Le retour d'Ace
Une nouvelle semaine passa, sans la présence d'Ace au loft. Cette absente c'était bien fait ressentir, en raison du calme trop présent dans l'appartement. Du côté de l'hôpital, il n'y avait pas un jour où le brun ne reçut pas de visite. Même ses amis passaient après les cours. Il avait appris que Killer et Kid c'étaient fait exclure pendant une semaine pour leur comportement hors de l'établissement et qu'actuellement, ils effectuaient des travaux d'intérêt général.
Le jour de sa sortie de cette prison blanche arriva enfin. Les médecins après une batterie d'examen, l'autorisait à rentrer à la maison. Malheureusement pour lui, il allait devoir encore patienter presque un mois complet avant de pouvoir reprendre une vie normale. Il avait une longue période de rééducation à faire, afin de retrouver toute sa motricité. Il lui restait de nombreuses séquelles du traumatisme crânien.
Vista avait accepté et s'était surtout proposé de se charger de la rééducation du brun. Pour sa sortie ce fut ce dernier qui vint le chercher, Marco travaillant jusqu'à vingt-deux heure. Tout excité qu'il était de rentrer, il déchanta rapidement. Il était resté en tout trois semaines à l'hôpital à ne rien faire, à part dormir entre deux visites. Il ne pouvait pas encore marcher et devait se déplacer en fauteuil roulant pour son plus grand malheur. Il ne trouvait pas ses engins très pratique et surtout, il ne pouvait pas aller aussi vite qu'il aurait voulu.
Il n'avait pas attendu son chauffeur pour se rendre à l'accueil de l'hôpital. Il n'avait qu'une envie, sortir d'ici au plus vite. Quand il aperçut sa sœur se diriger vers le bâtiment, il se sentit revivre soudainement. Par réflexe, il voulut se lever, mais son plâtre se rappela à son bon souvenir.
-Tu comptes aller où, frangin.
- J'en ai marre d'être cloué sur ce putain de fauteuil.
- Il va te falloir beaucoup de patience encore. C'est ce que tu me dis à chaque fois, quand je suis hospitalisée.
- Oui, mais toi, ce n'est pas pareil.
- T'es sympa. Finalement, on va peut être te laisser ici.
- Ah ! Non ! Tu ne peux pas me faire ça.
- Ben si. Pourquoi je ne le pourrais pas ?
- Parce que je suis ton frère.
- L'excuse à deux berrys. Bon allez, j'ai pitié de toi. Vista nous attend sur le parking, il n'y avait pas de place.
Ann prit le sac de son frère et se dirigea vers la voiture. En les voyant arriver, le coach sortie du véhicule et ouvrit la porte passager avant afin qu'Ace puisse entrer facilement. Juste avant, il avait reculé le siège afin de lui laisser le plus de place possible. Une fois installé, le fauteuil fut plié et mit dans le coffre. Ann, grimpa derrière Vista. Le trajet fut étonnement rapide.
Ce ne fut qu'une fois dans le hall du loft, que le brun commença légèrement à paniquer. Les chambres se trouvaient à l'étage et il n'y avait pas un seul ascenseur. Il ne savait pas comment monter les escaliers avec son équilibre précaire et son foutu plâtre.
-Ben alors, tu ne viens pas ? demanda sa frangine.
- Euh, si, si j'arrive.
Dans le salon, presque tous les colocataires étaient présents. Seul Marco était aux abonnés absents. Au fond de lui, Ace eut un léger pincement de cœur. Il aurait tellement aimé le voir. Il allait devoir attendre qu'il rentre le soir, en espérant qu'il ne soit pas trop fatigué. Il n'eut pas le temps d'y penser plus longtemps qu'il entendit le bruit d'une bouteille dont on faisait sauter le bouchon. Un des colocataires poussa son fauteuil jusqu'au niveau des canapés qui avaient été poussé pour l'occasion. De la musique se fit entendre et on lui mit un verre dans les mains.
-C'est pourquoi tout cela ? demanda-t-il interloqué.
- Il faut bien fêter ton retour comme il se doit, lui répondit Thatch. Allez trinquons au grand retour de notre tête brûlée !
- Kampai ! répondirent-ils tous en levant leur verre.
Ils n'avaient pas fait les choses en petit. Sur la table était disposé un buffet de mignardises sucrées et salées. Plus d'une dizaine bouteilles d'alcool étaient présents. L'après fête s'annoncée douloureux.
Ann s'éclipsa sur les coups de treize heure, afin d'aller à son travail. Elle refusa que Vista l'emmène, voulant qu'il profite de la petite fête. Le temps était clair et l'air doux en ce début de printemps pour qu'elle s'y rende à pied. Arrivée à la caserne, elle se rendit au bureau de Marco qui semblait crouler de plus en plus sous les dossiers.
-Je crois qu'il y en a un qui était déçu de ne pas te voir à la petite fête.
- Ah salut miss, je me doute bien. Mais je me rattraperais ce soir, lui répondit-il en lui faisant un clin d'œil.
- Il ne restera plus rien quand on rentrera, à part des cadavres un peu partout dans le salon. Au moins cette fête surprise l'aura un peu déstressé.
- Ah il était tendu ?
- Une fois au loft, il a hésité. Je pense que c'est à cause de son fauteuil roulant, mais il n'a pas encore vu l'installation que vous avez faite.
Marco lui sourit et Ann partit prendre ses fonctions. Elle commençait, tout doucement, à s'y faire. Pour le moment, elle ne répondait pas au téléphone, mais elle gérait sur le logiciel.
oOOooOOo
Au loft, Ace s'amusait bien. Il se sentait réellement revivre, même s'il ne pouvait pas bouger de son fauteuil. Sur les coups de vingt heure, ils étaient nombreux à se rouler par terre, sous le regard du patriarche. Thatch c'était lancé dans une nouvelle interprétation de « My heart will go on » avec un des oreillers des canapés. Izo avait entamé un strip tease avant d'être stoppé par Haruta. Fossa et Curiel s'étaient lancés dans un combat de bras de fer afin de déterminer qui était le plus fort des deux.
Au moment où Marco et Ann rentrèrent à la maison, Ace n'avait pas encore bougé du salon. Il s'était endormi dans son fauteuil. Le pompier sourit en le voyant ainsi, tandis que la brune grimaçait en imaginant la douleur au réveil.
-Je te laisse gérer mon frère ? chuchota-t-elle à Marco.
- Pas de souci. Bonne nuit et à demain.
- A vous deux aussi.
Ann grimpa rapidement les marches et se changea dans sa chambre avant de se rendre dans celle de son homme. Elle n'eut pas besoin d'ouvrir la porte pour entendre ses ronflements.
Du côté de Marco, il s'était rapproché de son petit ami et s'agenouilla entre ses jambes. Il lui caressa la joue et le vit sortir lentement des limbes du sommeil.
-Tu serais mieux dans notre lit, ne penses-tu pas ?
- Ma..Marco. Mais je ne peux pas monter à l'étage.
- Tu crois vraiment ? Tu n'as donc rien remarqué donc.
- Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ?
- Je vais te montrer.
Marco se plaça derrière son amant juste après lui avoir volé un baiser au passage et se dirigea vers l'escalier. Ace était toujours à moitié endormie et ne comprenait pas trop ce que son homme voulait faire. Une fois devant le barrage pour monter, il sentit les bras forts de son homme le soulever.
-Tu ne vas quand même pas me porter ?
- Mais non ne t'inquiète pas. Accroche toi à moi deux minutes.
Ace obéit, mais dans le noir il ne voyait pas ce que voulait faire son homme. Soudain, il se retrouva assis sur un espèce de fauteuil.
-Mais qu'est-ce..
- Chut. Laisse toi maintenant monter. On se retrouve en haut où il y a un autre fauteuil.
- Vous êtes dingue pour avoir fait ça !
- Ce n'est pas nous, mais père. Donc profite par le fait que tu vas rester autonome à la maison.
Marco appuya sur le bouton se trouvant sur le fauteuil et ce dernier se mit à gravir les marches le long de la rambarde. Une fois dans la chambre, il l'amena directement dans la salle de bains. L'avantage de sa salle d'eau, c'était que le fauteuil rentrait sans problème.
-Bon ce n'est pas forcément le luxe, mais tu auras au moins un siège pour pouvoir te doucher. Je vais juste emballer ton plâtre pour éviter qu'il ne prenne la flotte et que surtout cela ne te démange pas.
- Merci.
Quand les deux furent douchés, ils se couchèrent aussitôt. Cependant ils durent inverser leur place, en raison du plâtre du plus jeune. Ace voulut faire quelques câlins à son petit ami, mais ce dernier le repoussa gentiment, lui disant que pour le moment ce n'était pas l'idéal et qu'il allait devoir être patient. Toutefois, Le blond le prit dans ses bras et le couvrit de baisers. Bien avant que ce dernier ne ressente l'excitation, il s'endormit, exténué par son retour au loft. Marco sourit, heureux d'avoir son homme à nouveau près de lui. Il en était persuadé maintenant, il ne pouvait plus s'en passer. Il ne lui fallut que quelques minutes pour le rejoindre au pays des rêves.
