Chapitre 27 : La fugue.

Séverus s'éveilla en sentant une main le tirer de son sommeil. Il ouvrit les yeux et vit sa femme assise à ses côtés, déjà habillée et mettant ses bijoux en le regardant.

-Tu es en retard... Lui dit-elle.

Apparemment, elle n'était pas calmée et elle ne cherchait même pas à discuter puisqu'elle se leva du lit pour aller dans la salle de bain. Séverus se leva et regarda l'heure.

-Je ne suis pas en retard, je n'ai cours que dans trois heures je te signale ! Lui lança-t-il, visiblement aussi disposé qu'elle à parler.

-Oui mais tu dois t'occuper de TON fils... a moins que tu n'en veuilles pas non plus ! Lui répondit Julia, toujours dans la salle de bain.

-Alors là...

Séverus se leva rapidement et alla la rejoindre, la colère montant en lui devant cette remarque, et la trouva en train de se coiffer.

-Tu vas arrêter oui ? Je t'ai dis pourquoi j'avais dis ça !

-Et moi je te dis que je n'apprécie pas le fait que tu dises que ce ne sont pas tes enfants ! Lui dit-elle en se tournant vers lui.

-Et qu'est-ce que je suis supposé dire ? Que je suis fier d'avoir des enfants qui passent leur temps à faire les quatre cent coups ? Je te rappelle que je n'ai pas à les privilégier parce qu'ils sont mes enfants ! Je suis leur professeur et leur directeur ! Je n'ai pas à leur donner plus d'avantages qu'aux autres.

-Oui mais tu pourrais éviter de dire des choses comme ça devant eux...

Séverus secoua la tête et sortit de la salle de bain, pas le moins du monde calmé.

-Je vais aller m'occuper de MON fils comme ça tu verras que je ne le renie pas LUI !

-C'est facile de dire ça ! Pourquoi est-ce que tu ne le fais pas avec Dorian et Isolde ?

-Quand ils auront cessé leurs âneries !

-Tu m'énerves ! J'y vais, je serais plus tranquille au bureau tiens ! Aïe...

Séverus écouta les gémissements de sa femme et se dirigea vers elle. Elle était assise sur le lit et appuyait sur son ventre.

-Qu'est-ce qu'il y a ? Lui demanda-t-il en s'approchant d'elle.

-C'est rien... juste une douleur... Va t'occuper d'Ilyas... Lui dit-elle, toujours sur son humeur massacrante.

-Tu ne t'énerverais pas, tu n'aurais pas mal ! Laisse-moi voir...

-Qu'est-ce que tu vas voir ? Je t'ai dis que tout allait bien. Laisse-moi me lever je dois aller travailler...

-Tu vas d'abord aller voir Pomfresh...

-Non, je n'ai pas le temps ! Je suis en retard.

-Julia...

Elle était déjà debout et sortait de la chambre.

-Bonjour mon trésor ! Lança-t-elle lorsqu'elle vit son fils qui arrivait avec sa peluche dans la main, la mine encore endormie.

Il vint serrer sa mère avant que celle-ci ne parte sans un mot de plus pour son mari.

-Papa pourquoi tu cries ? Demanda Ilyas à son père alors qu'il arrivait à sa hauteur.

-Décidément, tout le monde est contre moi dans cette famille ! Clama Séverus en levant les yeux au ciel.

Ils allèrent dans la cuisine prendre leur petit déjeuner et Séverus confia son fils à sa grand-mère lorsque celle-ci fut arrivée. Il regagna sa salle de cours, ayant les septièmes années durant le reste de la matinée. Alors qu'il se dirigeait vers les cachots, il entendit la voix d'Hermione l'interpeller.

-Séverus !

-Je ne suis pas d'humeur pour bavasser Potter ! Lança-t-il en voulant regagner sa salle de cours.

-Oh mais attendez ! C'est au sujet de Dorian et Isolde...

-Qu'ont-ils encore fait ? Lui demanda-t-il sans se retourner avec une voix insoucieuse.

-Ils n'étaient pas à mon cours ce matin et leurs camarades disent qu'ils ne les ont pas vu dans la salle commune ni au petit déjeuner.

Séverus se tourna et la détailla du regard.

-Quoi ?

-Personne ne les a vu... Je pensais que vous les aviez peut-être vu ou emmené avec vous...

-Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?

-Vous ne savez pas où ils sont ? Lui demanda Hermione, visiblement inquiète.

-Non... je ne les ai pas vu aujourd'hui...

Il écarquilla les sourcils et se précipita vers les sous-sols, dans la direction de la salle commune des Serpentards. Il entra en trombe et ne vit personne, la salle étant vide à cette heure-ci, et se dirigea vers les étages. Tout d'abord le dortoir de son fils. La chambre était désordonnée, mais il trouva rapidement le lit qu'occupait son fils. Il y avait l'affiche de l'équipe de Quidditch qu'il supportait au-dessus de celui-ci. Il regarda dans les affaires de Dorian et découvrit qu'il manquait pas mal de vêtements.

-Ils n'ont quand même pas fait ça... Lança-t-il, hors de lui en sortant de la chambre et en allant dans celle qu'occupait sa fille.

Il trouva son lit et la commode qu'elle avait à côté de celui-ci et fouilla également la commode. Des vêtements étaient également absents et Séverus commença à s'inquiéter. Il sortit de la chambre et se dirigea vers son bureau, Hermione l'attendant à la sortie de la salle commune.

-Alors ? Lui demanda-t-elle en le voyant sortir rapidement.

-Ils sont partis.

-Partis ? Comment ça ? Lui demanda-t-elle, ne comprenant pas exactement de ce dont il voulait parler.

Il se retourna vivement et lui afficha un regard des plus glacials.

-A votre avis ? Ils ne sont pas partis se promener à ce que je sache ! Ils se sont enfuis ! Lui hurla-t-il dessus.

-Mais qu'est-ce qui leur a prit ?

-Qu'est-ce que j'en sais moi ?

Il s'éloigna, toujours dans cette profonde colère qui l'envahissait et débordait, et se dirigea vers le hall d'entrée. Il sortit à la hâte dehors et se mit en quête de ses enfants.

***

-Dis, tu es sûr que c'est par là ?

-Mais oui, c'était écrit sur la pancarte...

Dorian et Isolde avançaient l'un à côté de l'autre et regardaient les noms des magasins autour d'eux.

-C'est Zonko là-bas ! Lui dit Dorian en montrant le magasin avec le doigt.

-Mais la gare ce n'est pas par là ! C'est de l'autre côté !

-Et ben on a cas y aller c'est tout ! Pourquoi tu ne l'as pas dit avant ?

-Tu ne m'as pas écoutée !

Dorian secoua la tête et ils partirent en sens inverse. Ils arrivèrent rapidement à la garde et prirent deux tickets pour Londres, achetés avec leurs minces économies. Le vendeur était étonné de voir deux jeunes enfants ici tous seuls.

-Où sont vos parents ?

-On va les voir... Lui répondit Dorian.

L'employé ne posa pas plus de questions mais continua de les regarder, étonné. Lorsque leur train arriva enfin, ils s'empressèrent de monter dedans.

-Dis, tu crois pas qu'ils vont s'inquiéter papa et maman ? Demanda Isolde, légèrement apeurée à l'idée de quitter Poudlard de la sorte.

-On n'est pas leurs enfants, il l'a dit hier !

-Oui mais quand même !

-Et ben t'as qu'à rentrer si tu as peur ! Moi je ne vais pas là où ne veut pas de moi !

-Non... je ne veux pas rentrer toute seule...

Le train démarra et ils partirent en direction de la grande ville de Londres. Le trajet allait durer une éternité et ils étaient passés faire un tour dans les cuisines de l'école avant de partir. Ils mangèrent donc les sandwichs qu'ils avaient pris. La matinée était longue et ils n'étaient qu'à la moitié du chemin. Isolde s'était endormie sur l'épaule de son frère, celui-ci repensant aux paroles que son père avait dites la veille. Séverus ne l'avait pas vu, mais cela avait profondément touché Dorian d'entendre que son père le reniait quand ils n'étaient pas à la maison. Il ne l'aurait jamais crû aussi à cheval sur le règlement. Ils étaient partis à la hâte, décidant tout à la dernière minute. Il faut dire que Dorian avait donné son idée à sa sœur un peu à la va vite, celle-ci avait été prise au dépourvu et elle avait pensé que c'était la meilleure solution que de le suivre. En début d'après midi, ils arrivèrent à la gare de King's Cross et passèrent la barrière magique pour se retrouver du côté moldu.

-Dorian, qu'est-ce qu'on va faire maintenant ? Lui demanda sa sœur.

-On va aller voir l'oncle de papa... Il nous en avait parlé une fois. Il paraît qu'il fabrique des portoloins, il voudra peut-être nous en donner un !

-Mais tu veux aller où ?

-Un autre pays qu'ici...

-Tu connais son adresse ?

-Non, mais on réussira bien à la trouver ! Papa m'avait déjà emmené une fois où tu étais partie avec maman faire des courses, c'était dans une ruelle avec des maisons tout autour.

-C'est pas très clair ! Je te signale qu'il y a plein de quartiers avec pleins de maisons ! Lui dit Isolde.

-Et bien puisque tu es si maligne, tu n'as qu'à aller chercher de ton côté ! On verra celui qui arrive en premier chez l'oncle de papa !

-Très bien ! Moi je vais par là et toi tu vas où tu veux ! Comment est-ce qu'il s'appelle ?

-Marcus Edring. Qu'est-ce que tu vas faire ?

-Chercher de la manière moldue.

-Quoi ?

-Je vais de mon côté et toi du tien... Lui rétorqua Isolde en s'éloignant.

-Heu... attends ! Je vais avec toi ! Lui lança Dorian en accourant à ses côtés.

-Je croyais que tu y arriverais tout seul ?

-Bah il vaut mieux le chercher à deux...

***

Séverus arriva à la gare quelques minutes après son départ du château. Il ne pensait pas qu'ils auraient eu l'audace de prendre le train, mais il préféra se renseigner.

-Bonjour, est-ce que vous auriez vu deux enfants ce matin ? Demanda-t-il à l'employé.

-Une fille et un garçon ?

-Oui... Ils ont prit le train de huit heures trente ce matin. Ils m'ont étonné d'ailleurs d'être tous seuls !

-A quelle heure arrivera le train à Londres ?

-Vers quatorze heures je pense...

-Très bien, je vous remercie !

-Au revoir monsieur...

Séverus n'arrivait pas à en croire ses oreilles. Ses deux enfants avaient fugué et se dirigeaient vers une ville qui leur était inconnue. Il transplana sur le champ et arriva à la gare de King's Cross où il attendit l'arrivée du train. Le temps d'attente était plus que long et il prit plus d'un thé à attendre que ses enfants arrivent. Enfin, vers quatorze heures dix, le train entra en gare et Séverus préféra se dissimuler pour savoir ce qu'ils avaient l'intention de faire. Il les vit descendre, leurs sacs à dos sur les épaules et en train de se diriger vers la barrière magique. Séverus les suivis quelques mètres derrière eux, en restant le plus discret possible. Il les vit s'arrêter et discuter, presque en train de se disputer. Il entendit clairement le nom de son oncle, Marcus Edring.

-Vous allez faire un petit tour mes enfants ? Se dit-il en souriant.

Ils ne savaient pas, bien entendu où habitait son oncle et il en déduisit qu'ils se perdraient rapidement. Mais il préférait les laisser se débrouiller pour le moment. Isolde avait plus d'intuition que son frère car elle fut la première à penser à chercher de la méthode moldue. Ils allèrent donc vers le bureau de poste le plus proche et Séverus attendit qu'ils ressortent, se doutant qu'ils cherchaient à l'aide d'un annuaire. Quelques minutes plus tard, les jumeaux ressortirent de l'immeuble, un papier dans les mains.

-Comment on va jusque là-bas ? Demanda Dorian.

-Bah un taxi tiens ! C'est pourtant pas difficile !

-T'as de l'argent moldu ?

-Non et toi ?

-Bah non...

-On va faire comment pour payer ?

-On aura qu'à demander à l'oncle Marcus... il doit en avoir...

-On va se faire taper sur les doigts surtout si papa l'apprend !

-Mais il en saura rien ! Et puis alors, qu'est-ce que ça peut faire, il ne nous aime déjà pas alors un peu plus ou un peu de moins !

Séverus sentit une étrange sensation dans la poitrine. C'était donc pour cette raison qu'ils s'étaient enfuis ? Parce qu'ils pensaient qu'il ne les aimait pas ? Il secoua la tête et les regarda s'éloigner pour appeler un taxi. Ils montèrent dans le véhicule et partirent avec. Séverus transplana directement chez son oncle.

-Séverus Rogue, je te vois tous les combiens, tous les cinq ans ? La dernière fois tu es venu avec ton fiston si je ne me trompe ! Comment va ta petite famille ? Lui demanda ce dernier en le faisant entrer chez lui.

-Cela pourrait aller mieux. Justement, mes deux chers enfants viennent te rendre une petite visite.

-Une visite ?

-Ils se sont enfuis et espèrent que tu vas les aider...

-Tu les as retrouvés et tu les laisses seuls ?

-C'est une leçon que je leur donne en espérant qu'ils comprennent que ce qu'ils ont fait était idiot. Pourrais-tu t'arranger pour leur faire comprendre que tu ne leur donneras rien ? Je m'occuperais du reste...

-D'accord... mais je ne veux pas que ces enfants garde un mauvais souvenir de leur grand oncle !

-Il n'y a aucun danger là-dessus. Je vais attendre avec toi qu'ils arrivent.

Ils attendirent près d'une demi heure que les jumeaux arrivent et sonnent à la porte de l'oncle de leur père. Séverus lui tendit un regard approbateur et disparut pour aller se poster dans le parc juste en face. L'oncle Marcus ouvrit la porte et découvrit les deux enfants.

-Tiens donc ! Ne serait-ce pas les deux enfants de mon seul et unique neveu ? Demanda-t-il en parlant assez clairement pour que Séverus l'entende.

-Bonjour... désolé de vous déranger mais est-ce qu'il serait possible que vous nous donniez de l'argent pour payer le taxi ?

Marcus regarda derrière les enfants et vit le chauffeur qui attendait son argent.

-Bien sûr ! Attendez ici...

Marcus sortit et lança un sortilège d'oubliettes discret au chauffeur qui s'éloigna rapidement, ne sachant plus pour quelle raison il se trouvait ici.

-Woah ! Lança Dorian, admiratif de voir son oncle utiliser ses pouvoirs comme ça en pleine ville moldue.

-Je peux savoir ce que vous faites ici tous les deux ? Vous ne devriez pas être avec vos parents à Poudlard ?

-On... a l'autorisation de partir pour aller chercher quelque chose dans un autre pays... Lui dit Dorian en essayant de prendre un air innocent.

Sa sœur le regarda avec mépris et se cacha les yeux avec la main.

-Un pays étranger ? Dites moi, ils ne sont pas très prudents de vous laisser partir seuls dans un pays étranger...

-Ce n'est pas ce qu'il a voulu dire oncle Marcus... En fait on doit rejoindre papa et maman en France. Vous auriez un portoloin pour y aller ? Lui dit Isolde en essayant de rattraper l'erreur de son frère.

Marcus sembla réfléchir et eut un petit sourire amusé. Il les regarda à tour de rôle et acquiesça.

-Oui, j'en ai un. Venez avec moi. Alors dites-moi, où sont vos parents exactement ?

-A Paris...

-Je m'en doute bien... Alors voici celui qui vous emmènera vers votre endroit de destination et celui-ci pour votre retour... au cas où vous changeriez d'avis... Leur dit-il en prenant une expression malicieuse.

-Merci, mais je ne pense pas qu'on aura besoin de l'autre. Lui dit Dorian en prenant la première boîte.

-En es-tu sûr ? Moi je serais toi, je prendrais l'autre. On ne sait jamais où l'on peut tomber...

Isolde regarda son frère et lui fit signe de prendre l'autre boîte. Ce qu'il fit, peu rassuré.

-Et bien voilà, tout est prêt ! Vous saluerez bien vos parents pour moi ! Surtout votre père qui doit se faire un sang d'ancre de ne pas vous voir...

-Oh ! Ca, ça m'étonnerait ! Lui répondit Dorian en ouvrant la boîte qui comportait une chaussure.

-Ah ? Et pourquoi ?

-Parce qu'il ne nous aime pas...

-Tu as tord de penser ça... je suis sûr que votre père vous aime énormément !

-Dites-le lui... Tu viens Isolde ?

Isolde s'approcha de son frère et ils tendirent ensemble le doigt sur la chaussure et ils furent tous les deux aspirés en son centre. Ils atterrirent dans un endroit assez sombre et peu accueillant.

-Bonjour... Leur dit un homme à côté d'eux, le sourire jauni et les mains s'avançant vers eux.

-Où est-ce qu'on est ? Demanda Dorian en regardant autour de lui.

-C'est l'allée des Embrûmes ! Lança Isolde en voyant des magasins à l'aspect répugnant qui les encerclaient.

Elle commença à paniquer lorsque les sorciers et sorcières se rapprochèrent d'eux, l'air dangereux.

-Dorian, j'ai peur... Lui dit Isolde en se cachant derrière lui. Je veux rentrer !

Elle se mit à pleurer et elle s'agrippa à son manteau avec force alors qu'une sorcière passait la main dans ses fins cheveux.

-Vous êtes mignons tous les deux.... mignons à croquer ! Leur dit une espèce de vieille sorcière toute décharnée.

-Reculez ! Espèce de vieille bique ! Lança Dorian en frappant devant lui avec sa cape qu'il venait d'ôter de ses épaules.

Il balança le vêtement devant lui dans des gestes désespérés, essayant de repousser leurs assaillants mais ils arrivaient en trop grand nombre.

-Je veux rentrer ! Je veux papa et maman ! Lança Isolde qui s'accrochait encore plus fortement à lui en pleurant à chaudes larmes.

-On y va... Lui dit Dorian, aussi rassuré qu'elle.

Il attrapa le deuxième portoloin, étant censé les ramener vers leur oncle Marcus. Isolde s'empressa de toucher la deuxième chaussure en même temps que son frère. Ils furent à nouveau aspirés et atterrirent dans un parc.

-Eh ! Mais on n'est pas chez Marcus ! Lança Dorian en se relevant, sa sœur toujours accrochée à lui et pleurant encore plus fortement.

-Exact ! Leur lança une voix derrière eux.

Ils sursautèrent en même temps et tombèrent nez à nez avec...

-Papa ! Lança Isolde en se précipitant dans ses bras.

Séverus la regarda arriver vers lui mais ne la prit pas dans ses bras. Pourtant sa fille l'entourait déjà avec ses bras au niveau de la taille, pleurant chaudement.

-Il y avait des sorcières autour de nous... Et ils ne voulaient plus nous laisser partir... Je suis désolée papa... je ne voulais pas partir... Lui dit sa fille en le serrant plus fortement.

Séverus lui caressa les cheveux en fixant son fils qui le fixait d'un regard fuyant.

-Je suppose que tu es le responsable de votre fuite ? J'attends des explications ! Lui dit-il d'un air sévère.

Dorian tourna la tête, visiblement apeuré par son air.

-J'ai dit donne moi des explications ! Lui dit son père encore plus fermement.

-On voulait partir...

-Oui, ça j'avais crû le comprendre... Et pour quelle raison ? Lui demanda-t-il, faisant croire qu'il en ignorait la raison.

-Parce que tu ne nous aimes pas, alors on préfère s'en aller... Lui dit son fils en regardant ses pieds.

Séverus se libéra des bras de sa fille un instant et s'approcha de son fils. Dorian s'attendait à recevoir une gifle pour s'être enfuit de la sorte, mais au lieu de ça, la main de son père se posa sur sa tête et il s'agenouilla devant lui. Il n'avait pas l'air sévère et le regardait de ses yeux ébène.

-Je ne sais pas pourquoi tu crois tout ça... je sais que j'ai été dur hier soir de vous dire que vous n'étiez pas mes enfants quand vous faites des bêtises mais c'était pour te montrer que je ne veux pas faire de différences entre vous et mes élèves. Vous n'avez pas à avoir plus d'avantages que vos camarades...

-Pourquoi est-ce que tu as dis qu'on n'était pas tes enfants ? Tu nous aimes pas ? Lui dit Dorian en le regardant.

-Bien sûr que si je vous aime tous les deux... vous êtes ma plus grande fierté. Je suis juste déçu par votre attitude. Vous vous comportez comme des enfants perturbants et toujours en train de faire des imbécillités. Je ne suis pas très heureux de ça. Mais je vous aime, tu ne peux pas dire que je ne vous aime pas... Maintenant, je veux que vous me promettiez quelque chose...

Séverus se retourna et tendit la main à sa fille. Isolde l'attrapa, quelques sanglots ressurgissant par moments, et vint à ses côtés.

-Vous allez me promettre de ne plus agir comme deux vauriens... Je veux que vous vous comportiez comme des enfants dignes d'être à Serpentard.

Dorian souffla devant cette remarque.

-Quoi ? Lui demanda son père.

-Tu vois, tu nous parles toujours comme à des élèves... Pourquoi tu nous parles toujours de Serpentard ?

-Parce ce que vous en faites partie ! Et que ce qui se passe se déroule durant votre année d'étude ! Mais cela n'empêche que vous devez être sages également à la maison. J'en ai assez de devoir hurler après vous toute la journée...

Séverus regarda ses deux enfants, Isolde baissant la tête et Dorian le regardant.

-Alors ?

-Je suis désolée papa... Lui dit Isolde en se penchant à son cou pour l'enlacer.

-Ce n'est pas grave ma chérie... je suis désolé aussi de vous avoir dit que vous n'étiez pas mes enfants. C'était stupide...

Il enlaça sa fille à son tour et regarda son fils qui semblait hésiter à venir vers lui. Finalement, Dorian s'approcha et l'enlaça également, s'excusant de la même façon que sa sœur pour son attitude et de les avoir fait sortir de Poudlard.

-Je suis heureux de voir que vous n'avez pas apprécié la petite balade de Marcus ! Cela vous aura servit de leçon...

-La balade ? Lui demanda Dorian en se reculant alors que son père se relevait.

-Il l'utilisait souvent sur moi quand j'étais petit quand je lui tenais tête. Je dois dire qu'au début c'est assez effrayant, arriver dans l'allée des Embrûmes...

-C'était horrible, elles nous encerclaient et il y en a même une qui m'a caressé les cheveux ! Lui dit Isolde en restant enlacée à sa taille.

-Je savais que ça vous dissuaderait de partir dans un autre pays.

-Tu savais qu'on allait partir ? Lui demanda Dorian en le regardant, étonné.

-Je vous ai retrouvé depuis la gare de King's Cross. Je voulais savoir comment vous vous en sortiriez sans moi... et en profiter pour vous donner votre leçon par la même occasion de vous être enfuis de Poudlard ! Lui dit Séverus en le regardant, une lueur malicieuse dans le regard.

Ils avancèrent et allèrent raconter leurs péripéties à Marcus qui les attendaient sur le perron de sa maison, les ayant vus revenir aux côtés de leur père dans le parc qui se trouvait en face de chez lui. Une fois la discussion achevée, Séverus repartit avec ses deux enfants en les faisant transplaner avec lui. Ils arrivèrent devant les grilles du château et rentrèrent rapidement dans le hall, Isolde et Dorian devant leur père. Lorsqu'il arriva, Ilyas accourut jusqu'à lui. Séverus le réceptionna dans ses bras, se demandant ce qu'il faisait ici.

-Où est ta grand-mère ? Lui demanda-t-elle.

-Avec maman... Répondit le petit garçon calmement.

-Maman est déjà rentrée ?

-Oui elle avait mal...

Séverus écarquilla les sourcils et le reposa par terre. Emilia, la mère de Julia et accessoirement la grand-mère des enfants arriva juste à ce moment, visiblement à la poursuite d'Ilyas.

-Séverus, vous êtes là ! Lui dit Emilia, essoufflée.

-Que se passe-t-il ? Où est Julia ? Lui demanda Séverus, paniqué.

Emilia prit une expression attristée et posa sa main sur son bras.

-Je suis désolée... Elle... Elle a perdu le bébé...