir de son illustre famille. Je rentre à l'hôtel…

- Mais, et nous, Déesse Athéna, demanda un Camus surpris.

- Vous ne risquez rien, avec ces gendarmes d'opérette ! clama la divine réincarnation, déliée de toute obligation de politesse par son élargissement.

- Déesse Athéna ! implora le Scorpion en voyant celle pour qui il devait donner sa vie filer dans un mouvement fluide vers la sortie, suivie d'un Seiya trébuchant.

Foudroyés par la désinvolture égoïste de leur déesse, les deux compères se virent invités à entrer dans le bureau d'un brigadier qui n'avait pas l'air commode.

- Asseyez-vous, Messieurs, lança-t-il d'une belle voix de baryton.

Les Chevaliers s'effondrèrent plutôt, l'œil morose.

- Nom, prénom, âge, profession, débita l'homme, prêt à taper.

- De Beaumont… Camus… vingt-trois ans, marmonna le maître des glaces.

- Camus ? Ne me dites pas que c'est votre vrai prénom, ça !

- Ben si… Enfin le deuxième…

- Mais enfin jeune homme, c'est le premier qu'il me faut ! s'irrita le brigadier.

Encore deux drôles de zigotos, ceux-là. Après la petite pimbêche japonaise dorée sur tranches, qui serait mieux en pension que libre à parader en France avec ses cheveux incroyables, les homosexuels complètement à côté de la plaque, affligés eux aussi de tignasses impressionnantes et sûrement teintes.

Il griffonna un test de drogues dans la marge du papier.

Camus glissa un coup d'œil embarrassé à un Milo dont l'oreille s'était allongée de plusieurs centimètres.

- Tu m'as menti, chouchou ! beugla le Grec.

- Je ne t'ai pas menti, Milo, mes parents ont toujours utilisé mon deuxième prénom, qui n'avait pas été accepté comme premier par l'état-civil.

- Comme on les comprend ! intervint le gendarme, qui s'impatientait. Les parents donnent vraiment des noms ridicules à leurs gosses… Alors ?

Camus fouilla fébrilement la poche de son short, en extirpant une carte d'identité qu'il tendit à son tourmenteur.

- Vous n'avez qu'à lire, dit-il pour éviter que son amant n'écoute.

- Mmmm… Gabriel ? lu puis écrivit le représentant de l'ordre, ruinant ainsi les efforts de discrétion du Verseau.

- Ooooh, chouchou, c'est trop mignon ! s'attendrit Milo. Pourquoi par Zeus tu en as honte ? Ça te va si bien, mon petit archange !

- Ah, arrêtes, siffla un Camus contrarié. Ce n'est pas mon prénom, c'est trop… doux pour un Chevalier des glaces !

- On en reparlera, se réjouit le Scorpion ravi de sa découverte.

- Bien, à vous, le rappela à l'ordre le brigadier. Nom, prénom, âge, profession…

- Milo… vingt-trois ans aussi… Profession, euh… rien…

Il n'allait pas dire : " assassin professionnel au service d'Athéna " , non ?

- Milo, c'est votre prénom ? Et votre nom de famille ?

- Euh… Je ne sais pas, s'empêtra le maladroit.

En Grèce il était trop petit pour y avoir fait attention, et une fois enfermé au Sanctuaire il n'en avait plus eu besoin. Et c'était Camus qui se coltinait sa paperasse.

- Donnez-moi votre passeport plutôt, grogna avec agacement le gendarme.

Oui, drôle de cas. L'aristo qui cachait son propre prénom et le chevelu qui ne se souvenait plus de son nom de famille.

- Vous savez que vous risquez gros au moins ? articula soigneusement le brave homme en les regardant bien en face. Outrage au bonnes mœurs, exhibition sexuelle, dans un lieu public… Vous risquez jusqu'à quinze mille euros d'amende, un jugement, un an de prison !

Il eut la satisfaction de voir les amants verdir et se regarder, horrifiés.

- Mais Saori Kido… tenta le Grec.

- Cette japonaise arrogante ? Elle est mineure, et a déjà payé. Je me suis contenté de lui donner un avertissement, à elle et son petit copain.

Il n'ajouta pas que le nom des Kido et la liste des avocats de la Fondation envoyée avec célérité et menaces par Tatsumi avaient pesés dans la balance de son indulgence.

- Mais vous êtes majeurs, votre cas est donc plus grave.

- C'est la première fois que cela nous arrivait ! plaida un Camus aux abois.

- Vraiment ? murmura avec scepticisme le brigadier.

Milo se rapprocha de son compagnon.

- Maintenant, chouchou, tu me laisses parler, compris ? Quoique je dise de faux, tu approuves ! souffla-t-il en grec.

Résigné au pire, le Verseau acquiesça en s'appuyant au dossier de sa chaise.

Qu'est ce que son volcanique arachnide avait encore inventé ?

- Euh, Monsieur l'agent…

- Brigadier !

- Oui, pardon, Brigadier, reprit un Milo à l'allure fort contrite. Je suis le seul coupable !

- Il faut pourtant être deux, pour cela, non ? ironisa ledit brigadier.

- Justement, j'ai besoin de vous soulager ma conscience, Camus est trop gentil pour m'enfoncer !

- Fort bien jeune homme, je vous écoute…

- Je ne suis pas quelqu'un de bien, Brigadier.

Le gradé n'avait aucun mal à le croire.

- J'ai des problèmes d'alcool, de jalousie et de violence ! lança le Grec avec de beaux trémolos dans la voix, s'attirant un haussement de sourcil perplexe de Camus.

- Mais encore ?

- J'ai aussi la fâcheuse tendance de battre mon petit ami !

Estomaqué, Camus ouvrit la bouche pour protester, protestation qui se changea en cri de douleur car Milo lui avait pincé le bras indemne au sang.

- Hé là ! s'indigna le gendarme, qui fronçait le nez devant le spectacle.

- Vous voyez ? C'est toujours comme ça entre nous, broda un Milo de plus en plus en verve. Les autres l'admirent, je suis jaloux, et j'affirme mon territoire ! Et aussi, je le force à coucher avec moi, même quand il n'a pas envie !

- Milo ! se récria un Verseau rouge de honte devant la récitation exacte de la contre-contre rumeur du Sanctuaire chantonnée par son compagnon.

- Je sais que tu m'aimes tellement que tu acceptes tout de moi, pleurnicha alors le Grec, sa prunelle claire luisante de malice invisible du brigadier.

Il releva la tête, essuyant des larmes non feintes – des larmes de rire.

- Et je ne fais que le saouler, Brigadier, pour abuser de lui tranquillement, de la façon la plus ignoble qui soit ! Je lui fais subir les pires humiliations ! Vous ne croiriez pas toutes les idées sadiques que je trouve ! rajouta le Scorpion, qui décidemment se débrouillait de mieux en mieux en éloquence française.

- N'en fais pas trop Milo, grinça en grec le Français excédé, qui avait compris la tactique de son amant et qui était révulsé par de tels mensonges.

- Bref, poursuivit Milo, je l'aime mais je suis un mauvais petit ami ! Et ce soir, je l'ai saoulé comme d'habitude, et je l'ai violé dans la pinède. Vous voyez bien que lui n'y est pour rien, et que vous ne devez enfermer que moi !

Considérant le Grec avec une répulsion marquée, le gendarme se tourna avec compassion vers un Camus livide, sont il nota en sus le bras blessé, confirmation de la violence de son compagnon.

- Vous avez donc été abusé ?

- Deux fois ! ajouta Milo dans un nouvel élan de sincérité.

- Taisez-vous, ce n'est pas à vous que je parle ! cingla sèchement l'officier.

- Je… euh… bredouilla le Verseau, lançant un regard blessé au démon en lequel se transformait parfois l'homme de sa vie.

- N'ayez pas de crainte, il ne vous fera rien ! tenta d'amadouer le brigadier.

- Je ne veux pas que Milo aille en prison, dit Camus d'une petite voix, forcé d'entrer dans le jeu ignoble du huitième gardien, ex-tueur du Grand Pope félon.

Le gradé, après toutes ces années d'expérience, se croyait très habile en psychologie.

En fait il était en train de se faire entortiller par le don vicieux de comédien de Milo.

- Je vois. Vous désirez porter plainte pour coups et blessures, et abus sexuel ?

- Non, non, bien sûr que non ! protesta le malheureux.

- Vous devriez. Cela ne mènera à rien de bon de rester dans cette situation, jeune homme, et si vous ne portez pas plainte, je serai obligé de relaxer votre ami avec une amende… Et tout recommencera !

- Ne nous envoyez pas chez le juge ! supplia Camus, ses yeux prenant des reflets miroitants qui émouvraient un caillou. Donnez nous juste une amende, nous ne recommencerons plus… Hein, Milo ?

- Oui, affirma le Scorpion en recommençant à chouiner, se collant contre le Français. J'ai conscience de mes problèmes relationnels, et nous allons voir un pisi…psisi…

- … un psychologue pour couple, termina aisément Camus, maudissant la situation inconfortable dans laquelle son cinglé d'amant l'avait placé. Malgré nos problèmes nous nous adorons !

- Et nous ne pouvons pas vivre l'un sans l'autre ! brama Milo.

- Donnez nous une chance ! implora le Verseau.

Hésitant, le Brigadier de Gendarmerie se tapotait les dents avec son crayon, observés en dessous de leurs cils humides par le duo infernal.

Le plan bancal et surtout amoral de Milo du Scorpion aurait-il l'effet désiré, et les deux Chevaliers malchanceux éviteraient-ils un jugement ?