Je profite de ce nouveau chapitre pour vous remercier encore une fois de votre soutien, de vos commentaires. Vous êtes de plus en plus nombreux à suivre cette histoire et je vous assure que cela me touche énormément et m'aide à la poursuivre.
pour ce chapitre, je vous conseille d'écouter l'OST de Byakuya lors du passage avec ce dernier. Video you tube intitulée « Bleach – Kuchicki Byakuya's Theme »
Pour les passages avec Orihime et Rukia, les meilleurs OST tristes de Bleach. Elles sont regroupées sous you tube dans une video « Bleach best bad song (Soundtracks) ». Ce n'est bien sûr pas du tout une obligation.
Bonne lecture à tous.
Renaissance
Arc 2 : retour au Hueco Mundo
Chapitre 26 : un mal sournois
- Ils arrivent.
La voix calme de la tercera Espada se répercuta d'un mur à l'autre de l'immense pièce dont l'unique meuble, un sofa aussi blanc que confortable, était occupé par le primera. Coyote Stark était affalé de tout son long, une main posée en travers de ses yeux clos, comme pour s'isoler encore d'avantage du reste du monde.
- Je sais. Finit-il par répondre d'un ton monocorde, aussi enjoué que celui de sa collègue. Je ne sens pas sa présence.
- Lilinette.
- Oui. Ulquiorra Schiffer ne l'a pas ramené.
- c'était prévisible. Pourquoi l'aurait-il fait ?
- En effet.
Stark bailla à s'en décrocher de la mâchoire et Halibel coula un regard indifférent vers lui.
- Iras-tu te battre ?
Il ouvrit un œil où l'on pouvait deviner toute sa sagacité derrière sa trompeuse nonchalance.
- Je ne sais pas encore. Je ne lui dois rien puisqu'il n'a pas libéré ma fraccion.
Il se tut un instant avant de reprendre en dévisageant Halibel qui lui tournait le dos, les yeux fixés sur l'horizon.
- Contrairement à toi ... tu as retrouvé tes trois fraccions ...
- Oui.
« mais pour combien de temps ? » songea-t-elle en silence. Elle sursauta en sentant la présence du primera juste derrière elle. Sa capacité à se mouvoir aussi rapidement et silencieusement l'avait toujours surprise. Et elle n'était pas la seule. Cette faculté était tellement aux antipodes de son attitude indolente.
- Elles sont déjà parties à la rencontre des shinigamis. A priori il y aurait parmi eux l'un de ceux qui s'étaient opposé à Ayon lors de la bataille de Karakura.
- La chimère qu'elles peuvent créer. En ont-elles toujours la faculté ?
Halibel hocha la tête et fixa à nouveau le lointain. Stark exhala un faible soupir d'ennui et balaya le morne paysage d'un regard las.
- Je suppose que nombre d'entre nous ont une revanche à prendre face aux shinigamis.
- Sans doute. Mes fraccions le ressentent ainsi et se sont immédiatement mis au service d'Esdras lorsqu'il leur a donné l'invisibilité.
- J'ignore pourquoi il nous a tous gratifié de cette faculté d'invisibilité ...
- Pour mieux nous asservir.
La réponse avait fusé de façon si tranchante qu'il en fut surpris. Du ressentiment dans la voix si posée de la tercera ? Etonnant. Comme si elle ressassait quelque chose de douloureux. Et il n'imaginait pas que cela était seulement lié à la nouvelle allégeance de ses fraccions. Il ignorait toujours comment s'était fini son combat contre le jeune capitaine shinigami aux ailes de glace. Nnoitra l'avait déjà relancé plusieurs fois sur ce sujet mais elle n'avait jamais répondu.
- tu ne l'as pas encore utilisé ?
Elle secoua lentement la tête.
- Non et je n'en ai pas l'intention. C'est une méthode de lâche.
Stark émit un long soupir et bailla aux corneilles.
c'était plutôt pratique là-bas à la Soul Society.
Halibel coula son regard pâle vers lui, étudiant son profil aux contours parfaits et tranchants.
- Tu as revu Ulquiorra Schiffer là-bas. Les rumeurs sont-elles fondées ? Est-il vraiment du côté des shinigamis à présent ?
- ça t'intéresse ? Sourit-il.
- Tss. C'était l'un des nôtres et le plus fidèle serviteur d'Aizen. J'aurai du mal à comprendre un tel retournement de situation.
Stark sourit encore et soutint le regard pénétrant de la femme Hollow.
- Crois-le ou non. Il était Espada au Hueco Mundo, il portait des vêtements de shinigami à la soul Society, mais je crois qu'il ne sert personne. Il est son propre maître. Hormis peut-être en présence de cette femme.
« Lâche-la. Primera ou pas, invisibilité ou pas, si tu touches à un cheveu de sa tête tu es mort Stark ! » Il entendit clairement à nouveau les mots et revit le regard mauvais de son ex-homologue lorsqu'il avait serré le fragile cou de l'ex-prisonnière du Hueco Mundo. Il avait sentit en lui l'espace d'un infime instant la crainte réelle de la perdre, la crainte qu'il lui fasse du mal. Cela avait surpris Stark de voir le plus indifférent des Espadas, des Vasto Lordes et même des Arrancars réagir ainsi, comme s'il ressentait réellement quelque chose pour elle. La voix d'Halibel le sortit de ses pensées.
- ce serait très étonnant. Surtout venant de lui.
Leur conversation fut stoppée par la porte qui s'ouvrit en se fracassant contre le mur. La silhouette souple et féline du sexta se découpa à contre-jour avant de s'avancer vers eux. Stark soupira et regagna le sofa où il s'y laissa mollement tomber.
- Rha ... feula le bleuté. Z'étiez encore là à comploter tous les deux ...
Halibel haussa les épaules et reprit la contemplation des dunes, les bras croisés.
- Fait chier ! On s'ennuie à mourir dans ce trou ! Pourquoi on doit attendre qu'ils viennent ? Et qui il est l'autre pour nous donner des ordres ? Vociféra Grimmjow en donnant au passage un grand coup de pied dans le sofa, faisant tomber le coude sur lequel Stark avait posé sa tête.
- Qu'est ce qu'il t'arrive encore Jaggerjack ? Profite donc de ce temps de calme pour dormir un peu ...
- Dormir ? Rugit l'autre en crachant presque, arrachant une nouvelle grimace au primera. Y'a que toi pour arriver à dormir alors qu'ils sont là ! Je veux me battre ! Kurosaki est là ! T'entends Stark !
- Difficile de faire autrement. Marmonna le brun en se grattant l'oreille avec le petit doigt.
- Et qu'est ce que vous foutez encore ensemble tous les deux ? Vous trainez tous le temps ensemble ! C'est louche ... Vous couchez ensemble ?
- ...
Halibel secoua doucement la tête devant les inepties débitées par le sexta en rogne tout en fermant les yeux.
- Grimmjow, tu es chargé de la surveillance de la prisonnière depuis que tu l'as emmené à la Soul Society. Tu devrais descendre. Nnoitra ne vas pas tarder à remarquer ton absence et souhaitera en profiter.
- La barbe ! J'aurai mieux fait de l'abandonner là-bas !
- Elle a sauvé tes fesses là-bas. Lui rappela Stark non sans afficher un petit sourire qui fit enrager le bleuté encore deux fois plus.
Pourtant il revit bien Neliel plantée devant lui alors que Schiffer s'apprêtait à foncer droit sur lui. Elle avait bloqué son coup et avait seulement répondu au « pourquoi ? » de Kurosaki par « il m'a soigné ...C'était le seul ». Le seul fait d'y repenser lui donnait des envies de meurtre.
- Fais gaffe à ce que tu dis Stark ! Je serai plus fort que toi ! Bientôt !
L'autre répondit par un bâillement et ouvrit un œil moqueur.
- Bien sûr, bien sûr.
Grimmjow, bouillant de rage, ressortit en faisant une nouvelle fois claquer la porte qui finit de biais. Halibel jeta un regard mi-désolé mi-irrité vers la sortie malmenée avant de se tourner vers Stark qui souriait franchement.
- Il ne changera jamais. Et tu te fais un plaisir de le faire sortir de ses gonds.
- yep. C'est si facile.
- Kurosaki Ichigo est devenu une obsession pour lui.
- C'est évident. A peine était-il arrivé à la Soul Society qu'il partait déjà à sa recherche. Et toi ? Tu n'as pas fini ton combat contre le capitaine dragon des glaces à Karakura. Que comptes-tu faire ?
- Je l'ignore. Je n'ai rien contre lui en particulier. Si j'estime que je dois me battre, je le ferai. Contre lui ou contre un autre. Pour l'heure, c'est prématuré.
- Entièrement d'accord avec toi ! C'est l'heure de se la couler douce.
Ses paupières se fermèrent à moitié, lui permettant d'observer encore la blonde qui lui tournait le dos. Il ne savait toujours pas ce qui s'était passé. Et sa curiosité était au moins aussi grande que sa vitesse de déplacement.
OoOoOoO
Rukia n'en revenait toujours pas. Elle s'était à nouveau laissée convaincre par sa rousse amie du bienfondé de sa demande pour le moins surprenante. En pleine guerre contre ce Hollow au pouvoir aussi incertain que dangereux, elles se retrouvaient toutes les deux à Karakura, dans l'appartement d'Orihime.
Bien sûr, elle pouvait sentir la présence monstrueusement rassurante de Kenpachi à quelques kilomètres de là mais enfin, elle aurait quand même du en parler à son frère. D'un regard, il aurait pu dissuader Orihime de se lancer dans cette nouvelle aventure comme elle l'appelait. Et qui disait aventure pour la rousse, disait costume d'aventurière.
- Ce n'est pas juste Rukia ! Vous avez tous des uniformes et moi je n'ai rien ! Je suis sûre que c'est par là.
La corps à moitié plongé dans son placard, elle farfouillait avec frénésie dans divers cartons et boîtes entassés là. Une pile près d'elle était dans en équilibre si précaire que Rukia eut juste le temps de la redresser avec la pointe de son zanpakuto qu'elle regarda ensuite avec dépit.
- Désolée, Sode No Shirayuki. Si on m'avait dit que mon zanpakuto servirait un jour à trier le contenu d'un placard ...
- Yatta ! l'interrompit la rousse en lui exhibant un carton bleu pâle sous le nez.
- Tu m'expliques, Orihime. Répondit-elle avec humeur.
La jeune femme toute joyeuse sortit une tenue blanche et noire que Rukia reconnut au premier coup d'oeil.
- J'ai trouvé ! Regarde ! C'est l'uniforme que je portais au Hueco Mundo ! Ishida me l'a un jour entièrement recousu et ...
- Tu plaisantes ! S'exclama Rukia en ouvrant des yeux ronds. Tu veux à nouveau porter le symbole de ta captivité ?
Elle n'en revenait pas. Elle-même aurait brûlé ces oripeaux aussi vite que possible. Mais elle comprit immédiatement qu'Orihime ne voyait pas les choses ainsi. Elle serrait contre son coeur le tissu blanc, les yeux dans le vague.
- Je sais qu'il y a eut d'énormes et douloureuses batailles pour venir me chercher là-bas. Je sais que tu ne peux voir les choses comme je les vois, mais peux-tu comprendre que j'ai aussi des souvenirs liés à cette tenue ...
Orihime la fixait avec un regard doux qui la mit mal à l'aise et s'approcha d'elle, sa tenue blanche pliée toujours dans sa main. Elle toucha du bout des doigts la manche du kimono noir de Rukia, puis le brassard de vice-capitaine avant de lui sourire.
- Je suis certaine que pour rien au monde tu n'abandonnerais cette tenue et que de nombreux souvenirs te lient à ce brassard que tu ne quittes plus un instant depuis que tu l'as eu alors que peu de vice-capitaines le portent tous les jours.
Rukia eut un léger mouvement de recul et couvrit en partie le brassard de ses doigts fins. Un nom surgit dans son esprit « Kaien Shiba ». Orihime ferma les yeux et sourit.
- Tu vois. Je suis sûre que tu me comprends maintenant. Et tu ne m'as pas encore vue dedans ! Ishida m'a dit qu'elle serait dix fois mieux qu'avant !
Elle disparut en sifflotant joyeusement dans la salle de bain sous l'air mi-ahuri mi-amusé de Rukia qui lui enviait secrètement son tempérament enjoué, elle qui s'imposait de rester souvent grave quelles que soient les circonstances.
-Tadam ! Fit Orihime en réapparaissant devant elle. Alors qu'en penses-tu ?
- ...
En fait, comment pouvait-elle dire, Ishida avait grandement retouché la coupe du vêtement. La jupe plissée s'était fortement raccourcie pour arriver à mi-cuisse. La veste à présent sans manches était restée longue, découpée dans le dos comme celle d'Ulquiorra. Une large ceinture rose pâle soulignait sa taille et des hautes bottes noires complétaient la tenue. Un ruban blanc où étaient fixées ses barrettes bleues retenait ses longs cheveux roux.
- Alors ? Insista Orihime.
- Tu es belle. Finit par lâcher Rukia qui se demandait si Ishida n'en pinçait pas un peu pour son amie. Mais évite de croiser Grimmjow habillée ainsi ...
- Pourquoi ?
Rukia soupira devant la naïveté dont faisait parfois preuve la jeune femme.
- ça va être compliquée puisque nous allons nous rendre au Hueco Mundo ... ajouta Orihime en se tournant et se retournant devant son miroir.
- Quoi ?
Le cri de Rukia résonna dans la petite pièce laissant pourtant Orihime de marbre.
- Nous avons une mission, Rukia. Il nous faut la ramener chez elle ...
- ça ne va pas non ? Tu es folle ! Jamais on nous laissera partir là-bas !
- On n'a pas besoin de le dire à qui que ce soit. Je sais que Urahara peut ouvrir un garganta pour nous. Il l'a déjà fait et ...
- C'est beaucoup trop risqué et contraire aux ordres. Nous devons rester à la Soul Society. Nous avons encore quelques heures pour rentrer. On ne nous a accordé le droit de venir ici uniquement parce que Kenpachi surveille la zone.
- Justement nous sommes en sécurité avec lui ...
- Il doit rester à Karakura ! Enfin Orihime ...
- J'ai promis de la ramener. Et je le ferai, avec ou sans toi Rukia. Je comprends que tu ais des ordres à suivre et je ne t'en veux pas. Mais j'irai, même si je dois y aller seule avec elle.
- Mais enfin, pourquoi ? Cria la brune consternée.
Un voile de tristesse passa dans les yeux gris.
- Je ne veux pas qu'ils se battent à cause de moi, parce que je n'ai pas tenu une promesse. Et je dois vérifier qu'une amie se porte bien.
Rukia cligna des yeux, complètement perdue.
- Je n'y comprends rien. Qui devrait se battre avec qui ? De quelle amie parles-tu ?
- Neliel.
Rukia comprenait mieux mais continuait d'argumenter contre ce projet insensé tout en suivant à contre-coeur son amie dans la rue vers l'adresse du magasin d'Urahara.
- Il y a toute une équipe de capitaines et de vice-capitaines qui sont partis là-bas. Ils la trouveront et la protègeront. Nous pouvons demander à des soldats de ramener cette fillette que nous trainons partout derrière nous. Il y a aussi Ulquiorra et Ichigo. Franchement, que pourrions-nous apporter de plus ?
- Nous ne les gênerons pas et n'interférerons pas dans leurs combats. Je veux juste être utile et m'assurer que tout le monde se porte bien. S'il y a des blessés, je pourrais les soigner ... c'est la seule chose que je puisse faire de toute façon.
- Orihime ...
Les yeux gris d'Orihime reflétaient une réelle inquiétude et une certaine tristesse. Sans doute se trouvait-elle à nouveau trop faible par comparée aux autres. Rukia regretta aussitôt son accès de colère. Après tout, souvent elle-même se sentait impuissante aux côtés de ses puissants amis ou de son frère. Même si elle faisait toujours de son mieux, cela ne suffisait pas.
Sans s'en rendre compte, elles étaient déjà arrivées dans la petite ruelle et le gérant du magasin, son éternel bob vissé sur ses yeux, était debout devant l'entrée, les attendant visiblement.
- Bonsoir Urahara.
- je vous attendais. Entrez ... Elle est toujours là.
Elles pénétrèrent dans le magasin et Orihime observa la fragile silhouette prostrée dans un coin de l'arrière boutique sous une couverture. Elle se pencha en avant et lui sourit.
- Ne t'inquiète pas. Tu vas bientôt le retrouver. Nous te ramenons chez toi.
OoOoOoO
- Comment ?
La courte question froidement posée flotta un instant dans les airs du grand bureau du capitaine de la sixième division. Bien qu'étant tous deux de redoutables guerriers, Yumishika Ayasegawa et Ikkaku Madarame ne faisaient pas les fiers face à l'autorité naturelle de Byakuya Kuchiki.
- Urahara Kisuke a ouvert un portail jusqu'au Hueco Mundo dans son sous-sol affreusement poussiéreux et d'une laideur repoussante. Expliqua Ayasegawa accompagnant ses mots d'un geste précieux et dédaigneux.
- Dois-je comprendre qu'une humaine et qu'une jeune shinigami a pu semer les principaux officiers de la soi-disant redoutable onzième division qui est réputée être soi-disant la plus forte de toutes les divisions ?
- Nous sommes la division la plus forte ! Vous devriez faire attention à vos paroles, capitaine Kuchiki. Gronda Madarame vexé par le ton hautain de Byakuya.
- Je doute pour la plus forte mais je suis certain d'une chose, c'est que vous êtes la plus stupide.
L'insulte claqua sur eux alors que son regard métallique les cloua sur place, les empêchant d'y répondre. Il se leva lentement les deux mains posées à plat sur le bureau et un instant, les deux officiers pensèrent que des pétales de cerisiers n'allaient pas tarder à voler en tous sens.
- J'imagine que la brute qui vous sert de capitaine est toujours à Karakura.
- Il tente en ce moment même d'obliger Urahara de rouvrir un passage.
- Tss. Autant demander à un chien de voler dans les airs.
Byakuya se dirigea d'un pas sûr vers la porte menant à une pièce attenante à son bureau.
- Etant parfaitement inutiles, vous pouvez disposer. Vous connaissez la sortie.
- Eh pas si vite, capitaine ! Vous allez faire quoi ? Grogna Madarame rouge de colère et se demandant s'il ne devait pas en découdre de suite avec lui.
- Ceci ne vous concerne en rien.
- Moi je peux l'être. Intervint une voix douce et ferme qui les fit tous se retourner vers l'entrée du bureau.
Les silhouettes de Retsu Unohana et de Rangiku Matsumoto émergèrent de la vive lumière du jardin. Unohana qui venait de s'exprimer leur sourit.
- Capitaine Kuchiki, officiers Madarame et Ayasegawa. Les salua-t-elle. Cette nouvelle est importante et je pense que nous devons agir rapidement. Le vice-capitaine Matsumoto vient de me confier la mission que s'est plus ou moins imposée la jeune Orihime Inoue.
Elle fit un signe discret à Rangiku qui prit la parole.
- Elle s'est rendue avec la vice-capitaine Kuchiki à la douzième division pour délivrer une Arrancar nommée Lilinette. C'est la fraccion de Stark, le primera Espada.
Byakuya ne répondit rien mais fronça brièvement les sourcils avant de reprendre une attitude parfaitement neutre.
- A priori, le primera Espada se serait introduit au sein de ma division lorsque Ulquiorra Schiffer, Rukia Kuchiki et Shuhei Hisagi s'y trouvaient pour s'y faire soigner. Son invisibilité l'a aidé déjoué notre surveillance. J'ai bien senti un reiatsu très faible, mais rien d'assez précis pour l'attribuer à un Espada. C'était une erreur de ma part.
- Lors de cette intrusion, Stark a demandé à Ulquiorra de retrouver sa fraccion sans quoi il ferait du mal à Orihime Inoue. Reprit Rangiku. Ulquiorra n'en a rien fait mais Orihime a mené sa petite enquête de son côté. Et elle a fini par la retrouver. Rukia l'ai aidé par amitié sans doute.
Byakuya ferma les yeux et nul ne comprit si c'était pour se calmer, par ennui devant toutes ces explications ou par lassitude devant le comportement pour le moins original de sa soeur.
- Sont-elles déjà au Hueco Mundo ? Finit-il par s'enquérir sur un ton froid.
- je suppose que oui à présent. Confirma Unohana. Capitaine Kuchiki, nous avons tous deux un problème de taille à régler. Ces enfants étaient sous votre responsabilité et moi-même, j'ai commis une nouvelle erreur.
- Vous ?
Elle hocha la tête et son sourire s'effaça pour la première fois.
- Nous avons enfin achevé les analyses des échantillons prélevés sur Orihime Inoue et sur votre soeur, notamment les analyses sanguines. Et nous avons relevé des anomalies.
- Pourriez-vous être plus précise capitaine Unohana ?
Elle hocha gracieusement la tête et dépassa Ikkaku et Yumishika avant de s'arrêter devant Byakuya.
- Quelque chose d'inhabituel se trouve en faible quantité dans leur sang. Une sorte de virus ou de parasite, nous ignorons encore la nature exacte de ce corps étranger. Nous sommes néanmoins parvenu à l'isoler et lui avons fait subir nombre de tests. Dans un premier temps, nous n'avons rien trouvé de particulier et il n'y a eu aucune réaction quelque soit le type d'analyse.
Elle s'arrêta une seconde et un mauvais pressentiment envahit Byakuya. Il plongea son regard intense dans les prunelles sombres de l'un des plus redouté membres du Gotei 13.
- J'ai alors demandé au capitaine Kurotsuchi de compléter mes analyses biologiques. Lui-même n'a rien trouvé jusqu'à aujourd'hui. Je viens directement de son laboratoire où il a également fait subir toute sorte de tests à ce virus ou parasite. Tant que ces tests se passent à la Soul Society ou dans l'air terrestre, rien ne se passe. En revanche, il a pratiqué certains tests sous air en provenance du Hueco Mundo et il a constaté une multiplication rapide de ces êtres vivants.
- Rapide comment ?
- Très rapide. Pratiquement à l'exponentielle au fur et à mesure des heures qui défilent.
Madarame, Ayasegawa et Matsumoto ne pipaient mot, assez choqués par la nouvelle. Nul ne s'étonna du fait que Kurotsuchi gardait quelque part de l'air du Hueco Mundo. Byakuya ne baissa pas les yeux et demanda froidement.
- Que se passe-t-il après plusieurs heures ?
- Ces corps étrangers finissent par attaquer toutes les cellules se trouvant dans le sang. Le sang finit par devenir incolore faute d'hématies puis elles commencent à rejeter une substance noire qui finit par remplacer les hématies dans les veines. C'est comme une mutation génétique ayant pour déclencheur l'air du Hueco Mundo.
- Est-ce que ça veut dire qu'elles vont mourir ? Interrogea Matsumoto n'en pouvant plus du silence pesant du capitaine de la sixième.
- je l'ignore et le capitaine Kurotsuchi l'ignore également. Il poursuit ses analyses. La difficulté vient du fait que les analyses sont pratiquées in vitro et non in vivo.
- Ce sont les morsures de ce Hollow qui sont à l'origine de la présence de ces parasites ? Demanda Byakuya plus pour la forme que pour la réponse dont il ne doutait pas un instant.
- J'estime que oui. C'est le seul point commun entre l'humaine et votre soeur. Mon erreur a été de croire qu'au vu de leur bon état général tant physique que psychique, ces anomalies pouvaient être bénignes. J'aurai du les garder sous surveillance au sein de la quatrième division. Ce que je m'apprêtais à faire lorsque je venais ici. J'ai croisé le vice-capitaine Matsumoto qui m'a expliqué leur disparition à Karakura.
Byakuya adressa un regard noir à Matsumoto qui baissa la tête. Sans dire un mot, dans une démarche assurée et la tête haute, il ouvrit la porte de la pièce attenant à son bureau et prit son zanpakuto qui reposait sur un socle finement ouvragé.
- Je suppose que plus longtemps elles seront exposées à l'air du Hueco Mundo, plus vite s'opérera la mutation.
Sa supposition résonna comme un sinistre requiem à leurs oreilles.
- Je suppose, oui. Mais à l'heure actuelle, nous savons encore peu de choses. Isane poursuit les analyses et le capitaine Kurotsuchi fait de même.
Byakuya, tournant le dos aux autres, jeta un regard sur le portrait de son ex-femme qui était juste à côté du socle de son arme. Il n'avait pu protéger Hisana de sa maladie. Échouerait-il encore une fois avec sa soeur ? Une main glacée sembla enserrer son coeur et sa mâchoire se crispa. Il ferma les yeux et reprit très vite son masque impassible.
- Vous avez raison, capitaine Unohana. Allons régler ce problème.
- Et nous ? Demanda Madarame.
Le regard glacial de Byakuya le réduisit au silence.
- Allez prévenir votre capitaine et apportez ces informations à Urahara Kisuke. Ce fou aura peut-être une idée pour contrer ce parasite.
- C'est une excellente idée. Approuva Unohana. Vice-capitaine Matsumoto, pouvez-vous aller récupérer un échantillon auprès d'Isane et l'apporter à Kisuke Urahara ?
- Oui Capitaine. Je m'y rend immédiatement.
Elle disparut aussitôt et Unohana se tourna vers Madarame.
- Vous devriez retourner à Karakura et déjà les prévenir. Officier Ayasegawa, je compte sur vous pour vous rendre à la première division et informer le capitaine-commandant de ces derniers faits. Le capitaine Kuchiki et moi-même nous rendons sur l'heure au Hueco Mundo pour retrouver Orihime Inoue et Rukia Kuchiki. Nous allons demander l'ouverture immédiate d'un senkaimon.
- oui Capitaine ! Firent en coeur les deux officiers de la 11ème division.
Ils semblaient sur le point d'ajouter quelque chose mais le regard de Unohana les en dissuada ... un regard en forme d'avertissement pour la réussite de cette mission en lieu et place de l'échec de la précédente. Ils disparurent aussitôt et Unohana se tourna vers Byakuya qui n'avait pas bougé d'un cil.
- Vous êtes prêt, Capitaine Kuchiki ?
- ...
- je suis certaine que nous allons les retrouver.
Elle se garda cependant bien d'ajouter « et que tout se passera bien ».
OoOoOoO
Une ombre se tenait dans l'encadrement de la porte à barreaux de sa prison et Neliel sursauta vivement mais fut presque soulagée en voyant apparaître leur nouveau roi ; le Hollow Esdras Nazareno comme il s'était présenté lui-même.
En fait de Hollow, il aurait du préciser Vasto Lordes. Car il en avait la force, comme il l'avait démontré en battant facilement de nombreux Arrancars qu'il avait fait libéré. Il les avait battu mais pas tué et aussitôt après les avait fait prêter allégeance. Même Grimmjow et Nnoitra avaient été vaincus. Seuls les plus puissants Espadas avaient échappé à ce traitement. Pour des raisons sans doute très diverses, ils avaient plus ou moins accepté de le suivre et de lui reconnaître un certain pouvoir. En échange de cette allégeance, ils avaient tous à présent la faculté de se rendre invisible à souhait.
Seule elle-même s'était toujours refusée à le reconnaître ou pire à le servir. C'était l'une des raisons pour lesquelles elle se trouvait enfermée ici, d'abord sous la garde de Nnoitra, puis depuis leur périple à la Soul Society sous celle de Grimmjow. Elle ignorait encore l'autre raison de sa captivité.
- je vois que le matou te traite mieux que l'insecte. La nargua Esdras en collant sa face blafarde aux barreaux de sa prison. C'est mieux, je ne voudrai pas que tu sois abimée, ma reine.
Quelque chose dans ces mots lui firent encore préférer la compagnie de Nnoitra. Et cette ressemblance avec Ulquiorra Schiffer. Tout d'abord elle avait même cru que c'était lui, mais très vite elle avait senti le fossé qui séparait ces deux êtres. Alors que l'un représentait le vide, le néant, l'autre pouvait très bien représenter l'avidité, la luxure et la folie, tout à la fois.
Esdras la fixait toujours de ses yeux rouges et elle recula instinctivement vers le fond de sa cellule. Il y avait quelque chose de profondément malsain chez lui, quelque chose d'infiniment dangereux aussi, sans doute bien plus que tous les Espadas réunis.
- Dois-je en conclure que tu me crains ?
Elle ne répondit rien mais soutint courageusement son regard ce qui le fit sourire.
- C'est mieux.
Il s'interrompit et releva la tête, plissant les yeux avant d'afficher un air satisfait.
- Bien, bien. C'est plus rapide que je ne l'aurai imaginé. Les pièces de mon échiquier commencent à toutes être à leur place. La partie va pouvoir commencer. A bientôt ma belle, je reviendrais ...
Sa voix se perdit au fond du couloir sombre et Neliel émit un soupir de soulagement. Vraiment, cet être ne lui inspirait rien de bon. Elle était à peine rassérénée qu'un regard bleu la cloua sur place. Elle poussa un petit cri de surprise.
- Quoi ? Grogna Grimmjow en levant un sourcil. Tu veux que je rappelle l'autre dingue ou Nnoitra à qui je viens de botter le cul ?
Grimmjow ouvrit la porte et posa un plateau sur la table minuscule de la cellule. Neliel remarqua alors seulement la longue estafilade sanguinolente sur la joue du sexta et plusieurs autres blessures sur le corps. Principalement des coupures. Nnoitra avait du utiliser son joujou préféré. Grimmjow ne semblait pas s'en soucier et s'appuya dos au mur, attendant qu'elle ait finit son repas, comme toutes les fois précédentes. C'était devenu un vrai rituel entre eux.
- tu es blessé ? Lança-t-elle, sa fourchette en équilibre entre ses doigts.
- Pff. C'est que dalle.
Le silence retomba entre eux, seulement entrecoupé des bruits des couverts, d'un bruit de tissu déchiré et de quelques pas et ... Grimmjow sursauta en sentant un toucher humide contre sa joue. Il faillit broyer la main de Neliel qui émit juste un petit hoquet de surprise.
- Qu'est ce que tu fous bordel ?
- Tu es blessé et je me sens responsable.
- C'est quoi ces conneries ? Finis ton repas que je me casse !
- Laisse-moi faire, s'il te plait. Je ne veux pas te faire de mal.
Grimmjow fronça les sourcils et relâcha sa main en la voyant grimacer de douleur. Elle se massa le poignet et lui sourit tout en rapprochant à nouveau le linge humide de sa joue. Il eut un mouvement de recul mais elle y parvint finalement et entreprit de nettoyer avec délicatesse les traces de sang déjà sèches.
Il la laissa faire pour avoir la paix, sachant qu'elle ne renoncerait pas facilement. Cette femme était au moins aussi têtue que difficile à comprendre pour lui. Il ronchonna puis se tut, se contentant de plonger son regard magnétique dans ses grands yeux gris. Il crut un moment la voir rougir.
- Quoi encore ?
- Rien. Tu me regardes ...
- Ben oui et alors ? T'as qu'à arrêter si ça te dérange. T'es bizarre quand même toi ... tu avais l'occasion de rester à la Soul Society, pourquoi t'es revenue ici ?
Elle sourit doucement tout en appliquant le linge humide sur une longue coupure présente sur plusieurs côtes de Grimmjow, sur sous sa veste toujours ouverte.
- Ma place est ici. J'y suis depuis que Aizen n'est plus là. Je m'arrange pour y maintenir une certaine paix. C'est vital.
Grimmjow finit par repousser sa main, les attentions de la jeune Espada commençant à éveiller des pulsions purement charnelles en lui.
- Réveille-toi, gamine ! T'es en prison là. Et t'es pas en mesure de faire quoi que ce soit !
- Je t'aide en ce moment. Je fais donc quelque chose.
- Pff.
Il ne voyait pas quoi répondre d'autre à cette affirmation idiote. Elle reprit sa tâche et lava une à une ses blessures. Il se laissa faire tout en conservant à présent une distance entre eux afin qu'il puisse se replier à tout moment. Au moment où il s'en rendit compte, il se traita mentalement d'imbécile, lui qui ne reculait jamais devant un combat ou un adversaire, fut-il plus fort que lui.
- voilà. C'est fini.
- n'attends pas un remerciement. Grogna-t-il peu amène.
Elle lui offrit son plus beau sourire, son tissu tout imbibé de son sang dans la main.
- Je sais, je n'attends rien. C'est moi qui te remercie au contraire de tenir les autres loin d'ici.
- Oh t'emballe pas ! C'est un ordre, j'ai pas le choix. Si ça n'avait tenu qu'à moi, tu aurais crevé sur l'herbe chez les shinigamis. C'est Stark qui t'a ramené à l'humaine.
- Je sais. Mais ici, c'est toi qui me garde.
Grimmjow ne comprenait toujours pas pourquoi elle souriait ainsi. Pour un peu, il croyait revoir la cruche d'humaine en compagnie de son garde-chiourme imposé par Aizen. Il chassa bien vite cette image en revoyant le couple improbable qu'ils formaient à la Soul Society.
Un frisson parcourut son échine. Pas que celle-ci s'imagine un truc pas clair ! Il reprit le plateau et sortit aussi vite que possible avant de s'éloigner dans le couloir comme s'il avait vu le diable en personne. Neliel sourit franchement devant cette sortie aussi brutale que bruyante.
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- Enfin ! Nous sommes arrivées ! S'exclama Orihime en posant un pied sur le sable blanc.
- Pour sûr ! Marmonna Rukia en sortant aussitôt son zanpakuto.
- Nous devrions voir le camp mais je ne vois rien du tout.
- Pourtant on devrait être en plein dessus. Fit Rukia en pianotant nerveusement sur le téléphone qui ne la quittait jamais. Au sud de Las Noches.
- Au sud ? S'exclama Orihime en prenant une jolie couleur tomate.
Rukia écarquilla les yeux.
- Orihime, ne me dis pas que ...
- j'avais compris le Nord ! S'excusa-t-elle en agitant les mains devant elle. C'est ce que j'ai dit à Urahara.
- Comment ... commença Rukia avant d'abandonner aussitôt.
Comment pouvait-on confondre le Nord et le Sud ? Allait-elle demander. Mais avec son amie tout était possible. Celle-ci agitait déjà la main en lui désignant un point éloigné.
- Regarde ! C'est pas grave. Las Noches est juste devant. Nous n'avons qu'à le contourner pour trouver le camp ou mieux, allons directement là-bas. Je suis sure que Ichigo et Ulquiorra y sont déjà !
Rukia la regarda d'un air désespéré et alla répliquer lorsqu'elle sentit une douleur, comme un coup de poignard traverser son coeur. Elle crut un moment avoir été frappée par un adversaire invisible. Pourtant elle ne vit aucune blessure. Elle vit Orihime porter également sa main à son coeur en grimaçant avant de lui sourire à nouveau.
- Tout va bien ! La rassura Orihime. Une douleur passagère.
« Étrange quand même, toutes les deux au même moment » songea Rukia. Peut-être était-ce lié au Senkaimon d'Urahara, nettement moins stable que celui de la Soul Society. Elle chassa cela de son esprit et suivit Orihime qui précédait la fine silhouette de la fraccion de Stark, ignorant tout du danger qui sommeillait en elles.
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merci pour votre attention. J'espère pouvoir publier bientôt la suite.
N'oubliez pas de regarder le doujinshi de Bleach Redux. La couverture du chapitre 27, page 006-007, est à tomber par terre, avec un Ulquiorra en samourai. Tout à fait grandiose. Le talent de cet artiste me laisse sans voix
comics/1682713/006-007/
A très bientôt.
