Les personnages de la saga Twilight appartiennent à Stephenie Meyer.

Just Right For Me est une histoire de la talentueuse archy12.

Traductrice de la version française : Milk40

Merci infiniment pour tous vos commentaires, et bonne lecture.

Chapitre 28

Sa suggestion me fit pouffer de rire de manière incontrôlable, ce qui en retour fit sortir Esmée de la cuisine où elle était en train de préparer un dîner léger. Comme Charlie était resté pour le déjeuner, elle avait mis les petits plats dans les grands et cuisiné un repas plus élaboré que d'habitude. Conséquemment, aucun d'entre nous n'avait très faim en ce moment. C'est-à-dire, moi je n'avais pas faim, et Rose non plus. Je ne pouvais pas parler pour Edward et Emmett – ils n'allaient sûrement pas refuser la nourriture qu'on leur offrait, quel que soit le moment de la journée !

« Que s'est-il passé pour te faire rire autant, Bella ? » Demanda-t-elle avec un sourire. Je secouai la tête, essayant de contrôler mon hilarité. Mais Edward me fit un clin d'œil, et je ris de plus belle.

« Devrais-je répéter à maman ce que j'ai dit, Bella ? Si je sors l'ordinateur portable de la chambre, alors ce ne sera plus considéré comme une conversation intime, n'est-ce pas ? »

Esmée écarquilla les yeux. L'instant d'après, elle couvrait ses oreilles et retournait dans la cuisine. Edward ricana, et je devins immédiatement suspicieuse.

« As-tu fait ça délibérément ? Tu savais que ça l'embarrasserait, n'est-ce pas ? »

Il éclata carrément de rire à ce moment-là. « C'est tellement facile de la décontenancer – c'était drôle de la voir réagir comme ça ! » Je lui donnai une tape espiègle sur la poitrine, mais il attrapa mes deux mains et commença à me tirer dans l'escalier, montant les marches à reculons. Lorsque je protestai, disant que je devrais aller aider Esmée avec le souper, il répondit que je pourrais le faire après notre petite activité dans la chambre. Bien sûr Emmett l'entendit depuis la salle de récréation, et il siffla bruyamment. Je levai les yeux au ciel.

Une fois dans la chambre, il ferma la porte, m'attira contre lui, et m'embrassa à plusieurs reprises. Il garda ses baisers brefs, suçant parfois ma lèvre inférieure, et parfois ma lèvre supérieure. J'en profitai pour glisser ma langue dans sa bouche pour rencontrer la sienne, qu'il darda ensuite dans ma bouche pour me goûter, tout ça de manière taquine et ludique. Lorsque nous nous séparâmes, nous souriions tous les deux d'une oreille à l'autre.

« J'aime vraiment t'embrasser, Bella, » murmura-t-il à mon oreille alors que nous attendions que l'ordinateur se mette en marche. Il avait insisté pour que je m'asseye sur ses genoux, avec ses bras autour de moi et son menton sur mon épaule. Je me sentais si bien que je n'avais pas envie de bouger de là tant que nous n'aurions pas à descendre pour aller manger.

« Moi aussi j'aime t'embrasser, » répondis-je en toute sincérité. Puis je me rappelai quelque chose. « Tes lèvres sont la première chose que j'ai remarquée quand on nous a demandé de nous embrasser après le mariage. Je les trouvais belles – en fait, je te trouvais beau- »

« Non, » dit-il en faisant la moue, « toi tu es belle. Moi je suis élégant, ou agréable à regarder. Les hommes ne peuvent pas être beaux. »

« Bien sûr que si, » protestai-je avant d'ajouter, « et dans les romans de Jane Austen, les femmes étaient décrites comme étant élégantes ou racées, alors tu ne peux pas dire que ces adjectifs sont spécifiques à un sexe plutôt qu'à l'autre. Quoi qu'il en soit, tu es beau- » Je m'interrompis en l'entendant rire très fort. « Quoi ? »

Ses yeux étaient rivés sur l'écran d'ordinateur, où il avait déjà ouvert une page intitulée '174 façons d'appeler un pénis autrement' pendant que j'étais occupée à faire dans la rectitude politique. « Est-ce que tu trouves que mon 'monstre borgne' est beau, Bella ? » Demanda-t-il, gloussant toujours.

« Hmm… » Je prétendis réfléchir tout en survolant la liste devant moi. « Comment un monstre peut-il être beau ? Mais je pense que ton joystick est pas mal cool. »

« Joystick, hein ? » Soudain, ses yeux s'agrandirent et il laissa échapper un autre éclat de rire. Je le regardai en haussant les sourcils.

« Tu sais, ce boxer que j'ai, avec l'image d'une console Xbox et les mots 'Wanna play ?' dessus ? »

Je hochai la tête. Comment pourrais-je oublier ? Il le portait cette nuit-là aussi. « C'est ton préféré, pas vrai ? »

« Oui, » répondit-il en ricanant. « Je l'ai commandé en ligne, présumant que ces mots faisaient référence au jeu vidéo, mais… d'une manière ou d'une autre, maintenant je ne pense pas que ce soit le cas. » Il arqua un sourcil de manière éloquente, et tout à coup le déclic se fit. Wanna play*… joystick, et Charlie regardant fixement Edward ce matin-là. Que devait-il avoir pensé ?

Je me fondis en un fou rire incontrôlable, et Edward en fit autant.

ooo

Carlisle se joignit à nous pour le souper, et je remarquai qu'Esmée avait gardé un peu de poulet rissolé du précédent repas pour lui, et un peu de son délicieux pouding au pain. Pour moi il était évident que les parents d'Edward s'aimaient beaucoup, même s'ils ne l'exprimaient pas par des mots ou des gestes devant d'autres personnes. Cela m'amena à me demander comment mes parents étaient quand ils vivaient ensemble, à l'époque où ma mère n'était pas encore au courant de la véritable profession de mon père. Je me demandais comment ils allaient se saluer quand ils se rencontreraient dans le présent.

Nous avions raconté au reste de la famille notre conversation avec Charlie et ensuite avec Renée, et ils avaient eu des réactions variées. Esmée était très excitée à l'idée de rencontrer Renée, l'admirant d'avoir eu le courage de tenir son bout et de quitter Charlie pour vivre sa propre vie. Bien sûr elle était désolée que j'aie grandi sans ma mère, mais elle espérait que je ne serais pas trop fâchée contre elle. « Je pense qu'elle serait morte intérieurement si elle était restée avec Charlie, » déclara-t-elle doucement mais avec fermeté.

Carlisle ne dit pas grand-chose, comme à son habitude, mais il sembla beaucoup y réfléchir. Il s'adressa à moi, cependant, disant que ce serait un honneur de rencontrer Renée, et aussi qu'il apporterait son soutien moral à Charlie si nécessaire. Selon lui il s'agissait surtout d'une affaire personnelle qui se devait d'être résolue entre eux deux. Puis il demanda à Esmée comment elle se sentirait s'il décidait de se retirer de son entreprise.

« Je serais très, très heureuse, » déclara-t-elle énergiquement. « Mais… comment cela t'est-il venu si soudainement ? »

Il secoua lentement la tête. « Ça fait déjà un bon moment que j'y pense, en vérité. Ce n'est pas comme si je ne savais pas que ce que je faisais était mal, mais je continuais quand même à le faire. Toutefois, depuis le jour où Edward a eu son accident, il m'arrive souvent de me demander s'il n'aurait pas payé… pour mes péchés. »

Esmée et Rosalie haletèrent toutes les deux. « Carlisle, qu'est-ce que tu dis ? » Demanda Esmée, parlant beaucoup plus vite qu'elle ne le faisait normalement. « Veux-tu – veux-tu dire que quelqu'un a délibérément causé cet accident ? Et pourquoi quelqu'un le prendrait-il pour cible ? Il n'avait rien à voir avec ton entreprise ! »

Les yeux de Carlisle étaient remplis de culpabilité et de douleur alors qu'il nous regardait tous, les uns après les autres. « Nous n'en aurons jamais la certitude, parce qu'il n'existe aucune preuve et aucun témoin. Crois-moi, j'ai remué ciel et terre durant l'enquête qui a eu lieu après l'accident, mais… nous n'avons rien trouvé. Quant à savoir pourquoi quelqu'un s'en prendrait à Edward, je pense que c'est parce que c'était facile à faire, et parce qu'ils savaient que c'était un moyen sûr de me faire du mal. Qu'est-ce qui pourrait être pire pour un parent que d'enterrer son enfant de ses propres mains ?

Esmée, Edward, Rose – je m'excuse auprès de vous tous pour mes actions. Je ne peux pas défaire ce que j'ai fait toute ma vie, mais je veux arrêter maintenant, et si possible, expier mes péchés. Pouvez-vous me pardonner ? »

Esmée prit sa main et hocha la tête tandis que des larmes coulaient de ses yeux. Rose pleurait aussi, collée contre Emmett pour avoir son support. « Oui, papa, » marmonna-t-elle. Edward déglutit une fois et mit son bras autour de moi. « Bien sûr, papa. Ce qui est fait est fait de toute façon. Je suis content que tu aies décidé de prendre ta retraite. »

« Attends une minute, » médita Esmée, l'air perplexe. « Carlisle, quand tu as dit que tu allais te retirer, que voulais-tu dire exactement ? Vas-tu remettre l'entreprise à Jasper, ou bien la démanteler complètement ? »

Carlisle parut surpris. « Je pensais la vendre. Pourquoi Jasper devrait-il continuer à porter le fardeau de mes actes répréhensibles ? Il peut gérer les deux usines exploitées de manière légitime, s'il le souhaite, ou faire autre chose. Il peut même aller à l'université ! »

« Hmm, il se pourrait qu'il soit difficile pour lui de comprendre tes raisons, » dit lentement Esmée. « Il s'est toujours défini par rapport au besoin qu'il avait de suivre tes traces. Pour lui, le succès signifie faire de l'argent de la façon dont toi tu t'y es pris. Penses-tu – eh bien, je suppose que seul le temps nous le dira. Nous lui parlerons dès qu'il rentrera à la maison. »

Nous convînmes que nous devions tous nous mettre ensemble pour annoncer cette nouvelle à Jasper, puis nous nous dispersâmes un peu partout. Carlisle alla dans son bureau pour commencer le processus de vente. Maintenant qu'il avait pris sa décision, il voulait tout boucler aussi vite que possible. Esmée, Rose et moi débarrassâmes la table et remplîmes le lave-vaisselle, pendant qu'Edward et Emmett se rendaient dans la salle de récréation pour choisir un film. Après qu'Esmée nous ait souhaité bonne nuit à tous les quatre, nous regardâmes deux films et montâmes nous mettre au lit.

Je pense qu'Edward comprit mon humeur, et par conséquent il n'initia pas notre séance habituelle de baisers et de caresses. À la place il parla de son nouveau livre – celui avec mon homonyme comme héroïne. Malgré tout, quand finalement nous nous laissâmes emporter par le sommeil, mon repos fut interrompu par des rêves étranges et parfois terribles. Dans certains d'entre eux, ma mère me parlait tendrement, pour ensuite simplement disparaître au milieu de la conversation. Une fois je vis Charlie à notre porte, pleurant et m'informant que la voiture de ma mère était tombée de la falaise directement dans le Puget Sound. Chaque fois je me réveillais en tremblant, et chaque fois Edward m'assurait que tout allait bien et m'apaisait jusqu'à ce que je me rendorme. Finalement, à six heures le lendemain matin, je renonçai à essayer de dormir.

Je m'offris un bain relaxant avec mes sels de bain préférés, puis je me rendis à la cuisine pour aider Esmée et Mme Cope à préparer le petit déjeuner. Quand ce fut terminé, je harcelai Esmée pour qu'elle me laisse cuire une fournée de biscuits au beurre d'arachide. Ensuite j'essayai de lire un bouquin, de jouer à un jeu vidéo avec Emmett, de faire un peu de jardinage qui était absolument superflu – tout ça sans succès. Alors que midi approchait, je me mis à errer autour de la maison comme une âme en peine, avec Edward sur les talons, essayant de me faire parler jusqu'à ce que je m'emporte et lui dise de me laisser tranquille. L'instant d'après je me sentis atrocement mal d'avoir été aussi grossière et je lui présentai mes excuses. Il sourit et m'étreignit affectueusement. Alors que je respirais son odeur apaisante, j'entendis une voiture venir vers la maison et je me précipitai à la porte. Je l'ouvris à toute volée et je vis le véhicule s'arrêter, la portière arrière s'ouvrir avant que le chauffeur n'ait ouvert la sienne, et une femme en sortir.

Je me figeai dans la porte alors qu'elle se tournait vers moi. Je m'imaginai courant vers elle et l'étreignant à l'étouffer, mais mes jambes refusaient de se mouvoir. Ma langue semblait coincée quelque part, de sorte que je ne pouvais pas l'appeler alors qu'elle marchait rapidement vers moi. Seuls mes yeux demeurèrent fonctionnels, la contemplant avidement de la tête aux pieds. Je savais que j'avais les yeux bruns de Charlie, mais sinon j'étais le portrait craché de ma mère que je n'avais jamais vue. Ses cheveux étaient plus courts et plus pâles que les miens, cependant, comme s'ils avaient été décolorés par tout le soleil de son coin de pays. Il y avait de minuscules ridules autour de ses yeux, causées par le rire, et sa peau avait un joli hâle. Elle me souriait de toutes ses dents alors même qu'elle examinait mon visage et que ses yeux devenaient embués. Et là elle se retrouva devant moi.

« Izzy, » murmura-t-elle en ouvrant les bras, et je m'y blottis instinctivement. Alors que nous nous étreignions l'une l'autre, j'eus l'impression que la partie manquante de mon cœur venait de se mettre en place. L'amour d'Edward avait apaisé la douleur et m'avait fait me sentir précieuse, mais serrer ma mère dans mes bras me faisait me sentir entière. Sa façon chaleureuse de m'accueillir me fit l'effet d'être entourée d'une couette chaude et douillette, et je souris de contentement.

« Maman, » soupirai-je dans son épaule.

Note de l'auteure : alors, voilà pour la première rencontre… Un kleenex, quelqu'un ?

Quelle sera la réaction de Jasper, selon vous ?

*Tu veux jouer ? (En passant, ce boxer existe vraiment, l'auteure l'a trouvé sur un site d'achats en ligne ^^)

À bientôt

Milk